lanèfle

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  • lanèfle
    Participant

    Euh… Patrick, je ne suis d’accord avec personne et je sens l’agressivité qui monte en moi… Ca y est j’ai bon ? je peux avoir une barrique aussi ???:D

    Plus sérieusement… tout départ voire toute éviction est un manque, une perte de diversité donc de richesse. Je voudrais juste faire part d’une anecdote. Sur un autre forum (;)), un jour BLG a débarqué avec son tact légendaire. Comme un bon débutant en vin et en forums je l’ai pris de volée, de façon fort prétencieuse et pas mal conne. Et sur LPV ? Paf message privé de blg. aïe. Quelques échanges avec ce « personnage » m’ont montré un monsieur courtois, posé,… et qui en deux phrases m’a dit des choses forts justes sur le bio, la bioD… Maria Thun ;). Je ne suis pas féru des tableaux de chiffres, je bois du vin en mangeant sans le cracher. Pourtant, j’estime beaucoup mr Bertrand Le Guern, qui par ailleurs n’hésite jamais à répondre à un message privé, à donner une précision ou l’autre, et tout ca au béotien que je suis. Au sujet de ses « insultes », je trouve que ses petites piques sont fort savoureuses et que je lis régulièrement des messages beaucoup plus insidieusement agressifs et blessants.
    D’autre part, même si la liberté de s’exprimer est une belle chose, un peu de recul, un peu d’autodérision et une pincée de modestie n’ont jamais fait de mal à personne, surtout à des internautes qui, quoi qu’on en dise, sont des invités qui bénéficient d’un site privé, gratuit, pour exposer leurs idées et parfois bénéficier de leur quart d’heure de gloire… N’oublions pas que les fondateurs-modérateurs, en dehors de toute considération sur leurs qualités et défauts, se tapent maintenance, frais, modération, responsabilité pénale aussi. Si en plus on leur demande de se taire et d’encaisser en souriant béatement… Et cela ne vaut pas que pour ce forum d’ailleurs…

    Bonne journée à tous et excellentes dégustations conviviales, jouissives…ba..ntes !

    lanèfle
    Participant

    [i]Garlaban a dit :

    Cependant, en ce qui me concerne aucun de ses vins n’est à boire (trop jeune, caricatural ou insignifiant) et leur seule dégustation ne peut s’interpréter que comme une nécessité (maladive?) de classement, rangement, démonstration de ces soi- disantes capacités d’analyses, exercice dont vous semblez friand![/i]

    En même temps, pour le moment dans les FAV, on vend (et on achète) du 2005…alors de commentaires sur les vins de 2005… ca me semble instructif non ?

    lanèfle
    Participant

    RaymondM écrivait:
    ——————————————————-
    > Luc,
    >
    > Je suis tout à fait d’accord avec toi, mais ,comme
    > tu le dis ,en connaissance de cause, pas par
    > principe.
    > D’ailleurs , hormis 2 ou 3 Yquem inoubliables, je
    > préfère l’équilibre différent des grands liquoreux
    > autrichiens ou certains SGN alsaciens (je ne
    > connais malheureusement pas les allemands ).

    Mais Raymond, nooon. Ce n’est pas par principe. Décidément, j’ai du mal à faire comprendre, entendre un point de vue que je ne trouve ni polémique, ni insultant. Je le redis pour la dernière fois. Ce qui me fascine dans le vin, comme dans le fromage, les eaux de vie, le foie gras… c’est la diversité des vins de France (et d’ailleurs), leur adéquation parfois surprenante avec les paysages, les gens, leur caractère. C’est ça qui cristallise ma passion du vin. je me sens mieux avec des gens du genre de ceux que décrit J. Pérez. Je dis simplement que les GCC bordelais, je ne sais pas ce que c’est, c’est hors de portée de ma bourse mais pour ma part, je vis bien sans les avoir goûter. Mon plaisir, ma passion sont ailleurs. Je ne refuserais pas de goûter si l’occasion se présentait. Bon, ok, l’image du tour de France, était un peu too much. Mais c’était une image. Rien de plus. Est-ce parce que cette image vous choque que vous venez me dire comment osez vous venir sur un site de passionné en disant je ne boirai pas Yquem etc… ? Alors c’est que nous nous sommes mal compris et j’en suis désolé. Mettez vous ma passion pour le vin en doute pour ça, sans me connaître ?

