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- 19 mai 2024 à 0h02
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
CR: Dégustation Terre de vins, Primeurs 2023 à Bordeaux
Petit retour sur la dégustation annuelle des Primeurs 2023 ouverte au public, au Palais de la Bourse de Bordeaux.
La dégustation s’orchestre autour d’un vingtaine de propriétés proposant leurs vins en primeurs et un millésime livrable. Je n’ai pas mémorisé tous les millésimes des livrables mais on était en gros sur du 2014, 2015, 2017, 2019 et 2020.
Les échantillons primeurs se goutaient bien et présentaient des vins pas trop extrait, plutôt tendre et sur le fruit.
J’ai sélectionné les domaines qui me semblaient les plus marquants (en bien
).La gamme des Domaines Barton en 2023 était la plus recommandable du salon avec des vins sur les fruits rouges, en finesse.
Langoa Barton était le plus expressif, Léoville Barton le plus long et traçant quand à Mauvesin Barton c’est un Moulis classique de qualité avec un élevage qui ne se fait pas au détriment du fruit.
Les livrables ne sont pas marqués par l’élevage que ce soit Langoa Barton 2015 ( au fruit expressif, déjà très agréable) ou Léoville Barton 2017 ( très long et à attendre mais approchable et bien né).
Des bordeaux de grande classe, digeste qui conviendront à ceux qui refusent le jus de planches, de vrais vins fins.Escale aux Domaines Cuvelier avec une dégustation du Crock, de Moulin Riche et de Léoville Poyferré.
Le Crock 2023 a un toucher de bouche salivant, en finesse et est à part dans la gamme. le livrable ( 2017 de mémoire ?) se goûte bien sur un registre classique et pas trop boisé
Moulin Riche 2023 se déguste comme le petit frère de Léoville Poyferré, c’est velouté gourmand dans un style moderne. Le 2014 est sur le fruit tendre, la longueur est plutôt courte.
Léoville Poyferré 2023 est incrachable, long, ample, velouté, un style qui fait plutôt Rive Droite/Pomerol. C’est un vin flamboyant et surtout super bon.
Le livrable Léoville Poyferré 2014 va vite faire retomber mon enthousiasme. Un vin engoncé dans un boisé fumé, torréfié ne laissant aucune place au fruit. C’est sans relief, sans dynamisme, une désillusion comparé au potentiel du primeur.Beychevelle 2023 est un vin simple, droit sur les fruits rouges, les baies, le boisé est en retrait.
Le livrable (2017 ?) est un jus de fruits rouges porté par une fine acidité et une certaine vivacité sur une longueur intéressante. Là aussi le boisé est quasi imperceptible.C’est un vin fin, c’est bon, frais quoique pas très complexe mais le prix me semble complétement déconnecté. (il est plus proche dans mon échelle qualitative de vins entre 20 et 30 euros).
Château Jean faure 2023 est marqué par le cabernet franc sur le végétale noble et le floral, c’est un vin droit et traçant sur une belle longueur.
Le Livrable 2019 est quand à lui complétement dominé par un boisé fumé, torréfié qui ne rend pas hommage au vin primeur. Dommage.En pomerol, Le Bon Pasteur 2023 était très extrait et asséchant, et présentait une rupture avec les autres vins primeurs du salon. Le livrable, de mémoire un 2017, était puissant, compact sur une aromatique de boisé un peu lourd.
Vrai Croix de Gay 2023 et Château Le Prieuré 2023 sont deux très belles promesses. Le premier est un Pomerol situé sur les terres argileuses du plateau, à la remarquable matière riche et veloutée, sur la cerise, la violette mais sait garder de la fraicheur.
Le second est un Saint-Emilion issu du plateau calcaire, plus fin et traçant tout en fruit. Toujours une belle fraicheur.Les livrables sur 2020 proposent des jus fidèles aux échantillons primeurs, à leurs terroirs respectifs et avec un élevage qui ne se fait pas au détriment du fruit et de la fraicheur. De très belles réussites.
Château Fonroque 2023 à Saint-Emilion propose un jus tendre, fin ,sur le fruit et à l’élevage imperceptible.
Mazeyres 2023 à Pomerol est plus clivant car il n’a pas le velouté de Pomerol et surtout son aromatique est chlorophyllienne, sur des nuances de végétaux.
