Stalker

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    [quote= »Luc Javaux post=1221853 userid=967″]

    quand j’achète du vin, j’achète pas du vin parce que nature ou biodyn, ou bio… Je m’en fous à vrai dire: j’ai pas une approche hygiénique du vin, mais épicurienne. 

    bien sûr pas de levurage, ce qui est pour moi le critère numéro un de choix d’un vin

    C’est tout de même une très belle manière de dire tout et son contraire, non ?
    Si on se fout du process et qu’on a une approche épicurienne, jamais, au grand jamais, le critère numéro un de choix d’un vin ne peut être la question du levurage.

    Luc
     [/quote]
    Comme les fromages au lait cru et les fromages au lait pasteurisé…
    C’est pas parce qu’on veut un vin en levures indigènes qu’on n’a pas une approche épicurienne du vin. On a plus une approche épicurienne en mangeant un salers tradition qu’un chaussée aux moines à mon sens.
    L’approche épicurienne pour moi, c’est aussi la recherche de la diversité des expressions du vin. C’est pour cela que je n’ai presque jamais une bouteille en plusieurs exemplaires dans ma cave, je bois tout le temps des choses différentes. Et les levures exogènes uniformisent les vins.

    Et vous avez compris que je ne me fous pas complètement du process (tout ce que je consomme est bio ou assimilé), il y a un minimum. Après qu’il y ait 0, 30 ou 80 mg de souffre, franchement, ça m’importe peu.

    Stalker
    Participant

    [quote= »mgtusi post=1221843 userid=2205″]Dans mon idée, l’archétype des vins nature, ce sont ceux de Patrick Bouju.
    Stalker, bois tu ce genre de vins ?

     [/quote]
    Bonjour Michel.

    Oui, j’ai eu bu et apprécié les vins de Patrick Bouju, particulièrement la cuvée en rouge La Bohème et, dans une moindre mesure, les cuvées Cailloux et Lulu. La cuvée en blanc The Blanc est également réussie.
    Ce sont des vins qui sont souvent bus trop tôt, ils sont à boire après quelques années (bu un 2012 de la bohème récemment vraiment très très bon).

    Depuis quelques années, je ne trouve plus ces cuvées que j’achetais à très bon prix en salon: la dernière bohème que j’ai bue c’est 2015 et le dernier Cailloux 2017.  Bouju s’est mis à faire beaucoup de cuvées de négoce qui ne sont pas du tout au niveau et que je trouve peu séduisante (Môl, toutes les cuvées avec des lettres sur l’étiquette,…). Bu récemment en salon un rosé sympa, mais bon pas de quoi casser 3 pattes à un canard…. Je n’ai jamais aimé ses petnats, pas le genre de vin que j’aime. Bref, je ne bois plus du Bouju puisque je n’ai pris aucun plaisir avec toutes ces dernières cuvées. La dernière fois que je l’ai croisé en salon, je lui ai pris… 2 bouteilles de gentiane!

     

    Stalker
    Participant

    CR: Domaine de Rapatel, Cuvée Arthur 2009

    Robe sombre et profonde plus typée syrah que grenache, encore jeune avec des reflets tuilés dans le disque.
    A l’ouverture le nez envoie du lourd, sur l’olive noirs, les fruits confits, et l’alcool… Je me sers un fond de verre: pas mal, esprit gros côtes du rhône sudiste, puissant, avec de l’alcool et un côté légèrement oxydé. Pas hyper sexy cela dit, je me dis que c’est peut-être ouvert trop tôt et je mets la bouteille de côté pour plus tard, bien m’en a pris d’ouvrir le vin en tout début de soirée en même temps que la quille d’apéro…

    2 heures après, on passe à table et le vin est métamorphosé. L’alcool semble avoir laissé place au nez à un bouquet profond de fruits noirs, d’épices, et de garrigue. C’est très beau.
    En bouche, l’équilibre est remarquable, et la maturité du fruit n’empêche en rien le vin de garder de la fraîcheur, avec des notes herbacées assez marquées (thym, laurier), et un fond sur le cuir. Aucune lourdeur ici comme j’avais pu le craindre plus tôt, le vin s’est parfaitement mis en place. Effectivement on pense immédiatement à Reynaud, on est très proche d’un Vacqueyras des Tours et on y retrouve une même expression du grenache (le côté pot pourri, fraises à l’alcool), et à un prix considérablement plus raisonnable…

    J’ai beaucoup aimé. Mais à ouvrir impérativement à l’avance (comme pour Reynaud en fait…). Pour la prochaine, je tenterai même une ouverture encore bien plus anticipée, tant le vin n’a fait que s’améliorer au cours du repas et la dernière gorgée était la meilleure.

