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- 28 décembre 2006 à 5h39
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
Le raccourci est effectivement pervers.
Pour carricaturer (et on nuancera ensuite):
Il y a deux écoles, l’une dit que la terre est un support, que si elle ne convient pas il faut intervenir dessus chimiquement pour lui donner les propriétés souhaitées. L’autre dit que pour atteindre le meilleur de ce qu’elle peut donner, il faut adapter le résultat souhaité à la terre.
La première est l’optique industrielle, la seconde est traditionnelle.
La classificassion de 1855 adopte pour axiome que l’on a choisit la méthode traditionnelle, et garantie qu’on ne la trahisse pas trop. Si l’on se met à considérer qu’il suffit d’intervenir chimiquement pour obtenir les résultats voulus (sur la terre ou plus tard lors de la vinification) alors cette classification n’a plus de raison d’être. En poussant la carricature, chaque domaine a sa politique, et si un viticulteur du languedoc réussit à faire un genre de Pomerol il est injuste de lui refuser l’appellation. Autant éliminer notre classification… Au final l’industrie pousse nécessairement vers une uniformisation (celle dénoncée dans mondovino) qui est très réelle dans les vins de Bordeaux.L’optique traditionnelle, à l’opposé, serait supposée garrantir que chaque vin fasse parler la terre et le millésime sans concession.
Qui aujourd’hui souhaite acheter des vins qui nécessitent un grand millésime et 30 ans de vieillissement pour commencer à développer de la rondeur, avec le risque que la bouteille s’éteigne avant d’être bonne? (à part moi…) Quel commerçant est prêt à distribuer des bouteilles en étant incapable de garantir à ses clients que le vin contenu est buvable? Quel avenir pour un vigneron Bordelais qui veut se lancer la dedans?Nuançons maintenant. Aucun des deux extrême n’est suceptible de maintenir le niveau des vins de nos régions. Comme toujours, la sagesse ne se situe nullement dans les extrêmes. Si philosophiquement j’ai grande affection pour la vision traditionnelle, je suis content d’avoir dans ma cave des bouteilles sur lesquelles je peux compter.
Et de toutes façons, l’industrie n’y pourra rien, il restera toujours des passionnés de tradition pour satisfaire les hurluberlus de mon espèce, et largement assez. Cessons donc de nous plaindre et laissons d’un côté les industries du vin livrer et satisfaire leurs clients, fusse à coup de produits chimiques (on est encore loins du Fanta!), de l’autre laissons les mondovinistes apporter leur grain de sel, et rappeler qu’il existe d’autres façons d’envisager le précieux nectar ; n’oublions jamais, enfin, que tout vin est un équilibre entre ces deux poles.
Et le bio dans tout cela me direz-vous?
– Pour les traditionnalistes, il devrait être une concéquence évidente de leur relation à leur vignoble. Ceux-là n’indiquent jamais leur label sur leurs bouteilles.
– Pour les personnes soucieuses d’écologie, il garantie que le vin a été produit avec un respect accru de l’environnement.
Mais il ne donne aucune indication sur la qualité du vin. (Contrairement à d’autres produits agricoles qui sont majoritairement meilleurs du coté bio.)A propos d’écologie, notons simplement que si l’effort du bio est louable et doit être encouragé, la pollution due aux viticulteurs est de faible gravité comparée au vrai problème : l’utilisation irraisonnée du pétrole. Si vous voulez respecter l’environnement, commencez par abandonner définitivement votre voiture et les voyages en avion avant de jeter la pierre sur les agriculteurs!
- 28 décembre 2006 à 1h39
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
Bertrand Le Guern écrivait:
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> Pour ceux qui n’auraient pas consulté les pages de
> Google consacrées à Marc Sibard, Marc Sibard =
> Caves Augé à Paris.Ce qui explique le prix de 850 euros pour un bordeau entrée de gamme 😀
Ce n’est qu’une plaisanterie. Arrêtez de voir un sectarisme ou de l’intégrisme dans une attitude qui est très simple et ne menace en rien vos valeurs à vous.
Personnellement boire un vin dont la production s’apparente à de l’industrie me fait de la peine, plus que la qualité du vin (qui en patie nécessairement) c’est un rêve que l’on détruit à mes yeux.