    D’ailleurs,un peu hors-sujet soit, mais par principe justement, je n’irai jamais m’offusquer des prix des GCC en primeurs. Quand je vois les dizaines de messages de gens qui disent ouaw les GCC, c’est pas si bon, mais c’est quand même scandaleux que ce soit aussi cher, là je trouve ca déplacé. Je sens là une certaine jalousie de celui qui ne peut se le payer (et qui pour beaucoup n’en ont quasi jamais goûter. Je ne veux pas qu’on place mon propos dans la même veine.

    Cordialement

    Marc H.

    lanèfle
    Participant

    Millésime78 écrivait:
    ——————————————————-
    >
    > Marc, juste une petite question : est-ce que le
    > tutoiement que vous m’avez reserve traduirait un
    > quelquonque manque de consideration ? Je vois que
    > vous vouvoyez Jerome ! ;):)-D
    >
    > Cordialement
    > Sebastien J

    J’ai dis tu ? Probablement un instant de distraction. désolé. Encore une fois Millésime, pas de manque de considération de ma part. ce n’est vraiment pas mon genre ! Mais on ne va pas se prendre la tête pour ça non ? B)

    lanèfle
    Participant

    Mon dernier message a croisé le vôtre Jérôme. Peux pas mieux dire.

    Effectivement, si parfois, j’ai l’impression que « la marche » du monde est un peu à l’encontre du monde des vignes qui me touche. Je me dis aussi parfois que beaucoup de ces vignerons à qui j’achète ou ai envie d’acheter des bouteilles sont des jeunes ou des gens qui vont voir leur vignoble rerpris par leurs enfants avec la même optique. Et donc sur le coup.. pas si passéiste que ça.

    lanèfle
    Participant

    RaymondM écrivait:
    ——————————————————-
    > Bravo Sebastien J pour le ton calme et mesuré.
    > Il y a des gens qui se « foutent  » de ce qui leur
    > déplait , mais qui le crient un peu trop.
    >
    > Par ailleurs, comment venir sur un site de
    > passionnés et dire qu’on ne boira pas Yquem (ou
    > alors si on est vraiment obligé:) )même si on a
    > tout l’argent nécessaire ?

    Haaa ! Voilà le coup récurent lui aussi du « comment oser venir sur un site de passionnés « . Je ne me fous pas de ce qui me déplait. Je dis ce que j’aime. Et je dis que moi, si j’en avais les moyens (financiers et temporels), j’aurais comme priorité de faire le tour de toutes ces appelations que je connais mal pour découvrir leurs particularités, leur diversité. Rencontrer des gens, passer de bons moments, découvrir des paysages. Parce que c’est ma vision de ma passion. je ne manque pas de respect envers Yquem. Je le prends en exemple parce que c’est une icône. Presque un tabou à ce que je vois. Je dis que pour moi, je vis très bien sans l’avoir goûter. C’est tout. Pas de méchanceté, d’agressivité, d’irrespect dans mes propos. Si ? Bien malgré moi alors.

    Cordialement

    Marc H.

    lanèfle
    Participant

    Millésime78 écrivait:
    ——————————————————-

    > plus facile d’etre d’accord avec Jerome qu’avec FA.

