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LaNèfle,
Pour le mal de tête, ce que moi j’ai remarqué, c’est que quand on boit que des bons vins chers, et si possible des vieux millésimes, y’a jamais de soucis.
Boire des vins chers est-il meilleur pour la santé?
Le fait qui a largement été démontré, c’est que les riches vivent plus longtemps. Je ne sais pas si ça explique que les vieux soient plus riches ou si c’est le contraire, mais maintenant, c’est décidé, je boirai que des vins chers.Euh pour le hors sujet je ne demande pas pardon, au niveau où ce fil de discussion en est, c’est une oeuvre de salubrité publique de l’achever une bonne fois pour toute. Pour la mémoire d’Albert…
Agitateur,
« Tout le reste ( résidus phyto, amines biogènes, et sulfites aussi ), c’est de la branlette pour diptère en mal de sodomie. »
Je trouve tes mots un peu forts. Je n’ai bien entendu, tu le sais, rien contre les choses de la vie qu’il faut bien nommer et tu as le mérite de ne pas nous avoir endormi par de longues paraphrases… Mais tu as du manquer les épisodes précédents ma parole! On t’a pourtant expliqué pendant 21 pages que naturel = bon, synthétique = pabon.
Alcool, c’est naturel, donc… bon, SO2 c’est synthétique donc…. ? pabon. C’est bien tu comprends vite mais 21 pages n’étaient pas de trop.
Explication (osons dire scientifique, n’ayons pas peur des mots) : tous les malades prétendument de l’alcool sont malades à cause du SO2 ajouté, sans quoi l’alcool est bien entendu totalement inoffensif. La preuve c’est que l’alcool c’est utilisé depuis des milliers d’années (oui on a inventé la distillation à l’âge de pierre) pour se soigner, et ça a sauvé la vie à de nombreux blessés.Voilà je pense que j’ai bien résumé les 21 pages passées. Faites quand même attention en voiture : depuis Einstein, on ne peut plus dépasser la vitesse de la lumière (du moins dans le vide) sous peine d’une contravention pour dépassement de célérité (500 euros d’amende, 6 points).
belyrus écrivait:
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> c’est comme, par exemple, la Théorie de Relativité
> d’Einstein, elle était probablement facile à
> théoriser,Facile, oui bien sûr! :)o
> mais vraiment impossible à vérifier, au
> moins pour les 10-20+ prochains ans .Il a suffi de cinq ans (1919) pour commencer à la confirmer en observant la déviation apparente des étoiles lors d’une éclipse solaire.
Est-ce qu’on peut arrêter de tout mélanger en transformant tout et n’importe quoi en argument? Je veux dire, laissez Einstein tranquille un peu.- 7 juillet 2011 à 0h29
- in reply to: Millésime 1976
sly14 écrivait:
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> 1993 en vin, c’est un millésime moyen, non? Sauf
> la vallée du Rhone Sud!!!En Côte de Nuit, les rouges sont plutôt brillants aussi.
- 6 juillet 2011 à 15h08
- in reply to: comment boire du Petrus sans payer le prix fort …
Ah alors François, mon raisonnement s’en trouve bon pour la poubelle 🙂 Dommage il était mignon.
Bon il y a des sites qui affirment que Lafleur est le second vin mais je crois que c’est effectivement tout à fait faux à bien y regarder.
Du coup, il y a risque d’un long débat puisque seul le temps pourra prouver que Petrus est loin au-dessus. (ou pas).
N’ayant jamais bu ni l’un ni l’autre, j’aurais mieux fait de me taire :)o- 6 juillet 2011 à 15h02
- in reply to: Les prix chez Trapet
Claude B)
- 6 juillet 2011 à 2h03
- in reply to: comment boire du Petrus sans payer le prix fort …
La Fleur Petrus ça reste toujours plus cher et moins Petrus que de cacher la bouteille du vrai Petrus au milieu d’une caisse de rosé de Provence en promotion (avec un Margaux et un Lafite pour lui tenir compagnie) et de passer par une caissière issue d’une tradition culturelle où le vin est méconnu donc ne risque pas de se poser de questions.
