macflo76

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Affichage de 20 réponses de 121 à 140 (sur un total de 256)
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  • macflo76
    Participant

    Sylvain, j’ai juste un problème quant à votre comparaison entre Latour et Richebourg DRC 1979…. Certes Latour est l’un des vins les plus célèbres du monde au même titre que DRC. Mais 1979 est bien différente selon les régions ! En Bordeaux nous sommes en année moyenne, alors qu’en Bourgogne nous sommes en exceptionnelle pour les blancs et très bonne pour les rouges. D’ailleurs j’en profite pour donner un tuyau : Cela ne se sait pas trop pour le moment, mais en Pinot, 1979 est en train de sortir à un niveau tout à fait inattendu. Donc profitez des prix corrects qui n’ont pas encore rattrapé la qualité ! Dès que certains critiques éminents se pencheront plus sur cette année méconnue, les prix risquent de bouger… Je suis donc parfaitement d’accord sur la qualité de DRC dans cette année ! Et il y a effectivement un monde entre Conti et Bordeaux ; Mais quid du prix ??
    Et c’est le deuxième problème : Le prix. Heureusement que le Richebourg 79 est meilleur que Latour, puisqu’il se vend près de 3 fois le prix de ce dernier. La comparaison aurait plus de sens entre un Bordeaux encensé de cette année et le Richebourg.
    Peut être que Lafleur aurait son mot à dire !
    Au delà de ce détail, je suis d’accord pour dire que Latour n’est pas la meilleure affaire de ce millésime… Les amateurs peuvent se pencher sur Haut Bailly par exemple. Vin somptueux et prix très raisonnable.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Oui oui tout à fait. C’était une bouteille d’origine qui n’avait jamais bougé de la cave d’un amateur. Je pense que si elle était sortie du domaine de nos jours, elle aurait une étiquette différente.
    Par exemple pour le Riesling 1976 SGN dont je parle dans mon CR, la bouteille était avec une étiquette principale VT , et inscrit en petit SGN sur une autre étiquette. Alors que celle que j’avais bue l’an dernier provenait directement du domaine et avait été étiquetée comme une SGN récente….
    L’Alsace est un vrai « casse tête » pour les vins anciens de vendange tardive.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Merci pour ce beau compte rendu.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    François, je suis ravi de te retrouver ! J’espère que tu reviens en forme…
    En fait je parlais plus des livres (Parker Broadbent…. ) mais j’avais effectivement oublié de vérifier dans ton site ! Pêché d’orgueil !
    Merci pour toutes ces notes qui m’intéressent au plus haut point.
    Sinon pour le SGN 1976, c’est la 2 ème fois que je le bois, et celle-ci était la meilleure. J’avoue une préférence pour les Zind ou Faller des années 80 et 90.
    Le seul très grand Hugel que j’ai bu en vin ancien était un VT Beerenauslese 1961, millésime que Jean Hugel considérait comme sa plus grande réussite ; Ceci expliquant peut être cela…

    Pour  » si le vin », je me dois d’ajouter cette précision : Latour 79 a été bu à l’aveugle et noté comme tel ! C’est un peu pour éviter ce que vous décrivez que l’on procède ainsi ! Je n’ai donc pas pu avoir d’influences en notant et en aimant ce vin.
    Mon ami, fidèle parmi les fidèles, est de 1979, et je crois que nous avons goûté la plupart des crus classé, les prestigieux et les moins célèbres, de cette année et je peux vous assurer ( nous étions tous du même avis à table ) que cette présente bouteille se situe sans forcer dans le peloton de tête de l’année. Parfumée et crémeuse, il ne lui manque qu’un peu de puissance et de longueur pour égaler certains grands millésimes. J’imagine que nous avez pas eu de chance ! 5 bouteilles relèvent même d’une incroyable malchance… Désolé.

    Didier, j’espère que nous ferez part de vos impressions, car il se peut que ce millésime pour Latour souffre de différences d’un flacon à l’autre…

    Florent.

    macflo76
    Participant

    Intéressant et enrichissant point de vue de ChristopheD, merci….