    Qui plus est Millésime 78, non ce n’est pas si facile. Pas facile d’aimer un monde qui rapetisse, meurt sous les coups du marketing, des bureaucrates, hygiénistes en tout genre (mais un monde qui, je le pense n’a pas dit son dernier mot). Pas facile de voir ses valeurs classées comme passéistes et utopiques. Pas facile de se rendre compte que certains de ces petits agriculteurs/producteurs/vignerons chers à mon coeur sont aussi des gros cons. Mais une fois de plus, il y a ce que j’aime et ce qui me glace.
     »
    Allez mes gens, l’utopique à « l’écriture fraîche » s’en va faire la loi sur le marché de terroir qu’il organise ou de charmants producteurs s’étripent pour une question d’emplacement…

    lanèfle
    Participant

    Millésime78 écrivait:
    ——————————————————-
    >
    > Sinon, je pense sincerement que c’est plus simple
    > d’etre d’accord avec Jerome qu’avec FA. Evidemment
    > tout le monde a envie d’etre d’accord avec Jerome,
    > sa vision est la plus belle qui soit, pleine de
    > charme ! Mais elle est passeiste, utopique.
    >
    > Aujourd’hui les vignerons francais sont en
    > competition avec d’immenses domaines du monde
    > entier qui ont les moyens d’investir des millions
    > en publicite/marketing. Est-ce bien, pas bien ? La
    > n’est pas la question ! C’est la situation
    > d’aujourd’hui. Le vignoble francais et bordelais
    > en particulier a voulu nier cette evidence, en
    > pensant que la particularite du vin francais
    > (j’oserai meme dire l’exception francaise)
    > triompherait. Quedale !
    > A vouloir tous la jouer perso, en ne se regroupant
    > pas, ils font aujourd’hui face a des monstres
    > autraliens, californiens, sud-americains, etc !
    > Qui eux ont su s’adapter aux besoins de la
    > demande, car ils partaient de rien, ils n’avaient
    > pas le choix ! C’est pourquoi je me rapproche plus
    > du point de vue realiste de FA.
    >
    >
    > Mais qu’on m’épargne, par pitié toute
    > condescendance ‘larmoyante et passéiste’.
    > Qu’on évite également de me rappeler que ce n’est
    > pas le particularisme, …..
    >
    > Je ne comprends pas tres bien ce cote donneur de
    > lecon ! Tu n’es pas oblige de lire tous les posts
    > du forum si ceux la ne te conviennent pas ! Moi
    > j’ai bien aime la confrontation de points de vue
    > entre Jerome et Francois (sachant que les deux
    > interesses n’ont pas des avis fondamentalement
    > divergents).
    >
    > Cordialement
    > Sebastien J

    Hop là c’est parti… Millésime, tu n’as pas bien lu. il ne s’agit pas de donner de leçons, de solutions, de refaire le monde… je dis juste que j’aime le point de vue de J. Pérez. Point barre. Si tu lis mon texte attentivement, tu verras que je ne me fais guère d’illusions. Mais rien à faire, c’est plus fort que du roquefort, dès qu’on exprime ce genre de point de vue on se fait traiter de passéiste. Et revoilà la France qui bouge et se lève tôt qui arrive au combat. Je dis juste que moi j’aime les mecs qui trainent dans les sillons si tu permets l’image. Et effectivement on n’est pas obligé de lire tous les post ! Y compris ceux de J. Pérez ou ceux qui parlent de « mains caleuses ». On n’est encore moins obligé de venir traiter les gens de donneurs de leçon, d’écolos romantiques passéistes ou que sais-je encore. Ce que je dis ce n’est pas les bordelais sont de vilains capitaliste spoliateurs c’est la luteu finaleu… Non, je m’en fous de ça. Ca ne me parle pas, ca ne me fais pas mousser. Y a moyen de comprendre qu’on peut aimer sans détester ? Y a moyen de comprendre, sans venir brandir les moyens de la lutte pour les vignerons, le concepteur des macs et autres ipods ? Je ne suis d’accord ni avec J. Pérez ni avec F.Audouze. Je dis juste ce que j’aime. Je ne suis ni passéiste ni utopiste. Je sais ce que j’aime. Je sais quel monde me torche les tripes. Je sais qu’il a des défauts terribles mais aussi des qualités.

