lanèfle

Nous avons 1 invités et 0 utilisateurs enregistrés en ligne.

Forum Replies Created

Affichage de 20 réponses de 101 à 120 (sur un total de 754)
  • Replies
  • lanèfle
    Participant

    Stoeffler Rotenberg 2009 (pinot Noir)

    Sur le Rotenberg, Vincent Stoeffler crée régulièrement un vin solaire aux accents pagnolesques. Trop sudistes à mon goût même parfois. Mais ce 2009 m’a donné des sensations comme je les aime sur un pinot noir de là-bas.

    Ici, la robe foncée reste translucide, mais vous ai-je déjà dit que selon moi, c’est la moindre des politesses pour un pinot soucieux des règles de bienséance propres à la belle civilisation du vin Française?

    Le nez est carrément aromatique sur la cerise, la cerise bien noire et juteuse qui sent bon l’été. Un peu de melon très mûr et d’épices complètent ce nez simple, peut-être un peu trop trouveront certains, évident mais tellement gourmand.

    En bouche, la cerise nous en remet une couche. Les tanins, très fins et en retrait laissent un vin rond, gouleyant, facile et gourmand. La longue finale d’environ 15 secondes est fraîche et termine un vin qui, malgré tout, avec sa jolie matière aromatique, marque agréablement et durablement le palais et les souvenirs.

    Le lendemain, sur les quelques lampées qui avaient échappé à nos soifs jamais étanchées, on note un peu de violette en attaque, très expressive, de la bonne framboise pinotière, des cerises toujours, des épices encore, et une matière qui ne bouge guère.

    Voilà un Rotenberg qui me fait furieusement penser au 2005, en plus aimable et un peu moins complexe peut-être.

    Stoeffle Riesling Vieilles Vignes Mulhforst 2009

    Voilà un vin qui annonce la couleur. Pas tellement au travers de son minois limpide et brillant coloré de paille blonde, mais surtout par les larmes épaisses et nombreuses qu’il laisse trainer sur le verre.

    Le nez, c’est Rio au Carnaval. Aromatique, ça t’envoie à la pelle des fleurs en bouquet, des agrumes, du citron je dirais, de la muscade et du thym et un agréable parfum de rucher, vous savez, un truc qui sent autant le miel frais que la cire.

    Une fois au coeur des choses, en bouche quoi, comme souvent quand c’est écrit vieilles vignes sur la bouteille, c’est un demi-sec. Un demi-sec qui reste très frais de bout en bout et même vif en finale. Ce qui fait, qu’avec des rillettes et quelques tranches de brioches tartinées de foie gras en terrine, mes petits amis, il n’y a que du bonheur.

    D’autant plus que non seulement la finale est vive, mais aussi saline (et oui carrément, comme je vous le dis, plutôt potassium que sodium, je plaisante bien sûr) et traine au-delà de 20 secondes. Les arômes sont pareils à ceux du nez. Vous voudriez pas de la fraise du Boukistan Occidental et du chinchilla en plus non ?

    Et le lendemain, mes petits amis, il n’y en avait plus !

    Comme beaucoup des 2009 que j’ai goûté en Alsace ou en Loire je le décrirai comme gourmand, facile, immédiat.

    lanèfle
    Participant

    oliv écrivait:
    ——————————————————-
    > Entretien
    > Causerie avec Claude Courtois, vigneron en
    > Sologne.
    >
    > « – Et le fait d’avoir des racines plongeantes
    > influence le goût du vin ?
    >
    > Ça apporte déjà le principal : le goût du terroir.
    > Si vous avez la chance que le sous-sol soit riche,
    > vous aurez automatiquement des arômes multiples.
    > Dans ces argiles, des tas d’oligoéléments sont
    > piégés depuis des millénaires, et cela donne des
    > vins minéraux. Un vin ne peut pas être grand s’il
    > n’est pas minéral, et s’il ne l’est pas c’est que
    > la culture de la vigne est mal faite. »
    >
    > https://www.le-tigre.net/100-pur-jus.html

    Tss tss tss. Oliv, j’ai du mal à ne pas te voir avec un sourire énorme, dépassant de loin les oreilles alors que tu recopiais cet extrait…

    lanèfle
    Participant

    oliv écrivait:
    ——————————————————-
    > Portrait
    > Il guérit le vignoble par enchantement !
    >
    > https://terredevins.com/article-5758-Il-guerit-le-v
    > ignoble-par-enchantement.html

    extrait : « Sa prochaine intervention sera effectuée dans un cru classé de Saint-Emilion, c’est dire si Emmanuel Labergère survole les rangées de ceps afin d’ optimiser la qualité du vignoble. »

    C’est Merlot l’enchanteur !

