Alexandre Pache

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  • Alexandre Pache
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    CR: Château Saint Georges, Saint-Georges Saint-Emilion, 2015.

    Le nez s’ouvre sur le pneu brulé, le café brulé et la réglisse d’avant l’incendie.
    La bouche présente des tanins fermes et asséchants, puis passé cette entrée virile, un jus souple et de demi corps sans profondeur ni grande longueur s’avachit en bouche sur des arômes de caramel, de pruneau, de cerise à l’eau de vie et surtout des amers disproportionnés laissant un goût désagréable en bouche.

    Après ingurgitation, les dégustateurs sont soudain pris d’un mal qui demande l’assistance d’un spécialiste. Le diagnostique est sans appel : la tablée est atteinte d’une Bordeaux Bashinguite Aigue.

    Heureusement, ça se soigne par un traitement miracle, une cure d’une semaine de Côte-de-Castillon : Domaine de l’A, Clos Louie, Clos Puy Arnaud .. et le bashing devrait passer rapidement.

    Alexandre Pache
    Participant

    ça tombe bien, ça sera le moment de parler politique …

    Alexandre Pache
    Participant

     CR: Morey Saint Denis Premier Cru, Les Chaffots, Hubert Lignier, 2008

      

     C’est pas tous les soirs que l’on passe sur « Les Chaffots » alors il faut bien un faisan pour aiguiser la lame de notre appétit.

    J’ouvre la bouteille qui se présente bien  pour un vin de 16 ans. Je laisse s’aérer trois heures le goulot dans le vent.
    Le premier nez est équilibré mais timide sur la cerise, une touche fumée et un retour camphré.
    La bouche est serrée sur une aromatique de cerise, de réglisse et de cuir. On carafe !

    Après carafage, le nez monte de façon surprenante en intensité, comme si on montait le volume de sa chaîne HIFI. De 3 on passe à 8.
    Dès l’attaque, la bouche est métamorphosée, elle est tendue, sur une aromatique de fruits rouges, de réglisses, d’épices et des notes boisées . La matière est large et profonde, juteuse et structurée. L’acidité est parfaitement intégrée dans le corps du vin .
    C’est un jus sérieux, puissant et qui pinote bien, la longueur est salivante mais une sécheresse s’invite en bouche montrant les limites de la vinification du millésime et de cette bouteille.

    C’est un grand Pinot noir, digne d’un premier cru issu d’un grand terroir et d’un grand producteur sur un millésime médiocre, il aurait pu être grandiose sans cette sécheresse qui s’accentue à l’aération.
    C’est encore jeune, ou en tout début de plateau et pour longtemps, mais il faudra faire avec. Le temps ne fait rien à l’affaire quand on est sec on est sec …

    Si on met de côté ce défaut, on est sur un vin plus corseté qu’hédoniste. D’ailleurs dans l’esprit on est pas loin de certains grands Bordeaux, ce côté classe, cette fraicheur et salinité calcaire, un fruit pinotant mais un peu (trop) sérieux que j’ai pu rencontrer en rive droite. La faute à un boisé et une extraction un peu trop généreuse, notamment dans le cadre du millésime  ?
    Encore sérieux à 16 ans, ça devrait changer l’année prochaine, puisque, c’est bien connu, on est pas sérieux quand on a 17 ans.

    Pour le mettre à table, on pourra compenser ce défaut par des fruits pochés dans le vin et les épices en accompagnement d’un magret Rossini, ça devrait le faire ça !
    Car cela reste tout de même une belle bouteille, surtout dans le contexte de 2008 mais pas de miracle non plus …

    Finalement, le millésime nous aura gracié, ce soir « Les Chaffots » ne nous conduira pas au 7 ème ciel.
    J’ai un 2012 en cave, j’attendrai facilement 2032 avant de prendre l’ascenseur …  

    Alexandre Pache
    Participant

    Salut Blog,

    Comment as tu préparé la bouteille ? Aération, carafage ? 
    Je te demande ça car la mienne avait mis un peu de temps à s’ouvrir.
    Merci 

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Champagne Les Frères Mignon, Coteaux Champenois, 2017 

    Curieux d’ouvrir cette bouteille dont le bouchon se terre sous une épaisse couche de cire.
    Le nez est celui d’un joli blanc de blanc de la Côte des Blancs ( à répéter le plus vite possible !) : Sirop d’orgeat, écorces d’agrumes, craie, fruits à coque. C’est équilibré et particulièrement invitant.

