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- 28 mai 2009 à 14h58
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
thierryl écrivait:
——————————————————-
> Où l’on voit bien que la confusion à ne pas faire
> est celle entre bio-biod et raisonné, un monde les
> sépare car la logique de production est simplement
> différente:Euh… excuses moi Thierry, mais en matière de confusions, « ton camp » (les gentils, quoi, ca y est c’est simple ?) sont pas mal non plus… Mais tu as raison, entre raisonné et bioD, il y a un monde… de nuances et de subtilités… Mais j’arrête là… revenons à des choses simples.
Et donc, dans une galaxie lointaine, très lointaine….
Allez va, c’est juste un peu d’humour…
- 28 mai 2009 à 14h36
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Bonjour Franck,
Je me permets de répondre à certaines de tes réponses mais j’ai effacé mon texte originel sinon ca va faire long. de plus, de mon côté, tout a été dit. Rien a ajouté. Ca commence à tourner en rond.
Franck PASCAL écrivait:
——————————————————-> On est bien d’accord sur ce point.
> Sachant qu’on peut trouver jusqu’à 5000 plus de
> pesticides dans un litre de vin que la norme de
> potabilité de l’eau, même si un vigeron se
> rapprochait de la bio en utilisant que 10% des
> traitements autorisés en conventionnel (soit 1
> traitement/an), il pourrait encore y avoir jusqu’à
> 500 fois plus de pesticides que la norme de
> potabilité….
> Ne faire qu’un traitement chimique par an est-il
> humainement acceptable ?
> Peut-on dire qu’à ce stade, le consommateur et sa
> santé sont respectés ???Et ben tu vois, on est d’accord, enfin presque. Parce qu’au niveau des produits utilisés, qu’ils soient « chimiques » ou « naturels », pénétrants ou de contact, ce qui compte, c’est la rémanence du produit (durée de vie dans l’environnement), la toxicité et la rémanence des ses métabolites. Le trajet de ceux-ci dans les chaînes alimentaires, les écosystèmes, les interactions avec les principaux cycles bio-géochimiques. C’est très complexe. La toxicité et la présence de résidus dans le vin dépendent du délai entre l’application et la cueillette du raisin, du produit…
> Juste une citation, qui ne justifie rien en
> elle-même, bien entendu… mais qui interpelle et
> qui pourrait permettre de s’interroger:
> «J’affirme que le sentiment religieux cosmique est
> le motif le plus puissant et le plus noble de la
> recherche scientifique.»
> [ Albert Einstein ]
> Voilà des paroles bien surprenantes où les
> sentiments, la croyance (religieux) et le cosmique
> sont associés à la science…
> Je suis tombé dessus par hasard hier.
> Restons humble et cherchons à comprendre,
> notamment par l’expérience; et non à démonter
> l’autre juste car on ne comprend pas ce qu’il
> dit.
> En essayant, ça coupe court à tout débat.
> Même si on ne peut pas l’expliquer, le résultat
> est là; et dans mon métier, la finalité c’est le
> vin…
> je fais ce qu’il faut pour que le vin soit là. Un
> point c’est tout.Je n’en doute pas Franck. Mais là j’arrête de m’égosiller. Et une citation prêtée à Einstein n’y changera rien. Parce qu’utiliser des citations sorties de leur contexte, peu ou pas vérifiables qui ne portent pas sur des expériences et des faits mesurables ne fait pas partie de la méthode scientifique.
> Il y a beaucoup de pipo sur le côté clean de la
> méthode: très peut de choses sont changées par
> rapport à un viticulteur classique en comparaison
> à tout ce qu’il est nécesssaire de changer.Qui a parlé de côté clean et pas clean ? Encore du manichéisme. J’ai mis des liens il y a quelques pages vers des extraits de chartes tyflo et terra vitis. tout le monde peut les consulter voir les différences…. Petite pique un peu mesquine : sur le site de Demeter (bioDyn), pas de charte clairement définie : beaucoup de blabla théorique et des bouquins à vendre…. mais bon….
> Erreur, c’est l’inverse.
> La bio ne peut fonctionner que si la nature
> fonctionne bien: une plante ne peut se développer
> sainement que dans un sol en bonne santé, et
> d’autres conditions du même genre.
> Les méthodes de culture sont réfléchies pour
> permettre à la plante de rester saine, ce qui
> passe obligatoirement par le respect de la vie en
> place. Normal que l’adoption de ces pratiques
> conduise au respect de l’environnement (et donc du
> terroir).Là franck, il faudra en quoi on m’explique en quoi mon discours est l’inverse du tiens….
> Attends, il faut se poser la bonne question:
> pourquoi les vins sont-ils de venus ordinaires ?
> Souvent, c’est parce que leur caractère a été
> gommé, et cela pas seulement en vinification.
> Il manque déjà dans le raisin les éléments qui
> font son caractère, qui font que le vin sera
> différent du vin du voisin: le terroir.
> Rendons de nouveau l’expression du terroir
> possible, et le vin prendra une toute autre
> dimension, avec de la race et du caractère.
> Ensuite, le consommateur aimera ou n’aimera pas,
> car lorsqu’on affirme son caractère, on ne plait
> pas à tout le monde.
> Mais au moins, le vin sera sorti de sa léthargie,
> de son statut « vin ordinaire ».
> C’est la base du métier de vigneron; sinon on est
> dans la fabrication d’un produit industriel et non
> dans la notion de vin de terroir (sujet de ce
> post).Franck… il y a toujours eu des vins ordinaires et des extraordinaires. Il y a des vins de caractères et des exceptionnel en non bio et en bio, même en biodynamie. Il y a même pas mal de gens, y compris sur ce forum, que les vins sont meilleurs en moyenne qu’avant. Alors je sais bien que tu parles du caractère « lissé » des vins d’aujourd’hui. Pas moi, mais je suppose qu’on l’aura compris, je pense que pour celui qui cherche, le caractère lissé des grands vins est une foutaise.
> Certes, il y a beaucoup de main d’oeuvre en bio;
> mais l’argent ne devrait-il pas d’avantage
> permettre de faire vivre des familles?
