lanèfle

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  • lanèfle
    Participant

    Bonjour tout le monde.

    Voilà un débat réjouissant où je lis déjà des choses qui me réchauffent le cœur du genre (de Jérôme Perez) :

    – J’ai toujours détesté les pensées uniques et j’ai quand même l’impression qu’il y a un « mieux disant culturel » en ce moment dans le monde du vin qui occulte un peu les pensées. Ce qu’il faut aimer, ce que l’on doit aimer : à force d’être matraqué, imbibé de ces discours, on en vient à se demander où est la réelle liberté de goûter.

    -Quand c’est bon, c’est bon : pas besoin de chapelle.

    … la liberté d’aimer sans œillère, sans se demander si on rentre bien dans la case

    Ou encore de Geoboy-Hugues : Et je n’ai pas honte de dire (…) que j’ai acheté un Muscadet en GD parce que j’avais rien d’autre sous la main pour mes moules frites et qu’il a rempli son role a merveille ou que j’ai participé a une degust d’Agathe Bursin et que j’ai un merveilleux petit Saint-Emilion GC dans ma cave que j’achete tous les ans 8,50 en primeur.

    Choses qui me réchauffent le cœur, parce que moi aussi, je connais un amateur de vins plutôt passionné voire obsessionnel, qui se sent poussé à consulter un « spychiatre ». Et je me pose (avec cet amateur anonyme bien sûr) donc les questions suivantes et vous les pose par la même occasion (LPV, c’est moins cher quand même).

    Pour un amateur de vin même passionné est-il normal, souhaitable, supportable, tolérable (biffez les mentions inutiles) de :

    Aimer des vins et des vignerons de façon subjective et irrationnelle ?

    Tenir compte du moment, du lieu et de la compagnie de dégustation et non seulement de la vérité censée se cacher au fond du verre ?

    Avoir pris son pied déjà, in situ je dirais, avec un gris de Toul, pire avec un gris de Vic-sur-Seilles ?

    De citer et d’aimer sur St-Nicolas de Bourgueil un autre vigneron que Y. Amirault ?

    Dans la même veine, de chercher dans les salons et les foires d’autres Jasnières que ceux du domaine de Bellivières ?

    De boire des vins de Loire non bio, pire d’apprécier les vins de Savennières, pire encore le domaine des Baumards, et pire du pire d’avoir aimé une ou deux fois le Savennières et même le quart de Chaume du Château de Plaisance.

    Et contradictoirement de ne pas être plus impressionné que ça par les vignerons moustachus et d’avoir un penchant philosophique pour le bio ? De mettre dans sa liste d’achats futurs des Vins de Leroy en Anjou.

    Pour continuer, a-t-on le droit quand on se dit « amateur de vins « d’encore lire le guide Hachette ?
    D’y découvrir et d’apprécier des domaines pas trop connus sur le web vin ? Comme le château des Rochettes en Layon ? Peut-on l’avouer sans se flageller ?

    Un amateur de vin peut-il honnêtement récuser le qualificatif « d’hédoniste », ne pas déguster mais boire un verre, estimer que la phrase « j’ai des goûts simples je me contente du meilleur » ne lui sied pas trop ? Avoir comme moteur de sa passion de découvrir toujours et encore, pas forcément le meilleur mais le vin qui sied à l’occasion x, avec la compagnie y et au prix z ?

    Peut-il avoir dans sa cave des Sauternes classés assez connus et des Saussignac pas connus du tout, sur la même étagère en plus ?

    Peut-il avoir envie de découvrir « in situ » Bergerac, Marcillac, les côtes du Forez, et pire encore Gaillac autant (au moins) que de goûter une fois dans sa vie Yquem ou Petrus ?

    Peut-il, cet amateur (mais mérite-t-il seulement ce nom ce rustre rougeaud tout imbibé qu’il est d’aligot et de repas marcaires) ne jamais parler de minéralité, ne même pas savoir ce que ca recouvre en vrai et en fait s’en moquer comme de sa première chemise, ne pas cracher sur les sucres résiduels en Alsace ou en Loire, ne pas exclure de goûter une fois un vin de Magrez, avoir apprécié l’une ou l’autre fois un boisé doucereux et vanillé dans un rouge ? Pire que tout avoir envie de goûter un « bad boy » pour voir à quoi ca ressemble ?