Aucun des viticulteurs pratiquant la biodynamie que j’ai rencontré ne s’en vantait, ceux qui sont sérieux ne le mentionnent même pas ni sur leurs bouteilles ni à leurs clients et préfèrent laisser parler leurs vins. Respecter leur environnement et laisser parler leur terre est pour eux une chose naturelle, comme il est naturel pour moi de mettre les emballages recyclables dans la poubelle jaune et de regarder la forêt sans nécessairement désirer la faire pousser d’une façon différente de celle qu’elle a spontanément adoptée.
D’ailleurs la biodynamie c’est vraiment pas une référence pour les « mondovinistes », c’est un ramassi de règles inventées pour permettre le mélange d’un peu de tradition avec beaucoup de modernité.
Souhaiter la survie d’une viticulture traditionnelle n’a rien de sectaire, c’est une question de goût! Moi pour apprécier un vin j’ai besoin de le fréquenter longuement, si je ne fais que le goûter je passe à côté complètement.
J’admire quelque peu les gens de ce forum qui sont capables de goûter à la suite 10 millésimes d’une « verticale » ou 20 crus d’une « horizontale » et parviennent à faire un « CR » pour chacun d’entre eux, et après avoir seulement trempé leurs lèvres et recraché, puis ont la prétention de leur coller des notes. Si certains savent vraiment faire cela, je les admire beaucoup. Je ne suis capable de déguster correctement qu’un ou deux vins en une journée, à moins de fermer les yeux sur l’essentiel: ma relation avec ces vins.Et cette relation commence par le rêve, qui inclue une viticulture soigneuse et traditionnelle ; puis par la patience de plusieurs années à passer et repasser devant une bouteille dans ma cave voutée, avant enfin de l’ouvrir, et ce n’est bien sûr que le début…
Dès qu’une tendence pointe le bout de son nez, il est toujours des vendeurs attentifs, prêts à s’en faire les « ayatollahs », et il est bon de s’en méfier afin de ne pas tuer l’espoir dans l’oeuf. Marc Sibard est-il l’un d’entre eux? Vu sa réputation à Paris, je crois qu’il fait un travail sérieux que bien peu ici pourraient se vanter de faire aussi bien. Une réputation ne prouve rien et je ne me pronnoncerai pas au-delà. Par contre je suis peiné de voir que des lecteurs de ce forum tentent d’imposer leurs points de vue en tenter d’humilier les autres intervenants sur leur vie professionnelle. Il est temps de mettre fin à ce genre de bassesses qui ne sont vraiment pas flatteuses pour ceux qui les pratiquent.
Pour finir à propos de la qualité du vin, j’ai mes amours, qui passent parfois par la biodynamie, plus souvent par la tradition et l’investissement émotif du vigneron pour ses plantes et sa terre. Une telle viticulture ne saurait pas plaire à tout le monde, et il n’est pas question pour moi de comparer la qualité des vins produits. Encore moins de dire que nombre de domaines du bordelais que personnellement je n’achète plus, seraient mauvais. Il n’est pas question non plus de prétendre avoir le monopole de l’amour de la terre : des vignerons qui ont opté pour un traitement industriel de leurs produits sont souvent encore très attachés à leurs terroirs.
Dire que Bordeaux est une arnaque c’est prendre pour des idiots des millions de consommateurs avertis -certes manipulables, mais qui peut prétendre ne pas l’être?- Les gens achètent le vin qui leur convient! Réjouissons nous qu’il y en ait pour tous les goûts!
- 19 décembre 2006 à 6h58
- in reply to: Champagne Henri Giraud
Et bien il y a fort à parier que si tu peux avoir du 96 en fût de chêne, ce vin a des chances d’être à la fois remarquable et de grande garde, je n’en ai pas encore trouvé, mais je ne désespère pas!
J’ai bien lu le commentaire du 98, mais si je me suis réjouis de voir que ce vin s’annonce très plaisant, je n’y ai pas trouvé d’information sur le moment opportun de l’ouvrir 🙂
Globalement et y compris dans le champagne j’ai du goût pour les vins avec quelques années de plus que l’apogée couramment admise et j’ai peur d’être un peu déçu : il n’a même pas 10 ans et je n’ai qu’une bouteille.
- 19 décembre 2006 à 6h51
- in reply to: Champagne Louis Roederer
Dites-donc, j’ai donné mon avis avec autant d’humour que possible, et j’ai précisé assez clairement qu’il ne fallait pas y voir autre chose.
Ok l’humour ne donne pas le droit de tout dénigrer, mais détendez-vous un peu, beaucoup de bien a été dit aussi sur ces vins, et j’espère que les lecteurs seront assez critiques pour ne pas gober mes paroles sans les comparer aux autres avis parfois plus éclairés que les miens.