> Perso, je crois qu’il est temps d’arrêter de
> détruire l’environnement et la santé des animaux
> et des hommes juste pour s’enrichir et mettre des
> gens à la rue.
> Gagner de l’argent pour permettre à des familles
> de vivre, tout en protégeant le consommateur de
> l’ingestion de substances toxiques ou
> cancérigènes, préserver la qualité de la terre
> nourricière, diversité biologique, et ce qui nous
> entoure (dont nous dépendons directement) me
> semble plus louable.
> Ensuite, si les conventionnels devaient payer les
> conséquences de leurs actes, depuis la pollution
> de l’eau, la pollution de l’air, jusqu’aux soins
> lourds que nécessitent ces pratiques pour soigner
> les gens, je peux t’assurer que la bio serait bon
> marché. Pour l’instant, ce nos impôts et les
> charges sociales prélevées sur les salaires qui
> paient à la place des responsables.
> Dans ces conditions, c’est trop facile… en bio,
> on ne nous fait pas de cadeau, nous devons payer
> nous-mêmes et le consommateur supporte cette
> éthique en payant le prix juste, en cohérence avec
> un modèle de société qui fonctionne de nouveau
> dans le bon sens.
> Petit à petit, la proportion de bio augmente, ce
> qui devrait permettre de revoir le modèle
> économique de la filière agricole prochainement.Là franck, je suis tout à fait d’accord. je pense que c’est mon côté pastèque. tu sais vert au dehors mais rouge à l’intérieur. je l’avais déjà dis lors du fameux débat des mains caleuses : je préfère mettre mes sous dans le travail des gens à la vigne que dans l’amortissement d’un osmoseur. De toute façon, je ne suis pas sûr que dans le monde des vins de qualité les vins bio soient en moyenne plus chers que les pas bio. la qualité se paie de toute façon. mais je l’ai déjà dit dans l’extrait que tu cites.
> > Le bio ne repose pas
> > sur des méthodes folkloriques ou farfelues.
> En effet, c’est de l’empirisme millénaire,
> transmis de génération en génération, peaufiné à
> chaque génération, puis transmis à nouveau.
> C’est une somme de connaissances qui n’a pas de
> prix.
> Vouloir remettre tout ça en cause juste car la
> logique NPK permet de faire plus de quantité me
> semble bien loin du sujet qui nous intéresse !
> Autrefois, les agriculteurs, forcés par la force
> des choses de conserver leurs semences pour les
> semer à nouveau devaient réfléchir de manière
> gobale avec la nature pour les semences se
> conservent.
> Aujourd’hui, il faut traiter les semences avec de
> la chimie (même les fruits) avec de la chimie,
> sinon les récoltes pourrissent.La par contre Franck… l’histoire du savoir millénaire, c’est pluas compliqué que ça, mais ca aussi je l’ai rabaché.
> La bio n’a pas attendu ces firmes pour exister,
> heureusement.
> Réduire la bio a de la chimie, c’est faire fausse
> route.
> Ces substances sont-elles vraiment indispensables
> ?
> Il est légitime de se poser la question lorsqu’on
> cherche à produire sain et naturel.
>
> > Pas d’énergie et d’ondes
> > la-dedans. Je voulais résumer la chose mais je
> > n’en n’ai pas le temps. Ce lien un peu long
> expose
> > les choses .
> C’est ta croyance.Non, Franck, pas une « croyance ». Un démarche faite de questionnement, de doutes, d’évolutions… le bio n’a pas attendu de firmes pour exister mais je trouve sain et réjouissant que ces firmes si « démoniaques » se mettent à mettre des sous dans la recherche pour élaborer des produits bio. Quand tu dis « réduire la bio à de la chimie »… c’est n’importe quoi. désolé hein… mais après les tartines, les liens, le temps que j’ai pris pour écrire mes interventions… ca me troue tiens… la biodynamie est une pseudo-science et dans ton discours Franck, il y a toute la réthorique du discours pseudo-scientifique. La même absence de doute aussi.
> Il faut comprendre une chose: si on mettait en
> place un cahier des charges aussi restrictif que
> ce que je fais dans mes vinifications, personne ne
> changerait de mode de culture pour passer en
> bio… tu le vois bien, le simple fait de ne plus
> avoir de désherbant ou de systémique fait peur au
> vigneron. Si en plus tu lui dis qu’il n’aura plus
> droit aux levures sélectionnées ni aux pieds de
> cuve malo, ni aux tanins oenologiques, etc… là
> c’est certain, il n’y aura plus jamais personne
> qui cherchera à faire plus propre aux vignes que
> de la chimie.
> Et puis, de toute manière, lorsqu’on permet à la
> plante de fonctionner pleinement, avec des
> métabolismes qui permettent une réelle maturité
> des raisins, les vins sont tout autres et les
> vinifications peuvent évoluer… mais ça demande
> aux vigneron de quitter ses peurs. C’est là le
> plus gros travail.de l’art des amalgames et des raccourcis…
> Bon, ce n’est pas que je m’ennuie, mais la
> dynamisation est presque terminée.
> A bientôt !Bon travail Franck. De toute façon entamer ton type de démarche au Pays du traitement par hélico et du sol à petits bouts de plastoc bleu, ca relève d’un certain côté de l’héroïsme. Bon travail, très sincèrement.
Heureusement que dans ce débat, il y a des gens qui apportent de l’eau à mon moulin :
« Dans un débat de ce type, pour être clair, il vaut mieux être manichéen, cela ôte les doutes, non … »
Magnifique, sincèrement magnifique. Et donc surtout, arrêtons de réfléchir, de penser, soyons blanc ou noir, pro ou anti, c’est plus simple à piger.
Bonne et radieuse matinée.
- 27 mai 2009 à 20h56
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
chinbourg écrivait:
——————————————————-
> Ha oui Marc tu parles des nouveaux « chevaliers
> blancs » de la culture « raisonnée », « des presques
> Bio » etc…, ils se donnent bonne conscience de ne
> traiter qu’une fois sur deux, amis toujours à la
> chimie lourde avec des produits pénétrant…. 😀Mmmhhh, pas forcément de ceux-là Laurent mais peut-être de ceux-ci :
« Enfin, il y a aussi pas mal de domaines qui, sans se réclamer du bio, n’en sont probablement pas très loin. J’ai lu par exemple des textes de Monsieur Rousseau père qui me laissent penser qu’ils ne font pas n’importe quoi dans les vignes et dans la cave… » (P. Barret).