    Mais peut-il ce rustre adorer les riesling secs, avoir une certaine aversion pour les Montlouis et vouvray secs de 2006, parce que pas assez secs tout en leur préférant les demi-secs de la même année ?

    Avoir en cave des Vins de Stoeffler , Gresser ou Gilg et pas des vins de Trimbach (quand même quelques uns allez), de Humbrecht ou d’Agathe Bursin. Tout en se disant, « un jour, peut-être,j’aurai des Zind, des trimbach ou même un vin d’Agathe Bursin » à côté de ceux de Stoeffler, Gresser…. ?

    Un amateur de vin, même assidu du web vin (nouvelle forme, plus libre et collégiale de prescripteur du vin, mais prescripteur quand même avec ses chapelles et ses limites), peut-il ne pas aimer des vins que tout le monde semble apprécier, s’en aller dans les salons, les foires, chez les vignerons et les cavistes en n’ayant comme limites que ses propres envies et son portefeuille ? Se fiche du degré de célébrité, du prix (dans les limites du susdit portefeuille évidemment, et donc surtout du prix vers le bas) et de la chapelle de l’étiquette ? Et pourtant avoir sa petite fierté de servir un cru classé de bordeaux dans un repas de famille ?

    Enfin et pour résumer, cet amateur a-t-il le droit, sans rougir, de boire à tous les râteliers, d’être subjectif, de mauvaise foi (parfois, souvent), contradictoire (souvent, parfois), fouineur, pas toujours (pas souvent) raffiné voire carrément agricole version Loir-et Cher dans la boue? Bref de suivre son envie et son humeur du moment ?

    Si votre réponse à toutes ou à la majorité de ces questions et NON SURTOUT PAS, cet amateur (mais non Oliv ce n’est pas moi B)) a du souci à se faire. Si vous dites plutôt OUI, ou PAS GRAVE alors c’est tant mieux pour cet amateur et pour la tranquillité morale et intellectuelle des vignerons sans chapelle.

    Alors voilà, ces questions sont à prendre au second degré et ne sont franchement pas toujours d’une bonne foi exemplaire, pire elles sont souvent caricaturales et abusives. Mais quand même je me pose un peu la même question que Jérôme : est-on libre de ses goûts, l’esclave de ses préjugés et de ceux des autres. Même sur le net ?

    Bonne journée à tous !

    lanèfle
    Participant

    davidfrt écrivait:
    ——————————————————-
    > « Hervé Bizeul dira que des malhonnêtes existent.
    > Certes, mais il sont répartis dans toutes les
    > catégories de viticulteurs. »
    >
    > je pense que cela résume bien la situation Lanèfle
    > (désolé je ne connais pas votre prénom),
    > l’étiquette ne garantit au fond pas grand chose,
    > la seule vraie garantie n’est elle pas la
    > connaissance du producteur et de sa façon de
    > travailler?
    >
    > David

    Je pense oui. Et donc le corolaire est qu’on ne peut pas jeter tous les gens qui font du raisonné avec le fond de la cuve, comme on ne peut pas dire bio=honnête par essence… Finalement, tout le monde est d’accord non ?

    lanèfle
    Participant

    Bruyante la nuit mais mignonne à croquer la petite Romane.

    Les fraises, framboises, et autres cassis sont déjà cueillis pour une liqueur d’anthologie pour ses 20 ans…B)- Les nèfles murissent doucement dans ma haie…

    lanèfle
    Participant

    davidfrt écrivait:
    ——————————————————-
    > merci, c’est bien ce qui me semblait, c’est donc
    > purement déclaratif mais sans contrôle.
    > Cela peux donc tromper le consommateur…

    Hein ?????