Quand je lis la rubrique « Auguste Pirou », « Lanson » ou « Petrus » où on a trainé des vins dans la boue je ne crois pas avoir tant que ca dépassé les limites.
Bref, l’incident est clos, laissons parler ceux qui veulent défendre ce vin… Sans s’étriper entre nous 😉- 19 décembre 2006 à 4h50
- in reply to: Champagne Louis Roederer
rémi écrivait:
——————————————————-
> Le Cristal c’est bien mais personne n’a goûté le
> Brut Premier???
> 3ans sur lattes, 1/3 de Chardonnay et 2/3 de
> Pinot, c’est fou comme c’est à l’opposé du BSA de
> Bollinger!!! On est vraiment dans la discrétion et
> la finesse, mais c’est très bien fait et
> rafraichissant.
>
> Des avis?Oui tu as bien résumé, c’est à l’opposé des champagnes que j’aime (comme Bollinger.) C’est plus raffraichissant qu’un cassoulet en boîte, mais c’est moins bon.
Roederer, pour moi, c’est des paillettes du bas de gamme au haut de gamme…[EDIT j’ai enlevé mes âneries moqueuses sur le « Premier »]
Pardon si cela peut blesser, au final vous aurez compris que ma critique signifie simplement qu’ils ne sont pas à mon goût 😉 Et puis après tout… Quelqu’un a demandé nos avis, je n’ai donc pas de honte à donner le mien qui n’engage que moi.
- 19 décembre 2006 à 2h07
- in reply to: Sociando, seigneur d’une soirée inoubliable…
Les fameuses vignes de Mouton Cadet 🙂
C’est un vin tellement secret que nombre d’amateurs les cherchent -parrait-il- depuis des années et sans succès.
Qui a dit vin de négoce? Je suis sûr qu’ils ont planqué leurs pieds non greffés préphyloxériques à l’endroit ou personne ne s’y attend, dans les meilleures parcelles de leurs permiers crus, et qu’ils en réservent les meilleures grappes seulement, après un tri drastique, pour leur fameux Mouton Cadet, un vrai vin de légende.
Quel talent ces Barons de Rothschild… Dans le marketing s’entend 😉- 19 décembre 2006 à 1h35
- in reply to: Sociando, seigneur d’une soirée inoubliable…
J’ai du mal à comprendre M@nuel…
Tu voulais simplement prouver que n’importe qui peut convaincre qu’un vin est bon juste en soignant l’éloge?Pour moi les arguments de la dégustation à l’aveugle et de la note sont sans valeur.
La dégustation à l’aveugle est un exercice intéressant pour l’amateur, afin de s’exercer, mais elle ne constitue en rien un critère d’objectivité.Un vin ca commence par une étiquette et un rêve, des espoirs…
Notre cerveau est capable de faire la synthèse d’informations tellement diverses. Pourquoi se priver de l’étiquette? Elle participe au vin tout simplement.Toute personne qui donne sincèrement son avis sur un vin aidera à s’orienter ceux qui se reconnaissent dans des goûts similaires. Si tu croyais en inventant cette histoire prouver le contraire, je crois que tu t’égares.
Ah, après analyse, je crois que je devrais prendre tes interventions avec un peu plus d’humour et que je t’ai prêté trop vite des intentions que tu n’avais pas.
Je lis un peu tes diverses interventions et je trouve deux perles qui résument tellement bien ce que j’en pense :Je connaissais un homme qui avait malheureusement perdu la vue. Amateur de bons vins, il regrettait le temps où il pouvait contempler les bouteilles qu’il s’apprêtait à déguster.
Non, Luc, puisque tu as la chance de posséder tous tes sens, bois tes bouteilles la yeux grands ouverts.
C’est la nappe qui va être contente !M@nuel.
Une note sur 100 en étoile me parait de loin, de très loin le système de notation le plus approprié :
***************************************************************************************************************************************************************************************************(*)/100
L’essayer c’est l’adopter !
M@nuel.
- 19 décembre 2006 à 1h18
- in reply to: Champagne Henri Giraud
Edit : Mes CR sont mis à jour un peu plus loin dans le sujet 🙂
- 17 décembre 2006 à 23h29
- in reply to: Sociando, seigneur d’une soirée inoubliable…
Avoir raison n’apporte que des ennuis M@nuel.