- 27 mai 2009 à 19h46
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Eh ben voilà Laurent, tu vois qu’on ne peut pas être d’accord sur tout. je suis rassuré, si je suis le raisonnement de laurent M, il se pourrait même que j’aie un peu raison…>:D< Mais c'est là tout l'abyme... ce n'est pas parce qu'un terroir n'est pas cultivé bio ou bioD, qu'il est automatiquement "bombardé de chimie". Avec un chapeau de cavalerie et avec la charge des Walkyries derrière. Quant aux levures, enzymes et autres intrants à la cave : rien à voir avec le fait d'être bio ou pas. Absolument opposé à l'expression d'un terroir ???? pas si simple tout ça...
- 27 mai 2009 à 19h19
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Mais les bio et les bioD ne détiennent pas une quelconque vérité du terroir ni n’ont le monopole de son respect… et là je sens qu’on va être moins d’accord…B)-
- 27 mai 2009 à 17h33
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Et merci aussi Iris :
De l’art de dire les choses de façon concises…
Et là, j’ai des efforts à faire.
- 27 mai 2009 à 16h41
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Je m’en doute Laurent, je connais un peu ta bio…
A propos de Mader et al, il semble justement que la méthode soit critiquable. je dois à la vérité que je n’ai lu que des abstracts ou des commentaires citant ces sources, mais je vais essayer de les trouver et les lire un de ces quatre.
>
> merci Marc, je connais un peu les publications
> scientifiques pour en apprécier aussi les limites
> de crédébilité;)
> ne jamais lire les conclusions, toujours lire la
> méthode …- 27 mai 2009 à 16h35
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Iris,
je ne suis pas toutes les discussions de LPV, mais beaucoup. j’ai suivi les discussions sur la lune etc… C’est vrai que les arguments sont redondants.
Ce qui n’empêche pas de redire les choses autrement. Disons de taper sur le clou.
La preuve, c’est qu’il me semble qu’on confond toujours bio, biod…. Et c’est vrai que les positions des uns et des autres ne bougent guère.
Cependant, je pense que la controverse est utile, ne serait-ce que pour le gars qui tape vin biodynamique sur google… c’est tellement facile d’écouter le discours enjôleur de certains « marchands de vins » (je ne vise personne ici sur LPV, mais de gens rencontrés au cours de salon et foires) BIOD. A les entendre, ils sont les seuls à détenir la vérité, à respecter le terroir.
Un peu mon neveu que c’est séduisant. Nous voilà dans une époque où le retour au naturel fait recette. Le produit du terroir, proche du sol à la cotte. Il est loin le temps où quand on disait d’un vin qu’il terroitait ce n’était pas tout à son avantage. Et malheur au vin qui n’est que variétal ou pire au vin putassier (cad qui donne du plaisir qu’on en a honte:D) !
Non, l’occidental qui croit que son carré de pelouse avec une clôture en béton c’est la campagne, il veut du naturel, du sol qui nous a vu naître, du terroir civilisationnel. L’amateur de vin croule sous la minéralité, les cuvées silex et amphibolite. Le gabbro dispute la vedette au granit à deux micas en Muscadet.
Le vin, ca devient le terroir et puis le terroir ca n’est plus que le sol, vivant évidemment, comme le vin et puis le sous-sol, la bonne vieille roche mère. Alors évidemment, quand on saupoudre le tout de vibrationnel, de géo-biologie qui ne dit pas son nom et de mémoire de l’eau, le chaland, on l’attire, on le subjugue, on l’étreint… et on lui vend une bouteille de sauvignon de Quincy ou de Reuilly à 26 €, mais pas de doute hein, le terroir et la nature sont là, dans la bouteille, mieux tapis que la vérité elle-même. Et ne croyez pas que j’ergote, fustige gratos : ce discours là, je l’ai entendu pile poil d’une caviste lors d’une foire « jardin naturel ».
Le discours biodynamiste colle bien à l’air du temps, au minéralisme, à la quasi divinisation du terroir ou même du vin. je trouve qu’on ne dira jamais assez qu’on peut s’arrêter, réfléchir et se poser des questions.
Mais je le répète… je ne descends pas la bio-dynamie en flammes. Le gars qui fait ça parce qu’il y croit, que c’est sa voie. Et qui sort de bons vins, pas plus chers que d’autres vins de la même qualité, comment le blâmer ? et même celui qui s’en sert comme argument commercial… mais bon sang comment un amateur qui n’est pas dans les vignes et dont ce n’est pas le gagne pain pourrait-il le blâmer ?
Et Laurent(M), je ne prétends pas avoir raison ou tort, je donne un avis plus ou moins argumenté. Un jour, peut-être, des résultats scientifiques, reproductibles, critiquables, analysables, discutables montreront que oui, les plantes sont influencées par la lune, oui « la minéralité » peut-être mesurée dans le vin et est influencée par le type de roche et le mode de culture, que oui la dynamisation a un effet. et ce jour là j’espère avoir l’honnêteté de dire « et ben je m’a gouré ». En attendant, je continuerai à douter.
Bon appétit.
- 27 mai 2009 à 16h05
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Salut laurent,
Carpenter-Boggs, Lynne, A.C. Kennedy, and J.P. Reganold. 2000. Organic and biodynamic management: effects on soil biology. Soil Science Society of America Journal 64(5) (Sept/Oct): 1651-1659.
Un autre article de Mäder et al (2002) : Science 31 May 2002:
Vol. 296. no. 5573, pp. 1694 – 1697
Soil Fertility and Biodiversity in Organic FarmingMontre des effets légers de la BIOD par rapport au bio. Il a été critiqué, surtout qu’une partie des résultats n’a pas été publié sur papier. Certains de ces résultats (disponibles en ligne, c’est l’objet d’un des liens dans un de mes messages précédents) montrent quand même un clivage conventionnel/bio.
