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- 9 avril 2024 à 17h17
- in reply to: Domaine Jamet
CR: IGP Syrah collines rhodaniennes,2020, Domaine Jamet
Après avoir goûté au jour de l’an une Côte-Rotie 2017 austère, sèche, et étriquée, comme … chacun aura son exemple
.. c’est non sans une certaine appréhension que j’ouvre cette bouteille issue d’un domaine mythique.Le nez est ouvert et accueillant sur des notes d’élevage où se mêle un fruit confit.
La bouche est puissante, pleine et souple sur une aromatique chaleureuse dominée par des notes d’élevage et de fruits mûrs, l’alcool se fait sentir pour un vin à (seulement) 13,5 %.
La bouche garde toutefois une belle fraicheur donnée par une acidité granitique qui confère une longueur honorable au vin.
On sent le millésime chaud sur cette syrah qu’on pourrait placer plus au sud.
Il y a un côté un peu rustique, une légère austérité qui me va très bien, mais j’aurais une préférence pour la syrah de chez Stephan que j’ai trouvé plus gourmande.Tout ça reste très bien fait et, acheté 18 euros, c’est une belle bouteille, qui a très bien matché avec une Côte de Boeuf.
Une très belle entrée de gamme qui m’a procuré du plaisir et me donne envie de goûter le reste de la gamme et cela est bien l’essentiel.- 3 avril 2024 à 21h11
- in reply to: Domaine la Porte Saint-Jean, Saumur-Champigny
« Si à 50 ans, on a pas bu La Perlée, c’est qu’on a quand même raté sa vie … »
- 2 avril 2024 à 23h31
- in reply to: Prieuré Saint-Jean de Bébian
[u][b]CR: Prieuré Saint-Jean de Bébian, 2001
[/b][/u]
Bouchon à peine imbibé sur le disque.
Le nez est sauvage sur les herbes aromatiques, le cèleri, les fruits compotés et un côté iodé.
La bouche, qui accuse une certaine sécheresse à l’ouverture, se détend à l’aération et s’offre dense et fraiche sur une aromatique anisée et lactique, de caramel et de pruneaux, la finale vaporeuse se fait sur les anchois.
Un joli vin du Languedoc, qui accompagna parfaitement l’agneau confit
!
- 2 avril 2024 à 23h13
- in reply to: Domaine Ilarria, Irouléguy
CR: Domaine Ilaria, Irouléguy rouge tradition, 2019.
Au nez ça sent la ferme.
La bouche est perlante sur des arômes animaux, avec aussi du cidre, la cerise.
Les tanins sont fondus et une acidité vient apporter une tension et une fraicheur bienvenue.
On a affaire à une jolie liqueur de cerise (miam) entourée de tout un tas d’arômes déviants et foutraques (beurk).
Ce qui fait que ça donne un vin qu’on a pas trop envie de boire.
c’est la deuxième fois que je goûte ce vin en rouge sur deux millésimes différents et c’est tout autant déviant.
J’ai goûté le blanc et c’est pas terrible aussi.
En plus c’est pas donné.
Sans regret.- 2 avril 2024 à 22h48
- in reply to: Domaine la Porte Saint-Jean, Saumur-Champigny
CR: La Perlée, 2019, Domaine la Porte Saint-Jean, Saumur-Champigny.
Me voici, face à la cuvée introuvable selon le Figaro :
https://avis-vin.lefigaro.fr/domaines-et-vignerons/o152325-la-perlee-2019-la-cuvee-introuvable-de-sylvain-dittiereMoi qui n’ai jamais trempé mes lèvres dans un vin à 4 chiffres, me voici tenant dans les mains la cuvée la plus convoitée de la droite conservatrice.
Alors que faire, me rendre à la rédaction du Figaro et échanger cette bouteille contre un slam de Luc Ferry à la fête de l’Huma ?… ou la boire ?
Décision sera faite de l’ouvrir et de la boire pardi !
Le nez se présente sur les céréales grillées, les bien connues Coche’rn-Fleks.
Il évolue très peu à l’aération et reste sur ce profil. On peut déceler un peu de poire mais faut chercher.
La bouche est longiligne, tendue par une belle acidité sur cette même aromatique de Bois, son, va !, d’eau.A J+1 l’aromatique propose un fond miel/pomme qui se glisse derrière les coche’rn-Fleks et des amers viennent apporter un peu de profondeur.
