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- Ce sujet contient 43 réponses, 12 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Jean-Bernard Villemagne, le il y a 16 années.
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- 19 septembre 2008 à 2h42
Une interview qui se déguste.
Les réponses aux 4 dernières questions sont un plaisir de fin gourmet !
- 19 septembre 2008 à 2h48
C’est très intéressant.
A noter l’hommage appuyé qu’il fait (sans le nommer) à Daumas Gassac.Je n’ai pas assez de connaissance pour apprécier la malolactique provoquée par rapport à la malolactique subie, mais c’est très intéressant.
Que de fois ai-je entendu : « il n’a pas fait sa malo », comme on dit d’un bébé : « il n’a pas encore fait ses dents ».Merci d’avoir exhumé cette interview d’il y a 12 ans, d’un grand homme de l’oenologie.
- 20 septembre 2008 à 1h34
« J’apprécie le Beaujolais à Lyon et le Chinon entre deux châteaux de la Loire ».
Il faut s’appeler Emile Peynaud pour pouvoir dire cela sur LPV !:?
- 20 septembre 2008 à 1h46
oui, mais juste avant, il disait : « Par métier, je suis curieux et éclectique dans mes choix. » 😉
Yves Zermatten
- 20 septembre 2008 à 1h50
Ah ces Bordelais , on ne les refera pas !;)
- 20 septembre 2008 à 2h15
J’ai eu la chance de déguster et discuter deux fois avec Monsieur Emile Peynaud dans les années quatre-vingts. La première fois à Margaux, la deuxième à Pichon Lalande. Il avait une capacité époustouflante à passer d’un statut de consultant éminemment professionnel à une approche d’amateur, dans le sens noble du terme, la passion rivée au corps du vin, à l’écoute attentive de ses interlocuteurs. Comme tous les grands hommes du vin que j’ai pu rencontrer, il était ouvert aux grands vins d’ailleurs, bourguignons en particulier.
Il avait très certainement raison.
- 20 septembre 2008 à 2h33
merci, Charles, pour ces éclairages.
Je pense aussi qu’il avait raison. Quand on aime véritablement le vin, on va forcément voir ailleurs…
Yves Zermatten
- 25 septembre 2008 à 15h16
Un thread qui tourne court !
J’y percevais pourtant les caudalies d’un Grand Cru…
Ainsi va notre époque qui se nourrit du tapage ambiant !
Charles, tout de même un peu mélancolique… 🙁
- 25 septembre 2008 à 15h19
C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de son « best-seller » « Le Gout du Vin ».
charlesv écrivait:
——————————————————-
> J’ai eu la chance de déguster et discuter deux
> fois avec Monsieur Emile Peynaud dans les années
> quatre-vingts. La première fois à Margaux, la
> deuxième à Pichon Lalande. Il avait une capacité
> époustouflante à passer d’un statut de consultant
> éminemment professionnel à une approche d’amateur,
> dans le sens noble du terme, la passion rivée au
> corps du vin, à l’écoute attentive de ses
> interlocuteurs. Comme tous les grands hommes du
> vin que j’ai pu rencontrer, il était ouvert aux
> grands vins d’ailleurs, bourguignons en
> particulier.
>
> Il avait très certainement raison.- 27 septembre 2008 à 15h15
Cet homme admirable est un monument, un phare dans l’immensité des océans pourpres.
Je ne peux qu’être affligé quand des pans entiers de ces fascinantes expériences humaines éprouvent l’outrage du temps et sombrent progressivement dans l’oubli…
Il faut le lire donc, ou le relire, pour se délecter et contempler un soleil couchant qui miroite sur l’onde éternelle.
Alors :[i] »Vous comprendrez que le vin est, à l’évidence, un amalgame unique de science et de poésie. Vous découvrirez toutes les facettes de l’âme du vin, cette part mythique qui commence où s’arrêtent les fonctions de nos sens. »
Emile Peynaud[/i]Cordialement,
- 5 octobre 2008 à 15h13
J’avais parcouru cette interview sur LPV il y a deux semaines environ et, depuis, je me disais : « j’ai déjà lu ça quelque part… ».
Ce matin, lumière !
Après vérification, il s’agit de plusieurs extraits mis bout à bout du livre « Oenologue dans le siècle » où, sur près de 250 pages, Emile Peynaud échange avec Michel Guillard.
Je l’avais lu il y a une douzaine d’années et il m’avait passionné. Cela me donne envie de le relire.
Si ces extraits vous ont intéressés, n’hésitez pas, foncez, tout le bouquin est du même intérêt !
Bon dimanche,
GillesOenologue dans le siècle – Emile Peynaud – Entretiens avec Michel Guillard
Editions de La Table Ronde – 1995- 12 octobre 2008 à 5h35
En manière de glose et pour défier le temps, je me permets de transcrire cet extrait de« La Parole est au Vin » que je viens de retrouver.
Il respire la modestie du personnage :» Comme à l’accoutumée, je faisait valser le vin dans le verre avec l’habilité du geste mille et mille fois répété et, méditatif, je suivais les pourpres reflets des minivagues en giration. Avec Apollinaire j’aurais pu dire : « mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme ».