On retrouve des arômes de poivron rouge, de menthe, un côté rafle. C’est complexe, long et salivant mais il faut accrocher à l’aromatique.Le Fonroque 2019 en livrable est le plus joli vin du salon, le nez truffe à mort, le jus ne joue pas l’épate mais reste longtemps en bouche, salivant sur les fruits rouges frais.
Le Mazeyres 2020 malgré son allonge est marqué par ses arômes végétaux qui me font penser au caractère variétal du Carménère.
C’est une volonté de la propriété d’aller chercher la fraicheur dans une maturité croquante. Cela apporte une fraicheur et une complexité certaine, mais mon vécu de dégustation à peine à ne pas comparer aromatiquement cela aux vins de Graves à la maturité un peu trop juste que je buvais en famille. Cet univers végétal qui ne m’inspire pas la gourmandise.
Un profil qui m’évoque hélas plus la rafle que le fruit qu’elle porte.En blanc Latour-Martillac 2023 n’a rien à envier au Domaine de Chevalier 2023 et cela pour le tiers du prix. Tous les deux sont très marqués par un sauvignon aromatique et variétal.
Latour-Martillac 2021 est marqué par son élevage. C’est un blanc crémeux en bouche, boisé mais avec de la fraicheur et de la salivation. Pour moins de 30 euros ça me semble un incontournable pour les amateurs de blancs boisés. Il en remonterait à bien des crus de la Côte-d’Or pour une fraction du prix.On fini par les Sauternes.
Château de Nairac 2023, belle liqueur, de la fraicheur et de la tension sur une aromatique exotique quand Suduiraut 2023 est plus gras, avec moins de tension mais plus de profondeur sur des arômes exubérants de poire et de safran.
C’est divin, ces deux vins sont magnifique dans leurs styles et ça me fait dire que je ne bois pas assez de Sauternes !Conclusion :
Même si certains domaines proposent des vins construits dans le respect du fruit ( Barton, Fonroque…), sur cette dégustation de rouges, Bordeaux continue de boiser ses vins à outrance.
A quoi ça sert de présenter des équilibres primeurs, pas trop extrait, sur le fruit, en fraicheur quand c’est pour ensuite matraquer les jus avec des élevages pénibles à digérer ?
Même si ce sont des vins de garde qu’il convient d’attendre, j’aime bien attendre des vins qui même en les ouvrant 10 ans trop tôt ont du fruit ! On se dit que c’est pas prêt mais y’a du jus !
Ici, sur la majorité des stands, j’ai préféré boire les jus primeurs que les livrables.
Bordeaux bashing, fin de Parker … j’ai l’impression que le jus de planches résiste encore et toujours et qu’à Bordeaux il faut plus qu’ailleurs goûter avant d’acheter sous peine d’être désabusé.
- 18 mai 2024 à 21h18
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
Faussement dispo, tu ne peux pas en acheter.
Sur allocation uniquement.En effet c’est marqué sur allocation mais mardi rien de cela n’était indiqué, c’était limité à trois bouteilles et on pouvait les ajouter à son panier sans problème.
- 15 mai 2024 à 16h11
- in reply to: Champagne Marguet
[u][b]CR: Champagne Marguet, Shaman Rosé, 2018
[/b][/u]

Pour accompagner un bouquet de Langoustines, l’accord se faisant sur la couleur, se fera t’il sur le goût ?
En versant dans le verre, ça mousse à max !
Le nez est large et appétant sur des notes oxydatives on retrouve aussi la mie de pain et les fruits jaunes.
La bouche est corpulente, plus large que longue, sur une bulle vive qui restera présente pendant toute la durée de la dégustation. On retrouve en bouche des notes de pêches mais surtout une amertume qui n’est pas sans rappeler des apéritifs italiens. La finale se fait sur l’amande.Si le nez se rapproche fortement de ce que j’ai pu renifler chez Selosse, la bouche est assez originale car construite sur l’amertume.
C’est très très bon, et d’un excellent rapport qualité prix ( pour un champagne grand cru millésimé ).L’accord avec les langoustines était original même si je verrais plutôt ce champagne pour accompagner un foie gras, un magret saignant, et les amers ça peut être top sur une cuisine méditerranéenne, sur un bouillabaisse, des rougets avec un jus de poisson anisé …
Un champagne de gastronomie, à boire en mangeant, qui me semble plutôt réservé pour la table, (sauf si y’a de bonnes choses en apéro !).