    Y a-t-il moyen de dire cela sans se faire tomber dessus par des gens qui vous disent avec « modestie et gentillesse »  » mais vous êtes à côté de la plaque mon bon, votre monde de gagne-petits c’est du passé » ? Et si mes opinions ne vous plaisent pas, j’en ai d’autres.

    lanèfle
    Participant

    Bonjour,

    Je voudrais seulement dire à J. Pérez que j’aime sa prise de position et son coup de gueule. Vos posts me font souvent l’effet d’un vent de fraîcheur. Oui, pour moi, mon monde du vin est celui de paysans qui suent sur leur terre et aiment leur vin. Ce sont eux qui m’ont amené au vin. C’est avec des gens comme ça que j’ai vécu des moments extraordinaires. Non, on ne s’en fout pas de qui fait le vin, on ne se fout pas tout à fait de savoir si Wagner était ou non un sale type. Passionné par le vin n’évite pas d’être un homme dans son entièreté avec ses défauts, ses qualités, ses principes, son âme. Je dirais bien avec sa bite et son couteau, mais y en a qui trouvront ça vulgaire. Alors que ce n’est pas vulgaire, c’est juste grossier.
    >Oui, je vibre lorsqu’on me fait découvrir Gaillac, Pécharmant, les bons coins d’Alsace ou même les « petits » producteurs de Bordeaux. Non, je ne vibre pas lorsqu’on étale sur le web des diners somptuaires, qu’on se lance dans des discussions de salons incompréhensibles du commun des mortels (cf le post peut-on aimer et analyser le vin…grandiose). Et pas de leçon de positivisme mr. Audouze, je n’ai pas dis que je ne les supportais ou n’acceptais pas. Je dis juste que ce n’est pas mon truc.
    J’ai juste l’impression qu’une vue de plus en plus élitiste du vin est véhiculée par un nombre toujours plus grand d’internautes. Il n’est que juste de dire parfois que 90 % du monde du vin et des buveurs/amateurs de vins ne font pas partie de cette élite (de rouge bien sûr). Moi les primeurs, Bordeaux et ses prix fous, des CR et des discussions interminables sur des bordeaux hors de prix, le marketing ca me laisse froid.
    Jalousie de prolétaire ou de bobo romantique ? Non même pas. Parce qu’à la question bateau : « et si vous gagniez un million, vous passeriez à côté vous du grrrrand Yquem « ? Et bien je répondrai, sincèrement…oui. Parce que mon million je le dépenserais à faire le tour de France, à visiter le jura, Jurançon, Bergerac, la Provence, Gaillac et tout le Tarn…. et à découvrir tous ces vins, ces diversités, ces vignerons, ces paysages. Et s’il me reste des sous… allez va peut-être essaierais-je une demi d’Yquem pour ne pas mourir idiot.
    Et par pitié, qu’on ne me félicite pas pour ma saine colère non plus. Je ne suis même pas en colère tant je suis droit dans mes bottes, bien dans ma peau. Je n’empêche pas ceux qui veulent dire  » Mais la noblesse du vin français n’est pas que cela, de même que la noblesse de la gastronomie française n’est pas que la sueur des gâte-sauces ou  » Les 90% de vignerons en danger ont besoin d’action. Et on ne leur rendra pas service en flattant dans les revues spécialisées le côté bérêt basque et baguette sous le bras et les mains caleuses, mais en vantant les qualités réelles de leurs vins. » Non, qu’ils le disent c’est très bien, très sain d’avoir de belles confrontations épistolaires; Oh ! c’est même très très beau. Mais qu’on m’épargne, par pitié toute condescendance ‘larmoyante et passéiste’.
    Qu’on évite également de me rappeler que ce n’est pas le particularisme, la tradition, le diversité, le travail et l’amour de la terre qui sauveront le vignoble français. Qu’il faut savoir vendre, marketer, pipoliser, vivre et avancer avec son temps. Que la vision du terroir, du régionalisme, du petit que j’aime est éculée, en voie de disparition, vouée aux musées, comme les fromages au lait cru, les bouilleurs de cru, les apiculteurs, les producteurs artisanaux en tout genre. Je ne le sais que trop bien. Je le regrette. J’espère encore.
    Non moi discuter en hurlant avec un mec sur la falaise en face qui ne fera pas un pas vers moi et moi qui n’en ferai pas plus… bof !

