Bebert

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  • Bebert
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    Merci, Laurent, pour tes précisions : le Rhône est une région que je connais encore mal, que j’apprécie peu lorsque les vins sont jeunes. Je croyais que pour la garde il vallait mieux se concentrer sur le Châteauneuf. Je referai donc l’expérience avec l’Hermitage et bientôt le Cornas, as-tu des suggestions de domaines sérieux respectant leurs terroirs et qui vieillissent bien?

    Je ne sais pas si « Les vignerons réunis » sont l’actuelle coopérative, il n’y a rien de plus sur l’étiquette.
    Dans des vins de cet âge je trouve généralement qu’ils s’améliorent après aération ou carafage.

    Bebert
    Participant

    lanèfle écrivait:
    > J’espère que tu ne penses pas que je suis un mou
    > Bebert 😉

    Mdr :p
    Bravo à toi aussi pour ton franc-parler 😉
    Beaucoup de gens aiment aussi faire le bien, mais on ne leur a souvent jamais ne serais-ce que suggéré de faire un pas pour la nature. Si tu sais leur donner la petite éteincelle, alors tu es une personne précieuse 😉

    Bebert
    Participant

    Dans le Roussillon, nous avons Marjorie Gallet, du domaine Roc des Anges qui a vraiment beaucoup de charme, et, ce qui ne gâche rien, son vin est d’une qualité vraiment remarquable. 😎
    Elle est aussi mariée, et ce avec le talentueux régisseur de Mas Amiel.

    https://www.grainsnobles.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=312&Itemid=63

    Bebert
    Participant

    Ce sujet est sans doute encore mal connu et je tends à penser que rien n’est encore bien arrêté.

    Par exemple on pensait autrefois par simple déduction que le vin subissait une oxydation au fur et à mesure qu’il respirait au travers du bouchon : de l’oxygène entrait en petite quantité qui réagissait. On avait déduit cela d’abord du fait que les goûts de vieux ont souvent des similitudes avec les goûts d’oxydation, et aussi du fait que les bouteilles dont le niveau est le plus bas (donc qui voient entrer/sortir plus d’oxygène) vieillissent plus vite.

    Aujourd’hui les scientifiques donnent une explication autre, pour eux, c’est la réduction qui explique le vieillissement (chimiquement c’est à peu près le contraire de l’oxydation)… Une explication qui a sans doutes du vrai mais qui n’explique pas me semble-t-il très bien l’observation du bon sens. Elle a pour elle qu’une bouteille parfaitement hermétique n’empêche pas le vieillissement du vin.

    On sait aussi que le blanc ne suporte pas la chaleur ni la lumière, mais la conservation du rouge est pleine de mystères. C’est certainement devenu rare aujourd’hui mais autrefois beaucoup de bordelais gardaient leurs vins dans le grenier et pouvait ainsi le conserver très longtemps dit-on. Or sous les toîts on est loin de la température constante de 12° conseillée par les professionels!
    On sait aussi que les vins ont des cycles d’ouverture et fermeture. Tant qu’un vin n’a pas le goût de fumier, il peut toujours se réveiller un jour même si il semble passé. Beaucoup parmi les amateurs qui ont eut la chance de goûter des vins préphylloxériques (avant 1865) témoignent du fait que certains d’entre eux ont gardé une jeunesse incroyable dans les grands millésimes.

    Voici mes considérations d’amateur sans formation sur le sujet, tout ça pour dire que c’est vaste, et que j’aimerais beaucoup moi aussi en savoir d’avantage.

    Un lien qui avait été donné par Docadn il y a quelques temps : https://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier381-5.php

    Bebert
    Participant

    [quote=Eric]Et vous qu’en pensez vous?[/quote]

    J’en pense la même chose Eric, et tu as très bien su exprimer ce que l’on nomme le Mystère (en philosophie) et qui nous permet d’aborder positivement ce que l’on ne comprend pas, en en tirant les meilleurs résultats même si on est incapable de le disséquer (et finalement tant mieux car la valeur du résultat n’en est que plus belle.)

    Le vin est un produit qui, dans ce sens philosophique, est Mystique, et c’est en grande partie ce qui me plait en lui et qui apporte à table une poésie incomparable!