Ceci dit : ce sont des résultats scientifiques, donc susceptibles de critique, de discussion, de révision, eux.(:D
LaurentM écrivait:
——————————————————-
> lanèfle écrivait:
> ————————————————–
> —–
> Quasi
> > aucune étude sérieuse, validée et publiée n’a
> été
> > faite. Mais les rares qui existent montrent en
> > effet un vrai effet sur le sol la matière
> végétale
> > produite etc de la biodynamie et du bio par
> > rapport au conventionnel (de chez
> conventionnel,
> > pas du raisonné ou du raisonné extrême, la
> > comparaison n’a pas été faite je pense). Aucune
> > différence entre bio et bioD.
>
> Tu as les références de ces études, cela
> m’intéresse
>
> merci- 27 mai 2009 à 15h29
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Bonjour Laurent,
Pourquoi vouloir quitter le débat ? Personne ne jette l’anathème. Pas moi en tout cas. Parce que si des gens veulent jardiner avec la lune, si Hervé coupe son thym à la lune descendante, pourquoi pas ? Non seulement cela ne peut faire aucun mal, mais je trouve moi aussi, que cela à un aspect « transmis par les anciens » que je trouve, pour ma part, très « romantique » et respectable. Ne serait-ce que parce qu’on reproduit des gestes millénaires. Quand j’ai commencé mon potager, j’ai jardiné avec la lune, les jours racines, feuilles… C’était très contraignant, parce qu’il fallait aussi tenir compte de mon emploi du temps, du climat… Donc je me suis interrogé. j’ai essayé de comprendre ces histoires de jours racines et je me suis rendu compte que c’était de la fumisterie et que la température du sol et le climat étaient beaucoup plus importants pour avoir de beaux haricots que la position de la lune dans un signe zodiacal de feu ou de terre. Depuis, la lune, je m’en tape, je cultive en 100 % bio et j’ai de très beaux haricots. Merci bien. Et bon, désolé, je vais encore être d’accord avec l’homme de Vingrau, mais être bio, c’est un tout. C’est même écrit dans les manuels. Pour que le bio marche, il faut des plantes saines, un écosystème équilibré, des haies…. Et écologiquement et du point de vue agricultural, le maintien de cet écosystème dans sa richesse est plus important que d’utiliser de temps en temps un intrant de synthèse. Je « pardonne » volontiers à hervé « son bidon de temps en temps » qu’on lui reproche (enfin certains…) s’il applique ne serait-ce que la moitié de ce qu’il raconte ici ou sur son blog (pas encore été voir jusque là).
La lune…. bon je vais tenter d’éviter un trop long hors sujet (désolé Iris) mais… Pour nos lointains ancêtres du néolithique (les inventeurs de l’agriculture, pas très écolo d’ailleurs, puisque les danubiens p.e. pratiquaient la culture sur brûlis, pas très durable et ont défriché des ha de forêt, modifiant de façon définitive nos paysages, pour une population pas très dense en fait), la lune était l’astre qui permettait, grâce à son cycle régulier, de mesurer facilement le temps et d’établir un calendrier. D’où des expressions du genre à la première lune descendante après tel ou tel événement. C’était une mesure de temps qui permettait p.e. de semer après les dernières gelées. Ce découpage temporel a eu des répercutions sur le sacré, l’imaginaire (la lune était une déesse quand même, plus maintenant). Au fil du temps, on s’est mis à appliquer certains préceptes traditionnels qui relevaient plus de la croyance, du sacré que du calendrier proprement dit. Le « bon sens » paysan est fait de très bonnes choses, qui marchent, qui ont une explication scientifique, mais aussi de traditions, de résistance à la marche du temps et de principes appliqués « parce c’est comme ça » qu’ils marchent ou pas.
Mais ici aussi attention. Si la croyance en l’effet de l’ascendance ou de la phase lunaire est traditionnelle de la nuit des temps de nos ancêtres les Gaulois, l’histoire des jours racines, fruits, feuilles date de 1924 et de Rudolf Steiner. Depuis, les calendriers ont été précisé par les « recherches » de Maria Thun. Ici, on entre dans l’ésotérisme bobo avant la lettre, du new-age pur jus, rien avoir avec le bon sens paysan. Il s’agit d’observer le passage de la lune devant les 12 constellations du zodiaque. Certaines sont des constellations de terre (taureau p.e.) favorables aux racines Et ainsi de suite constellations d’air : les fleurs, d’eau les feuilles (en poisson verseau…), feu les fruits (bélier p.e). c’est de l’astrologie sortie en droite ligne des théories sur l’éther de Steiner. n’allez pas insulter nos ancêtres.Idem d’ailleurs avec la corne de bouse, la peau de mulot brûlée et je ne sais plus quoi dans une vessie de cerf ainsi que la dynamisation : pas de bon sens populaire dans ça. Invention de Steiner, dont il n’a jamais donné d’explication. Steiner voyait la recherche ainsi : il réfléchissait, des idées lui venaient et elles étaient bonnes et applicables parce que voilà et point.
Quant à l’effet de la lune…. tout court… ben il n’est pas gravitationnel (l’effet gravitationnel d’un vigneron est plus important sur une vigne que celui de la lune ou de la lune plus le soleil parce que la force de gravitation est proportionnelle au produit des masses et inversement proportionnel au carré de la distance), il n’est pas lumineux, alors il est quoi ? macro mini particulaire ? la matière noire, les bozons ? Aaaaahhhh on ne sait pas encore tout !
Ce qui marche dans la biodynamie, c’est le bio plus que la dynamie (la biodynamie suit beaucoup des principes bio avec en plus le tralala des étoiles, de la lune et de l’homéopathie). Quasi aucune étude sérieuse, validée et publiée n’a été faite. Mais les rares qui existent montrent en effet un vrai effet sur le sol la matière végétale produite etc de la biodynamie et du bio par rapport au conventionnel (de chez conventionnel, pas du raisonné ou du raisonné extrême, la comparaison n’a pas été faite je pense). Aucune différence entre bio et bioD.
