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- 2 janvier 2007 à 16h39
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
Il n’y a pas de débat possible, l’air bonifie les vins puissants, les vieux comme les jeunes, peut-être surtout les vieux dont la structure se cache (le vin est fermé) à l’ouverture.
Plus qu’un débat il y a je crois une confusion. Un vin qui n’est pas seulement vieux mais franchement mort, risque de perdre le peu qui lui reste. Cela n’a pas d’importance car de nos jours ces vins on ne les boit plus, on les jete. Peut-être à tord, mais tels sont les goûts modernes. Un grand bourgogne avec un bon niveau n’avait pas la moindre raison d’être mort à 35 ans!- 2 janvier 2007 à 3h12
- in reply to: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin
CR: Domaine Trapet, Gevrey-Chambertin, 1971
Prolégomènes : J’ai déjà dit mon attachement au domaine Trapet. J’ai eut la chance d’être reçu à leur domaine l’automne dernier pour une petite visite et une dégustation des crus de 2005 encore en fût, dont leur fameux Chambertin (en ce qui me concerne je goûtai du Chambertin pour la première fois et ce fut un moment assez idyllique.) Bref c’est à cette occasion que j’acquis ce vieux millésime de Gevrey-Chambertin, puisque je ne pouvais pas emporter le 2005 qui n’était pas encore mis en bouteille. Grand bien m’en a pris.
[b]
C.R. 01/01/2007[/b]Ce genre de vin doit à mon avis être ouvert 5 heures avant. Ici, il n’aura été possible de l’ouvrir que 2 heures plus tôt.
[b]
A l’ouverture :[/b]Robe : Caramel-chocolat.
Nez : Airelles cuites, sauce au poivre, chocolat grillé et figue sèche discrètes.
Nez après agitation : Un élégant fruit cassis-arbouse se laisse deviner. Safran et girolle fraîchement cueillie. Herbes de montagne (genre « chartreuse verte »).
Bouche : Attaque sans puissance, mais d’une élégance sauvage, animale. C’est seulement après quelques instants que ce vin qui paraissait jusque là vieux révèle une surprenante jeunesse : Les tanins toujours très présents, bien astringents, sont d’une finesse remarquable, jamais rugueux, et ils fondent en bouche. Les fruits rouges arrivent en discrète symphonie, et la « rétro » dispense de sobres notes de cuir et de fumé.
Longueur : La longueur est très satisfaisante avec une amertume élégante au fur et à mesure de la « fonte » interminable de ces fins tanins.
Conclusion : Juste après l’ouverture, ce vin manque encore de puissance, surtout au nez, et apparaît comme un vieux monsieur, qui, traité avec attention, révèle élégance et distinction.Il est prévu qu’il soit bu pour accompagner un civet de biche aux airelles. L’accord parait donc très prometteur, mais je suis un peu inquiet à propos de la puissance assez faible du Gevrey-Chambertin. En réalité, il lui manquait juste un peu d’oxygène, et le vin sera plus que largement à la hauteur, il démontrera même en s’épanouissant en puissance au fur et à mesure du repas qu’il aurait gagné à être ouvert nettement plus de deux heures à l’avance.
Après un aération de deux heures, sur le civet de biche aux airelles :
Note : cette biche est délicieuse, elle s’approche beaucoup du chevreuil par son goût sauvage et sa douceur amère.
Nez : Le nez s’est amplifié, il a gardé très exactement les qualités citées au-dessus, mais avec toute l’ampleur que l’on espérait de lui.
Bouche : La puissance s’est aussi réveillée avec l’oxygénation lente, et elle continuera d’aller crescendo au fur et à mesure du repas.
Le Gevrey-Chambertin répond avec une classe peu commune et une complexité de fruits rouges et de tannins toujours admirablement fins, à l’amertume de la biche et des airelles. C’est lorsque le vin s’adapte si merveilleusement au met, qu’un excellent repas se transforme en un moment unique et inoubliable.En accompagnement, il y avait, entre autre, des abricots cuits, farcis au foie gras poêlé. Nous notons qu’outre le délice qu’elle procure, cette combinaison fait apparaître dans le Gevrey-Chambertin une très grande jeunesse en mettant l’accent sur ses fruits, pendant que la biche soulignait plutôt son austérité et sa noble origine. Le contraste est saisissant.