    Eric, je ne veux pas insister plus, parce que tes propos sont pertinents et je te rejoins parfaitement.Finalement, il y a juste une nuance qui nous sépare, et elle ne justifie pas un débat interminable. Juste ce petit mot, alors, pour te dire que c’est ce qui m’interpelle le plus ! Les petits millésimes cités entre 8 et 10/20 sont encore très bons de nos jours, même sur des appellations plus modestes, et c’est cela qui me pousse à réfléchir… J’ai bien entendu que le « matériel végétal  » était de grande qualité, et ajouté à cela ce que tu as dis avant, mais est-ce qu’une application particulière, une compréhension innée de la nature ne pourraient pas aussi permettre à de si modestes bouteilles de tenir 80 ans ? … C’est une question qui mérite d’être soulevée, car on voit bien que des choses ont changés ces dernières années, et pas seulement dans le domaine des sols et du matériel végétal. On sent un intérêt des vignerons pour le passé, un regard en arrière… Et je me demande parfois s’ils ne cherchent qu’à assainir les sols…
    Florent

    macflo76
    Participant

    Eric, c’est pour ça que je parle surtout des domaines plus modestes dans la réponse que je te fais…. Les grands domaines médocains dont tu parles ne sont pas les plus représentatifs de la volonté des anciens à bien travailler. Les domaines modestes de Pomerol, par exemple sont plus intéressants, puisqu’eux n’avaient aucun moyen, vendaient mal leurs vins, et pourtant faisaient grand, très grand même.
    Je pense justement que les rendements et les sols encore vierges ne suffisent pas à expliquer la qualité impressionnante des vins de cette époque…
    Ce fameux Barsac 1914 est très proche en qualité d’un Climens. Imagines tu de nos jours un Barsac négoce vendu en Grande distribution au même niveau qu’un Climens ?? Seuls les rendements et le terroir expliqueraient la différence entre 1914 et 2000?…franchement je n’y crois pas une seconde. Mais bon, c’est mon avis, et tes explications sont quand même très pertinentes !

    Raymond, j’ai pas mal d’expérience avec 1973 sur différentes régions Françaises. Dans l’ensemble, sa mauvaise réputation est justifiée…
    Tout le monde sait que la Champagne est l’exception, puisque 73 est très réussi là bas. En revanche pour les Bourgogne Blancs, je pense que les producteurs eux même n’ont pas idées de ce que leurs vins sont devenus. Ils allient la complexité des 1978, à la précision des 79.
    Pour les Bourgognes rouges, tout ce que j’ai goûté n’avait malheureusement pas la même qualité !!! Un peu comme 1992 donc.
    Le meilleur rouge que j’ai testé fut un Richebourg J Gros 73…

    Merci Gautier. Tu auras remarqué que j’aime me lancer dans les conjectures et bousculer un peu les choses de temps en temps;)
    Florent

    macflo76
    Participant

    Eric
    soit tu interprètes mes propos d’une façon assez hallucinante, soit tu as lu mon texte en diagonale !
    Où as tu vu exactement que je mettais en doute la réalité que tu décris ???
    Quiconque se passionne comme moi pour l’histoire et les vins anciens connait parfaitement la situation de cette époque que tu décris d’ailleurs avec beaucoup de détails et de passion.
    Tu as certainement vu dans ma description de Mouton 1916 l’allusion que je fais aux femmes de cette époque ; Ca n’est pas par hasard …
    Franchement, comment peux tu penser qu’on ne puisse avoir en tête que la survie ????
    Certes c’est une réalité indéniable, mais est ce que le fait de ne pas s’en sortir, de vendre difficilement son vin, de ne pas avoir de main d’oeuvre, interdit le fait de bien travailler?
    Tu t’appuies sur des connaissances historiques, qui ne prouvent rien quant aux exigences des vignerons de cette époque. Moi, ainsi que d’autres, nous nous appuyons sur des faits vérifiables : La dégustation des vins de cette époque.
    Je peux donc t’assurer que la plupart des petites appellations et petits propriétaires ont fait, pendant les années de guerre, des vins qu’ils ne referont peut être plus jamais.
    Imagines Pomerol ou St Emilion à cette époque, il y avait de nombreux domaines exactement dans la situation décrite, et pourtant leurs vins étaient prodigieux et le sont encore des dizaines d’années plus tard. Certains étaient même meilleurs que les crus classés, alors que question survie, ils s’y connaissaient !
    Et je ne parle pas des petits crus Rhodaniens, ligériens, ou Bourguignon d’un niveau inimaginable aujourd’hui.
    Alors oui tu as parfaitement raison au sujet des difficultés de cette époque, et pour rien au monde je n’aurais souhaité vivre à ce moment là, mais pour le reste je persiste et signe : Les vignerons avaient en tête de faire du grand vin et en plus ils savaient le faire !
    On peut en baver et chercher à survivre à tous prix, tout en travaillant bien, crois moi…
    A méditer.
    Florent