    Non je voulais juste dire que le couplet de J. Pérez sur les hommes de la terre ca ma troué le cul. Merci de me rendre le monde du vin plus proche de ma petite condition de gâte-sauce passéiste et larmoyant Mr Pérez.

    lanèfle
    Participant

    Je pense que comme en belgique c’est règlementé. Mais effectivement, pour la consommation personnelle c’est permis. Il y a des tailles de cuves limites à respecter (en belgique pas plus de 100l). Par contre pour les mousseux, pétillants… je pense qu’il y a encore des restrictions en France. Il faut soit payer des accises soit simplement déclarer sa production, je ne sais plus.

    lanèfle
    Participant

    Bonjour

    Je n’ai pas l’habitude d’intervenir dans ce genre de débat qui a toujours l’air de tourner en rond. Je suis toujours surpris de voir s’aligner les prix de ces crus qui pour moi resteront à jamais hors de portée. mais plusieurs interventions posent de vraies questions et notamment celle de Fred :

    FGsuperfred écrivait:
    ——————————————————-

    > je ne condamne pas les passionnés (tiens c’est le
    > nom du forum…) qui ouvrent un grand flacon pour
    > un vrai plaisir,
    > … n’oublions pas non plus que boire du vin est un
    > luxe….

    Est-ce nécessairement un luxe de boire du vin ? c’est quoi un vrai plaisir ?

    je me permettrai un jugement sur les crus bordelais le jour où je pourrais goûter; en attendant, au vu de mes moyens, en entendre parler me fait un peu l’effet d’entendre parler des calmars géants : ca existe et c’est digne d’intérêt mais vu que j’ai peu de chance d’en rencontrer dans ma baignoire, cela reste pour moi un sujet lointain de préoccupation.
    En attendant, je respecte le point de vue de F. Audouze et je pense qu’il n’a rien d’un buveur d’étiquette (d’un grand sentimental probablement, avec d’importants moyens financiers sûrement). Pourtant ce qu’il décrit me paraît très lointain et étranger (pas moins respectable). Je suis plus en phase avec Luc Javaux ou J. Perez (bon j’aurais dit percer le fondement…mais trouer le cul, c’est savoureux aussi… enfin je me comprends) quand ils disent que finalement c’est tellement hors de portée, qu’on peut sans complexe se rabattre sur aussi bon mais bien moins cher. Est-ce un crime de dire ça ?

    Personnellement je comprends moins les mecs qui disent, « qu’ils se les f… où je pense leurs crus, y a mieux ailleurs » MAIS qui râlent contre les riches, versent des hectolitres d’encre virtuelle dans les post « primeurs » en s’esbaudissant des prix « scandaleux » de ces laids bordelais… Si vraiment il y a aussi bon et moins cher, qu’est-ce qu’on se fout du prix des 1ers ????

    Pour moi, le vin est particularisme, reflet d’une région et de ses habitants, caractère, écclectisme, ouverture d’esprit aussi. Place pour tout le monde donc, chacun à son niveau. Je vibre aux récits sur l’Alsace, sur Gaillac, Jurançon… moins sur les récits de Fr. Audouze, même si pour la forme le bonhomme et son style me percent souvent le fondement (c’est grossier, mais c’est un compliment).

    A côté de quoi passe-t-on en ne connaissant pas les grands first of the classe ? Une sorte de plaisir sublime ? Et quand bien même ? Est-ce le seul plaisir possible et souhaitable ? Le plaisir que j’éprouve à déguster un CDR régional ou un bête mais bon bourgogne générique est-il honteux, pathétique ? c’est quoi le plaisir du vin ? A-t-il un prix, un rang ? Après des années et des années de dégustation n’y a-t-il pas lassitude, fuite en avant, recherche de « toujours plus » ?