    Bebert
    Participant

    Cher Marc,

    Tu as certainement raison sur la paresse comme cause du désintérêt pour la planète, c’est d’ailleurs ce qui me faisait penser que Monsanto a certes une part de responsabilité, mais qu’elle est inférieure à celle des paresseux.

    Alors je suppose que l’écologie à deux vitesse est une bonne chose : des gens qui font un discours écolo un peu démagogue qui prétend qu’avec un minimum d’efforts on peut faire de grands progrès ; et une deuxième couche (la mienne, plus dure) qui ne doit arriver qu’après, lorsque les gens ont enfin accepté de réfléchir à leur responsabilité.

    C’est un peu cynique, mais si cela aide le processus, soit. Je pense cependant que tôt ou tard la vérité est bonne à dire, ce que je résumais par « il vaut mieux une écologie impopulaire qu’une écologie inutile »

    Cher Didier, bravo pour tes choix. Espérons en effet que les mentalités ne soient pas trop longues à changer. Je me souviens qu’étant étudiant, avoir une voiture était un désir important, comme consommer, rouler vite etc… Je me rends compte qu’il est dur aujourd’hui de dire à des jeunes qu’ils doivent renoncer à ce que j’ai fait moi-même alors que la télévision les gave de pubs qui disent en substance « vous êtes définis par ce que vous achetez ». En tout cas pour moi cela n’a pas été si dur de renoncer à posséder une voiture, à cesser de fréquenter les supermarchés et à changer de consommation pour du bio et de l’artisanal. Au final j’ai des produits de meilleure qualité, plus satisfaisants, plus durables. Ces changements peuvent paraître difficiles avant, mais ils sont après tout une grande source de plaisirs plus simples, pour une grande satisfaction.

    Il faut aussi réussir à tenir ce discours sans rejeter le progrès en bloc, de sorte à ne pas culpabiliser son utilisation, mais en rendant chacun responsable de vivre en équilibre.

    Bebert
    Participant

    Rouler calmement est une très bonne chose.
    C’est indispensable, mais c’est complètement insuffisant.
    Je suis d’accord avec tout ce que tu as dit, Marc, et j’ai bien entendu beaucoup de considération pour ton discours.
    Mais ne nous leurrons pas, les occidentaux (en nombre infime mais déjà suffisant pour avoir bousillé le climat et qui continuent à augmenter leurs émissions) ne VEULENT PAS abandonner leurs voitures et leur train de vie hyperactif. Les chinois et les indiens (très nombreux eux) VEULENT aquérir le même train de vie et les mêmes voitures.
    Même si on réduit notre consommation en roulant moins vite, on ne fera que ralentir l’accélération de la catastrophe. Ton raisonnement est juste, mais insuffisant et c’est avec peine que je dis cela. On ne peut pas se contenter de rouler moins vite même si il faut déjà commencer par là. Il faut arrêter de rouler tout court, du moins autant que cela est possible, se contenter d’une voiture par foyer, et seulement si on ne peut pas s’en passer. Il faut aussi préférer des produits peu industrialisés et de longue durée de vie (ce qui apparait comme des produits de luxe en somme) et quand on a un jardin, il faut l’assumer en s’en occupant avec ses mains, pas avec un hélicoptère et la chimie lourde!

    Si on ne fait pas cela nous mêmes et maintenant, comment va-t-on expliquer aux milliards d’asiatiques qu’ils doivent renoncer à avoir ce que nous avons? Impossible. Nous n’avons plus le choix qu’entre agir vraiment, ou rester les bras croisés en choisissant un bouc-émissaire à brûler sur la place publique quand il sera trop tard.

    Je remercie les administrateurs d’avoir toléré ce « hors sujet » qui gagne a être abordé ouvertement partout où c’est possible 😉 (d’ailleurs on pourrait mettre à jour le titre par exemple « Procès de Monsanto, désherbant et écologie constructive »)

    Mes amitiés à toi, Marc.

    Bebert
    Participant

    Mais non cher Laurent, j’ai profité de ce sujet pour développer mes idées; si je m’étais bien exprimé, aucun des intervenants sur ce topic n’aurait eut l’air visé.