    macflo76
    Participant

    Christophe
    peux tu être plus précis sur Dom P 1982 ?
    J’ai toujours trouvé que les vins ( tous sans exceptions) étaient moins bons le lendemain. Certains ont un nez plus ouvert, mais je ressens toujours cette pointe acide qui me gêne. J’ai encore plus de mal à imaginer un Champagne meilleur le lendemain, car pour moi le gaz est une qualité primordiale. Les bulles n’étaient plus là le lendemain, n’est ce pas ??? A moins que tu possèdes le système des bars à vins ?
    Cr génial, merci !
    Florent

    macflo76
    Participant

    Je ne l’ai jamais bue… Merci Christophe.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    C’est cool , après une journée de travail, je rigole bien devant tous ces posts !
    Benji, j’étais pourtant certain que personne ne trouverait jamais !::o
    Alors une petite explication semble nécessaire…
    Ces deux dernières années, au moins 80% des bouteilles anciennes que j’ai bues, étaient somptueuses. On prend donc vite de mauvaises habitudes. Ce noël a été décevant, car les bouteilles ont été sélectionnées avec la minutie habituelle ; pourtant elles n’étaient pas somptueuses. Mais je suis devenu un enfant gâté, et je manifeste mon mécontentementX(. Le texte me permet de lâcher ma frustration et ma déception relative. La note est là pour rappeler qu’on attend mieux d’une Mission 70, mais qu’en valeur absolue, c’est quand même un bon vin.
    Les 1970 sont en pleine forme en ce moment, alors je m’attends à un 95/100 pour la Mission, mais on en est loin. Mon texte met en garde les amateurs qui espèrent comme moi une pépite, mais là note est là aussi pour dire que ce vin est quand même bien buvable et que le plaisir existe. Seulement après des années de dégustation de vins anciens, ce genre là n’a aucun intérêt à mes yeux, car c’est un vin cher et juste correct. Je m’éclate bien plus sur une Mission 1987 ( qui ne tape pas le même prix n’est ce pas ?).
    Idem pour l’Angelus. Dans l’absolu comme le dit mon texte son nez est bon et original, et pourrait valoir plusieurs points de plus. Mais la bouche ne suit pas. Mais les deux sont importants. Il est donc normal que le nez, plaisant, ait son poids dans la notation. Après c’est toujours le même problème, ce vin coûte cher, et je préfère un petit millésime des années 90 meilleur marché et bien aussi bon. L’intérêt de ce 53 est donc bien relatif à mes yeux…
    Est-ce plus clair ????
    N’hésitez pas à demander plus de précisions.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Une sacrée bande de copains ! génial comme toujours…
    Joyeuse année, pleine de belles bouteilles !
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Juste un mot pour Laurent, j’avais mal lu… Suffisance, il n’y en a jamais… La plupart du temps je ne sais pas , mais dernièrement il se trouve qu’un Vouvray 47 de Huet bu à l’aveugle ne m’a pas trompé une seconde, et je n’ai à aucun moment pensé Layon. Il ressemblait tellement au Bonnet rouge de son collègue !… C’est ma perception et elle est loin d’être infaillible ! Alors de temps en temps quand je connais un sujet, je me permets d’en parler. De la même façon que vous pouvez vous permettre de parler des 1997, puisque vous avez fait une horizontale qui vous donne une expérience que peu de gens ont. C’est donc bien que vous donniez vos lumières avec l’espoir que l’on ne vous jugera pas « suffisant »…ce que vous n’êtes pas, j’en suis sûr… Pour les Deslevaux très récents je ne connais pas, mais votre description m’intrigue. A voir très vite donc….
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Pour Laurent L, je n’ai pas dit que je n’aimais pas , j’ai dit que je n’étais pas un inconditionnel non plus ! quant à la méconnaissance, il faut voir… Je goûte Deslevaux depuis 1990, ce qui donne une bonne idée ce qu’il sait faire et qui peut être exceptionnel( j’ai toute sa gamme de 1997 ). Pour P Baudoin idem, j’ai goûté toute sa gamme en 1996 et 1997 et plus vieux aussi . Donc je connais, j’ai été inconditionnel, un peu moins maintenant, en particulier depuis que j’ai goûté de très vieux Loire avec un esprit un peu différent ( à mon sens). Voilà, inutile de décortiquer chaque mot, franchement j’aime bien , mais je nuance par rapport à mon expérience qui est loin d’être universelle !!! Quant à Bonnet Rouge 47, c’est un monument qui m’a semblé très Vouvray…. Je ne me suis pas retrouvé du tout avec les vins pré cités… On a tous nos propres perceptions !