    Et pas Charlot l’emm…

    Je sors.

    lanèfle
    Participant

    Luc Javaux écrivait:
    ——————————————————-
    mais non, un sol calcaire
    > ne donne pas des vins qui sentent le calcaire, un
    > sol schisteux ne donne pas des vins qui sentent le
    > schiste et un sol argileux ne donne pas des vins
    > qui sentent l’argile.
    >
    >
    > Luc

    ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas d’argile, de craie, de schiste qui passe dans la plante, le raisin puis le vin. Ca a des calculs rénaux une plante, m’sieur ?

    lanèfle
    Participant

    Cela dit, c’est facile de parler de terme à la mode.

    Nous sommes quand même des gens qui communiquons entre nous pour nous transmettre les uns aux autres les sensations et les émotions que nous procurent des vins. Tout cela en sachant qu’il est parfois difficile de mettre un mot précis sur certaines sensations.

    Ca ne me choque donc pas que certains descriptifs qui font sens aient du succès.

    Maintenant, on peut se poser des questions.

    Si je relis mes premiers CRs en blanc, les finales étaient moins souvent salines qu’à présent. Actuellement je trouve souvent des finales salines dans les vins d’Alsace que je bois. Pourquoi ?

    -Parce que je bois en moyenne des vins de qualité plus élevée qu’au début de ma passion ?
    -Parce que je bois des vins plus évolués ?
    -Parce qu’un jour j’y ai pris garde, parce que je l’avais lu dans un cr sur LPV et que depuis j’y suis plus sensible ou « sensibilisé » ?

    -Un peu de tout ça ?

    -Parce que l’embourgeoisement du à l’âge me guette et que je me sens d’humeur à goûter le sel de la terre ? 😀

    lanèfle
    Participant

    DarthTux écrivait:
    ——————————————————-
    > Thierry,
    > un lézard c’est pas bien grave.
    > Chaque année tu as des kilos de terre, des kilos
    > de feuilles, quelques escargots/lézards et aussi
    > quelques goutes de sang humain, etc…

    Quelques ailes de chauve-souris, deux poils de chats… Pressez-un soir de lune montante en capricorne et vous sonnerez le réveil de la bêêête.

    Désolé. Pas pu m’empêcher. Ca ressemble trop au scénario d’un film de série Z. 😛

    lanèfle
    Participant

    Jean-Bernard écrivait:
    ——————————————————-
    > bonjour Francis,
    > Tout d’abord en te citant je ne cherchais
    > absolument pas , tu l’as compris, à te
    > « contraindre » de venir expliquer « ta » minéralité.
    > En tout cas c’est très sympa de prendre la peine
    > de nous expliquer ce que tu entends par là.
    > Personnellement après de longs débats ici il est
    > ressortit une définition de la minéralité qui est
    > la suivante: la minéralité d’un vin est sa
    > concentration en sels minéraux, concentration qui
    > influe positivement sur les qualités du vin
    > notamment son équilibre gustatif. Cette définition
    > est défendu par un journaliste, David Lefèvre;
    > elle a été « démontré » ici notamment par Hervé
    > Bizeul et Luc Javaux en a souvent synthétisé le
    > principe dans diverses occasions sur le forum.
    > Personnellement cette vision de la minéralité m’a
    > convaincu, même si je suis bien incapable de dire
    > lorsque je bois un vin s’il est très concentré en
    > minéraux et de dire si les caractéristiques de ce
    > vin sont « boostées » par sa minéralité (c’est
    > pourquoi je n’ai encore jamais employé ce terme).
    > Certains ici pensent que minéralité=aromes de type
    > minéral, ce qui est un abus de langage non
    > répréhensible 🙂
    > D’autres rapprochent ce terme de la tension, de
    > l’acidité donc. On leur objecte souvent que si tel
    > est le cas, il existe déjà tout un vocabulaire
    > pour décrire cela et qu’utiliser le terme de
    > minéralité ne fait qu’entretenir une certaine
    > confusion, ou une certaine mode.

