macflo76

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  • macflo76
    Participant

    Merci Christophe
    Un menu qui donne l’eau à la bouche et des bouteilles bien sélectionnées ! J’adore 1978 dans le Bordelais. C’est une année très élégante. Je ne connais pas Mouton sur ce millésime, mais je pense qu’il est tant de tester celle que j’ai ! Connais tu Grand Puy et Tour haut Brion 78 ?? Ils font partis, à mon sens, des grands gagnants de l’année…

    Pour Rabaud 1945, je pense que c’est bien Rabaud Promis… Le domaine a du raccourcir son nom pendant une courte période du 20ème. J’ai bu Sigalas Rabaud 1896 et j’ai Rabaud Promis 1921 en cave. Les deux domaines existaient déjà sous leur nom actuel, il y a longtemps… Mais comme Mouton Baron, il y a certains domaines qui aiment changer de visage ! A vérifier tout de même…

    Florent.

    macflo76
    Participant

    [i]Depuis quelques années, nous avions pris l’habitude de nous associer avec mon ami Libe. Lorsque nous tombions sur un flacon rare et parfait, ils nous arrivaient donc de l’acquérir en co-propriété. Nous pensions que nous pourrions peut être en faire quelque chose un de ces jours !
    L’an dernier, une idée a commencé à germer dans nos tête. Pourquoi ne pas essayer de faire une gigantesque dégustation avec les gens qu’on aime dans un restaurant. Petit à petit, ce projet s’est précisé, jusqu’à devenir limpide, lorsque les Vavro, fidèles parmi les fidèles, eurent l’idée de génie de nous présenter Olivier et Maryline Delbergues du restaurant « Le verre et l’assiette » de Vaise.

    Ils étaient tous deux enchantés d’avoir l’opportunité de créer un menu à la hauteur de l’enjeu. Nous avons donc commencé à réfléchir à une alliance idéale entre chaque vin et un met. N’étant pas très câlé dans cet exercice de style, nous avons pris notre temps, Libe et moi, pour tenter de définir un accord juste. Grâce à notre expérience accumulée au fil des ans sur les vins anciens, nous avons réussi à définir au plus proche, la gamme aromatique de chaque vin . Le chef a ensuite joué de son imagination pour relever le défi.
    Ce samedi 2 octobre, vers midi, la famille est là, mais aussi les amis proches. Il est tant d’ouvrir le bal. L’ambiance est amicale, vous l’imaginez bien, mais pourtant, avec Libe, nous sommes dans nos petites chaussures. L’envie que tout soit parfait, forcément ![/i]

    MUMM Rosé 1955Saumon Gravlax
    La couleur à peine saumonée laisse difficilement imaginer que ce Champagne est rosé ! La bouche a conservé son pétillant et c’est donc gagné… Le nez de café, de petits fruits rouges, de fumée subtile et de coco est un vrai bonheur. En bouche la craie, et la groseille acidulée, lui donne une jeunesse intéressante que seule le manque de gaz peut trahir. L’accord me plaît. Il lui manque juste une touche de longueur pour tutoyer les anges. 93/100

    BILLECART SALMON NF 1964Panacotta d’oursins, émulsion d’eau de mer aux oeufs de harengs fumés
    Le bouchon nous échappe des mains. Hourra ! Le nez violent de biscuit caramel, de pain grillé, de noisette, et d’agrumes confits est tout simplement génial. En bouche on entre dans le saint du saint. Le genre de Champagne qu’on oubliera jamais. Ce qui me frappe immédiatement, c’est sa jeunesse insolente, avec un gaz de Champagne des années 90. C’est à coup sûr le 1964 le plus fringant que je n’ai jamais testé, et pourtant j’en ai bu des dizaines de cette année magique !
    Le tour de force est de réunir la puissance de 1964 et la grâce de 1966. On note des fruits blancs, des herbes humides, du beurre fondu, du café, des minéraux, et une touche d’exotisme en prime… Il joue dans tous les registres le bougre ! La finale est hallucinante et dépasse la minute. Décidément cette maison est foudroyante ! 99/100

