Forum Replies Created
- Replies
-
- 14 janvier 2020 à 2h59
- in reply to: Maison Louis Jadot
CR: Louis Jadot – Chassagne Montrachet 1er Cru 2001

La robe est dorée, intense, aux reflets paille.
Le nez est très riche, puissant, sur le beurre, la brioche et le pain grillés, la noisette. L’aération prolongée révèle des notes vanillées et de champignons (girolles).
Le vin présente un gros volume en bouche, avec du gras qui tapisse le palais. C’est là aussi très riche, avec un élevage trop appuyé à mon goût. Heureusement une légère acidité en finale, associée à une toute petite oxydation qui apporte une délicieuse touche de noisette (que je recherchais justement dans ce vin), sauve le vin de la lourdeur. Mais ça se joue à pas grand chose. Là, ça bascule du bon côté. Pas de notes fruitées perçues, ni au nez, ni en bouche.
Commentaire général: Très bon. C’est sûr, c’est bon, mais un peu « too much » pour moi. Ca manque un peu de tension et ça pourrait rapidement m’écœurer. La petite note de noisette est ce qui fait tout l’intérêt de ce vin et qui permet une réussite de l’accord avec les huîtres pochées. Tout le monde était parti sur le Jura, mais je n’ai pas souvenir pour ma part d’avoir déjà rencontré un chardonnay aussi riche et beurré en France Comté.
Noté 15/20
Pour ma recette des huîtres pochées en gelée de verveine:
https://artdeboire.blogspot.com/2020/01/huitres-pochees-en-gelee-de-verveine.html- 14 janvier 2020 à 0h28
- in reply to: Vins nature(ls)
Désolé, je connais ni l’un ni l’autre, mais j’avais souvenir d’un champagne Leflaive et j’ai lu l’article en diagonale.
- 13 janvier 2020 à 22h24
- in reply to: Vins nature(ls)
Rassure moi, tu as compris l’humour quand même!…
Sinon pour en revenir à la citation de Leflaive à l’origine de cette digression humoristique, j’aurai un conseil à vous donner.
Comme je suis en train de m’installer en viticulture et de créer mon domaine, je visite et discute avec beaucoup de vignerons (tous dans la mouvance nature, je dois reconnaître). Et je peux en retenir une leçon: il y en a, il faut se contenter de boire leurs vins, il faut pas les écouter. Si tu commences à les lire ou à écouter leurs discours, tu vas forcément avoir un préjugé très négatif sur le vin… Quand on t’explique que de la merde dans une corne de vache enterrée sur un hectare de vignes ça change tout, les vins sont plus vibrants, et que la vigne te dit merci, alors c’est dur d’aborder sereinement ce que tu as dans le verre. Et encore, ça, ça passe. Mais quand on t’explique que le vin que tu produis est féministe et antiraciste… alors là, il faut vraiment te boucher les oreilles si tu veux pouvoir apprécier quelque chose dans le verre!
On en a beaucoup parlé ces derniers temps sur d’autres sujets: faut-il séparer l’homme de l’oeuvre? Et bien oui, et dans le vin c’est pareil.
Donc le discours des vignerons nature n’est pas un argument, à mes yeux, pour préjuger de la qualité de leur vin.Jamais goûté les vins de Leflaive, mais c’est pas parce qu’il dit n’importe quoi que ses vins ne sont pas bons!
- 13 janvier 2020 à 20h22
- in reply to: Vins nature(ls)
Ben ouais, faut ouvrir tes chakras un peu pour boire ces vins.
Désolé, mais c’est pas permis à tout le monde.Tu peux faire un stage ici si tu veux, tu seras plus en symbiose avec la nature:
https://www.arte.tv/fr/videos/092694-000-A/ecosex-pour-l-amour-de-la-planete/- 13 janvier 2020 à 19h24
- in reply to: Vins nature(ls)
Non mais le problème c’est peut-être vous du coup! C’est sûr que si tu envoies tes mauvaises humeurs, tes rancœurs et tes soucis dans le verre, ça va pas être bon.
Je te conseille désormais de ne boire tes Barral que les jours où tu es particulièrement en joie.