Le vin et moi avions eu de longs rapports professionnels ; cela crée des liens affectifs. Ce soir là, je ne sais pourquoi, est-ce fatigue, sommeil, onirisme, fantasme, je me pris à interpeller mon verre.
– O vin ! Toi qui m’aidas à tenir droite ma plume et claire ma pensée tout au long des lignes de mes livres, je voudrais te donner ici le dernier mot. Ce n’est pas moi qui t’ai choisi. L’aurais-je pu à l’âge où tu m’étais inconnu ? Est-ce toi qui m’appela à ton service, ou y a-t-il dans la vie des hasards qu’on nomme destinée ?
Je posais le verre et aussitôt, son inertie de fluide le freinant, le vin stabilisa sa surface étoilée de quelques spots lumineux et je vis mon visage déformé dans son miroir. En fait, je ne vis plus qu’un nez. C’est alors, non sans surprise, que je l’entendis répondre à mon apostrophe. Mais était-ce vraiment lui qui parlait ? (…)– Il a fallu que tu arrives à la fin de ta carrière pour t’apercevoir d’après le comportement de tes interlocuteurs que tu n’avais pas travaillé seulement pour tes intérêts, mais aussi pour de l’imaginaire, pour du plaisir, pour de l’amitié. (…)
C’est de ce temps que l’on t’appelle « le professeur ». Tu faisais dans le savant. Le lecteur accordait que ta prose était claire, bien que laborieuse, sévère et sans digression. Sans doute à cette époque, quelque bacchante pudique et érudite fût-elle ta muse. Tu écrivis maintes pages austères sous sa dictée, tu assénas des connaissances. Elle te dit sur le tard :
« Tu devrais sourire, c’est une chose que le vin permet ».Tu ajoutas alors à ton style un doigt d’imagination, tu pigmentas le réel d’un grain de poésie, tu brouillas un plan trop rationnel, édulcoras le discours et laissa, gauchement, le sentiment sourdre à la pointe de ta plume. Tu t’aperçus que le mélange des genres, malgré tout, pouvait être accepté. La formule est de transmettre du savoir sans en avoir l’air. On n’enseigne rien aux gens en se mettant à leur portée. C’est à eux de faire l’effort ; on n’apprend rien de durable sans un peu de peine.
Le vin se tut brusquement, enfin j’en eu l’impression. Je restai perplexe. J’avais eu le bonheur de tomber sur un vin cultivé, historien, une sorte de vin œnologique, témoin avec moi de toute une époque. Alors tranquillement, en savourant chaque gorgée, je l’avalai. Mon palais, ébloui, crut reconnaître le goût, cassis, vanille, résine fine, d’un de mes enfants préférés du millésime 1959… Mais honnêtement, je ne peux rien affirmer. »
Emile Peynaud
La parole est au vin
« Le vin et les jours »- 12 octobre 2008 à 12h32
Un texte profondément humain, émouvant d’Emile Peynaud. J’allais écrire un texte… admirable (clin d’oeil) !
On n’enseigne rien aux gens en se mettant à leur portée.
Je lisais dernièrement ce commentaire de Philippe Meirieu à propos du film Entre les murs : La pédagogie c’est se mettre à la portée de l’élève, non pas à son niveau.
Faut-il se mettre au niveau de, à portée de ou bien encore hors de portée immédiate ?
Subtilités de la langue française ? Evolution du niveau d’exigence et nature (culture) du public concerné ? Instruction et/ou pédagogie ?
Peut-être plus simplement le parcours d’un homme qui commence, dès quinze ans, comme simple employé du négociant bordelais Calvet…
- 12 octobre 2008 à 14h46
MAGNIFIQUE texte !
Merci pour sa mise en ligne.- 13 octobre 2008 à 14h44
Un thread qui tourne court !
J’y percevais pourtant les caudalies d’un Grand Cru…
Ainsi va notre époque qui se nourrit du tapage ambiant !
Charles, tout de même un peu mélancolique…
« »Nous aurons très certainement l’occasion de parler de ce grand » MONSIEUR » très prochainement … son livre ( mon premier achat sur le vin ) ne me quitte jamais .
Charles , nous cherchions un thème pour la seconde parie de notre prochaine soirée !! Envisager un petit Pichon Lalande 82 par exemple ou tout autre vin » accouché » par Mr Peynaud .
- 13 octobre 2008 à 15h07
Jean-Luc,
Je te vénère ! B)
Derrière M. Perrières 2004 JFCD, Lafon, Roulot… c’est tout simplement

Il va falloir que notre ami Xtof se surpasse ! ::o
- 13 octobre 2008 à 16h32
Bah avec Mas Daumas Gassac je reste dans le thème non? 😀
- 13 octobre 2008 à 16h39
J’ai eu la chance de déguster et discuter deux fois avec Monsieur Emile Peynaud dans les années quatre-vingts. La première fois à Margaux, la deuxième à Pichon Lalande.
Jean-Luc apporte donc Pichon Lalande 1982 et Xtof… 😎 😛
- 13 octobre 2008 à 17h07
Très beau texte, profondément humain.
Merci Orphée de l’avoir cité.Et bravo pour cette vénération spontanée 😉
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