    PAVILLON BLANC DU CHÂTEAU MARGAUX 1928Velouté d’artichauts de Jérusalem, pulpe de boudin noir Bobosse et demi homard rôti
    C’est vrai que l’on attend beaucoup de ce vin, car nous l’avons goûté moins d’un mois auparavant, en lui attribuant un rare 100/100. Dès l’ouverture, je sais que nous serons loin de cette perfection. Le nez fatigué de sucre roux, de bois de luxe et de thé est quand même intéressant, mais n’a plus l’extrême complexité, et surtout le cachet unique de son jumeau. La bouche est encore agréable, à nouveau marquée par la racine, la canne à sucre, et les agrumes fumés, mais elle termine courte et usée. Le plat lui va à merveille, et il résiste vaillamment à l’aération, finissant même par nous donner bien du plaisir. Je pense d’ailleurs que si nous ne l’avions jamais goûté avant , nous aurions été conquis. 89/100

    MONTRACHET « Marquis de Laguiche » 1966 Drouhin
    Quand je me retourne pour repenser à tous les blancs que j’ai pu goûter au fil des ans, je me rend compte que Montrachet, l’appellation mythique par excellence, est rarement à la hauteur de sa réputation. Je lui préfère nettement Chevalier ou Bâtard…
    Drouhin est l’un des rares, à avoir produit des Montrachet mythiques, et c’est ce qui explique notre motivation a servir ce blanc. Nous connaissons bien le 1964, mais celui-ci est une découverte. Le nez jaillit du verre et tourbillonne en offrant un visage différent à chaque seconde. On reconnaît la coco, le foin, les fèves torréfiées, le pain grillé, le litchi, le fruit de la passion, et l’ananas caramélisé.
    La bouche est massive, mais le millésime amène aussi de la fraîcheur. Quel fruité, et quelle minéralité ciselée, bon sang. La finale épicée et douce est un pur bonheur. Immense ! 99/100

    BÂTARD MONTRACHET 1979 RamonetRouget Barbet sur galette aux deux quinoas, réduction de jus d’arêtes tout simplement
    Le silence se fait. Le précédent frôle la perfection, et avec celui-ci, on y est. La différence se fait, je pense, grâce à l’empreinte de l’Homme. Le millésime est l’un des tous meilleurs du siècle, le terroir est sublime, mais il y a ce petit plus. Ce cachet que l’on retrouve au-delà de tous ces facteurs extérieurs : Un tour de main unique au monde. La magie saisie la table entière. Un ange passe.
    Les arômes explosifs tordent littéralement les narines dans tous les sens ! Difficile d’ailleurs de tout noter, tant la complexité est grande : Silex, poudre à canon, herbes fraîches, fruits exotiques, toast, beurre de baratte…
    En bouche, on prend une charge amère qui démonte la langue. C’est presque insupportable, mais Ô miracle, ça l’est pourtant, car le dosage est juste. La peau d’orange, le citron confit, la paille, la craie, les épices caressent les papilles comme une marée montante, qui reste là, indéfiniment… J’ai bu de nombreuses années de Ramonet et je confirme que l’on tient là le plus grand des Bâtard ! 100/100

    CHÂTEAU RAYAS rouge 1979
    François est l’un des premiers à avoir eu l’idée d’associer poisson et Châteauneuf-du-pape. Alors j’ai eu envie de lui rendre un hommage en tentant cet accord audacieux entre le roi Rayas et de magnifiques rougets… Je n’ai jamais essayé avant, et comme toujours je préfère donner un avis tranché, une fois que j’ai expérimenté !
    J’avoue que le résultat est étonnant. Le vin épouse à merveille la chair du poisson, mais cela semble moins évident avec la sauce. Quoiqu’il en soit je suis surpris, et convaincu !
    Le nez peine un peu à venir, mais après quelques instants, de belles notes de cendre, de terre, d’olives noires, d’eucalyptus et de fleurs arrivent en fanfare. En bouche, on ressent un millésime plutôt frais, qui a forgé un vin fin et délicat. On pense plus à Côte Rôtie qu’à Châteauneuf : Fumée, herbes grillées, cerise noire , mûre, et petits fruits rouges, ainsi qu’une touche de métal caractérisent la bouche… Il me manque de la longueur pour être pleinement satisfait. Certains crus moins célèbres de la régions ont fait nettement mieux à la fin des années 70… 93/100