    Ouaw ! Impressionnant travail de synthèse ! Concis et clair. Comme cela me semble reparti pour quelques tours, je propose de citer ce résumé de Jean-Bernard, disons toutes les deux ou trois pages…

    lanèfle
    Participant

    Luc Javaux écrivait:
    ——————————————————-
    > Effectivement, car tout le monde sait (ou devrait
    > savoir) que la minéralité n’a pas d’odeur et
    > qu’elle ne peut donc qu’influer sur le goût !
    > Et hop, un petit tour de manivelle et c’est
    > reparti !
    >
    >
    > Luc

    Comme l’argent donc…

    Si j’avais l’esprit tordu je dirais que la minéralité est donc une question d’argent et donc de marketing.

    Mais Luc, la minéralité ne peut pas avoir d’odeur puisque c’est une vibration. Bon ça suffit, la minéralité me laisse de marbre de toute façon…

    Bon et alors le premier, je dis bien le premier qui fait de fines allusions à propos de vibrations odorantes…

    Excusez mes potacheries, mais la minéralité, ça commence à avoir un goût de réchauffé…

    Et en plus ça a déjà été martelé dans tous les sens sur LPV…

    lanèfle
    Participant

    Euh… là Damien, je trouve que tu exagères…

    Si… si…

    Moi j’essayais juste de dire gentiment que si la définition donnée par Luc est rigoureusement la seule qui soit exacte, et que quand des gougnafiers comme nous décrivent un vin feraient bien de s’en souvenir, si elle est exacte et simple et basique, on peut admettre que le langage courant soit moins strict. Bref, j’apaise, je tente de faire rire un vendredi…

    Mais toi, voilà t’y pas que tu montes sur des chevaux dont le galop me donne le tournis… [size=x-small]J’m’en vais relire le Bébert dans le texte tiens… Et Orphée aussi…[/size]

    lanèfle
    Participant

    > On tâchera de démocratiser le terme de flaveur,
    > que mon dico intégré ne connaît pas encore.

    Fais toi une flaveur, ouvre une bouteille…

    [size=x-small]Je sors sur la pointe des pieds….[/size]

    lanèfle
    Participant

    Jean-Bernard écrivait:
    ——————————————————-
    > Greg, c’est un peu un dialogue de sourd là 🙂
    >
    > Parler de méconnaissance scientifique pour
    > discerner la différence entre le goût et l’odorat
    > c’est exagéré…

    Il n’y a pire sourd que celui qui ne voit que d’un oeil. Quand je parlais hier de coupages de cheveux en 4, je me suis très mal exprimé. En fait, on dit presque tous la même chose mais pas tout à fait.
    Pourtant si on veut bien y mettre un peu de bonne volonté et d’humour, ça ne me semble pas compliqué si ?

    Le goût et l’odorat sont deux de nos 6 sens (avec l’ouïe, le toucher, la vue et bien sûr, le sens des affaires). Luc vous l’a dit et en plus il a bien souligné qu’il avait raison : au sens strict, physiologique, le siège du goût qui a trait aux saveurs (ne chipotons pas salé, sucré, amer, acide), c’est la langue et les papilles gustatives. Point. Tout le reste que ça vous pénètre par les narines ou que ça remonte en volutes sensuelles par votre arrière gorge (sur des notes de musique orientale « Chéri je t’aime, chéri je t’adoreuh…), ça concerne l’odorat et la perception des aômes (flaveur dans un cr, ça me fait le même effet que taster, alors j’utilise pas). Physiologiquement, une fraise ne goûte pas la fraise, elle sent la fraise. Son goût est plus ou moins acide ou sucré, en gros. Point. C’est simple, inattaquable. Point besoin d’en appeler aux mânes de l’académie, ou alors celle des 9.

