Alexandre Pache

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  • Alexandre Pache
    Participant

    Maintenant que les vignerons sont sauvés d’une « Féodalité » où les seigneurs et/ou les étrangers  ( ils ont le sens de la formule ) s’accaparent les terres, il serait temps de sauver les buveurs en baissant le prix du vin … car seuls les seigneurs peuvent le boire …  OKKKAYYYYYYY !!!!!!

     Signé : Jacquouille 

    • in reply to: Inflation
    Alexandre Pache
    Participant

     

    Bonsoir,
    Je me permets une petite parenthèse: Brane Cantenac 2022 à environ 120 euros… Pour les amateurs de Bordeaux qui doutent encore de l’intérêt des primeurs, ce cru classé était proposé en sortie primeur à 84 euros TTC chez Bourdin par exemple, soit 30% moins cher.
    Amicalement
    Frédéric

    Salut Frédéric, tu le trouveras ici à 84 euros. ( avec une réduc de 13% mais bon …)  .
    Cela m’a pris 2 secondes et encore moins de temps pour avoir un doute sur l’intérêt des primeurs … …

    https://www.wineandco.com/chateau-brane-cantenac-2022-51766-fr-eur-fr.html?utm_source=google&utm_medium=cpc&utm_campaign=pmax_top_ventes&gad_source=1&gclid=CjwKCAiAzvC9BhADEiwAEhtlNx8Q_N5DIpcYPgkdIBSYlNJUtsOugPN6wRSrrbBi7jFq4hy2DFE2cxoCd0EQAvD_BwE

    M’en fiche j’ai payé 40 et des brouettes le 2019.

     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Black Giac, Mondeuse, Domaine Giachino, 2022

    Ouvert et carafé à l’arrache.

    le nez, d’abord discret va s’ouvrir progressivement sur des notes de graphite, puis de jus de viande, un côté sudiste et sauvage. 

    La bouche est serrée, d’une matière en demi-corps sur des tanins qui demandent à se fondre.
    Le vin est un peu bougon, manque d’élan, d’acidité et, marqué par son millésime solaire, offre une aromatique au diapason du nez, poursuivie par une courte finale poivrée, un brin chaleureuse.
    reste qu’il y a du fond, je suis confiant pour la suite.

    Une  Black Giac marquée par la chaleur du millésime. Elle lorgne clairement du côté du Rhône Nord tant la parenté avec la syrah est ici évidente.
    On est loin de sa version ultra fruitée, tendue et friande du 2019, emplie de fraicheur. C’est pas une bombe de fruit, mais c’est très bon aussi.

    Pour moi il faut attendre que le vin se mette en place, disons 2 ans et ce sera top !

     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Entre-deux-Mers, Château Farizeau, 2022.

    Dégusté à la sortie d’un théâtre ce vin m’a fait grande impression.
    Le nez est parfumé, et évite l’écueil des sauvignons bordelais tendance pipi de chat. Ici on sent que la maturité a été justement poussée. On rentre dans un univers floral (rose), et de fruits allant des agrumes à des notes plus exotiques (ananas).
    La bouche est gourmande, la texture, légèrement crémeuse, le jus est plein avec une acidité rafraichissante. l’aromatique se fait au diapason du nez sur des notes de pamplemousse, d’ananas et d’eau de rose. 

    Après lecture sur le site, je me rend compte qu’on est sur un assemblage des trois cépages bordelais : Sauvignon, Sémillon et Muscadelle, d’où la complexité aromatique.

    C’est aromatique, mais pas exubérant, et d’une jolie complexité, ce qui fait que l’on ne s’ennui pas et qu’on s’en ressert de pleins verres. C’est d’une totale gourmandise.
    Le parfait compagnon de tous les jours.

    On l’imagine avec des huitres mais il est parfait tout seul juste pour se faire du bien et parler du spectacle.

    le prix est de 6 euros, la bouteille et en bio.

    Bordeaux demeure l’une des rares régions où l’on peut trouver des vins issus de grands terroirs, issus de pratiques viticoles vertueuses, à prix d’amis. 
    Bordeaux est le premier vignoble Bio en terme de superficie et plus je découvre le vignoble, plus je me rend compte que ce vin est loin d’être un cas isolé.