    CHÂTEAU MONTROSE 1921Ris de veau rôti, fricassée de champignons des bois, jus infusé à la fève de Tonka
    La bouteille a un niveau presque bas goulot, avec bouchon d’origine. Le nez de cuir usé, de cacao, et de framboise au lait de coco me plaît bien. Certes une touche de volatile dérange certains dégustateurs, mais l’ensemble est cohérent. On est sur une année très chaude !
    La bouche est le symbole de toute une époque : Rafle, cassis, terre…Cependant, une touche velouté que l’on ne perçoit presque jamais avec ce château est bien présente. Honnêtement, Montrose ne m’a jamais donné une seule grande émotion, à part le 1990… Je le trouve toujours strict, sans charme, et très variable d’une bouteille à l’autre. J’avais déjà bu 1921, et ce présent flacon est bien le meilleur.La finale termine un peu fuyante.On reste donc à 100 coudées d’un Gruaud et d’un Cos d’Estournel du même millésime. Une légende Bettane qui me laisse neutre. 91/100

    CLOS VOUGEOT « Cuvée Liger Belair » 1923 Nicolas
    Pour moi, c’est LE millésime des années avant guerre. Bien meilleur et surtout mieux conservé que 1929…. Cette fois encore, c’est un monstre. Clos Vougeot fait souvent dans la subtilité, mais là on est face à un dinosaure !
    Je regrette de ne pas avoir laissé la bouteille reposer un jour de plus, car le dépôt a tendance à alourdir l’ensemble. Comme me le fait justement remarquer l’un des convives, on aurait gagné en précision, et donc 1 ou 2 points de mieux, si l’on veut chiffrer cela…
    Le nez de framboises, de fraises des bois et de tabac est un pur Pinot ; Aucun doute à cela !
    Le grain de tanin est épais, la bouche est massive, très alcooleuse, mais le terroir parle en apportant la minéralité, et donc la fraîcheur souhaitée. Cassis, mûre, et fruits rouges gorgés de soleil sont au programme. Si l’on ne s’attache pas à la couleur, c’est bien impossible de lui donner cet âge… La finale épicée est un régal. Un grand Clos Vougeot de l’histoire. 96/100

    CHÂTEAU LA MISSION HAUT BRION 1934Superposition de céleri, foie gras et pigeon rosé. A la paille, petit pot de lentilles fumées.
    Cette fois encore la bouteille est parfaite avec un niveau bas goulot et bouchon d’origine. Toute la table s’emballe en captant les effluves divines que délivre le vin dans le verre. Certains découvrent, ébahis, la pureté et la complexité d’un millésime plus frais qui a donné des Pessac magiques, parmi les plus élégants du siècle. On reconnaît facilement la truffe, le cèdre, le tabac blond, la pierre à fusil, et le graphite. On croirait un instant être face à Lafite 1953. Quelle classe et quelle conservation ! La bouche est une douce liqueur de petits fruits rouges, de cuir de Russie et d’épices torréfiées. L’accord avec le pigeon est somptueux. Un immense Mission avant guerre, totalement intemporel. 98/100