Le rapport entre la lune, des tomates et des haricots et ce débat ? Primordial. relisez le thread. On se demande ce qu’est un vin de terroir. Puis ce qu’est un terroir. Très vite, on en arrive à dire qu’il n’y a pas de terroir si celui-ci n’est pas « vivant » (lisez : traité avec suffisamment peu d’intrants pour maintenir un équilibre naturel des sols, cad, des cycles de l’azote, du phosphore, du carbone etc… équilibrés grâce à la présence d’une microflore et d’une microfaune actives). Ensuite, très vite, on essaie de donner l’impression que cette « naturalité » du sol (Ségolène, sort de mon corps) n’existe que si on est en biodynamie. Parce que c’est de ça qu’il s’agit. Exit le raisonné, le bio, même si ce n’est pas dit explicitement, ils ne sont pas prêts, ils n’ont pas reçu l’éther.
Et on voudrait nous faire croire que des gens comme Hervé Bizeul n’ont pas le mojo (mmmh I’ve got the mojo too, i’m your hoochie coochie man) et donc qu’ils n’ont rien compris et que donc leur terroir ne s’exprime pas comme il devrait s’exprimer.Il me semble donc important d’apporter un avis différent.
Oui, je pense que le fait de conduire sa vigne le plus naturellement possible lui permet d’exprimer des qualités autres. Qu’on appelle cela l’expression du terroir est plus subtil je pense. Mais il n’est pas nécessaire de suivre le Nicolas Jolysme à la lettre pour ça. La démarche de gens comme Hervé Bizeul n’est pas moins respectable et écolo que celle des biodynamistes. Ce qui ne veut pas dire que celle des biodynamistes n’est pas respectable, loin s’en faut. Pas d’anathème pour moi. Mais par contre, pas question de leur laisser le monopole du vin de terroir ni celui du bon sens paysan. C’est une contre-vérité.
Et tout ceci étant dit dans le plus pur respect de ceux de « l’autre camp » 8-).
Marc
- 25 mai 2009 à 20h59
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
- 25 mai 2009 à 18h41
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
PS : je me relis et je m’excuse d’avoir été si long.
- 25 mai 2009 à 18h24
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Bonjour tout le monde.
Franck est revenu dans le débat, je m’en réjouis. Parce que c’est un débat passionnant avec bien plus d’implications qu’on pourrait le croire.
Trois vignerons interviennent ici avec talent. Je pense que c’est une chance pour le lecteur. Ce sont des pros, nous des amateurs. Ils sont dans les vignes, nous pas. De plus, eux, comme des dégustateurs expérimentés comme Philippe Barret, Luc Javaux, Laurent Lalouette… ont plus d’expérience de dégustation que je n’en aurais jamais.Donc, je ne me permettrai pas d’aller sur un terrain que je connais moins bien qu’eux. Les vins bio sont ils meilleurs que les non bio ? Je ne peux pas répondre à cette question. Les bio-d ? Je peux encore moins y répondre. Ce que je sais, c’est que j’ai des vins bio dans ma cave et que se sont de bons voire de grands vins. Ils vieillissent bien, sont complexes, équilibrés, longs… Seulement j’ai aussi des vins non-bio qui sont complexes, équilibrés, longs…et vieillissent bien (pour le moment).
De toute façon, je m’en tape. Ces vins, à mon sens, utilisant (en théorie en tout cas) moins d’intrants toxiques et rémanents sont plus sains pour la santé et surtout participent moins à la dégradation de l’environnement (moins, pas totalement. Pour le totalement, arrachons les vignes et laissons faire la nature). C’est bien suffisant pour moi. Ca devrait l’être pour tous. Je ne comprends pas le besoin de mettre en avant l’argument gustatif ou sensoriel. Les arguments environnementaux et sanitaires devraient être nécessaires et suffisants.
Ceci étant dit, je me permets de redire pour la nième fois, mais de façon plus concise ce qui me dérange fortement dans ce débat. C’est l’amalgame entre bio et bio-d. Le joyeux mélange entre science, ondes, énergie. Je ne comprends pas ces amalgames dont le corolaire est une sorte d’opposition entre deux clans les gentils « nature » et les méchants « chimistes ». Etant plutôt partisan du bio, ca me dérange fortement. Voilà c’est fait, c’est résumé. Vous pouvez arrêter la lecture, maintenant, je digresse, je divague.
Pourquoi suis-je dérangé? Parce que d’abord cette opposition entre gentils et méchants est simplificatrice.
Bientôt les méchants du côté sombre de la force, Luc Darth Javor, Obiwan Kenobizeul (il a changé de camp dans cette version) seront opposés aux jedi Eric Skymonné, Franck Han Pascal et à leur fidèle allié Philippe Shewbarret (un jour, je vous parlerai des autres personnages C3P O12, le robot protocolaire qui parle beaucoup, fait des calembours et aime les vins anciens, la princesse Superfred et d’une peuplade mystérieuse, les Gunthards, mais ce sera un autre jour). Ils se combattent mais ne voient pas arriver leurs vrais ennemis sur la sinistre étoile ANPAA.
Bref. Les viticulteurs, comme tous les agriculteurs, sont tous soumis à des règlementations de plus en plus strictes. Même lorsqu’on est totalement en conventionnel, on utilise moins de pesticides qu’avant. On doit les utiliser mieux, en mettre moins. Il faut observer les populations de parasites, ne traiter qu’en cas de menace. Bref, on raisonne l’utilisation de produits toxiques pour l’environnement. Tous les agriculteurs sont concernés. Bien sûr, ce n’est pas assez.
D’autres agri et viticulteurs, soit dans une démarche personnelle, soit dans des démarches comme Terra vitis ou tyflo en Alsace, vont plus loin. Ce sont les viticultures qu’on appelle raisonnées à intégrées. Voir les quelques liens qui exposent leurs philosophies et cahiers des charges. On peut reprocher à ces chartes d’être trop laxistes, de ne pas aller assez loin… Je dis que c’est mieux que rien.
Ensuite il y a le bio. Encadré par des chartes et labellisés par des organismes de contrôles (ecocert) Le label AB est régi par une règlementation internationale, traduite dans les législations nationales souvent.
