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- 25 mars 2018 à 23h14
- in reply to: LPV BzH #23 : Bon Génie, exauce mon voeu !!
C’est dans la très sympathique salle (privatisée) à manger des Carmes que 10 insatiables du vin se sont retrouvés, pour la 23ème fois sous la bannière du cercle LPV BzH !!
J’avais raté la 1ère édition « BG » qui avait enchanté nombre de convives.
Me voilà donc présent pour ce tome II, en remerciant au passage Martin & Bernard qui ont dû s’arracher les cheveux (ou les poils du torse pour Bernard, histoire d’épargner sa crinière de chef d’orchestre sous psychostimulants) pour gérer les souhaits et les propositions de tous, dans ce type d’exercice dégustatif.Trêve de blabla, mon bilan de crachoir :
[b]
CR: – Anjou Blanc – A Françoise 2015 – Thibaud Boudignon :[/b]
Mon apport, suite au souhait de Sebus. J’avais forcément quelques craintes concernant ce millésime classé comme puissant (que j’avais eu la chance de découvrir sur fût) dont le « goûtage express en arrivant au resto » criait « carafe-moi » !!
Une grosse demi-heure plus tard, le nez est toujours salivant, crayeux, avec de timides notes d’élevage. L’attaque reste « monstrueuse », mais plus agile qu’à l’ouverture. Une forme d’astringence anime l’ensemble. Le vin déroule et clame son caractère cristallin. La longueur est superlative et l’acidité sur un point d’équilibre modèle. Seb’ semble (très) séduit, même si j’aurais aimé offrir un Boudi moins démonstratif et plus serein. Bouteille au potentiel de longévité évident. ***(*)
[b]
CR: – Chablis 1er Cru – « La Forest » 2012 – V.Dauvissat[/b] (en remplacement du, très bouchonné , Chablis 1er Cru – Montée de Tonnerre 2002 – F.Raveneau) :
Le généreux mécène est forcément (très) déçu par cette déconvenue (le demandeur aussi), mais il avait prévu un plan B. Un nez moins expressif que l’Anjou, un soupçon de bois et une fine réduction s’expriment au-dessus du godet. L’attaque est « très bourguignonne ». Le chardo se dévoile, la réduction persiste, un étrange caramel lacté s’impose dans la partition. Il souffre un poil derrière Boudignon (à mon humble avis), mais sait rester digne. J’ai regoûté le fond de quille, une fois rentré chez moi. Le caramel avait disparu, la réduction était toujours là, mais le profil semblait plus « austère ». ***
[b]
CR: – Côtes du Jura – Les Chalasses Vieilles Vignes 2008 – J.F Ganevat :[/b]
Le nez le plus délicat du trio des blancs. Une robe évoluée, une attaque qui ne dénote pas du nez, tout en finesse, en élégance avec, pour moi, une sensation de quelques sr alignés avec la matière. Finale interminable sur le curry et ses copines épicées. Un modèle d’équilibre et de suavité. ****
[b]
CR: – Emilia IGT Bianco – Ageno 2011 – La Stoppa :[/b]
Une bonne âme souhaitait goûter un vin orange (il cumulait déjà le Raveneau bouchonné, donc autant noircir le tableau jusqu’au bout). Le nezdéboite le chat syphilitique qui fait des crises d’acidocétosesest chafouin, pharma, peu sexy. La bouche interloque les sens, la pomme blette domine. Aucun plaisir en l’état, quand les vins rouges de la maison m’ont procuré souvent de bons moments. Nous démembrons le demandeur et décoiffons le généreux donateur pour ce jackass du chai !! 0
[b]
CR: – Crozes-Hermitage 2016 – Laurent Combier :[/b]
Un invité de dernière minute nous gratifie de ce rouge très réduit au pif, mais dont l’attaque est plutôt agréable, relativement concentrée, simple, à l’acidulé salvateur dans un registre sans grande ambition. Ça fait le job ! **(*)
[b]
CR: – Chinon – Clos de l’Echo 2005 – Couly-Dutheil :[/b]