    Ce n’est pas du tout ce que je dis, c’est même une contre-vérité. on ne lit jamais les liens postés ou quoi ??? Et donc voir ici et

    Alors OK, on est loin du bio, OK il y a de la com, ok, il y a toujours des pesticides, ok il y moyen de tricher. Mais répondre de façon lapidaire

    « Raisonné, cela ne veut rien dire du tout, du moins rien d’efficace pour respecter la planète, les sols, les gens et les plantes. », c’est vachement simplificateur. Remontons 10-15 ans en arrière, observons ce qui se passait dans les champs, les vignes… à ce moment là…

    mais bon, on va pas la refaire hein. Pas moi en tout cas…

    lanèfle
    Participant

    Ephemerophyte écrivait:
    ——————————————————-

    >
    > Pour les sans souffre, il y a d’autres produits:
    > lysozyme, acide ascorbique… Leur autre problème
    > étant l’oxydation. Le mieux a faire pour un sans
    > souffre c’est de limiter les apports d’oxygène, de
    > récolter des parcelles sans maladie, d’avoir une
    > hygiène irréprochable en cave, et de surveiller
    > ses cuves comme le lait sur le feux.
    >

    Mouais, mais « philosophiquement » parlant, dire qu’on fait du sans soufre mais utilier des « produits » tout aussi « vilainement chimique »… euh…

    Une fois, j’ai utilisé du sorbate de potassium pour mes liquoreux pour diminuer la quantité de soufre. mais à forte dose, ca donne des envies pressantes, ca doit compléter le SO2 parce que ca n’inhibe que les levures et pas les bactéries (enfin d’après mon bouquin toujours hein, je suis peut-être à côté de la plaque) et ca peut être à l’origine d’un délicat arôme de géranium… super…

    A force de vouloir bannir un produit somme toute peu dangereux (sauf allergie ?), ne tombe -t-on pas de charrue en skoda ?

    lanèfle
    Participant

    Très clair Gautier et merci pour tes réponses. Cela m’apprend beaucoup.

    Notamment pour les capacités des levures à transformer le sucre en alcool. Je l’ai déjà vu écrit noir sur blanc… Mais il ne faut pas croire tout ce qu’on lit ! J’ai aussi lu qu’il fallait absolument planter ses carottes en jour racines pour qu’elles poussent !(:P)

    Dans les quantités de soufre que tu cites, je suis un peu surpris.

    Dans mon bouquin « d’amateurs » (celui de Marc Debrouwer, que laurentM connait bien, bon y vient sur le fil lui ou quoi ?) la dose préconisée est de 1,2 gr (1 gr si on veut une fml, mais je n’y ai jamais réussi avant de quasi éliminer le sulfite en départ de fermo) de métabisulfite de potassium par 10 l de moût pour le départ de fermo (levure exo avec pied de cuve préconisés). Ensuite à chaque soutirage, en gros, on divise la quantité ajoutée de moitié. Vinifiant des fruits autres que le raisin, je me suis vite acheté un petit kit utilisant, si mes souvenirs sont bons un produit à base d’iode, pour doser les sulfites actifs dans le vin, là je pouvais ajuster les sulfitages en fonction du pH du vin, de son type (sec, moelleux) et du fruit (richesse en malique, citrique…). Bon, je ne me souviens plus des chiffres, mais genre 20 mg (par litre) de SO2 actif dans un sec, 60 dans un moelleux… . J’ai cité mes chiffres à des vignerons comme V. Stoeffler ou Florian Beck-Hartweg, ils m’ont fait des gros yeux genre « mais vous êtes fou ?). Alors quand je lis 3 à 10 g ! je suis rassuré pour mes vins. J’ai fais du sans soufre !:D. Mais parlons nous de la même chose, des mêmes échelles ??? Ne me dis pas que tu parles de quantités par hecto. Aucune connaissance n’a jamais été malade avec mes vins. Evidemment, je rectifiait toujours à la mise en bouteille grâce à mon kit là…

    Voilà… désolé pour le hors sujet et encore merci Gautier.

    PS : Quand une réponse est précise et argumentée, elle n’est jamais longue. Je trouve que des interventions du type de celle de gautier sur ce fil participent énormément à la richesse du forum.

    lanèfle
    Participant

    davidfrt écrivait:
    ——————————————————-
    > a propos des pesticides, je lis très souvent la
    > mention: Agriculture raisonnée sur les bouteilles,
    > quelle garantie apporte t’elle? Est ce seulement
    > déclaratif?
    > Merci
    >
    > David

    Une garantie un peu floue… Puisqu’en agriculture raisonnée on trouve de tout. Il y a plusieurs cahiers de charge. Ca va du « au moins on ne traite pas quand il y a du vent(:P)) au « presque bio »… J’ai donné des liens vers les sites des chartes « Terra vitis » (une association qui comporte des groupements régionaux dont les cahiers de charge différent) et Tyflo (mais parle-t-on encore de raisonné dans ce cas ?) sur le fil « Au fait c’est quoi un vin de terroir ».

