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- 8 novembre 2019 à 5h13
- in reply to: Domaine Barou, Saint Joseph
CR: Domaine Barou – Condrieu Imagine 2016
La robe est dorée claire, très brillante, translucide dans le disque avec presque de petits reflets argentés.
Le premier nez est dominé par des notes fumées/grillées. A l’aération, ce sont des notes beurrées qui s’imposent largement. Il y a peu de fruits (un peu de pêche jaune et d’abricot, mais c’est léger); c’est surtout le beurre et les notes fumées qui écrasent le nez.
L’attaque en bouche est souple avec une sensation de gras et de rondeur. Le milieu de bouche parvient à garder de la fraîcheur malgré l’absence de tension. La finale présente une petite acidité suffisante pour éviter au vin de basculer dans la lourdeur des Condrieu mal vinifiés. Je regrette un manque d’exotisme aromatique: on reste ici aussi sur ces arômes de beurre et de fumée. A noter une petite amertume en finale.
Commentaire général: C’est bon. Le vin garde la fraîcheur et la tension nécessaires, mais il reste aromatiquement assez plat. C’est néanmoins un viognier bien fait, mais je l’aurai aimé avec plus de fruits ou d’exubérance aromatique. Il est certain que, depuis quelques temps, je m’éloigne un peu de ces vins dont je raffolais il y a quelques années.
Noté 14/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/11/domaine-barou-imagine-2016.html
- 8 novembre 2019 à 4h54
- in reply to: Château Roc de Cambes
CR: Roc de Cambes 1997
Belle robe pourpre, aux reflets et aux nuances légèrement acajoux dans le disque.
Le nez est superbe. C’est le nez d’un Bordeaux à parfaite maturité; un nez où le dosage entre arômes primaires et tertiaires frôle la perfection. On a donc d’abord des arômes de fruits noirs (mûre et cassis) et d’épices. Puis plus on aère le vin, plus celui-ci libère des notes complexes, évoluées, sur la vanille, la fourrure, le cuir, le tabac. Ce sont finalement des arômes torréfiés, légèrement goudronnés qui finissent par s’imposer, arômes qui m’évoquent le bois rétifié. Il n’y a aucune lourdeur ou sensation de sur-maturité dans ce nez, qui est juste somptueux.
La bouche mes amis… Là, c’est vraiment la grande classe, avec un toucher de velours d’un soyeux extraordinaire. Encore jeune bien que dominé par une aromatique tertiaire sur la vanille, les notes fauves et de torréfaction, la mûre confiturée. Ce vin est le mélange d’un vin très mûr et évolué, suave et charnu, mais avec une fougue qui pourrait le faire penser éternel. On ne l’imagine pas vieillir bien qu’il ait tous les atours d’un vin à sa pleine apogée. L’équilibre est absolument parfait avec une grande qualité des tanins et une finesse de grains remarquable. C’est un vin qui incarne, lui, la promesse macroniste du « en même temps » : structuré et en même temps fin, charnu et en même temps élégant, évolué et en même temps jeune, décadent et en même temps fougueux…
Commentaire général: Magnifique! C’est un superbe Bordeaux, bu précisément au bon moment. C’est exactement comme ça que j’aime ces vins. Le plaisir est très grand, et c’est désormais le plus grand Bordeaux 1997 que j’ai bu, surpassant Léoville Las Cases, même si la comparaison n’a pas bien de sens: Las Cases était encore un tout jeune bébé, là où ce Roc est à l’âge de la pleine conscience!
Noté 18/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/11/roc-de-cambes-1997.html
- 6 novembre 2019 à 20h22
- in reply to: Domaine La Grange de l’Oncle Charles
Comme je disais, cette photo correspond au dernier verre, au fond de bouteille et le vin était alors plein de suspensions.
Mais sur les autres verres, la robe était au contraire très séduisante.
- 6 novembre 2019 à 20h19
- in reply to: Domaine La Grange de l’Oncle Charles
Effectivement, on n’a pas du boire les mêmes!