    Stalker
    Participant

    [quote= »Eric B post=1221764 userid=1810″]Je pense à des Domaines comme Tissot dans le Jura, Berlioz ou plus récemment Goury en Savoie… Des vins faits avec une volonté de s’approcher du « zéro intrant », mais sans jusqu’au boutisme. Ca donne des vins susceptibles de plaire même à des amateurs réfractaires aux vins natures, simplement parce que ce sont des vins faits pour être bons, avant d’être natures.

    J’ai regoûté toute la gamme de Gilles Berlioz la semaine dernière. Il n’y a rien qui puisse te faire dire que c’est nature dans le mauvais sens du terme. On est vraiment sur du zéro défaut. Chez Tissot, à part DD qui est dans un esprit glouglou gazeux, c’est pareil. Mais effectivement, ils essaient de faire avant tout bon sans jusqu’auboutisme. 

    J’ai tout de même l’impression que les échanges sont biaisés, car les uns ne parlent pas des mêmes vins que les autres. Je pense que la plupart des LPViens aimeraient les vins qu’apprécie Stalker. 

    Je pense que le seul truc où l’on peut diverger, c’est sur le « droit à l’erreur ».  Certains ne voient pas le problème qu’un vigneron puisse vendre une cuvée à défaut (« de toute façon, il y en a qui aimeront ça » – et c’est vrai, en plus) alors que d’autres considèrent qu’il n’est pas normal de la commercialiser et devrait être soit vendue au négoce ou partir à la vinaigrerie /distillerie. 

    Cela dit, force est de constater que les vins à défaut se raréfient;  Et à l’inverse, il y a de plus en plus de vins bio « pas nature » qui essaient de les imiter avec des carbos caricaturales, mis en bouteille précocément et bourrées de CO2. 

     [/quote]
    Merci Eric pour ce recentrage.

    Effectivement, pour moi, vin nature n’est pas égal à vin sans aucun souffre. Je ne me souviens plus, parce que ce formalisme m’intéresse assez peu (je ne bois jamais un label, mais du vin), mais j’avais en tête qu’un vin nature était considéré comme tel si il respectait une valeur limite de souffre tardif (30mg peut-être pour les rouges et 40 pour les blancs, de mémoire).
    Et que des vignerons jusqu’auboutistes tiennent absolument à rester à 0,0, ça ne me gêne pas. Si c’est pas bon, j’y reviendrai pas, peu importe qu’il y ait un peu de souffre ou pas du tout. Et qu’ils veulent se regrouper derrière un label quelconque, si ça leur fait plaisir qu’ils le fassent, mais ils ne s’accaparent pas ce faisant la notion de vin nature!
    De tels vignerons, en fait, je crois que j’en connais et que j’en bois très peu. Une fois, j’en ai rencontré un sur un salon, qui faisait du sauternes. Et le type crachait tellement avec tellement de haine sur tout le reste de la production de son appellation que je lui ai rien pris, me disant qu’il me paraissait difficile de faire un bon vin contenant autant de bile. 

    Je ne considère pas que le vin nature ce soit 0 souffre, des macérations carbo, du gaz, etc… Le vin nature c’est: aucun produit phytosanitaire de synthèse à la vigne (on pourrait résumer par des raisins bio), aucun intrant autre que de faibles doses de souffre tardives (acides, enzymes, correcteurs de toute sorte, et bien sûr pas de levurage, ce qui est pour moi le critère numéro un de choix d’un vin), pas de procédés techniques de correction en vinification. Et de manière toute personnelle (mais c’est une question de goût), je rajouterai aussi pas de bois neuf: à quoi bon vouloir faire un vin « non maquillé » pour l’aromatiser derrière…
    Selon ces critères, il y a beaucoup de vins qui cochent les cases.