Dis nous plutôt ce que toi tu penses de ces vins, ou laisse parler ceux qui jouent le jeu qui n’ont pas à justifier leurs émotions.
L’objectivité est un leurre et l’homogénéïté un danger.- 17 décembre 2006 à 4h25
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
Pour les prix, je ne sais pas. Je ne fais manifestement pas partie de ceux qui peuvent se l’offrir en dessous du prix catalogue et je ne m’en plains pas.
A dire vrai, à peu près toutes mes économies passent dans le vin, et bien que je privilégie toujours la qualité à la quantité, mes moyens ne me permettent pas de boire ce genre de vin très souvent, ni d’entrer dans le club des gros clients du domaine.Lors de la dégustation je n’ai pris aucune note, mais pour parler plaisir, voici mes souvenirs :
Je l’ai dégusté déjà stabilisé et j’ai été surpris qu’un vin aussi puissant et encore en fût soit déjà aussi émouvant et agréable à goûter.
Je passe le détail de la structure harmonieuse et puissante, des arômes si divers que la superbe petite vallée de Gevrey-Chambertin a apporté à ce vin : du fruit, du sauvage, de la roche, tout ce qui fait le charme des côtes de nuit.Pour l’émotion, disons simplement que ce vin n’est pas simplement un magnifique agencement de saveurs avec un équilibre, il semble uni par une volonté d’exprimer le bonheur d’être né, malgrès sa jeunesse, il est déjà patient et raconte doucement sa hâte de combler nos papilles et notre coeur. Il sait déjà modérer sa force sereine, mais promet, la main sur le coeur, de faire encore mieux demain.
Dans cette belle cave austère de la famille Trapet, ce vin avait de plus que ses compagnons délicieux que nous avions goûté avant, un je-ne-sais-quoi hors du temps, comme si toute la vallée avait, en plus des vignerons, porté son attention sur cet enfant prodige.
Je n’ai pas l’expérience de certains d’entre vous et ne puis que vous exposer ce qu’il m’a inspiré sans promettre monts et merveilles ; il représente simplement pour moi un moment rare où en goûtant un vin, on sait qu’on va bien s’entendre. Alors si je parviens à le financer, j’aimerais en aquérir. Il ne me semble pas qu’il y ait de mal à celà, tous les amateurs de vin ont je crois déjà ressenti cela plus d’une fois 😉L’amour d’un vin n’est pas forcément objectif finalement, et il ne saurait être noté ni sur 20 ni sur 100, ni être imposé à mes lecteurs.
- 16 décembre 2006 à 16h40
- in reply to: Champagne Bollinger
J’ai pourtant posé la question très clairement au commercial oenologue et sa réponse était sans appel, il était sur de lui.
J’ai manifestement eut tord de le croire. 😉
Il a prétendu aussi qu’ils étaient propriétaires de toutes les vignes utilisées ; mais en réalité 40% de leur vin est acheté.
- 16 décembre 2006 à 5h52
- in reply to: Krug Vs Bollinger
La philosophie est assez différente.
Prenons le haut de gamme, Clos du Mesnil, un blanc de blanc chez Krug ; V.V.F., un blanc de noirs chez Bollinger.
Leurs orientations sont assez opposées tout de même.Spécial Cuvée de Bollinger est en dessous de la grande cuvée de Krug : cette dernière t’offrira un avant goût de paradis sur ses longueurs en bouches qui n’en finissent pas de se renouveler. La spécial Cuvée de bollinger dont je suis pourtant très fan ne saurait prétendre parvenir à un tel prodige.
Le Krug mérite qu’on s’y arrête, qu’on l’écoute avec attention pour ne pas en perdre un gramme, un peu de cérémonie autour est bienvenue. La spécial cuvée s’impose d’elle même, vineuse, pas besoin d’en faire une grande cérémonie, elle est certes racée, mais débarque dans ton salon avec ses grands sabots et impose son point de vue.
- 16 décembre 2006 à 5h08
- in reply to: Champagne Bollinger
CR: 15 décembre, dégustation (publicitaire) de Bollinger à Montpellier, caves Gambetta.
[b]
Prolégomènes :[/b]Bollinger est une maison familliale, une des dernières d’un tel prestige depuis que Krug a rejoint lvmh.
Ils sont propriétaires des vignes qu’ils utilisent.
Le pinot noir est à la base de leurs assemblages, avec un peu de chardonnay et ils utilisent toujours le pinot meunier dans leur spécial cuvée.