    Alors à vos bordeaux !
     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Bretonnière, Vin de France, Domaine de la Taille aux Loups, 2017

    Le nez est ouvert, patiné, sur le bois de santal, la noix de coco, la cire d’abeille et les fruits du vergers.
    La bouche est pleine, sphérique, huileuse et nappante sur une aromatique au diapason du nez. C’est un vin qui fait bourguignon avec cette ampleur et ce gras.

    Une acidité vient porter la matière sur une belle longueur. C’est très équilibré, avec un élevage qui marque le vin, lui conférant de la personnalité et une redoutable gourmandise.

    Très beau vin, prêt à boire.
     Il fut le parfait opposé de son compagnon du jour, Les Faraunières du Domaine Andrée, 2018, chenin tendu, salin et cristallin qui, bien que deux fois plus cher n’en ai pas deux fois meilleurs.

    On les aura d’ailleurs placé au même niveau, ce qui fait de ce Bretonnière un très bon rapport Q/P. 

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Les Faraunières, Domaine Andrée, Anjou Blanc, 2018 

    Nez complètement mutique sur la pomme et la cire.
    La bouche est fine, sur une acidité haute et une belle longueur. L’aromatique est fantomatique. 

    Après carafage, le vin s’ouvre sur une aromatique classique de chenin, mais c’est en bouche que ça se passe. Un jus droit et ciselé pénètre les moindres recoins du palais provocant une intense salivation. L’acidité étire loin le vin en bouche avec une belle relance.
    L’aromatique est un peu en dedans, on retiendra plutôt un jus d’une grande pureté débordant de sensations tactiles et minérales.

    C’est très bon et  d’un vrai parti pris même si, pour ma part ça manque un peu de corps et de complexité aromatique. A plus ou moins 50 euros le  rapport Q/P et pour moi défavorable.
    D’ailleurs son adversaire du jour, un

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Les Enfers Tranquilles, Domaine Michel Autran, 2019

    Ouvert et versé, le nez est assez discret sur des notes grillées. La bouche est simple sur une aromatique de zestes d’agrumes, peu de longueur. Je laisse la bouteille s’ouvrir quelques heures au frigo.

    4h plus tard, le nez est pétaradant sur le grillé, le pop corn, la ferme, le fouinfouin et le cul propre.
    La bouche, crépitante, déploie une grosse énergie sur cette aromatique grillée, citronnée. L’acidité est haute, c’est un rayon laser qui transperce les papilles.
    Toutefois, l »acidité ne se fait pas au détriment de la matière qui est pleine, ya du jus !

    Alors, allez trouver le chenin là dedans ! Je serais parti sur un chardonnay de chez Michel Gahier, ou un savagnin de … chez pas qui.
    Si on m’avait dit la Loire, il y a des ressemblances avec ce que peut faire Sylvain Dittière à la Porte Saint Jean notamment ces notes de grillées entêtantes. Mais je trouve le style Dittière, plus élevé, aimable, bourgeois. Là y’a un côté Vlan dans la gueule, c’est sans concession.

    L’énergie que déploie cette bouteille l’amène quand même dans un monde un peu à part.
    Ça dépote et la bouteille est vidée dans la soirée

    L’accord est parfait avec un saumon fumé d’exception et des pâtes à la crème et aux Saint-Jacques fumées/poutargue/citron.
    C’est clairement mon plus bel accord avec un saumon fumé. 
    J’en profite pour recommander les fumaisons issues de la maison Duplessis à Bayonne qui se sont montrées exceptionnelles.

    beaucoup de plaisirs dans cette rencontre marquante. 

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Domaine Jamet, Côtes-du-Rhône, 2013

    Ouvert le midi pour le soir.

    Nez profond sur des notes de mûres, de violettes, de mines de crayons, de réglisses, de bouillon.
    La bouche est pleine, soyeuse et crémeuse, avec une sensation tactile minérale schisteuse/basaltique. L’aromatique, au diapason du nez déroule sur une belle acidité englobée dans la matière. Elle porte le vin sur une longueur moyenne ponctuée de notes poivrées.

    C’est très marqué par son terroir, à l’aveugle ont pourrait partir sur de beaux gamays d’Auvergne issus de sols volcaniques, avec ce côté capiteux et sauvage.

    La moitié de la bouteille, conservée au frigo, s’est encore améliorée. Tout est plus direct, relâché, ouvert. Le vin déroule en bouche avec un grand naturel d’expression tant tactile qu’aromatique. Ça fait plus sudiste, plus syrah, mais sans aucunes sensations chaleureuses.