    J’appelle ça du vin nature, les gens chez qui j’achète ou commande mon vin appellent ça du vin nature….
    Et quand j’achète du vin, j’achète pas du vin parce que nature ou biodyn, ou bio… Je m’en fous à vrai dire: j’ai pas une approche hygiénique du vin, mais épicurienne. Il se trouve que les vins que j’aime appartiennent à ces catégories (quoique bio, très peu en fait, voire pas du tout quand je feuillette mon livre de cave).
    J’achète du vin d’un bonhomme particulier (paysan ou artisan comme vous préférez), qui travaille bien et dont j’aime la « patte », ou le style. Pour moi, il y a un nom et quelqu’un derrière chaque vin que je bois (comme derrière chaque chose que je mange): je ne bois pas ou très peu des châteaux derrière lesquels le travail reste pour moi assez abstrait. Et il se trouve que très souvent, ce quelqu’un, avec son nom, fait du vin nature (qui coche les critères énoncés au-dessus). C’est plus un constat qu’un choix en fait, même si ce constat oriente nécessairement mes choix: ça s’appelle apprendre de son expérience. Et du coup, c’est ce type de vin que je bois et que je veux faire. Pas d’idéologie là-dedans. Alors je me trompe peut-être, mais les détracteurs des vins naturels que j’ai écoutés, avec lesquels j’ai échangé, l’étaient par idéologie essentiellement, ou parce qu’un jour ils avaient bu du bacot allongé au komboucha… si on compte les trucs pas bon dans les vins nature, faisons le aussi avec les autres vins aussi (en comptant du coup tous les vins des étals de supermarché!). Pas sûr que le vin naturel s’en sorte moins bien, je pense qu’il s’en sortirait mieux.

    Quant à la tendance que tu évoques à la fin (des vins bio qui copient des mauvais vins nature), je ne connais pas du tout et c’est plutôt drôle de ridicule je trouve. Les afficionados des vins nature diront que c’est la preuve que le capital ne parvient pas à récupérer ce modèle sans le dénaturer… De mon côté, je ne m’inquiète pas sur le fait que je ne croiserai jamais ces bouteilles et qu’elles ne rejoindront pas ma cave…

     

    Stalker
    Participant

    (je ne savais même pas que c’était nature)

    Tu bois peut-être beaucoup plus de nature que tu ne crois alors… Peut-être tu confonds nature et macérations carboniques douteuses….

    PS: Richaud, c’est un exemple, parce que j’avais ça dans le verre. Mais si tu connais un CDR sudiste pas cher avec une telle texture de bouche et un tel équilibre entre la puissance contenue et la rondeur quasi sensuelle du vin, je suis preneur du tuyau!

    Stalker
    Participant

    Donc exemple: je suis en train de boire un Estrambords 2011 de Richaud.
    30 mois d’élevage. Et je peux t’assurer que ça goûte pas la banane….

    Stalker
    Participant

     
    4/ Personnellement, ce que je reproche aux vins natures, c’est l’uniformisation de leur goût qui nivelle le cépage, le terroir (d’ailleurs, bien souvent il n’y en a pas) de par la vinification en macération carbonique ; même quand c’est sans défaut, ça reste des vins de fruit sans la complexité qu’un élevage travaillé peut apporter.

    Je peux être plus ou moins d’accord sur tes 3 premiers points (je trouve cela dit l’analogie avec le fromage acceptable, pour faire les 2, vin et fromage je vois le lien, et le sulfitage précoce est l’équivalent d’une pasteurisation du lait pour moi) mais pas du tout sur le dernier. Vin nature ne veut pas du tout dire macération carbonique (je n’aime pas ça, et je suis d’accord que ça uniformise les vins), ni vins de fruits sans élevage. Il me semble que c’est une vision caricaturale du vin nature.

    Ca ramène à ton 3ème point: de quels vins on parle?

    Stalker
    Participant

    [quote= »Eric B post=1221712 userid=1810″]Pour avoir bu un certain nombre de bouteilles avec Stalker, je peux certifier qu’il boit des vins nature de haut vol. 

    Par contre, contrairement à lui, les vins qui m’ont le plus ébloui ne sont pas nature. 

     [/quote]
    Ma remarque n’était pas tout à fait honnête. Je précise: les vins de moins de 10 ans qui m’ont le plus ébloui ces dernières années étaient des vins nature.

    Oui, parce que quand même, je peux pas réfuter l’émotion que j’ai eu sur certains vieux millésimes que j’ai bus…

    Stalker
    Participant

    Je ne vais pas t’encourager à réfréner ta curiosité, qui est une qualité.