    Ceci dit (et répété), raisonné ne veut pas dire gros faux c… qui se donne des airs de sainteté. Lire les liens donnés par Iris pour s’en convaincre… Comme déjà martelé, même les non raisonnés (les déraisonnables ???:S) sont de plus en plus contrôlés, les produits utilisés de plus en plus restreints… Les choses changent.

    lanèfle
    Participant

    Merci les gars, ça me touche beaucoup….

    lanèfle
    Participant

    Ephemerophyte écrivait:
    ——————————————————-
    (…)

    > La grande chance des vignerons qui ne levurent pas
    > c’est que saccharomyces cerevisiae est tellement
    > plus performante dans le milieux « moût » que les
    > autres levures qu’elle se développe très
    > rapidement et représente une bonne part des
    > levures présentes en début de fermentation alors
    > que sur une peau de raisin c’est environ 1/1000.
    > Donc pour ne pas avoir de problèmes en levures
    > indigènes il faut effectivement limiter les
    > traitement pour avoir plus de levures et donc plus
    > de chances d’avoir quelques saccharomyces.
    > MAIS
    > 1) rien ne garantit que des saccharomyces seront
    > bien présentes
    > 2) rien ne garantit qu’elle prendront le dessus.
    > En effet il s’agit d’un processus de sélection
    > naturel et beaucoup de facteurs entrent en jeux:
    > taux de sucre, d’azote, température, autres
    > souches présentes, facteur killer…. Et comme
    > toute bête de compétition, saccharomyces est un
    > peu fragile, et une autre levure a tôt fait de la
    > remplacer (bayanus par exemple) parfois sans trop
    > de problèmes, parfois c’est la cata. Et arrêter
    > une fermentation lancée je vous le dis c’est pas
    > de la tarte (froid+ mutage au SO2) et le pire
    > c’est que quand on tente de relancer même en
    > levurant, rien ne dit que ce sont les levures LSA
    > qui vont reprendre la fermentation.
    >
    > Ensuite je voudrai démystifier un peu les levures
    > indigènes VS les LSA. Il ne faut pas oublier que
    > les LSA ne sont pas sorties de nul part: ce sont
    > des levures qui ont été sélectionnées DANS LES
    > VIGNOBLES. Si bien que les fermentations en
    > levures indigènes qui se passent sans difficultés
    > sont généralement effectuées par ces même
    > levures.

    (…)
    >
    > Désolé pour la longueur du texte. Et merci a ceux
    > qui sont arrivés au bout.

    T’inquiètes Gautier, t’es pas le seul à faire ch… les gens avec des textes longs… Il y a moi aussi. Mais merci. Là je vais pouvoir juste ajouter « tout à fait d’accord avec toi ! »

    J’ajouterais que les levures « gentilles » (les saccharomyces cerevisae) naturelles présentent une grande diversité génétique qui se traduit, entre autres par des différences dans la quantité d’alcool produite par gramme de sucre, le taux d’acidité volatile…. travailler avec des levures sélectionnées (càd, multipliée à partir d’une souche naturelle reconnue pour se qualités) c’est diminuer cette variabilité.

    Autre remarque que je demande à Gautier de confirmer ou d’infirmer. Dans mes bouquins de vinif amateur, je lis que les cerevisae sont moins sensibles au soufre que les bactéries diverses, les oviformis ou les brett et donc qu’un bon moyen de sélection est de soufré costaud (dans ces bouquins, costaud c’est costaud, j’en ai déjà parlé avec des vignerons, ils en étaient sur le popotin !). Peux tu me donner quelques chiffres ? Remarque corollaire, ils font comment les vignerons nature-sans soufre ? Ils levurent ou ils laissent faire la nature ???