Conclusion : Ainsi mis en valeur, ce Gevrey-Chambertin 1971 de L.&J.L. Trapet, est touchant à l’extrême. Il est taillé pour accompagner un grand repas, et ne saurait, je crois, être apprécié à sa juste valeur autrement. Mme Trapet (fille) me disait que ce vin méritait d’être bu sans attendre. Je partage l’idée qu’il est à boire, je crois cependant qu’il peut vivre encore de longues années et qu’il ne faut surtout pas oublier de l’ouvrir des heures avant la dégustation.
- 31 décembre 2006 à 19h47
- in reply to: Château Le Caillou – Pomerol
Merci BenG, un bon C.R. n’est pas une analyse chimique, mais la restitution sincère de ton expérience avec un vin. N’ai donc aucune réticence à nous en faire part même si tu n’es pas tout à fait sûr de toi.
Une petite info, non pas pour les C.R. mais pour soi-même : le nez se fait en deux fois. On hume d’abord sans agiter, et on reçois des arômes très fins qui se portent tout seuls et nous renseignent sur le caractère du vin. Ensuite on agite, et on reçois les arômes portés par l’alcool, plus envahissants. Parfois il n’est pas nécessaire de les séparer dans le C.R. parce que la nuance ne mérite pas d’être soulignée. D’autres fois le premier nez non agité est édifiant tant il exprime des choses fines et distinguées qu’on ne pourra plus percevoir aussi aisément plus tard.
En fait, tu le savais sûrement déjà, mais on ne risque rien à le rappeler 🙂
- 31 décembre 2006 à 14h03
- in reply to: Domaine Hautes Terres de Comberousse
Edit : Commentaire mis à jour et complété suite à nouvelle dégustation, voir plus bas.
- 31 décembre 2006 à 13h57
- in reply to: Domaine Henry, St Georges d’Orques
[b]Saint Georges d’Orques
Domaine Henry
1996[/b]Robe d’allure sympathique et tuilée; du dépôt au fond de la bouteille mal décantée (mais c’est surprenant qu’il y en ait eut besoin)
Nez intense de pruneau, de noix.
Après agitation, se révèlent de nouveaux fruits « lourds » comme la date (la figue sèche?). De la pâte d’amande aussi. Ensemble un peu capiteux cependant.
Bouche intense en tanins, forte « rétro » chaleureuse et porteuse d’une structure à l’équilibre incertain : l’acidité s’est un peu isolée, et les fruits exprimés sont lourds, alors nous avons peu d’espoir que le vin s’améliore en s’oxygénant. Effectivement cela ne se produira pas, il est donc en déclin certain selon moi. Peut-être un défaut de cette bouteille avec ce dépôt surprenant?
Longueur avec une astringence persistante et de la réglisse. Confirme que le vin semble avoir vieilli rapidement. On pourrait croire à un vieux millésime un peu passé.Je n’ai pas d’enthousiasme.
[b]
St Georges d’Orques
Domaine Henry
1999[/b]Robe grenat pâle/clair.
Nez boisé suave
Après agitation s’exprime une odeur attirante entre cire d’abeille et térébenthine (vous savez on pense à l’odeur des vieux meubles cirés)
Bouche de tanins secs, de pépins, de raisins secs, de pruneau. Trop sirupeux?
Longueur sur sirop de fruits rouges, et astringence persistante. Dure longtemps.Plus intéressant que le 1996 goûté précédemment, il me semble exprimer des choses inhabituelles, je ne sais ni comment classer ce vin ni quoi en faire. Je crois que le vigneron a exprimé quelque chose, mais je reste sceptique devant un équilibre incertain qui sort trop de mes habitudes. Il faudra que je le goûte à nouveau pour le cerner.
J’ai hate de goûter Passerille et Mailhol.
- 31 décembre 2006 à 5h00
- in reply to: Maison Trimbach
CR: Pinot blanc de Trimbach 2004
Robe : citron clair.
Nez : flatteur, poire suave.
Après agitation : baba au rhum intense et appétissant, + gâteau à la poire hmmmm! Quelques notes de chamallow.
Bouche : hélas il n’y a rien à croquer, et la main a été lourde sur le souffre (révélé en rétro). Discrète minéralité qui se cache derrière la poire, la reine dans ce vin.
Longueur : Poire douce qui persiste.Très flatteur, beaucoup de promesses au bouquet, puis rien derrière, à part trop d’anhydride et une « bonne poire ». La chute est d’autant plus dure.