    En bouche, on retrouve le blanc de blanc de la Côte des Blancs (c’est drôle non ? Quand on le prononce on dirait des mots qui font des bonds, qui jouent à saute-mouton ).
    La texture est crayeuse, tendue par une belle acidité complètement intégrée à une matière nappante, pure et fraîche.
    La partition aromatique est au diapason du nez, quand à la la finale, salivante, elle s’achève sur des notes briochées.
    C’est complexe, précis, facile à boire, d’un superbe équilibre quoique d’une longueur moyenne. En clair c’est délicieux et on y revient vite.

    En fait ce vin à tout d’un beau champagne, sauf le bruit du bouchon et les bulles. C’est perturbant car on s’attend à ce qu’une effervescence se pose sur cette aromatique. Et on se demande pourquoi l’avoir retiré ? A moins qu’elle ne soit jamais apparue ? Elles sont où les bubulles ? Et qui est né en premier, la bulle ou le champagne ?

    Alors que la soirée est propice à coincer sa bulle, pétille entre nous ce train de questions innocentes et animées. Échanges effervescents qui signent les soirées réussies. Le vin fond dans la bouteille comme neige au soleil et nous avec, blanc comme neige.  

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Domaine Romaneau-Destezet – Herve Souhaut, Blanc, 2019

    Le nez est nature sur la pomme, des arômes fermentaires.
    La bouche, porte une belle matière rondelette. la longueur est construite par de beaux amers et une aromatique de liqueur d’herbes.
    On retrouve des notes fermentaires mais aussi de miel, des fruits secs et de fruits du verger.
    C’est quand même un peu le bordel et en dégustation pure c’est pas l’éclate.

    Je l’avais prévu pour accompagner un risotto à la saucisse et aux châtaignes.
    Là-dessus, le vin se sublime, il prend sa douche, se peigne et s’habille pour sortir au restaurant avec ses amis. Le genre de petite auberge de campagne, nichée au creux d’un vallon, où l’on sert une cuisine locale, paysanne et savoureuse. Et la bande s’installe à table, abritée comme sous un arbre, par une large charpente en bois d’essence locale s’appuyant sur des murs en pierres du pays.
    Granit et châtaignier en Ardèche, garluche et chêne dans les Landes, ces accords de matières sonnent comme des accords de bouche.

    Ainsi viognier/roussanne et châtaigne/saucisse , s’aiment d’un amour qui va de soi, naturel et réconfortant.
    Et l’on se prend à vider la bouteille et la casserole de concert, à deux, ici entre quatre murs, sous une charpente d’ailleurs.

      

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Domaine Paul Pillot, Chassagne-Montrachet premier cru La Romanée, 2017

    Le nez est discret sur une légère réduction et des notes d’élevage.

    La bouche, d’abord fluette, est guidée par une belle acidité. C’est energique, droit, pur, cristallin et salivant.
    A l’aération de beaux amers font leur apparition et on retrouve une jolie complexité qui s’articule autour d’un festival de sensations tactiles crayeuses, piquantes.
    La longueur, correct mais sans plus, est comme bloquée par une finale sur des notes beurrées et de fruits du verger. L’aromatique ne bougera pas au cours du repas.

    C’est un blanc ciselé, classe, subtil et complexe travaillé sur la finesse, la pureté et la tension avec un joli volume en bouche. Ce n’est pas un vin qui en impose mais qui s’impose avec subtilité.
    C’est très bon, une vraie personnalité avec cet univers tactile fascinant, et je me dis que c’est fou ce qu’on arrive à faire avec du chardonnay.
    Mais je reste tout de même sur ma faim en raison de ce vin qui, après avoir déroulé plein de belles promesses, se bloque en fin de bouche sans même déployer sa queue de Paon.
    C’est comme devoir arrêter son ascension, à quelques mètres du sommet, car on est pris dans le brouillard.