    Patrick , je sais bien que l’Alsace ne se résume pas au pétrole ! Vous parlez à un fan +++ de cette région(:P). Alors oui c’est un peu caricatural, mais de temps à autre, seules l’Alsace et la Moselle donnent des arômes de pétrole aussi puissants.
    Au fait je viens de regoûter un Clos Zisser 1959, et j’avais affirmé, l’an dernier, qu’il commençait son déclin…. Hé bien je le crie très fort, je me suis trompé, comme souvent, il était d’une incroyable perfection. Je ne sais pas si vous l’ avez déjà testé, dans le cas contraire , ça me ferait très plaisir de vous faire goûter ce monstre!

    Luc, tu sais que j’aime bien Parker, alors de temps en temps, je reprends quelques unes de ces formules pour ne pas oublier qu’il m’a apporté plein de choses… Je suis moins sa logique maintenant, mais je n’oublie pas ! Et même si la formule est un peu bête, je trouve qu’il a voulu exprimer ( à l’américaine) que quelque chose avait changé dans cette région dans les années 90… Le raisonnement me semblait assez pertinent ! Et puis il faut bien vous titiller tous, comme vous le faites avec moi de temps en temps;)
    Florent.

    macflo76
    Participant

    En fait j’aurais dû préciser  » note subtile de pétrole  » … C’est sûr qu’on est pas en Alsace ! En fait ce parfum est à ajouter aux autres: Amande, biscuit chaud ( ici plutôt le financier ) En parlant de financier, je retrouve très souvent cette note en sauternes… Pas vous Michel ?? Et ça n’est absolument pas un coup de pif puisque cette dégustation n’était pas à l’aveugle… Donc j’ai retrouvé automatiquement les notes auxquelles je suis habitué ! Ma tête était déjà conditionnée à retrouver ce à quoi j’associe habituellement un Sauternes… En particulier sur un Yquem  » jeune  » … Vous aurez remarqué que je place Pétrole après les autres arômes, signifiant ainsi qu’il n’est pas dominant mais en nuance…. C’est le cas pour beaucoup de Bordeaux blanc secs ou liquoreux… Enfin sur ma langue 😉

    François l’ancêtre était bien là… Quarts de chaume 1959 de Baumard est un trésor… Si tu en a déjà bu bravo, car à ma connaissance un seul restaurant à Paris en possède une seule et unique bouteille… Quant au domaine, pour en avoir il faut s’accrocher…