Vous me pardonnerez de rompre l’espace d’un instant l’enthousiasme que suscite ce domaine, qui reste manifestement de très grande qualité globable 🙂
- 31 décembre 2006 à 2h47
- in reply to: Champagne Henri Giraud
claudius écrivait:
——————————————————-
> mon champagne préféré dans le milieu de gamme est
> le Bollinger spécial cuvée, je suis donc très
> curieux de découvrir le François Hémart BRUT
> RESERVE que vous décrivez ici
>
> bonnes fêtes 🙂Alors Claudius il faudra peut-être t’orienter vers le François Hémart BRUT dont l’assemblage en est plus proche de Bollinger S.C., je te tiendrai au courant dès que je l’aurai dégusté.
J’ai mis à jour mon C.R. des Henri Giraud en développant un peu le rosé et l’esprit « G » en éditant mon précédent message si vous voulez en apprendre d’avantage.
- 30 décembre 2006 à 4h29
- in reply to: Roquefort et liquoreux
Le Sauternes étant très liquoreux, ses fruits sont pour certains palais un peu noyés dans la douceur. On les sent, mais il n’émergent pas de ces flots de moelleux.
si vous voulez explorer pleinement votre Suternes, ne le buvez surtout pas seulement avec le roquefort, cela serait fort dommage. Comencez par le déguster seul, ou avec un petit foie gras. Après en avoir fait le tour, essayez finalement l’accord avec le roquefort. C’est une expérience passionnante qui fait ressortir le fruit intensément. Comme si il donnait une seconde vie à votre Sauternes, le roquefort révèle des choses insoupçonnées auparavant.Je ne prends pas le roquefort comme un accord avec le Sauternes, mais un révélateur de certains aspects de sa personnalité qui autrement ne s’expriment pas dans toute leur pleinitude.
Les bleu de grande qualité peuvent y parvenir encore plus sûrement que le roquefort, d’ailleurs.
J’ai suivi jusqu’ici un raisonement de personne qui veut déguster un vin. Cela peut parraître logique d’ailleurs de choisir le met en fonction du vin lorsqu’il s’agit d’un vin de Lur Saluces hors de prix. Pourtant en gastronomie on devrait avoir une démarche à l’opposé :
Le but est de faire un bon repas, alors si vous avez décidé de faire découvrir à vos convives le splendide roquefort Gabriel Coulet, le Carles, ou encore le « Vieux Berger », et que vous vous demandez quel vin mettre avec, il n’est pas absurde de choisir un liquoreux juste pour ce fromage, car réciproquement, le fruité du roquefort va être magnifiquement mis en valeur par un tel vin. Le rouge serait plus risqué car il le faudrait à la fois doux et très puissant pour soutenir la comparaison et mettre en valeur le plat, avec probablement moins de succès. Dans ce cas, il n’y a aucune raison de se limiter au Sauternes.Le point négatif : cela ne plaira peut-être pas à tout le monde, car quelques-uns aiment une certaine richesse crêmeuse et austère dans le roquefort, ou un boisé complexe et suave dans le liquoreux. Le fait que le fruit s’exprime si fort pourra exceptionnellement les décevoir et leur gacher l’un, l’autre ou les deux.
- 30 décembre 2006 à 4h10
- in reply to: Le gout universel
Là il y a un sacré problème dans la question même.
Réfléchissons deux secondes : Qui ici est prêt à payer 200 euros pour avoir l’expérience de quelque chose qui n’apporte aucune émotion?
Je peux mettre une telle somme dans une veste si je sais que j’aurai plaisir à la porter. Je peux la mettre dans une petite sortie touristique dans une nature qui sait m’émouvoir. Pour faire un cadeau à une femme qui sait me faire fondre avec son charme… Pour acheter une bouteille qui me fera vibrer je peux aussi.
On parle d’émotion là! Le Goût seul et objectif ne peut en aucun cas justifier de tels frais.
Donc si on s’intéresse au vin, c’est pour l’émotion qu’il nous donne, qui est nécessairement fonction de notre vécu, et si un goût universel existait, il serait totalement inutile pour l’amateur de vin.
Même parmi ceux qui pensent que R. Parker est le meilleur dégustateur, aucun n’est assez bête pour acheter tous les vins notés 100/100 et délaisser tous les autres.