    Dites-moi donc en terme de plaisir, pas de notes sur 20 ou 100, ce qu’apportent en plus ces icônes légendaires, juste pour que je voie le calmar de près.

    bonne fin de journée

    Marc Houbart.

    lanèfle
    Participant

    Et dans la série langage des fleurs…
    Le parfum de la rose est également le fait, en partie d’une béta-ionone. Violette, mélange de notes fruitées (dues à des alpha, béta et je-sais-pluqwa-ionone et florales (linalol, comme dans le parfum du muguet et de la lavande)…

    Sinon, la frambinone (cétone) et la béta-ionone sont des molécules différentes mais elles sont toutes deux réputées comme rappellant la framboise. La framboise naturelle présente plus de 200 composés aromatiques… c’est ce mélange (bien que certains composés doivent être masqués par les autres) que nous ressentons à coup sûr comme odeur de framboise. dans le vin, nous détectons la frambinone ou une autre molécule (ionone) dans un contexte « incomplet » ou modifié (autres associations de molécules) et notre esprit interprète, framboise, fruits rouges, violette…

    lanèfle
    Participant

    Que du poétique :

    l’oxydation des carotènes donne une molécule appellée ionone, très utilisée dans l’industrie pour recréer des arômes de fruits rouge.

    Un lien plein de poésie ici.

    lanèfle
    Participant

    J’ai oublié :
    comme corollaire au point 2, on peut imaginer (mais est-ce prouvé ?) que l’arôme de violette, constitué de plusieurs molécules ou celui de framboise donne une image « topique » typique dans le cerveau. La molécule beta-ionone, n’offre pas la même image, mais une information « tronquée » que le cerveau interprète plus ou moins justement en fonction, notamment, de l’apprentissage.

    lanèfle
    Participant

    Bonjour,

    Sans vouloir donner un cours magistral (le sujet est passionnant et permettrait d’écrire des pages et des pages), je me permettrai quelques remarques. Peut-être serait-il nécessaire un jour de faire un résumé sur le sujet, tant il semble titiller les LPViens pour le moment. Cependant, pour faire court et pour répondre (point 2) à une remarque de laurent G (vibration des molécules) quelques remarques :

    1. violette/framboise : parenté pertinente, dans les deux odeurs « naturelles » interviennent des beta-ionones. Eric B, qui a peut-être le bouquin de Moiseeff près de lui pourrait confirmer.

    2. Le fonctionnement du système olfactif est de mieux en mieux connu. Nous possédons des cellules nerveuses qui portent dans la membrane cellulaire des récepteurs. Ces récepteurs reconnaissent des molécules odorantes. Ces odorants sont reconnus par les récepteurs grâce à la conformation spatiale de certains ligands (liaisons hydrogène, molécules polarisées…). Les récepteurs cellulaires sont des protéines codées par des gènes. Il existe plusieurs centaines de gènes codants pour ces protéines. Cette diversité des récepteurs, est certes étonnante, mais ne rend pas compte des milliers d’odeurs que nous pouvons discriminer. De plus, si on se doute que quelques-uns de ces récepteurs reconnaissent des molécules très spécifiques, on s’est rendu compte que la plupart des récepteurs sont moins discriminants et peuvent « confondre » plusieurs molécules. En fait une molécule odorante peut « exciter » plusieurs récepteurs et un récepteur peut reconnaître plusieurs molécules. Ce « brouillement » de l’information est accru par le fait que les axones de plusieurs dizaines de cellules sensorielles convergent en général vers un seul neurone intermédiaire. Ces neurones intermédiaires sont concentrés dans le bulbe olfactif. Ils transmettent l’information reçue vers plusieurs aires du cortex cérébral (. Le bulbe olfactif doit cependant assurer une partie au moins du traitement de l’information (il reçoit des neurones de diverses régions cérébrales). Cette innervation du bulbe olfactif suppose que diverses aires du cerveau (notamment des aires impliquées dans la vision, la mémoire…) rétro-agissent sur le bulbe. De là, il est tentant d’ajouter « influencent l’interpretation des odeurs perçues. Le système olfactif transmettrait les informations sur les odeurs d’une façon « chimiotopique ». En gros, les récepteurs qui reconnaissent une odeur projettent sur des neurones intermédiaires bien précis, ce qui constitue une sorte de « carte géographique » dans le cerveau. Autrement dit, c’est le positionnement des neurones excités qui permet d’interpréter l’odeur. Ce schéma est très simplifié (j’espère d’ailleurs que certains raccourcis ne paraîtront pas pour des erreurs) et nécessiterait de nombreuses explications.