Très clairement le premier jour c’est impossible pour moi d’y voir du chenin. On se dit que ça vient du nord, c’est pas du chardonnay car ça manque d’ampleur, quoique des chardonnays émaciés ça doit se trouver. Pourquoi pas un muscadet …
L’impression reste d’une aromatique monolithique d’élevage qui masque le fruit.
C’est marrant les aromatiques, depuis que j’ai bu un Rougeots de chez Coche, je retrouve ces notes grillées qui me rappellent à mon bon souvenir.
Mais dans Coche ya autre chose.
A quoi bon chercher ces notes quand l’aromatique et le volume en bouche ne peuvent pas les encaisser ?C’est dommage car j’aime cette bouche diaphane, cette tension mais l’aromatique devient assez vite lassante.
Ça manque de volume, de complexité et d’allonge, de déroulé à l’histoire et pour le prix actuel 38 euros, (payé 29 à l’époque), sur la Loire on a quand même accès à de grosses cuvées de chenins qui ont d’autres choses à raconter.Peut être parce qu’elles font plus « chenin », parce qu’elles font plus « terroir ».
Là, je n’ai le goût ni de l’un, ni de l’autre.
La prochaine je l’échange contre un Wall Of Death de Christine Boutin au Hellfest.
- 24 mars 2024 à 22h26
- in reply to: Domaine Stéphane Tissot, Arbois
[u][b]CR: Patchwork, 2022, Domaine Stéphane Tissot, Arbois
[/b][/u]
A l’ouverture le nez est discret sur la pomme granny, un côté fumé aussi.
La bouche est percutante avec un belle acidité sur la pomme granny, le citron vert, une amertume réglissée signe la fin de bouche. C’est tendu.Avec plus d’aération le nez se fait plus puissant avec un côté vanillé, lacté et chaud qui prend le dessus.
La bouche devient plus crémeuse avec une aromatique plus chaleureuse, marquée par son élevage et l’alcool, mais toujours guidée par une belle acidité.
ça m’évoque d’avantage un joli blanc du Languedoc élevé sous bois.Un vin marqué par son millésime solaire (14%) qui m’a fait descendre bien au sud.
C’est très bon en l’état et redoutable de gourmandise.
j’attendrai sa jumelle quelques années.- 22 mars 2024 à 23h27
- in reply to: Domaine Michel Gahier
CR: Domaine Michel Gahier, Les Follasses, 2019
Bu pour accompagner des asperges blanches/sauce mousseline à l’orange et saumon fumé/pain beurré
Le nez est expressif sur le pétard, le grillé, les fruits à coque.
La bouche est énergique, tendue, salivante, le vin vient en vague successive nous honorer d’une déclinaison d’agrumes.
la finale est magnifiquement crayeuse, une poudre citronnée se déposant sur les papilles.
Au fur et à mesure que le verre s’imprègne du vin, le parfum est de plus en plus beau, jurassien en diable sur la croute de comté, l’eau de vie, les fruits à coque.
MAIS
Une note animale, de fourrure, rentre en milieu de bouche et disparait avant la finale, si bien qu’à la dégustation, j’ai l’impression d’être au paradis puis dans le placard de ma mère et de nouveau au paradis.
Sans ça c’était carrément grandiose.- 20 mars 2024 à 21h35
- in reply to: Niepoort Vinhos
Dommage que les substituts à la Bourgogne aient pris leurs mauvaises habitudes tarifaires.
A plus de 90 euros la bouteille … Je reste en Côte-d’Or.
- 20 mars 2024 à 15h52
- in reply to: Clos Manou
J’aurais trouvé le vin étroit et fermé je me serais dit la même chose. Mais le faite qu’il soit ouvert, ample et sans dureté me fait penser qu’il est sur une bonne phase.
Après quand je dis garde je parle par rapport à un Médoc typé cabernet que je ne touche pas avant 10 ans.
Mais là c’est très merlotant l’histoire, et je crains qu’on perde ce fruit rouge friand, pour partir sur un jus plus mat.
Bon il m’en reste quatre, on verra bien !- 19 mars 2024 à 15h51
- in reply to: Clos Manou
CR: Clos Manou, 2018, Médoc
A l’ouverture le nez est franc sur le yaourt à la cerise, la réglisse.