    Pas certain de retenter l’ascension car au prix actuel, pour une caisse de 12, on doit pouvoir se payer le billet d’avion, l’hôtel et le Sherpa pour monter un sacré nombre de sommets n’importe où autour du monde …

    Alexandre Pache
    Participant

    Oui en effet, on est plutôt à 50, l’augmentation exponentielle des prix d’Ouest en Est subit un Pic à Pomerol !

    Alexandre Pache
    Participant

    Entre 8 et 15 on est sur du haut de gamme en Côtes de Blaye, entre 15 et 20 en Côtes de Bourg, entre 20 et 30 à Fronsac et à partir de 30 à Pomerol et Saint-Emilion, la croissance est exponentielle  … et puis ça redescend drastiquement à partir des Côtes de Castillon jusqu’en Dordogne, pour ne remonter …. qu’à Cornas ! 

    Roc de Cambes, c’est une licorne, une chimère que les gens du coin ne connaissent pas ! Comme Liber Pater en Graves, sauf que lui ne revendique pas l’appellation. 
    D’ailleurs vu comment les vignes s’arrachent en masse dans le coin, avoir une locomotive chère n’est pas gage de succès pour l’appellation.

    Je conseille d’ailleurs les vins du château de La Grave, en Côtes de Bourg, le haut du panier à .. 12 euros.  
     

    Alexandre Pache
    Participant

    Sur ce point on diverge. Il y a 20 ans, moins l’expérience, j’aurais été d’accord avec toi. Maintenant et les milliers (dizaines de milliers) de quille en référence… si, évidemment, il me semble qu’on est sur une base saine, je ne sens quasiment plus que de l’élevage là dedans. 

    Existe t’il des vins où on ne sent pas l’élevage ? C’est juste que celui ci ne te plais pas … donc affaire de goût. 
     

    Alexandre Pache
    Participant

    Ce qui rend au dessus du lot les vins de Coche c’est majoritairement l’élevage. Ce qui fait la difference de style et de qualité dans un vin c’est l’élevage. Allez vendre du raisin de chez Coche à quelqu’un d’autre ça ne sera jamais du Coche. 
    Alors bien sur j’exagère un peu volontairement en passant sur le travail à la vigne, mais ça c’est la matière première …  Un bon agronome peut avoir un superbe raisin mais un grand vigneron lui, c’est par la maitrise de l’élevage qu’il fera toute la différence. 
    Et bien sur, je rejoins complétement Vesale, quand on goûte à un coche ce n’est pas le boisé outrancié  mais bien l’intensité, l’énergie du jus qui ressort en premier. 
     

    Alexandre Pache
    Participant

    [quote= »Eric B post=1239933 userid=1810″]La semaine dernière je voulais boire un clos joliette 1976, hélas les bouteilles étaient en fin de course … mais là c’est plus emmerdant car ça n’existe plus …

    Il y a  tout de même pas mal de vins dispo entre les vins produits en 2016-2017 par JM Grussaute et en 2018-2019-2020 par Lionel Osmin (qui vend aussi des caisses panachées de millésime entre 1993 et 2015).  Mais ça pique presque autant que Clos Rougeard… [/quote]

    Pardon je n’ai pas précisé, je parlais des bouteilles de l’époque Migné, qui a construit des vins de légende, et qui semble être l’apogée du domaine.  
    On trouve pas grand chose sur les nouveaux millésimes, un manque de recul j’imagine. Mais de toute façon, à plus de 300 euros la bouteille, je joue pas.

    Alexandre Pache
    Participant

    C’est pour cela que c’est magique et exceptionnel quand ça se produit car je suis hélas coutumier de déceptions comme nous tous ici. 
    Heureusement Les Roches ça se trouve encore, peut être plus trop sur 1989, mais sur des millésimes sympas qui n’auront j’imagine rien à lui envier.
    Après il y a hélas de tout comme prix ( j’avais acheté cette bouteille 68 euros). 
    Dans cette famille de vins je mettrais Bel air Marquis d’Aligre qui ne m’a jamais fait défaut et qui se trouve lui facilement ( c’est différent mais on est quand même dans ces aromatiques de cabernets patinés bien jouissif).
    Sinon un Poyeux du Clos Rougeard sur un millésime solaire … mais les prix  .
    J’ai jamais bu de vieux Joguet ou de Clos de l’Echo car les prix sont hors sol mais j’imagine qu’on doit s’en approcher.
    La semaine dernière je voulais boire un clos joliette 1976, hélas les bouteilles étaient en fin de course … mais là c’est plus emmerdant car ça n’existe plus …

     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Les Roches, Jérome Lenoir, Chinon, 1989. 