    Et il est surtout important de garder cela à l’esprit quand on fait un cr. Soit.

    Est-ce un abus de langage cependant de dire d’une fraise qu’elle goûte la fraise ? Non. Parce qu’il s’agit non plus de signification stricte , mais de signification commune, populaire. Parce qu’en Français, un mot peut avoir des acceptations diverses, plus ou moins étendues et évolutives. Ainsi, il est d’usage commun de parler de goût d’une chose quand les sensations proviennent de la bouche :

    Goût de bouchon ou « Dis Jan, tes frites elles goûtent la morue » (entendu dans le port d’Amsterdam).

    Goût a aussi d’autres acceptations :

    « Dis donc, tu as vu comme il se sape, il a vraiment des goûts de chiotte » et pas « Avez-vous son accoutrement ? Quelles saveurs de mauvais aloi ! »

    Cela fait-il avancer le schmilblick minéral ? Que nenni ! Puisque les vrais minéralistes, les purs, les durs, ceux qui parlent de minéralité quand ils goûtent une espèce de vin janséniste mais qui bien sûr n’est que pureté et reflet du noble terroir au sol plein de vie » Quoi du fruit et des épices ? Pouah, arrière vulgarité ! C’est MI-NE-RAL… Cette acceptation de la minéralité, que vous appeliez un arôme, un arôme ou que quand ça sent la morue, vous dites que ça goûte la morue, ça ne la changera pas !

    Cela est-il incompréhensible dans un cr de dire ce riesling goûte la fraise, le cassis et la framboise ? Non, enfin, sauf que ce doit être un riesling bien étrange.

    Y a -t-il plus grave ? Oui. Beaucoup. Souvenez-vous de Bébert qui décrivait des tanins sombres, un nez d’une minéralité étrange. Là, scusez moi, mais ça méritait un débat. Et le vin vibrant alors ? Et le vin artistique ? (là, Luc avait donné une réponse : c’est un vin oxydé ! (:D)

    Allez, c’était le bon temps va ! 😉

    Bonne journée.

    lanèfle
    Participant

    Olivier Mottard écrivait:
    ——————————————————-
    > 12. Domaine Frédéric Mabileau – Saint-Nicolas de
    > Bourgueil cuvée Les Rouillères 12/20
    > Le nez affiche de belles promesses : beau fruit
    > rouge, un peu de réglisse, le tout est assez
    > élégant.
    > Par contre, cela se gâte en bouche : le fruité
    > apparaît très «compoté» avec encore une note de
    > réglisse.
    > Mais le vin manque totalement de fraîcheur et la
    > longueur est très moyenne.
    >

    Aïe ! Voilà un vin qui était extra de gourmandise pendant plusieurs années, comme les autres cuvées de la maison en 2005. On pourra se dire qu’après 6 ans, il est normal que ce qui est finalement une entrée de gamme se rétame un peu beaucoup. Mais le fruit compoté/manque de fraicheur, je l’ai déjà ressenti sur des 2002 en Eclipse, haut de gamme de la maison qui approche quand même les 18 euros. J’avais pour tout dire l’impression de boire un côte du Rhône pas terrible.

    Sinon, bon anniversaire chers compatriotes !

    lanèfle
    Participant

    enzo d’aviolo écrivait:
    ——————————————————-
    >
    > « Parce que dans ce genre de débat, si on n’entend
    > plus les mouches voler, c’est pas à cause de
    > l’effervescence des forumeurs, c’est parce que les
    > pauvres bêtes surveillent leurs arrières… »
    >
    > :D. Marc si nous devions mesurer le degré
    > d’importance et de pertinence de toutes les
    > discussions du forum, fermons le de suite car nous
    > sommes tellement dans le futile que cela mérite
    > bien quelques travaux arrières du drosophile comme
    > tu le suggères non?.;)

    mmmh, ça dépend Laurent. Quand on commence à chicaner sur les mots de telle façon, je me demande si c’est encore de la passion, celle du vin en tout cas. Ici, la conversation reste bon enfant.Je ne suis pas d’accord avec toi, mais comme tu es quelqu’un que j’apprécie, cela reste une discussion amusante.