    Il faudra un jour que j’apprenne à dire mes idées sans nécessairement les opposer aux autres, en attendant, faites preuve de clémence avec mes interventions enflammées… et réfléchissez avant de prendre la voiture ou l’avion pour rien 😎

    Bebert
    Participant

    La stabilité un signe de savoir faire?
    C’est sûr qu’il faut du savoir faire, mais cela necessite aussi de très grosses réserves pour l’assemblage.
    De petites maisons avec un grand savoir faire peuvent avoir un BSA assez variable, je ne perçois pas cela comme un défaut de qualité.

    Bebert
    Participant

    > Il y a un effet très insidieux
    > qui est « qu’est-ce que ma petite personne va bien
    > pouvoir changer au monde ?  » Ce n’est tout de même
    > pas mon petit « spritch » d’insecticide qui va
    > changer quelque chose non ?

    Est-ce que si je tue mon voisin, cela va changer le monde? Peut-être pas, mais cela fait de moi un criminel. Il faudrait appliquer le même raisonnement pour quelque chose d’aussi grave que l’environnement.

    Alors oui, je vois bien ce problème, et ma réaction un peu vive ne témoigne que de mon désir de changer cette mentalité, ce qui me semble une priorité.
    Changer le monde ne se fera jamais sans commencer par soi-même.

    D’où mon leïtmotiv : ne critiquez pas les agriculteurs si vous continuez de prendre votre voiture inutilement. Ne critiquez pas Monsanto si vous avez la flemme d’aracher les mauvaises herbes à la main et que vous achetez leurs produits. Et qu’on ne vienne pas dire « oh Monsanto m’a menti, comment j’aurais pu savoir que les désherbant polluent? » car tout le monde le sait très bien. Ou disons : nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    Comme tu as compris, j’encourage chacun à se résigner à faire de lui même les gestes importants. Et je m’insurge seulement si le discours de « bonne conscience » se met à dispenser d’agir, ce qui dans les médias est pour le moment la règle.

    Lorsqu’on est coupable collectivement, on choisit toujours un bouc émissaire. Cela s’est toujours vérifié. Il serait mieux d’empêcher ensembles la catastrophe de se produire que de chercher dès aujourd’hui celui qu’on rendra responsable de notre échec. Car pendant qu’on réfléchit à celui qu’il faudra pendre sur la place publique, on laisse le désastre se dérouler, pire, on y participe activement.

    Bebert
    Participant

    Mais je n’ai rien contre le merlot, j’adore les Pomerols, les Saint-Emilion, c’est un cépage qui a une sacrée personnalité et qui a pleinement sa place en Bordelais!
    Il a sa place comme cépage associé à un terroir par tradition, mais il est regrettable qu’il devienne de plus en plus dominant sur une rive où on l’utilise pour corriger le manque de rondeur du cabernet-sauvignon…

    La rive gauche n’avait rien à envier à la droite (à part peut être un succès plus marqué sur le guide Parker?), elle aurait pu se passer de copier le devoir de son voisin 🙂 Ceci dit, je ne suis pas connaisseur des Bordeaux, si ça se trouve je surestime beaucoup le phénomène et je suis mal placé pour donner des leçons, excusez donc mon ton « polémique » mal à propos, et que ceux qui ont suivi avec plus d’attention les proportions de Merlot sur la rive gauche nous éclairent de leur sapience!

    Sinon Seb, je n’ai rien contre les cépages variés, j’en découvre avec plaisir en Languedoc où il y en a une telle diversité.
    J’ai juste émis l’idée que si beaucoup de cépages sont intéressants, ce n’est pas l’intérêt ni du vin, ni du consommateur, de faire ses achats en fonction du cépage et de la contre-étiquette, car c’est mettre en retrait la chose la plus précieuse que le vin nous propose.

    [size=x-small]* Et pour le cas de la France, c’est suicidaire car aucun pays ne fera jamais mieux que nous des Bordeaux ou des Bourgognes; mais ils auront moins de peine à faire des merlots ou des cabernet-sauvignons tout aussi typiques et pour beaucoup moins cher que nous.[/size]

    C’est juste mon idée, par bonheur, je ne vous en voudrai pas si vous voyez les choses autrement. Vous savez, ce n’est pas parce qu’on pense différemment qu’on est forcément en croisade contre les autres 😉
    Et puis, les vieilles bouteilles et les vins de terroir sont déjà bien assez chers, et je m’en voudrais de convertir trop de monde à ma cause :p

    Bebert
    Participant

    Les BSA de Bollinger varient très peu. Les assemblages se font sur pas mal d’années.
    J’ai cru déceler que les bulles se sont affinées en 10 ans de dégustations régulières, mais aucune différence vraiment notable.
    Pour des maisons plus petites, le goût est moins stable, c’est normal et parfois même voulu.