- 13 janvier 2020 à 19h14
- in reply to: Vins nature(ls)
A Jean-Luc:
« Quand vous devez jeter à l’évier deux millésimes de Jadis (1998 puis 2003 encore plus imbuvable) et à chaque fois les 6 bouteilles, »
Non mais là faut se poser des questions. Si tu jettes 12 bouteilles de vins, c’est qu’il a un souci avec tes 2 cartons. Qu’il y en ai 1 ou 2 dans chaque caisse, ok, on peut se dire que les bouteilles du domaine sont pas fiables mais toutes! Il leur est arrivé un truc entre la cave et chez toi, c’est pas possible autrement. Je suis peut-être naïf, mais je suis paysan, je fais de la vente directe, et je peux te dire que quand tu as un souci qualitatif sur un lot, il faut l’expliquer à la clientèle si tu ne veux pas qu’elle aille voir ailleurs. Donc si le rapport de bouteilles foireuses chez Barral correspondait à ce qu’on lit dans ce fil, je ne vois pas comment il pourrait encore avoir une étoile à la RVF et continuer à vendre son vin!
Il y a de très bonnes critiques du domaine et de cette cuvée spécifique (Jadis 98) dans la RVF. Et non, je ne peux pas croire que le vigneron trie ses envois, qu’il envoie les bons à la RVF, et qu’il vend ses lots foirés aux particuliers. Je n’y crois pas une seconde.
- 13 janvier 2020 à 19h02
- in reply to: Vins nature(ls)
Je résumerai en disant que les meilleurs vins que j’ai bus dans ma vie étaient des vins naturels.
Les plus mauvais aussi.Mais le bon l’emporte sur mon appréciation.
- 13 janvier 2020 à 19h01
- in reply to: Vins nature(ls)
[quote= »oliv » post=1092019]Vade retro, les grognons !
On vous avait pourtant prévenu que certains vins n’étaient favorables qu’aux convaincus.Du temps des grandes heures :
https://lerustre.over-blog.com/article-les-biodynamistes-a-ose-tout-c-est-meme-a-a-qu-on-les-reconnait-45902405.html
https://lapassionduvin.com/forum/de-la-terre-au-verre/13928-biodynamie-croyances-rationalisme?start=690#386856%5B/quote%5DJe ne juge les vins que sur la base de ce qu’il y a dans le verre. Je reconnais quand une bouteille est foireuse, même si j’aime bien le travail du vigneron (exemple avec Stephan par exemple, que j’achète presque plus). Et je comprends que quand on jette 6 bouteilles dans une caisse qui en contient 6, on puisse ne pas vouloir y revenir. J’en ferai de même.
Mais mon expérience n’est pas la même. C’est tout. Et je ne me fais jamais un avis définitif. J’accepte qu’un vigneron puisse se planter à un moment si il se rattrape.Oui, je suis sensible à une approche peu interventionniste et biologique du vin. Mais ce n’est pas un dogme, et ce qui compte d’abord et avant tout c’est ce qu’il y a dans le verre.
Les vins en question, je les ai servis à l’aveugle, à un public peu porté sur les vins naturels. Et ils sont tous tombés sur le cul.
- 13 janvier 2020 à 18h55
- in reply to: Vins nature(ls)
Non, mais loin de moi l’idée d’accabler qui que ce soit. Mais disons qu’à force de lire des commentaires expliquant que ces vins sont souvent défectueux, j’avais une appréhension à l’ouverture de la bouteille que je n’aurai jamais eu sans.
Après, je lis vos CRs avec intérêt. Mais ça ne correspond tellement pas à mon expérience.
Mais je bois les vins du domaine Viret depuis 5 ans. J’en ai bu quand même un certain nombre (plus de 12) et je n’ai jamais eu une bouteille défaillante. Jamais. Certaines trop jeunes, certaines en-dessous qualitativement, mais jamais une bouteille avec une déviance.
Idem avec Barral. J’en ai moins bu, j’ai du en boire 5 (Tradition, Jadis et Valinière confondus), et une seule bouteille défaillante. Et je sais pourquoi. C’était la bouteille qui était en présentation dans l’étagère du caviste, sa dernière. Elle était là depuis un certain temps et il m’a prévenu. Et il m’a d’ailleurs échangé la bouteille contre autre chose. C’est pas la première fois. Ca m’était aussi arrivé avec un Chaffardon qui avait explosé à l’ouverture et qui lui aussi était resté exposé sur les étagères de la boutique.