J’étais demandeur d’un « vieux Chinon à maturité ». Le vieux cabernophobe que je suis/reste tente pour la énième fois d’être convaincu par « le breton ». Le nez exprime des notes marquées de Fe2+/Fe3+, mais reste relativement peu disert. Une attaque fraîche, au grain peu poli (comprendre « granuleux), adossée à une expression végétale très forte. Si la 1ère gorgée me fait crier « cab’ franc », le caractère juvénile et rafle/végétal domine outrageusement, sans poivronner pour autant. Les 05 sont-ils vraiment intorchables jusqu’en 2088 ?! (*)CR: – St-Joseph – Vignes de l’Hospice 2007 – E. Guigal :
Un 1er nez hyper flatteur mêlant cassis et ébénisterie soignée, louchant par moments sur un pinot. La bouche penche plutôt pour un cab’ so. Un profil que je qualifie comme « techno, à l’élevage outrancier, à la finale amère rédhibitoire », aux antipodes d’une syrah que l’on dit de « grande lignée ». (*)
[b]
CR: – Cornas – La Geynale 2003 – Robert Michel :[/b]
Un nez très élégant, au fin élevage, quand la bouche délivre une matière tonique, à l’acidité nerveuse, au « trait vert » sur le fil, d’un juvénile stupéfiant, une fois la chaussette descendue, qui en a encore sous la godasse. **(*)/***
[b]
CR: – Crozes-Hermitage – La Guiraude 2015 – A. Graillot[/b] :
Un joli nez mûr anime mes muqueuses, une pointe de volatile, un fond poivré. Le gargarisme à suivre confirme les notes poivrées puissantes, une fine rafle dessine les contours d’un vin encore un peu brouillon. La structure est évidemment (trop) jeune, « le nez est plus mûr que la bouche ». Forcément trop tôt, mais que ne ferait-on pour satisfaire un amateur. *(*)/**CR: – Muscat Beaumes-de-Venise – Vin Doux Naturel 2015 – Domaine des Bernardins :
Si le 1er nez m’évoque le litchi, le second clame sans hésiter « muscat ». C’est rond, c’est gras, au(x) sucre(s) équilibré(s) et ça matche pas mal avec l’acidulé de notre dessert à l’ananas. Annick est contente, c’est le principal !! **Mon tiercé, pour le coup, monochrome :
1/ Côtes du Jura – Les Chalasses Vieilles Vignes 2008 – J.F Ganevat
2/ Anjou Blanc – A Françoise 2015 – Thibaud Boudignon
3/ Chablis 1er Cru – « La Forest » 2012 – V.DauvissatEncore merci à tous les participants pour ce bon moment de convivialité, ainsi qu’au staff des Carmes, d’un professionnalisme sans failles, face à des allumés du tire-bouchon comme nous !!
- 16 mars 2018 à 17h04
- in reply to: Domaine Marc Kreydenweiss
CR: Domaine Marc Kreydenweiss Alsace – Andlau – Riesling 2016 – Au-Dessus de la Loi :
C’est d’abord une poire dominante qui s’extirpe du verre. Les notes pétrolées sont vraiment loin, à peine décelables dans l’arrière-plan. Sans ces dernières, on hésiterait énormément à mettre ce jus en Loire, voire en Vouvray tellement les « marqueurs olfactifs » semblent similaires.
L’attaque est nette, au caractère très sec, tendue, accusant un petit creux dans sa course au fond de la glotte, pour une finale éthérée.
Les gorgées suivantes confirment le caractère sprinteur du vin. Tonique et explosif, mais manquant un poil d’endurance. L’aération inverse ce profil athlétique. La jeunesse et la vibrance instantanées laissent place à une matière longiligne et salivante.
L’expression « fruitée ligérienne » persiste, l’équilibre et la finesse portés par une acidité modèle donnent à ce « simple village » (dans la continuité du GC Wiebelsberg selon la contre-étiquette) une dimension et une classe remarquables !
***(*)- 5 mars 2018 à 2h27
- in reply to: Domaine François Dumas
CR: François Dumas – La vigne de Jean – Vin de France 2015
Nez louchant sur un évident « gamay d’obédience naturelle/peu protégé », avec ses notes de fourrure, même si on peut hésiter avec une jolie syrah. L’aération lui donne même des airs de similitude à ceux de Michel Guignier (Vauxrenard) tant le fruit semble « pur ».
L’attaque est fraîche, mûre mais sans excès, étonnamment gourmande sur un millésime qui n’a pas ma préférence dans ce coin (comme dans beaucoup d’ailleurs).