    Bebert
    Participant

    Ce serait bien que la bouteille soit une découverte pour le plus de monde possible afin de confronter nos avis en restant un peu candides 🙂

    Bebert
    Participant

    CR: Moillard – Echezeaux 1992

    J’ai enfin ouvert mon dernier 1992 de Bourgogne. Une belle dégustation, mais il ne fallait pas attendre plus longtemps.
    C.R. à l’ouverture de la bouteille, juste pour son côté nostalgique étrange :

    Nez : Moka, cerise, banane, lentilles (le côté ferreux) boisé, humus, fleuri (lys?) et un brin ambré. Un peu vieilli.

    Agitation : Banane flambée caramélisée. Légères effluves oxydatives de bourgogne blanc. Acidité volatile.

    Bouche : Vieillie, mais complexe. Avec de l’amertume de pétales de roses (croqués). Tabac blond. Les tanins sont absents.

    Longueur : Automne et fleurs fanées. Cacao amer.

    Très peu sucré, l’acidité encore puissante n’est pas en symbiose avec la structure privée de tanins. On reconnaît un grand vin à son bouquet complexe et dans la persistance des arômes, qui sont cependant trop évolués pour être satisfaisants et manquent de puissance. Un vin aux arômes de nostalgie, d’automne, un peu triste comme les maisons de vieux d’autrefois, soignées mais poussiéreuses.

    Ce CR « à l’ouverture » me paraissait intéressant. En vérité, le vin va se réveiller après deux heures de carafe :

    Après deux heures de carafe :

    Des fruits rouges et des tanins boisés sont apparus en bouche. Les tanins sont rugueux, pas au summum donc de la région. Des arômes minéraux et ferrugineux ont pris de l’ampleur pour transformer ce vin « nostalgique » en lui redonnant sa superbe. La longueur boisée a prit des teintes de vieux whisky.

    Je note que le boisé n’est pas assez fondu, fait rare pour un bourgogne et assez regrettable. Une certaine aigreur aussi, discrète, mais qui trahis un vin ayant dépassé son plateau de maturité. Et surtout du fer et encore du fer dans la minéralité. Comme de l’eau ferrugineuse, comme les lentilles du Puy si « ferreuses ». C’est agréable.

    Alors une question : Je n’ai pas l’occasion de boire des Echezeaux tellement souvent, est-ce une caractéristique de cette appellation, ce fer? Il semble qu’on le retrouve souvent dans la région de Nuits-Saint-Georges.

    Bebert
    Participant

    CR: [b]Saint Daumary
    « La Boca Loca »
    Coteaux du Languedoc (Blanc)
    2005[/b]

    80% roussette, 20% grenache
    finesse oxydative iodée, salée même, originale de fruits de la passions très mûrs, d’abricots secs et d’amande d’abricot. Longueur amère sur un gras atypique de passion.

    Vin atypique, intéressant à goûter, moins à acheter car 12 euros c’est pas donné pour un vin au caractère incertain qui est loin de plaire à tout le monde.

    [b]Saint Daumary
    « Les Butineuses »
    Pic Saint Loup
    2004[/b]

    Bois et fumé, des tanins en finesse remarquable, élégante. Le fruit et la matière sont plus vulgaires hélas.

    J’ai franchement aimé, ce n’est pas le cas de tous les dégustateurs. Pour environ 13 euros, c’est honnête et peut être plaisant pour beaucoup. Les avis diffèrent quand même pas mal.

    Bebert
    Participant

    Je constate que 2002 se comporte superbement, et que 98 le « grand millésime » n’apparaît pas du tout dans le peloton de tête.

    Un illustration de mes propos sur les erreurs grossières de la presse spécialisée dont je parlais précédemment ici
    Ce sont justement les millésimes que j’avais pris en exemple.

