Orphée

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  • Orphée
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    Je suis d’avantage inspiré par La Pietà

    Orphée
    Participant

    [i]Hervé Bizeul écrivait :

    Mais dans ce que l’on appelle vraiment des grands millésimes, c’est bien d’un climat typiquement méditerranéen qu’il s’agit, c’est à dire printemps humide puis stress hydrique prononcé et chaleur tout l’été.

    ChristopheD écrivait :

    Comment expliquez vous qu’on ne produise pas de meilleurs cabernets sauvignons en climat méditerranéen qu’en Bordelais? L’interdiction de l’irrigation ?[/i]

    Parmi ceux considérés comme les plus grands vins de cabernet sauvignon, un bon nombre provient de régions de Californie…au climat typiquement méditerranéen.

    Stress hydrique ou irrigation ?

    Orphée
    Participant

    Je reste persuadé que ce forum est un lieu idéal pour débattre de tels sujets car le nombre et la diversité des points de vues ne peuvent que faire avancer le débat.

    Voilà, donc, deux points de vues éminemment opposés car situés aux limites extrêmes du sujet…

    D’un côté, Hervé, l’artisan bâtisseur, géniteur au faîte de la tourmente œnologique, partisan de l’autocritique constructiviste et acteur talentueux dont les remises en questions quotidiennes sont à la pointe des méthodes culturales et œnologiques…

    A l’autre bout, François, hédoniste et chantre des vins anciens, ayant une vision particulière sur la période précédent le triomphe œnologique…et dont j’attendais avec une certaine impatience l’avis sur la question car nous ne pouvions trouver meilleur expérience qui nous permette de confirmer ou infirmer l’existence d’une continuité sur le long terme…

    François nous affirme que cette pérennité de caractères existe ; Hervé nous indique qu’elle ne peut être attribuée au terroir… il y a une antinomie apparente qui me laisse empreint de perplexité…

    Aujourd’hui effectivement, et depuis une quarantaine d’année, le tout œnologique a remplacé les usages transmis de génération en génération…
    Peut-être, alors, s’il est possible de déceler une continuité que l’on pourrait attribuer à une certaine typicité, est-ce, au final, parce que le vin en revient toujours à ses racines ?

    Aucune preuve scientifique, soit ! Mais il est possible que nous allions au devant de belles théories…

    Bien cordialement,

    Orphée
    Participant

    Puisque personne n’est à même de reconnaître dans nos chers vins français une quelconque typicité induite du terroir, il est effectivement grand temps de réformer notre système historique auquel plus personne ne croit.

    Et si la typicité au sens de la définition de Letablier et Nicolas est un leurre, alors nous le tenons enfin notre fameux « French Paradox ». Il se décline d’ailleurs à l’infini sur les pages mêmes de ce Forum…

    Pour rester sincère, il faut cesser toute démagogie et se contenter de défendre notre savoir-faire. Notre crédibilité passe par l’apposition de la mention du ou des cépage(s) et éventuellement du style de vinification comme seules méthodes d’appellation de nos chers flacons.
    Le moyen le plus simple et le plus prometteur serait de promouvoir des marques à la manière des entrepreneurs du nouveau monde que j’entends déjà glousser car ils ont eu cette clairvoyance bien avant nous, ce qui leur donne quelques longueurs d’avance.

    Evidemment, oublions le reste : c’est pur snobisme !

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    François,

    De bien belle manière, vous rappelez à notre mémoire cette période charnière de notre histoire…

    Je note que vous suggérez à plusieurs reprises la notion de terroir.
    En référence aux récentes sollicitations de Luc concernant « le rosé le plus cher du monde », je me permet le clin d’oeil suivant :

    Quand vous dites que le Moucheron 1955 n’a plus rien à voir avec un Puligny, voulez-vous dire que vous n’y retrouvez pas la crème, le beurre et le gras typiques des Puligny ?

    C’est un brin malicieux, j’en conviens, mais j’aurais aimé entendre votre avis sur la question.

    Cordialement,
    Raphaël

    Orphée
    Participant

    Hé, non…

    😉

    Orphée
    Participant

    Comme je viens de le découvrir dans l’admirable plaidoyer de Patrick Baudouin « Vignerons dans nos appellations » mars 2003 :

    « Jean Salette, dans un article paru dans la Revue des Oenologues (n° 85, octobre 1997) expliquait que le terme « typicité » est très récent. Son utilisation comme néologisme date de 1979/1980, et son entrée dans le dictionnaire de 1993. « Original » n’a pas du tout le même sens que « typique ». Dans « original », il y a « qui ne ressemble à rien d’autre », « unique ». « Typique » se définit à l’inverse : « qui caractérise un type ». »

    Le nom « typicité » est dérivé de l’adjectif typique.