Mais le vol j’aime pas trop… Pour moi à la question : « comment boire du Petrus sans payer le prix fort… » je dirais que la sagesse c’est de pas vouloir se payer ce qu’on peut pas se payer et de se contenter de ce qu’on gagne. Souvent on ne se rend pas compte que c’est déjà beaucoup et qu’on a de la chance de vivre dans l’abondance actuelle; et on se rend inutilement malade de ne pas avoir ce qui est au dessus de nos moyens. Ce que la sagesse populaire traduit par : « il ne faut pas péter plus haut que son cul ». Cela évite aussi de se faire prendre pour une truffe en se faisant refourguer des vessies Lafleur pour des lanternes Petrus*, entre autre bénéfice appréciable.Il reste donc le fameux aphorisme de Diogène qui quand on lui demandait quel vin il préférait répondait : « celui des autres ».
* : si besoin était de justifier, quand quelqu’un dit qu’un petit vin est aussi bon que Petrus, il y a un seul cas où on peut exclure d’office que cette hypothèse soit valide (dans tous les autres cas c’est délicat et ça peut causer un long débat) : c’est dans le cas où le vin dont on parle est le second vin du Château Petrus. Le fait est tout à fait évident puisque c’est le Château Petrus lui-même qui choisit ce qui va aller dans le grand et dans le petit en favorisant le grand. Si un commentateur me dit que le petit château d’à côté est meilleur que Petrus, je peux toujours *imaginer* qu’il est honnête, sauf précisément dans le cas évoqué ici.
- 5 juillet 2011 à 14h36
- in reply to: Millésime 1976
J’arrive après la bataille, mais bon. En 1976, il y a eu une sècheresse relative, souvent démesurément exagérée par les agriculteurs qui ont touché des grosses subventions de dédommagement alors qu’ils ont vendu leur récolte normalement d’autre part. Les ventes de Mercedes ont explosé dans les zones rurales cette année là. Certains ont vraiment eu des difficultés sévères, il ne s’agit pas de nier, mais beaucoup ont juste profité de la vague de compassion du public.
Pour parler de mes expériences en 76 :
Sur Bordeaux, en rouge les 76 des bons châteaux sont souvent jolis, mais sérieusement dilués par les fortes pluies (orages) de la fin de saison. J’en ai goûté quelques-uns, ce n’est pas une année décevante si on aime la finesse et l’équilibre; ça vieillit bien, certains vins sont encore très jeunes et doivent être bien carafés. Les liquoreux en revanche sont exceptionnels, c’est vraiment une très grande année pour tous les Sauternes je n’ai eu que d’admirables surprises.
En Bourgogne, 1976 est une très belle année, pas réussie par tout le monde mais normalement les mauvaises bouteilles ont été bues depuis longtemps ou mises au vinaigrier. Mes expériences de 1976 en Bourgogne sont très très positives et il semble que ça se conserve très bien. Blanc et rouges.
En champagne, ce n’est pas toujours une année de bonne garde; je n’ai jamais eu l’occasion de boire un 76 de grande maison. J’en ai tout de même bu de très bons, fins et équilibrés, mais qui sont désormais en déclin et je ne me risque plus trop sur ce millésime.
Bravo à votre ami pour cette belle carrière. Et vous Jean-François, quand êtes vous entré dans l’entreprise? J’espère que c’était une bonne année 😛
- 5 juillet 2011 à 14h22
- in reply to: Les prix chez Trapet
Benoit, à l’époque du 2006, les prix étaient aussi plus bas au domaine que maintenant!
Thierry, moi non plus je ne lâcherai pas 😉 Je constate juste que cela devient une part déraisonnable de mon budget personnel mais quand on aime…
François, bien entendu, sur LPV on a beaucoup de participants qui ont beaucoup exploré le vin avant de s’orienter vers les domaines qui leurs plaisent vraiment. C’est très bien 😉
Comme beaucoup de monde, les vignerons ne disent pas non à un peu (beaucoup) d’argent en bonus. Après tout ils travaillent beaucoup, ont envie de léguer à leurs nombreux enfants des beaux domaines pour perpétuer l’excellence, ils ont parfois de coûteux travaux en cave et ne rechignent pas à se payer eux aussi de temps en temps quelques grands vins d’ailleurs. Mais en général l’intérêt pour leur vin est plus important que l’argent et je vois bien en rencontrant des vignerons ça et là qui voient les prix s’envoler, qu’ils sont souvent surpris et pas toujours positivement. Ils ont parfois l’impression que le marché se saisi d’un produit de plaisir et de passion pour en faire un produit de spéculation. Ils font le vin pour que des amateurs l’apprécient, pas pour que des frimeurs se l’arrachent… et voir petit à petit les amateurs dans l’incapacité de se payer leurs produits, ça ne leur plait pas tant que ça. Je parle des vignerons qui sont passionnés par leurs vins hein! Certains vignerons commencent à avoir le sentiment que certes la grande qualité de leur vin compte pour convaincre une petite frange de leaders d’opinion, mais que la suite, la grande ruée, n’est plus spécialement un témoignage d’appréciation de la part des clients. Parfois ils doivent même se demander si leurs vins ne se vendront pas encore mieux en augmentant les prix… Comme le propriétaire des Lambrays qui demande au régisseur pourquoi on ne vendrait pas plus cher le vin puisque le voisin le fait.