Ces différents label ne portent pas sur la qualité ni le goût des produits mais bien sur les méthodes agricoles mises en œuvre et leur respect de l’environnement. Personnellement, je suis plutôt partisan, dans le domaine des vins de qualité, d’une viticulture la plus bio possible et pas de demi-mesures. Par contre, pour la production de vins plus ordinaires, je n’y crois guère à grande échelle.Parce que le bio peut être plus cher (quoique dans le domaine du vin, la qualité se paie de toute façon), il a un coût. Par exemple parce qu’il nécessite de passer plus de temps dans les vignes (mais là encore, un vigneron qualitatif, bio ou pas, il y passe du temps dans ses vignes), ne serait-ce que parce que les fongicides ne sont pas systémiques mais de contact et donc il faut traiter plus régulièrement. Le bio ne repose pas sur des méthodes folkloriques ou farfelues. C’est du sérieux, du scientifique. Il y a de l’argent, du temps et du travail de chercheur là-dedans. Les phéromones, la confusion sexuelle, l’emploi d’auxiliaires (guêpes, coccinelles…), ca ne sort pas de la tête d’un berger du Larzac fumeur de pétards (image fausse qui reste collée aux écolos-bios, je préfère le causse Méjean) mais de labos. Même des firmes de vilains chimistes comme BASF ou Monsanto font des produits agréés bio. L’exemple des moyens de lutte contre le ver de la grappe est particulièrement représentatif de l’arsenal à la disposition d’un viticulteur parfaitement bio. Pas d’énergie et d’ondes la-dedans. Je voulais résumer la chose mais je n’en n’ai pas le temps. Ce lien un peu long expose les choses .
Autre précision, ces labels ne portent que sur la viticulture, pas sur la vinification. Il n’y a pas de vins bio, rien que des raisins. La mouvance « nature sans soufre », c’est encore autre chose. Bien que sa route puisse croiser celle de la biodynamie.
Et puis, il y a la biodynamie, branche du bio, certifié et encadré en France par le label demeter. Mais qu’apporte donc la biodynamie en plus du bio ? Qu’est-ce qui diffère ? Et bien là je cale. Il serait préférable que des viticulteurs comme Franck Pascal et Eric Monné nous éclairent en parlant par exemple de ce qu’ils utilisent dans des cas précis : poussée de pourriture grise p.e. Cependant, la différence essentielle entre ce mode d’agriculture là et tous les autres (en ce compris le bio) est de nature philosophique. Lisons ce que nous en dit le site demeter sur cette page :
« L’agriculture bio-dynamique est une agriculture assurant la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux Hommes. Elle se base sur une profonde compréhension des lois du « vivant » acquise par une vision qualitative/globale de la nature. Elle considère que la nature est actuellement tellement dégradée qu’elle n’est plus capable de se guérir elle-même et qu’il est nécessaire de redonner au sol sa vitalité féconde indispensable à la santé des plantes, des animaux et des Hommes grâce à des procédés « thérapeutiques ».»
D’où vient cette « profonde compréhension » de la nature. Sur la compréhension du fonctionnement des écosytèmes qui est récente (après les années 50 disons) ? Sur les recherches de l’INRA ? Que nenni. Sur les travaux, et plus précisément des conférences de Rudolf Steiner en 1924. Bien sûr, Maria Thun, a depuis approfondi les recherches du maître. Je n’entrerai pas dans les détails et essayerai de rester neutre. D’ailleurs, je vous renvoie à ces pages et à celles-ci de l’association demeter pour vous faire une idée des principes bio-dynamistes. Ce qui me gêne, c’est que tout repose sur les affirmations, « la Parole », d’un maître, un gourou. Et qu’on applique ses recettes sans remise en question, sans qu’à aucun moment des recherches scientifiques aient prouvé quoi que ce soit. C’est là qu’est la différence fondamentale pour moi.Autre extrait du site de demeter :
Les pratiques spécifiques de l’agriculture bio-dynamique :
1 La conception de la ferme comme un organisme agricole
2 La fabrication, l’utilisation et la dynamisation de « préparations bio-dynamiques »
3 La prise en compte des influences de la périphérie cosmique (lune, soleil, planètes, …)Je suis tout à fait d’accord avec le point 1 : une ferme en polyculture, qui produit ses propres intrants, pas d’importation de transport, approche globale des organismes en relation avec leur environnement… Génial, mais quel viti bio-d respecte cela ?
2 : On entre là dans une conception identique à celle de l’homéopathie. Je ne me prononcerais pas, n’étant pas médecin. Mais relisez le Javaux dans le texte… Là aussi, sur le pourquoi des prépa 511 etc, demeter et Steiner aussi d’ailleurs restent très flou. On devrait se contenter d’un « Pourquoi ? Ben parce que je le dis et que c’est comme ça. »
3. Là… la position de la lune par rapport aux signes du zodiaque influerait sur les cycles végétatifs de certaines parties des plantes (ce sont les fameux jours racines, fleurs…) ; Outre le fait, que cette théorie me semble du même tonneau que le signe atrologique (bon il y a des arguments qui réfutent une quelconque influence de la lune, notamment la simple application de la loi de la gravitation, mais ce serait long et je pense que Luc a déjà abordé le sujet sur un autre thread). (Mais enfin Lanèfle, le cycle lunaire influence le cycle menstruel de la femme, c’est bien connu. Evidemment voyons le cycle de toutes les femmes fait pile poil 29,5 jours comme le cycle lunaire. Ah mais c’est parce qu’on s’est éloigné de la nature hein ! Ben oui comme l’éléphant, 4 mois, la brebis, une grosse 15aine de jours).
Là aussi, la prose de demeter est particulièrement parlante : on décrit avec force détail les différents cycles de la lune mais où sont les explications quant à un effet quelconque sur la plante ?