Un jus plein, à l’expression dynamique, hésitant entre de fins tannins ou un caractère faussement crayeux. La finale est racée pouvant faire penser à un cab’ franc de haute lignée (et sous mon clavier, croyez bien qu’un bon cab’ franc ça court pas les rangs ni ma cave !). ***/***(*)- 1 mars 2018 à 23h38
- in reply to: Domaine Charvin
CR: Domaine Charvin – Châteauneuf-du-Pape 2011 :
1ère quille sacrifiée de mon cheptel des 11. Carafée 01h00.
Nez ferreux-ferrique, rafle, épices intenses.
Attaque au caractère « végétal », pleine, tonique, à la « rafle » dominante, se déliant pour laisser place à une finale sur les « fruits à l’eau de vie ».
Se fait très lentement plus aimable, en déclinant une fraise timide et des notes étonnantes de cumin. L’expression buccale est toujours aussi peu sexy, avec une finale « rêche ».
A J+1, ça pète de pruneau, d’épices et d’alcool (j’ai même cru à une pointe de volatile par moment). En l’état c’est clairement pas ma came. Autant le CDR sur ce millésime causait bien mieux, ce CDP 11 est aussi peu glamour que le CDR 13 goûté en aout dernier. **- 25 février 2018 à 23h17
- in reply to: Domaine Pattes Loup, Chablis
Bonjour,
Intrigué (pour ne pas dire perplexe) par « l’affaire du mystère du Chablis 12 de Pattes Loup », je décide à mon tour de sacrifier mon avant-dernière bouteille sur cette cuvée en 12.
Pour l’historique, monfoiepalais en a déjà vu passé 6 à 8 exemplaires. A chaque fois, un vrai plaisir, une tonicité et une gourmandise jamais démenties. Voilà pourquoi, j’en avais gardé 2, pour « la science » !!CR: Domaine Pattes Loup, Chablis, 2012
Le nez est immédiatement « superbe »… jamais croisé sur cette cuvée, mais on peut y déceler de belles notes miellées, des notes évidentes d’évolution, louchant sur certaines rotations du verre sur la Loire, école « nature/peu protégé à tendance oxydative ».
La bouche confirme ce caractère « évolué-oxydation déjà bien amorcée ». L’ensemble est moins tranchant/vif que sur ses consœurs précédentes.
Le mimétisme ligérien s’affirme au fil de la dégustation. La finale « verveine citronnée » d’un chenin est confondante !
Même l’aspect « huileux », au service, étonne !
Le questionnement se fait légitime, les doutes fusent… la tension politique actuelle, le prix du cacao, le prochain Nothomb de septembre déjà sous presse, les 37% d’augmentation à venir d’un Musigny 2019 ?!
Et si ce n’était tout simplement que le fait de changer d’air… ni une ni huit, je décide d’emmener mon exemplaire (à peine entamé) en week-end avec moi… qui sait si un bol d’air iodé ne lui redonnera pas les couleurs d’antan !
Direction le « bout du Monde » et la Presqu’île de Crozon.
En chemin, j’organise même un « vrai pardon breton », rien que pour la quille, toujours mal en point :
Rien, n’y fait, même profil « ça part toujours en
couillessucette » !!
Le soir, toujours rien…. allez, encore une nuit au frais !
Le lendemain, sur la plage de Morgat :
tout y est, le soleil, les vagues… mais rien n’y fait, c’est sur cette plage que les dernières gouttes oxydées de jus, au passé terriblement éclatant, disparaissent sans plaisir au large de ma glotte… *(*)/**
- 17 février 2018 à 16h58
- in reply to: Domaine Le Roc des Anges
Bizarre. J’ai plus trop souvenir du 2014 je dois l’avouer, mais je n’ai jamais trouvé cette cuvée boisée. Il n’y a d’ailleurs aucun fût neuf. Par contre de la pierre-à-fusil, du pétrole oui.[/quote]
Bonjour,
Aucune idée du type d’élevage effectué sur cette cuvée, d’où mes guillemets… et le « ressenti » traduit par la puissance de l’élevage sur cette bouteille !
- 17 février 2018 à 0h55
- in reply to: Domaine Franck Peillot – Montagnieu (Bugey)
CR: Domaine Franck Peillot – Bugey – Montagnieu Mondeuse 2013
Dégusté en « verre noir ». si le 1er nez me fait partir sur un « gamay sérieux », le second m’oriente clairement vers une syrah rhodanienne !