    ECHEZEAUX 1966 Henri Jayer
    Une fois dans ma vie, j’avais envie de connaître un Jayer de plus de 40 ans. On trouve une Conti de cette année plutôt facilement, mais avant de dénicher un vin de feu Henri, antérieur à 1970, il faut s’accrocher. Je l’avoue, à l’ouverture, nous avons paniqué avec Libe. Le nez était poussiéreux, et la bouche chargée d’alcool ; Bref sans intérêt. On voit bien là, toute la nécessité d’offrir au vin une aération optimum afin de lui redonner des couleurs.
    Vingt minutes avant le service, je m’aperçois que le nez est sublime, mais la bouche reste un peu lourde. Le vin est à 21°. Je le descend à 18. Là c’est le miracle, il trouve ses aises, et arrive parfait, comme on l’avait rêvé !
    Le nez est totalement féerique. Toute l’assemblée est captivée. On a l’impression que la bouteille a gardé dans sa prison, le savoir- faire du maestro, mais surtout toute son aura. J’entends des commentaires géniaux autour de la table.
    Pierre-Louis parle d’un vin qui s’apparente à une toile de Picasso : Juste quelques traits, dépourvu du superflu, mais qui raconte l’essentiel de l’histoire du vin. C’est difficile à décrire, mais hônnètement, c’est bien cela l’idée, je trouve. Tout est dit simplement.
    Erica ne pipe plus mot. Elle est un peu en méditation. Plus qu’un vin, on est face à une poésie divine qui semble comprendre l’âme de chacun, et lui raconter ce qui convient à lui et lui seul. Le message est donc différent pour chaque personne, mais au fond l’histoire est la même…
    Le nez est un voyage initiatique à lui tout seul : Essence de rose délicatement fanée, violette sucrée, épices orientales, café, et cacao, fumée subtile. Tout est tellement en place !
    Je me souviens de la phrase d’un sommelier à la Tour d’Argent. « Les vins de Jayer ne vieillissent pas, ils semblent figés dans le temps pour l’éternité ». Je ne peux que m’incliner devant ce constat. Cet Echezeaux est intemporel. La bouche est fluide comme une eau de source. La fraise des bois, la framboise, le cassis, le bois de luxe, et les épices caressent le palais sans jamais s’arrêter. C’est bien le premier vin de ma vie qui me fait l’effet d’un câlin maternel, chaud et rassurant. Quelle longueur ! 100/100

    CHÂTEAU TROPLONG MONDOT 1947Dos de lièvre, racine d’Antan, Jus de carcasse émulsionné au cassis.
    Encore un bouchon d’origine. Je ne crois pas qu’on puisse faire mieux avec Libe. Toutes ces bouteilles sont dans un tel état de perfection…
    Le nez de café-cappuccino, d’amande, de mûre et de menthe est à se damner. Le grain de tanin, très 1947, est granuleux et lourd sur la langue. Mais le tour de force réside, à mon sens, dans l’équilibre et l’harmonie de l’ensemble. On sent le terroir, mais surtout une sacrée patte, pour avoir réussi à ne garder que le meilleur de cette année titanesque. Le chocolat noir, les baies, et les épices envahissent le palais et laissent une jolie trace indélébile, tandis que la finale teintée d’une minéralité improbable pour cette année finit de me convaincre. Un vin diabolique, à qui il ne manque que la folie et l’extrême longueur d’un Cheval Blanc ou d’un Latour à Pomerol. 97/100

    CÔTE RÔTIE LA MOULINE 1976 Guigal
    J’avais servi ce flacon quelques années auparavant, lors d’une grande dégustation familiale. Le vin était malheureusement bouchonné, et le choc fut pour moi terrible. Guigal est l’un de mes maîtres, et je vivais comme une véritable injustice, de voir s’envoler mon rêve de goûter une fois une Mouline de mon année de naissance.
    Pour la première fois de ma vie, j’ai donc décidé d’écrire au domaine une longue lettre, relatant l’évènement, et toute l’admiration que je leur portais. Je demandais timidement, s’ils accepteraient de me vendre une autre bouteille, afin que je puisse une fois y tremper mes lèvres.
    Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une semaine plus tard une magnifique bouteille de Mouline 1976 dans ma boîte aux lettres. Ils ne m’ont jamais demandé aucune preuve supplémentaire ! J’imagine qu’ils auront été touchés par l’authenticité de mon témoignage… En tous cas, je me suis permis de renvoyer une deuxième lettre pour leur expliquer, qu’à toutes leurs qualités déjà reconnues, il fallait absolument ajouter le panache ! Je ne connais, en effet, aucun autre domaine au monde ( surtout pas Bordelais ) qui remplacerait une bouteille défaillante de plus de 30 ans avec 100/100 au guide Parker. Merci encore à toute la famille Guigal donc.