    Tu le sais, je suis plutôt du genre « rationnaliste », mais je trouve depuis quelques temps qu’on veut absolument mettre de la rationnalité, du scientifique, de l’exactitude et de l’objectivité à tout prix sur des notions qui ne sont pas totalement rationnelles ni exactes et quantifiables. Comme le goût des gens, l’expression de leur ressenti. Sous couvert d’une rigueur « scientifique ou sémantique » que personnellemnt, je trouve un peu à côté de la plaque, on fait la leçon aux gens et on pinaille pour avoir absolument le dernier mot. La discussion sur l’odeur du sel dernièrement en est un parfait exemple.

    Moi je n’ai rien contre, sauf que ces pinaillages, à force de sombrer dans des détails rhétoriques ubuesques oublient l’essentiel, effarouchent beaucoup de gens, dérapent souvent dans l’engueulade et le caustique. Ce n’est probablement qu’une passe dans le long fleuve lpvien, mais une passe qui me donne envie de m’éloigner de la berge en attendant qu’elle passe, la passe.

    Cela dit sans aucune animosité envers qui que ce soit sur LPV, toi le premier. Que du contraire.

    lanèfle
    Participant

    Ben oui Laurent, mais il me semble aussi que quand tu dis qu’en bouche ce riesling goûte le pétrole à mort, tout le monde comprend non ? Faut pas pousser.

    On écrit pour être compris, mais le lecteur en général, n’est pas complètement neu neu.

    Moi je veux bien hein mais si il faut commencer à faire des cr’s du genre, « en bouche ce vin anime mes papilles mais amorce également mes facultés retro-olfactives par ses flaveurs pétrolées »… et ben je me contenterai de dire que le vin est bon ou pas.

    Je ne pratique pas l’oenologie mais l’oenophilie, quand ce n’est pas la simple prise de bon temps.

    Parce que dans ce genre de débat, si on n’entend plus les mouches voler, c’est pas à cause de l’effervescence des forumeurs, c’est parce que les pauvres bêtes surveillent leurs arrières…8-)

    lanèfle
    Participant

    ;)enzo d’aviolo écrivait:
    ——————————————————-

    > bah non Gilles, la craie je vois l’odeur mais pour
    > moi ça ne goûte rien. idem pour la mine de crayon
    > comme l’a indiqué jean-bernard au dessus. Quant au
    > pétrole, alors là non seulement je n’en ai jamais
    > bu mais si tu retrouves cette saveur dans un vin,
    > c’est inquiétant (son odeur par contre, elle est
    > caractéristique).

    Pourtant, si moi je croque une craie, ça dégage un arôme. Nous n’avons peut-être pas les mêmes sensibilités à ces sensations,ce qui ne serait que normal et banal. Par contre si tu perçois des arômes au nez (le pétrole par exemple) et que tu ne les perçois pas en bouche (rétro-olfaction)… je ne vois pas. Ou alors quand je relis bien, tu chipotes un peu sur les mots Laurent. Parce que si tu perçois le pétrole au nez, mais naphte est une sentence moins totale, le pétrole ne deviendra pas une saveur en bouche, ça restera un arôme que tu percevras, mais en bouche. Parce que si ce n’était pas comme ça, le vin en bouche serait bien triste. Mais tu chicanes sur les mots non ? filou va !;)

    lanèfle
    Participant

    Altau écrivait:
    ——————————————————-
    > Un des problèmes posé par ce fil est le sens du
    > mot « goût ». Même dans la définition du
    > dictionnaire de l’Académie Française ci-dessous,
    > on trouve des contradictions :
    >
    > En ce qui me concerne, je suis pour que l’on
    > qualifie de « goût », ce qui concerne la
    > rétro-olfaction ; d’arôme, ce qui concerne ce qui
    > est perçu par le nez via l’air extérieur ; saveur,
    > ce que j’en ai dit plus haut.
    >
    > Pour en revenir au sujet, il semble bien que des
    > minéraux aient des odeurs (comme le graphite) dont
    > on prend conscience par le nez, extérieurement
    > comme intérieurement, et ne soit pas de nature à
    > impliquer des saveurs.