On peut s’aider de Parker pour choisir un vin, mais on tiendra compte de la région, des cépages, des domaines, des styles que l’on aime. Un vin objectivement parfait serait totalement inutile si il ne pouvait pas nous faire vibrer! C’est une question de vécu avant tout.D’ailleurs les goûts de Parker changent! Dommage pour ceux qui ont investi pour « coller » à ses caprices mais trop tard, tant mieux pour ceux qui ont gardé leur ligne à eux lorsque Parker leur mettait de mauvaises notes, et qui commencent à plaire à ce monsieur…
J’ai déjà observé des néophythes à des stands de dégustation dans des foires dont le vin était seulement un thème marginal. Un tas de gens qui goûte de très grands sauternes fait la grimace en disant « ouh! c’est trop sucré, beuhrk! » alors que je m’extasiais sur la finesse du vin dans le même temps. Le sucré est pourtant objectif et mesurable précisemment! L’objectivité ici est étrangère au jugement qualitatif. La culture joue beaucoup, mais il n’y a ni une seule culture, ni une culture meilleure que les autres.
- 30 décembre 2006 à 3h43
- in reply to: De la complexité dans le vin…
Le jeu de définir les qualifiquatifs est amusant comme passe temps qui entraine à manier le verbe. D’autres parleraient d’onanisme, mais je ne vois pas quel mal il y a à s’amuser tant qu’on ne se prend pas au sérieux.
En terme d’eonologie et de dégustation, en revanche, le débat est inutile.
Il est tout aussi difficile d’expliquer ce qui fait qu’une personne nous semble élégante, ou encore complexe, ou compliquée, ou austère… Mais on sait très bien lorsque on trouve quelqu’un élégant.
C’est pareil pour un vin.
Il peut être intéressant de comparer les raisons qui font que tel vin ou telle personne me semble élégante, complexe, à moi. Mais cela a à voir avec ma perception et mon goût ; et non pas avec la définition de ces mots.
On a pas besoin de connaître la définition du mot Amour pour trouver aimable, cela coule de source! Devrais-je bientôt être capable de donner la définition de « bon » avant de dire ici que je trouve « bon » le pommard 1949 que j’ai bu l’été dernier?
Le débat ouvert par Nidal est un jeu amusant pour l’esprit mais n’est pas à prendre au sérieux!
- 30 décembre 2006 à 3h24
- in reply to: Barême de notation
Si tu te contente de noter « comme notent les autres », alors ta note n’apportera rien de nouveau. A moins d’être professionnel ou d’en avoir besoin impérieux pour un club de dégustation pointilleux, c’est inutile de se donner toute cette peine pour rien.
Met simplement la note que le vin t’inspire après avoir jouit globalement de la dégustation si tu tiens vraiment à mettre une note ; ou mieux, exprime avec des mots la valeur du vin, ainsi ton archive sera plus précise, riche et intéressante.
- 30 décembre 2006 à 1h59
- in reply to: Château Ausone, Saint Émilion
Je cherche des infos sur le millésime 1994, mais je trouve de choses assez contradictoires… Quel est votre avis, a-t-il beaucoup d’avenir?
Plutôt décevant comme pensent certains, ou bonne réussite comme prétendent d’autres?- 30 décembre 2006 à 1h23
- in reply to: Auguste Pirou…
[size=medium]
AUGUSTE PIROU[/size]
[size=large]ARBOIS
1993[/size]
[size=medium]
BLANC CHARDONNAYC.R. :[/size]
Prolégomènes:
Un discours cynique s’il en est, orne la contre-étiquette :
« Par leur variétés de nuances, de bouquets et de saveurs, les Très Grands Vins AUGUSTE PIROU représentent une gamme digne d’escorter… » blablabla (sic)
« Il doit être servi très frais ». – Ce sera le cas…
Une étiquette que j’ai collée moi même lors de la mise en cave indique : -> 2018.
S’il s’était agit d’un grand vin, cela aurait mis en évidence le besoin de conserver la bouteille.
Sur un Auguste Pirou, cela confirme surtout que j’avais conscience que puisqu’à priori ce vin ne présenterait aucun intérêt, il était préférable de faire un « quitte ou double » en le laissant vieillir hors de ses limites supposées pour lui donner une chance de faire une bonne surprise.Trop impatient de donner mon verdict aux valeureux lecteurs d’LPV, je fais fi de l’avertissement que je laissai naguère et je décide de l’ouvrir plus vite que prévu.