Les oranges sont souvent mous. La macération et les tanins enlèvent le côté vif et tranchant du blanc en pressurage direct. Sur une macération de roussanne ou de marsanne, c’est pour moi flagrant (je n’ai encore jamais bu une seule macération sur ces cépages que j’ai aimée).
Sur les cépages alsaciens, au contraire, je trouve que cela les bonifie considérablement car ces vins sont souvent trop vifs pour moi. Là, ils s’arrondissent, l’acidité est moins vive.
Après c’est peut-être un problème de vocabulaire. Pour moi un rouge, du fait des tanins justement, est toujours plus rond qu’un blanc en pressurage direct. J’apprécie beaucoup les oranges parce que justement ils s’assouplissent. En revanche j’ai jamais trouvé qu’un orange était dur. Mou, oui, quand il perd sa vivacité mais ne gagne rien aromatiquement, ça devient un truc fadasse sans intérêt.
- 6 novembre 2019 à 4h47
- in reply to: Domaine La Grange de l’Oncle Charles
CR: La Grange de l’Oncle Charles – Orange 2018
La robe est orange, très marquée par la macération. Le fond de bouteille présente même une robe foncée, presque brune (la photo ci-dessus est celle du dernier verre), très trouble, épaisse (il y a de la matière dedans!).
Le nez présente beaucoup de volatile à l’ouverture. Après aération, le nez est superbe, extrêmement parfumé, voire exubérant. On y trouve les fruits exotiques (mangue et fruit de la passion), le litchi, le pamplemousse, la bergamote et la rose. Le fond de bouteille dévoile des notes de cannelle, d’abricot, de compote de pommes et de cire d’abeille. Très complexe, très beau, je passe de très longues minutes le nez au-dessus de ce dernier verre.
La bouche est fraîche et désaltérante avec la rondeur et la souplesse des blancs de macération. La volatile est présente là encore et, associée à la gamme aromatique très expressive du Gewurz, apporte une belle tension au vin. Ce n’est pas un orange « mou ». C’est un vin qui garde de la vivacité. On y retrouve là toute la complexité aromatique perçue au nez, et je me délecte à y trouver tout ce que j’aime dans ce cépage. Décidément, la macération révèle le Gewurz, comme elle le fait avec le pinot gris, lui donnant une dimension aromatique que je n’ai jamais retrouvée en pressurage direct. La finale est très longue nous laissant ce mélange explosif d’arômes en bouche. Un pur délice.
Commentaire général: Excellent! C’est pour moi un coup de coeur, l’un des meilleurs Gewurz de macération que j’ai pu boire. C’est un vin qui présente pas mal de parenté avec le Zibibbo Bianco de Bini, et vu comme je raffole absolument de ce dernier, c’est dire si cette bouteille m’a régalé, constituant une grosse découverte.
Noté : 16/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/11/la-grange-de-loncle-charles-orange-2018.html
- 15 octobre 2019 à 19h01
- in reply to: Domaine Laurent Bannwarth et Fils
Je ne savais pas qu’il y avait 2 versions de ce pinot noir.
Je ne sais pas du coup, je n’ai plus la bouteille, mais je n’ai pas souvenir qu’il y avait écrit quelque chose de relatif à ça sur la contre-étiquette.
Après, d’un point de vue purement dégustatif, je serai parti sur un vin naturel.
- 12 octobre 2019 à 3h12
- in reply to: Domaine Laurent Bannwarth et Fils
CR: Laurent Bannwarth, Pinot noir 2017
La robe est rubis profonde, sombre, aux reflets dans le ton.
Le nez est marqué au départ par la volatile, avec une petite note de vernis. Cela ne me gêne pas ici, car c’est pas enivrant, et ça apporte une impression générale de fraîcheur, avec des nuances qui flirtent avec le fruit de le passion. Avec l’aération (et peut-être aussi en s’adaptant à ces notes), apparaissent alors des notes plaisantes, subtiles et délicates, de cerise, de framboise et d’épices. Joli nez, bien que discret, un peu caché derrière la volatile.