Bref, beaucoup de méthodes mais on doit se contenter pour toute explication d’un « c’est comme ça » qui me déplait. Un « tu le sentiras quand tu seras prêt » qui me dérange.Mais pourquoi cela me dérange-t-il ? Parce qu’enfin, ca marche, les vignes peuvent donner du bon raisin et du bon vin ? Oui mais qu’est-ce qui marche ? Les pratiques propres à la bioD ? Les pratiques communes avec le bio ? Le talent du viticulteur ? Si les pratiques propres à la bioD servent d’argument commercial et d’élévateurs de prix je dis non. Mais si le biodynamiste se pose en détenteur d’une vérité en opposition avec de méchants scientifiques obtus, je dis deux fois non. Car pour moi, c’est là qu’est le problème fondamental. Les biod détenant une vérité écrite, les viti traditionnels ou presque bio sont forcément dans le faux. Ils n’ont pas la pureté. Ils n’ont pas vu la lumière. Ils participent à un complot scientifique et rationaliste qui tue la terre à petit feu.
Les excès de la science (ou simplement la recherche de rentabilité et « d’efficacité ») nous ont mis dans la merde mais c’est aussi la science qui nous en sortira. Et les discours genre « le scientisme nous a occulté une partie de la vérité, à cause de lui on a masqué les énergies, on a oublié les alchimistes du passé. On a oublié Lamarck et Goethe », sont dangereux. Même si, par exemple, certaines découvertes (pas si récentes) en génétique montrent des mécanismes possibles d’adaptation qui font penser au Lamarckisme, il n’en reste pas moins qu’il s’agit de cas particuliers et que l’essentiel de l’évolution suit plutôt les théories initiées par Darwin.
Là où le discours biodynamiste est inacceptable, c’est qu’il a tendance à dénigrer, injustement, les autres types d’agriculture, à faire accepter comme faits scientifiquement établis des méthodes qui ne le sont pas, à faire passer les contradicteurs pour des obtus de la calebasse. En plus, avec leur aspect planétaire, énergético-vibratoire et tout leur arsenal naturo-homéopathique, le discours est séduisant évidemment. Tellement tendance à une époque qui ayant oublié dieu depuis longtemps, étant revenue d’une science injustement promue au rang de religion, ayant perdu tout contact avec ses racines, avec la nature a tendance à combler ces manques par n’importe quelle affabulation ésotérique. Et alors, la biodynamie n’est pas seulement un mode de viticulture « propre » parmi d’autres. Non c’est le seul. Et pire, avec des principes et des méthodes en marge de la science, de la raison. Suis-je le seul que cela dérange ? Je suis sûr que non.
Je ne me permets pas de douter des convictions d’Eric ou Franck. Je les respecte même. Car effectivement, on ne sait pas tout et qui sait, peut-être un jour prouvera-t-on et expliquera-t-on le fonctionnement de la bouse de corne et même la mémoire de l’eau (pour être honnête, il y a même des explications quant à certaines prépa : la silice p.e. mais les doses ???). Et après tout, si environnementalement, il y a un mieux, moi…
Par contre je doute d’une certaine tendance « nature » et de la biodynamie en général.
Le bio traditionnel n’est pas parfait mais n’est pas figé, il évolue, le reste de la viticulture aussi, au gré des recherches. Qu’apporte la biodynamie en plus ?
Une question d’option philosophique et de croyances ? Certainement et c’est très respectable. Un argument de vente pour certains ? Certainement et ça l’est moins.A plus pour la suite….
- 15 mai 2009 à 17h44
- in reply to: Hors sujet ou LPV bar
C’était le tartrique Philippe, un peu de rigueur scientifique que diable !(:P)
- 15 mai 2009 à 17h38
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
petite réflexion :
Un vigneron fait du vin du mieux qu’il peut. Trois ans après ses débuts, il passe lentement au bio. Sur les 5 à 10 années qui suivent il voit une nette évolution de ses vins.
Qu’est ce qui a changé le plus : le mode de culture ? La manière de travailler du vigneron ? Sa vision de son vin ?
…. Son expérience tout simplement ?
- 15 mai 2009 à 17h35
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
BARRET Philippe écrivait:
——————————————————-> A la réflexion, je ne comprends pas bien les idées
> que défendent Lanèfle et Hervé. Ils semblent
> tiraillés entre le fait que finalement le bio ce
> serait plutôt une bonne idée, mais que c’est
> dommage que les vignerons qui font du bio soient
> des illuminés qui refusent les verdicts
> « irréfutables » de la science.>
> PhilippePhilippe, comme Luc, je pense que tu caricatures mes propos… et que tu les déformes en plus.
Je suis un partisan d’une viticulture respectueuse de l’environnement et de la santé de gens. Je me moque de savoir si c’est meilleur ou pas. Que ce soit bon à très bon en utilisant des méthodes moins nocives pour les écosystèmes me suffit.
Les vignerons bio ne sont pas des illuminés. J’essaie juste de montrer que justement, les cahiers de charges bio impliquent des techniques sophistiquées, issues du monde des méchants scientifiques trop serrés du C… que tu sembles décrire.
Même si des essais ne montrent pas de différences, les cahiers de charges du bio et du bioD ne sont pas semblables mais surtout la philosophie à mon sens n’est pas la même . Si des vignerons nous expliquaient leurs cahiers de charges pour certains intrants, pour la lutte contre certains parasites les choses seraient déjà moins embrouillées. Si Eric Monné expliquait, lui qui est bio, pourquoi il est séduit par la bioD, ce qui changera pour lui dans sa manière de travailler, pourquoi le bio ne lui semble pas suffisant… ce serait très instructif.
C’est pour ça que j’ai parlé du ver de la grappe. c’est un exemple très parlant. pas le temps de développer aujourd’hui, la semaine prochaine peut-être.
Quant aux « analyses » que je « demande », qu’on ne s’y trompe pas. c’est de la provocation. Si les partisans d’une viticulture nature désirent nous assommer d’arguments scientifiques, qu’ils en sortent des vrais.
Qu’on montre que les flux et le stockage d’éléments minéraux (autres que ceux nécessaire au métabolisme primaire, cad la croissance) est différent en fonction du terroir ou du mode de culture et que cette différence se retrouve dans le vin, et la discussion est close.
Mon propos est d’essayer de montrer que le monde réel de la viticulture n’est pas manichéen, que bio et bioD ce n’est pas la même chose, qu’en dehors des labels ecocert et demeter, il y a aussi d’autres voies (tyflo en Alsace, les chartes terra vitis (oui je sais les « nature » n’aiment pas). Il es important je trouve d’éviter les amalgames.