Je n’ai jamais demandé son sentiment à Jean Louis Trapet personnellement, mais je suis persuadé que pourvu que le travail soit bien récompensé, son but est avant tout de faire plaisir aux amateurs en proposant des vins qui à la fois restent dans l’excellence, et à la fois expriment le terroir fidèlement à la touche particulière du domaine. Le fait est qu’à voir le soin qu’ils portent à recevoir les clients chez eux, on voit que garder un contact humain avec les clients compte pour eux. A vrai dire, la manière dont ils prennent soin de leurs visiteurs donne très vite une idée de la manière dont ils prennent soin de leurs vins.
- 4 juillet 2011 à 23h46
- in reply to: Domaine Denis et Arnaud Mortet, Gevrey-Chambertin
olidesalm écrivait:
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> N’avez vous pas été géné par un boisé excessif que
> je trouve personnellement vraiment trop marqué
> depuis 2005 ?Et pas avant 2005?
En tout cas pour moi cela gâchait en effet le 2005 (Gevrey 1er cru) malgré les belles qualités du vin lorsque je l’ai gouté sur le fruit en 2008.
Comme pour moi le boisé dans ces proportions est rédhibitoire (je ne critique pas, c’est juste mon goût) et que M. Mortet le revendiquait, je m’étais détourné des vins de ce domaine sans avoir exploré les millésimes plus matures. Mais il n’est pas trop tard pour bien faire si la chose était plus raisonnable avant?- 4 juillet 2011 à 23h38
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
Chassertin, je n’ai pas décrié les prix du domaine Trapet, bien au contraire, j’ai juste parlé de la relation qu’on a, nous, avec la cherté des vins en général. Pour les autres points, je préfère ne pas répondre ici car les tarifs sur LPV sont discutés dans le coin de l’acheteur seulement.
Perronnet, je ne sais pas si je dois répondre, cette discussion n’a pas sa place dans la rubrique Bourgogne où l’on parle plutôt des vins, mais dans le coin de l’acheteur seulement.
Donc je réponds à vous deux ici : (en invitant chacun à venir y continuer la discussion sur les prix dans la rubrique adéquate)
https://lapassionduvin.com/phorum/read.php?18,580603En fait une conviction n’est pas scientifique. Ce qui peut être scientifique, c’est l’approche sur laquelle on fonde la conviction.
Si l’approche sur laquelle on la fonde est simplement une croyance, parler de « conviction scientifique » est de l’ordre d’une religion où on appellerait « science » ce qui nous arrangerait et où il suffirait de montrer une laborantine à lunettes et en blouse blanche avec un tube à essai à la main pour affirmer tout et le reste sous couvert de « science ».
Hélas ce n’est pas seulement une fiction, c’est vraiment ce qui se passe de nos jours. « Science » est un mot qui revêt aujourd’hui deux sens très différents : celui des scientifiques véritables (dont les meilleurs ne sont pas toujours dans des laboratoires avec une blouse blanche) pour lesquels la science est une méthode de compréhension du monde, et celui des autres pour qui « science » est un nom fourre-tout qui signifie que le gars en blouse blanche dans son laboratoire a forcément raison. (Les gens dans les laboratoires d’ailleurs ne sont pas du tout à l’abri de cette perception corrompue de la science, car comme elle leur donne une aura de grand prêtre illuminé par la grâce de la vérité, beaucoup en sont même les premières victimes consentantes.)
Mais au final seule l’approche originale, celle d’une méthode rigoureuse d’appréhension du monde, apporte des progrès réels à l’humanité, tandis que l’autre ne fait que parasiter le système en drainant des fonds dans des instituts de recherche fumeux et permet accessoirement de vendre de la lessive pour le linge constituée des rebuts de l’industrie pour une nouvelle formule géniale mise au point par Einstein lui même pour le bien-être de la ménagère et dans le respect de l’environnement.