L’attaque en bouche est fraîche et assez vive sur les notes de petits fruits rouges et d’épices du nez, ici nettement plus droits et précis qu’au nez. En bouche il y a une belle pureté des arômes primaires de fruits, avec ce petit côté biscuit que je retrouve souvent dans les vinifications naturelles et que j’aime beaucoup car il assouplit et arrondit les vins qui auraient la tendance à être trop tranchants. C’est bien fait. J’opine du chef, et je pourrai conclure que c’est de la belle ouvrage. Et puis une fois la gorgée avalée, en arrière bouche, émerge un registre aromatique nouveau qui donne une profondeur inattendue à ce « petit » pinot. Celui-ci se charge alors de notes de dattes, de miel, et de fleurs tubéreuses (géranium). Là, ça devient franchement très bon.
Commentaire général: Très bon. Je précise que j’ai peu de pinots noirs alsaciens en cave car mes goûts ne me portent pas trop sur ces vins souvent trop vifs et trop acides. Il m’a fallu attendre la découverte des vins de Bruno Schueller pour reconsidérer mon jugement. Celui-ci me confirme que ces vins peuvent être parfaitement à mon goût. C’est tout simplement très bon.
Noté 15/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/10/laurent-bannwarth-pinot-noir-2017.html
- 7 octobre 2019 à 21h49
- in reply to: Château Pipeau, Saint Emilion Grand Cru
CR: Château Pipeau 1989 – Saint-Emilion Grand Cru
La robe est grenat sombre, évoluée, avec des reflets café dans le disque.
Le nez a basculé dans le tertiaire, sur un registre aromatique très mûr: confiture de mûre, cuir, boîte à cigares, café. On sent encore la présence du bois. C’est un nez chaud, mais pas puissant ni intense. Pas mal du tout.
La bouche est agréable et présente une étonnante acidité, à laquelle on ne s’attendait pas compte tenu du nez. C’est finalement plutôt fin, et si on retrouve des notes aromatiques de fruits noirs très mûrs, voire confiturés, la bouche reste légère, avec une finale assez fraîche ponctuée d’une petite note végétale. Il n’y a aucune trace d’oxydation, mais c’est probablement en cours de « dilution ». Il a du être meilleur il y a 10 ans. Mais il reste quand même encore vibrant et nous a procuré plus de plaisir qu’attendu.
Commentaire général: C’est bon! Sans être renversant, c’est une agréable surprise et ce vin est meilleur que d’autres 89 au pedigree théoriquement supérieur et qui m’ont déçu ces derniers temps. Ca me réconcilie un peu avec ce cru.
Noté 14/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/10/chateau-pipeau-1989.html
- 6 octobre 2019 à 6h07
- in reply to: Jean Raphet
CR: Jean Raphet – Chambolle-Musigny 1998
La robe est rubis, plutôt claire, et nettement tuilée dans le disque.
Directement après l’ouverture, je me sers un fond de verre. Je distingue alors de légères notes d’oxydation au nez (fruits sûr-muris, viandox), et l’alcool. Un nez pas séduisant du tout. Je trempe les lèvres, et ma mauvaise impression est confirmée: un peu de cerise à l’alcool, mais surtout de l’astringence, des tanins râpeux et un goût d’alcool en finale. Je mets de côté et pars chercher la deuxième bouteille à la cave.
Environ 2 heures après, je retente le coup.
Et là, le vin n’a plus rien à voir. Le nez a changé et s’est ouvert. J’y trouve le kirsch, les épices, de petites notes animale, du cuir et le pétale de rose séché. Fin et agréable.
En bouche, c’est là aussi la métamorphose. La bouche est plaisante, raffinée, dans un registre évolué. Aromatiquement, le vin est très épicé, avec un note constante sur le noyau de cerise. La finale est encore un poil austère, sur le kirsch et des tanins un peu sévères, mais ça passe nickel avec la volaille.
Commentaire général: Très bon. J’aurai pas misé un kopeck à l’ouverture sur ce vin, mais l’aération l’a totalement révélé. Comme quoi, faut toujours insister, le miracle est toujours possible.