Ça pète d’olive… confirmant le curseur olfactif principal/générique de la « syrah ». On me souffle qu’il n’en ait rien. L’attaque est mûre, un poil « sucrailleuse », intensément fruitée, à l’astringence assez marquée qui confère, au fil du temps, presque à un « expression crayeuse ». Le « toucher de bouche » est réellement plaisant, je bloque sur « syrah » jusqu’au flash qui me fait dire que « parfois le cousinage avec la mondeuse peut nous tromper » (même si l’ampélo Vs d’autres études se disputent sur cette filiation). Je lance « mondeuse », bingo !
Je suis ce domaine depuis plusieurs millésimes, le RQP est très rarement discutable, cette bouteille le confirme. ***- 17 février 2018 à 0h01
- in reply to: Domaine Le Roc des Anges
CR: Le Roc des Anges – Côtes Catalanes – Llum 2014
Robe très claire, nez au boisé très marqué, louchant sur une « élevage ambitieux/fûts neufs à la bourguignonne ». Le « boisé-toasté » domine, une fine réduction s’estompe après quelques rotations.
Une attaque perlante, très pétrolée, pleine/ample, au caractère schizo frais et gras, hybride bucal ligéro-alsacien, encore juvénile, racé et élégant. ***/***(*)- 30 janvier 2018 à 22h05
- in reply to: Clos de la Barthassade
Salut Médéric,
Le Pur C 2014 affiche (sur l’étiquette) 13 poneys…
Après 16 semble profilé comme « puissant/solaire » pour beaucoup de vins du coin… le Cinsault ne semble pas y échapper pour le coup.
Seule particularité du domaine, par rapport aux autres cépages travaillés, pas d’effeuillage pour la conduite des vignes pour ce dernier.- 29 janvier 2018 à 23h22
- in reply to: Clos de la Barthassade
Bonsoir Rémy,
La fonction première d’un CR étant une « interprétation du vin », il semble important de lire chaque CR comme « un ressenti », non ?!
Si cette cuvée Pur C a inspiré ou a dégagé pour moi « soin et amour » c’est que mon palais adossé à mes sensations, sûrement trop vagabondes/perchées à ton goût, ont voulu y coller ce « vécu », ce sentiment.
C’est ce que j’ai ressenti, car je mets tous mes sens aux aguets quand je déguste un vin… et j’interprète, comme tout le monde, en tentant de dépasser le stade de « l’analytique buccale » !
C’est un peu comme si une peinture m’inspirait « fièvre créatrice et folie de l’auteur » quand tu n’y verrais que « tâches de peinture et couleurs trop sombres »… 😉Cordialement
- 29 janvier 2018 à 11h14
- in reply to: Clos de la Barthassade
CR: Domaine de la Barthassade – IGP Pays de l’Hérault – Pur C – 2014
Acheté « à sa sortie », je n’avais pas encore touché un seul de mes 3 exemplaires de cette cuvée.
Robe évoluée, nez extrêmement charmeur exhalant les petits fruits rouges et une touche de
cosmétique.
En bouche (servi à l’aveugle), certains évoquent immédiatement un pinot noir. La matière est suave, d’un équilibre
modèle, pouvant effectivement nous orienter vers la Bourgogne.
La finesse et la fraîcheur se lovent sans faiblir, la bouteille se vide naturellement.
C’est d’une gourmandise terrible, construit avec soin et amour.
Pour un 1er millésime, sans parler d’un rapport qualité/prix difficile à égaler à ce niveau, c’est une réussite ! ***(*)- 18 décembre 2017 à 0h08
- in reply to: Le CRD-LPV Belgique chasse les bulles millésimées, de Champagne et d’ailleurs
J’aime beaucoup la coquille, à tendance SM, du Franco Dragone…« avec Ruffus, efferfescent… »
- 17 décembre 2017 à 14h52
- in reply to: La Ferme des 7 Lunes
CR: St-Joseph 2012 – Domaine La Ferme des 7 lunes – Jean Delobre :
Nez évident de syrah, d’olive verte, « rafle », avec un fond de réduction discret.
L’attaque est étonnamment « sucrée-mûre », mix de fraise et de cassis.
L’ensemble est doucereux, extrêmement fruité, délicat, plein, à la finale diffuse.
L’acidité se fait attendre, mais elle apparaît après 3-4 gorgées, équilibrant admirablement
l’ensemble, renforçant sa gourmandise.