    Bebert
    Participant

    [quote=Luc]Produire un tel vin dans un millésime comme 2002 me semble relever de l’exploit.[/quote]
    J’en parlais cet après-midi avec mon caviste de 2002…
    Il était très facile de casser ce millésime pour ceux que j’appellerais les « journalistes du vin » : chez nous par exemple, les vendanges ont eut lieu sous une pluie battante et continue.

    Ce sont ces mêmes journalistes qui ont encensé (et continuent d’encenser) 1998 dans ma région.

    Mais quatre-vingt-dix-huit est une année somme toute bien moyenne, et deux mille deux a produit de très grands vins, plus en finesse il est vrai (la pluie dilue) mais avec une très belle qualité chez tous les producteurs consciencieux.
    La pluie en septembre dilue un peu le vin je ne le nie pas. Les Bordeaux de 76 en sont une belle illustration, moins puissants à cause de cette pluie qui suit la canicule. D’un superbe équilibre, ils ont pourtant vieilli admirablement.
    Alors les petits vins de 2002 du langedoc, oui vous pouvez les oublier. Les grands, au contraire, semblent de parfaites réussites toutes en finesse et en équilibre, partout où on a pris la peine de trier les grappes et où on a eut le cran d’en jeter la moitié.

    Bref les idées reçues sur les millésimes sont tenaces, et en languedoc, vous pouvez oublier la merveilleuse année quatre-vingt-dix-huit et partir en quète des mauvais deux mille deux, moins onéreux, souvent largement meilleurs. Deux mille est aussi un très bon choix. Peut-être que sur la vallée du rhône c’est une autre affaire, je ne sais pas, et d’ailleurs je suis complètement hors sujet car la remarque de Luc mettait en valeur une réussite sans jugement général sur les millésimes 😉

    Ah j’oubliais le plus important : merci Luc pour ce compte rendu par paire, c’est très agréable à lire, et instructif 🙂 Au début j’imaginais ce genre de choses pour les confrontations « 1GCC vs challenger » en Bordelais. J’admet que cela donne un résultat moins objectif et large, mais avec un bon CR, c’est très parlant.
    Je crois que je vais essayer ça chez moi un de ces jours, enfin j’aurai du mal à aligner tel nombre d’aussi belles bouteilles, mais on commencera avec deux 🙂

    « Le vin, Monsieur, on en parle! » (Edouard VII d’Angleterre)

    Bebert
    Participant

    Non ce n’est même pas un petit pas, c’est de la poudre aux yeux.
    Monsanto n’est pas le mastodonte de l’agrochimie que l’on veut bien nous présenter.
    C’est le « petit » parmi les grands, sur lequel on semble s’être entendu pour taper… L’expression « noyer le poisson » prend tout son sens, avec nous dans le rôle du poisson.

    Les vrais géants eux, pendant ce temps, agissent impunément, et ils ne sont pas tous américains.

    D’ailleurs, je trouve facile et insidieux de dire que c’est la faute à la pub si on pollue la terre… On vit comme des assistés à remettre la faute sur les « autorités » et les « institutions », mots qui ne signifient plus rien. C’est à nous d’arrêter de polluer la terre, et de ne pas faire semblant d’ignorer que le round-up est une « belle merde ».

    Bravo à ceux qui ont choisit le Bio, ils montrent qu’ils ont compris que charité ordonnée commence par soi-même… Bravo aussi à Eric de faire avancer l’information, c’est essentiel, même si j’avoue être septique devant une telle affirmation : « En faisant croire à des générations d’agriculteur et de jardiniers qu’il n’y avait pas d’autre voie. » … Les agriculteurs et les jardiniers sont-ils vraiment un ramassis de débiles et de demeurés? Je ne le crois pas : ils ont simplement cédé à la facilité alors qu’ils savaient très bien qu’il existe d’autres façons. La faute n’est pas à Monsanto à qui on accorde bien trop de supposé pouvoir. Et beaucoup continuent. Parce que notre culture est celle, absurde, de la compétition, où on préfère tout casser derrière soi (après moi le déluge) pour gagner plus que son voisin, au mépris de la terre et de soi-même. Si encore les victimes de cette culture en tiraient quelque bénéfice, on pourrait se consoler, mais je crois hélas qu’ils en sont les premiers malheureux.