    Voici la définition que donne de cet adjectif le Dictionnaire de L’Académie française, 8th Edition (1932-5)

    [i]TYPIQUE. adj. des deux genres. T. didactique. Qui concerne un type, qui est caractéristique, original. C’est là un des traits typiques de cette race.
    En termes d’Histoire naturelle, il se dit des Caractères qui servent de type à un groupe. Caractères typiques.
    Dans le langage religieux, il signifie Qui est symbolique, allégorique. Le sens typique.[/i]

    Je rappellerai pour ma part qu’original dérive d’origine, originel…et a été emprunté au latin de l’époque impériale « originalis » qui existe dès l’origine, primitif; originaire.

    Les définitions ne sont jamais inutiles…

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Evidemment, Laurent…

    Une petite précision néanmoins:

    Quand je prétends ne lire sur LPV que de « très rares allusions à la typicité, à la conformité à l’origine », j’ommettais le forum « Le vin et la table  » où, là, beaucoup s’en rassasie !

    Voici quelques échantillons très récents :

    – Sur un mafé au poulet fumé, yann.z avait « pensé à un pinot noir de Loire style Menetou-Salon ou un assemblage pinot/gamay style Cheverny. »

    – Sur une entrée de ris de veau au miel et petits raisins blancs, Jean-Marie Cade serait « tenté par un accord plus conflictuel, du genre Riesling sec, ou Savennières. »

    – Pour un vin rouge s’accordant avec un suprême de pintade aux morilles, Philippe Barret opterait « pour un bourgogne (rouge donc puisque c’est obligatoire), plutôt jeune et d’un terroir modeste, en tout cas léger. Par exemple Irancy, Rully, Mercurey, etc… »

    Et ces exemples sont légion…
    N’est-ce pas, déjà, se référer tangiblement à une certaine typicité ?

    Je n’oublie pas qu’à contrario, Eric et quelques autres ne citent que des cuvées très précises…
    Sages précautions et… grande érudition !

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Bonsoir, Agitateur,

    La question n’est pas de savoir ce que tu aimes ou ce que tu n’aimes pas…

    Concernant les terroirs de Saint-émilion, le sujet a souvent été évoqué sur ces mêmes pages et c’est une forme de réfutation éculée. Pourtant, je vois dans tes propos comme un paradoxe…

    Et peut-être, tout bien considéré, préférerais-je une vinification identique mais respectueuse de la diversité de raisins « forcement différents » à de l’acrobatie oenologique sur des raisins identiques…
    Si tu examines mon exposé, tu découvriras que je ne prône aucun retour à ces temps chagrins où forcement le raisin était aussi « verts » que le picrate des alchimistes !

    Bien cordialement,

    Orphée
    Participant

    Je ferai un parallèle un peu risqué , j’en conviens, mais qui permet d’illustrer le sens de mon propos. Celui-ci concorde parfaitement avec les réflexions que m’amène le forum « De la terre au verre », à propos de l’emploi de levures indigènes ou exogènes :

    Quand je déguste un fromage, il faut bien avouer que, même à l’aveugle, il m’est difficile de me tromper et de le confonde avec un autre… Un roquefort reste un roquefort même si je savoure les différences entre le roquefort Société ou Papillon et même, au sein de ce dernier, entre le Papillon vert, rouge ou noir… C’est une vérité de la palisse, certes, mais cela m’amène à me demander où chercher la vérité lorsque l’on parle de vin même si j’aborde ici uniquement le cas de vins jeunes, donc loin de la maturité qui leur permettra sans doute de se forger un belle personnalité… ?

    Est-ce un hasard si Curnonsky, dans sa Quinte Royale citait Montrachet, d’Yquem, Château Grillet, Château Chalon et Coulée de Serrant ? Ils sont si typiques qu’il serait malaisé de les confondre.
    Mais il est fort possible qu’à la fin du siècle dernier, notre approche ait été déformée par l’œnologie voire par l’oenologiquement correct et que depuis peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse…

    Quand je parcours les innombrables CR qui donnent corps à ce forum, je n’y vois que très rarement une allusion à la typicité, à la conformité à l’origine, mais d’avantage la recherche du délectable, du bon goût ou de la détection de défauts ou de déséquilibres…
    N’est-ce pas symptomatique de la perte de tout repère ?