Alors je suis le premier à reconnaître quand des bouteilles peuvent être foireuses, je ne me voile pas la face. Mais mon expérience avec ces vins n’est pas celle que reflète globalement ce fil. Donc je rééquilibre un peu.
Je me pose néanmoins des questions. Est-ce que ces vins sont stockés correctement? Je ne m’explique pas la réputation de ce domaine par exemple et l’expérience que j’en ai (toujours très bonne) avec le nombre de commentaire ici qui explique que les vins sont daubés. C’est pas normal.
- 13 janvier 2020 à 5h32
- in reply to: Domaine Léon Barral, Faugères
CR: Domaine Léon Barral – Faugères Jadis 2002
[center]

Très belle robe grenat à maturité, qui commence à peine à montrer quelques signes d’évolution dans le disque.
J’avoue que j’ai fini par être contaminé par la réputation que se trimballent les vins du domaine chez les grincheux, et je redoutais ce que j’allais bien pouvoir renifler dans mon verre. Le premier nez me fait aussitôt oublier mes craintes! C’est très net, très droit et très beau. Clairement un nez décadent, un nez automnal qui, si on ferme les yeux, évoque des couleurs de terre ocres-rouges, la chute de feuilles mortes, des enfants aux joues rougies par le froid qui courent sous les premières neiges dans des cours de ferme, des tablées de paysans gentiment ivres attablés autour d’un gigot d’agneau-fageolets, l’odeur de fumée et de suie qui se dégage du poêle pour la première flambée de l’hiver… Ce sont vraiment les vins du sud, quand ils sont à parfaite maturité, qui m’évoquent le plus ces délicieuses sensations automnales. J’aère le vin, et après l’impression, l’attention: des notes animales, de fourrure et de cuir, mélangées aux fruits noirs cuits (mûre), à l’humus et à une touche fumée, légèrement goudronnée. Le vin a commencé à basculer dans le tertiaire, il entame l’automne de sa vie.
La bouche est d’un équilibre remarquable, avec une texture très fine et des tanins délicatement enveloppants. C’est soyeux, très élégant, sur l’aromatique du nez avec une touche de garrigue en plus qui nous rappelle à l’origine du vin. C’est très bon mais je lui trouve néanmoins un petit manque de matière, de sève et même d’acidité. Si l’aromatique est pour moi parfaitement en place, je crains qu’il ne tienne pas la durée bien plus longtemps et je conseillerai de ne pas trop tarder à le boire. Il me rappelle un Clos Milan 1999 bu à plusieurs reprises ces derniers mois, mais ce dernier présentait des touches un peu herbacées et une fraîcheur en finale qui me ferait lui donner un plus grand avenir. Là, c’est à point, mais je ne miserai pas sur une bien plus longue garde.
Commentaire général: Très bon. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir avec cette bouteille, car ces arômes sont très évocateurs chez moi (je précise que l’automne est ma saison préférée). C’est un vin très élégant mais qui, objectivement, manque un peu de fond pour être grand. Mais était-il possible de faire bien mieux dans ce millésime?
Noté 15/20
https://artdeboire.blogspot.com/2020/01/domaine-leon-barral-jadis-2002.html
- 12 janvier 2020 à 19h08
- in reply to: Domaine Viret
CR: Domaine Viret – Les Colonnades 1999
[center]

Très belle robe pourpre, homogène, encore très jeune et sans traces perceptibles d’évolution.
Le nez est profond, complexe et très mûr, mélange de fruits noirs (mûre), de cuir, de notes fauves, de réglisse, d’épices et de chocolat. Ca envoie mais garde dans le même temps une belle fraîcheur. C’est un nez automnal, mais encore jeune et énergique, qui appelle du gibier, du bourguignon ou du pigeon… La salive monte à la bouche.
La bouche est magnifique, juteuse, charnue, avec un gros volume et un superbe équilibre. Les tanins sont parfaitement fondus, mais on sent que le vin a encore de belles années devant lui. On retrouve l’aromatique automnale du nez, avec l’olive noire en plus et une belle fraîcheur réglissée en finale. Le fond de verre goûte la mûre confiturée et le réglisse. C’est très très bon et à parfaite maturité.
Commentaire général: Excellent! Pas loin d’être un grand vin. Il est certain que je lui aurait donné un gros pedigree à l’aveugle. Ce domaine ne déçoit jamais, mais il est indispensable d’attendre un peu les vins, surtout les cuvées parcellaires. Celui-ci est tout juste à maturité et pour encore un bon moment, il n’y a rien de pressé à le boire. Je garde les prochaines encore quelques années.
