Orphée

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Affichage de 20 réponses de 41 à 60 (sur un total de 150)
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  • Orphée
    Participant

    Jérôme,

    Aucune dégradation, fût-elle celle d’un pseudonyme, ni aucun appel au ridicule ne grandira jamais leur auteur…

    jmg,

    C’est un excellent résumé.

    Cordialement,

    Raphaël

    Orphée
    Participant

    Jérôme Pérez écrivait:
    ——————————————————-
    > et je serais d’avis de déplacer ce sujet dans « à
    > propos » afin que tout le monde puisse juger sur
    > pièce, comme nous sommes des censeurs. Il devient
    > fort intéressant ce sujet…

    C’est un excellente idée !
    Ce sujet dépasse le cadre de la Bourgogne.

    C’est une mise en garde essentielle et un rappel très instructif pour les futurs inscrits…

    Gilles,

    Au contraire !

    Si LPV amène la preuve de son intégrité,
    LPV s’en trouve encore grandie !

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    [i] »La dictature, c’est « ferme ta gueule » ; la démocratie, c’est « cause toujours ».  »
    Woody ALLEN[/i]

    😉

    Orphée
    Participant

    [i] »Fleurie : réséda, iris, violette, ambre, musc ;
    Saint-Amour : pêche, réséda ;
    Juliénas : pêche ; framboise ;
    Brouilly : pivoine et prune ;
    Morgon : abricot, groseille, kirsch »[/i]

    Ces promesses gourmandes exhalent leurs charmes désuets, teintés d’idéal rimbaldien…
    Mais il y parait que les Terroirs s’expriment aussi par oraisons symboliques.

    La reconnaissance de ces inclinations me paraît nécessaire et pourquoi pas suffisante pour légitimer ou perpétuer certaines circonscriptions…

    [i] »C’est une belle harmonie quand le faire et le dire vont ensemble. »
    Michel de Montaigne[/i]

    Orphée
    Participant

    Très rapidement, car je me lasse moi aussi…

    Quel est l’intérêt d’émettre, sur un ton si insidieusement déférent, de tels lieux communs ?
    JE n’aime pas… JE ne veux plus voir… JE pense plutôt l’inverse…
    Michaël, personnellement… JE m’en fiche !

    Soit ta volonté est de faire d’LPV une vitrine de ce JE, salon de l’apparat, tremplin d’une ascension sociale virtuelle, bal de la plus remarquable toilette… poudre, cravate, courbettes et habits du dimanche… et maquillée de ces plus beaux atours, de condenser en LPV tout le relent bassement hypocrite d’une pseudo société policée, mièvre, lisse, ébahie…

    D’ailleurs, JE me rassure : sur ce terrain LPV s’est révélé jusqu’à présent, très heureusement … médiocre.

    Soit LPV reste le reflet de notre PASSION.
    Et demeure un lieu d’échanges où s’exposent la sensibilité, les envolées comme les déconvenues, les coups de gueules et les prises de bec de véritables passionnés.
    Et où, encore, les sensibilités divergentes gardent droit de cité…

    Entre nous… voilà qui rendrait LPV, ce fier cuirassier emprunt de force et d’intérêt, unique et indispensable…

    Michaël, il est tout à fait possible de continuer à vivre en détournant son regard chaste et prude de certains forums…

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    L’expectoration porte loin.

    J’apprécie.

    Orphée
    Participant

    Lefouduvin,

    une seule issue :

    -Assommons les pauvres !

    « Pendant quinze jours je m’étais confiné dans ma chambre, et je m’étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans); je veux parler des livres où il est traité de l’art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J’avais donc digéré, – avalé, veux-je dire, toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, – de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu’ils sont tous des rois détrônés. – On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un état d’esprit avoisinant le vertige ou la stupidité.

    Il m’avait semblé seulement que je sentais, confiné au fond de mon intellect, le germe obscur d’une idée supérieure à toutes les formules de bonne femme dont j’avais récemment parcouru le dictionnaire. Mais ce n’était que l’idée d’une idée, quelque chose d’infiniment vague.

    Et je sortis avec une grande soif. Car le goût passionné des mauvaises lectures engendre un besoin proportionnel du grand air et des rafraîchissants.
    Comme j’allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l’esprit remuait la matière, et si l’oeil d’un magnétiseur faisait mûrir les raisins.