Une vraie petite boucherie-charcuterie-traiteur que ce St-Joseph, à ce stade. ***(*)- 14 décembre 2017 à 1h08
- in reply to: LPV BzH #22 : Grands Vins et/ou Grandes Bouteilles ?!
size=2]je ne sais pas cikikinavailaplugrosse, mais on sait cekikinavaileplugrobecverseur[/size] ::out::
Et encore, c’est l’hiver, donc comme à la piscine… ::whooo::
- 14 décembre 2017 à 1h06
- in reply to: LPV BzH #22 : Grands Vins et/ou Grandes Bouteilles ?!
[i]D’autant qu’à chaque fois que je suis absent, Adnane nous ramène une bombe :cartj:
[/i]
Il est vrai que quand tu viens je ramène toujours des nanards… et tu es très souvent venu !! 👿- 11 décembre 2017 à 22h59
- in reply to: LPV BzH #22 : Grands Vins et/ou Grandes Bouteilles ?!
Bonsoir,
A mon tour de livrer mes impressions de cette séance « luxueuse ».
Je retrouve mes collègues de goulot du club breton… avec des visages nouveaux/pas vu depuis longtemps, comme si cette thématique avait libéré certains agendas souvent surchargés pour d’autres B) !!
Pour autant, ce sont « Les Carmes » qui nous accueillent, dans une salle qui nous est réservée. Service discret/bienveillant/cool/souriant, avec une cuisine (pas goûtée depuis 2 ans, en ce qui me concerne) toujours soignée et lisible (à une nuance près, sur le dessert, avec une tentative de sorbet coriandre et l’ananas discutable).
Mais les vins dans tout ça… j’y viens.Une fois de plus, c’est par
l’arrivée d’un nouvel être humainla célébration d’une naissance que nous ouvrons le banCR: – AOP Crémant de Limoux – Domaine les Hautes Terres – Brut Nature – Joséphine :
Nez fermentaire, crayeux, aux effluves de pomme dominants. Bulle extrêmement fine, à l’expression de Granny Smith marquée, virant sur les agrumes (citron, pamplemousse). Ensemble évanescent, aux amers dynamiques, à l’étonnante finale de « Pulco citron/jus de citron pur ». C’est bien gaulé, agréable, mais taillé pour les becs aimant les vins toniques/tendus ***CR: – Saint-Péray 2012 – Nicolas Renard :
Nez de « chardonnay gras », évoluant sur un caractère « oxydatif finement jurassien », aux relents de vernis-acétate, à la volatile marquée. La matière s’avère « pataude », lâche, sudiste dans l’esprit malgré les notes de thé-verveine qui ponctuent l’ensemble. La finale est assez jolie, mais ne gomme pas une expression générale passable. *(*)CR: – Savennières – L’Enclos 2008 – Eric Morgat :
Nez immédiatement « ligérien », aux fines notes de cire, à l’élevage marqué. La bouche présente une fine oxydation, louchant sur un « angevin naturel ». Le tout est peu complexe, moyennement tendu, mais à la longueur remarquable. Assez déçu en découvrant le pédigrée et surtout le millésime. **CR: – VDP Côtes Catalanes – « La D18 » 2005 – Olivier Pithon :
Nez pétrolé très expressif. Attaque immédiatement cristalline, à l’évident caractère « sec comme un coup de trique ». Si la 1ère remarque est de me dire « tiens, ça manque un peu de squelette », les gorgées suivantes révèlent un vin racé, vibrant, tendu comme arc, à l’équilibre d’école dont je boirais des citernes. Très beau vin ***(*)/****Au tour des rouges…
CR: – Barolo – Reserva speciale 1967 – Minuto :
Robe marronnasse, nez de moka, évolué, très très trouble. Attaque « poussiéreuse », à l’acidité haute mais dérangeante, sur les fruits archi cuits. Pas de plaisir, bof-bof 0CR: – VDP des Bouches du Rhône – 2005 – Domaine de Trévallon :
Nez de sirop de fraise, de pulpe de cassis un peu écœurant. L’attaque confirme la fraise bien mûre, un caractère plus sec que le nez ne le laissait transpirer. Matière « rapeuse », sur le bourgeon de cassis très marqué. Finale un alcooleuse, sur la cerise à l’eau de vie au « trait végétal » final peu harmonieux. *(*)CR: – Côtes du Rhône – Château de Fonsalette 1999 – « Syrah » :