Robe : Jaune-doré, pâle.
Nez : Charmant et fleuri.
Agitation : Idem, plus intense et avec un arôme net et distingué de fruit de la passion et de beurre grillé.
Bouche : Flatteuse de fruit en attaque. Mais le fruit laisse la place rapidement à une chaleur capiteuse (=le goût de l’alcool domine) très décevante. Aucune structure.
Longueur : Du fruité perdure (passion et fraise,) ce serait agréable si la sensation capiteuse ne dominait pas cette longueur en bouche de durée très moyenne.Je regrette de ne pas avoir un tarama bas de gamme de monoprix. L’accord serait parfait pour un repas rétro en souvenir de la dure vie d’étudiant sans le sou ni le temps de cuisiner.
[b]
Seconde dégustation deux jours plus tard :[/b]
[b]
Nez :[/b] Joyeux avec du muguet.
Agitation : Toujours des fruits exotiques, aujourd’hui je pense aux arbouses et aux nèfles. Mais cela reste proche et très agréable.
Bouche : Attaque capiteuse envahissante. Puis oxydatif désagréable car isolé dans un vin sans structure. Le fruit a disparu après ces deux jours.
Longueur : Goût de rance persistant, et arômes de vin passé éventé persistant. Durée assez longue.Le vin a empiré.
- 30 décembre 2006 à 1h16
- in reply to: Dans Tête de Cuvée, il y a « vée » (humour à propos de vins défectueux)
J’ai lu sur LPV il y a quelques temps le sujet « Auguste Pirou », où la sous-maison d’Henri Maire se fait presque unanimement maltraiter.
Cela me rappelle qu’Auguste Pirou me dit quelque chose : il doit y en avoir une ou deux dans ma cave cachées derrières mes chères bouteilles de vin jaune.
Quelques fouilles archéologiques plus tard, voici découvert l’un des deux précieux flacons :
[size=medium]
AUGUSTE PIROU[/size]
[size=large]ARBOIS
1993[/size]
BLANC CHARDONNAYNous l’avons ouverte ce soir du 29 décembre. Il est temps d’en avoir le coeur net : Auguste Pirou est-il aussi piètre éleveur qu’il est bon vendeur chez carrouf’ ?
[size=large]
C.R. :[/size]Prolégomènes:
« Par leur variétés de nuances, de bouquets et de saveurs, les Très Grands Vins AUGUSTE PIROU représentent une gamme digne d’escorter… » blablabla (sic)
Un discours cynique s’il en est orne la contre-étiquette.
« Il doit être servi très frais ». – Ce sera le cas…
Une étiquette que j’ai collée moi même lors de la mise en cave indique : -> 2018.
S’il s’était agit d’un grand vin, cela aurait mis en évidence le besoin de conserver la bouteille.
Sur un Auguste Pirou, cela confirme surtout que j’avais conscience que puisqu’à priori ce vin ne présenterait aucun intérêt, il était préférable de faire un « quitte ou double » en le laissant vieillir hors de ses limites supposées pour lui donner une chance de faire une bonne surprise.Trop impatient de donner mon verdict aux valeureux lecteurs d’LPV, je fais fi de l’avertissement que je laissai naguère et je décide de l’ouvrir plus vite que prévu.
Robe : Jaune-doré, pâle.
Nez : Charmant et fleuri.
Agitation : Idem, plus intense et avec un arôme net et distingué de fruit de la passion et de beurre grillé.
Bouche : Flatteuse de fruit en attaque. Mais le fruit laisse la place rapidement à une chaleur capiteuse (=le goût de l’alcool domine) très décevante. Aucune structure.
Longueur : Du fruité perdure (passion et fraise,) ce serait agréable si la sensation capiteuse ne dominait pas cette longueur en bouche de durée très moyenne.Je regrette de ne pas avoir un tarama bas de gamme de monoprix. L’accord serait parfait pour un repas rétro en souvenir de la dure vie d’étudiant sans le sou ni le temps de cuisiner.
On essaye le faux « kir » avec de la liqueur « Castagna » de L.N. Mattei.