    Une entrée de gamme avec un côté rustique et épicé qui n’a rien à envier aux belles mondeuses de Charles Trosset, avec, le deuxième jour un supplément de puissance sudiste qui m’emmène du côté de chez Reynaud.
    L’équilibre est dantesque, c’est une perfection que seul les grands vignerons peuvent offrir.

    Très clairement c’est du très haut niveau et sortir ça en 2013, c’est dingue.
    Elle se présente sur un beau plateau de dégustation, même si on sent qu’elle en a clairement sous le capot. Bu sur plusieurs jours, on a l’impression que le vin est increvable.

    Des grands vins de garde et de patience que ceux de Jamet, à ne jamais boire trop jeune.

    Alexandre Pache
    Participant

    Bonjour Benoit,

    Quels sont les verres utilisés sur le Roagna/San Leonardo et sur le  Felsina Vin Santo ?
    Merci pour ta réponse et le CR ! 

     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Domaine François de Nicolay, Rully, les Maizières, 2020

     

    Le nez bien ouvert sur les agrumes, un côté fumé, grillé et la fleur d’oranger
    la bouche est pleine, dense et énergique sur les agrumes à foison, un côté pâtissier. C’est long, frais, tendu, vibrant sur une texture crayeuse.

    Accord sublime sur un tartare de st jacques/zeste de citron/huile de combava où la bouche prend une densité monstrueuse.
    L’aromatique agrumesque devient hors norme, ça le dope, il prend la tête du tour de Bourgogne en doublant tout le peloton comme un Batard, la foule Crie au dopé ! Mais le Rully est si Bienvenue qu’il fait Chevalier seule sur la Côte d’Or. C’est bien une victoire, en haut du Mont, arrachée.

    Sur le second plat, noix de st jacques/céleri et poireau/ beurre de truffes. Le vin se tempère et s’exprime sur un registre posé, élégant et minéral.
    C’est très bon quoique moins impressionnant que sur l’entrée.
    L’élevage est parfaitement dosé, digéré, c’est du grand art. Ça me fait penser à une Côte aux Prêtres du Château de Béru bue récemment, mais avec plus de matière.

    Payé 35 euros soit 11 1/2 fois moins cher que le Corton-Charlemagne domaine, je ne donnerais pas mon palais à cents gousses d’ails que ce soit onze fois et demi meilleurs. A moins que ce ne soit carrément le saint Graal .. et dans ce cas c’est vraiment pas cher payé vu ce que cette quête a coûtée à l’humanité.

    Bref, voici La grande bourgogne à prix abordable, même si j’en vois à tous les prix sur le web, qui vont du simple au double.
    Après le cliquet bourguignon, le yoyo des cavistes. Et le glou-glou du buveur ils y pensent ?

    PS : Je vous met le lien de la cagnotte pour essayer le Corton Charlemagne sait on jamais …

    Alexandre Pache
    Participant

    153.5 gr apparemment 

    C’est lourd, tu es sûr que c’est le modèle soufflé bouche ?

    Du coup j’ai pesé quelques verres :
    les sophienwald sont à 132 gr
    Le Zalto Pinot noir à 122 gr
    Les zwiesel à 117 gr
    Sydonios Esthète à 96gr

    Voilà je passe une super soirée  …

    En reprenant en main le Stolze, qui est loin d’être le plus lourd, je trouve que le problème, c’est l’équilibre. Ils ont fait la tige trop courte !
    Le corps léger, la jambe courte et le pied lourd … un drôle de type.

     

    Alexandre Pache
    Participant

    J’utilise le Sophienwald champagne, recommandé par Hyllos et pas mal de Lpvien et je trouve ce verre vraiment exceptionnel. Déjà il est beau, harmonieux, avec une sacrée présence sur la table. le buvant est d’une grande finesse, il est léger et très équilibré. Tout ce que je recherche en achetant du soufflé bouche.

    Pour les verres à vin blanc je suis assez déçu par le Zwiesel Riesling grand Cru The moment. Je le trouve lourd, et le buvant plutôt large pour du soufflé bouche. Il est déséquilibré par un pied trop costaud. Je ne ressens pas la légèreté quand je le porte de la table à mes lèvres où j’aime que le verre se fasse oublier. Pour moi c’est rédhibitoire pour du soufflé bouche. 