    Encore deux remarques : il faut aussi tenir compte de la propreté dans les chais. mais même si c’est impecable, n’y a-t-il pas une flore présente dans les chais qui joue un rôle dans la fermo si on n’ensemence pas ?

    Pour Brettanomyces bruxellensis, il s’agit d’une levure que l’on ne retrouverait que dans la vallée de la Senne (mais je me demande si je n’ai pas lu quelque part que c’était une légende). En tout cas c’est elle qui ensemence naturellement, au chais, les lambics naturels dont on fait nos meilleurs gueuzes (chez Cantillon p.e.). Tu es sûr agitateur que c’est la même espèce qui aromatise si délicatement les vins touchés par « les brett » ? Si Laurent M pouvait nous éclairer…

    Bonne journée

    Marc

    lanèfle
    Participant

    Non, absolument pas Iris, mais plutôt pour d’éventuels « vignerons bio « opportunistes » cités par Chinbourg…

    lanèfle
    Participant

    Je ne sais pas.

    Mais je faisais un peu d’humour.

    Disons que je pense qu’à côté des grands vins de terroirs, qui ne sont tout de même pas à la portée de toutes les bourses, il y a des vins, disons plus industriels pour lesquels les processus de fabrication sont plus importants que la terre qui a vu mûrir les raisins. Je pense que ces vins ont le droit d’exister que les gens ont le droit d’en boire. Je pense aussi que de ce point de vue la France ferait bien de se secouer, mais c’est un autre fil… Le premier VdT 100% bio du cep au bouchon, ca en jetterait un max non ?B)-

    Je pense aussi que si ces vins pouvaient être meilleurs, respecter un peu mieux l’environnement, utiliser moins d’intrants, et pourquoi pas respecter des cahiers de charges bio… pourquoi pas. ce ne serait pas un mal.

    Mais dans le cas de ces levures, effectivement … bof ! ca me parait bien pratique au niveau marketing en fait…

    lanèfle
    Participant

    chinbourg écrivait:
    ——————————————————-
    > je ne vois pas bien l’intérêt d’une levure
    > bio….:S
    > Puisque de toute façon, les vignerons qui sont en
    > bio, pour de bonnes raisons, laisseront leurs vins
    > fermentés à leur rythme.
    >
    > A moins que ce ne soit pour les nouveaux vignerons
    > bio « opportunistes », cela pourrait les aider
    > sortir leurs vins plus vite. 😀

    Ou peut-être pour des vins-bio-de-masse-sans-terroir ????

    Et….. c’est quoi la différence entre une levure bio et une pas bio ???? pas grand chose :

    isolée en Allemagne dans un vignoble en Agriculture biologique
    • Production :
    milieu de culture composé de produits certifiées « bio »
    multiplication, séchage, conditionnement sous contrôles selon R-CE 2092/91
    Nouveauté 09: Oenoferm® BIO
    • Levure fermentaire
    • Fermentation régulière et complète

    Et personne n’y avait pensé avant ???

    lanèfle
    Participant

    chinbourg écrivait:
    ——————————————————-
    > Sinon, la France est peut être en déclin pour le
    > vin de masse, pour le reste, les bons vignerons
    > qui produisent bon, je ne crois pas qu’il souffre
    > de quoi que ce soit.

    Je suis très inquiet. Deux fois en un jour, que je suis d’accord à 100 % avec toi. Pfiouuuu….

    Addendum : mais Chris du74 vient de mettre le doute en moi… Pernicieux tout de même…B)-

    lanèfle
    Participant

    chinbourg écrivait:
    ——————————————————-

    > Je pense que le terroir est un tout, pas seulement
    > un bout de terre…

    Laurent ! Tu te rends compte ?

    Je suis d’accord avec toi !:)-D

    lanèfle
    Participant

    emmane777 écrivait:
    ——————————————————-
    > Pour finir, je n’ai pas de données sur l’etna. Je
    > sais juste qu’il a 500 000 ans. La plus jeune île
    > de polynésie a 30 000 ans ; le problème, c’est
    > qu’elles coulent…. et n’ont donc pas le temps de
    > vieillir ( et çà finit même en atoll).