- 15 mai 2024 à 1h08
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
Primeurs :
Les marchés circonspects- 8 mai 2024 à 16h52
- in reply to: 1erMai : Riesling Ginglinger, Mas Jullien Rougeos, Chassagne Morgeot, Nuits Vaucrains, Chateauneuf Clos Mont Olivet…
Bonjour Matthieu,
Merci encore pour tes CR.
Petite question pour le Lous Rougeos, toi qui a goûté le 2021 et le 2022 tu le place comment 2022 par rapport à son ainé ?
Comme j’hésite entre ces deux millésimes pour un achat.
Merci beaucoup
- 6 mai 2024 à 3h49
- in reply to: Prieuré Saint-Jean de Bébian
CR: Saint Jean, 2022, Prieuré Saint-Jean de Bébian.
Assemblage de Roussanne, Grenache Gris et Chardonnay.
Servi à l’aveugle, le nez est marqué par des notes fumées, l’autolyse, je part direct dans le Jura.
La bouche est puissante, traçante sur une sensationnelle acidité qui tend le vin et l’amène très loin. Grosse longueur sur une aromatique de pomme, de fumé et d’autolyse.
Je suis toujours dans le Jura ! Et sur une grosse cuvée.Le vin en s’ouvrant gagne en volume, en gras et l’aromatique s’enrichie de notes de fruits bien mûrs, et plus chaleureuses. Le vin fait la girouette et passe en quelques secondes du Nord au Sud.
On pourrait partir sur un Condrieu tant c’est ample et aromatique.
Le vin reste bien vivant tant dans le verre qu’en bouche.Serait-ce un gars du Jura qui fait joujou avec des raisins du Sud ?
Bingo : Prieuré Saint-Jean de Bébian.
Grosse claque pour ma part, et je rejoins l’enthousiasme de Monsieur Blog.
Pour 26 euros c’est même un affaire.Un vin complétement dans son époque, le vin parfait pour faire briller les sommeliers.
- 6 mai 2024 à 2h56
- in reply to: Château Lafitte, Jurançon
CR: Sec, 2020 Château Lafitte, Jurançon
Un jurançon sec à grosse majorité de Petit Manseng.
Le nez est précis, gourmand sur une expression florale et fruitée.
La bouche reprend l’aromatique du nez et se pose sur une très grosse acidité qui tend le vin vers une finale saline et salivante.
La bouteille descend très très vite, peut être mon plus haut coefficient de torchabilité à ce jour, si bien que j’ai vérifié si c’était pas une demi bouteille …
Plutôt que de l’embouteiller dans un vase, faut le tirer direct dans une bonbonne d’1 litre, c’est un minimum !
Un jurançon remarquable qui pousse très loin les curseurs de l’acidité et de la salinité.Remarquable tenue à l’air d’un fond, laissé pour la science à température ambiante, et toujours étincelant 48H plus tard.
- 4 mai 2024 à 1h38
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
Vu l’ambiance, inutile de proposer une deuxième ou troisième démarque, partons direct sur un déstockage ! tout doit disparaitre ! Si ça gagne pas ça débarrasse
!- 3 mai 2024 à 16h35
- in reply to: Clos du Tue Boeuf, Cheverny
CR: Brin de chèvre, 2018, Clos du Tue Boeuf, Cheverny
Ce Menu Pineau s’ouvre sur des notes évoluées de Cire, de Pomme et de Miel. (ouf ça sent pas un brin la chèvre)
La bouche est nappante, sphérique avec une impression légère de sucre sur des arômes de pomme et de miel, on sent poindre une légère acidité en finale mais ça tombe court, le vin semble sur la retenue.Oh la vache, J’ai goûté du Tue Boeuf plus causant !
Le vin étant peu sulfité, un peu évolué, je me décide à l’aérer avec précaution en vérifiant son évolution.
Et bien m’en a pris !Le nez reste sur le même registre mais la bouche voit apparaitre de splendides amers venant apporter du corps au vin et une acidité traçante lui apporte fraicheur et longueur et diminue cette légère sensation de sucre.
L’aromatique se complexifie sur les agrumes, de la poire également.