Noté 14,5/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/10/deux-cotes-de-nuit-1998.html
- 27 septembre 2019 à 18h35
- in reply to: La Ferme des 7 Lunes
CR: La ferme des 7 lunes – Glou – 2015, 2016 et 2018

Glou 2015:
La robe est très légère, rubis aux reflets évolués de vieux rose.
Au nez, pas mal de réduction à l’ouverture… C’était le plus vieux des trois, est-ce que ça a un lien?… Après aération, des petits fruits rouges très frais, des notes de poivre et de pivoine. Le fond de bouteille était sur les petits fruits rouges et pas mal d’épices (le poivre dominant toujours).
En bouche, la matière est perlante, légère, aérienne, sur des notes de petits fruits rouges poivrés. De la gourmandise, beaucoup de fraîcheur, mais des amers un peu écœurants en finale, malgré un faible volume de bouche.
[u]
Commentaire général[/u]: Bon. Des choses intéressantes malgré des « défauts » certains. Plaira aux amateurs de canons natures mais les critiques ne manqueront pas chez ceux qui ne sont pas convaincus…Noté 13,5/20
Glou 2016:
Robe rubis assez claire, aux nuances magenta. C’est une robe classique de vin jeune, qu’on situerait en Rhône nord. On ne retrouve pas la robe légère et les nuances de vieux rose du 2015.
Le nez est à l’image de la robe: classique d’un jeune vin sur un registre primaire. Aucune réduction pour le coup, et pas du tout typé nature. Sur les petits fruits rouges et une pointe épicée, mais assez quelconque et sans complexité ni charme.
La bouche est dans la continuité: on reste dans du très classique de petit vin de soif ou de pic-nique. La matière est moins ronde, le vin plus vif, sur la groseille et la framboise avec des notes d’épices.
Commentaire général: Pas fan. 2015 était très typé nature, avec les qualités et les faiblesses qui vont avec. Celui-ci a certes perdu tous ses défauts œnologiques, mais il est devenu plat, sans relief. Ca pourrait être n’importe quoi finalement, tant les arômes primaires demeurent. Pas mauvais, mais sans intérêt à mon humble avis.
Noté 13/20
Glou 2018:
La robe est de couleur lie de vin très claire, vieux rose, aux reflets rubis, nettement plus proche de celle du 2015 que de celle du 2016.
Beau nez, assez typé nature, sur les petits fruits rouges (framboise sauvage et cerise) et le poivre. L’aération révèle des notes de violette. Charmeur, ça fait assez carbo (mais je n’ai pas trouvé l’info pour savoir si c’est le cas).
En bouche, la matière est légère, fine et aérienne, sur la framboise et la fraise sauvages, et le poivre. Le vin est rond, souple, extrêmement gourmand. Belle fraîcheur en finale, avec des notes florales très plaisantes. De loin le plus équilibré et séduisant des 3.
[u]
Commentaire général[/u]: Très bon. Un très joli canon, qui se boit sans soif.[size=3][i]Noté 14,5/20
[/i][/size]https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/glou-glou-et-encore-glou.html
- 26 septembre 2019 à 17h42
- in reply to: Domaine de la Tallebarde / Séléné – (Sylvère Trichard) – Beaujolais
Tu as peut-être raison, la matière ne va pas gagner en ampleur et suavité.
Mais la petite amertume alcooleuse sur la finale pourrait se dissiper. J’en fais régulièrement le constat.
Mais ça ne sera jamais un grand vin.- 26 septembre 2019 à 4h39
- in reply to: Tetramythos Wines
CR: Domaine Tetramythos – Retsina Amphore Natur 2018
La robe est jaune paille, aux reflets verts.
Au nez, le résiné est vraiment très discret, encore plus que sur le 2016. De manière générale, c’est un nez nettement moins séducteur et aromatique. Le résiné est un peu présent donc, mais pas d’agrumes ni ce léger fumé, très agréable. A la place une petite odeur de moisissure et de carton mouillé. C’est discret là aussi, je ne partirai pas forcément sur un défaut, mais est-ce qu’il s’agit néanmoins de TCA?