    Pour les nouveaux vignerons, l’idéal est de goûter, et les salons permettent cela. Quand ce n’est pas le cas, le risque est limité à commander une seule bouteille (je n’achète le vin presque que à l’unité: j’ai beaucoup de bouteilles en cave mais peu de bouteille en plusieurs exemplaires, parce que je suis moi aussi curieux: il y a trop de choses à goûter, une vie n’y suffit pas, pour boire tout le temps la même chose!). Ensuite il y a de bons cavistes dont c’est le travail. J’ai la chance d’avoir un caviste physique (qui fait pas que du nature, mais presque) et je sais que je peux acheter les yeux fermés chez lui: ce sera peut-être pas à mon goût, mais ce sera jamais daubé (sauf bien sûr défaut de bouteille, qui peut arriver à tout le monde, nature ou pas). Mais comme j’habite à la campagne et que ce caviste est à plus de 60 km de chez moi, j’y vais pas tous les 4 matins. Donc il y a aussi de très bons cavistes en ligne dédiés en partie ou en totalité aux vins naturels. Les mecs goûtent avant de rentrer le vin, et ce sont pas des amateurs d’odeurs d’entre fesse: si c’est pas bon, ils prennent pas.

    J’ai jamais eu de souci de transport (les cavistes en ligne dont je parle font depuis quelques années de la livraison chronofresh dès que les températures montent). Les salons ont lieu en général en automne ou en hiver. Pour la conservation j’ai une cave qui monte jamais au-dessus de 13-14°C. Je ne connais pas ce souci, mais j’habite à 1000m, et pas dans le 64 (si j’en crois ton pseudo). Après, quand je lis les posts d’un type qui enchaîne les bouteilles défaillantes, j’ai plus envie de lui dire de se faire une cave fraîche (si c’est possible) que d’arrêter de boire des vins nature! Pour moi, quand je lis: « c’est la 3ème bouteille d’untel qui est daubée », et que je connais et ai apprécié ce vin, je crois que le problème ne vient pas du vin. Tout ça pour dire que si on peut pas garder correctement les vins naturels, effectivement, il ne faut pas en acheter.

    Quant aux lectures et à ce forum, je viens d’aller survoler les pages de quelques vignerons nature que j’affectionne et je n’y ai pas trouvé d’avis très divergents. Tu connais bien mieux ce forum que moi, qui ne suis pas très porté sur internet de manière générale, mais je pense qu’il doit être aussi possible d’identifier des contributeurs dont les goûts correspondent aux tiens. 

    Pour finir sur ta dernière remarque sur le fait que tu aies apprécié des vins au domaine et moins chez toi, cela m’arrive aussi. Il y a des phases dans le vin que j’essaie de comprendre, sans trop de succès pour le moment. Mais il m’arrive par exemple de me régaler avec des bouteilles l’été avec les copains. Je bois la même chose quelques mois plus tard (en hiver) et le vin n’est plus au même niveau, voire vraiment bof. Je le rebois le printemps ou l’été suivant, et il est de nouveau hyper séduisant. Mon expérience est plutôt que les vins nature sont moins bon l’hiver…
    J’essaie de comprendre: je regarde le temps écoulé depuis la mise, la saison où j’ouvre le vin, je regarde même la pression sur le baromètre que j’ai mis dans ma cave pour essayer de comprendre. Au final, pour faire un traitement statistique de ces données et en tirer une info. Mais je doute de pouvoir obtenir un quelconque résultat, les variables sont trop nombreuses… J’en viens à des principes appuyés sur aucun argument, juste sur de l’expérience, comme les dictons des anciens pour annoncer le temps de la saison à venir: « Vin d’intersaison, tu l’as dans le fion ». Les zététiciens vont apprécier.
    PS: c’est la même chose avec les vins non nature, ils se présentent pas toujours pareil. Je me suis régalé il y a 4 ans avec une cuvée Les Sens du Champ des Treilles. J’en ai ouvert une autre, même millésime (2009), il y a quelques semaines,  et c’était hyper décevant, totalement fermé. Va comprendre…
     

    Stalker
    Participant

    A Bibi.

    Oui, il faut de tout, et il m’arrive de manger du fromage au lait pasteurisé (pour moi, les vins conventionnels sont des vins au « raisin pasteurisé »). Le plaisir n’est pas le même cependant.

    Je respecte le goût des autres. Chacun boit ce qu’il veut. Mais en quoi ça vous ennuie qu’un type fasse un vin pas à votre goût?