Aucunes notes chaleureuses sur ce millésime chaud !Un superbe clos Tue Boeuf comme souvent.
je suis toujours scotché par la gourmandise, le fruit et surtout cet équilibre que je trouve idéal entre une entrée en bouche nappante, sensuelle, ce volume de corps et cette profondeur conférée par les amers et la tension, l’allonge la fraicheur que porte l’acidité.
Et en plus, conservé dans une bonne cave, ça vieillit très bien !
Encore un coup de
- 1 mai 2024 à 15h58
- in reply to: Vos adresses à Albi
Salut Agnès,
Pour Albi, des amis gros mangeurs et bons vivants m’avaient conseillé le restaurant Lou Sicret, une adresse populaire, c’est dans la vieille ville au fond d’une ruelle.
Tu as là toutes les spécialités Albigeoises : cassoulet, radis au foie salé et notamment la purée du pauvre qui est une purée au foie gras et sauce aux truffes.
Après tu verras les photos c’est pas du léger …
- 1 mai 2024 à 1h07
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
[quote= »francois999 post=1228132 userid=1965″]Apres je rejoins agitateur sur le fait que pour 90€ tu n’as plus grand chose de connu en cote de nuit
Alors que tu as un pontet canet 2023[/quote]
Règle n°1 : Si l’on en vient à comparer à la Côte de Nuits, c’est que c’est trop cher.- 30 avril 2024 à 21h46
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
[quote= »mgtusi post=1228114 userid=2205″]Pas de problème mais je m’ennuie pas, je trouve fascinant que, année après année, les primeurs bordelais arrivent à faire oublier la valeur des choses. C’est fort[/quote]
Valeur HT ou TTC ?

- 30 avril 2024 à 17h00
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
ça va en faire des stocks à écouler en foire aux vins …
- 30 avril 2024 à 14h38
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
Bon les premiers prix arrivent .. et ça ne semble pas être une affaire.
Une baisse des prix « fictive » car effectuée sur des prix déjà beaucoup trop haut …. on dirait les fausses promos du blackfriday.
A suivre … ou pas.- 26 avril 2024 à 15h47
- in reply to: Vins Pierre CHANAU
Le Père Noël n’existe pas, et maintenant Pierre Chanau, non plus … J’aurais préféré ne rien savoir.
A quoi bon ainsi nous briser le coeur, déboiser nos imaginaires …
- 25 avril 2024 à 1h20
- in reply to: Primeurs 2023 à Bordeaux
CR: Dégustation primeurs 2023 Biodyvin
je prend ma plus belle plume rouge bordeaux pour écrire en ces termes si bordelais :
2023 est un millésime exceptionnel ….. mais attention 2023 n’est pas un grand millésime…
Car si exceptionnel s’entend comme hors de l’ordinaire, donc 2023 est extraordinaire.
Mais pas grand du tout, non. 2022 l’est oui sans aucun doute mais 2023 non.Jusqu’à présent on était sur une lignée de millésimes solaires 2018/2019/2020/2022 entrecoupée d’un millésime océanique, gélif, frais et plutôt pas terrible : 2021.
Ce qui fait que 2023 est particulier, c’est que sur les vins dégustés, on a la maturité sans tomber dans un profil solaire.
On est sur un millésime de fraicheur, mûr.L’année 2023 se caractérise par une récolte précoce, l’année fut chaude mais le mildiou a fait des ravages notamment sur les merlots. En fonction de l’encépagement, les propriétés ont fait comme elles pouvaient pour modeler leurs vins.
2023 ressort donc comme un millésime hétérogène, un millésime de vigneron.On est clairement en dessous des standards de 2022.
Niveau aromatique, les vins ne sont pas du tout solaire et confit comme en 2022, ils ont moins de matières et sont plutôt frais, tendres sur des expressions florales et de fruits croquants. Les vins ne jouent pas sur le volume et la profondeur mais sur la tension, la longueur, la vivacité. C’est plus long que profond.
On est pas sur un millésime de longue garde, les vins devraient bien se boire assez vite.La grande star du millésime est le Cabernet franc qui a mieux résisté au mildiou et qui rentre donc massivement dans les assemblages et c’est tant mieux car sur ces 3 dernières années, il n’a jamais était aussi élégant à Bordeaux. Il se distingue cette année par sa dimension florale.
