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    Michel Bettane – RVF – Juin 2000
    Ausone 1999 :
    Voici à coup sûr l’un des plus grands vins du millésime, si ce n’est le plus grand. La robe intense annonce la vigueur du nez, mais jamais je n’ai à ce stade trouvé dans un Ausone un fruit plus net, plus complexe et mieux dégagé. Le corps ne cède en rien aux millésimes de l’après-guerre et la texture absolument somptueuse dépasse en volupté et en tenue de bouche tous les autres vins du Libournais. La noblesse aromatique sans égale du fruit et du support tannique en fait un chef-d’oeuvre dont on parlera longtemps.

    Et 8 ans plus tard ….

    Bettane & Desseauve – Le grand guide des vins de France 2009 :
    Ausone 1999 :
    Ici comme ailleurs à St-Emilion, le millésime 1999 n’est pas le plus inoubliable des 10 dernières années: profond et droit, mais avec une fraicheur et un dynamisme moins étincelants que dans les autres années.

    Quelques certitudes initiales ont semble-il disparues …. 😉

    M@nuel.

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 57)
  • Replies
    Jérôme PEREZ
    Participant

    c’est très intéressant M@nuel.
    Que rajouter sans passer pour un tireur d’ambulance ?
    Ça me fait quand même bien réfléchir sur les certaines assertions de cet auteur qui aime à fustiger les amateurs et leurs toutes petites connaissances.

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Cela pose également et une fois encore la question de la fiabilité des dégustations des vins en primeur…

    Cela étant dit, pour être juste, il faudrait faire ce travail pour un nombre significatif de vins, car tout le monde peut se tromper.

    Luc

    Et des tels exemples, on peut en trouver des tas.

    Finalement, il y a aurait deux bonnes questions à lui poser :

    Quelle marge d’erreur vous accordez-vous ?
    Quelle marge d’erreur accordez-vous à un simple amateur ?

    Finalement, Bettane est à l’image du classement de 1855.

    Il se pose en 1er GCC avec des faiblesses selon les millésimes.

    Jmm

    Philippe BARRET
    Participant

    Le premier commentaire est un commentaire relatif.

    Le second est un commentaire absolu.

    C’est comme pour les notes sur vingt. 😉

    Philippe

    M@nuel
    Participant

    BARRET Philippe écrivait:
    ——————————————————-
    > Le premier commentaire est un commentaire
    > relatif.
    >
    > Le second est un commentaire absolu.
    >
    > C’est comme pour les notes sur vingt. 😉

    Le premier cr fait référence aux grands millésimes de l’après guerre (45-47-49-50) c’est donc un cr a valeur « absolue ».

    M@nuel.

    M@nuel
    Participant

    Luc Javaux écrivait:
    ——————————————————-
    > Cela pose également et une fois encore la question
    > de la fiabilité des dégustations des vins en
    > primeur…
    >
    > Cela étant dit, pour être juste, il faudrait faire
    > ce travail pour un nombre significatif de vins,
    > car tout le monde peut se tromper.

    Je suis entièrement d’accord sauf que ce qui m’agace un peu c’est justement ce manque de recul dès les primeurs.
    Un commentaire tel que MB l’a fait sur Ausone 99 ne peut que lui revenir dans les dents quelques années après (parce qu’il y a des amateurs qui ont un peu de mémoire …).
    Etre un peu moins sûr, moins définitif (surtout en primeur) c’est aussi être un peu plus ….. humble ?

    M@nuel.

    Orphée
    Participant

    Cela n’exprime-t-il pas simplement qu’Ausone a pu faire encore mieux après 1999 ?

    Cordialement,

    Jérôme PEREZ
    Participant

    Philippe : parler de chef d’œuvre, c’est effectivement relatif mais sort complètement ce vin du contexte du millésime.
    Le commentaire du guide 2009 ne décrit absolument pas un chef d’œuvre.

    Mais, ça ne me tracasse pas pour autant sachant très bien que l’on peut effectivement se tromper, ou se laisser emporter : c’est humain et ça rend l’humain plus humain. ( celui-ci en particulier)

    Je me souviens d’une de ses reparties dans un débat sur la qualité de Saint jean de Bébian quand certains amateurs trouvaient l’élevage un peu appuyé : il avait rétorqué que nous n’y comprenions rien et que c’était la signature de l’élite de la viticulture française. On sait aujourd’hui avec du recul comment de positionne Bébian …

    Orphée
    Participant

    N’oublions pas qu’Ausone a rarement été encensé dans les millésimes d’après-guerre et que l’on déplorait sa relative médiocrité…
    Après le renouveau des années 70, il se goûtait mal dans sa jeunesse en regard de ses paires. Cela perdura jusqu’au 90’s.
    Je me souviens, lors de la lecture de ce commentaire, que nous en étions encore à nous émerveiller que ce 1999 puisse se goûter aussi bien sur fûts…

    Jérôme PEREZ
    Participant

    tu es gentils Orphée, vraiment très gentil.
    On parle de Chef d’œuvre, cela a un sens.