    Le nez prodigieux, plus prêt que le 1978, délivre des notes entêtantes de cendre, de canard fumé, d’herbes grillées, d’abricot et de fruits exotiques. La bouche est un concentré de mûre, de myrtilles et de burlat. La fraîcheur de l’eucalyptus donne du génie au vin, tandis que la finale d’épices et de lard nous emmène au septième ciel. Un poil en deçà, cependant, de l’irréel 1969… 98/100

    CHÂTEAU Y d’Yquem 1959Stilton et Vieil Ossau
    Le premier Y de l’histoire a presque disparu du marché. On sent que tout le monde est excité !
    La couleur ambre-acajou est plutôt aguichante. Le nez est celui d’un vin liquoreux qui a digéré ces sucres. On perçoit du madère, de l’amande, de l’horchata, de l’orange amère et de la cire. François le trouve un peu dévié… Moi je ne suis pas surpris : J’ai bu de nombreux Y,et je trouve justement qu’il est bien difficile de définir un style à ce vin. On passe du grandiose au moyen, et j’ai souvent remarqué, que les grandes années de liquoreux, sont toujours les moins émouvantes chez le « petit frère ». Je m’attendais donc à ce qu’il soit inférieur au très surprenant 1968 de la semaine dernière. Le but était surtout d’avoir l’émotion du premier jet…
    Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est quand même un très bon vin, où la sucrosité subtile porte des parfums d’écorce,et d’épices. Il ressemble à s’y méprendre à un grand madère des années 20… 91/100

    VOUVRAY « Clos du Petit Mont » 1928Dans un verre, compotée de figues de Solliès-Pont, Riz au lait déstructuré infusé au tilleul
    Nous voulions absolument du tilleul dans le dessert, car c’est la marque des grands et vieux Vouvray… j’ai mis des années à obtenir enfin ce flacon. Je l’avoue, j’ai fait du harcèlement auprès des vignerons. Je pense que la passion du discours l’a emporté ! Une telle bouteille n’est pas faite pour être collectionnée, mais bien pour être bue.
    Le nez discret de figue, de kiwi, et de tilleul est agréable, sans plus. En bouche, le citron, la mangue, et le grillé d’un vin jeune domine. Il est encore nerveux, peu liquoreux, mais fort agréable. La Loire est l’une des régions que je vénère le plus, mais là je dois reconnaître bien malgré moi, que ce vin est assez banal, si ce n’est sa jeunesse incroyable. Je vais quand même essayer d’en discuter avec le domaine, car un doute me saisit : Se peut-il qu’une bouteille bien plus jeune se soit malencontreusement glissée dans le casier des 1928… Attendons la fin de l’histoire ! 90/100

    CHARTREUSE Blanche 1910-1920Assortiment de chocolats épicés « Bernard Dufoux »
    François nous fait l’immense honneur d’apporter ce très rare flacon. Qu’on se le dise, ce breuvage semble tout droit descendu du ciel ! Le nez prodigieux de réglisse, d’herbes sèches, de menthe, et d’eucalyptus me fait rendre les armes. La bouche offre un volume d’un autre monde, un côté liquoreux vertigineux. Pourtant l’ensemble reste soyeux, digeste, avec une longueur superlative. Quelle émotion !
    L’accord avec les chocolats délicatement épicés de Bernard Dufoux est diabolique. 100/100

    [i]La liqueur du Père Kermann « Jean Bonafos » 1902 qui s’avère malheureusement remplie d’eau nous offre finalement un instant hors du temps d’une rare émotion ! Le rire et la bonne humeur sont aussi quelques uns des facteurs essentiels à la réussite d’un repas, alors merci François pour nous avoir offert ce moment magique qui restera aussi sûrement gravé dans nos mémoires que le goût d’un 1902… Merci aussi à Olivier et Maryline qui ont accompli un repas parfait du début à la fin. Quelle organisation et quelle minutie redoutable ! Merci aussi à Libe pour ce partage d’amitié, et enfin merci à ma famille et tous mes amis d’être là…
    Le vin est une passion assez unique dans ce monde matériel, puisque c’est l’une des rares à offir des moments éphémères, qui nous permettent d’être dans l’instant présent, ici et maintenant. Le seul instant où tout est parfait ![/i]