    Et lorsque je lis les résultats de Championnats tel que celui-ci, je me demande où se trouve cette prétendue typicité si les meilleurs dégustateurs eux-mêmes y perdent leur latin…

    En tant qu’amateur, j’entretiens un vieux rêve qui me laisse pourtant le goût amer de la désillusion… Ce rêve est l’espoir légitime de retrouver dans mon breuvage fétiche une fidélité manifeste à son origine.

    Les progrès de l’œnologie sont tels que chaque saison apporte d’avantage d’aisance au vinificateur pour élaborer un bon vin sans défaut apparent ; j’ai maintenant espoir que ces acquis soient le tremplin d’une nouvelle ère qui amènera à terme le vigneron à proposer au consommateur ou à l’amateur un produit à nouveau lisible parce que représentatifs d’usages locaux, loyaux et constants.

    Voilà, à mon sens, quel doit être le leitmotiv de tout tenancier de notre patrimoine. Oui, ce faiseur de vin doit se faire un devoir de chercher, de retrouver et de nous proposer « le goût de l’origine ».
    S’il ne le fait pas, il donnera raison, à plus ou moins longue échéance, aux opposants à la notion de terroir, aux faiseurs de produits nouveaux, à usage unique, enjôleurs mais sans réels fondements…

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Patricia disait :
    [i]
    « Nouvelle inscrite fauchée, moi c’est ma recette de daube provençale à la manière du Reboul que je donnerais avec plaisir. (…) Je l’aurais bien plongée dans un Châteauneuf du Pape ma daube et comme, à la demande générale, on sera 20, j’aurais bien cubitainéré dans jolies carafes pour boire gaiement.
    (…)
    Donc, souhaitez moi la bienvenue, bas morceaux et cubi
    (…)
    Vous avez raison très bon accord en général entre asperges et crustacés. Je me souviens d’un buisson de langoustines toutes roses, cerclé de splendides asperges, blanches, toutefois d’une esthétique imparable.
    (…)
    On n’est jamais trop long
    (…)
    Vous savez me mettre en valeur, vous!
    (…)
    J’achète un peu par la bouche et par l’oreille
    (…)
    Le chapon sera de Bresse ou des Landes il n’aura pas besoin de cette « légende » de petit suisse car il sera forcément suffisamment gras. Lui saler et lui poivrer l’intérieur (!) et le farcir de romarin et de deux feuilles de laurier. J’ai accompagné le mien d’une farce que je prépare à part dans un moule à gâteau (plus jolie présentation, se découpe en tranches) faite de noix concassées, de pruneaux dénoyautés, des abats, veau et porc haché.
    J’avais choisi un Châteauneuf du Pape.
    Cuire doucement, arroser tout le temps!
    ( …)
    carottes, oignons, céleri branche,poireaux, tout çà coupé en long
    et pâte feuilletée
    Recouvrir le tout de la pâte, la dorer au jaune d’oeuf
    four 200°
    1h
    Belle odeur quand on découpe
    (…)
    Un petit Gamay et pschitt
    (…)
    Cà y est, je vous aime tous beaucoup! « [/i]

    Moi aussi je l’aime déjà Patricia… 😉

    Cordialement,

    Raphaël, qui risque de se faire allumer…

    Orphée
    Participant

    Me permettez-vous une question de parfait néophyte en la matière, s’il est encore temps ?

    Le pied de vigne, pour produire de bons fruits, a assurément besoin d’un biotope adapté mais n’a que faire des levures indigènes.
    Si celles-ci n’influent en rien le cycle de la vigne, ni les caractéristiques finales du fruit, elles n’interviennent donc pas sur la qualité de la matière première autrement dit sur le caractère initial de la récolte promise à vinification.

    Le rôle tardif des levures indigènes, en tant qu’éventuel agent de fermentation du raisin déjà récolté, est donc bien postérieur aux vendanges et reste d’ailleurs soumis au choix du vinificateur.

    Ce rôle différé, cette absence d’influence sur la vigne et ce qu’elle produit, permet-il de considérer les levures indigènes comme l’un des éléments constitutif du Terroir ?

    Soit on affirme que l’expression du terroir ne s’achève pas sur le pied de vigne et dans ce cas, seule l’utilisation exclusive de levures indigènes permet d’aboutir à un résultat fidèle à celui-ci (contrairement au fait de les substituer par des levures exogènes ou de leur en adjoindre).

    Soit l’on nie le rôle des levures en objectant que le procédé n’a pas la moindre importance puisqu’il n’y a aucun rapport levure-typicité et que seule compte la matière première quoi qu’on en fasse…

    Autrement dit : où est « Le Goût de l’origine » ?

    Toutes ces notions qui gravitent autour de la définition du Terroir fourmillent de paradoxes qui m’échappent…

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Curieux, mais… élémentaire, mon cher Watson !