    N’oublions pas que le numéro de la RVF sert aussi à faire vendre. Nous sommes en 2000 et le cr porte sur 99.

    le dernier cr est actuel, il a intérêt à coller à la réalité sous peine de discréditer l’auteur. Tous les Ausone 99 sont vendus depuis longtemps.

    Orphée
    Participant

    Bonjour Jérôme,

    Si je fais oeuvre de prévention à l’égard de MB, sache que c’est en ayant pris soin de jauger sa partialité vis-à-vis de l’objet en question.
    Et j’y consens, MB faisait sans doute preuve de népotisme vis-à-vis d’Alain Vauthier ; pourtant, je m’évertuerai à défendre que s’il célébrait Ausone, c’était alors pour accuser sa renaissance et encenser sa finesse et sa complexité juvénile face aux monstres et autres vins de garage d’alors. Ausone 1999 était -et demeure pour moi- un chef-d’œuvre. Je maintiens ma position.

    Je suis sans doute un peu idolâtre mais aussi passablement lassé de subir les assauts, là aussi, païens, contre MB que certains ne manquent jamais de discréditer pour des raisons qui ne me paraissent pas toujours très légitimes ; lui qui m’a enseigné, pour ainsi dire formé, bien au-delà de ce qu’aucun, ici, n’a encore été capable…
    Et, crois-le, c’est à mon grand désarroi.

    Il suffit de parcourir les pages LPViennes pour se rendre compte que son influence prévaut et prévaudra encore longtemps auprès des amateurs…
    Cette dernière assertion est regrettable, probablement, mais elle est, encore, indéniable…

    Jérôme,
    A l’œuvre !
    …Cela passe le gentil !

    Jérôme PEREZ
    Participant

    Je te concède qu’il y a toujours un travers à brûler les icônes ou les idoles. M Bettane en fait les frais (et Ausone aussi d’ailleurs). Je te ferai remarquer que, si effectivement, comme tu l’écris justement, les pages de LPV transpirent de ce qu’il a apporté aux amateurs de vins, certaines se font l’écho de son dédain pour ceux qui savent si peu et qui le crient si fort…

    Je me pose juste la question suivante :
    Combien de caisses d’Ausone 99 ont été achetées sur la base du commentaire publié dans la RVF de Juin 2000 ? Combien n’auraient pas été vendues si ce commentaire avait eu un contenu peu ou prou identique à son constat actuel qui dit en substance que là comme ailleurs, 99 n’est pas terrible ?

    Jérôme PEREZ
    Participant

    [i]je suis lassé de subir les assauts…
    je maintiens ma position …[/i]

    c’est fusionnel ! …

    François Audouze
    Participant

    Cela montre une fois de plus qu’il faut prendre les commentaires avec, comme on dit en anglais : « a pinch of salt », c’est à dire avec quelques réserves :
    – l’intérêt du moment
    – l’éventuel intérêt commercial
    – la mode du moment
    – l’ambiance du moment.

    Je rejoins Orphée, ce qui ne me déplait pas, au sujet de la vénération que j’ai pour Michel Bettane. Je n’ai pas peur des mots, je parle de vénération.
    Et si on trouve que MB a commis une erreur, tant pis, car comme on le dit dans d’autres discussions, les appareils récepteurs du corps humain sont tellement imprécis qu’on ne peut demander à quiconque d’être un surhomme.

    Il me semble que tous les acheteurs appliquent le « principe de précaution », ne se précipitant pas comme des fous sur la foi d’un commentaire.

    Alors pourquoi vénération ?
    Chaque fois que je goûte des vins avec MB, j’apprends quelque chose.
    Chaque fois que je goûte, il a vu dix fois plus vite un aspect que je ne comprendrai que beaucoup plus tard, lorsque mon palais l’aura capté.
    Il a chaque fois un recul historique qui lui permet de situer un vin dans l’évolution de ses méthodes.
    J’ai vu de mes yeux vu à quel point des vignerons sont reconnaissants à son égard. La sincérité de leur reconnaissance, de leur affection, m’a chaque fois marqué.

    A part cela, c’est un être humain, avec ses forces et ses faiblesses. Qui n’a pas de faiblesses, à part moi ? 😉

    Pour revenir sur Ausone 99, quelle est la nouvelle note de Bettane ?

    Le commentaire ne semble pas indiquer un mauvais vin mais un millésime moins brillant que 2000, 2003, 2005… Bref, qui novi sub sole ?