    macflo76
    Participant

    Cette année 1950 est une merveille ! Je ne connais que Mission pour les Pessac dans ce millésime… Ca donne envie de goûter le frère !
    Clair Daü a fait des vins exceptionnels, mais ils sont durs à trouver… Il doit me rester des Clos de Beze, je crois. En tout cas ce restaurant a l’air génial. Merci.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Tant mieux, si cela donne envie…
    Arnaud, voyons, tu sais bien que tu connais le vin aussi bien que moi. Il ne s’agit pas de ça !
    Il se trouve que ta pique tombait mal, car les cartes de vin, c’est une passion dans la passion. Pendant des années, j’ai réellement parcouru la France, petite table, comme grande table ( un peu moins maintenant que je suis papa…). J’ai un cahier entier d’articles découpés, de bout de carte de vins que je recopiais sur le vif, de recoupements personnels etc…Longtemps, j’ai gardé pour moi de nombreuses découvertes. Les temps changent, et actuellement je suis plus dans une expérience de partage… Ce sujet je le connais, donc je me permets d’être plus ferme dans le ton, mais je suis certains que çe pourra intéresser beaucoup de passionnés ! Et même toi, car à La Tour d’Argent il y a aussi de nombreux vins du Rhône à prix étonnant !

    Florent.