Mon apport. Ouvert la veille et goûté 02h00 après, franchement c’était pas baisant… on aurait cru un « bordeaux pas mûr dans une mauvaise année ». Double carafé le matin, je ne le regoûte pas. Pour autant, je retrouve ce nez austère, moins vert mais austère. La fraise se fait une petite place en bouche, c’est largement plus amical que la veille. Tout semble être rentré dans l’ordre. Il y a de l’élégance, de la chair, juste la pointe d’alcool qui gâche un poil l’équilibre de cette version peu commune de Fonsalette. Le public est conquis, l’alcool freine ma joie de partager l’allégresse de la tablée. C’est bon quand même !! ***/***(*)CR: – Saumur-Champigny – « Les Poyeux » 2004 – Clos Rougeard :
Le nez de la séance pour moi !! Pinoteur charmeur, il fleure bon les épices et exhale des senteurs de pierres chaudes. La bouche est fraîche, épicée, insolente de jeunesse mais généreuse. On dirait un « Châteauneuf de Bourgogne », mes sens sont paumés, mais que c’est bon. Pas un gus pour dire que c’est du cab’ franc… tellement à part… mazette que c’est bon ***(*)/****CR: – Produttori Del Barbaresco – Barbaresco 2004 :
Joli nez difficile à « géolocaliser », bouche tendue, très épicée mais hélas asséchante et sans charme par rapport à ses promesses olfactives. **CR: – Barolo – « Le Vigne » 1997 – Luciano Sandrone :
Nez évolué, exhalant le rouge à lèvres et les fruits rouges. Une attaque délicate, presque sensuelle, une fraise omniprésente, une pointe d’alcool, mais c’est charnu, racé, avec la petite austérité qui donne presque de la fraîcheur à l’ensemble. L’équilibre est là, le (grand) plaisir aussi. ***(*)CR: – Vacqueyras – 2001 – Château des Tours :
Nez évolué, cerise dominante, pointe de champignons. Bouche puissante, épicée, à la pointe alcooleuse sur le fil, finale sur les fruits à noyaux. Ensemble charmeur, assez frais quand l’étiquette annonce presque tout le contraire. ***Les sucres…
CR: – Sauternes – 1988 – Château La Tour Blanche :
Nez de safran intense. Attaque fraîche et suave, très épicée, dont on réclamerait un poil d’acidité en plus. La finale tire sur le safran et ne démérite pas. **(*)/***CR: – Sauternes – 1976 – Château Gilette :
Nez iodé à mort… la déviance est là, la bouche le confirme… grrrrr NNUne très jolie séance, sur le papier, qui a tenu plutôt correctement ses promesses. Je ne joue pas au tiercé, mais pour moi ce sera :
[b]- Saumur-Champigny – « Les Poyeux » 2004 – Clos Rougeard
– VDP Côtes Catalanes – « La D18 » 2005 – Olivier Pithon
– Barolo – « Le Vigne » 1997 – Luciano Sandrone[/b]La 22ème session de LPV BzH s’est tenu le 09/12/17 au restaurant « Les Carmes » à Rennes sur la thèmatique
ckikinalaplugrosse[strike]« grosses quilles, entre légendes urbaines et théories du complot qui détient la vérité »[/strike] « Grands Vins et/ou Grandes Bouteilles » !
Les CR seront visibles dans la rubrique « dégustations éclectiques » -> ici- 19 novembre 2017 à 17h13
- in reply to: Domaine de la Taille aux Loups
L’annonce de cette « revue des troupes » de la cuvée Rémus de sa naissance à 2015, adossée à ma dernière rencontre avec son géniteur principal a mis tous mes sens en alerte dès la date du rendez-vous fixée.
Faisant fi de mon empreinte écologique, je parcours avec légèreté les 400 km qui séparent mon lieu de vie de la splendide demeure/salle de dégustation des Blot.
C’est ma seconde rencontre avec le Boss de la référence de Montlouis. Dire que la 1ère rencontre fut mémorable est un doux euphémisme avec lequel je pourrais à nouveau noircir quelques écrans.
Les Turons sont en place, calés au fond de la salle comme des rescapés d’un remake de « La guerre des boutons », dont la bande-son mêle indiscipline, blagues potaches et passion chevillée au poignet.