Ils utilisent aussi encore la fermentation en fûts.
Ils pratiquent un dosage faible.
Une petite étiquette « by the appointment of her majesty the queen E.II » nous amuse (négativement) et nous rappelle que c’est le goût anglais qui a fait le bollinger.Spécial Cuvée :
C’est le Bollinger habituel. La maison ne multiplie pas les cuvées.
Un vin auquel je suis accros depuis un moment et qui se montre fidèle à lui-même.
Très vineux (même rustre, on le dirait vulgaire s’il n’était pas à la fois racé et élégant), on note toujours un gras qui tourne autour du biscuit au beurre un peu épicé.
Je note des touches de marron confit, des sensations minérales, le chardonnay se fait discret mais séduisant sur la longueur en bouche citronnée-fondante.
Plus que d’accumuler des noms d’arômes qui sont nombreux lorsqu’on décortique, il est important de noter que tous ces arômes forment un tout très lié, plus encore qu’un équilibre : une unité. C’est ce qui caractérise les grands champagnes et leur donne une élégance que d’autres vins peuvent rarement convoiter.
Ce simple « Spécial Cuvée » de Bollinger en fait incontestablement partie pour un prix abordable (encore?) et garde un grand nombre de fans.
Intermédiaire, il peut être bu en apéritif comme un champagne de fête, ou accompagner un repas.
J’ai l’impression que sur la dernière décénie, les bulles de la « spécial cuvée » sont devenues plus fines, mais je me fais peut-être des idées. Quelqu’un confirme?
(38€)Grande Année 1999 :
Premier nez : Biscuit au beurre, puis une sublime et séduisante amande grillée.
Après agitation : Sablé à la canelle et au gingembre ; puis anis.
En bouche : Tout à la fois Fruité (pomme au four), Epicé, et Gras ; des sensations encore une fois très unies qui font un bon champagne.
Longueur en bouche : Un peu jeune à mon goût et très chardonay, citronnée encore.La proportion de chardonay est plus importante tout de même que dans le spécial cuvée. Moi qui suis fan des classiques de Bollinger, je ne trouve pas ce que j’aurais pu espérer, c’est à dire « le spécial cuvée en mieux », en tout cas pas sur ce millésime de 99, mais plutôt un vin tout à fait différent.
Un vin remarquable et édifiant à déguster pour sa richesse et son expression vive.
Mais il ne m’enthousiasme pas au point d’investir dedans.Autres considérations :
Nous ne goûtons hélas pas de R.D..
Le commercial, un oenologue, n’arrive pas à me tenir un propos convainquant sur l’utilisation du pinot meunier. Il se contredit en affirmant que Bollinger n’utilise que les meilleurs vins (des 80% grand cru et plus) et en prétendant que pinot meunier reste un « sous cépage » de piètre qualité qui s’oxyde trop vite.
Quelqu’un sait-il ce qu’apporte le pinot meunier à l’assemblage de la cuvée spéciale? (il n’y en a pas dans la GA.) Je ne doute pas qu’il doit y avoir une bonne raison et je vois mal Bollinger l’utiliser pour faire des économies de bouts de chandelle.Il nous parle aussi des V.V.F., mais n’en a jamais lui-même goûté, il affirme que son propre directeur commercial non plus, et d’ajouter naivement que même la famille Bollinger n’en boit pas tellement il est rare. Je ris intérieurement sachant pertinament qu’ils ne s’en privent pas, et qu’ils connaissent leur vin sur le bout des doigts.
Je note pour répondre à des débats plus anciens de ce forum, que le R.D. est le même vin que le G.A., mais gardé plus longtemps sur lie, il est aussi sans dosage (ou presque). Il n’est pas vrai que le R.D. serait dégorgé au fur et à mesure : lorsqu’on sortira le RD 99, on dégorgera tout ce qui restait sur lie de ce vin, le même que la grande année 99. Il aura bien entendu beaucoup de caractéristiques différentes, et la date du dégorgement sera notée sur l’étiquette ; la même pour toutes les bouteilles.
- 15 décembre 2006 à 18h47
- in reply to: Château Sigalas-Rabaud, Sauternes
Merci pour vos encouragements!