En bouche, le vin est tout de même assez plaisant. On retrouve une bouche vive, élancée et tendue, mais un peu plus molle néanmoins que le 2016. Le résiné est à peine perceptible (il faut savoir que c’est un retsina pour le coup!). Un peu d’agrumes font leur apparition ici. Le vin affiche un profil plus vineux que le 2016 avec encore un petit goût de papier mâché en finale. Petit défaut de bouteille? Je ne sais pas, mais comme j’en ai commandé plusieurs bouteilles, j’aurai ma réponse.
Commentaire général: Pas mal. C’est pas mauvais, loin de là (et autour de la table il y en a pour apprécier), mais c’est pas du tout au niveau du 2016. Petit défaut sur cette bouteille ou millésime moins flatteur?…
[i]Noté 13/20[/i]
https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/domaine-tetramythos-retsina-amphore.html
- 26 septembre 2019 à 4h10
- in reply to: Domaine de la Tallebarde / Séléné – (Sylvère Trichard) – Beaujolais
CR: Domaine Séléné (Sylvère Trichard) – Gisous 2018
Je ne connaissais jusque là de Sylvère Trichard que le Beaujolais Nouveau. Un canon de soif qui relève de la gourmandise et, qui, depuis 2 ans, accompagne systématiquement ma soirée du 3ème jeudi de novembre…
Il était temps de passer aux choses sérieuses, en découvrant ce que ce jeune vigneron pouvait faire avec ses plus vieilles vignes.La robe est pourpre, profonde et intense pour un gamay du Beaujolais. Il y a du vin là!
Le nez est assez classique, sur les petits fruits rouges et les épices. Pas du tout typé nature, contrairement à ce à quoi je m’attendais. Ca sent précisément la confiture de framboise épicée.
En bouche le vin est souple, ample, rond, mais sans profondeur (il semble s’évanouir rapidement) et pas très aromatique. On sent un éventuel potentiel mais la matière n’est pas très riche. Le vin m’apparaît fermé et, en l’état, manque de charme. La finale est un peu amère, avec un petit goût d’alcool pas top…
Commentaire général: Déception. Compte tenu du fait que c’est sensé être la plus grosse cuvée du domaine, je reste sur ma faim. Pour tout dire, je préfère largement le primeur! Ca m’ennuie, j’avais tellement envie d’aimer ce vin… A sa décharge, il est peut-être bu trop tôt et un peu de cave lui permettrait sans aucun doute de mieux s’exprimer. Mais la matière ne me donne pas l’impression qu’il y a un gros vin derrière. A regoûter néanmoins dans un autre millésime.
Noté 12,5/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/domaine-selene-sylvere-trichard-gisous.html
- 26 septembre 2019 à 3h41
- in reply to: Autriche – les vins rouges
CR: Judith Beck – Beck Ink 2018
Belle robe violacée, très jeune, aux reflets magenta. J’ai pas trop l’habitude, en fait, de boire des vins s’habillant de la sorte.
Le nez est beau, dans un registre primaire de petits fruits rouges, de griotte, de poivre et richement épicé (girofle, cannelle, gingembre). Pas de grande complexité ni de grande profondeur, c’est un nez jeune sur un beau fruit. Plaisant.
En bouche, je dois le dire (et je m’y attendais), c’est pas du tout mon style, mais dans le genre, c’est vraiment très sympa. On a affaire à un vin sur les petits fruits rouges avec un ressenti vif, élancé et hyper tendu. L’acidité est très élevée. La matière est croquante, sur des notes acidulées. Je n’y tiens pas trop d’habitude, mais là, ça ressemble pas à un tord boyau. Ce côté acidulé et vif n’est pas agressif au palais et le vin se fond quand même bien dans le gosier. Vraiment sympa. Le vin finit sur les notes épicées du nez, et une belle fraîcheur. Je me ressers volontiers.
Commentaire général: Très réussi. Alors que ce n’est pas du tout mon style à la base. Bien meilleur que le « Blaufränkisch » de Pittnaueur, qui m’avait laissé sur une mauvaise impression quant aux vins autrichiens. Je recommande aux amateurs du style de vins croquants sur un registre primaire.