- 4 juillet 2011 à 19h34
- in reply to: Au sujet de la minéralité
Emmanuel, merci, c’est très intéressant et cela répond intelligemment à certaines questions qui étaient restées en « suspens » dans ce fil de discussion, tout en apportant un crédit supplémentaire à diverses choses qui ont déjà été dites.
Le point 5 me semble tout de même à prendre avec prudence, c’est sans doute vrai au sens strict, mais on risque d’en tirer des conclusions erronées :
Si il n’y a pas d’eau, la croissance en est encore plus affectée que la quantité d’échange avec le sol car l’eau est un « facteur limitant » qui se perd en cours de route.
Donc moins de minéralité qui monte dans l’absolu, c’est sûr mais une photosynthèse elle aussi pénalisée et une production (feuilles fruits) encore plus pénalisée par manque d’eau. Deux tendances s’opposent car la quantité absolue de minéralité introduite est pénalisée, mais la création de matières organiques l’est aussi beaucoup. L’article que tu cites statue pour dire que le minéral se retrouve en recul par rapport à l’organique, j’imagine qu’il se base sur des études sérieuses (?). Si on considère l’eau comme matière minérale (ce qui stricto sinsu est tout à fait exact), je ne vois pas de raison de ne pas lui faire confiance, même si le résultat de l’équation est bien moins simple que ce résumé le laisse entendre. (Je revois bientôt mon ingénieur, je lui poserai la question ce qui confirmera probablement l’article)Donc l’idée de l’article est bien de dire que la minéralité est en recul par rapport à l’organique, mais en incluant strictement l’eau dans le minéral, c’est clairement précisé dès le début.
Seulement par rapport à la quantité d’eau, en revanche, les autres composés minéraux seront certainement bien plus présents que lors d’une année humide, donc même si en proportion, l’année sèche tend à mettre la présence minérale (saline) en retrait par rapport à la matière organique, la concentration de sels minéraux doit *probablement* être plus élevée *relativement à la quantité de liquide totale*. Je dis « probablement » parce que certaines données me manquent, je verrai avec mon ingénieur car tout cela doit être assez clair et simple pour lui.
Ensuite de toutes les façons, pour le vin lui-même, beaucoup d’autres paramètres interviennent comme l’ensoleillement, les périodes où il aura été fort par rapport à la maturation des raisins, les périodes où la pluie sera tombée, les attaques de parasites ou de pourriture qui forcent la vigne à fabriquer un supplément organique (notamment les tanins) etc.
Dans tous les cas, je crois qu’il ne faut pas se mettre dans la tête un schéma aussi caricatural que année sèche = moins de minéraux, en revanche, il serait bon de connaître le point de vue des vignerons.- 3 juillet 2011 à 20h04
- in reply to: Clos des Lambrays
Comme promis je ne viendrai plus ajouter d’argument. Je n’en lis pas moins et n’en souris pas moins 🙂
- 3 juillet 2011 à 19h58
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
Ce midi, j’ai été bien mené en bourrique par un copain.
Il me sert à l’aveugle le Crémant d’Alsace de Trapet :
Le vin est servi carafé et je n’avais jamais bu ce vin carafé bien que j’en bois très souvent à la maison. Je live le C.R. fidèlement tel que je l’ai écrit avant de connaître l’étiquette.
Nez : Complexité avec des notes de mousseux déjà âgé, dont un fruité qui n’a pas l’énergie/vigueur de la légère oxydation champenoise et parait du coup très mûr (pomme mûre, passion). L’ambre et la complexité des arômes minéraux lui donnent aussi de la profondeur. L’ensemble est à la fois original et envoûtant.
Bouche : Élégante, manquant de tension mais délivrant une rétro profonde dans la lignée du nez. Une petite amertume à ce stade me fait dire « ce n’est pas un Champagne mais un crémant », cependant, cette amertume se fond très vite dans une belle profondeur aromatique et je reviens sur le Champagne. La bulle manque de force, ce que je mets sur le compte du carafage (une petite heure précise-t-il).