    Tu dis avoir le sentiment de te faire arnaquer. Personne ne t’oblige à t’aventurer à acheter une quille d’un vigneron nature inconnu sans avoir goûté au préalable ou sans t’être fié aux commentaires d’un dégustateur ou d’un caviste. C’est aussi l’intérêt d’un tel forum ici, que de récolter des avis avant de partir sur tel vigneron ou tel millésime. Tu prends un risque. Des fois c’est payant (on fait de belles découvertes), et des fois on est déçu. Si tu y reviens malgré les déceptions, c’est bien que tu y trouves ton compte quelque part, sur les belles bouteilles que tu découvres non?

    Personnellement, je connais pas mal de vignerons nature, je fais (ou faisais) beaucoup de salons nature, j’en ai rencontré énormément, j’ai appris à faire du vin auprès de vignerons nature. Pas une seule fois, un vigneron m’a défendu un vin daubé en m’expliquant que c’était le terroir qui s’exprimait. Jamais (des cavistes et des vendeurs oui, mais jamais un vigneron). Certains m’ont expliqué les problèmes qu’ils avaient pu rencontrer lors de certaines vinifications (un chapeau qui tombe, une fermentation qui traîne, etc…) qui avaient donné tel ou tel marqueur non souhaité dans le vin. Et ils le regrettaient et apprenaient la leçon pour la fois suivante.

    L’idée que des vignerons qui s’engagent autant à faire du vin puissent faire des vins foireux, avec des goûts pourris, et qu’ils arnaquent les clients en expliquant que c’est normal parce que c’est la nature et le vrai goût du vin ne correspond à aucune réalité que j’ai pu voir. Même dans les derniers salons où les types amenaient des trucs dont ils étaient pas forcément hyper fiers, parce que c’était des tentatives de rattrapages ou autre, ils le disaient et expliquaient pourquoi et vendaient au rabais. Et certains ont même le talent pour transformer un truc raté en autre chose de très bon (souvenir récemment d’un sublime Vermouth issu d’un tel process).

    Tu dis que la proportion de vins naturels déviants est trop élevée. Là aussi, ça ne correspond pas à mon expérience. Je bois à 90% des vins naturels et je n’ai pas cette expérience. Parfois une légère souris, un peu de réduction, peut-être une volatile un peu trop élevée, ou un peu de gaz résiduel… mais rien de rédhibitoire pour moi. Quand j’ai découvert le vin naturel il y a près de 15 ans, en Auvergne, c’était une autre affaire, il y avait plein de trucs qui sentaient le clapier, l’oeuf pourri, qui piquaient, etc… Ce n’est plus le cas depuis bien longtemps. Et ce sont les mêmes types, mais ils se sont améliorés.
    Je suis allé voir dans mes cahiers de dégustation, et les 5 dernières bouteilles que j’ai balancées au vinaigrier c’étaient: un Burlenberg de Deiss, un Beaucastel, un rouge gorge de Bellivière, un Fixin de Charles Viénot, et un fronsac Château Villars…. Pas un seul vin nature.

    Peut-être que vous pouvez mieux acheter du vin naturel pour éviter les déconvenues?

     

    Stalker
    Participant

    Enzo,
    Je ne comprends juste pas l’animosité à l’égard des vignerons nature ou de leur vin. Si ce n’est par contre idéologie.
    En quoi c’est ennuyeux que ces types fassent le vin comme ils l’entendent?
    Et puis, en tant que passionné de vin, je me serai ennuyé si ils n’étaient pas venus bousculer ce que je pensais et croyais savoir.
    Quasi toutes mes grandes émotions avec du vin ces 10 dernières années, je les dois à des vins naturels. Cela compense très largement les ratés ici ou là, même si ils sont beaucoup moins nombreux aujourd’hui qu’il y a 10 ans justement, parce que les gars apprennent et s’améliorent.
    Je ne suis pas venu sur ce forum depuis des années. J’arrive, et je tombe sur ce post en tête du forum. Qu’on en soit encore là aujourd’hui me laisse simplement dubitatif…. du vin a coulé dans les verres il me semble…
    Amicalement.

    Stalker
    Participant

    Quand on a mangé toute sa vie du Babybel, du Saint-Morêt, et du Caprice des Dieux, le jour où on mange un Saint Nectaire fermier affiné 6 mois qui déborde de sa croûte, un Salers de 2 ans, ou un vieux Gaperon (pardonnez mon tropisme auvergnat), on comprend pas ce qu’il se passe. Ca pue, c’est dégueu.