Le mélange, toujours capiteux, est plus agréable, adouci par la liqueur. Sans intérêt cependant.Je vais ranger sur le balcon le flacon à peine entamé (succès limité oblige) et m’aperçois que le fameux Cabrière décrit plus haut dans le sujet y traîne depuis 4 jours. Une idée lumineuse nous vient : les vignerons de champagne ont autrefois découvert qu’une assemblage peut se montrer supérieur à chacun de ses éléments.
On en profite pour sortir du frigo un vin italien qui y traine depuis plusieurs mois (traditionnellement réservé à la cuisson des pommes de terres) : Le PIZZOLATO 2004, un pinot gris italien en biodynamie.Nous pratiquons un mélange :
[b]1/3 d’Auguste Pirou,
1/3 de Pizzolato,
1/3 de Cabrière « Tête de Cu(vée) ».[/b]Nous appelons le mélange « Royal Rumble », emplis du secret espoir que la recette soit miraculeuse…
[size=large]
C.R. :[/size]
Robe : Jaune clair.
Nez : Onctueux, entre fleuri et brioché.
Bouche : Le mélange gagne en complexité mais pas en qualité.
Il apparaît une sorte de minéralité qui n’était pas présente dans les éléments du mélange. Le résultat nous fait penser à une très mauvaise clairette, ou à un blanc de provence bas de gamme particulièrement raté que la châtaigne, une fois encore appelée à la rescousse, est incapable de rattraper.Voilà, j’ai débarrassé ma cave d’une bouteille qui encombrait inutilement.
- 29 décembre 2006 à 20h39
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
SOCRATO écrivait:
[i]> Mais on est quand même plus libre,
> si l’on a un revenu de 1 mio d’euros que si l’on
> en gagne 50’000 ![/i]Non car pour gagner 1’000’000 d’euros par mois, on a renoncé à beaucoup de libertés.
François n’a pas dit que le prix du marché est juste pour toi (à chaque fois qu’il l’est tu achètes, le reste du temps tu laisse) mais il est toujours juste pour le marché 😉En tout cas il est suffisant pour que des spéculateurs ramassent le paquet 😀
François, tu es sûr que les vins d’Egon Muller sont plus chers que ceux de la romanée conti? Je me suis laissé dire que ces blancs allemands Trockenbeerenauslese (TBA, les plus chers et concentrés) tournaient dans les 3000 euros à leur sortie pour 75cl. Et je vois les Romanée Conti 2003 en vente à 7000+ euros sur 1855… Et encore je ne parle pas des vieux millésimes de 1929 qui n’existent pas chez Egon Muller mais qui s’envolent chez Romanée Conti 😎
Enfin à 3000+ euros, cela en fait déjà le vin blanc le plus cher devant Montrachet du domaine de la Romanée Conti… ::o- 29 décembre 2006 à 14h55
- in reply to: Champagne pour tout le monde !
[quote=raymond]
> Bollinger BSA: s’il garde le caractère de la
> marque je lui reproche plus que dans le passé des
> bulles abondantes que l’acidité rend trop
> agressives au palais . C’est typiquement le BSA à
> laisser vieillir de 3 à 8ans et plus,ou à carafer ![/quote]Tien je ne suis pas seul alors à avoir cru déceler une évolution dans les bulles de Bollinger depuis 7 ou 8 ans.
Il existe un mythe qui dit que le champagne doit avoir beaucoup de bulles fines pour être bon. C’est tout à fait faux, même si il existe une correlation entre la finesse des bulles et le temps passé sur lie et si les bulles participent à diffuser le bouquet. Je crois que Bollinger as essayé de « coller » à l’image du bon champagne, ce qui n’a pas, manifestement, eut de répercution négative sur la qualité mais était inutile. A moins que ce soit involontaire, mais cela coïncide tout de même avec leur grande offensive sur le marché mondial à coup de James Bond, et leur flambée des prix!
Le BSA Bollinger Brut Special Cuvée reste une excellente référence.- 29 décembre 2006 à 0h41
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
Cher Griffon,
J’apprécie vos clins d’oeil et vos arguments, comme vous avez je crois apprécié les miens 🙂 Je note la façon distinguée avec laquelle vous avez relevé mon orthographe parfois douteuse.