    Euh…. Fais quand même attention à ne pas tomber dans un polynésio-centrisme trop facile !(:P)

    lanèfle
    Participant

    Patrick Bottcher écrivait fort à propos:
    ——————————————————-

    > Franchement, je ne cherche pas la polémique, je ne
    > comprends pas comment un drapeau, aussi proche
    > soit-il de mes origines devrait m’influencer dans
    > mon choix ?

    Ah ben tu vois Patrick. Faut être patriote. Moi qui suis belge, je ne bois que du belge. En chantant la brabançonne le coeur sur la main (hips). Et je pleure. je pleure. Tu peux pas savoir… 🙁

    > Pourquoi n’admetterais-je pas que l’Italie est un
    > grand pays du vin, même si la France constitue (de
    > façon constante) 85 % de ma cave?
    >
    > Au vu des posts liés à l’Italie, aux rieslings
    > allemands et j’en passe, je ne pense pas être
    > unique.

    Ah ben oui mais et la tradition viticole alors ? L’histoire avec une grande hache ? Hein… les romains ? C’est qui ça les romains ? Rôôô, oui il y a le « nouveau » monde. l’Afrique du sud p.e., 1652 je crois sa viticulture…(:P)

    > MAIS UNE FOIS DE PLUS, ce n’est pas le débat.
    > Personne ne demande si vous achetez français
    > uniquement ou non, ce qui est demandé, c’est si
    > vous estimez que les vins français sont en déclin
    > à cause des vins étrangers, pas à cause de ceux-ci
    > ou ne sont pas en déclin, parce que dire que les
    > autres ne s’éveillent pas plus, ca, ca va être
    > dur.
    > Perso j’ai déjà répondu 2 x que pour moi les vins
    > français n’étaient pas en déclin qualitatif, du
    > moins ceux qui nous bottent…

    Et ben tin, voilà qui recentre les choses. Trève d’humour. Voilà qui est bien dit. Déclin qualitatif ? Mon oeil, si on me permet l’expression. Non seulement dans le cas des vins d’élite mais aussi, je le crois, dans le cas des vins bons à très bons, ou émergents ou moyen de gamme. Dites le comme vous le voulez. Et effectivement, il suffit de voir « l’étal » de certains cavistes en Belgique, on ne peut pas dire qu’à l’étranger cela stagne, au contraire. Du bon, très bon on en fait dans tous les pays de tradition viticole (que celle-ci date d’avant le christ ou du 19ème siècle). ceci-dit, je n’approche que la quarantaine, avant 1990, je ne buvais pas de vins. Difficile de comparer !!!! Mais parlez où lisez des sages du vin, ici sur LPV ou autour de vous. Qui plus est les « mouvances » et la réflexion, la vitalité du monde du vin est énorme (nouvelles technologies mais aussi nouvelles philosophies, retours aux sources divers du bio au sans soufre, on en pense ce qu’on veut, mais je trouve que cela crée une saine émulation). En plus de l’aspect conservateur et rassurant des AOC (pas forcément un mal), vous avez un tas de zozos qui essaient tout et n’importe quoi comme cépages et vinifications en vin de table. Je trouve que c’est un sacré gage de vitalité et de renouvellement même si cela implique des ratés.

    Là où à mon avis, il y a des choses à observer, c’est dans les vins de « grande consommation », de non-amateurs passionnés, de carrouf. Appelez les comme vous le voulez. Le défi du futur est peut-être d’obtenir des vins ayant quand même une certaine qualité pour un prix « plancher » (et des méthodes de cultures et de vinif « correctes » quand même, zut). Là je pense que la France, mais pas qu’elle en Europe, a un sacré retard à rattraper. On a toujours l’impression que les viticulteurs français ont un train de retard (mais c’est l’impression d’un petit amateur de province, c’est sûr) : pour les copeaux, plus récemment pour les rosés (8-))… Le défi, couplé à une baisse générale de la consommation, aux changements d’habitudes des consommateurs, il est là, à mon humble avis. La France va-t-elle rester un Pays de bon vivre pour tous avec des vins d’une certaine qualité dans toutes les gammes de prix pour tous les types de consommateurs ? Ou bien va -t-elle rester uniquement en tête de file dans le domaine des vins d’exception (qui ne représentent que quelques % de la production) ? Dans ce cadre, celui des vins pas chers, cela a du sens de jouer la proximité pour l’achat. parce que à 5-6 € la bouteille, ne me dites pas qu’il n’y a pas une différence sociale et écologique entre un vin importé du Chili et celui de la coop du coin…