La bouche est puissante, constellée de tanins poudrés. La matière est pleine, veloutée, son aromatique se déploie sur le yaourt à la cerise, la reglisse, la vanille. L’allonge est portée par une acidité qui évite toute lourdeur. c’est presque régressif.
C’est pas hyper complexe mais c’est plein et entier.
Un médoc plus typé merlot que cabernet.
Avec plus d’ouverture l’alcool ressort d’avantage ainsi qu’une amertume en fin de bouche mais rien de rédhibitoire, des notes épicées aussi.Un vin tabassé par son élevage qui fait très nouveau monde.
ça m’évoque dans ma mémoire gustative un zinfandel de la Napa ainsi que les vins de Mitjaville par ce côté opulent.
Reste qu’il faut aimer le style, qui est moderne mais pas contemporain puisque aujourd’hui on recherche de moins en moins ce type de maquillage.
Maquillage qui n’est en rien un cache misère car la matière est belle, on sent le beau raisin bien mûr !Quand à la garde, ça doit se garder mais à quoi bon ? Pas sûr que le tertiaire soit intéressant sur ce type de cuvée, régressive, démonstrative, roborative où l’élevage fait partie intégrante de l’aromatique.
Si y’a plus le fruit, je fuis ….
D’ailleurs je l’ai trouvé meilleur à l’ouverture.- 19 mars 2024 à 15h27
- in reply to: Prophétie d’un non-voyant ou lettre ouverte aux amoureux de la Bourgogne
Pas besoin d’être une star en côte d’or, Les premiers crus de Pouilly-Fuissé de Jessica Litaud sont entre 60 et 90 euros … on doit être au troisième millésime à peine

- 18 mars 2024 à 15h28
- in reply to: Domaine de la Calmette – Cahors
Au Domaine la Calmette, je trouve que le meilleur rapport Q/P c’est l’espace bleu entre les nuages. Pour moins de vingt euros, Trespotz est top aussi.

- 11 mars 2024 à 1h05
- in reply to: Salon des Vignerons Indépendants Bordeaux
CR: 25ème Salon des Vignerons Indépendants Bordeaux, millésime 2024.
Pour la journée du vendredi, nous commençons au CR: Domaine Rolet
Les vins sont bien faits, sans défauts, gourmands, d’un bon rapport Q/P et ne tombent pas dans les scories du millésime, en témoigne le Trousseau 2021 gouleyant sur un beau fruit et une belle fraicheur.
Le C[b][u]ôte du Jura rouge 2022[/b][/u] est très marqué par le pinot noir et, à 15 euros, c’est une jolie bouteille pour qui cherche une alternative à la Bourgogne.
Le Poulsard VV 2022 est plus discret mais plus classe et glisse tout seul en bouche.
En vin ouillé, Le chardonnay 2022 est bon, rond et douillet mais pas transcendant, je lui préfère L[b]e savagnin 2022[/b] plus ouvert, floral et tout en tension sans se départir d’un beau volume en bouche.
Le coup de coeur
, tout en finesse. A 20 euros, c’est vraiment un superbe oxydatif qui démontre une nouvelle fois la grande qualité des 2018 en blanc dans le Jura.
Rajoutons le crémant Coeur de Chardonnay Une bulle ronde qui affiche un beau volume en bouche, on en a plein les joues, une bulle très consensuel.On part en Alsace, au CR: Domaines Mann, vignoble des trois terres
Vignoble en biodynamie. Le vigneron est présent en personne sur le salon et nous explique tout avec passion. Je passe sur les premiers vins qui sont rafraichissant, pour partir sur les lieux dits. Le Riesling lieu dit Logelberg 2022 est un vin vertical, aérien, il s’exprime en bouche par une acidité et une tension vibrante. Un vin d’une grande énergie porté par son terroir granitique. On monte d’un cran avec les deux grands crus Calcaire : le Riesling Grand cru Pfersigberg lieu-dit Sundel 2021 , mon coup de coeur
. Il est plus large et plus posé sur des notes exotiques, d’agrumes et une belle tension interne. Superbe tactile et grande longueur pour ces jeunes vignes plantées à haute densité.
Le Riesling Grand cru Pfersigberg 2020 issu de vieilles vignes est plus profond, plus dense mais aussi plus solaire. Il déroule huileux en bouche, sur une aromatique de peaux d’oranges séchées et de cuir.