Longueur : Bénéficiant d’un joli gras et d’arômes persistants, elle manque toutefois de vivacité, c’est un peu mou pour être un grand, mais c’est pour moi un Champagne.Je cherche donc un Champagne qui évite la petite touche d’oxydation habituelle et sachant que le copain est amateur de la maison André et Jacques Beaufort, je propose le Brut Réserve, tout en précisant qu’il n’est pas au plus haut ou qu’il a souffert du carafage.
Le copain a un sourire narquois. Le fait est que quelques mois plus tôt, je lui ai servir le Brut Réserve de Beaufort qu’il connait bien à l’aveugle… et que sachant que je suis amateur de Trapet, il avait dit que c’était le Trapet. Drôle d’inversion des rôles! Servi à l’aveugle, ce Crémant d’Alsace était déjà passé pour un Champagne de grand renom auprès d’un autre copain caviste. Note : je ne pense malgré tout pas que ce vin soit à la hauteur d’un excellent Champagne comme celui de Beaufort, mais je dois y songer de plus en plus après qu’a l’aveugle on les ait intervertis dans les deux sens. Il faudra les comparer pour de bon côte à côte un de ces jours.
Des nouvelles aussi du Gevrey-Chambertin 1990 :
J’avais pris soin d’en garder un fond de bouteille pour le lendemain.
Je dois dire, il est bien plus brillant encore qu’hier : les saveurs de tabac brun sont devenues explosives, les tannins très serrés s’expriment avec génie et l’orgeat qu’on avait déjà au nez se développe en bouche langoureusement. Superbe! Un conseil donc : ouvrir la veille ou mieux, l’avant veille, dégager les épaules et remettre le bouchon en attendant de le servir à température de la cave. Ici le style 1990 prend le pas sur le style Trapet, mais l’expression est sublimée par le talent de la maison!- 3 juillet 2011 à 17h29
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
C’est tout à fait vrai François. Les prix chez Trapet sont « raisonnables » par rapport à la situation générale du marché et je n’échangerais pas le seul Chambertin que je prend encore chaque année contre des caisses entières de Primeurs Bordelais plus coûteux. Je ne peux aucunement critiquer les prix du domaine Trapet, je les crois au contraire dans une démarche d’apaisement de la spéculation. Mais ce sujet là est à mettre dans le coin de l’acheteur. Non, je voulais seulement dire qu’il ne faut pas raisonner à l’envers dans notre approche du vin.
Il faut d’abord découvrir nos goûts, et si ceux-là nous poussent finalement vers des vins chers, tant pis. Mais commencer par rechercher les vins chers en supposant qu’ils sont meilleurs, c’est une démarche qui fait dérailler le marché. Parce que « meilleur » n’existe pas. Le vin ne peut pas être jugé dans un absolu objectif, mais seulement selon nos goûts, qu’on peut à la fois découvrir et même choisir dans une large part. Il y a beaucoup d’affectif. Ceux qui zappent tout ça et se contentent de sortir leur chéquier pour prendre les vins spéculatifs passent complètement à côté de la passion du vin qui implique une relation de découverte réciproque.- 3 juillet 2011 à 17h19
- in reply to: Clos des Lambrays
Enzo, tu penses qu’il est impossible qu’un vin souffre d’un manque de matière de façon provisoire durant une phase de fermeture. C’est une croyance, et moi je crois l’exact contraire.
Comme ma croyance est basée sur de nombreuses observations qui toutes concordent et qu’elle est confirmée par les gens que je considère compétents, tu ne me convaincras pas, et sans doute que je ne te convaincrai pas non plus puisque tu es clair sur la force de ta propre conviction.
Sur ce point il est donc inutile de débattre et si tu souhaites le dernier mot, je te l’accorde volontiers. Je n’ai pas souhaité débattre de cela car je sais ce genre de causes perdues d’avance, j’ai juste demandé qu’on fasse preuve de circonspection avant de jurer que tel vin aujourd’hui austère est forcé de le rester. Vraiment, dans un monde où tous les plus grands font preuve d’une immense humilité avant de juger un vin, quand je vois les plus débutants si sûrs de leur savoir, je me dis que soit LPV concentre la crème de la crème des génies méconnus, soit certains sont vraiment très à côté de la plaque.La question de Raymond était très claire et le vigneron a bien compris qu’il s’agissait de savoir si en buvant un vin à l’aveugle, il est possible de deviner s’il est en phase de fermeture ou non.