    Sébastien, l’heure de dégustation est entre 20H et 00H environ…

    Jull, en fait je me projette un peu aussi, car c’est sûr que le Quarts de chaume 97 fait un peu  » vin de garage » actuellement, mais je connais bien leur terroir pour avoir bu les années 60 , 70 et 80 et même maintenant 59 … Je sais donc à coup sûr ou presque, le monument que va devenir ce 97….
    Pour la cuvée des loups 90, je pense que mis seul dans une dégustation, il m’aurait plus botté… Mais dans ce contexte, il était clairement en retrait et un peu court pas rapport aux autres….
    Je vous accorde volontiers cette préférence que j’ai pour les chenin puissants… J’ai eu la chance d’en boire sur beaucoup d’appellations jusqu’en 1919, et mes plus grandes émotions sont allées sur 1921 et 1947 et dans une moindre mesure 1959… Que des accidents de la nature donc…. Je pense qu’il est normal que je recherche dans les années récentes les futurs 1947….
    Avec le temps, la puissance se patine et donne une complexité hallucinante… Mais lorsque dès le départ la subtilité l’emporte, les années laissent un vin au sucre digéré qui tient bon et se digère bien, mais sans cette fameuse complexité… Mais ce n’est que mon goût vous savez !
    Mais si vous pensez aux fameux « chasseur de sucre  » comme P Baudoin, ou Deslevaux, j’aime bien, mais je ne suis pas un inconditionnel non plus…. Un 1947, ça n’est pas que du sucre et de la puissance…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    :S
    Désolé, impossible de vous répondre car je ne comprends pas ce que vous souhaitez dire avec ce visage????
    Florent.

    macflo76
    Participant

    [i]François Audouze me fait un cadeau qui n’a pas de prix : Participer à l’un des dîners les prestigieux au monde. Les plus grands vignerons et propriétaires de la planète sont réunis en privé autour de deux des plus grands collectionneurs de vins de tous les temps. Bipin Desai, l’hôte, est entouré de 12 apôtres. Mais cette fois l’histoire sera différente puisque je serai le 14ème, conjurant ainsi le mauvais oeil qui pourrait ternir cette Cène du troisième millénaire. Après une introduction éprouvante, je commence enfin à me détendre et profite pleinement de chaque instant.
    Faisant suite à Bipin Desai, François nous fait un laïus d’anthologie et demande la permission pour ouvrir un trésor qui sort tout juste de La Tour d’Argent. Comme il le souligne malicieusement, nous ne sommes pas de bons amis : Nous le poussons sans vergogne à ouvrir cette incroyable rareté… Une page de l’histoire s’écrit et je suis là. Merci.[/i]

    POL ROGER Winston Churchill 1990 Magnum
    Quoi de mieux pour ouvrir le bal ? Des arômes mûrs d’acacia, et de fleurs d’oranger envahissent le verre. La bouche est crémeuse, évoquant la prune agrémentée d’une touche raffinée de fruits exotiques. Il semble déjà prêt à être bu avec un immense plaisir. 94/100

    SALON 1985 Magnum
    Le premier nez est moins séducteur, mais l’air lui donne un cachet exceptionnel. Les parfums de chèvrefeuille, de fougère et de fumée subtile sont un pur délice. En bouche il tranche comme une lame avec la fougue d’un jeune Mustang. Les agrumes, le foin ainsi qu’une note douce de malt envahissent le palais comme une marée montante. Laissons lui du temps, car il est porteur d’une superbe promesse. 95+/100

    MOET & CHANDON Grand Vintage Collection 1952
    C’est la fameuse cuvée tant vantée par Richard Juhlin. Le nez explosif de charbon, de grillé et d’agrumes très mûrs est malheureusement pollué par une note de liège. La bouche très profonde est un vrai sirop de sureau et de clémentine avec un gaz subtil mais bien là. C’est l’un des champagnes les plus personnel et gourmand que j’ai pu boire. Au delà du côté quelque peu défectueux, le message est lisible comme une eau de roche. C’est bien la première fois de ma vie que je n’ai aucun mal à faire abstraction du liège… 93/100 ( sans pollution, je pense qu’il pourrait prétendre à 97/100 )

    DOM PERIGNON Oenothèque 1975
    Le nez plus discret, possède néanmoins la classe indéniable de son terroir. On perçoit des nuances de paille, de fleurs et de silex. En bouche il est délicat et bien plus civilisé que la plupart des 75. La craie et l’écorce lui donne une belle précision, mais le boisé est un peu trop marqué pour me faire chavirer. 92/100