    Les Cocoon Bordeaux sont extra en tout cas et très polyvalent ( c’est du  soufflé machine) merci Hyllos de me les avoir conseillé. 

    Je conseil vraiment avant d’acheter des verres haut de gamme de pouvoir les prendre en main,  surtout si on en prend 6 !

    Sinon on en parle pas beaucoup mais Sydonios c’est top, j’ai testé l’Esthète et le Septentrional, léger, buvant fin et très bien équilibré. 

    D’ailleurs ça donne quoi en terme de poids le Lehmann Lallement  3 ?

    Alexandre Pache
    Participant

    Gaija, Merci pour ce super CR, criant de vérité, une expérience qui doit parler à beaucoup d’entre nous.
    Heureusement qu’il y a la restauration pour nous permettre de goûter à ces vins rares et incroyables.
    Un prix élevé certes, mais au moins cela rentre dans la poche du restaurateur et non du vil spéculateur caché derrière son écran.
     

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Ultrableue, Château le geai 2018. 

    Malbec en Amphore, Vinification sans souffre et conservé couché depuis 5 ans dans mon cagibi entre 8 et 25 degrés d’amplitude thermique. Il a connu 3 canicules !

    A l’ouverture le nez présente un joyeux bordel, Keep Calm and decant.

    Après carafage, le nez s’ouvre sur des notes florales, de fruits rouges et de cuir, c’est assez changeant et bien expressif.

    En bouche, c’est un feu d’artifice, le vin explose sur du fruit à gogo. L’ensemble déroule droit, soyeux en bouche et porté par une belle acidité qui tend le vin et apporte de la fraicheur.
    On est a fond sur la cerise griotte, la mure, la corbeille de fruits rouges à tout va, adossée à de belles sensations tactiles.

    Seule la finale sur une aromatique un peu pomme à cidre  m’empêche d’être plus laudatif sur ce vin, même si ça ne gâche pas la magnifique partition d’ensemble.
    Cela reste tout de même délicieux, hyper torchable et l’un de mes meilleurs malbecs bu à ce jour.

    Un Bordeaux Anti Bashing  et surtout A very torchable bottle ! 

    Alexandre Pache
    Participant

    Je rejoins l’avis d’Oberlin, j’ai pas eu de réduction sur mes 2017 par contre 2018 … ça m’a fait tout drôle.
    Bizarre bazar 

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Château Soutard, 1988, Saint-émilion Grand Cru, en magnum.

    La robe dévoile une offre touristique ambitieuse et multilingue sur-mesure, un parcours nature, des jeux pour enfants. 
    Le nez s’ouvre sur des hébergements de qualité, une offre de réception pour mariages, un parc magnifiquement tenu, un grand parking et des toilettes spacieuses. 
    La bouche, tendue par une allée de gravier qui va du portail jusqu’au château sur une belle longueur, reprend les éléments du nez dans un ensemble harmonieux. 
    C’est un Château Soutard Grand Cru Classé 2024 ! 

    Mais revenons à notre magnum de 1988, à l’époque où Soutard était un grand cru tout court ( la faute au parking ?, aux toilettes ?,à la robe de la mariée ?). Il a donc attendu 36 vendanges pour être bu. Car Soutard c’est avant tout du vin et quel vin !  

    Le bouchon vient d’un seul coup, il est imbibé sur un tiers.
    A l’ouverture, ça sent plutôt bon : des notes fumées, de café, de cuir et de fruits rouges et une heure après le fruit est plus percutant.
    Je me décide à reboucher la bouteille. On sert sur un chapon énorme, basse température avec un gratin de cèpes.
    Le nez est direct, expressif sur le tabac, l’amande, le cuir, le sous bois et les fruits rouge.
    La bouche est superbe, sur la fraise en pagaille, les épices. C’est juteux, gourmand presque régressif, les tanins sont parfaitement fondus et ça pinote comme il faut.
    Une belle acidité vient porter le vin avec énergie sur une jolie longueur. C’est délicieux et la bouteille se vide vite !
    Tendu, frais, pur et hyper digeste, une bombe de fruits de 36 ans.  