Noté 17/20
https://artdeboire.blogspot.com/2020/01/domaine-viret-les-colonnades-1999.html
CR: Domaine Lucy Margaux – Noir de Florette 2018
[center]

La robe est superbe, claire, rouge vermillon aux reflets framboise. Elle est trouble également, on sent qu’il y a de la matière dedans, sans toutefois être aussi épaisse que ne l’était celle de la stupéfiante cuvée « La Pangée ».
Le nez est magnifique. Très typé nature, avec des notes fauves et animales, et une pointe de volatile à l’ouverture. Faut laisser gentiment le vin s’ouvrir et il révèle alors des notes de fraise, de framboise, de cerise, de pétale de rose et de violette… C’est fin, léger, très fruité: on a envie de croquer dans le vin!
La bouche est légère et croquante à la fois. C’est un pinot noir ciselé, fin, précis et très pur mais porté par une acidité élevée, sans aucune trace de verdeur (que je redoute énormément avec ce cépage, surtout quand les vins sont bus jeunes), qui rend le vin croquant, et presque coquin. On retrouve les arômes du nez avec ces petits fruits rouges qui ici, associés à l’acidité élevée, rappelle le jus de cranberry. Rien de dérangeant ici (et pourtant je crains l’acidité élevée), le vin reste parfaitement équilibré, notamment grâce à une légère sucrosité – enfin faudrait plutôt parler ici de douceur – qui en fait un vin très séducteur. En finale et sur le fond de verre, je retrouve ce côté « biscuit à la cerise », cet arôme particulier que j’aime bien dans les vinifications naturelles. Tanins imperceptibles, ça se boit dangereusement vite.
Commentaire général: Excellent. C’est même un coup de coeur. J’adore ce type de canon! Et ils sont pas si fréquents ni si fréquemment aussi bien faits! Ca me rappelle un peu la cuvée « 21550 » 2017 de Romuald Valot, plus porté sur le fruit frais avec plus de précision dans les arômes (la cuvée de Valot était beaucoup plus dominée par le biscuit).
[size=3][i]
Noté 16,5/20[/i][/size]CR: Domaine Lucy Margaux – Merlot 2018
[center]

La robe est nettement plus sombre ici, pourpre presque noire aux reflets aubergine.
Le nez a du volume. Il est très mûr, sur les fruits noirs (mûre, myrtille), la fourrure (notes animales), les épices et des notes légèrement fumées. On a clairement changé de registre. Ce nez viril garde néanmoins une grande fraîcheur, avec de délicates notes florales (violette). Très beau.
La bouche est à l’image du nez: virile, charnue, dense, avec de la mâche. C’est un merlot de chair, mais avec une structure tannique très discrète et un équilibre remarquable pour un vin aussi jeune. Tout est déjà en place, avec une matière parfaitement fondue, presque suave, en gardant une aromatique essentiellement primaire sur la mûre et la violette. C’est rond ET croquant, déstabilisant presque nos papilles qui ne savent plus comment réagir. Belle finale avec une fraîcheur qui fait passer tout ça comme une lettre à la poste. On en boirait plus que de raison.
Commentaire général: Excellent. Là aussi j’adore. C’est un magnifique Merlot déjà parfaitement en place mais qu’on peut aussi attendre sereinement si on veut plus de complexité aromatique. Me rappelle les plus beaux Merlots du Bergeracois que j’ai pu boire, à l’instar des belles cuvées de Lestignac ou de Barouillet, même si ces dernières ne parviennent souvent atteindre un tel équilibre qu’après quelques temps de cave.
Noté 16,5/20
CR: Domaine Jauma – Ralph’s Shiraz 2018
[center]

La robe est typique d’une syrah jeune: soutenue, intense, pourpre aux reflets violacés.
Très beau nez, très droit, très net: ça ne fait pas vin nature! Là aussi c’est très représentatif du cépage, sur la framboise et le cassis, le graphite, l’encre, le poivre et la violette. Une belle impression de fraîcheur se dégage de ce nez, ça sent le canon glou-glou!
La bouche est croquante, juteuse sur les arômes du nez avec la réglisse et plus d’épices. C’est frais, bourré d’énergie, avec du peps. C’est hyper efficace, calibré pour la soif. Pas de grande complexité, mais le canon de copains idéal.