    BATARD MONTRACHET 1930 Fleurot Larose
    François prend quelques précautions en présentant ce vin comme une curiosité. Mais dès qu’il arrive dans mon verre, je sais que ce Chardonnay est grand, bien plus qu’un simple témoignage. Des odeurs ravissantes de thé vert, de racine, et d’iode lui donne un air sympathique de pavillon Blanc 1937. Les champignons et l’humus marquent l’âge du vin, sans le desservir une seule seconde. La bouche, parfaitement préservée, offre une belle déclinaison de zeste, d’écorce, de bergamote avec une touche de bouillon de viande. La minéralité lui confère une classe folle en finale. Aucune acidité, beaucoup de plaisir et de cachet ! Que peut-on lui reprocher ? 94/100

    CORTON CHARLEMAGNE Bonneau Du Martray 1982 Magnum
    Un millésime un peu oublié en blanc, qui m’a pourtant procuré quelques belles émotions avec un Montrachet Lafon ou encore une Montée de Tonnerre Raveneau. Je suis donc très excité en plongeant mon nez dans le verre. Il lui faut un peu d’air pour s’exprimer pleinement, mais au bout de trente minutes, il trouve sa vitesse de croisière. Le pétrole, les fruits exotiques et la verveine nous comptent combien ce terroir est immense. La bouche est au sommet de sa trajectoire grâce à ses parfums de guimauve, de clairière humide, d’agrumes confits et de pierre à feu. L’acidité est parfaitement dosée, conférant à ce Corton un équilibre irréprochable. 94/100

    MONTRACHET 1989 Bouchard P&F
    Ce vin reste dans ma mémoire comme l’un des Montrachet les plus prometteurs du siècle. Je le retrouve ici un peu moins accompli, mais toujours porteur du message solaire de l’année. Le nez d’amande, de miel crémeux, de chêne grillé me donne envie de me précipiter sur la bouche. Elle est puissante, épicée à souhait, avec un registre confit qui pèse sur les papilles comme un sac de plomb. S’il évolue comme les 59 du domaine, il risque de faire parler de lui un bon moment ! 95+/100

    CHÂTEAU MALARTIC LAGRAVIERE 1947
    Le nez élégant d’anis, de cuir noble, de cèdre et de cassis me fait plus penser à un 1953 qu’à un 1947… La bouche est d’une fraîcheur impressionnante grâce aux parfums de menthe, et d’eucalyptus qui ouvrent le bal. La suite signe une maturité parfaite, cette fois plus tertiaire, de gibier, et de baies confites. L’acidité légère donne à l’ensemble un côté aérien qui pourrait me pousser à finir, seul, la bouteille… Un terroir qui mérite décidément beaucoup mieux que ce que la critique en dit habituellement. 1961 était une dentelle, celui-ci est une gourmandise, tandis que 1916 est un chef d’oeuvre ! 95/100

    CLOS DE TART 1985
    Le nez sort comme un bouquet de roses, de violettes et de fruits rouges épicés. La suite m’impressionne un peu moins du fait de son manque de corps en milieu de bouche. Toujours fidèle au terroir, elle décline pourtant à merveille la ronce, la groseille et la roche. Une belle surprise ! 93/100

    LA ROMANEE 1988 Liger Belair
    Le nez timide de fourrure, de mûre et de cuir vient péniblement à nos narines, même après une longue aération. La bouche ne me séduit pas du tout : La trame acide et le goût de rafle signent un vin rustique et dur. S’ouvrira t’il un jour ? 87/100

    RICHEBOURG 1946 DRC Magnum
    Je suis bien sûr ému de boire ce vin apporté par Aubert de Villaine en personne, mais l’émotion est encore plus intense en saisissant mon verre : C’est la première fois que je goûte l’année de naissance de mes chers parents. S’il fallait n’en boire qu’un, gageons que ce serait celui-ci !
    Le nez impressionnant de framboises, de truffe, de pleurotes, et d’épices est un beau manège aromatique. La bouche, en forme, ne trahit pas un seul instant l’âge du vin. On note tour à tour des parfums de ronces, de groseilles, de terre, et d’herbes humides. Seule l’amertume finale l’empêche d’approcher les sommets. Un grand vin, dans une année plus que modeste. Bravo. 94/100