Si à ce stade les vins sont un peu sauvages, poilus, certains proposant une amertume en milieu de bouche, la totalité des vins dégustés finissaient salivant, sur la corbeille de fruit rouge ce qui laisse augurer de belles choses
Vins de la rive gauche :
A Margaux, La Gurgue, remodelé à fortes touches de Petit verdot est épicé et un peu joufflu, quand Ferrière déroule une grande allonge tout en fraicheur.
La Lagune en Haut-Medoc est serré et très long. Il s’achève sur un fruité salivant.
Haut-Bergey en Pessac-Leognan est un magnifique jus de fruit tout en finesse, aussi long que la Lagune mais bien plus ouvert et fruité sur le cassis. Une très belle réussite pour qui est allergique au bois.
Le blanc, vinifié sans bois, se déploie tout en simplicité, sur une jolie longueur. C’est un sauvignon thiolé, tendu, frais fruité et aérien.Vins de la rive droite :
Grande réussite au Château L’Enclos, un Pomerol séducteur et velouté, sur le fruit rouge, on pourrait déjà en boire des litres. Du velours. Partageant la même écurie, en Saint-Emilion, Château Fonplégade affiche plus de corps et son fruit déroule long, mû par son terroir Calcaire. Je ne l’ai jamais aussi bien goûté.
Mazeyres à Pomerol s’ouvre sur un bon volume, sans le velouté, puis vient une amertume puissante, dérangeante, en revanche la longueur est belle et s’achève lascivement sur la cerise.
En Côte-de-Castillon duo de choc avec Clos Louie qui fait la part belle au Cabernet franc, nez ouvert, très floral avec une pointe de tabac. La bouche longue est salivante déroule sur les mêmes arômes.
Clos Puy Arnaud a un superbe nez, d’une gourmandise qui ne s’encombre pas de l’élevage. La bouche en revanche est plus serrée et finie courte sur une profondeur crayeuse.Grande réussite à Jean-Faure où le Cabernet franc allume un feu d’artifice dans le verre. C’est un panier de fleur. La bouche propose une belle allonge, un bon volume. Un vin droit qui ne présente aucunes notes végétales comme c’est souvent le cas lors des dégustations primeurs. Je ne l’ai jamais aussi bien goûté.
Bref il est possible que de très jolis vins naissent de ce millésime qui m’a semblé favorable aux terroirs calcaires, je pense que les propriétés axées sur le Cabernet franc devraient sortir de jolis bouteilles.
Très clairement une baisse significative des prix n’est plus une option car la qualité du millésime ne permet pas de le vendre au prix des exceptionnels (cette fois si dans le sens grand ) 2022.
Le succès des primeurs dépendra uniquement des prix de mise en marché.
Personnellement, même si j’adore le cabernet Franc, à moins d’un spectaculaire rabais, je ferai l’impasse. (M’en fous j’ai plein de 2019 …
) Les Primeurs Biodyvin permettent également de déguster les vins d’autres domaines hors bordeaux, voici deux coups de cœurs
: La cuvée YL 2022 de Yves Leccia, superbe grenache tout en fraicheur, un nez de jus de fraise, une bouche fraiche et sapide. C’est comme retomber en enfance.
Savennière Bigottières Terra Vita Vinum. Vin sans souffre, nez sur l’autolyse, la bouche garde cette autolyse mais en contrepartie déploie une grande matière schisteuse prolongée d’accents salins. Grand volume et grand équilibre. Si on est pas allergique à l’autolyse c’est une très belle bouteille qui m’évoque Richard Leroy. Dommage que le prix m’évoque, hélas, que je n’en achèterai pas.
En revanche les rouges à prix plus sympathiques sont très sympas, friands, croquants, gourmands, joviaux. Mention spéciale au Cabernet franc chatoyant, sur la fleur de sureau.- 18 avril 2024 à 15h09
- in reply to: Château Mirebeau, Pessac-Léognan
CR: Château Mirebeau, 2017, Pessac-Léognan
Je reviens à mes premières amours avec ce vin issu de la seule propriété en biodynamie de l’appellation qui, avec son encépagement particulier et ses blancs point trop boisés, faisait figure de bête curieuse.