Et la réponse était « non ». Et vous pourrez questionner autant de vignerons que vous voulez, ils vous diront tous « non »… Mais je ne doute pas qu’il restera chez les amateurs débutants nombre de génies qui dépassent tant en « logique » qu’en génie gustatif les professionnels. Ces intervenants de génie sont sans doute très heureux qu’LPV ait la chance d’accueillir leur infinie sapience et je suppose que tout cela est dans l’ordre des choses.A vrai dire, je crois qu’il est temps de clore cette discussion, pour ma part je n’ai pas envie de souligner l’humilité des grands dégustateurs, elle parle d’elle même. Et je ne réclame pas non plus le dernier mot, je crois avoir dit tout ce que je pouvais et devais dire et que le reste n’est pas en mon pouvoir.
- 3 juillet 2011 à 5h38
- in reply to: Clos des Lambrays
Enzo, l’exemple cité ici est simplement une confirmation de ce que je dis : le phénomène de fermeture provisoire peut causer un apparent manque de matière. Il n’y a pas que moi qui dis cela, j’ai cité des tas de définitions de la « fermeture » par google.
Je ne prétends pas que fermeture implique nécessairement « manque de matière », je dis juste que quand un vin manque de matière, c’est peut-être seulement une phase dans son histoire, phase dite « de fermeture ».
Pourquoi prétends-tu que je confonds? Depuis le début au contraire je ne cesse d’affirmer la différence entre un vin qui manque réellement de matière (et qui en manquera toujours) et un vin qui semble en manquer pendant une phase de fermeture. Et je dis aussi que l’amateur a peu de chances de savoir faire la différence et qu’il devrait faire preuve de circonspection dans ses jugements!
Pourquoi déformer ainsi mes propos et me prêter des confusions à toutes les sauces?- 2 juillet 2011 à 20h17
- in reply to: Domaine Sarda Malet
CR: [b]Sarda Malet
Muscat Rivesaltes 2005
VDN (blanc)[/b]Un nez un peu citronné et une bouche solide, du coing, un bel accord avec la tarte aux groseilles ramassées le matin même.
C’est un vin bien fait complexe, qui gagne en assurance le lendemain : date, épices, l’élégance s’installe.Je ne suis pas bon public pour les VDN, en tout cas pas si jeunes, mais je dois admettre qu’il est très difficile de trouver des accords avec les tartes aux fruits rouges qui ne sortent pas vaincus ou décalés. Ici, le choix (qui n’étais pas le mien) était judicieux, le vin a mis ses qualités au service du dessert sans capituler!
- 2 juillet 2011 à 19h53
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
La dernière fois que je suis passé au domaine Trapet, j’ai pu à nouveau déguster le 2008, ce qui m’a permis de revenir sur les sentiments de Benoît, Damien etc à propos du Gevrey de ce millésime.
Mes premiers contacts avec ce millésime chez Trapet étaient décevants, je l’avais dit avant. Puis depuis fin 2010, début 2011 mon avis a radicalement changé, mes dégustations au domaine m’ont fait dire qu’ils ont réussi là un grand millésime de garde. Cependant, les expériences à ce moment-là concernaient des vins ouverts dans la cave du domaine depuis plusieurs jours. A mon dernier passage en Juin, la bouteille était ouverte depuis moins longtemps (seulement 24 heures) et j’ai retrouvé le Gevrey fermé et tout à fait inexpressif des débuts.Gevrey-Chambertin 2008
Il n’y a pas que chez Trapet que ce millésime souffre de fermeture, mais à en croire Damien et Benoît, d’autres domaines sont plus à l’aise. Il faudra voir ce qui se passe avec le temps, car à l’heure actuelle le 2008 de Trapet semble vouloir se livrer timidement seulement après plusieurs jours d’ouverture de la bouteille. De mes différentes expériences, j’ai tendance à penser que ce vin est d’un grand potentiel aujourd’hui largement caché, mais il m’est impossible de préjuger de sa supériorité à venir sur d’autres qui s’expriment mieux aujourd’hui. Je note simplement que lorsque je l’ai vu sous son meilleur jour au printemps, c’était un vin superbe et prometteur qui aura une place dans ma cave.Gevrey-Chambertin 1er Cru Capita 2009