    😉

    Orphée
    Participant

    Mon bon Philippe…

    As-tu remarqué que Luc nous fait un retour sur les chapeaux de roues ?

    Orphée
    Participant

    Thierry,

    Il s’agissait alors de l’appellation d’origine VDQS Saint-Pourçain.
    Je crois que c’est toujours le cas… (?)

    J’ai eu beaucoup de chance ce jour-là et il me parait bien improbable de pouvoir renouveler une telle performance aujourd’hui…

    Ce n’est pas sur ce plan que se situe ma démonstration. 😉

    En toute humilité,
    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Une petite anecdote qui remonte à pas mal d’années déjà…

    Invité chez un oncle, fervent défenseur d’une approche naturelle et instinctive de la dégustation et, entre parenthèse, grand amateur de vins du Rhône nord et sud, j’avais pris soin d’emmener quelques flacons de grands classiques, alors conformes à mes studieuses lectures, pour tenter de lui prouver le bien fondé de ma démarche passionnée qui consistait en l’étude exhaustive de tout ouvrage œnologique qui s’offraient à moi.

    En réponse, et avec toute la malice qui le caractérise, celui-ci me mit au défi de reconnaître à l’aveugle une bouteille. Il observa le plus grand silence pour se garder de me donner la moindre indication.

    Après quelques instants durant lesquels j’assemblais mon puzzle et prenais bien soin d’écarter toute erreur possible car de ma réponse dépendait en partie ma crédibilité et la justification des convictions qui m’animaient alors, je lui annonçais, non sans une pointe d’appréhension dissimulée mais avec l’aplomb de la certitude feinte :

    Saint-Pourçain 1993.

    Eclats de rires entendus : j’avais deviné… Il s’agissait effectivement du domaine de Bellevue de Jean-Louis Pétillat.

    Je reconnais – fait que je ne lui ai jamais dévoilé – avoir eu énormément de chance ce jour-là d’autant que, de mémoire, ce fut pour moi l’occasion de découvrir le Saint-Pourçain…

    Mais je lui expliquais qu’à force de comparaisons, d’éliminations, de recoupements, etc. (ce qui auraient été impossible sans une solide connaissance des appellations, de leurs cépages, de leurs terroirs, de la qualité des millésimes) : j’étais tombé juste !

    Etais-je (et suis-je encore) meilleur dégustateur que lui ?
    Sincèrement, je ne le crois pas

    Même si, mon oncle fut contraint de reconnaître le bien fondé de ma démarche – ma quête, je venais de lui démontrer, n’était pas vaine – il ne dérogea pas pour autant à sa ligne de conduite et n’a jamais cesser d’accueillir en toute simplicité chaque nouveau flacon avec le même enthousiasme, avec le même plaisir sans cesse renouvelé…

    Quant à moi, je concède être passé depuis par des périodes de lassitude et avoir perdu, progressivement, un peu de cette flamme qui m’animait à mes débuts.

    Depuis, malheureusement, un autre combat s’impose régulièrement à moi, bien plus laborieux, bien plus rébarbatif… C’est celui qui consiste à maintenir encore et toujours cette sorte de boulimie instigatrice de toute passion :

    L’Envie…

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Une évidence qui mérite d’être rappelée : point de bon dégustateur sans solide culture.

    Cordialement,

    Orphée
    Participant

    Oserais-je le susurrer ?
    Dans la majorité des cas, un parfum ne se porte jamais aux lèvres… 😉

    [i]Note de tête : Pêche, Abricot, Anis Etoilée, Cumin
    Note de coeur : Rose, Oeillet, Cannelle, Jasmin
    Note de fond : Vanille, Styrax, Bois de Cèdre, Castoréum

    Champagne YSL[/i]

    Orphée
    Participant

    Injustement à mon sens, s’il ne fait guère florès au sein de la presse spécialisée, c’est sans doute qu’il n’arbore jamais le moindre orgueil resplendissant :

    Larrivet-Haut-Brion.

    Le 2001 rouge est un gentilhomme à la discrétion fort sympathique, mêlant pondération et efficacité. Il exprime avec caractère la finesse des meilleurs esprits qui s’obligent à la prévenance à l’égard de leurs hôtes et qui perpétuent la noble culture de la délicatesse.

    Sans prétention mais avec infiniment de classe et de consistance, c’est un digne émissaire de son appellation, de la vertu et de la civilité.

    [i] »La tempérance, disait un ancien, est la meilleure ouvrière de la volupté. »
    Fénelon[/i]

    Je ne me lasse toujours pas de sa conversation…

    Orphée
    Participant

    Excellent Top 10.

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