[size=3][i]
Noté 14/20[/i][/size]https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/judith-beck-beck-ink.html
- 26 septembre 2019 à 2h39
- in reply to: Château Gruaud Larose, Saint-Julien
[quote= »GAET » post=1079055]Merci à tous,
Au vu de vos commentaires, j’attendrais donc encore quelques années avant d’ouvrir mes 2 bouteilles de Gruaud-Larose 1988.
Bonne soirée
Gaëtan[/quote]Je ne dirai pas que le vin était fermé. Aromatiquement il était assez expressif, mais il était un peu sévère et strict en bouche. Il n’y avait pas le soyeux et l’ampleur que j’aime dans ces grands crus à maturité.
J’ai eu bu des 75 fermés pour le coup. Mais il y avait cette matière stricte, ces tannins asséchants ET un certain mutisme aromatique. C’est ça qui me fait dire que ces vins étaient fermés. Mais il est peut-être erroné de ma part de considérer comme fermé un vin qui est muet aromatiquement ou qui semble ne pas se livrer complètement. Un vin fermé peut-il être expressif?
En résumé, je ne pense pas que ce Gruaud Larose donnera davantage d’un point de vue aromatique. Et à ce niveau, il est actuellement très bon (d’où quand même ma note générale). Mais il est un peu sec et je ne sais pas si il pourra s’arrondir, gagner en longueur, avec plus de temps.En tout cas, malgré mon expérience limitée, 88 me semble un millésime très caractéristique. Un des rares millésimes que je pourrai peut-être trouver à l’aveugle.
- 25 septembre 2019 à 1h34
- in reply to: Château Gruaud Larose, Saint-Julien
J’ai du Gruaud Larose 75 en cave mais on m’a toujours dit que ce vin n’était pas ouvert et qu’il fallait encore attendre…
75 me semble quand même globalement moins réussi que 1988. De mon expérience, il y a beaucoup de 88 réussi (je précise que les notes végétales ne me dérangent aucunement, donnant un caractère un peu ligérien à ces vins qui ne me déplaît pas) et beaucoup de 75 très asséchants (une de mes plus grosse déception est Margaux 75). Alors il n’y a aucune généralité (Las Cases, BAMA, ou même Poujeaux 75 m’ont fait forte impression), mais j’aime bien 88, millésime avec lequel j’ai une meilleure expérience, récemment, que 89. Mais c’est une question de goût très personnel, j’aime que les vins gardent une certaine tension, alors que beaucoup de 89 sont en train de se ramollir.
Pour en revenir à ce Gruaud Larose, c’est quand même bien bon, mais comme j’aime bien ce millésime, j’en attendais un peu plus. Il n’y a pas une belle matière derrière, comme sur Pichon Baron du même millésime, et c’est ça qui me fait hésiter dans la pertinence de garder encore ce vin.
Mis tout ça est basé sur une expérience assez réduite par rapport à nombre de gens qui interviennent ici. Donc en vrai, j’en sais rien.
- 24 septembre 2019 à 12h46
- in reply to: Domaine des Roches, Chinon
On m’a dit beaucoup de bien de ceux de la fin des années 80 – début des années 90 (chez Joguet), mais je pensais que c’était plus la même maintenant. Je testerai.
Mais pour en revenir à Lenoir, ils produisent toujours du vin?
- 24 septembre 2019 à 2h46
- in reply to: Château Gruaud Larose, Saint-Julien
CR: Château Gruaud Larose, Saint-Julien – 1988
La robe est grenat sombre, encore jeune, à peine évoluée dans le disque.
Très beau nez classique pour un grand Bordeaux de 30 ans: cèdre, cuir, sous-bois, mais réhaussé de notes végétales, un peu vertes, sur le poivron, qui donne une impression de fraîcheur à ce nez. D’autant qu’une touche balsamique fait son apparition à l’aération. Il y a vraiment là un effet millésime je pense, tant cette touche végétale est fréquente dans les bordeaux du millésime. Cela dit, cette tension permet au vin de garder une acidité salvatrice pour tenir la longueur, contrairement à nombre de 89 dégustés récemment.
