Orphée

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  • Orphée
    Participant

    Personnellement, la lecture de discussions telles que « Les volumineuses ; La menace d’un krach ; Biodynamie-croyances-rationalisme ou bien encore Que cherchez-vous en lisant LPV », conforte mon idée qu’au-delà de ce qui peut apparaître aux profanes comme un passe-temps superflu, la véritable passion pour la « civilisation » du vin a aussi une formidable dimension philosophique : par la confrontation des opinions, elle amène à la réflexion et à la recherche du beau, du bon, du bonheur, voire du bien, du sens de la vie, de la vérité.
    Quoique certains sophismes tels ces « argumentum ad odium » m’inspirent des doutes…
    D’où ma question initiale.

    Orphée
    Participant

    Ma question se révèlerait-elle ambivalente alors que je me suis empressé de la préciser pour en éloigner le moindre doute ? Qui peut nier que, par essence, la passion du vin, chez l’amateur, manifeste un comportement sous-culturel bourgeois (en tant que sous-groupe ; bien vu PascalB ) ou d’appétence bourgeoise, sans user d’arguments de type « quaternio terminorum » ? 😉
    Et si je respecte infiniment l’être humain en tant qu’individu unique ou universel, permettez que je sois plus critique vis à vis de l’être social, superbe parfois, lorsqu’il est sujet à l’effet de groupe ou à la modération bourgeoise.
    Soit, je suppose une corrélation entre niveau social, culturel et intellectuel, je m’interroge donc sur l’intérêt d’une propension à l’ataraxie culturelle; et j’aime à me demander : la passion du vin, l’hédonisme ou l’épicurisme, n’est-ce que cela ou est-ce plus que cela ?

    PS : pour tenter de ménager les hypersensibles: 😉

    Orphée
    Participant

    Pourquoi pas… 😉
    « Quiconque, parmi les Immortels, maîtres des cimes de l’Olympe neigeux, répand cette eau (du Styx) pour appuyer un parjure, reste gisant sans souffle une année entière. Jamais plus il n’approche de ses lèvres, pour s’en nourrir, l’ambroisie et le nectar. Il reste gisant sans haleine et sans voix sur un lit de tapis : une torpeur cruelle l’enveloppe. »
    Hésiode. Théogonie.

    Orphée
    Participant

    (…) Une réaction qui irrite Christian Seely : « On dit que les vins de Bordeaux sont trop chers mais je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des vins de Californie qui sont nettement plus chers que les vins bordelais et pour moi les vins de Bordeaux sont d’une qualité qui justifie leur prix ».

    Imaginons un instant…
    Millésime 2015 :
    alignées, quelques bouteilles de Lafite , Latour , Margaux etc. (chacune à 60 euros) parmi Penfold’s Grange, Opus One et une centaine d’autres à 1500 euros pièce… ça vous inspire quoi ?

    ………………….

    ça nous laisse coi ?

    …………………….

    La nuit porte conseil…
    Bonne nuit.

    Orphée
    Participant

    Thierry Debaisieux écrivait:
    ——————————————————-
    > J’ai peur, depuis le début de voir LPV phagocyté
    > par X ou Y, qui en ferait leur vitrine, celle de
    > leurs ambitions.
    > Des intervenants ont tenté de le faire et sont
    > partis…
    > Quelques uns sont encore présents…

    J’avais projeté d’écrire un post comportant ces trois mêmes mots…
    Me voilà rassuré de ne pas être le seul à nourrir cette crainte.

    Cordialement.

    Orphée
    Participant

    C’est le propre de l’homme que de construire à partir du désordre.
    Personnellement, j’estime ce débat de fond très constructif.
    Et j’y ai découvert de beaux raisonnements.
    Ceci m’a permis, surtout, d’appréhender et d’apprécier chacun davantage encore dans son individualité, sa belle personnalité et son don de soi. C’est l’un des bénéfices de toute discussion: s’enrichir mutuellement dans la découverte et l’acceptation de l’Autre…

    Et si cette controverse parait à présent s’enliser, n’est-ce pas simplement le reflet des limites de chacun ? Limites qu’il nous faut sans cesse chercher à repousser, sans relâche, ni abandon.

    Allons !… Poursuivons ce merveilleux voyage sur les océans pourpres…sans craindre d’en explorer les tumultes !
    Et, de cette expérience, revenons-en grandi.

    Orphée
    Participant

    « Le beau est fait d’un élément éternel, invariable, dont la quantité est excessivement difficile à déterminer, et d’un élément relatif, circonstanciel, qui sera, si l’on veut, tour à tour ou tout ensemble, l’époque, la mode, la passion.
    Sans ce second élément, qui est comme l’enveloppe, amusante, titillante, apéritive, du divin gâteau, le premier élément serait indigeste, inappréciable, non adapté et non approprié à la nature humaine. Je défie qu’on découvre un échantillon quelconque de beauté qui ne contienne pas ces deux éléments. »

    Orphée
    Participant

    Je suis désolé.
    Et je ne prendrai pas ma plus belle plume ce soir pour exprimer l’effroi qui s’empare de moi.
    Rideau.