    C’est essentiellement parce que la plupart des gens ne coupent pas les cheveux en 4.

    Quand ils mangent de l’argile au déjeuner, ils disent que ça goute l’argile.

    Ils ne tombent pas en pâmoison pour savoir quelle part de ce qu’ils perçoivent provient du nez, de la langue ou de la rétro-olfaction. Dans le langage courant quand on dit qu’une fraise sent la fraise (une fraise c’est peut-être plus habituel à manger que de l’argile…), c’est parce qu’on la renifle. Quand on dit que ça goûte la fraise, c’est parce qu’on l’a en bouche. Le reste, je le laisserai aux spécialistes. Cela dit, dans un cr, normalement la description du nez est différenciée de celle de la bouche et dans la bouche on rassemble d’un côté les perceptions aromatiques, de l’autre toutes celles liées au goût (acidité, moelleux…) et aux sensations tactiles (tanins, dents qui tombent, langue qui fond).

    lanèfle
    Participant

    gogos51 écrivait:
    ——————————————————-
    Après on ne va pas refaire
    > la ènième discussion sur le fait qu’il y a une
    > différence entre un goût, une saveur et une odeur

    Oui sauf que nous ne sommes pas des machines et que quand on met un vin en bouche, il y a des sensations de goûts (saveurs, papilles), des sensations tactiles (le toucher de bouche, Hein m’sieur Audouze ?), des sensations aromatiques (par « rétro-olfaction » avec ce que les grands amis des mouches comme moi peuvent nommer des flaveurs, pas comme dans « madame m’a accordé ses flaveurs », enfin quoique) Et que notre petite cervelle fait une synthèse de tout ça. En ce sens, il me parait un peu vain de faire de la sémantique à propos de l’odeur ou du goût qu’auraient ou pas les sels minéraux, les cailloux ou les chaussettes de grand-mère. Gilles T évoquait « la mine de crayon », ça me parle. j’associe d’ailleurs cette odeur à celle du bois suçoté et à celle du radiateur !

    > Quant aux fougères elles ont pour moi une odeur
    > très caractéristique, mais peut être est ce
    > l’environnement de la fougère qui fait ça.

    Plutôt l’état « végétatif » de la fougère. C’est une odeur très reconnaissable quand les plantes sèchent à la fin de l’été. Et à l’espèce : la fougère mâle et surtout la fougère aigle sont odorantes. Evidemment, l’environnement joue souvent sur la perception des odeurs (temps humide vs temps ensoleillé et sec).

    En ce qui concerne beaucoup de fleurs, le moment de la journée importe également. Certaines fleurs comme le chèvrefeuille sentent surtout le soir, parce que leurs longs tubes qui abritent nectar et étamines sont adaptées aux longues trompes des papillons nocturnes. Ces particularités, qui rendent le monde odoriférant si passionnant, nous sont percues différemment en fonction de nos histoires, habitudes mais aussi de notre bagage génétique. Et donc si le débat est intéressant, il est un peu surfait de finir par s’envoyer des casseroles à la tête par moment quand il s’agit d’odeurs comme celles de cailloux ou d’edelweiss. Il faut toujours garder à l’esprit que ce qui nous semble évident peut paraitre brumeux à l’autre et qu’en toute humilité, il ne faut pas essayer de prendre les remarques ou interrogations des autres avec hauteur ou dédain mais bien plutôt essayer de rendre ses propos compréhensibles à tous.

    Bonne journée.

    lanèfle
    Participant

    nicolas mayet écrivait:
    ——————————————————-
    > Une fois pour toute, je pense que quasi tout peut
    > avoir une odeur, évoquer des souvenirs.
    >
    > Cependant, pour en revenir à l’éternel
    > « minéralité » (oui oui je crois que c’est le plus
    > gros débat du forum), ce qui est exaspérant, c’est
    > de le revoir dans TOUS LES COMMENTAIRES de
    > dégustation.
    > On finirait par croire que tous les vins sentent
    > le caillou.
    >
    > Le problème c’est que certain utilisent le terme
    > pour dire acidité, tension. Bref à force on ne
    > comprend plus rien.
    >
    > SI on pouvait garder le terme minéralité pour les
    > senteurs ou sensation liées à la roche et le terme
    > « tendu » ou « acidité » pour ce qui est lié à ….
    > l’acidité, cela faciliterait les choses.
    >
    > On dirait que c’est une honte de parlé d’acidité,
    > c’est vrai que « minéralité » ça claque vachement
    > plus en dégustation 🙂