    On peut s’arrêter là. Ou bien on peut cultiver sa curiosité et son goût. Et quand on a pris goût à des fromages de paysan au lait cru (qui sont les vins naturels du fromage, vous avez compris), on revient quand même assez difficilement aux Chaussée aux Moines.

    Autour de moi, je ne connais personne qui, après avoir découvert les vins naturels (et pour certains cela a pris plusieurs années avant d’être convaincus), ne soit revenus au Mouton Cadet. Tous ont intégrés, dans des proportions variables, mais très souvent largement majoritaire, ces vins dans leur consommation. Si ce n’est par idéologie anti-bobo, anti-gauchiste, anti-ecolo (et je peux partager et comprendre une très large partie de l’exaspération qu’il y a derrière, et même si je connais personnellement des vignerons nature très hostiles à ces idéologies), je ne vois aucune raison pertinente de continuer à attaquer les vins nature. Si vous n’aimez pas ces vins (ou plus souvent si vous n’aimez pas ceux qui font ces vins), alors n’en buvez pas. Ca ne représente aucune menace au monde du vin « bien fait » que vous chérissez.

    D’après ce que j’ai trouvé sur internet, les vins naturels représentent en France 3% de la production des vins, et 1% des vignerons. Pourquoi vous en faites un sujet, si ce n’est pour imposer aux autres une vision de ce qui est bon ou mauvais? Vous vous transformez an ayatollah du goût, sous prétexte de lutter contre les ayatollahs de la bouse de corne. Tout ça est puérile, et ridicule. 

    De manière objective, le bilan de ce que ces aventuriers du vin naturel ont apporté au monde du vin est excessivement positif. Ils ont amené beaucoup de gens qui n’étaient que des buveurs de bière à s’intéresser au vin (j’ai beaucoup d’exemple autour de moi). Tout amateur de vin doit être reconnaissant pour les horizons gustatifs qu’ils nous ont ouverts et l’évolution des pratiques qu’ils ont inspiré (tout le monde, jusqu’aux GCC, en ont tiré quelque chose), poussant qualitativement le vin vers le haut.

    Par ailleurs, en ces temps de colère paysanne, ils montrent un horizon, un modèle agricole fonctionnel et pertinent, qui pourrait faire école bien au-delà du vin.

    Stalker
    Participant

    Merci de vos retours.

    Je précise qu’il ne agit que des vins naturels. Je n’ai pas de précipitation tartrique sur mes autres bouteilles.

    Stalker
    Participant

    [quote= »Dom post=1221431 userid=1565″]Vinum un jus qui a « tourné »
     [/quote]

    Stalker
    Participant

    Très drôle.

    Ca m’a donné envie de découvrir Alessandro Viola!

    Stalker
    Participant

    Moi j’ai une question sur la température de cave.
    Ma cave est fraîche, elle ne dépasse jamais les 12-13°C. Mais l’hiver, quand ça descend en dessous de -10°C, elle peut tomber à 1 ou 2°C.

    Du coup, j’ai très souvent de la précipitation tartrique dans les bouteilles. J’ai lu partout que cela n’affectait pas le vin mais j’ai des doutes là-dessus. Il y a des quilles que je bois en été ou en automne, avec lesquelles je me régale. Puis quand je les ressors en décembre, pleine de cristaux de tarte, je les apprécie moins. J’ai l’impression que cela donne de l’amertume au vin.

    Est-ce que quelqu’un a déjà eu ce sentiment ou c’est juste une fausse impression de ma part?

    Stalker
    Participant

    PS: et quand ce qu’ils amènent est bon, c’est juste pour faire goûter au salon, mais c’est pas à vendre…
    Le fétichisme de la marchandise les a rattrapés, tout aussi anticapitalistes et décroissants qu’ils pouvaient se prétendre il y a 15 ans…

    Stalker
    Participant

    Dans le post d’Antonin, il me semble plutôt que la remarque de Sylvie concerne davantage les vins que les vignerons nature amènent en salon.

    Il y a en effet depuis quelques années, une tendance des vignerons dans les salons nature à apporter ce qu’ils ne peuvent pas vendre ailleurs, parce que daubé, parce que les cavistes n’en veulent pas, etc… Ils amènent ce qu’ils n ‘osent pas présenter ailleurs, en se disant que, plutôt que de jeter, ils arriveront toujours, en s’appuyant souvent sur leur réputation, à refiler quelques caisses à des jeunes alcoolisés….