    VOLNAY CLOS DES CHÊNES 1885 Café Anglais
    La mythique mise du Café Anglais tant célébrée par Allen Meadows ! La seule, semble t’il, qui puisse donner autant d’émotions que les vieux Bouchard… Je ne tiens plus en place. Je vois que François est très préoccupé par le niveau du vin. Il insiste longtemps sur l’importance de ne pas juger trop sévèrement le liquide. Il faut le prendre pour ce qu’il est : Un témoignage unique d’une époque révolue. La couleur est presque dépigmentée : Rouille et pelure d’oignons… Je me dis qu’il risque de ressembler plutôt à un vinaigre qu’à un vin. N’y tenant plus, je me lance tel un aventurier dans une grotte encore inexplorée.
    Le nez jaillit du verre. Je retiens à peine un WOWWW ! Des parfums de truffe, de café torréfié, de petite fraises des bois, de gibier et de caramel beurre salé imprègnent nos narines comme des peintures rupestres. L’aération donne une complexité sans limites à ce bouquet : Essence de rose, cendre et pruneaux. Dans ces moments là, une peur primale, inconsciente, de l’ordre de celle qui pousse le nourrisson à pleurer, à douter qu’il mangera assez pour survivre, vous paralyse un instant.  » Et si la bouche n’était plus qu’une ossature ? ». Le nez est tellement parfait que si la bouche ne suit pas, tout s’écroulera comme un château de carte.
    Un aventurier arrive toujours à vaincre sa peur !
    La bouche est un flot de fruits, réduit à sa plus simple expression ; Dépouillé du superflu, d’une pureté monastique, ce vin est devenu un jus. C’est la première fois que je bois un vin rouge totalement salé à l’attaque, minéral, presque rocailleux, qui se transforme ensuite en pur nectar de fruits noirs et rouges. Quel cachet ! Je me demande si c’est cela un vin rouge préphylloxérique ? Comme s’il lisait mes pensées, Aubert de Villaine ajoute : « Ce vin est forcément préphylloxérique pour avoir un telle pureté. On sent qu’il ne peut pas mourir ! ». Mon voisin ne sait pas comment le juger. Il m’explique qu’il n’a aucune référence pour l’aborder. Il ne connais pas ces parfums et ne sait donc pas s’il l’aime ou non… Je comprends fort bien ce point de vue. Personne n’a de références, et pourtant c’est une illumination. Finalement n’est-ce pas cela le Graal ? 100/100

    CHÂTEAU RAYAS 1990
    François m’avait demandé d’amener un Rhône. J’ai donc naturellement sélectionné ce vin mythique pour accompagner les ténors de la soirée. Je le laisse quelques minutes dans le verre, le temps de reprendre mes esprits.
    Le nez hallucinant de bonbons anglais, de violette, de cendre, de fruits très compotés et de bâton de réglisse tourbillonne dans le verre comme un ouragan. Mon voisin me lance  » Quel nez ! ». C’est vrai qu’il est très largement supérieur à celui de la bouteille que j’ai bue l’an dernier au restaurant.
    La bouche est d’une colossale puissance, offrant des arômes de mûres, d’anis, de chocolat, de griottes, d’airelles et même de pastis. Un monument, d’une jeunesse frustrante, qui régalera nos petits enfants.
    Nous sommes tous des disciples en quête d’une phrase, d’une pensée, qui pourrait guider notre route. Au moment où l’on s’y attend le moins, le maître Aubert nous fixe Olivier et moi même et lance  » Avec le 1885, nous avions l’esprit, avec Rayas nous avons la chair ». Celle-ci, il ne fallait pas la louper ! Nous l’avions attendu toute la soirée…
    Certains convives ont moins apprécié ce vin que nous… Peut être que l’absence de plat l’a un peu desservi. En tous les cas, c’est de loin le plus grand que j’ai bu sur mes trois expériences. 97+/100