Nous revenons plus tard sur les rouges, le pinot noir Chemin du Soleil est un vin frais et croquant sur la canneberge, les cranberries et l’écorce d’agrumes, un vin frais mais les tanins sont encore asséchant. Le Grand Cru Hengst est plus puissant et profond. Il Poursuit sur la même gamme aromatique avec en plus des notes de fourrure. La bouche est encore marquée par des tanins asséchants. Une aromatique et un toucher de bouche qui n’a rien à voir avec des pinots bourguignons.Des vins blancs de très très haute volée, qui mêlent des aromatiques originales et extraverties avec une tension et un côté cristallin, « eau de roche ». A noter l’absence de notes pétrolées sur les riesling. Les prix sont élevés à savoir 34 et 45 euros pour les riesling GC et 30 à 80 euros pour les pinots noirs qui m’ont moins convaincus.
Nous partons en Jasnieres au CR: [u][b]Domaine Gigou[/u][/b].
Une jolie gamme axée sur des vieilles vignes de chenin qui donnent des vins nets, tendus, à l’équilibre remarquable.
Coup de coeur pour le Clos des Molières 2021
tout en tension sur une aromatique d’agrumes.
Les 2022 sont forcément plus rond, plus mielleux mais ils gardent toujours de la tension en interne.
je trouve que 2021 est un superbe millésime pour les chenins en Loire.
Une nouveauté cette année, la cuvée Délice de Bercé élevée dans des barriques faites avec le bois des arbres provenant du domaine. Un super Jasnière avec plus de volume en bouche mais le prix est plus haut (26 euros), quand les autres cuvée de 10 à 18 euros offrent déjà du plaisir.
On finira par La Bulle Sarthoise, un ovni, un rosé pétillant issu du Pineau d’Aunis. Un vin atypique qui mêle épices et fruits rouges sur une noble amertume. Vraiment intéressant pour des accords mets et vins.Je suis rejoint par un ami qui a sa famille sur Aloxe-Corton, du coup il veut goûter du Bourgogne. J’avais pas prévu ça, et je n’avais qu’un domaine en tête à aller voir sur cette région du coup on part un peu au pif, nez au vent, à l’assaut des stands bourguignons.
Et bien c’était pas joli joli, pour des Aloxes-corton à 35 euros bouteille, certains vins étaient dilués, d’autres chiantissime sur des aromes lactés et figés. Mon copain ne se démonte pas, il m’invite en Côte-de-nuit. On goûte une gamme de 2021, avec des premiers crus rapeux et acides, aux tanins verts sans fond de vin, à 60 balles la bouteille. Mon copain cherche un côte de nuit village à moins de 20 balles, le vigneron répond : En France, je m’emmerde plus à vendre à moins de 20 euros mes côtes de nuits village, tout part à l’export.
Heureuses sont les appellations où l’on peut vendre cher de mauvais vins
.Et là, sous les nuages lourds du Bourgogne Bashing, alors que la grêle tabasse le toit du parc des expositions, un rayon de soleil apparait:
Le CR: Domaine Ninot., Un très joli domaine de Rully.Nous commençons par les blancs 2022, En la barre est rond, gourmand mais manque de tension, La Chaponnière est plus intense, encore marqué par son élevage, elle propose un nez grillé, et une bouche riche, crayeuse et tendue, un très beau village.
En rouge je retiens Le Meix Guillaume, aux tanins de soies sur une aromatique évolutive de petits fruits rouges pleine de fraicheur.
On monte d’un cran avec les premiers crus de Mercurey . Coup de Coeur
au nez complexe sur la fraise compotée, la bouche est dense, le jus est puissant mais on reste sur une aromatique de fruits rouges, une pointe chaleureuse en milieu de bouche disparait laissant place à une longue finale dynamique et juteuse. Un très beau premier cru, spécial côte de bœuf.Les Velleys est tramé de velours, la bouche est caressante mais ça chauffe un peu en bouche. Un vin plus féminin mais qui a hélas du mal à se départir de la chaleur du millésime. A voir au vieillissement ou sur un autre millésime.
Après attention on reste sur des aromatiques de pinots, a aucun moment j’ai pensé à une syrah ou à un Rhône comme c’est hélas souvent le cas en millésime solaire.J’ai trouvé de très beaux vins, qui m’avaient déjà bluffés sur 2021. Pour les prix on est à 25 euros sur les villages et 35 pour les premiers crus.