[u]
Commentaire général[/u]: Très bon. Pour moi en dessous des deux autres, parce que plus consensuel, moins original. C’est exactement ce que c’est sensé être et ça conviendra parfaitement à ceux qui tiquent encore (si si, il en reste) sur les vins naturels. Je n’ai pas été surpris, mais j’ai pris beaucoup de plaisir avec cette bouteille. Me rappelle une syrah de Stephan (Plaine de Condrieu) ou un Saint-Jo de Delobre, en version proprette. Recommandable.Noté 14,5/20
https://artdeboire.blogspot.com/2020/01/vins-australiens.html
- 7 janvier 2020 à 1h11
- in reply to: Domaine Moritz
CR: Domaine Moritz- Riesling Moenchberg Grand Cru 2011

Belle robe dorée intense, aux reflets légèrement cuivrés.
Le nez est puissant, exubérant, sur le citron confit et surtout des notes terpéniques et pétrolées enivrantes. Une fois accoutumé à ces notes résineuses, on perçoit des arômes d’épices, une touche de noix et des notes légèrement fumées.
La bouche est concentrée, riche, avec un beau gras. L’ampleur et la puissance du vin réussit à être équilibrée par une acidité discrète mais suffisante pour resserrer légèrement le vin en finale. On retrouve les épices, les notes résineuses et le citron confit. La finale est longue et beurrée.
Commentaire général: Très bien. Un domaine que je ne connaissais pas du tout. Un Riesling peut-être un poil trop mûr pour moi car il finit par lasser par ces notes terpéniques, mais ça reste un beau moment que cette bouteille bue chez Passédat sur un maigre et son minestrone. Recommandé.
Note: 15/20
https://artdeboire.blogspot.com/2020/01/domaine-moritz-riesling-grand-cru.html
- 6 janvier 2020 à 23h52
- in reply to: Que boire quand on a la gastro-entérite?
Oui, en théorie il ne devrait plus y en avoir dans le vin en bouteille.
Mais je suis certain qu’un essai de coloration dans un Sarment Pepper de Dhumes révèlerait qu’il y a encore beaucoup de levures vivantes dans le vin!!!
De là à ensemencer sa flore… ce n’est même pas souhaitable je pense. Mais ma femme m’a souvent répété que j’avais un humour impénétrable pour la plupart des mortels.
- 6 janvier 2020 à 23h16
- in reply to: Que boire quand on a la gastro-entérite?
Après une gastro, tu as détruit une bonne partie de ta flore intestinale. Cette dernière est centrale dans le bon fonctionnement normal de l’organisme, et pas que pour la digestion. Les récentes avancées sur la greffe de caca en réponse à des traitements médicamenteux sont quasi révolutionnaires: il y a de l’avenir dans le caca.
Bref, tu dois te reconstituer une flore intestinale. Donc les premiers repas et les premières boissons que tu as reprendre sont déterminants pour la reconstitution de ta flore.
Il est recommandé de se ré-ensemencer avec des probiotiques. Mais si tu veux pas lâcher 30 euros à ton pharmacien (le prix d’une belle quille hein), tu peux consommer un yaourt fermier bio, bourré de ferments. Associé à une banane (un excellent prébiotique), tu pars sur de bonnes bases.
Quant aux boissons, c’est pas ridicule d’y songer: bière bio (la levure de bière est un très bon probiotique) et vin naturel (avec de bonnes levures indigènes).
Pour répondre donc à ta question, je te conseillerai de reboire avec une bière bio artisanale de ton choix et un bon canon nature: un ploussard du Jura ou un Pinot d’Auvergne.
C’est ce que j’ai fait pour ma part (j’ai eu la gastro il y a 10 jours)…
- 3 janvier 2020 à 0h39
- in reply to: Château Certan de May, Pomerol
CR: Château Certan (de May de Certan) – 1983

La robe est très sombre, profonde, grenat sans vraiment de traces d’évolution. La grande quantité de dépôt collé sur la bouteille et donc de particules en suspension dans le vin trahit l’âge de ce dernier, mais sinon la robe ne fait pas son âge.