    Quant aux notes/commentaires des critiques, je pense qu’avec quelques années d’expérience, nous savons tous relativiser, non ?

    LAPORTE Paul
    Participant

    heureusement que nous savons relativiser …
    Par contre ce qui me gène c’est , entre autre, que MB laisse croire que 1999 est, à St Emilion, le millesime le plus oubliable des 10 années écoulées.
    Comme beaucoup, je n’oublie pas que MB était un trés grand dégustateur et qu’il demeure un des trés grand connaisseur du paysage viticole.

    M@nuel
    Participant

    Que MB se trompe est tout à fait acceptable, bien évidemment !
    Les meilleurs dégustateurs ne sont pas ceux qui se trompent jamais, ça n’existe pas, mais ceux qui se trompent le moins souvent possible.

    Pour info, je n’ai acheté cette année qu’un seul guide, le Bettane et Desseauve 2009, c’est bien la preuve que les analyses et commentaires de MB m’interessent et donc que je lui fais plus confiance (pas aveugle) qu’à d’autres.

    Maintenant, pour revenir au commentaire 2009 sur Ausone 99, j’aurais bien aimé qu’il indique qu’il s’était trompé en primeur, c’est plus honnête. Parce que faire des commentaires sans jamais faire référence à ce qui a été déjà dit ou écrit, c’est prendre quelque part les lecteurs pour des crétins.

    M@nuel.

    M@nuel
    Participant

    jmg écrivait:
    ——————————————————-
    > Pour revenir sur Ausone 99, quelle est la nouvelle
    > note de Bettane ?

    17/20

    Mais comme il dit ne pas noter en valeur « absolue », on peut logiquement convertir sa note en un … disons …. 16/20 en absolu. On est loin du chef d’oeuvre, non ?

    > Quant aux notes/commentaires des critiques, je
    > pense qu’avec quelques années d’expérience, nous
    > savons tous relativiser, non ?

    Quand on lit son commenataire en juin 2000 sur la RVF, on a beau relativer, on se dit que c’est un vin …. exceptionnel.

    M@nuel.

    . .
    Participant

    Après Fesse-Bouc c’est Bête-Ane ou quoi ?

    J’ai vu de mes yeux vu à quel point des vignerons sont reconnaissants à son égard

    François,

    Je ne participe pas au dénigrement systematique et ne doute pas des immenses connaissances de MB , mais cet argument là n’est pas tellement étonnant !;)

    Il est intéressant de faire le parallèle avec l’historique des notations de Robert Parker … A mon humble avis, une seule façon d’être sûr : goûter soi même! 😉

    1999 Ausone :

    [b]Wine Advocate # 140 Apr 2002 Robert Parker 95
    Drink: 2015 – 2050[/b]
    Is the 1999 Ausone the wine of the vintage? Dense purple color, a compelling bouquet of licorice, minerals, black and blueberry liqueur, extraordinary delineation, high tannin, superb extract, and phenomenal richness all are the stuff of a legend. This wine seems impossible to have emerged from a vintage like 1999. Proprietor Alain Vauthier produced only 20,000 bottles because he eliminated one-fourth of the tiny crop. The result is out-and-out fabulous, but the wine needs 12-15 years of cellaring. Anticipated maturity: 2015-2050.

    [b]Wine Advocate # 134 Apr 2001 Robert Parker (92-94)
    Drink: 2008 – 2040[/b]
    Readers should not hesitate to check out Ausone’s new second wine, Chapelle d’Ausone. It reveals Ausone’s minerality, finesse, and quality presented in a lower-keyed, more open-knit style.

    The 1999 is nearly spectacular. Whether it will ultimately have immortal aging potential remains to be seen. It boasts gorgeous aromas of black fruits, flowers, smoke, licorice, and subtle wood. Fabulously concentrated, with sensational persistence on the palate, sweet tannin, and admirable balance as well as stature, this is a medium-bodied wine of exceptional pedigree and aging potential. Anticipated maturity: 2008-2040. As I wrote last year, this will undoubtedly be the longest lived wine of the vintage.

    [b]Wine Advocate # 128 Apr 2000 Robert Parker (92-95)
    Drink: 2007 – 2035[/b]
    Ausone appears to be exploiting its potential now that Alain Vauthier has full control, and former winemaker, Pascal Delbeck is no longer a factor. The saturated purple-colored 1999 boasts a glorious bouquet of liquid minerals, smoke, flowers, and black fruits. Exceptionally pure, with remarkable delineation, this low acid effort possesses high tannin, formidable concentration and extract, sensational palate presence, and a 40+ second finish. Anticipated maturity: 2007-2035.

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