    3. Il est possible de discriminer des milliers d’odeurs. Encore faut-il traiter et interpréter l’information. C’est là qu’interviennent : le vécu, l’apprentissage, l’imagination du dégustateur. N’oublions pas qu’il n’est pas naturel pour notre cerveau d’aller trouver de la fraise dans du jus de raisin. De ce point de vue, certaines odeurs sont probablement plus « naturellement » reconnues que les autres parce qu’elles correspondent à des comportements, naturels, ancestraux, sélectionnés… Ainsi, on discrimine facilement les mauvaises odeurs des bonnes, les odeurs en rapport avec le feu. Mais peut-être aussi distingue-t-on facilement le fruit vert, mûr ou blet. Par contre, il est moins évident de distinguer, en dehors de son contexte, une odeur de fraise et cela parce qu’en condition « normale » l’arôme de fraise est associé à la vue du fruit. Dans ce cas, à moins d’un apprentissage et d’un vocabulaire commun qui institue pour tous le fait que telle odeur dans le vin s’appelle fraise, il est logique que des processus cognitifs interfèrent avec la perception de l’odeur de telle ou telle molécule. L’odeur « fraise » dans un vin rouge, deviendra « ananas » dans un blanc, parce que les odeurs d’ananas et de fraises contiennent des molécules communes et que le cerveau traduit ce qui est perçu par le nez à l’aide d’informations visuelles.

    4. Quand un vin bruisse de mille parfums et qu’il ravit nos sens à chaque inhalation, on s’en fout des récepteurs et de l’imagination. On prend son pied et c’est le principal, non ?

    lanèfle
    Participant

    François Audouze écrivait:
    ——————————————————-

    > Mais si on écrit : « je suis allez au café qu’on
    > sert; c’est moi qui est payez, alors que je
    > croyais que Jérôme perez »;), c’est légèrement plus
    > grave.

    Maure deux rires…

    Cette question d’orthographe peut paraître anodine, tracassière. C’est parfois vexant de se faire reprendre de volée. Pourtant, je trouve que c’est également une source d’enrichissement personnel. Avant LPV, j’écrivais autant pour moi sans en comprendre le sens.

    Une fôte au re taux graphique qui me titille (bien anodine pourtant) : lorsque vous faites une ballade vineuse, c’est une guitare à la main… si vous voulez vous promener, il suffit de se balader, simplement.

    bonne journée

    lanèfle
    Participant

    Luc Javaux écrivait:
    ——————————————————-

    > Le plus gênant n’est pas là, mais plutôt dans
    > l’interprétation que beaucoup font de la présence
    > de ce type d’arômes, avec force grandeur et
    > terroir qui pointent à l’horizon.
    >
    >
    > Luc

    Ouf merci !
    Peut-on être plus clair ?
    Je ne le crois pas.

    lanèfle
    Participant

    Luc Javaux écrivait:
    ——————————————————-
    > Il me semble que ce qui était évoqué dans
    > l’article était surtout une augmentation de
    > l’efficacité des levures, qui ont besoin de moins
    > de sucre pour faire un degré d’alcool, alors que
    > tu nous parles essentiellement ici de levures
    > résistantes à un haut taux d’alcool et encore
    > capables de travailler à 16 ou 17°.
    >
    >
    > Luc

    Certes mais je répondais à l’interrogation de blg, qui nous parlait également de résistance des levures à l’alcool.

    En ce qui concerne l’efficacité des levures c’est plus difficile d’imaginer une explication.