    Ouh là, tu as remis une pièce dans la machine ! Cela dit je suis bien d’accord. Sauf que si je relis mes CRS les cailloux sont rares, la minéralité inexistante. Quand j’évoque l’acidité c’est fraicheur, vivacité, mordant qui s’échelonnent. Mais si je puis me permettre, l’acidité, elle vibre vachement moins au niveau du vécu du sol que la minéralité !

    lanèfle
    Participant

    Jean-Marie Cade écrivait:
    ——————————————————-
    > Très en phase avec Mouvin, j’ai reniflé et sucé
    > pas mal de rocailles, avec des constats assez
    > surprenants. Par contre, je persiste sur le coté
    > ridicule de la perception des odeurs et saveurs de
    > la fougère…
    >
    > Lors de soirées dégustations, servez donc à
    > l’aveugle des préparations de fougères…et faites
    > vos comptes ! Résultat garanti B)-

    Pas d’accord Jean-Marie. M’étant promené des années durant dans des bois tapissés de grandes fougères aigles ou mâles ou sur les côteaux des monts d’Arrée, je peux dire que ça a une odeur. Rien qu’à l’évoquer, j’en ai des souvenirs.

    Quant aux cailloux, ben oui, il y en a qui ont une odeur. Mais attention, les chicaneurs diront que ce n’est pas le calcaire mais la matière organique dedans qui a une odeur. ou que dans le sel c’est uniquement l’ion chlorure qui est suceptible de sentir. Evidemment les mêmes chicaneurs auront du mal avec la vanille du sud-est de Bora-Bora et le foin de la fin de juin en Franche-Comté… Pourtant chicaner pour chicaner, ce sont toujours les mouches qui trinquent.

    Les différents vocables qui évoquent ce que sent le vin sont inévitablement des approximations plus ou moins poétiques pour rendre compte d’une information partielle (une molécule aromatique et pas les dizaines voire centaines de molécules qui composent l’arôme origienl d’une fraise p.e.) reçue hors contexte (un verre de vin et pas une fraise, rouge, avec une forme de fraise). Alors en fonction de notre environnement culturel, de notre vécu, de nos humeurs du moment, notre esprit nous donne un nom qui recouvre approximativement notre sensation.

    Certains des vocables utilisés sont anciens et ne correspondant plus à notre univers, deviennent un peu flou. Telle la pierre à fusil. On n’utilise plus beaucoup de pierres à fusil. D’autres vocables changent petit à petit de sens o aparaissent avec l’évolution de notre environnement culturel. Ainsi la notion de salinité de plus en plus présente. Personnellement, je la sens souvent… depuis que j’y pense en buvant.

    Humer un vin n’est pas une science exacte, c’est un plaisir.

    lanèfle
    Participant

    Le site du château.

    Dans l’Hérault, au Pays des Etangs, non loin de Frontignan et de Palavas-les-Flots, le Château d’Exindre, produit un des meilleurs muscat que j’ai jamais goûté dans la commune de Villeneuve lès Maguelone. La version 2005 du breuvage était quelque chose d’opulent, suave et léger à la fois. Je ne parlerais pas de fraicheur, mais quand même on est loin des sirops alcooleux que peuvent devenir ces breuvages bien souvent.

    Le château a un vieux passé viticole : villa romaine puis Franque, on y trouve des vignes au moins depuis 1100 et des crottes d’âne. Le pot de chambre qui orne les étiquettes, ce sont des fonts baptismaux de la Paroisse de La Magedelaine qui sont ornés d’après google de motifs d’inspiration wisigothe.

    Quelle ne fut pas ma surprise, en passant dans une grande surface du nord du Luxembourg (Massen pour ceux qui connaissent) d’y trouver pour 7 euros et des poussières, le muscat et le Languedoc du domaine.