Ca me fait penser qu’il y avait tellement de richesses que j’ai oublié des choses (les petits neuronnes qui s’occupent du goût sont parfois longs à donner leur secrets) comme par exemple, et non exclusivement : la Rose qui était présente, et le Kumkwuat, qui aurait peut-être mieux décrit l’amertume parfois dégagée.> mais ma
> (charmante) vendeuse voulait connaître mon avis,
> alors j’ai tout noté et je vous en fait
> profiter. »
C’est vraiment vrai? 😉Tu peux aller te faire une idée à leur boutique, en tous les cas elle réussit toujours à m’embrouiller pour que j’essaye de nouvelles choses. Elle parle très bien du vin et trouve rapidement les points faibles de ses clients 🙂
Je n’avais effectivement jamais fait de CR si ce n’est oralement et beaucoup plus succintement.Ce soir on goûte chez eux des Bollinger, comme vous m’avez bien brossé dans le sens du poil, peut-être que je remettrai ça dans la rubrique champagne avec un compte rendu rapide 🙂
- 15 décembre 2006 à 14h57
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
Du coup je leur ai posé la question pour le Chambertin 2005, voilà la réponse de JLT :
Nos 2005 ne seront disponibles qu’en Novembre de l’année prochaine. L’actualité, c’est bien évidement le millésime 2004, dont on attend de nombreuses surprises…- 15 décembre 2006 à 6h39
- in reply to: Comment vendre un millésime de m…. (2006)
C’est drôle ça me fait penser au vocabulaire optimiste pour persuader la bourse que la croissance sera positive.
[color=#993300]
« Le bon déroulement du suivi des taux directeurs laisse présager un accroiseement de la masse budgétaire fictive qui dépasse les prévisions les plus optimistes. La reprise de l’augmentation de la diminution de la baisse des salaires permet d’émettre des hypothèses probables de diminution des déficits budgétaires. L’accélération de l’augmentation du nombre de chercheurs d’emploi a diminué sur la fin de la seconde semaine du dernier trimestre dans 3 des 65 pays de la U.E.E..
La reprise à venir de la consommation est confirmée par la stabilisation des taux directeurs du fond monétaire international, et la baisse annoncé de deux points sur l’augmentation du dollar permet à la banque européenne de maintenir ses garranties d’optimisme sur le suivi du redressement des endettements devant la réserve fédérale.
Le taux de croissance en 2006 sera d’au moins 290%, à moins qu’Airbus ne rattrape son retard sur les livraisons de l’A-4889 en quel cas la banque de chine achètera des milliards de devises, et on peut espérer une croissance de 12098 % ou plus.
Continuez bien à remplir votre caddi à carrouff, et à bien dormir, surtout en arrivant aux urnes. »[/color]
Enfin comme la diminution de l’ensoleillement est en train de ralentir, c’est sûr, c’est déjà l’été en plein mois de décembre, moi je vous le dit, pas besoin de madame soleil.
Aller, à la décharge des talentueux noyeurs de poissons qui ni-vu-ni-connu-je-t’embrouille veulent nous faire passer des vessies pour des lanternes, je dirais volontier que l’attention soutenue des spéculateurs est largement responsable de cette langue de bois risible. Et je dirais même : Si il y a des américains assez naïfs pour faire des stocks de millésimes sans saveur sous prétexte qu’un enrobeur de pillules est arrivé à les persuader qu’ils font un investissement rentable en réservant 30 caisses de Bordeaux 2006, tant mieux, il faudra bien s’en débarrasser de toutes façons, de ce 2006 et assurer le PIB du pays. De là à dire qu’il s’agit d’un mensonge patriote, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, car on n’est jamais autant patriote que lorsqu’il y a de l’argent à la clef 😉
Conclusion : Si vous ne voulez pas qu’on vous mente, ne posez pas de questions bêtes. Pour savoir si un millésime est bon il faut attendre que les vins soient à maturité, d’ici là tout discours est suspect, en bien ou en mal. On ne prétend pas savoir ce qu’on ne sait pas, à moins d’avoir quelque chose à vendre à des pigeons, et j’encourage les lecteurs d’LPV à ne pas se faire l’echos des prévisions prématurées que font les professionnels de l’embrouille.
Par contre l’humour est bien venu, et je suppose que c’était l’objectif de ce sujet, alors videz votre sac si vous voulez dire du mal, qu’au moins, à défaut de savoir le fin mot, on s’amuse :p
[size=x-small]Bertrand Le Guern écrivait:
——————————————————-
> D’après le Conseil des Vins du Médoc, ça va être
> grand … en Médoc:
> https://www.delalande-fleuri.com/evenements-fr-0-33
> 0.html#330
>
> 2006 en Médoc Un millésime de soleil !