Depuis du vin à couler sous le pont Chaban, certains crus classés se sont mis au bio, et des domaines comme Haut-Bergey avec ses cuvées innovantes ont permis de redynamiser l’appellation la plus lisse, uniformisée et consensuelle du bordelais.Revenons à notre bouteille :
Le nez s’offre sur le panier de fruits rouges, la cerise kirschée et une touche de fumé. Miam.
La bouche est fraiche, juteuse, croquante avec une belle acidité qui étire le vin sur des saveurs de framboises, de cerises, de fraises et de bonbons arlequins.
C’est un vin aérien d’une grande délicatesse qui fait très 2017 avec ses notes de fruits rouges et son acidité légérement haute qui le rend d’autant plus friand.
Il m’a évoqué la charpenterie du domaine du collier sur 2017 bu il y a peu.
Avec plus d’aération, le nez perd en netteté aromatique et prend des accents plus animals. La bouche en revanche part sur un tertiaire noble, avec ses notes de cafés, de tabacs et de jus de viande. là, pas de doute on est bien dans les Graves, faites entrer sa majesté le Cabernet !Un vin délicieux, à point, qui a parfaitement évolué.
Mirebeau est une pépite, qui ne joue pas l’épate, que l’on a dans les pattes, autant que l’on en pite !
[i][b]Chapeau Mirebeau

- 13 avril 2024 à 5h04
- in reply to: prix des bouteilles
Aujourd’hui la notion de belles étiquettes sur bordeaux me semble un peu dépassée si on en reste aux crus classés et à leurs seconds vins.
Plusieurs collectifs se sont montés pour remettre sur la table des bordeaux abordables tant en termes de prix que d’images, je pense aux Vignerons Pirates mais il y en a d’autres.
Certains crus classés choisissent de se distinguer en mettant en avant leurs méthodes culturales biodynamiques, par exemple en faisant déguster leurs primeurs sur un événement Biodyvin et non avec l’union des Grands Crus de Bordeaux. Et là on déguste classés et non classés sans notion de « classe », juste de qualité.Aujourd’hui je suis plus excité à l’idée de boire un Volcelest blanc des Vignobles Millaire en VDF qu’un Fieuzal Blanc, car il me semble plus en phase avec ce que je recherche dans ma gamme d’émotions, je retrouve en lui des expressions, une ligne directrice qui dépassent les frontières de bordeaux. Il est au goût de l’époque. Après on y adhère ou non.
Pour des émotions à moins de quinze euros, il y en a, il suffit de ne pas se fournir sur des appellations surcotées. Pour revenir à Bordeaux, en Côte de Bourg, château de La Grave et Falfas c’est top.
- 12 avril 2024 à 20h51
- in reply to: prix des bouteilles
Des bordeaux accessibles et pas chiant à boire, il commence à y en avoir. Une piste : viser les bordeaux dans autre chose qu’une bordelaise.
C’est bien connu que le plus chiant à Bordeaux, c’est les bordelaises …

- 12 avril 2024 à 20h19
- in reply to: prix des bouteilles
Pour des Bordeaux qui vieilliront bien à bon prix , Fronsac et Canon Fronsac en rive droite sont un filon de bonnes affaires.
Sur le sud-ouest, le Clos Troteligotte, sa cuvée K-lys pour 18 euros m’a scotchée.
En Ariège le Domaine du Sabarthes avec sa cuvée la Plantaurel à 10 euros, vieillit comme un bordeaux. J’ai bu un 2007 en magnum, c’était top.
Jurançon fait clairement partie des plus belles appellations de vins blancs de France.
Alors oui, la plupart des vins du sud ouest sont très mal distribués le mieux c’est de passer dans la région, de s’arrêter chez un caviste et de se faire conseiller.
Mais bon quand on a pas l’occasion d’y aller c’est pas évident.Bordeaux est aujourd’hui le meilleur rapport qualité-prix de France. Comme c’est plus à la mode la plupart des vins sont vendus à bas prix. Il suffit de s’arrêter dans l’un des cash-vin qui jalonnent la périphérie bordelaise pour trouver des bordeaux de millésimes mûrs pour une quinzaine d’euros voir moins.
Ah mais oui, il y a plein de bons bordeaux dans cette zone de prix mais qu’est-ce que c’est chiant à boire !
Oui après tout dépend du parcours du buveur et de ce qu’on recherche dans le vin.