    Jérôme, merci pour ton Humanité.

    Orphée
    Participant

    Ce Pavé dans la mare, que j’ai apparemment lâché au milieu d’un débat passablement houleux (le contexte s’y prêtait…), me semble avoir titillé l’amour propre de quelques-uns… De cette susceptibilité, seule l’attitude de repli me consterne. N’est-ce pas quand un débat est passionné qu’il en devient passionnant ? Je le pense encore naïvement et fais miens cet aphorisme : « Ton meilleur ami, c’est ton meilleur ennemi ».
    L’autosatisfaction ou la complaisance réciproque sont circulaire et mènent assurément à l’atavisme…ou à l’ennui. D’ailleurs, ne parler que de chiffres ou quantités ou de limites m’ennuie.
    Cette cave que je nourris moi aussi en partie pour mes enfants en une forme d’héritage culturel, n’a d’autre valeur à mes yeux que spirituelle, à hauteur du plaisir, du rêve, de l’imaginaire ou de l’impatience contenue qu’elle suscite en mon for intérieur.
    D’autres bouteilles spéculatives, en transit, attendant leurs acheteurs, y demeurent mais en sont étrangères car nous ne les boirons jamais.
    Contrairement aux œuvres d’Art qui s’exposent souvent à loisir, la magie de certaines bouteilles tient par essence au désir envieux qu’elle suscite, au dilemme incessant qui ronge leurs prétendants (est-ce le moment ?) et qui exulte à cet instant fébrile et éphémère mais combien inoubliable de la rencontre.
    En ce sens, la taille d’une cave peut être proportionnelle à notre aptitude à l’abnégation et à notre appétit d’aimer…
    Des centaines, des milliers ou une seule bouteille…

    Orphée
    Participant

    Hommage

    Passionné par l’œnologie (au sens large et étymologique) depuis une quinzaine d’année, mon approche de celle-ci se révèle plus intellectuelle que pragmatique. Malgré une culture essentiellement livresque du sujet, je ne manque aucune occasion de m’en informer de quelque manière que ce soit. Ceci m’amène donc à ce forum et au « post » présent.
    J’ai eu l’occasion à maintes reprises de consulter des discussions ainsi que divers sites dans lesquels officie M.Audouze et mon sentiment demeure invariablement le même : « Décidément, ce Monsieur me fait penser à un enfant (trop) gâté qui ne connaît plus la valeur des choses ! ».
    Constater avec quelle (apparente ?) désinvolture ce monsieur « descend » nombre de ces vieilles dames respectueuses n’est pas loin de me révolter. Car enfin, comment peut-on impunément réduire à tel point le rêve de tout amateur en étalant ces défloraisons à la chaîne ?
    Encore… s’il affichait la déférence due à l’étiquette… mais jugez plutôt sur ce court tableau pris au hasard de ces « carnets de chasse » et noyé dans le tourbillon des 43 vénérables bouteilles bus ce jour-là… :

    « Le Château Montrose 1975 est une magnifique surprise. Son nez est superbe, de fruits rouges. Son goût est très pur. Il est plus grand que ce que j’imaginais. Le Château Brane-Cantenac 1964 fait plus fatigué, même si l’on sent que c’est un vin racé. On m’apporte quelques gouttes du Clos Triguedina Cahors 1962. Il est vraiment très typé Cahors, avec une belle personnalité. Le vin qui me fait bondir de joie, c’est le Château Moulinet 1955 un pomerol absolument parfait. L’année est belle et le vin est en ce moment à un optimum, car on ne peut lui trouver aucun défaut. Je me suis levé pour en faire part à tous nos amis.»
    Ces antiques promises ont-elles réfléchi plusieurs générations durant dans le silence de leur cachot humide, ne recevant que rarement la courtoisie d’un sourire envieux et respectueux, pour, une fois libérée, s’entendre dire en guise d’accueil et de retrouvailles : « Magnifique surprise ! Vous semblez fatiguée… mais on ne peut vous trouver aucun défaut. Votre belle personnalité me fait bondir de joie ! Voilà… Buvons mes amis ! » ?
    Ne méritaient-elles, chacune, ne serait-ce qu’un semblant d’honneurs et, eu égard à leur nature unique donc irremplaçable, le temps d’une discussion civilisée ? En bref, n’ont-elles vraiment rien d’autre à nous raconter, ces soeurs majestueuses ?
    Las ! L’opulence mène parfois à la perte des valeurs, de la modestie, de la passion débordante. La profusion, elle, rend prosaïque.
    Oserais-je y déceler une filiation avec le déclin d’une certaine génération « Coco Colo » où l’on traite nos aînés comme des kleenex ; où tout semble réduit au « j’aime ou j’aime pas » ; à la facilité, la médiocrité, l’autosatisfaction, voire le dédain… dans une vague sensation de gâchis ? Oui, l’univers du vin doit rester un support onirique. De grâce : « Laissez rêver l’enfant qui dort… »

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