    Note : les agriculteurs consomment très peu de désherbant comparé à ce qui est utilisé pour les routes et les voies ferrées. Les consensus nationaux et internationaux à propos d’écologie prennent les choses dans le désordre le plus absolu en faisant grand cas des questions les moins urgentes, en fermant les yeux sur les catastrophes devenues mesurables et visibles du climat, et semblent préférer accuser les agriculteurs que de remettre en cause leur propre démarche. C’est normal, on ne blame pas l’état d’être ce qu’il est ; sa nature n’est pas d’être bon…
    Il y a beaucoup de questions importantes sur lesquelles on fait l’impasse, mais la première d’entre toutes, c’est le pétrole. Or si les états ne souhaitent pas aborder la question, nous pouvons, nous, cesser de faire un usage aberrant du pétrole: la voiture uniquement en cas de nécessité réelle, l’avion jamais lorsqu’on peut prendre le train à la place. Si on n’est pas capable de faire ces gestes essentiels, on ne critique pas un agriculteur qui désherbe.

    [b]Je suis désolé d’être aussi dur sur ce sujet, mais de deux choses l’une : ou bien la question de l’écologie est secondaire et tant pis pour nos enfants, ou bien elle est importante (ce qui me parait être devenu terriblement évident), et alors se contenter de discours de Mon discours pourrait bien rendre l’écologie impopulaire, mais il vaut mieux une écologie impopulaire qu’une écologie inutile!![/b]

    Bebert
    Participant

    Quelques réponses aux « LPViens » qui ont eut la générosité d’accorder quelque intérêt à mes remarques sur mes goûts personnels et qui ont bien voulu les discuter :

    a) Ne pas mettre le label bio sur l’étiquette cela ne signifie pas qu’on a pas le certificat, évitons l’amalgame entre un viticulteur certifié bio ou biodynamie et qui ne l’inscrit pas sur son étiquette, avec un viticulteur plus ou moins « biofriendly » qui prétend faire du bio, ce qu’on ne pourra pas vérifier.

    b) Pour les cabernets sauvignons, non ce n’était pas une blague, je persiste dans mon affirmation. On les prive aujourd’hui de leur merveilleuse capacité à révéler la terre qui les a vus fructifier en leur ajoutant plus de Merlot que de raison, plus de chêne qu’il n’en faut. Ce qui était autrefois leur plus grand charme est devenu pour les goûts modernes un défaut que l’on corrige, par addition (Merlot), par aromatisation (Chêne), par chimie (Microbulles, Anhydride et j’en passe).

    c) Pour Monsieur Henry et l’expression de terroir que j’ai notée, bien sûr qu’il s’agit des caractères de son terroir, et non pas des artifices d’élevage, cela tient à sa manière de travailler qui laisse celui-là s’exprimer au lieu de lui imposer un exercice. Les autres vins de Saint Georges d’Orques ne sont peut-être pas aussi caractéristiques : bien que beaucoup soient sérieux, peu d’entre ces vignerons ont fait des recherches aussi poussées que Monsieur Henry sur le potentiel et l’histoire de Saint Georges d’Orques. Mais beaucoup étaient arrivés là avant lui et connaissent bien leurs terres 😉
    Pour caricaturer (en « très gros », ne me jetez pas des cailloux), il y a quatre ou cinq siècles, les méthodes se ressemblaient d’un village à son voisin, le but était de faire un produit nourrissant et enivrant. Si un vin était bon et l’autre pas, c’est que la terre de celui-ci lui donnait ce que la terre de celui-là ne lui donnait pas.
    Or en ce temps là, Saint Georges d’Orques donnait un breuvage miraculeux recherché dans toute l’europe. C’est cela qu’il convient de mettre en valeur et que j’appelle le terroir, et qui a fait les grands noms des vins de légende d’aujourd’hui.
    La démarche de Monsieur Henry (que j’ai pris en exemple, mais qui est fort heureusement loin d’être le seul,) c’est de permettre au terroir qui a déjà montré son aptitude à faire de grands vins sans y être forcé, de s’exprimer avec pureté, en s’accommodant bien entendu des goûts de son temps. Et le résultat est faramineux, même ceux qui se moquent de la poésie du terroir en conviendront lorsqu’ils goûteront le « Mailhol » ou le « Passerille ».