    Personnellement, pour me myself and I, la « civilisation du vin » ce n’est pas seulement Petrus, le Montrachet, les trois-étoiles, les vins à plus de 20, 30 €. C’est bien plus que ça. ce sont AUSSI les bouchons lyonnais, les fermes auberges et les repas marcaires servis avec d’honnêtes sylvaners désaltérants, l’épopée des vins des Cévennes, et même dans ce cadre l’Histoire des cépages hybrides comme le jacquet…

    Et de Belgique, depuis les rayons des super-marchés, il me semble qu’à première vue, les vins étrangers ont plus la cotte que les français à prix égaux…

    Peut-être suis-je à côté de la plaque… Je ne sais pas.

    Bonne journée

    lanèfle
    Participant

    chinbourg écrivait:
    ——————————————————-

    >
    > Quant à François Chidaine, les 2006 sont lourds,
    > manquent de tension…alors pour Tuffeaux pourquoi
    > pas avec sont équilibre demi-sec, mais pour les
    > secs, 🙁
    >

    Laurent… je suis tout à fait de ton avis !:)-D

    lanèfle
    Participant

    Bonjour,

    Ces dernières semaines, j’ai pu déguster quelques vins de Chidaine. Achetés chez un caviste belge ou à la cave insolite même (une tuerie, ce magasin, n’y entrez pas, jamais, à aucun prix, sous peine de voir briller vos yeux, s’enduire de salive votre moustache, tomber à l’eau toutes vos résolutions du type, cette fois je limiterai mes achats…). Je vous livre mes impressions… un peu mitigées sur les vins que j’ai bus. Les choses que j’avais goûtées à la cave insolite en septembre 2008 m’avaient enthousiasmé au plus haut point : Tuffeaux 2005, moelleux 2005 notamment (moi aussi je monte une cave pour mon fils, 2005, pas de chance hein…:D).

    CR: Vouvray Les Argiles 2006

    Déjà dégusté au printemps 2008. Repasse en mars 2009. Je ne change quasi pas mon commentaire.

    Œil : Cristallin après quelques secondes, le temps que des milliers de micro-bulles quittent le verre. Belle teinte or pâle avec des reflets dorés plus francs. Très lumineux. J’adore.

    Nez : Modéré, presque discret, pas causant. Du fruit bien mûr, des jaunes et des exotiques.. A l’agitation, je retrouve un côté un peu floral.

    Bouche : C’est rond, suave, velouté. Une belle pointe de vivacité relève la finale. Une belle matière. Côté arômes, Il y a toujours un profond fruit mûr mais peu défini. Et cela s’arrête là, beaucoup trop simple.je retrouve bien un côté épicé et un peu de réglisse, mais ca, ca compte pas, la réglisse, j’en retrouve sur tous les blancs pour le moment. Ce doit être l’approche de la quarantaine, je regrette les saveurs de l’enfance… La finale fruitée est toujours un peu alcooleuse comme il y a un an.

    Impression générale : Je n’adhère toujours pas à cet argile 2006. C’est un vin facile à boire. Je trouve que ca manque d’acidité, de tension. Par contre le côté gourmand et la belle matière me plaisent beaucoup.

    CR: Montlouis Clos Habert Demi-sec 2006

    Œil : Malgré des reflets dorés, la robe reste pâle, peu colorée. S’il fallait donner un nom, je dirais jaune paille clair. Après l’ouverture et encore deux heures après, des microbulles marquent les parois du verre. Le liquide est limpide mais pas particulièrement lumineux. Les larmes sont moyennes mais tenaces.

    Nez : A l’ouverture, le nez est discret avec des notes acétiques, de la pomme, du miel. Mais deux heures plus tard, les notes se sont épurées : modérées mais sensuelles, elles rappellent la poire Williams, le miel, le vin de pomme, avec une touche florale aussi.