Mon propos est de montrer que justement le bio n’est pas une nébuleuse d’illuminés comme tu dis. Mais pour cela, la moindre des choses serait de bien cerner les différences entre les tendances : raisonné, intégré, bio, bioD, Vins natures…
Seulement voilà, on voudrait que ce soit une simple opposition entre des scientifiques bornés, pas ouverts, chimistes et traficoteurs de vins et d’autre part des amis de la nature, du respect du terroir, des esprits libres et ouverts et fumeurs de pet’s…
C’est beaucoup plus complexe… surtout quand à la clé on sait que « bio », « terroir », « nature », « dynamie », sont des termes très vendeurs à notre époque. Dans ce cadre, expliquer posément les choses aux gens me semble important. La caricature moins…
Oui cette discussion est très intéressante, mais de grâce, pas de raccourci Philippe… ma cave doit contenir 80 % de vins bio (avant tout parce qu’ils sont excellents) alors merci de ne pas me faire passer pour ce que ne suis pas.
Bonne journée.
- 15 mai 2009 à 17h01
- in reply to: Hors sujet ou LPV bar
Bonjour,
de toute façon, quelle que soit la « ligne directrice » des administrateurs. Il y en aura toujours pour la critiquer. Triste mais rançon du succès et de la diversité. Alors même si ca paraît idiot, il en faut aussi pour dire, changez rien, tout va bien, bon travail et patience à toute épreuve.
Cependant… c’est vrai qu’un forum sur les couleurs des slips de chacun sur LPV… mmmhhhh… riche idée non ?:P
- 14 mai 2009 à 14h16
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Dialogue de sourds, comme je l’avais dit au début.
Les listes sont demandées ca y est.
Aïe, je vais me faire abattre quand à côté de Chidaine, Stoeffler, Gresser, Gendrier (oufti un bioD dans ma cave), Tissot (etc… les concours de z… c’est pas mon truc et question dégustation, je suis bien sûr de n’être qu’un rustre, mais qui plus est ca ne changera rien aux faits) je vais afficher…. Grrrrr le Domaine des Baumards ! Vade retro satanas ! Pire… un vigneron hâbleur à moustache qui a tout fait du napalm au bio (enfin c’est ce qu’il dit) : Guy Rochais !
Bon, je vous laisse à vos listes et m’en vais sur la pointe des pieds parce quand on dit : « Lanèfle and Co, je me contrefous de ce que disent les analyses scientifiques. La vérité est dans la perception, pas dans l’analyse ! Libérez vous de vos carcans cartésiens, explorez l’univers de vos sensations, admettez que le monde n’obéit pas toujours à vos logiques scientifiques, ce qui ne veut pas dire de basculer dans l’ésotérisme et le chamanisme ! «
Ben on a tout dit, y a plus de réponses possibles.Juste un truc : vous savez qui commercialise les bactéries qui combattent le ver de la grappe. Une entreprise versée dans le chamanisme et les phases lunaires : BASF.
Je pense savoir que ces bactéries sont « manipulées » pour éviter leur reproduction tous azimuts dans l’environnement. Du moins si j’ai bien compris les explications du vigneron bio.Le rapport avec le terroir ? Tout n’est pas blanc et noir. Il n’y a pas patate bio d’un côté et Mousseline de l’autre. Il n’y a pas le bio-nature et les méchants chimistes. Et enfin, respect du terroir ne rime pas forcément avec ondes et vibrations. Mais au long de ce thread, il y a des gens très convaincus qui vont raconter le contraire. Mais vis-à-vis de gens qui disent « je me contrefous des analyses scientifiques », désolé j’arrête.
Bonnes dégustations.
- 13 mai 2009 à 22h09
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Eric Monné écrivait:
——————————————————-> Hervé, au lieu de passer ton temps à chercher des
> poux dans la tête de vignerons qui ont vraiment
> pris le risque de faire autrement. Qui pour la
> pluspart le font en toute transparence par la
> certification. Qui de plus prennent aussi le
> risque d’exposer une autre vision que la tienne
> sur ce Forum . Contraints de subir le concentré de
> bêtise sur le travail bio que, sans l’avoir même
> expérimenté une seule fois tu nous ressert à
> longueur de messages. Je pense que tu devrais
> suivre le conseil de Franck:
>Eric, loin de moi l’idée de prendre parti dans l’éternelle débat entre toi et Hervé Bizeul depuis bien longtemps (pour ne parler que de sa partie lpvienne). Mais que je comprenne bien : Le clot de l’Oum, c’est bio. Franck Pascal travaille en biodynamie. Tu ne peux pas soutenir que ces deux démarches sont identiques tout de même ? Si pas l’une d’entre elles reflète-t-elle mieux le terroir d’après-toi ?
Quand un intervenant (et pas particulièrement Hervé Bizeul) se pose des questions (pour rester correct) sur certains aspects de la bioD, ca ne concerne que celle-ci.
Je pense justement qu’un vigneron Bio (sans le D) devrait parler en détail des méthodes qu’il applique. Le lecteur comprendrait qu’on est loin de l’image d’Epinal du bio-con qui traite à la bouillie bordelaise et fait mumuse avec les fleurs et les oiseaux. Le bio, c’est du boulot, de la sueur, des techniques… de la science. Par exemple (bien qu’on s’éloigne du terroir et de sa définition) : le ver de la grappe comment le combattre (y en a aussi dans le Roussillon ??).
- 13 mai 2009 à 19h13
- in reply to: Au fait, c’est quoi un vin de terroir?
Eric Monné écrivait:
——————————————————-
> Venir dire ma voie est la seule possible, les
> autres se fourvoient, et si ca ne vous saute pas
> au visage et bien c’est que vous n’êtes pas
> prêts… en est une autre.
>
> Tout a fait d’accord. D’ailleurs je n’ai pas le
> souvenir qu’un seul vigneron bio de ma
> connaissance ait soutenu une telle stupidité 😉Ah ben tant mieux alors, j’ai dû mal comprendre….B)-