    Un Saint-émilion du temps  des Comtes et des Comtesses où le vin était fait pour être bu et dansait sur la langue comme une ballerine sur un plancher de fine marqueterie. 
    Mais ça c’était le monde d’avant le monde à l’envers, ce terrible courroux qui s’abattit sur la cité de Saint-émilion, plus impitoyablement qu’ailleurs. 

    [i]En l’an de grâce 1982, un grand sorcier venu d’outre océan, offrit de noter les vins. Les mieux notés connaîtraient une ascension fulgurante vers la gloire, l’argent, le succès.
    La prophétie se réalisa. Les millions pleuvaient sur la cité, poussant les châtelains à délaisser la vieille tradition pour plaire au goût du sorcier en fabriquant des vins robustes comme le chêne et noirs comme la nuit.
    La considérable richesse amassée attira les convoitises. En quelques années, les bonnes fées quittèrent le berceau des princesses, les princesses épousant des princes charmants dont le pas assuré cachait des assureurs.
    Les poches profondes remplaçant les bas de laine d’autrefois.
     Et certaines choses qui n’auraient pas dû être oublié furent perdues. [/i]

    C’est en plongeant le nez dans ce Soutard que je replonge dans la grâce des parfums d’une époque révolue. 

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Prestige des Arpents, Les Fils de Charles Trosset, Arbin, 2018

    Le nez présente une grosse réduction, je carafe.
    La réduction réduite au silence, le nez est discret sur un côté fruité, fumé.
    La bouche est dense, compact, marquée pas des tanins poudrés, l’aromatique est centrée sur la cerise, la vendange entière et une finale poivrée. C’est puissant mais équilibré et plus expressif que ma première bouteille ouverte en 2021.

    Regoûté deux jours plus tard. Le nez est hyper gourmand sur le cassis à plein nez.
    La bouche est pleine, riche et tannique sur une aromatique fruitée et épicée.

    Pour suivre régulièrement cette cuvée, on est à l’opposé de 2017, fluide, gouleyant et pinotant, un millésime dont je suis complétement fan que ce soit sur Confidentiel ou Prestige.
    Là, il y a une grosse matière qui demande encore à se fondre. Une grosse bête même un peu hors norme pour une mondeuse.
    Il va falloir encore être patient, à moins qu’on n’aime en avoir plein la bouche ( dans ce cas ouverture à minima la veille ou gros carafage à prévoir !).

    Ps: La RVF de février a fait un article sur le domaine, on apprend rien de plus qui ne soit dit en ce forum, juste la notation de la verticale de Confidentiel qui m’a surpris.
    93/100 pour 2017 et 96/100 sur 2018. Pour avoir goûté les deux je trouve que c’est deux expressions complétement différentes l’une plus sur la fraicheur, la persistance du fruit, l’autre sur la matière, la densité. Je trouve juste dommage d’avoir cette lecture  sur des vins de montagne dont la fraicheur et la buvabilité sont pour moi les qualités recherchées.  Enfin, privilégier la puissance et la densité dans les notations semble pour moi des critères d’une autre époque. 

    Alexandre Pache
    Participant

    Cela faisait longtemps que je n’avais pas bu de flacon bordelais qui m’apporte autant de plaisir tout en bousculant les stéréotypes que j’avais en tête sur cette région où il est difficile de trouver des vins sans soufre qui restent précis. Excellent pour moi!

    Si tu ne les connais pas déjà, je te conseille ces deux producteurs en sans souffre : Château le Geai (toute la gamme) et Château de la Grave avec sa cuvée Les chose sans S. 

    Alexandre Pache
    Participant

     Les Tops et les flops 

    Belle année riche en découverte, le palais devenant plus exigeant, on lorgne vers d’autres cieux quitte à être déçu du voyage. Le grand frisson n’est parfois pas là où on l’attendait. 

    Tops Rouges : 

    Domaine les roches 1989 : Mon Graal bachique.
    Château Soutard 1988 : il y a le Saint-Emilion que l’on boise et celui que que l’on boit. A Soutard on a du fruit et non du fût et ce n’est pas la mémoire du fruit qui fut ! Ici il est bien vivant, tonique et pinotant. Joli !
    Prieuré Saint Jean de Bebian 2001. Un grand Languedoc à maturité.
    Ultrableue, le geai, 2018 : Un malbec explosif (à 14 euros … )
    Vin de Pays, Domaine Jamet, 2020 : Une syrah rustique à la fois sérieuse et profonde. Superbe entrée de gamme.
    Mondeuse confidentielle, Fils de Charles Trosset, 2017. Une mondeuse gouleyante, complexe et gourmande. Un superbe millésime qui coule joyeusement en bouche comme un jus de fraise. 