    Un jeudi d’octobre, je pars aux champignons et je tombe sur le gisement ! Dans un fossé, une veine de girolles courre sur plusieurs mètres comme un filon d’or.
    J’en ramasse un plein panier et me met en quête d’une bonne bouteille pour arroser le triomphe. 

    Pépite de Girolles 24K 

    Pourquoi pas cette bouteille de Lenoir qui se tient dans le noir ?

    Le caviste m’avait prévenu, il y a pas mal d’exemplaires fatigués et il ne faut pas trop l’aérer au risque qu’elle ne rende l’âme en même temps que son bouchon.
    Pour l’accord : prévoir un met fin, léger, point trop aromatique, des petits champignons par exemple, simplement poêlés, une viande blanche pourquoi pas, mais vraiment pas d’épices.

    Armé de ses préceptes mais aussi des miens, je me décide à ouvrir le vin 4 h à l’avance au cas ou.
    Je décalotte le goulot et me retrouve face à un important dépôt de moisissures, Je crains la coulure.
    je sort le bilame et plus je tire plus j’imagine le bouchon se décomposer dans la bouteille et devoir l’extraire en plusieurs morceaux. Mais un miracle n’arrivant jamais seul, le bouchon est extrait en entier. 

    Noir C’est noir, il n’y a plus d’espoir … sauf si l’on a un Bilame. 

    Et ça sent terriblement bon, aussi bon que peut sentir une grande bouteille quand elle est prête à s’offrir au champ d’honneur, que c’est son heure !
    Prudent, je rebouche avec un bouchon propre en attendant le soir.

    Comme j’aime le Chinon avec des abats, je prend le plus distingué de tous, le ris de veau. Je fais une petite sauce aux champignons avec des chanterelles séchées et un fond de veau.
    Les girolles sont simplement revenues à la poêle avec de la graisse de canard. Les ris de veau dorent dans un bain de beurre.
    Je sert le vin dans deux grands verres à Bordeaux.

    Le nez est capiteux sur la fraise des bois, la ronce, la réglisse, des notes de sous-bois. Ça s’annonce bien.
    Le toucher de bouche caressant laisse glisser une matière soyeuse qui déroule sur une longueur vibrante, énergique et interminable. On retrouve une aromatique qui tourne autour de la compotée de fraises mêlée à des notes de réglisses, de ronces, d’olives, de jus de viande mais toujours un fruit persistant et une intense fraîcheur mentholée.
    Le silence se fait car c’est un vin qui rentre autant dans son esprit que dans son gosier.
    Je prend machinalement ma tête dans les mains comme pour me concentrer et rentrer en méditation.
    C’est du très très grand et, à vrai dire, je ne m’attendais pas à me retrouver face à ça.
    Ma découverte miraculeuse n’arrive pas à la cheville de l’émotion procurée et si j’avais su, j’aurais fait en sorte de préparer l’événement différemment afin de fêter le vin et non ma cueillette.

    Mais ainsi va le grand vin, il surgit parfois lorsqu’on ne si attend pas

     
    A part le verre, le set de table et ce qui se mange, tout ce qui se trouve sur la photo était déjà la en 1989.

    On sent le millésime solaire par cette aromatique mais aussi un corps qui se fait plus présent et puissant au réchauffement. Les derniers verres bus pour eux-mêmes font saliver considérablement.

    Et ma cuisine délicate c’est bien, mais un peu timide. Clairement je serais plutôt parti sur un beau carré d’agneau voir une côte de bœuf et puis des rognons et puis même tout un banquet rabelaisien parce qu’on est à Chinon et y a des watts !

    Et ça fait voyager.
    Si on dit du Clos de Bèze qu’il est tout le grand vin du monde, et bien la on est face à tous les Clos de Bèze du monde car j’y goûte beaucoup de tout ce que j’ai goûté de plus grand à Bordeaux, dans le Rhône en Bourgogne et en Loire aussi.