    KRUG COLLECTION 1976 Magnum
    Je suis au comble du bonheur : C’est le deuxième hommage de la soirée. Le premier était ce magnifique Richebourg 1946, tandis que ce Champagne est de mon année de naissance. Olivier est ravi de me voir aussi excité.
    Le nez fabuleux explose comme une bombe sur la tarte tatin, la poire fraîche, le maracuja et le pain d’épices. La bouche gorgée de soleil, est l’une des plus exotique que je n’ai jamais bue. La bulle est parfaite, apparaissant subtile et intense en même temps. Je ne sais pas si l’effet magnum est responsable de cette féerie, mais, quoiqu’il en soit, ce 1976 s’affirme ce soir comme l’un des plus beaux exemples de Krug, supérieur à mon sens, à des légendes telles que le 1961 ou 1979. Seul le 1966 reste intouchable. 97/100

    CHÂTEAU DE FARGUES 1990
    Alexandre de Lur Saluces nous raconte avec passion la naissance de cette année mythique. C’est le plus petit rendement depuis le 1893. Cette année faite par la météo, a donné un vin superbe, aux effluves d’amande amère, de fruits secs, et d’écorce. La bouche offre une liqueur de rêve, évoquant le miel, les agrumes confits, les pruneaux et autres dattes Medjoul. Il est bien trop jeune encore, mais il me semble impératif d’en posséder dans sa cave. 93+/100

    CHÂTEAU LAFAURIE PEYRAGUEY 1945
    Je continue l’exploration de ce magnifique Sauternes. Après 1921, 1929, voici cette autre année incroyable pour l’appellation. La couleur d’un bel or profond est très engageante. Le nez est dans la continuité parfaite du précédent grâce à de nobles parfums de bazar Egyptien, et de fruits jaunes confits. La bouche est une dentelle de miel crémeux et de biscuits orientaux. Il me manque juste le rôti et la puissance qu’offrait son lointain ancêtre de 1929. 94/100

    Je crois qu’il sera bien difficile de revenir sur terre, car ce dîner était en quelque sorte l’accomplissement dont rêve tout passionné. Pourtant il faut que la vie continue. J’ai ce soir, une pensée pour le sportif qui devient champion Olympique ! J’imagine qu’au bout de quelques jours, on finit par comprendre que même lorsque l’émotion est à son comble, on retrouve toujours la soif inépuisable de la connaissance. La quête n’aura jamais de fin…

    macflo76
    Participant

    Très intéressant, merci.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    superbe !
    Boire un 1900, j’en rêve ! Il faut bien garder des découvertes pour la retraite !;)
    Cuisine incroyable, et choix des vins pertinent ! De la justesse, rien que de la justesse, comme toujours…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Superbe repas et bouteilles d’anthologies ! Bravo…
    Tout le monde commence à penser que je suis un anti DRC, alors j’en profite pour dire que j’avais adoré Tâche 80. Pas un monument, mais un très grand Bourgogne quand même.
    Je suis heureux de voir que vous attendiez Petrus au tournant et qu’il a pourtant brillé emportant votre adhésion à tous. Ca renforce ma conviction que Petrus est un vrai monument du vin.
    J’adore l’année 79 en Champagne ,mais chez Krug, je trouve 76 très supérieur. 1993 est l’année oubliée en Blanc, mais pourtant l’avenir est sans nuages avec quelques monuments en préparation…
    Le 59 de Huet m’a beaucoup déçu, car trop fin et avec un sucre déjà trop digéré. Le 47 joue dans une catégorie à part. Je vous souhaite de le goûter bientôt !
    Merci pour tous ces beaux moments.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Texte impeccable comme d’habitude ! Cette soirée était monumentale et restera comme l’un des plus grands moments de ma vie. Tous les vins étaient dans une forme olympique ; Le repas d’une précision diabolique m’ a également beaucoup ému.
    Merci François pour ce moment hors du temps. Désolé pour mon Cr, mais mon emploi du temps surchargé cette semaine ne me permet pas de le mettre en ligne pour le moment.
    Florent.

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