Ainsi s’achève ce salon, qui représente un joli panorama de la viticulture en 2024 avec des conventionnels, des biodynamistes, des bios, des pas bios, des bons, des pas bons bref des Vignerons et vigneronnes de toute la France que je remercie de se déplacer et de prendre de leur temps pour nous donner de belles émotions.

- 10 mars 2024 à 22h43
- in reply to: Domaine Thibault Liger-Belair, Nuits-Saint-Georges
Moulin à Vent les Perelles : nez quasi bourguignon avec une pointe tomate aussi, la bouche est d’une belle ampleur, il y a de la mâche, j’aime bien mais 30 euros quand même.
Tu n’émets pas d’avis sur le prix des autres cuvées, c’est qu’elles sont bon marché ou c’est plutôt « NO COMMENT » ?
- 6 mars 2024 à 22h40
- in reply to: Où manger autour de St Emilion?
J’ai mangé aux Belles Perdrix la semaine dernière et je rejoins l’avis d’Eric B pour la qualité du repas.
Voici quelques retours que je souhaiterai apporter suite à mon expérience :Belle vue sur les vignes.
La carte des vins est épaisse et bien fournie, pour les prix on ne trouve rien en dessous de 80 euros. Que le vin soit à 20 euros chez un caviste ou 40, c’est 80 euros la base.
Belle liste de vieux millésimes bordelais et présence hors bordeaux de domaines références et vignerons stars.
Pour les prix il y a de tout, certains plutôt sages pour ce type d’établissement et d’autres carrément gonflés mais l’amateur aura de la lecture entre deux trois mises en bouche.
Bref il y a de quoi se faire plaisir.J’ai trouvé la salle plutôt froide, et un peu tristoune ce qui n’est pas du tout le cas du service tout à fait dynamique, prévenant et attentif.
La cuisine est gourmande, on a de belles sauces, j’ai le souvenir d’une brioche incroyable qui m’a servit à saucer un plat de légumes racines totalement sublimés. Une cuisine qui est aussi ouverte sur le monde avec une tourte au sang de canard qui avait un furieux goût de barbecue Texan, tout en faisant la part belle à la tradition avec cette poularde truffée, dans l’esprit d’une demi-deuil, et sa sauce servit copieusement de la saucière à l’assiette.
L’audace, elle, vient du dessert autour du kiwi, avec trois élément : un cylindre de mousse crémeuse, du kiwi finement coupé et un sorbet aux agrumes très acide (l’assiette est saupoudrée de poivre de Timut). Le tout se complétait pour finir le repas sur une note de fraicheur.
On a affaire à un grand cuisinier car tous les plats se sont révélés de très haut niveau ( je rejoins sur l’aspect « qualité deux étoiles »).
En revanche j’ai trouvé les portions un peu chiches notamment la tourte au canard, C’est la première fois que je sort d’un étoilé en ayant faim.
J’aurais bien aimé avoir un entremet entre le plat et le dessert car si on prend pas le fromage c’est un peu raide de passer directement de la volaille au kiwi.Le restaurant est inséré au sein du château Troplong-Mondot dans un complexe de luxe oenotouristique, passage obligatoire par la boutique (150 euros la bouteille de Troplong-Mondot sur les derniers millésimes, ce qui rend l’achat en primeur tout de suite plus judicieux ) avant de sortir par une passerelle suspendue au dessus du chai, frissons garanties.
Je n’ai hélas pas de points de comparaisons avec les autres restaurants étoilés du coin.
Pour conclure je finirai par un dicton traditionnel gascon, emprunt d’une sagesse ancestrale :
[i] »Qui dit Saint-Emilion dit attrape-Couillon, alors sois pas trop con, va à Troplong, le chemin n’est pas trop long et c’est trop bon (même si ça coûte bonbon) »

- 4 mars 2024 à 2h02
- in reply to: Domaine du Collier, Saumur
CR: La charpenterie, 2017, Saumur Rouge, Domaine du Collier.
Le nez s’ouvre sur un délicat parfum de petits fruits rouges acidulés et d’épices.
La bouche, soyeuse et d’une grande finesse, glisse sur des notes de framboises mêlées à des arômes sauvages.
La finale, fondante sur l’amande et la cerise, est une pure merveille.
Aucune notes d’élevage, c’est un vin qui se pose en bouche comme une caresse.
Un rêve de cabernet Franc.