    Le vin c’est dingue car voilà une bouteille hallucinante qui s’est bonifiée pendant plus de 30 ans sans pognons, sans œnologues, sans chais ultra-sophistiqués, issu d’un terroir qui n’est pas un Grand Cru, ni même un Premier Cru et n’est même pas le terroir le plus réputé de Chinon !
    Malgré tout, dans le verre, on est face à un chef d’œuvre qui fut vendu moins d’une dizaine d’euros.
    Après tout, on a bien retrouvé un Van Gogh dans le fond d’un poulailler…

    Il y a le savoir faire, le goût, l’intelligence, le talent, le terroir bien sur mais il y en a d’autres qui ont tout ça et il ne se passe pas ça.
    Car, ce qui se joue ici ferait passer une préparation de 501 pour une expérience d’un plus pur cartésianisme.

    Ce qui se passe ici est une toute autre chose. On est face à l’impondérable, l’ingérable, l’inqualifiable, l’imprévisible, l’insoupçonnable. Une chose qui rend fou les manias du contrôle, les inquisiteurs en puissance et en acte. Une chose que tout l’argent de tous les milliardaires ne pourra jamais acheter et ça les empêche de dormir.

    C’est l’inaccessible étoile que l’on tente de décrocher sans même la voir briller. Ces aubes qui ne se ressemblent pas, ces girolles qui poussent en grappes dans le secret des bois.
    C’est toutes ces choses que l’on ne sait pas, mais que l’on sait qu’elles sont la. : La Magie. 

    [s]Exceptionnel[/s] [s]immense[/s] [s]100/100[/s] [s]Le Graal[/s] MAGIQUE 

    Alexandre Pache
    Participant

    Si tu vas dans le medoc en GCC qui se visite tu en as pas mal, dans ce que j’ai fait :
    En Biodynamie : Ferrière à Margaux (voisin de Margaux), Haut Bages Liberal à Pauillac (voisin de  Latour).
    Si tu aimes les chais qui impressionnent tu as Lafon Rochet à Saint Estephe.
    Sinon, si tu veux en mettre plein la vue, en second GCC qui se visite, à Saint Estephe tu as Cos d’estournel,  mais il faut reserver à l’avance.

    Pour manger tu as le Lion d’Or à Arcin, en plein sur la route des châteaux qui est une institution …

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Domaine de la Pousse d’Or, Clos de la Bousse d’or, Volnay, 2014

    Le nez, plutôt discret s’ouvre sur des notes fumées et de fruits macérés.
    La bouche est très fine, une matière diaphane se déploie en bouche sur une acidité haute mais non agressive, rendant le vin aérien. C’est un vin plus long que large, plus aérien que profond.
    L’aromatique en mouvement, se concentre sur les petits fruits rouges, le sous-bois et des notes épicées. La persistance est intéressante.
    Pourtant pas habitué à jouer dans cette cour qui pousse à son paroxysme le délicat et l’éthéré, je dois dire que ce vin délicieux m’a charmé car il a de la présence sans être démonstratif, il parfume le repas.
    C’est le Volnay des livres : fin, délicat, précieux, un parfum de bouche qui a accompagné parfaitement un carré de veau aux morilles.
    Mais je mettrais quelques réserves sur un relatif manque de fond et de longueur pour un premier cru et le rapport qualité prix qui aujourd’hui ne me pousse pas à en racheter..
    Quand au style que j’acquiesce tout en lui trouvant des limites, chacun autour de la table fera son avis tant la frontière est mince entre finesse et maigreur.  

    Alexandre Pache
    Participant

    Bonjour,
    J’ai une petite cave climadiff qui stocke les vins pour la consommation courante. J’ai apperçu une petite flaque d’eau se former sous la cave et, en y regardant de plus près, de l’eau sort par un petit tuyau de l’arrière du frigo sur le bloc moteur. J’imagine que l’eau sort de l’endroit où se trouve le condenseur. 
    L’écoulement n’est pas énorme mais ça ne stoppe pas. 
    Cela m’est déjà arrivé sur des caves plus importante d’avoir un tuyau qui évacue l’eau du bas de la cave dans un bac à l’arrière mais ici on est pas dans ce schéma car le tuyau ne sort pas de l’espace bouteille.
    Je voulais savoir ce que vous en pensez, si vous avez déjà été dans ce cas.
    merci beaucoup pour vos réponses  
     
     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Dégustation du millésime 2022 au Château Cazebonne

    Authentique Panneau Viticole franc de pied.   