    En même temps, j’entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien; c’était celle d’un bon Ange, ou d’un bon Démon, qui m’accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n’aurais-je pas mon bon Ange, et pourquoi n’aurais-je pas l’honneur, comme Socrate, d’obtenir mon brevet de folie, signé du subtil Lélut et du bien avisé Baillarger?
    Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n’avait qu’un Démon prohibiteur; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d’action, un Démon de combat.
    Or, sa voix me chuchotait ceci: « Celui-là seul est l’égal d’un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir. »

    Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D’un seul coup de poing, je lui bouchai un oeil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m’étant peu exercé à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d’une main par le collet de son habit, de l’autre, je l’empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j’avais préalablement inspecté les environs d’un coup d’oeil, et que j’avais vérifié que dans cette banlieue déserte je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.
    Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d’une grosse branche d’arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l’énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un beefteack.

    Tout à coup, – ô miracle! ô jouissance du philosophe qui vérifie l’excellence de sa théorie! – je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n’aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure, le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et avec la même branche d’arbre me battit dru comme plâtre. – Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l’orgueil et la vie.
    Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d’un sophiste du Portique, je lui dis: « Monsieur, vous êtes mon égal! veuillez me faire l’honneur de partager avec moi ma bourse; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu’il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l’aumône, la théorie que j’ai eu la douleur d’essayer sur votre dos. »

    Il m’a bien juré qu’il avait compris ma théorie, et qu’il obéirait à mes conseils. »

    Charles Baudelaire

    Orphée
    Participant

    Jean-Christophe,

    Il y a effectivement une raison.

    Je m’étais promis de l’aborder, non pour parler de moi mais pour partager ma vision des choses, si l’occasion se présentait.

    ç’aurait pu être à propos sur « Y a-t-il un intérêt à décrire un vin ? »

    Mais je frolais le hors sujet…

    Ma migraine ne me quitte malheureusement pas.
    Il est tard.

    Bonne nuit,

    Raphaël.

    Orphée
    Participant

    François,

    Je vous remercie pour ces quelques mots de soutien.

    Je sais maintenant qu’il est bien trôt tard pour moi : je ne me hisserai jamais à la cheville de ces grands hommes.

    Pourtant, comme tout un chacun, il germe en moi des ébauches de démonstrations que je peine à exprimer parfois. Je cherche le mot juste, la phrase exacte qui me permettraient de les accoucher.

    Tout entier plongé dans mes réflexions, je ne prends sûrement pas assez de recul pour m’apercevoir qu’elles sont « inaudibles » aux autres.

    Mais je travaille.

    Cordialement,
    Raphaël

    Orphée
    Participant

    Olivier,

    Je ne tire personnellement aucune gloire de mes interventions sur ce forum.
    Si telles étaient mes intentions, je divulguerais mon patronyme et me garderais bien de toute controverse…

    J’en suis arrivé, je ne sais trop comment, à aimer ce forum et à en apprécier ses intervenants. C’est pourquoi j’espère modestement pouvoir lui offrir un peu de mon temps et de ma personne.

    Mais si je dérange… Chut ! Je m’esquive à petits pas… Je ne serais pas le premier.

    PS : J’entends mal ta dernière phrase…

    Cordialement,
    Raphaël

    Orphée
    Participant

    Il est indéniable que le fait d’échanger ou de divulguer son identité est une marque de respect et que cela facilite grandement la convivialité dans toute relation humaine.

    Néanmoins, pour diverses raisons qui leurs appartiennent et que, personnellement, je ne me permettrais pas de juger puisque je n’en connaîtrai jamais les causes, certains (une majorité, je crois) émettent le désire de préserver leur anonymat. Il me semble que c’est leur droit le plus juste de ne pas désirer exposer publiquement leur vie intime ou de se préserver un jardin secret.

    Cela leur interdit-il pour autant de s’exprimer, de partager leur passion, d’échanger leurs plus belles découvertes ?
    Personnellement, je ne le pense pas mais ce n’est que mon opinion…

    Sauf nouvelle imposition de la part des modérateurs, les « anonymes » existent donc sur LPV comme sur l’ensemble des forums de la toile… C’est un fait.

    LPV étant, justement, un forum de qualité, nul ne peut aujourd’hui le nier, il est intéressant de se demander ce que peuvent apporter ces intervenants de l’ombre et en quoi, ils sont utiles à la construction de l’édifice.
    J’ai simplement émis l’hypothèse que plus les intervenants (sous un pseudonyme ou non) seront nombreux, plus LPV s’enrichira dans cette diversité. Chacun pouvant amener son regard neuf et différent.

    Quand je parcours ces pages, j’y rencontre des connaissances et j’apprécie la personnalité de chacun, de Dupont, Durant, CQFD ou pilipilipili, peu m’importe puisquer ces noms pour moi n’appartiennent qu’à LPV.

    Ce soir, Orphée subit les foudres de Zeus…
    Raphaël est touché.
    Qu’il s’appelle Raphaël Dupont, Durant, CQFD ou pilipilipili, qu’elle importance ?