J’aurais certainement aimé entretenir en votre agréable compagnie le feu de la polémique, mais comme je me vois plus d’affinité avec vos paroles que d’hostilité, la sagesse me commande de ne pas m’enfoncer d’avantage dans le hors sujet.[quote=Bertrand Le Guern]
Apprécier les « vins naturels » c’est une chose, dénigrer systématiquement ceux qui ne sont pas reconnus (sur quels critères?) comme « naturellement corrects » en est une autre …[/quote]Cher Bertrand, avec cette sage conclusion, je ne peux qu’abonder dans votre sens.
Je crois qu’on peut dire sans trop se tromper qu’une bonne partie des militants écologistes actuels se sent investie d’un devoir de propager des idées avec force.
L’urgence dans beaucoup de domaine parait réelle, et leurs intentions sont honorables. C’est pourquoi je suis tenté de pardonner les excès de certains même si je les regrette 🙂
Ceci dit, charité bien ordonnée commence par soi-même, et avant de vouloir convertir autrui en se sentant la légitimité du justicier de droit divin, il faut apprendre à montrer l’exemple, c’est bien la moindre des choses.Pour finir je vois bien que la diatribe et le pamphlet sont, sur les forums, souvent un exercice de style ludique plus qu’une réelle volonté de blesser. Je crois m’y être laissé allé une fois ou deux, et qu’il n’y a pas là un si grand mal. 😉
Bonnes fêtes de fin d’année.
- 28 décembre 2006 à 21h00
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
[quote=griffon]> Si les propos de M. Sibard étaient le reflet de
> ses convictions , il ne vendrait pas à ses clients
> des vins qu’il dénonce et semble vouloir donner
> l’impression de combattre… Voilà tout. 🙂
[/quote]Vous avez mal observé vos semblables cher Griffon. Ils sont légions ceux qui ont des convictions et pourtant agissent à l’opposé ; et il faut un certain héroïsme pour aller au bout de ses convictions, héroïsme qui ne saurait être exigé.
Ainsi on a des pacifistes qui travaillent chez Thomson, voire même se sont engagés dans l’armée. On a aussi des écologistes convaincus qui travaillent chez Total…
Je trouve cela assez abhérant, mais je sais quelle difficulté il y a à assumer pleinement ses convictions ; chacun à le droit de faire des compromis. Le vin d’ailleurs dans son élaboration en fait beaucoup, pour finalement notre plus grande joie.
Certes, j’ai moi-même noté quelques incohérences dans le discours de M. Sibard, cela justifie-t-il un tel acharnement?Laissez donc cet homme gagner sa vie comme il le veut (apparement il le fait légalement et en s’investissant beaucoup ce qui est tout à son honneur) et gardez votre venin pour une cible qui en vaille la peine.
La vérité c’est que vous avez pris cet homme probablement imparfait mais manifestement honnête comme bouc emmissaire, il serait plus honnête de dire que vous ne partagez pas son point de vue mais de lui permettre de s’exprimer sans tomber sous un flot d’injures touchant à sa vie alors que vous ne le connaissez manifestement pas du tout.
Bertrand Le Guern, quant à vous, votre art se résume à carricaturer les gens qui ne vous reviennent pas en déformant leurs propos et en les taxant de sectaire sans manifestement connaître le sens de ce mot. Votre attitude suffisante est désormais réellement désobligeante et franchement indigne. Aurait-on oublié à l’école de vous apprendre qu’avant de prononcer des jugements sentencieux il faut argumenter sur le fond et non s’acharner à des coups bas sur la forme?
Votre paranoïa face à la secte « vins naturels » est à l’image d’un homme peu sûr de lui qui a besoin d’ennemis pour se sentir exister. Sortez de votre forteresse, au dehors, personne ne vous veut de mal.
Il est vrai que beaucoup de passionnés du bio sont ignorants des réalités. On ne leur a pas expliqué que faire un vin sans souffre ne veut plus rien dire, ils font des raccourcis très maladroits, croient naïvement en des idées reçues inappliquables et tombent de fait dans les griffes de vendeurs peu scrupuleux qui leur vendent des vessies pour des lanternes.