    macflo76
    Participant

    Je ne pense pas pouvoir être plus clair ! Je donne le prix du Coche Dury Rougeot 92…. Regardez sur Ideal, et dans n’importe quelle salle des ventes et vous constaterez que la Tour d’Argent a un coeff de 3 ; Sauf qu’eux ils divisent par 3 !!!!
    Désolé, Arnaud, mais comme souvent tu t’avances un peu vite. Je me soucis beaucoup du prix des vins, et c’est pourquoi, lorsque je parle de quelque chose, je ne suppose pas : Je connais. En terme de carte de vins, je peux même dire sans avoir les chevilles qui enflent, que je connais le sujet comme personne pour avoir sillonné la France de long en large.
    Donc La Tour d’Argent est bien l’un des meilleurs endroits de France pour goûter des vins introuvables, ou habituellement hors budget pour moi.
    Des Chablis 1er crus 85 de René Dauvissat à 80 euros, ou des Raveneau 1er crus de 85 ou 89 à 100 euros, c’est cadeau, n’en déplaise à certains… En prenant le temps d’éplucher cette Bible on trouve pleins de « trous »….
    Certes il faut pouvoir dépenser au moins 100 euros pour que le jeu en vaille la chandelle, mais si on peut c’est une mine d’or pour les grands vins de Bourgogne et de Loire. Bien souvent au prix de vente hors taxe en salle, et même jusqu’à 2 ou 3 fois moins cher ! Bordeaux, on laisse tomber par contre…
    Donc le Clos de la Roche 90 Dujac est à 180 euros la demi bouteille (et 365 la pleine je crois). Pour ceux qui connaissent le prix de cette bouteille actuellement, je pense que je n’aurais pas à en ajouter davantage. Et le niveau qualitatif du vin permet de se faire une idée de ce qu’est un mythe de la côte de nuit. On est dans le saint du saint, au même niveau qu’une Tâche 90 et autre Jayer…
    Comme souvent la plupart des gens sont persuadés que… ont entendu dire que…. Mais en fait ils ne savent pas, car ils n’iraient jamais vérifier par eux même. Là vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas !
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Superbe dégustation bien construite, comme toujours !;)
    Je rêve de boire un Chablis Moutonne ancien… Malheureusement la seule que je possédais (1947 !) s’est cassée un jour, alors que je rangeais ma cave:X
    Les 1911 en Pinot sont d’une rareté extrême… Je n’en ai goûté qu’un (Corton de Morin) qui était d’une perfection incroyable. Une essence de fruit et de rose.
    Merci pour ce compte-rendu qui donne le sourire.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Je plains les administrateurs du site. Je ne sais pas comment ils vont faire pour garder leur sang froid !
    Une certitude : Grandamateur n’est pas un passionné : Impossible d’être aussi détestable. Ou alors c’est enfin l’exception qui confirme la règle. J’ai jamais vu ça, en tout cas…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Trop fort Benji !
    Je suis toujours impressionné par les détectives en herbe !
    Bon ben on verra si notre amateur connait d’autres vins anciens que les grosses cylindrées habituelles citées par n’importe quel critique du monde … Tout le monde attend aussi les commentaires pertinents des DRC 29 45 et Cie.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Toutes ces années de dégustation m’ont données l’occasion de rencontrer des passionnés, des fous absolus de vins, mais j’avoue que Grandamateur sort du lot. Un peu hors compétition en fait !
    Dans n’importe quel domaine, un passionné va déjà acquérir le savoir, puis la connaissance.
    Un jour il devient un sage, patient, à l’écoute des autres, heureux de transmettre ce qu’il sait.
    Mais jamais il n’écrase les autres.
    Certains disent même « lorsque l’on sait, on se tait ». J’imagine donc que Grandamateur croit savoir, mais la sagesse ne vient pas lorsque l’on a bu tous les grands vins du monde ! Vous nous en faite une magistrale illustration. Vous semblez ne pas avoir retiré grand chose de votre ( peut être ) immense expérience. Dommage.
    La route est longue ! Bon courage…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Superbe dégustation.
    Je suis pas étonné de voir le Domaine de Chevalier 83 sortir si bien. C’est un exemple parfait de la grande classe bordelaise… Et en plus on peut le trouver à prix doux.
    Les vins de Bonneau du Martray mettent un temps fou à trouver leur aise, met quand ils sont à maturité, c’est un plaisir garanti. Le cachet de ce domaine est très particulier, je trouve.
    J’attends toujours la grande émotion avec Bernard Dugat… Ces vins sont chers et souvent un peu frustrants dans le verre ! Mais il m’a toujours affirmé que ses vins étaient faits pour être géants dans 50 ans… Alors je vais pas me plaindre moi qui vénère ce type de flacons … Lorsqu’ils sont à maturité. Attendons donc !
    Bravo pour ce CR, dans lequel on apprend plein de choses !
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Luc c’est une façon pleine d’humour de voir les choses…
    On peut aussi y voir que Dom P 98 n’est pas dans sa meilleure phase en ce moment, mais qu’une longue aréation peut être une bonne idée. Méfiance avec Krug 95.
    On y apprend que Dujac est déjà explosif et que c’est le type même de vin qui se boit bien à n’importe quel stade de sa vie. On a une confirmation que Rayas est un vin qui demande du temps comme Yquem ou Clos St hune. Et ça n’est qu’avec les années que d’un seul coup il dépasse la concurrence.
    On peut trouver des idées d’accord, audacieuses certes, mais des idées originales quand même.
    On peut y découvrir le Rivesaltes de Rossignol.
    On a un aperçu précis de ce que propose Le petit Nice. Ca permet de savoir si cette cuisine nous attire ou non… On apprend que la carte des vins n’est pas à la hauteur ( info importante pour moi ).
    Certains découvrirons que les Provence peuvent allégrement affronter une garde de 25 ans…
    Bref, en étant objectif, je sais que chacun peut apprendre plein de choses enrichissantes.
    Nous avons tous une vision modélisée du monde qui nous est propre, et en fonction de l’humeur du jour, des priorités etc…. nous verrons ce que nous voulons bien voir dans ce texte, comme dans n’importe quel instant de la vie 😉
    A bientôt !
    Florent

    macflo76
    Participant

    Magnifique compte-rendu. J’ai littéralement « mangé » avec vous ce repas du Petit Nice…
    Il est vrai que Dujac fait des vins d’une gourmandise incroyable. J’ai en tête son Clos de la Roche 90 absolument prodigieux !
    Bravo pour le côte de Provence 1983. J’aime lire que tu aimes ce genre de vins ! 83 est une belle année en Provence.
    C’est bien dommage que sur toutes ces informations enrichissantes, un vigneron sudiste ne retienne que le « luxe »… Affligeant.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Je confirme qu’en Sauternes, on a de belles choses (Doisy, Yquem, Fargues, Climens…), mais je préfère nettement 1975 ou 1967…ET je rejoins François, Pomerol et St Emilion sont largement au-dessus…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Non pas d’indication pour le Sancerre…