    Maintenant, je n’ai pas lu ce tast. De quoi parle t-on exactement ? Est-ce vraiment une évolution ou juste un meilleur calcul du rendement des levures ? De plus, parle-t-on de sucre naturellement présent dans le moût (glucose + fructose) ou de chaptalisation (ajout saccharose qui

    N’est-ce pas juste une question de calculs ?
    Le chiffre de 17 g régulièrement cité est un arrondi. Selon les masses moléculaires en œuvre et si la transformation de sucre en alcool était pure (1 molécule de glucose donne 2 molécules d’éthanol et 2 molécules de CO2), 17 g de glucose donneraient 8,67 g d’alcool. Or 1° d’alcool = 8 g. Il faudrait donc 15,6 g de sucre pour produire 8g soit 1° d’alcool.
    En réalité, d’autres substances sont produites à partir du sucre lors de la fermentation (acide succinique, acide acétique, glycérine, alcool amylique…) et en réalité on peut calculer (mais je ne l’ai pas fait, je reprends ça d’une page web) qu’en moyenne 17 g de sucre de raisin donnent 8,24 g d’alcool soit un peu plus de 1°. La quantité réelle de sucre dans le raisin pour donner 1° est de 16,50 g (le chiffre de 16,83 utilisé dans les textes d’AOC pour la chaptalisation depuis 1996 en est d’ailleurs plus proche).

    N’est-ce pas une question de conditions de fermentation ?
    De plus, en fonction de divers facteurs (température, pH, qté d’azote…), la quantité de substances produites à côté de l’alcool peut varier, permettant une plus ou moins grande production d’alcool. Par exemple une élévation de température de fermentation permet de produire plus de glycérine et moins d’alcool. Et donc, je suppose que certaines conditions de fermentation peuvent augmenter l’efficacité alcoolique des levures de 16,5 g vers 16 g.

    Pas d’évolution des levures à ce niveau donc. Bon ben voilà, une fois de plus c’est juste une réflexion personnelle. Franchement je ne suis pas spécialiste, juste un biologiste qui a un vague souvenir de ses études et qui profite d’un moment creux au boulot pour cogiter sur un sujet intéressant (les CDR de base à 14° même bien équilibrés comme ceux de Sylvie Vacheron, c’est quand même dangereux pour un barbec entre amis). Ne m’en voulez donc pas si cela vous paraît tarabiscoté.

    Bonne journée.

    lanèfle
    Participant

    Il y a bien sûr une autre explication : l’emploi inavoué de levures sélectionnées type « killer » comme certaines souches de Saccharomyces bayanus qui peuvent facilement « monter » à 17-18 degrés pour justement « digérer » la richesse du moût sans sucres résiduels.

    Mais c’est moins naturel…

    lanèfle
    Participant

    [i]Bertrand une question : en 1976, par exemple, dans le Rhône sud, y a-t-il eu des vins qui dépassaient les 16 degrés ?

    bien sûr, même il y a quarante ans, des producteurs de Châteauneuf te racontaient que leurs vins prenaient 1 à 2° par nuit (en 1961 par exemple) et que quelques jours de retard pour la récolte étaient source … d’ennuis!

    L’impression que j’ai (je répète impression … sinon je n’aurais pas posé la question!) c’est que les forts degrés ont toujours existé (même s’ils étaient réservés aux années exceptionnelles), mais qu’alors ils étaient cause de fermentations inachevées, alors que maintenant elles se terminent la plupart du temps (conduisant à des degrés élevés, qui peuvent heureusement passer souvent inaperçus à la dégustation, masqués par un bon équilibre).[/i]

    OK, et bien alors, pas de science fiction ni d’intervention du Saint Esprit. Je trouve plausible vu la variabilité génétique, les taux de mutation élevés et le taux de reproduction des levures qu’un « mutant alcooleux » apparu récemment ait été sélectionné naturellement à la faveur de plusieurs millésimes chauds. Peut-être même que cette tendance se confirmera et qu’on aura des levures de plus en plus résistantes à l’alcool. Aucun généticien n’a jamais étudié la question ?

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