Le nez est très beau et complexe. Un premier nez sur le cassis et la cerise avec un fond sur le café et des notes fumées. L’aération apporte des notes de cuir très prononcées, puis de parfum, à dominante florale (violette), et des notes épicées/végétales, mix entre des herbes aromatiques et du poivron vert. Le tout avec du volume: on sent qu’il y a du vin!
La bouche est charnue, avec du jus, sur la cerise, le cuir, le café et un fond fumé. Il y a un volume en bouche étonnant et en même temps une très belle fraicheur, qui s’accentue sur la finale où on retrouve la violette et un côté végétal très agréable, qui donne le sentiment de la jeunesse à ce vin de presque 40 ans. J’avoue être assez surpris du niveau qualitatif de ce vin, j’en attendais pas tant. Le fond de bouteille, bu quelques heures plus tard est encore plus beau, s’affirmant davantage sur les fruits noirs et le café.
Commentaire général: Excellent. Un très beau Pomerol, dans un millésime qui me réussit bien (j’avais adoré le Mouton Rothschild bu il y a un an jour pour jour) et qui en a encore sous la pédale. Je découvrais ce château avec ce vin, et il va de soit que je vais en garder un à priori très favorable.
Noté 16/20
https://artdeboire.blogspot.com/2020/01/chateau-certan-de-may-de-certan-1983.html
- 1 janvier 2020 à 20h08
- in reply to: Domaine La Bohème – Auvergne
CR: Patrick Bouju – Caillou 2017
[center]

Belle robe rouge profond, plutôt sombre pour un pinot, aux reflets rubis.
Le nez est très complexe. Au premier abord, on relève surtout la mûre et la groseille, puis après une petite aération, le sureau noir (pas la fleur, mais bien le fruit lorsque ce dernier chauffe dans la cocotte pendant la préparation de la confiture). Ces notes de fruits rouges et noirs sont enveloppées dans une impression générale très fumée.
Après plus longue aération, le nez se complexifie nettement avec des notes de girofle, de fougère et de charcuterie fumée (type poitrine fumée ou bacon). Finit par s’imposer une note florale que je ne parviendrai pas à identifier mais que je visualise comme correspondant à la petite fleur blanche d’un arbuste ou d’un buisson comme on en rencontre fréquemment dans les parcs et jardins publics.La bouche est fraîche, élancée, avec une acidité assez élevée. On retrouve ici la complexité aromatique perçue au nez. L’attaque et le milieu de bouche évoquent surtout la grenadine, réhaussée d’une note un peu sauvage, et ça ressemblerait presque à un ploussard jurassien. La finale est plus complexe, nettement plus pinot noir, sur la cerise, les notes fumées, et les mêmes notes florales d’arbuste. Une petite accroche tannique sur une finale arborant une belle amertume, accroche tannique qui mérite de se fondre un peu. Quelques temps de garde le rendront meilleur encore.
[u]
Commentaire général[/u]: Excellent! D’une grande complexité. Pas particulièrement « caillouteux » comme je m’y attendais, mais assez sauvage, avec ces notes de viande fumée. Un vin qu’on situerait aisément sur un grand climat des Côtes de Nuits, et certainement le plus grand pinot auvergnat que j’ai bu pour le moment.Noté 16,5/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/12/patrick-bouju-cailloux-2017.html
- 16 décembre 2019 à 1h56
- in reply to: Domaine Haut-Campagnau
CR: Dominique Andiran – Magnus 7102

La robe est sombre, pourpre profonde aux reflets rouges.
Le nez est très mûr, sur la fraise cuite, le cassis, les épices, le cuir et une pointe d’alcool. Au nez, je sais déjà que c’est trop jeune et primaire pour mon palais de fillette.
La bouche est massive, généreuse, sur les fraises au vin rouge, la cerise à l’eau de vie, le cassis. C’est du fruit primaire mais très très mûr. Si la première gorgée surprend et emporte le palais (je suis peu habitué à boire des vins aussi rentre-dedans), on s’y adapte et on a alors un gros canon chaleureux sur la cerise à l’alcool et les fruits rouges confiturés. Malgré la puissance du vin, les tanins sont fins et parfaitement intégrés. La finale garde une petite amertume sur l’alcool qui nécessite de s’harmoniser.
Commentaire général: Pas mal. Mais le vin doit se fondre et s’harmoniser. Deux ans de cave me semble un minimum pour digérer cet alcool (en tout cas pour mon palais), car c’est bien ce goût d’alcool qui reste en finale qui me gêne un peu (le vin affiche tout de même 14,5°). A revoir dans quelques temps.