Exceptionnel- 4 mars 2024 à 1h38
- in reply to: Domaine Giachino
CR: Domaine Prieuré Saint-Christophe, Altesse, 2017
Le nez est puissant et truffe à mort ! Bouah ça envoie !
La bouche est large, presque tannique sur des notes d’agrumes, de gentiane tendue par une belle acidité traçante et crayeuse. A l’aération la bouche devient de plus en plus sapide et salivante.
En l’état ça accompagne très bien une fondue mais ça ira parfaitement avec tout plein d’autres choses.
Une cuvée qui est dans la droite ligne de sa petite sœur, l’Altesse de Giachino avec un peu plus de tout.
On a ici un fameux premier cru savoyard et ça doit pouvoir bien se garder quelques années encore…- 2 mars 2024 à 20h13
- in reply to: Château Gazin, Pomerol
[b][u]CR: Château Gazin 1990, Pomerol
[/u][/b]
Niveau parfait, le bouchon extrait au bilame est intact, le nez, posé sur le goulot, perçoit tout ce qu’on peut attendre d’un bordeaux de 30 ans révolus. Bouteille audouzé avant service.
Le vin est servit pour accompagner un menu truffes maison : tartines beurre et truffes puis ris de veau aux truffes.
La robe du vin reste sombre à reflets violines, le pourtour du disque est tuilé.
Le nez discret s’ouvre sur la violette, le pruneau des notes de sous bois, la réglisse, la boite à cigares.
La bouche s’exprime un cran au dessus du nez, puissante, sanguine et veloutée, on a vraiment du velours en bouche.
Elle déroule sur une belle longueur des aromes de réglisse, de cerise, de tabac froid avant de finir sur l’amande et une fraicheur mentholée.
La première gorgée est impressionnante de puissance, on a affaire à un grand vin et le millésime solaire est clairement là.
C’est un jus évolué, qui fait son âge, mais il reste du fruit et même du floral mais pas de truffes …Les sensations de bouche sont celles d’une acidité qui tend le vin, et des amers réglissés lui apportant de la profondeur.
Entre les deux un velouté, un soyeux de texture, c’est une main de fer dans un gant de velours.
Il y a des petits creux en bouche ici et là qui l’empêchent à mon goût de devenir complétement grandiose.Au fur et à mesure de l’aération apparaissent au nez comme en bouche des aromes de jus de viande et la finale devient de plus en plus mentholée comme un kiss cool.
Des notes métalliques apparaissent au cours de la dégustation sans devenir dominantes mais, de mon expérience sur les vieux bordeaux, c’est pas forcément bon signe du coup ce vin est à boire maintenant.
Etant donné le jus, la robe l’état du bouchon et le niveau dans la bouteille je pense avoir eu une bouteille bien conservé.
J’aurais aimé en garder un peu plus pour regoûter le lendemain car il a bien tenu à l’aération, mais ça se boit tellement bien en l’état …Heureux d’avoir pu boire un grand Pomerol car oui, 1990 est grand !
Superbe accord évidemment avec tout ce bazar truffé
Hélas , nous attendons toujours avec impatience un compte rendu sur Liber Pater, parce que même avec les augmentations prévisibles, le Chambertin ça reste un peu pour les ploucs quand même …
- 25 février 2024 à 4h11
- in reply to: Ça crise en Bourgogne !
Si les jeunes s’installent dans le Roussillon c’est qu’ailleurs c’est hors de prix !
Les régions où le prix des vins sont élevés sont les mêmes depuis des siècles
Napoléon buvait du Gevrey Chambertin,
Le champagne s’exportait dans les grandes cours d’Europe.
Le vin d’Haut Brion prend la mer depuis le XVI ème siècle.
Le vin de Bellet, servi à la bonne société turinoise.
Même la Coulée de Serrant était bue par Louis XIV (grand amateur de vins oxydés
)Certains grands terroirs d’hier n’existent plus mais aujourd’hui ceux qui font des bouteilles chers le font depuis des siècles.
Ces appellations parlent à un inconscient, à un imaginaire collectif.De notre vivant je ne pense pas que l’on connaitra l’engouement pour le Bourgogne dans le Jurançon, le Beaujolais ou autre …
Même les succès de certains vignerons ne peuvent changer la donne. Eux vendront toujours cher, le voisin toujours pas.
Il faut des siècles pour construire un terroir dans le sens économique, ça n’empêchera pas des vignerons d’exploser ici et là mais toute une région …