    Il y a des salons où j’allais tous les ans: je pouvais y acheter les meilleures cuvées de certains grands vignerons nature à des prix modiques (ils vendaient au prix pro), ou découvrir de nouveaux vignerons qui amenaient ce qu’ils avaient de meilleur, par fierté de présenter ce qu’ils faisaient et pour se faire connaître.

    Mais la mode et la demande pour les vins nature sont devenues tellement fortes, que les gars n’ont plus de souci à vendre leur vin. Ils viennent maintenant en salon, en ayant ravaler leur fierté, nous proposer ce que personne ne veut.

    Sylvie Augereau semble donc vouloir que le salon redevienne qualitatif. Et c’est tout à fait louable. Le vin nature est quelque chose vers lequel il est respectable de tendre. En faire une doctrine et une idéologie, pourquoi pas, mais dans ce conditions on assume de parfois se planter, et dans ce cas-là, soit on recycle sa production (en la transformant en autre chose), soit on jette. Proposer des vins qu’on sait foireux à la vente est irrespectueux.

    Mais c’est aussi le boulot des « bons » cavistes d’assurer cette garantie. J’achète à 90% du vin dit nature (mais là aussi faut voir ce qu’on entend par là, le nature selon moi n’est pas fondamentalement une question de sulfitage), chez des cavistes (essentiellement en ligne), et ça fait des années que j’ai pas eu une bouteille foireuse. Pas plus que des bouteilles foireuses en conventionnel… Le débat n’est pas là. Le débat c’est pas les ratés, s’ils sont assumés. Le débat, c’est une pratique de plus en plus répandue qui est que certains vignerons nature ont désormais un nom à la mode, leur image n’affectera plus leur possibilité de vendre, et donc à l’occase, ils cherchent à écouler les ratés, sans respect pour le consommateur…

    Du coup, je fréquente plus les salons que je fréquentais parce que je sais que les gars sont essentiellement là pour écouler leurs daubes.

    Stalker
    Participant

    Autre exemple il y a 2 semaines, un bandol de sainte Anne 1998.

    J’ai bu cette bouteille en juin dernier et c’était un régal. Là, la bouteille avait un profil assez proche de celui du Montrose: beaucoup de bois, un manque de structure et de profondeur… clairement pas au niveau de celle bue avant l’été…

    Ca me rend réticent à ouvrir de belles quilles en ce moment…

    Stalker
    Participant

    Bonjour OIivier,

    Ton commentaire n’est pas très vieux, j’ai du mal à penser qu’on a bu la même bouteille… Je ne connais pas l’origine de la mienne, que j’ai achetée il y a quelques années chez un caviste qui propose parfois quelques millésimes « à maturité ». Je lui ai déjà pris des vieux BAMA, des Chasse spleen, des pichon, sans jamais tombé sur une bouteille douteuse.
    Là, le bouchon était impeccable, le nez à l’ouverture correspondait à ce qu’on est en droit d’en attendre (ma cave est fraîche, autour de 8-10°C en ce moment, donc les vins sont toujours un peu fermés par le froid quand je les ouvre), et je m’attendais à un vin digne de son rang. Clairement la bouteille n’était pas bouchonnée. Je dirai pas que le vin était fermé, je le dirai en bout de course.

    Après, je sais pas, mais en ce moment, il y a plein de choses que je goûte mal. J’ai pas mal de déception. Pendant la Toussaint, j’avais du monde à la maison, j’ai ouvert quelques bouteilles de canon nature qui m’avaient régalé cet été, et là, les vins étaient plats, si ce n’est pas bon (souvenir entre autres d’une bouteille de romorantin magnifique cet été, j’avais dû en boire 3 ou 4 avec toujours un grand plaisir, et là la bouteille présentait une réduction impossible, qui ne s’est jamais dissipée, et le vin a fini en sauce en cuisine…).

    En reprenant mes cahiers de dégustation des années passées, je me rends compte que, statistiquement, mes déceptions, mes bouteilles fermées, etc… c’est presque toujours entre octobre et décembre….

    Est-ce que c’est moi qui délire ou est-ce qu’il peut y avoir une explication à ce phénomène (variation de la pression, etc…)?….

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