    Bouche : Là aussi, il faut attendre deux heures pour que les notes peu amènes de l’ouverture s’évanouissent. Et là, c’est assez expressif et net. On décline encore les produits du verger : poire, pomme, vins de ces fruits, pointe miellée, pointe citronnée. La finale est sur la poire, très longue (30 secs bien fait) et savoureuse, rehaussée d’une belle amertume. Il y aussi de la torréfaction et un peu de réglisse, Mais c’est léger. Beau demi-sec, assez aérien, la structure manque d’un poil de vivacité, surtout en finale, à mon goût, mais c’est chipoter.

    Le lendemain : Et même le surlendemain (36 heures d’ouverture). En plus de la poire, le nez exprime le coing, le fruit exotique. En bouche, épices et réglisse sont plus marqués. La matière semble plus dense, supportant mieux la douceur et le manque relatif de tension. La finale est même plus fraiche, plus savoureuse, plus fruitée. Après 4 jours, le vin dégage un intense parfum de pêche blanche.

    Impression générale : Pas en grande forme pour le goûter (fatigue), mais malgré un certain manque de tension, ce vin m’a paru excellent, avec un bon potentiel (pas immense). Il vaut plus par sa complexité et sa fraicheur aromatique que par sa structure. Mais bon, faut pas exagérer non plus, je chicane pour la structure.

    Avec : Des ravioles au foie gras et à la morille, puis du foie gras et des rillettes. Avec des terrines de gibier par contre, c’est bof. Ce petit buffet de babioles roboratives et quasi végétariennes était bien sympathique…

    CR: Montlouis Les Choisilles 2004

    Œil : Franchement or. L’intensité colorante est faible mais la nuance tire sur l’ambre. Cristallin. Assez lumineux. Larmes abondantes mais peu tenaces

    Nez : Modéré mais pas très agréable sur de l’animal, du soufre, du végétal. Franchement pas agréable.

    Bouche : Alors là, après un nez comme ça on fait la grimace avant de mettre le vin en bouche. En fait, hormis un certain manque de matière, c’est excellent : ample et gras, presque moelleux au toucher en attaque, frais en milieu de bouche, belle vivacité sur la finale longue d’une 15aine de secondes. Des arômes expressifs et nets de pamplemousse rose et de pêche, épicés de réglisse et de poivre, le tout très mûr. C’est délicieux. Amertume un peu trop prononcée en finale.

    Le lendemain : Le vin va tenir une semaine en bouteille. Quand je dis tenir, son fruité en bouche va décliner, hormis quelques sursauts ! Bizarre, jamais ressenti ça : selon le coup de nez et même en bouche dès le lendemain, le vin oscille entre un côté soufre et prout végétal et de l’autre un fruité pur et expressif.

    Impression générale : Alors bon, comme c’est un fond de loge d’un caviste, il y peut-être un problème de bouteille. Ou alors c’est un de ces vins complexes et intéressant, mais à la VVB faible. Pas top mais qui donne envie de goûter à nouveau. Ou alors c’est seulement une bouteille qui vieillit… Un très bon moment quand même le premier jour.

    P.S. : La VVB est une mesure scientifiquement imparable de la qualité d’une bouteille (la science Laurent, toujours la science). C’est la Vitesse de Vidange de la Bouteille…

    Bon après-midi

    lanèfle
    Participant

    Si, si.

    Tiens lisez un peu cet article…X(

    lanèfle
    Participant

    chinbourg écrivait:

    >
    > Non, ce n’est pas tout ou rien, si on entre dans
    > la démarche, c’est par conviction, non par
    > opportunisme…

    Euh…. ben le mot dynamie, ou simplement le mot bio, ou le mot nature d’ailleurs, je peux te dire (et je ne suis pas le seul) que c’est susceptible de faire pulser le porte-feuilles des bobos de tous les pays…. Alors Kâ même, il faudrait changer ta phrase en  » on n’entre pas nécessairement dans la démarche par conviction mais par opportunisme » et du coup le fossé entre les méchants et les gentils se comble un peu.

    Franck a cité Albert einstein. Je citerai un autre grand philosophe « Pour qui on a un gros penchant ? les méchants ! » Michel Fugain. Fini pour le moment. Tout a été dit. Au lecteur de se faire une opinion.

    Ravi de te voir écrire que ce n’est pas tout ou rien.

    :)-D

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