Avec un nez intense et une immense fraicheur, ce vin au contraire est très expressif, à vrai dire on peut déjà en profiter aujourd’hui, même si de fortes présomptions indiquent qu’il pourrait avec le temps rentrer dans les vrais grands millésimes. Mais les meilleurs millésimes ne passent pas forcément par une phase de fermeture de jeunesse, tant mieux car ici on se régale. 2005 était superbe aussi dans sa jeunesse. Pourtant, 2005, je ne me risquerais plus à les ouvrir maintenant avant quelques années. Mais après la mise, 2005 se présentait en annonçant la couleur : « je suis un grand, attendez-moi ». Après la mise, 2009 est beaucoup plus spontané, ce qui ne veut pas dire qu’il se gardera moins, mais il s’exprime sans retenue. Cela s’explique peut-être pour une grande part dans le caractère de ce millésime très communicatif, peut-être aussi que les transferts par gravité mis en place dès 2006 par JLT pour éviter les pompes ont diminué le traumatisme de la mise (elle datait de quelques jours seulement).Chapelle-Chambertin Grand Cru 2007
Ciselé et élégant, ce vin ne semble pas issu d’un petit millésime à première vue 🙂
Si on aime le vin jeune, c’est peut-être un des plus ouverts à l’heure actuelle, il permet d’apprécier combien ce domaine est capable de sublimer des millésimes décriés et sauf nouvel ordre (y aura-t-il une phase ingrate?) c’est le millésime jeune qu’on peut boire dès maintenant pour profiter d’un vin de la maison encore sur le fruit, déjà évoluant. Tandis qu’hélas chez Trapet, la phase de fermeture est souvent très réelle sur pas mal de millésimes. Mais le Chapelle est tout de même un grand cru digne de ce nom, comprendre qu’il va aussi certainement développer sur ce bel équilibre fondateur, la complexité et la profondeur que le temps seul peut lui conférer. A chacun de choisir quand ouvrir cette petite merveille car là on a le choix.Chambertin 2004
Le nez commence à évoluer et à devenir très expressif : quand on plonge son nez dans le verre, c’est le démarrage du grand huit.
La bouche est très épicée, les tannins sont vraiment serrés, très 2004, s’exprimant en crescendo solide. Puis la longueur est superbe avec une rétro chaleureuse et complexe.
Je suis étonné que ce 2004 se livre déjà si bien alors que je craignais que ce millésime soit assez capricieux (enfin il n’a pas dit son dernier mot!)Gevrey-Chambertin 1990
Bu à table ce midi, ce vin a un nez très addictif, présentant une harmonieuse combinaison entre l’aspect serré austère du cuir/tabac et l’aspect ample et généreux de l’orgeat, mêlée de saveurs minérales complexes.
La bouche semble trop sèche en dégustation, ce qui ne pose plus de problème à table où la texture s’harmonise avec les arômes dans une continuité fumée. C’est très expressif. A bien y regarder, l’acidité ne saute pas aux yeux car le palais a d’abord une analyse relative de l’équilibre, mais on s’aperçoit qu’elle est très solide, que ce vin est porté par une trame exceptionnelle. A ce titre c’est certainement ce qu’on appelle un . Pourtant je ne suis pas entièrement sous le charme. Il faut dire, 1990 n’est pas un millésime que j’apprécie tellement en Bourgogne, c’est pour moi généralement un millésime , chose que d’autres apprécient.
Ce vin concentre pour moi de nombreuses questions plus ou moins insolubles : je ne veux pas que le vigneron uniformise les millésimes. Ici Jean et Jean Louis Trapet, conformément à leur habitude, ont certainement mis le meilleur de la matière première dans le pressoir, puis ont simplement accompagné le millésime pour qu’il s’exprime tel qu’il est. La résultat est un 1990 très typé, avec des caractères de très grand vin, mais excessif à mon goût. Il est simplement trop jeune par rapport à mes préférences et vue la personnalité du millésime. Pour ceux qui aiment des vins dans une telle phase très expressive, un tel millésime est parfait, mais nécessite une cuisine élaborée, intense et complexe. Chez moi, les autres bouteilles attendront un peu, soit un plat en parfaite synergie, soit quelques années de plus.J’aimerais ajouter une réflexion, qui n’est pas une critique, mais une simple mise à plat des faits…
Les prix au domaine Trapet augmentent beaucoup. Le Chambertin atteint maintenant 130 euros, le 2009 sera sans doute encore plus coûteux.
Je ne crois pas qu’on puisse tellement en blâmer le domaine, leur politique de réservation (50% je crois) au marché national étant plutôt de nature à apaiser la spéculation ici.