    [b]Or il me semble que c’est précisément cette démarche vers le terroir qui donne au vin un sens profond qui dépasse largement la simple notion de bon goût, pour en faire un produit chargé de poésie. Je crois que c’est ce que recherchent beaucoup de consommateurs de grands vins, bien que je conçoive très bien que certains ont pour seul soucis le goût, sans se préoccuper de quelque poésie que ce soit. Personnellement je sais de quel côté se situent mes aspirations, et, ma foi, je ne souhaite pas les imposer, seulement les exposer.
    Pour moi, si le cépage passe devant le terroir, le vin perd son caractère le plus précieux.[/b] Des terroirs d’exception, il n’y en a toutefois pas assez pour satisfaire la demande croissante, donc il faut aussi des vins à contre-étiquette, et, le plus cette contre-étiquette sera détaillée, complète et claire, le mieux ce sera pour le consommateur. J’en conviens facilement… Pour autant que la mode épargne mes précieux GCC Bourguignons…

    Un petit article qui aura bientôt 20 ans :

    [color=#CC0033]Dans un livre (la mort du vin, Stock 1976), Raymond Dumay défendait une thèse qui apparut comme une provocation intellectuelle : le vin a toujours été l’expression d’une hégémonie – la puissance est aujourd’hui américaine, – à la longue les Etats-Unis imposeront au vin leur goût.
    Or 12 ans plus tard, c’est exactement ce qui se produit (…) Ne disposant pas d’appellations, les Californiens – suivis en cela par les Australiens, les Néo-Zélandais, etc – ont imposé le cépage. Ils vendent du Chardonnay, du Cabernet-Sauvignon, du Pinot Noir. Du coup, la grande mode est en Bourgogne d’écarter la mention d’origine au profit du cépage (…) pour coller au marché. Je ne sais pas si c’est bien ou si c’est mal, mais ce que je sais, c’est que c’est Californien.

    Jean-François Bazin, La lettre de Bourgogne, 12 avril 1988.[/color]

    En plus de l’expression du terroir, l’âge de la bouteille a pour moi une part importante dans cette poésie, qui, lorsqu’elle est à table, rend les repas magiques, comme aucune contre-étiquette ne saurait le faire.

    [size=x-small]* Nous convenons bien que le terroir ou l’âge ou la poésie ne sauraient en aucun cas remplacer la qualité du vin,
    ils doivent être la source de cette qualité, sinon on sombre dans un romantisme bien peu concluant.[/size]
    Bebert
    Participant

    Moi qui suis un amateur de traditions, j’aime les vins bios qui le sont parce qu’ils utilisent d’anciennes façons, préférant laisser le terroir s’exprimer que lui imposer un style. Ceux qui sont Bio pour vendre, je respecte, car je suis idéalement très favorable à la protection de la nature (), mais je n’achète pas. Un bon Bio pour moi est un bio qui ne le dit pas sur son étiquette.

    En gros j’ai la réflexion inverse : plus un viticulteur met de choses sur sa contre-étiquette, plus le vin est suspect. Je veux voir une bouteille sobre avec une étiquette à l’ancienne.

    J’estime que la connaissance des cépages est utile pour comprendre les vins, mais *1 D’ailleurs en matière de pollution, les agriculteurs ont bon dos, car on les montre du doigt en permanence alors qu’ils sont loin d’être de gros pollueurs. (Le plus gros consommateur de désherbants en France, c’est l’entretien des routes, l’équipement. Le second, c’est la SNCF. Tous les agriculteurs cumulés arrivent très loin derrière.)

    *2 Voyez à ce propos mes CR sur le domaine Henry à St Georges d’Orques, avec des cépages inusités, ses résutats ont d’abord la signature du terroir avant celle des cépages.
    A Bordeaux, les Cabernets sauvignons sont des cépages discrets qui savent très bien se mettre en retrait derrière la minéralité qu’ils ont puisé dans le sol. Malheureusement on les remplace par du Merlot, qui au contraire pousse les vins à se ressembler, du moins avec les méthodes d’aujourd’hui, et on étouffe le peu qui reste avec du chêne en excès.
    [/size]

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