En bouche le vin affiche encore une belle matière, mais qui manque d’un peu de douceur et de soyeux. Disons une matière un poil austère, d’autant que le vin se serre légèrement en finale. Aromatiquement, on est sur le cassis, cette fraîcheur balsamique, le poivron et une touche fumée en finale.
Commentaire général: Très bon, mais un peu strict. Il pourrait peut-être s’ouvrir davantage, mais je ne sais pas néanmoins si il est bon de l’attendre encore…
Noté 16/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/chateau-gruaud-larose-1988.html
- 24 septembre 2019 à 2h25
- in reply to: Domaine des Roches, Chinon
CR: Domaine Lenoir – Chinon les Roches, 2008
La robe est sombre, d’un beau grenat bordeaux sans traces d’évolution.
Le premier nez est puissant, sur les petits fruits noirs compotés (mûre et cassis). A l’aération apparaît assez rapidement le poivron rouge. Puis le nez va petit à petit se complexifier de notes fauves (fourrure), de réglisse, de terre et d’herbes séchées. Superbe et très évolutif dans le verre, tantôt sur la terre et le végétal, tantôt sur le fruit.
En bouche le vin s’offre dans une matière charnue et mûre, mais sans surextraction ni surmaturité. C’est fin et précis bien qu’encore trop jeune, avec des tanins croquants, un poil fermes et austères en dégustation pure, mais superbes sur la pièce de bœuf que j’ai grillée pour l’occasion. Les fruit sont ici plus rouges qu’au nez (coulis de fraises), et le vin garde une belle fraîcheur avec une certaine tension malgré la richesse de la matière (ce trait végétal). En gros, il lui manque 5 ans de cave!… La finale est fraîche et salivante et s’y mêlent d’étonnantes notes de melon et de poire.
Commentaire général: Magnifique! Bien qu’encore un poil trop jeune à mon goût, mais beaucoup je pense l’apprécierai en l’état. Et puis quel rapport qualité/prix ahurissant! C’est un vin que j’ai du payer autour de 15 euros à l’époque. Un tel prix pour un vin qui a tout d’un grand vin…. c’était trop beau pour durer. C’est le premier vin qui m’a intéressé à la Loire, et quelques années après, la magie opère toujours… A défaut de retrouver des vins de Lenoir, est-ce qu’il existe aujourd’hui un équivalent?!? Merci de vos commentaires!!!
Noté 17/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/chinon-les-roches-2008.html
- 6 septembre 2019 à 16h44
- in reply to: Bouchard Père et Fils
La robe est magnifique, je dois le reconnaître. Vieil or intense et profond aux très légères nuances ambrées. C’est très beau, certes, mais sûrement oxydé…
Le nez est magnifique, je dois le reconnaître. Pas la moindre trace d’oxydation, c’est riche et profond sur le miel, la cire, le beurre frais, la vanille et la noisette grillée. Manque que la truffe pour en faire un nez parfait, mais c’est la classe, indiscutablement. La richesse du nez me fait craindre une bouche trop riche, trop grasse et mollassonne.
La bouche est magnifique, je dois le reconnaître. Certes, c’est une bouche massive, offrant une matière riche et dense, avec du gras, mais le vin garde la petite tension suffisante pour le laisser du bon côté de la force. Et puis cette richesse s’accompagne d’un toucher de bouche soyeux absolument remarquable. On retrouve le beurre, la vanille sur l’attaque puis les arômes s’intensifient en bouche sur l’abricot sec et le miel. Longue finale miellée sur la mirabelle. C’est grand.
Commentaire général: Grand vin. Bon ok, quand c’est bon, c’est bon. Vraiment bon même. Ce vin me réconcilie avec la Bourgogne. La bouteille finie je fais l’inventaire de ce que j’ai en cave et je trouve soudainement que j’en ai quand même vraiment plus beaucoup. Faut que je refasse des stocks. Oui, je sais, je suis un cyclothymique du vin: une bonne bouteille et c’est reparti, j’oublie mes déceptions passées!
Noté 17/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/09/bouchard-pere-et-fils-meursault.html