Mais soyons honnête, c’est une belle somme pour une bouteille de vin. Il y a des vignerons de grand talent qui font sur Gevrey des vins excellent pour bien moins cher. Ici le simple village est déjà à 30 euros! Si je n’avais pas découvert Trapet il y a quelques années, si je n’avais pas appris peu à peu à apprécier profondément cette interprétation personnelle des vins de Gevrey, si je n’étais pas devenu quelque peu « addict » à ce style Trapet, ce serait trop pour moi. Je ne prends plus désormais qu’un Chambertin par an. Les autres 130 euros iront peut-être à des causes humanitaires, quand on sait ce qu’une telle somme peut représenter pour les plus démunis.
Ce n’est pas parce que j’aime énormément ce domaine que je dois forcément dire à tout le monde d’acheter ses vins. A quoi rime cette ruée vers les domaines spéculatifs alors que de très bons vignerons peinent à gagner leur vie correctement sur la même commune? Que chacun parte d’abord à la recherche de ses goûts personnels. Rien ne prouve que sa préférence ira forcément pour l’un des domaines spéculatifs de Gevrey comme Trapet ou Armand-Rousseau. Si c’est le cas, tant pis ou tant mieux. Si ce n’est pas le cas, tant mieux, cela fera des économies!
C’est vrai après tout, j’ai presque découvert les Gevrey avec Trapet, du coup pour moi ils sont la référence de ce que doit être un Gevrey. Tout cela a une part extrêmement subjective et pour moi, il est en quelque sorte trop tard : je me suis fait ici l’idée de ce que doit être un grand Gevrey ou un Chambertin, et pour moi, les autres ne peuvent pas rivaliser. Mais nous sommes en grande partie libre de construire nos goûts en fonction du contact avec les vignerons, en fonction de la logique ou de bien d’autres critères. Le vin ne sera jamais un produit qu’on peut juger objectivement!
Et bien chacun aura compris que mon but ici n’est pas de dénigrer le domaine de Gevrey que je chérie le plus, mais de rappeler que ce n’est pas le prix d’un vin qui fait sa grandeur. Dans l’amour du vin, il y a une dimension personnelle, un investissement. Ne laissons jamais le prix ou la note de guide « Bettarker » décider à notre place ce que nous aimons, voilà pour le mot de la fin 🙂- 2 juillet 2011 à 16h11
- in reply to: Clos des Lambrays
Laurent, tu as raison, tout ceci devrait être déplacé si possible dans une autre rubrique.
Les modérateurs ne sont pas à notre disponibilité quand bon nous semble, mais je suis sûr qu’il font le nécessaire à terme pour que les rubriques restent cohérentes.Enzo, avec un vin fermé dont les arômes sont en sommeil et la matière discrète, que reste-t-il pour dire que c’est un bon vin?
En 1998 les Bourgogne de 1988 pour une grande majorité étaient sans plaisir, et il fallait vraiment du génie pour deviner que certains d’entre eux (pas tous) allaient se rouvrir. La plupart du temps, d’ailleurs, pour deviner qu’ils allaient se rouvrir, il fallait d’abord deviner… que c’était un 1988!
Si l’essentiel de ce qu’exprime le vin ne s’exprime pas, que nous reste-t-il pour juger de sa qualité à venir?François : « Bébert voudrait qu’on lui dise, quand on parle de vin fermé, sur quoi on se fonde pour dire que le vin pourrait s’ouvrir, puisque fermé pour lui voudrait dire : « qui peut s’ouvrir ». »
François tu as bien compris l’ensemble lu en diagonale (et mon Dieu, vue la longueur de mes messages je te comprends!)
Je crois qu’il est très difficile de dire d’un vin qu’il est en phase de fermeture sans connaître le contexte (millésime, terroir, vigneron) car le fait qu’il soit fermé veut justement dire que les critères de jugement ne sont pas lisibles. Je ne veux pas jouer les inquisiteurs, chacun peut dire de tel vin : « je pense qu’il est fermé » ou « je pense qu’il est mort » etc. On doit juste avoir l’honnêteté de ne pas asséner cela comme une certitude catégorique.
Mais je crois surtout que quand un simple amateur dit d’un vin qui manque d’expression : « je sais qu’il n’est pas en phase de fermeture », c’est très douteux. Même les plus grands dégustateurs font preuve de plus de circonspection.