    Luc,

    Je ne veux faire aucune provocation crois-le bien, mais, que tu te sois appelé Luc Javaux ou Luc Dupond, je n’y vois personnellement aucune différence.
    Et si je te dis que je m’appelle Raphaël Dupond, en serais-je plus crédible ?

    Jean-Christophe,

    Je ferai des efforts, promis

    Cordialement,
    Raphaël

    Orphée
    Participant

    François,

    Je vous réponds très rapidement avant de prendre le temps d’y réfléchir plus longuement. (je subis une crise de sinusite qui m’handicape depuis ce matin…)

    Cette lecture de ce que j’ai posté m’effraie autant que vous.
    Si tel est l’impact que donne ce message, j’en suis profondemment affligé car mes propos célébraient la tolérance.

    Mon intention n’est nullement de porter atteinte aux modérateurs, ni à aucun membre de ce forum.

    Raphaël

    Orphée
    Participant

    Olivier, Arnaud,

    Aucune tentative de dissimulation de ma part…

    Je donne un avis qui diverge de ce qui parait devenir, faussement, un beau consensus…
    La majorité est peut-être pour un certain anonymat mais on ne l’entend guère !
    Peut-être sont-ils justement de… grands timides ! 😉

    Il est effectivement plus aisé de clamer haut et fort :
     » Moi, moi ! Je suis pour le fait de divulguer mon état civil ! Tenez voilà mon nom et mon prénom… »
    que d’expliquer pourquoi l’on est contre…

    Le ton légèrement complaisant que prend ce sujet m’a incité à donner mon opinion.

    Je parcours mon précédent post et j’y lis ce que j’ai voulu dire…
    Vous m’en voyez confus !

    Cordialement,
    Raphaël

    Orphée
    Participant

    Qui suis-je ?

    Orphée,
    Plébéien,

    Mon seul impératif est de me conformer à la charte des pâtres et diplomates dont je reconnais, de fait, la préséance.
    J’admets, comme postulat, la forme patricienne de LPV.

    Pourtant, je ne vois pas en quoi la divulgation de mon patronyme légitimerait ma présence ici ou permettrait une quelconque ascendance sur la majorité silencieuse de ce forum.

    Penser le contraire, c’est déjà promouvoir la naissance de privilèges.
    Je comprends que poignent des tentations…

    Selon Platon, dans La République en particulier, seuls peuvent devenir des citoyens ceux qui sont porteurs d’opinions qu’ils assument effectivement dans leurs libres décisions et dans le libre exercice de leur citoyenneté…
    La démocratie fait d’ailleurs la distinction entre les orateurs et les décideurs, c’est-à-dire la distinction entre les acteurs qui sont dans le temps de l’action et ceux qui sont dans le temps de la représentation.

    Or « Être vu c’est aussi être jugé. Si autrui me regarde, je suis immédiatement modifié, altéré par son regard : je suis regardé, concerné au vif de mon être. Être regardé c’est agir par rapport à l’autre, c’est être figé dans un état qui ne laisse plus libre d’agir. L’Autre nous fait être. Le problème est que l’autre nous fait être à sa convenance, peut nous déformer à volonté. »

    Je constate que ceci amène l’exposé à paraître sous son meilleur jour, (et ceci davantage encore au sein d’une communauté…), impose souvent de fuir tout rôle potentiellement dévalorisant et met en exergue la condescendance.

    Or l’absence d’idées « transverses » mène toute coopération tôt ou tard à l’agonie.

    Pour cela, je ne cautionne aucunement une quelconque oligarchie patrimoniale, qui tenterait de s’afficher voire de s’adjoindre à l’heptarchie (arkhè) originelle.
    J’y vois seulement une tendance conservatrice, ambitieuse, et irrespectueuse de la multitude des minorités qui compose la vox populi…

    Voilà… ne pouvant être juge et partie, je choisis l’anonymat.
    Je me réserve le choix, en mon âme et conscience, de mes interventions; tout le reste doit demeurer personnel.

    Et il me semble que les opinions que je délivre ici, ne portent, elles, aucun masque…

    Mon choix, c’est ma liberté et ma libre pensée.

    Orphée
    Participant

    aquablue écrivait:
    ——————————————————-
    >
    > De façon très égoiste, pour me vider la tête,
    > j’ouvre une bouteille, la partage avec ma femme,
    > nous discutons de nos journées et je viens
    > régulièrement sur LPV pour m’instruire et
    > apprendre autour du vin: ce n’est pas pour
    > reprendre dans la tête des posts sur la crise
    > (vous me direz: je ne suis pas obligé de les
    > lire..) Pour celui là je ne l’ai pas lu, seulement
    > la dernière remarque de luc..
    >

    CQFD

    Orphée
    Participant

    « Face à l’échec de l’émission de crédit, ils n’ont su proposer que le prêt de davantage d’argent. N’étant plus en mesure d’agiter l’appât du profit pour inciter le peuple à les suivre, ces faux leaders plaident avec des larmes dans les yeux pour un retour à la confiance. Ils ne connaissent que les règles d’une génération d’égoïstes. Ils n’ont aucune vision, et lorsqu’il n’y a pas de vision, le peuple meurt. »

    Franklin Delano Roosevelt, 1933
    Au moment de lancer le New Deal…

    Orphée
    Participant

    Manifestation insigne du syndrome de stockholm ?