    Tops Blancs : 

    Les Poruzots, Mikulski, 2018 :  Comme il est difficile d’être simple . A la fois sophistiqué mais sans prise de tête. La quintessence du chardonnay de meursault dans sa plus joufflue gourmandise.
    Domaine du Collier Saumur blanc 2015 et la Charpenterie 2015. Deux très grands chenins de terroir et d’émotions.
    Domaine Pattes-Loup, Côte-de-Jouan et Château de Béru, Côte-aux-Prêtres 2020.Le premier récite en volume et en allonge crayeuse une aromatique d’agrumes et de fleurs. Le second est cristallin et sapide, comme si l’on buvait l’eau d’une source où trempe une rondelle de citron. Quand on pense que pour le prix d’un premier cru de chez Raveneau on a une caisse d’une de ces merveilles …

    C’est pas un top, mais voici deux jolies surprises qui ont égayées la table de Noël :
    Doisy Daëne Blanc sec, 2007. Un vin, qui même conservé dans des conditions pas optimales, s’est révélé d’un bel équilibre. Net, tendu et frais avec un boisé présent mais justement dosé et une aromatique exprimant une parfaite maturité. 
    Exception, 2016, Les Vignerons du vallon. Un Marcillac sur des notes truffées, souple, fruité et gourmand en bouche. On dirait de la Syrah, d’autres du Cabernet-Sauvignon, non c’est juste du Fer Servadou, on s’en ressert voilà tout ! 

    [u][b]Les flops ( à prendre avec humour )

     Premier cru, Montée de Tonnerre, Raveneau 2018 : C’est huileux, inodore et mutique, ça pourrait être un hydrocarbure mais au prix du litre ça ne remplacera jamais le gasoil. 
    Premier cru, la Romanée, Paul Pillot : En entrée, tartare de Saint-jacques aux agrumes. En plat, une sole meunière accompagnée d’une poêlé de cèpes. En dessert, une pomme fripée avec un petit beurre mou. Et faut finir son dessert. 
    La Perlée, La Porte Saint-Jean, 2019. Selon le Figaro, il fallait la boire «ce soir là ». Dommage je n’y étais pas car, « ce soir si », c’était vraiment pas top. Quand à ces soirées là … 
    Latour-Martillac Blanc 2016: Quand c’est pas mûr et qu’on boise trop, à bordeaux on fait quoi ? On crée une AOC ! Un Pessac-Léognan pour les amateurs du genre. 
    Moulin Saint-Georges 2015, Saint-Georges-Saint-Emilion : Création de l’AOC en 1936. 
    Domaine Jamet, Côte-Rôtie, 2017 : Sec, acide et austère comme quelqu’un qui vous veut du mal. J’ai posé une main courante et changé d’adresse.  

    Une Citation de Balzac qui me plaît bien pour démarrer l’année :  Le problème de la vie n’est pas sa durée, mais la qualité, le varié et le nombre de ses sensations.   

    Bonne Année !  

    Alexandre Pache
    Participant

    CR: Chablis Premier Cru Côte de Jouan, 2018, Domaine Pattes Loup.

    Le nez est ouvert sur des notes de pierres frottées, de sirop d’orgeat et d’herbes coupées.
    La bouche est pleine, crayeuse et déroule avec une grosse tension et énergie une aromatique faite d’écorces d’agrumes, de craie, de miel, d’amandes et de fleurs.
    De grands amers viennent complexifier et densifier un ensemble majestueux qui se projette avec grâce et puissance sur une belle longueur.

    Le millésime est complètement dompté et même magnifié par un gros volume et une grosse tension et surtout cette aromatique complexe qui renvoie à un chardonnay d’origine nordiste, je pense à la Côte des Blancs.

    Lorsqu’il est maitrisé, on sent que 2018 est hors norme pour le chardonnay et certains vins y sont grandiose.
    Si vous trouvez les blancs 2018 mou et pataud, changez de producteur car il y a de sacrés pépites à trouver.
     On est là, à l’évidence,  sur la crème de la crème de Chablis et du vin en général.

    Un grand vin, d’un grand vigneron, qui rebat les cartes d’une appellation.

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