>
> Un bel ensoleillement depuis le mois d’avril et
> très peu de pluies ont favorisé la maturation des
> raisins. Au mois d’août, les baies exaltaient déjà
> leurs saveurs sucrées et des arômes prometteurs.
>
> Les comptes-rendus de maturité et les visites des
> vignobles pendant le mois de septembre ont
> confirmé que 2006 aura été une année difficile
> pour la vigne, marquée par les grosses chaleurs du
> début de l’été et des carences dues à la
> sécheresse.
> Mais la matière première était belle, et les
> parcelles de vignes présentaient à la mi-septembre
> une maturité élevée (bons degrés, belles acidités,
> très bon potentiel phénolique). La maturité
> aromatique était elle aussi en bonne voie à la
> même période (perte du végétal et apparition du «
> fruit frais »).
> Au 21 septembre, la maturité des Merlots était
> bien avancée et leur niveau d’anthocyanes
> promettait d’être très élevé, voire supérieur à
> 2005. Avant les vendanges, la dégustation des
> baies de merlot révélait une puissance aromatique
> rarement atteinte.
> Les Cabernets Sauvignon ont eux aussi été précoces
> et leur niveau d’anthocyanes également supérieur à
> celui du 2005.
> Les sols argilo-calcaires ont été moins gênés que
> les sols de graves par les pluies du début du mois
> de septembre. Néanmoins, les fruits avaient déjà
> atteint un très beau niveau sur ces deux types de
> sols et promettaient une récolte qui a conduit à
> de beaux résultats. En Médoc, l’essentiel des
> cabernets a été ramassé par temps sec, les
> qualités des raisins acquises grâce aux fortes
> chaleurs estivales ont donc été conservées.
> Le millésime 2006 s’annonce donc avec un très beau
> potentiel. Il a tous les attributs pour être
> concentré et taillé pour la garde.
>
> Conseil des Vins du Médoc
> 1 cours du XXX Juillet – 33000 BOrdeaux
> Tel 05 56 48 18 62 – Fax 05 56 79 11 05
> Email : medoc@medoc-bordeaux.com –
> http://www.medoc-bordeaux.com
>[/size]- 15 décembre 2006 à 0h32
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
– J’ai aussi goûté au domaine le Chambertin 2005, j’ai aussi le souvenir d’un vin remarquable très équilibré, tendu, mais aux tanins tellement élégants qu’on a déjà plaisir intense à le goûter. Il était trop tôt pour en acheter, je le regrette, c’est vrai aussi que Chambertin n’est pas un vin donné. C’est certainement un excellent conseil que M. Milleret nous donne là, de mettre en garde ce « roi des vins ».
– De toutes façon chez Trapet J&JL (je précise Jean et Jean-Louis, car il y a un autre Trapet sans rapport familial à Gevrey-Chambertin), on ne peut guère se tromper. Voilà une maison de bourgogne parmi les plus prestigieuses, et qui s’est donné comme politique de vendre beaucoup en France, eux mêmes. C’est une chance précieuse pour nous qu’il en reste.
C’est une chance aussi que dans ce merveilleux petit environnement qu’est la côte de nuit, des domaines se soient lancés, comme eux, dans une approche biodynamique de leur environnement. Et les résultats sont enthousiasmants. Un domaine qui mérite beaucoup de considération vu l’amour et la compétence qu’ils mettent dans leurs vins et leur terroir.– Anecdotiquement, puisque d’autres ont fait l’élogue mérité des grands crus de ce domaine, je rappelle que le « A Minima » (passetoutgrains) est vraiment à découvrir comme un vin simple et source de grande satisfaction pour son prix, que vous pouvez le commander. (Son prix qui était à 5 euros il y a peu est passé à 6,5 puis 8€, c’est un peu moins abordable, mais il semble que je ne sois pas le seul à avoir découvert ce petit bijou de simplicité…)
– On peut commander, leur service de livraison est très satisfaisant.
Domaine TRAPET
53, route de Beaune,
21220 Gevrey-Chambertin
tel 03 80 34 30 40
https://www.domaine-trapet.com/
message@domaine-trapet.com– Je ne connais pas le prix d’Ostrea, j’ai vu les bouteilles mais ne me suis pas renseigné à leur sujet, je ne sais pas de quoi il s’agit. Il n’en est pas fait mention sur leur catalogue.
– On peut leur rendre visite sur rendez-vous à Gevrey-Chambertin.