Ils ne demandent qu’à ce qu’on leur explique un peu mieux les réalités, comme toute personne qui débute dans le monde du vin, ils essayent de faire leurs choix en fonction de leur convictions et cherchent leurs marques. LPV est là pour les aider, pas pour les rejeter dans une attitude absurde de mépris injustifié.Je l’ai déjà dit plus haut, les « bio » sérieux dans le monde du vin n’en font pas un argument de vente, c’est réservé à quelques passionnés qui savent faire leur vin ansi. Lorsqu’on les trouve il y a beaucoup de raisons pour lesquelles on se prend d’admiration pour eux. Et on se fellicite bien sûr d’aquérir des vins qui n’ont pas nécessité de produits polluants, car c’est très louable. Pour autant il serait absurde dans un domaine aussi complexe que celui de vin de demander à tout le monde de faire pareil. La majorité des vignerons essayent de faire le vin le meilleur possible selon leur savoir faire, chacun est respectable.
Cela veut-il dire que les autres « bio » sont des voleurs ou une secte? Non. Ils répondent à une demande, et font eux aussi des compromis entre le soucis écologique et une demande dont les goûts sont contradictoires. Ils y parviennent parfois moyennement bien. Fait-on un procès à quelqu’un parce qu’il ne réussit pas à merveille tout ce qu’il entreprend? Non.Il est dans le vin des talents inimitables propres à entretenir des légendes; des vignerons inspirés, des traditions pluricentenaires émouvantes. Cela ne doit pas être une raison pour mépriser ceux qui apprennent, essayent de se faire une place, cherchent leurs marques et progressent.
Si il existait vraiment une secte des « vins naturels », elle n’aurait aucun avenir sur LPV, du moins tant que le débat permettra de discuter du fond, plutôt que de laisser la place à des joutes verbales complètement stériles.
- 28 décembre 2006 à 14h30
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
Griffon écrivait:
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> Je persiste à m’étonner que quelqu’un comme Marc
> Sibard dont la réputation, à en croire ce qui a
> été écrit plus haut, est des plus flatteuses
> puisse avoir l’amalgame aussi facile et grossier à
> propos de vins qui font aussi tourner sa
> boutique… Ca me laisse perplexe, et le mot est
> faible… 😀On ne peut pas être bon partout.
Je ne peux pas prendre sa défense professionnellement, je ne suis pas parisien et n’ai pas visité sa boutique, je sais seulement que beaucoup de monde s’entend sur la qualité de sa sélection.
Je trouve simplement minable les attaques personnelles qui ont lieu sur ce forum, ceci pour imposer un point de vue qui est peut-être bon, mais qui ne saurait justifier des propos insultants.
Pour mémoire, ce n’est pas Marc Sibard qui est venu ici parler des caves Augé!
Cessez donc de lui faire des procès d’intentions en prétendant déceler une stratégie de publicité. Vous vous enfoncez…- 28 décembre 2006 à 14h19
- in reply to: Bordeaux est-il une vaste escroquerie ?
[quote=bebert]Si vous voulez respecter l’environnement,
commencez par abandonner définitivement votre
voiture et les voyages en avion avant de jeter la
pierre sur les agriculteurs![/quote][quote=Le Guern]Encore un qui voudrait qu’on revienne à
l’éclairage à la bougie![/quote]Vous avez mal du me lire. Je demande simplement aux adeptes de l’écologie de cesser de harceler les agriculteurs tant qu’ils font eux-même pire. On nous gave à la télé de bonnes intentions écologistes qui sont loin des réalités : le seul enjeu vraiment grave à grande échelle c’est le gaspillage de pétrole, mais cela rapporte trop pour qu’on le dénonce. Monsieur Le Guern évitez de carricaturer les propos des autres intervenants, les miens n’avaient rien de rétrograde 🙁
[quote=arendt]La nouvelle vague est beaucoup plus intéressante (Derenoncourt, Valette, Taïx…) puisqu’elle fait quelque part une synthèse entre le respect du terroir, du fruit et la consistance du vin.[/quote]
Cette synthèse n’a rien de nouveau, tous les bons vignerons la cherchent depuis la nuit des temps. Ce qui est éventuellement nouveau c’est qu’elle est mieux écoutée par le public.
Mais beaucoup de vignerons vont rigoler si on essaye de leur faire croire que cette philosophie a été inventée par la nouvelle vague, parce que ceux qui passent leur temps en avion pour faire du marketing et ne voient jamais leurs vignes sont une minorité, les autres ont simplement envie de faire bien leur travail, et considèrent que l’argent doit être une concéquence de ceci, non un but en soi. Ils utilisent les techniques modernes qui peuvent les aider, mais ne se sont jamais éloignés de la tradition qui leur permet de faire un vin de caractère.