Noté 13/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/12/dominique-andiran-magnus-7102.html
- 13 décembre 2019 à 12h51
- in reply to: Quels sont vos top 6 pour 2019 et votre coup de cœur?
Voici les vins qui m’ont le plus marqués cette année. Les vins qui m’ont procuré, ainsi qu’à mes acolytes d’un soir, le plus d’émotions. Les vins qui, mal élevés, se sont imposés au milieu de nos discussions passionnées, forçant le silence, accaparant notre attention, faisant en sorte qu’il ne nous soit plus possible de les ignorer. Les vins qui nous ont parfois rendus malpolis, nous poussant à éructer de manière incontrôlable des « putains! », des « merde alors! », des « c’est quoi ce truc de fou! », nous forçant parfois à jouer des coudes pour se resservir avant le copain… Bref, les vins que je n’oublierai pas, les vins que je veux reboire, les vins que suis heureux d’avoir partagé avec mes proches.
1. Champignon Magique 2007 – Pierre Beauger (le plus grand blanc que j’ai jamais bu, aussi simple que ça)
2. Rotten Highway 2006 – Pierre Beauger (le vin qui m’a enfin fait aimer le Sauvignon, et pas qu’un peu! Totalement addictif)
3. Ah oui vraiment, une très très très très bonne idée – Pierre Beauger (le vin qui m’a fait comprendre que macéré, le pinot gris était l’un des plus beau cépage du monde)
4. Château Bel Air Marquis d’Aligre 1975 (mon plus beau 75)
5. Gabio Bini – Zibbibo Bianco 2014 (un vin fou, qui en contient mille, à boire sur 2 ou 3 jours, on boit à chaque fois quelque chose de différent, mais c’est toujours grand)
6. Roc de Cambes 1997 (il y a de grands 97…)Quelques coups de coeur et belles découvertes cette année:
– Pinot Grigio 2015 – Dario Princic (Beauger m’a rendu accroc à ce cépage, et celui-ci est l’un des plus beaux que j’ai bu)
– Suzanne 2007 – Patrick Bouju (ceux qui n’aiment pas le sucre doivent goûter ça)
– La Jeanette 2015 – Damien Bureau (ceux qui n’aiment pas le sucre doivent aussi goûter ça)
– Chinon Les Roches – J. Lenoir 2008 (sans commentaire, au niveau attendu)
– Orange 2018 – La grange de l’oncle Charles (si tous les oranges étaient comme ça!)
– Kalamite 2018 – F. Agneray (mon canon de soif de l’année à venir, j’ai fait du stock)
– Côte de Feule 2017 – Hugues Béguet (ah le ploussard…)- 12 décembre 2019 à 19h08
- in reply to: Alexandre Jouveaux
CR: Alexandre Jouveaux – Montbarnier 2016
La robe est jaune très pâle, tirant même sur le beige. Quelques bulles à l’ouverture.
Le nez est très typé blanc nature, mais dans le mauvais sens du terme. Si sur les rouges les singularités des vinifications naturelles ne me gêne pas et même, je l’avoue, me plaisent parfois, sur les blancs, j’ai beaucoup plus de mal… On retrouve donc ces notes de bière blanche, de cidre, de pomme et de froment, qui peuvent être un peu écœurantes.
En bouche, le vin présente un perlant persistant. Il faut une longue, longue aération pour qu’il se dissipe un peu. Ce vin donne le sentiment de boire du cidre qui serait resté dans un fond de bouteille ouverte toute une nuit. Normalement, ça part dans un poulet en cocotte! On est sur la pomme et un côté « céréales » que je n’aime pas. Certains y trouveraient une belle minéralité mais de mon côté, l’aromatique est assez rédhibitoire.
Commentaire général: Je n’aime pas. C’est simple. Peut-être qu’en l’attendant quelques années, il changerait de visage. Mais là, c’est écoeurant et je n’accroche pas du tout au style aromatique. Comme le cidre éventé, il va finir dans un civet de lapin. A 30 euros la bouteille, c’est un peu rageant… Mais heureusement, ce n’est pas avec les blancs de ce vigneron que j’ai rempli ma cave…
Noté 9/20
https://artdeboire.blogspot.com/2019/12/alexandre-jouveaux-petite-deception.html