    J’avais découvert ce millésime (1971) avec les Pomerols, il y a quelques années. Petrus est un chef d’oeuvre ( a l’aveugle ), mais bon c’est Petrus… Ensuite j’ai découvert aussi les St Emilion avec, en particulier, un Figeac grandiose. L’expérience me montre que la rive droite est prodigieuse, mais l’autre rive est moins spéctaculaire…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Julien, je ne suis pas étonné que tu donnes une bonne note à ce Champagne… Comme je te l’ai dit plus haut, l’absence de bulles ne condamne pas le vin , loin de là ! Imagine juste qu’avec les bulles tu aurais eu plus de nuances aromatiques, plus de fraîcheur aussi, et surement un poil de longueur en plus. Donc 5 à 7 points de mieux… Les 55 sont des bombes atomiques en champagne. Je suis sûr qu’un jour tu tomberas sur la timballe !
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Julien, l’absence de bulles n’est pas normale. Beaucoup de gens et même des professionnels prétendrons le contraire, mais je peux te certifier que l’absence de bulles signe une fatigue du vin, quelque soit son âge. Je suis remonter au 19 ème en Champagne et j’ai même eu le bonheur de boire un Moët sous gaz. Il avait encore du pétillant.
    Et donc bien évidemment François, je te rejoins totalement… Un Champagne qui a conservé un pétillant rentre pour moi dans la case  » sous gaz ». Car même si ce pétillant est léger, il permet d’avoir le fameux esprit aérien de cette région. Il faut avoir comparé une fois le même Champagne ancien avec pétillant et sans gaz, pour comprendre cette différence colossale.
    Un Champagne sans gaz, m’évoque un liquoreux sans sucre ( je ne parle pas d’un sucre en partie digéré ) : Bien sûr c’est buvable et plaisant parfois, mais c’est à mon sens une déviation « pathologique »….
    Je suis également un fervent défenseur de l’ouverture  » dernier moment » d’un Champagne ancien…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Très belle dégustation. On perçoit sans peine une grande générosité…
    1955 est une année légendaire. Je l’ai dit de nombreuses fois, elle surpasse à mon sens 1959 pourtant bien plus encensée… Vrai pour Bordeaux et Champagne…
    Par contre je pense que votre Pommery a du avoir un léger souci de conservation…. C’est malheureusement dur de trouver des Champagnes aussi vieux, et parfaitement conservé, mais lorsque les conditions sont réunies, ils offrent une jeunesse sidérante, digne d’un Champagne des années 80…. De plus Pommery fait parti des maisons les plus fantastiques ! Même les millésimes des années 20 sont encore sous gaz…
    L’absence de gaz ne condamne en aucun cas le vin , mais vous y perdez nettement en complexité et le côté aérien étant plus là on perd également l’une des caractéristiques majeures de cette région…
    Sigalas 1955 n’est pas évident à trouver , bravo !
    Merci encore pour ce partage…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Ca fait envie ! Bravo, et bon anniversaire.
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Mont Redon est un châteauneuf qui a fait des mythes, donc ça ne m’étonne pas que le 78 soit délicieux… Je n’en ai pas encore goûté d’aussi jeunes ;), je me suis arrêté à 1970… D’ailleurs superbe ! La légende absolue reste le 1949…
    Belle dégustation estivale en tout cas…
    Florent.

    macflo76
    Participant

    Je n’ai jamais été très impressionné par les Gruaud anciens, jusqu’au 1921 en compagnie de François… Il faut dire qu’il n’avait jamais bougé du restaurant et que le niveau était dans le goulot….
    Christophe, j’espère que tes 1916 et 1918 seront parfaits ! tu nous raconteras ?!
    Florent.

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