    [b][color=#0033FF][center]En coteaux du Languedoc
    Magdalia 2006

    [/color][/b]

    D’après le site du château, il s’agit principalement de vieux carignan et de syrah avec une pointe de grenache.

    Au milieu d’une mer de larmes, la robe est invraisemblablement opaque, noire de noire. Il y a bien un peu de grenat sur la tranche, tirant sur le brun.

    Le nez est d’abord réduit, pas comme un cagibi avec des vieilles chaussettes rassurez-vous mais ça sent le truc qu’on vient d’ouvrir et qui n’a pas encore repris de l’air. C’est sans fruit, mais avec des épices. Puis, après une heure d’attente fébrile, ça s’ouvre joliment avec des impressions de fruits noirs confits, de girofle, d’oxo, de marinade, de sauge. Le tout est mesuré. Je parle bien d’impressions parce que l’arôme, il faut le débusquer. C’est assez plaisant et à l’aération un soupçon de violette égaie le tout.

    Ne serait-ce les tanins virils, poilus et râpeux qui pour un peu prendraient l’accent rocailleux du sud, le vin en bouche est plaisant : rond sans excès, bien équilibré par une acidité fine qui relève la finale. C’est juste un poil trop alcooleux à mon goût. Ca exprime la discrétion mais quand même on ressent la griotte et le cassis très mûrs et même bien cuits, les épices de la garrigue. Il y a aussi une forte amertume finale un peu dans le genre d’un digestif aux plantes Italien qui accompagne le grain de café sur 15 secondes.

    C’est typé sud et il faut aimer. Je trouve ça plaisant sur un moment, mais point trop n’en faut tout de même à mon palais de chochotte nordiste.

    Sur deux jours ensuite, la structure ne va guère bouger mais les arômes vont se noyer dans le vague d’un brouillard de fruits noirs épicés trop mûrs.

    Voilà bien une de ces appellations qu’on se demande mais d’où tu viens doudou dis-donc ? Ben à côté de l’appellation Muscat de Frontignan pardi. Ha bon ?

    S’étendant sur les communes de Mireval et Vic-la-Gardiole, le vignoble de muscat à petits grains se tape le cagnard méditerranéen mais aussi le vent du large. Ca c’est d’après wikipedia. Maintenant soit Villeneuve fait partie de l’aire d’appellation aussi soit le château d’Exindre a des vignes sur une autre commune. Vous savez quoi ? je crois que ce n’est pas très important.

    L’important, c’est que le muscat, son rendement de base doit être de 28Hl/Ha et que les sucres à la cueillette doivent afficher un taux de vignes de 252 g/l minimum. A moins que ce ne soit le contraire.

    Encore un mot historique à propos de ce bon vieux Rabelais qu’on met à toutes les sauces dès qu’il s’agit de pinard ou de gaudriole. Mais le gaillard nous livre une des plus vieilles mentions des vins de Mireval lorsque passant à Montpellier vers 1520, il dit y rencontrer « bons vins de Mirevaux et joyeuse compagnie ». Puis à Avigon il déclare y croiser des « femmes qui jouent volontiers du serre-croupière parce que c’est terre papale ». Quel rustre celui-là !

    Du muscat à petits grains cueilli au vent d’octobre.

    Voilà de l’or franc qui donnerait envie d’être riche. C’est très lumineux, cristallin avec des larmes drues et grasses qui donneraient envie d’être gros.

    Le nez est aromatique mais sans excès, franc et très fruité, on joue entre le pamplemousse rose entêtant, la poire et le raisin sec. Il y a un fond muscaté. Une vraie gourmandise.

    C’est suave, sucré, moelleux. Et absolument ni alcooleux ni lourd. C’est de la crème en bouche, veloutée et grasse. Cependant, inexplicablement, la matière reste légère. Une gourmandise avec des arômes expressifs de muscat , de raisin sec, de melon très mûr, d’épices et de réglisse. Et la longueur court sur un bon 25 secondes.

    Un délice gourmand, pur qui se prolonge sur deux ou trois jours sans rien perdre de sa superbe.

Affichage de 20 réponses de 101 à 120 (sur un total de 754)