Je me place entre le trône du Boss (qui sera debout les 3/4 du temps pour écouter et répondre à toutes les questions de la grande tablée) et celui du Prince héritier (Madame Blot est pile en face, son application et son dévouement sont, comme toujours, exemplaires).
Il est 20H08, c’est parti pour un marathon vinique de haute volée.CR: Triple Zero 2008 : élevage marqué au nez, bulle tonique/énergique, caractère chenin évident, matière étirée à l’amertume finale un poil hésitante, qui se stabilisera dans les minutes suivantes pour laisser place à un jus équilibré et plaisant. ***
Rémus 1995 (50% de bois neuf) : nez de cire, abricot, complexe. Bouche évoluée, notes de rancio très marquées au profil très sec, à la finale qui claque, aux amers trèèèès longs. [b]***/***(*)
[/b]
Rémus 1996 (millésime d’air) : nez exotique, attaque vive, cinglante, à la prégnance de bon aloi. ***Rémus 1997 (millésime d’eau) : élevage puissant (quid de la chauffe des barriques), attaque pleine, grasse, qui se met à « flotter », s’arrêtant net. Manque de chair et de longueur. **
Les 10 Arpents 1997 : nez moins forestier que son acolyte, si son immédiateté se fait plus dansante, la longueur perd encore quelques caudalies. **
Rémus 1998 (millésime d’eau) : fin bois et effluves de matière bien mûre. Bouche évoluée, là aussi avec des fines notes de rancio, finale flottante/diluée. **
Rémus 1999 (millésime dit difficile) : nez peu disert, bouche épicée, pleine, vive, plutôt courte, pas déconnante mais pas immense. **(*)
Rémus 2000 : nez réduit (carton mouillé), méthane discount. Attaque tonique, sur le pamplemousse, aux « amers en ligne/bien rangés » qui font le job **(*)
Rémus 2001 : nez de menuiserie en auto-entrepreneur, bouche savoureuse, immédiatement élégante qui vous drague la langue. Ensemble juteux, finale hélas un peu brouillonne. ***
Rémus 2002 : boisé appuyé au nez, bouche pleine, puissante, c’est Thor qui te martèle le palais mais qui sculpte comme Rodin. Finale interminable sur le coing. ****
Rémus 2003 : boisé marqué au nez, amertume immédiate, fin rancio, cerise à l’eau de vie (alcool), pas ma came. *(*)
Rémus 2004 : nez de bois, impression racinaire/terreuse. Attaque douce, caressante, enrobante, finale élégamment tonique. On en attendait pas des masses, pourtant, ça se défend bien !! ***
Rémus 2005 : nez de « flétri », clou de girofle. Attaque d’abord douce, puis qui s’élargit mais alcooleuse en finale. **
[b]Rémus 2006[/b] : vernis et réduction marqués au nez. Attaque fine, légère sucrosité, crayeuse, équilibrée, à laquelle il manque le salvateur coup de pied au cul final, dommage. **(*)
Rémus 2007 : joli nez frais teinté de fruits jaunes. Attaque suave, qui se fait sèche et courte. **
Rémus 2008 : boisé marqué au nez, acidité très élevée et notes de rhubarbe très expressives en bouche. Matière pleine, tonique et racée. L’expression aiguisée du chenin comme je l’aime. ***(*)
Rémus 2009 : nez de caramel au lait, fraîcheur et acidité de bon aloi sur un millésime qu’on imagine rondouillard dans l’expression, sur le papier. Finale salivante sur l’ananas, à la fluidité fort plaisante. ***
Rémus 2010 : nez iodé/marin. Bouche à la fine touche sucrée qui part sur une tonicité presque inattendue en l’état. La suite confirme ce caractère racé, aux beaux amers vibrants et à la finale salivante comme un boxer devant des croquettes ! ***
Rémus 2011 : nez de fin bois. Bouche fraîche mais demi-corps immédiat à la finale brouillonne et sans envergure. **
Rémus 2012 : nez de vernis/acétate peu sexy. Attaque fraîche, puissante, large, crayeuse, tannique (oui oui), à la finale hélas un poil étroite !! **(*)/***
Rémus 2013 : Nez de colle Cléopâtre, anisé, champignons et fleurs blanches. Jolie bouche élégante, compacte, équilibrée sur des notes de verveine et de thé. ***
Rémus 2014 : nez de boisé-lacté. Bouche à l’acidité élevée, aux amers « transparents », juste salivante. **(*)