     
    « Y’a une route », chante Gerard Mancin …

    Situé sur une croupe de graves dominant la Garonne, on rentre à Cazebonne par une longue allée bordée de vignes.
     Sur cette photo on voit les différentes étapes de plantation. Tout d’abord, dans le fond les vieilles vignes de cépages traditionnels bordelais issues de l’ancien propriétaire et les nouvelles plantations amorcées suite au rachat par Jean-Baptiste Duquesne, des jeunes vignes de cépages oubliés du bordelais (Saint-Macaire, Castets, Petit-Pejac, Mancin, Jurançon Noir …). En poursuivant le chemin, on verrait plus bas les parcelles de portes greffes qui attendent d’être surgreffés en cépages anciens.

     
    L’un des deux tonneaux de dégustation, derrière, une partie du chai avec des œufs en argile pour l’élevage des blancs, une amphore en argile pour les rouges ainsi que des barriques qui accueillent les blancs et les rouges

     Nous dégusterons 4 blancs, une bulle, et 6 rouges. Nous commençons par les blancs du millésime 2022.

    Le but est de présenter des vins blanc sans leurs caractères variétaux, par la recherche d’une maturité poussée et d’une vinification adaptée ( pas de macération pré-fermentaire à froid). 

    Feldspath de Peyron 100% sauvignon. Pas de caractères variétaux, un vin sur le registre minéral qui s’articule sur une aromatique de fruits du verger, d’agrumes , une matière suave avec de la tension, et une finale salivante. 

    Grand Vin blanc : assemblage de Sauvignon et Sémillon. Élevage traditionnel en barrique. Plus d’accroche et un supplément de longueur et de complexité dans ce vin droit, énergique et salivant. Toujours sur un profil minéral. 

    On va changer de profil sur les deux vins suivant.

     Argile ocre  : Complantation de Sémillon et Sauvignon. Le nez est sur une réduction/grillé. La bouche est large, grasse, tapissante sur une aromatique beurrée et de fruits du verger qui fond en bouche. Un vin marqué par son terroir argileux et le bâtonnage sur lie. A l’aveugle on partirait en bourgogne, un joli village de Chassagne-Leognan. 

    Comme en 1900 Blanc. Assemblage de cépages oubliés et de Cépages traditionnels, dominé par le Sauvignon Gris. Nez similaire à Argile Ocre. La bouche est plus étoffée, complexe, profonde avec une matière grasse et salivante. Aromatique riche sur les fruits du verger, le beurre. Une bombe qui ferait un joli premier cru de Pessac-Montrachet. 

    [b]On passe aux rouges.

     [/b]La gamme des 2022 se présente sous la forme de cuvées en mono cépage et de deux cuvées d’assemblage.La gamme est homogène et d’un haut niveau qualitatif.
    Au jour de la dégustation, je peine à faire un classement car tout goûte bien et chaque bouteille a sa personnalité mais on sent une identité commune.
    Ce sont des vins droit dans leurs expressions. qui se démarquent par une belle acidité, de la fraîcheur, de la tension, de la longueur, des tanins soyeux, une bouche salivante et une aromatique croquante.
    Depuis que je goûte au domaine, c’est le plus beau millésime en rouge, le bond qualitatif est très net. 

    Malbec, en amphore. Le nez est à dominante florale, la bouche est veloutée sur les fruits rouges, une matière pulpeuse et de la fraîcheur.

    Galet de Cazebonne. Cabernet Sauvignon en amphore. nez plus mat, sur des notes de cuir, de fruits noirs. La bouche est tendue et élancée, les tanins sont très fin. 

    Astéries de Darche, Merlot en amphore. Nez capiteux sur des notes de fraise et de sous bois. La bouche est gourmande, les tanins soyeux sur une aromatique de fruits rouges. On est loin des Merlots raplapla tendance pruneau/figue molle. 