    Orphée
    Participant

    En manière de glose et pour défier le temps, je me permets de transcrire cet extrait de« La Parole est au Vin » que je viens de retrouver.
    Il respire la modestie du personnage :

     » Comme à l’accoutumée, je faisait valser le vin dans le verre avec l’habilité du geste mille et mille fois répété et, méditatif, je suivais les pourpres reflets des minivagues en giration. Avec Apollinaire j’aurais pu dire : « mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme ».

    Le vin et moi avions eu de longs rapports professionnels ; cela crée des liens affectifs. Ce soir là, je ne sais pourquoi, est-ce fatigue, sommeil, onirisme, fantasme, je me pris à interpeller mon verre.
    – O vin ! Toi qui m’aidas à tenir droite ma plume et claire ma pensée tout au long des lignes de mes livres, je voudrais te donner ici le dernier mot. Ce n’est pas moi qui t’ai choisi. L’aurais-je pu à l’âge où tu m’étais inconnu ? Est-ce toi qui m’appela à ton service, ou y a-t-il dans la vie des hasards qu’on nomme destinée ?
    Je posais le verre et aussitôt, son inertie de fluide le freinant, le vin stabilisa sa surface étoilée de quelques spots lumineux et je vis mon visage déformé dans son miroir. En fait, je ne vis plus qu’un nez. C’est alors, non sans surprise, que je l’entendis répondre à mon apostrophe. Mais était-ce vraiment lui qui parlait ? (…)

    – Il a fallu que tu arrives à la fin de ta carrière pour t’apercevoir d’après le comportement de tes interlocuteurs que tu n’avais pas travaillé seulement pour tes intérêts, mais aussi pour de l’imaginaire, pour du plaisir, pour de l’amitié. (…)
    C’est de ce temps que l’on t’appelle « le professeur ». Tu faisais dans le savant. Le lecteur accordait que ta prose était claire, bien que laborieuse, sévère et sans digression. Sans doute à cette époque, quelque bacchante pudique et érudite fût-elle ta muse. Tu écrivis maintes pages austères sous sa dictée, tu assénas des connaissances. Elle te dit sur le tard :
    « Tu devrais sourire, c’est une chose que le vin permet ».

    Tu ajoutas alors à ton style un doigt d’imagination, tu pigmentas le réel d’un grain de poésie, tu brouillas un plan trop rationnel, édulcoras le discours et laissa, gauchement, le sentiment sourdre à la pointe de ta plume. Tu t’aperçus que le mélange des genres, malgré tout, pouvait être accepté. La formule est de transmettre du savoir sans en avoir l’air. On n’enseigne rien aux gens en se mettant à leur portée. C’est à eux de faire l’effort ; on n’apprend rien de durable sans un peu de peine.

    Le vin se tut brusquement, enfin j’en eu l’impression. Je restai perplexe. J’avais eu le bonheur de tomber sur un vin cultivé, historien, une sorte de vin œnologique, témoin avec moi de toute une époque. Alors tranquillement, en savourant chaque gorgée, je l’avalai. Mon palais, ébloui, crut reconnaître le goût, cassis, vanille, résine fine, d’un de mes enfants préférés du millésime 1959… Mais honnêtement, je ne peux rien affirmer. »

    Emile Peynaud
    La parole est au vin
    « Le vin et les jours »

    Orphée
    Participant

    Unique intervention pour ma part sur le sujet :

    Jusqu’il y a peu, il n’y avait pas grand monde pour spéculer sur la pertinence du système. Tant que nous percevions notre part du gâteau, aussi modeste était-elle, tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

    Maintenant…

    Orphée
    Participant

    charlesv écrivait:
    ——————————————————-
    > La Parabole des aveugles de Bruegel l’Ancien
    > illustre ici deux manifestations d’une même
    > aliénation. D’une part l’errance et le désarroi de
    > l’amateur, blanchi sous le harnois, ayant perdu
    > son bréviaire. D’autre part le désappointement
    > voire l’effroi du béotien ayant suivi aveuglément
    > son guide-âne.
    >

    Je n’aurais pas mieux dit… 😉

    Cordialement,

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