– Pour répondre à la question de didiert qui initiait ce sujet, « quelle est votre expérience de ce domaine? » : Je les ai découverts récemment, mais ils m’ont beaucoup touché par leur engagement traditionnel, j’ai une énorme affection pour ce domaine et pour les vins qu’ils proposent.
- 14 décembre 2006 à 23h54
- in reply to: j’ai aussi choisi mes vins du 31 décembre
Fais-les bien reposer en les amenant à l’avance…
Le voyage en voiture peut les fermer complètement pour plusieurs jours, ce serait tellement dommage. En tout cas chaque secouse qui pourra être évitée devra l’être, sur les genoux devant, c’est beaucoup mieux que dans le coffre.Sinon, François, on dirait que tu te fais du soucis parce qu’avec plus de buveurs il aurait été plus facile de faire tourner plus de bouteilles. Puisque justement tu descends dans le sud, vraiment, si cela te rend service, je peux encore décommander pour mon réveillon, et après avoir présenté mes hommages à ta fille ainée, je partagerai volontier avec toi mes impressions sur ces petits vins :p
Hm? On me dit dans l’oreillette que je n’ai aucune chance. Oui c’est ce que je craignais, enfin c’était bien tenté… :O
Bon réveillon tout de même, avec une cave aussi merveilleuse, d’ailleurs, je ne me fais pas de soucis, tes réveillons doivent tous être réussis ;p
Il est temps que je m’esquive après ce beau hors sujet en laissant les experts en gastronomie donner leurs conseils pour allier les mets à ces vins de rêve.- 14 décembre 2006 à 22h33
- in reply to: Sauternes 1964 …
Ma foi, un Sauternes, ça vieillit pas toujours très favorablement, mais rarement très mal.
Même à supposer qu’il décline sérieusement ce qui semble probable, je suis sûr que l’expérience de le goûter sera très agréable.
Ne le jette pas, ne l’abandonne pas, mais ne l’ouvre pas non plus LE grand jour 😉- 14 décembre 2006 à 21h09
- in reply to: Las Cases 1976 et filet de boeuf
J’ai bu le Las Cases 1976 au Jardin des Sens à Montpellier, l’an dernier.
Je ne suis pas fan.1976 est une année remarquable, mais pas toujours géniale en gironde : les fortes pluies ont dilué le potentiel solaire de l’année de la canicule.
Ce Las Cases est un vin remarquablement équilibré à ce que j’ai cru DEVINER.
Je dis deviner, car il est écrasé littéralement par un fut de chêne monstrueux.
Un fut de chêne si fort est injustifiable (scandaleux?) pour une année diluée comme 1976.
La vanille est plus forte que dans une crème glacée ou une danette.Du reste l’équilibre est une conclusion nécessaire si l’on considère qu’il est resté bon malgré ses 30 ans, sans défaut, et les tanins (discrets derrière la vanille) continuent de répondre à l’acidité satisfaisante. Le chêne empêche clairement totalement de savoir si il y aurait eut des subtilités intéressantes dans ce vin au terme de ses 30 années passées en cave.
Alors puisque tu vas le boire un jour ou l’autre, je dois ajouter ceci: l’expérience a été pour moi très bonne bien que ce vin soit franchement décevant en lui-même. La raison est qu’il a été servi au Jardin des Sens (**) qui pratique une cuisine audacieuse, au croisement de la tradition et l’exploration aventureuse des associations les plus exotiques. Dans un tel contexte, ce 1976 de Las Cases est un choix remarquable, qui n’est plus du domaine de l’amateur de vin, mais du couple que doit faire un vin avec ses mets.
Nous avons en cuisine française pas mal de possibilités de mettre du doux dans des plats traditionnels (chevreuil-airelles?), il faut chercher dans cette direction pour que ton Las Cases 1976 puisse être fameux. Avec les pigeons au chocolat, il faisait un couple très appréciable, mais si tu peux chercher plus loin encore (en fonction de tes talents de cuisinier,) va dans le carrément exotique et ne lésine pas sur la mangue et les choses les plus audacieuses…
Il faudrait avoir bu plus d’une seule bouteille pour être catégorique : 30 ans plus tard, des variations peuvent être apparues, qui relativisent mon petit compte rendu. Je te souhaite d’avoir un flacon moins exposé au fut neuf… Et je te conseille de l’aérer plusieurs heures ou de le carafer pour (peut-être?) éviter ma déconvenue.