    Bouchalès. Le nez est floral. La bouche est tendue par une acidité intégrée à une matière encore serrée. L’aromatique est accès sur les baies type canneberge. Finale saline. Il y a beaucoup de fraîcheur ici. 

    Grand Vin. Assemblage de cépages traditionnels. Un vin élevé sous bois qui se démarque par une expression un peu plus tannique mais conserve la griffe des autres cuvées. 

    Comme en 1900. Assemblage de Mancin, de Castets, Bouchalès, de Saint-Macaire, de Petit Verdot et de Cabernet Franc. Une sorte d’anthologie des autres cuvées. Équilibre souverain. Tout est en place pour faire une très belle bouteille.   

     
    C’est bientôt Halloween, on sort les citrouilles et les potions magiques … à moins que ce ne soit des cépages anciens en cours de fermentation…

    Une gamme vraiment impressionnante, qui n’a pas d’équivalent stylistique dans la région.
    Clairement 2022 est un très grand millésime ici et Cazebonne y joue sa partition à merveille.
    Un château qui ne se repose pas sur ses lauriers et remet en question ses pratiques. De gros progrès on été faits à la vigne comme en cave afin de stopper les défauts rédhibitoires qu’on rencontrait parfois sur les vins : verdeur, réduction, goût de souris.
    Une intense remise en question a permit au château de franchir un cap qualitatif et cela s’en ressent grandement.
    Ce qui fait la particularité et le point fort de Cazebonne c’est cette palette ampélographique unique qui s’affine de millésime en millésime.
    Une gamme de cépages anciens qui permet de changer de recette suivant les contraintes climatiques. Le château se joue ainsi des écueils et continue de tracer sa voie tout en ciselant sa différence.    

    Alexandre Pache
    Participant

    J’ai repris comme chaque année du Savennière de chez Jo Snake, car pour 10 euros, c’est quand même un chouette chenin d’entrée de gamme avec une vraie identité.  Une valeure sûre qui ne m’a jamais déçu. J’ai pris son anjou blanc  et anjou rouge à 8 euros, que je ne connaissais pas, pour goûter aussi. 

    Et ayant cassé tout mes spiegelau Authentis, j’ai trouvé de superbes imitations à 20 euros les 6 chez leclerc : verre à pied 48 cl Zenith de la marque OGO pour boire plus blanc que blanc. Essayé ce dimanche, franchement c’est top, tout ce que j’aimais dans mes authentis pour 1/3 du prix. 

     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Au Leurey-vigne de 1937, Côte de Nuits villages, 2020, Domaine Thibault Liger-Belair, Nuits-Saint-Georges

    La Robe est dense et sombre comme le cul d’un taureau par une nuit sans lune.
    Le nez est tout d’abord discret avant de s’installer sur des notes d’élevages (boisé/fumé) et de fruits noirs.
    Le toucher de bouche est soyeux, une matière charnue mais néammoins tissée de velour s’offre en bouche. C’est à la fois profond et tendu.
    l’aromatique reste sur des arômes boisées et de fruits sombres et à force d’aération,  ça commence à vraiment bien pinoter.
    les 15 degrès d’alcool sont bien gérés, on a de la force, de la densité mais sans le côté chaleureux, voir dans le pire des cas anesthesiant. Dans l’aromatique, à aucun moment je ne pense à une syrah et ça m’a même réconcilié avec les pinots des années solaires.
    Accord parfait avec un boeuf bourguignon.
    On peut l’attendre en confiance.

    On sent vraiment le terroir poussé au max sur ce côte de nuits village qui lorgne clairement, tant au niveau géographique (sous le clos de la Maréchale,) qu’organoleptique (faut l’écouter chanter dans le verre)  du côté d’un Nuits-Saint-Georges.
    Reste la question du prix autour des 50 euros …
    En citant une nouvelle fois le cow boy du Big Lebowski, je n’ai jamais vu les dessous d’un princesse, mais force est de constater qu’on est sur une qualité de vinification de tout premier ordre, ce que l’on peut attendre des vins de ce prix là. 
    Il m’a rappelé dans le style Roc de Cambes qui est plus cher. 
    Et puis voilà enfin un bourgogne qui plaira à des palais Bordelais !

    On s’est régalé, c’est donc une réussite. 

     

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