Rémus 2015 : nez d’ananas, Pisang Ambon. Bouche large, ciselée, aux amers nobles et vibrants de haute volée. ***(*)
Clos Michet 2015 : nez « salivant », bouche caressante, extrêmement fruitée, qui envoie « du gros pâté en croûte » en terme de gourmandise et d’équilibre. Finale là encore très vibrante. ***(*)/****
Clos de Mosny 2015 : matière là encore très fruitée, sur des saveurs de thé marquées et de verveine citronnée appuyées. Sensation tannique donnant de la puissance et du volume. ***(*)
Haut de Husseau 2015 : matière charnue, à l’acidité haute (encore la rhubarbe), vive, au profil taillé au laser. Des amers stratosphériques, un longueur interstellaire. ***(*)
Bretonnière 2015 : sensation d’un fin sucre, matière épicée, acidité plus sage, amers fins… mais puissance finale à retardement, au coefficient de salivation final très élevé. ***
Clos de Venise 2015 : nez de bois marqué. Ensemble plein, citrique, mais aux amers et à l’acidité « désynchronisées »/en décalé ***
Clos de Mosny 2012 : expression moins « scintillante » que son cadet de 15. **(*)/***
La Lune 2010 – Marc Angeli : sucrosité intégrée, mais caractère « sec-tendre » peu excitant pour ma pomme. **
Côte de Py 2014 – Foillard : réduit, brouillon, amers rédhibitoires… dire que ça m’arrive hélas trop souvent sur ce domaine *
Chinon 1989 – Jérôme Lenoir : nez de bouchon marqué, bouche bouchonnée confirmée ! NN
St-Emilion – Figeac 1986 : c’est quand même super bon les vieux bordeaux ***(*)
Clos Rougeard – Brézé 08 : bouteille
baiséeoxydée NNRémus + 2008 : pas de note
NSG 1er Cru – Aux Boudots 2013 – George Noellat : nez d’usine Ikea, matière asséchante, aucun plaisir *
Gevrey-Chambertin – Clos St Jacques 2008 – Sylvie Esmonin : moins marqué par le bois au nez, mais un plaisir à peine plus grand en bouche, là encore aucun plaisir, d’un niveau indigne. *
Vin du Pays du Gard – Roc d’Anglade – 2009 : nez gavé de volatile… bouche à l’unisson du nez avec un niveau de volatile juste insupportable. 0
Beaune 1er cru – Les Cent Vignes – 2012 – David Croix : enfin un pinot qui tient son rang… voire mieux que le tenir, étonnant de voir autant de « chair » dans un Beaune, sans extraction poussée/ressentie ***
Dr Hermann 2005 – Ürziger Würzgarten – Riesling Auslese : nez extrêmement soufré, bouche demi-corps un poil flottante, quand le sève semblait issue d’une « grande lignée » **
je n’ai pas noté/retenu au-delà.
Je retiens une soirée d’exception, à l’accueil unique, désintéressé, passionné, détaché et viscéralement engagé.
Un peu comme Vivien, je défendrai l’entièreté de Jacky Blot sur son attachement au vin. Lui et toute sa famille n’ont pas oublié leurs débuts poussifs et l’anonymat dans lequel ils ont nagé des années durant.
Ils ont attendu des dimanches entiers d’éventuels clients… et continuent de les attendre, de les accueillir avec la même passion. Leur succès pourraient les pousser désormais à négliger ces derniers, comme certains vignerons dopés parun égo surdimensionnéla notoriété qui ne daignent même plus répondre aux sollicitations/ ne reçoivent plus.
On ne peut les accuser de démagogie ou de calcul sur le sujet. Leurs vins sont désormais très disputés, mais personne ne trouvera porte close à la Taille aux Loups.
Pour finir, aucune vente n’a eu lieu à la suite de la dégustation. Tous les vins ont été offerts par Jacky Blot himself et il a refusé toute forme de participation financière.
Grande classe, grand monsieur… et clairement dur-dur de concurrencer la maison sur le thème de l’accueil !
Merci aux Turons pour l’organisation de cette très belle séance !!- 14 novembre 2017 à 2h15
- in reply to: Cancale, la table Breizh Café
Je confirme aussi que les 2 meilleures places sont celles au comptoir sur le côté (dos à la baie vitrée) avec vue plongeante sur le service et la cuisine…[sub]
souvenir ici sur mon ex-foutoir internatique[/sub]