Bebert

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    Oui pardon Luc 🙂
    Je crois que tu as compris que c’est juste une formulation malheureuse de ma part -je sais que tu recherches le meilleur pour des prix raisonnables-.
    Il s’agissait juste de dire que dans mon cas, la dégustation à l’aveugle et l’analyse n’ont pas été développées dans le but de faire la meilleure sélection pour moi (ce que de ton côté tu revendiques : analyser pour mieux choisir) mais seulement pour mieux apprécier. Les deux démarches sont complémentaires et parallèles, il n’y a pas de doute que je m’aventure sur tes chemins et inversement.

    Bebert
    Participant

    Hervé, je ne reproche jamais de boire pour le plaisir, je ne reproche rien d’ailleurs, mais je constate que les invités passent parfois à côté du plaisir lorsque le repas est animé. Ca m’est égal qu’une personne qui n’est pas connaisseur du tout boive un très bon vin sans faire la différence avec son gros rouge, pourvu qu’elle ait au moins senti le goût et pensé à ce qu’elle boit un petit instant. Si je prends le temps de demander aux convives ce qu’ils pensent, parfois en utilisant l’aveugle, ce n’est pas pour hisser une dégustation « technique » plus « haut » que « boire pour le plaisir ». C’est simplement que je veux maximiser les chances que les personnes à table prennent plaisir. Peut-on prendre plaisir à boire un vin si on ne s’est pas aperçu qu’on l’a bu? Il reste que l’alcool.

    Mais une dégustation « technique » n’a rien de supérieur à simplement prendre son plaisir -pourvu qu’on le prenne effectivement-. C’est ici seulement un artifice pour que chacun profite de l’expérience. A vrai dire, je ne suis pas comme toi professionnel du vin, et contrairement à Luc, il n’est pas important pour moi d’avoir à tout prix le meilleur dans le verre ou dans la cave. Donc la dégustation technique n’est là dans mon cas que pour agrandir la fenêtre du plaisir ouverte par le vin. A moins que mes invités ne soient hypocrites (et je ne crois pas), il est manifeste que cela fonctionne aussi pour eux et qu’ils sont content qu’on se soit amusés à partager nos ressentis.

    Pour moi il n’y a pas d’autre utilisé à la dégustation à l’aveugle et à rédiger des C.R. sur LPV. Enfin, évidemment, dans la cave, avec le vigneron, cela aide pour communiquer un minimum et pour choisir des vins à mettre en cave, mais c’est seulement la cerise sur le gâteau.

    Bebert
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    Oui Jmm,

    Je crois que c’est lorsqu’on déguste en cave, sans repas, que ces repères sont vraiment utiles. Mais rien n’empêche de s’amuser à la maison : il faut mener de front un apprentissage un peu autodidacte qui demande du temps et des tâtonnements, avec le plaisir naturel. Ce qui est étonnant sur LPV, c’est que dès qu’on parle d’une approche du vin, ceux qui n’ont pas la même en concluent immédiatement qu’on ne sait pas déguster, qu’on aspire à devenir un robot etc. Tout cela n’a aucun sens, si certains pensent que chez moi, boire du vin est devenu une prise de tête parce que les vins sont souvent servis à l’aveugle dans un premier temps et que parfois on s’amuse comme des enfants à mesurer la caudalie ou à faire la liste des parfums présents dans le vin, grand bien leur fasse, mais ils peuvent venir vérifier par eux-mêmes : on aime surtout le vin et il n’y a aucun idéal de robot. Bref ce phénomène s’appelle « voir midi à sa porte ». Chacun croit être parfait et estime que tout écart par rapport à sa propre approche est la preuve qu’on est incapable d’apprécier le vin. Si ces réactions n’étaient pas si systématiques sur LPV, elle prêteraient à rire, démontrant seulement le nombrilisme de leurs auteurs; mais à la longue elles sont fatigantes.

    Jmm : « Je ne suis pas celui qui décortique le plus un vin ici et je me méfie énormément des démarches, des visions qui prennent en compte trop de détails au point d’en oublier de lever la tête. »

    Absolument d’accord. Mais tout est dans ce mot : « oublier » (de lever la tête). On peut avoir une démarche de compréhension, de curiosité, d’apprentissage, et penser à lever la tête. Ce n’est absolument pas exclusif. Souvent, ça aide même à lever la tête – en tout cas c’est le but.
    Je me souviens de repas de fête où les invités n’étaient pas tous amateurs mais où certains l’étaient. On leur sert un très bon vin, ils boivent ils mangent, et parlent fort… Quand la bouteille est finie on leur demande si ils ont aimé et bah, ils vous regardent d’un air gêné et disent « oh oui oui, très bon ». Ils l’ont simplement bue, ils ne l’ont pas dégustée. Maintenant je ne laisse plus cela se produire : je demande ce qu’ils trouvent dans le vin, les arômes, je demande si ils ont une idée de la région d’où ça vient, si le vin est jeune ou vieux, et surtout si ils l’aiment personnellement, si c’est à leur goût, ceux qui veulent peuvent essayer de deviner ce que c’est. Ensuite je montre l’étiquette. Si ils sont réceptifs et ont envie de jouer, on peut s’entraîner à mesurer la longueur en bouche etc. C’est un amusement ludique-didactique, la cerise sur le gâteau, pas une obnubilation technique qui nous empêche « de lever la tête ». En général les invités sont contents de faire ce petit jeu, ils repartent avec l’impression d’avoir appris à être plus attentifs au vin. Chacun part en ayant trouvé soit l’année, soit le cépage, soit la région, et tout le monde est content. Ceux qui ne savent pas déguster du tout ont appris quelque chose, ou découvert qu’ils savent reconnaître ci ou ça. Bref tout cela a participé à ce qu’on « lève la tête » comme tu dis si bien.
    Si c’est un repas avec trop de monde (au-delà de 6 ou 7 c’est difficile) je ne fais pas de service à l’aveugle, mais un petit speech pour dire deux mots sur l’appellation, sur le producteur et sur le millésime, en demandant simplement aux hôtes de bien vouloir me dire ce qu’ils en auront pensé. Qu’au moins tout le monde déguste consciemment et prenne quelques secondes à explorer ce qu’ils ont dans le verre.

    Bebert
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    Si aujourd’hui il est autorisé d’être d’accord avec François sans remettre en cause le Dogme, alors je me joins volontiers à gogo, koko et tarkan, quoi que je n’ai gère d’avis à propos d’achats qui atteignent presque le prix de ma maison O_o

    Comment ils savent que c’est 1830? L’étiquette est encore pimpante? Comme ça à vue de nez elle semble avoir perdu un peu ses couleurs mais bon o_0
    Ceci dit, si l’un d’entre vous l’achète et désire mon avis, je suis prêt à faire le déplacement pour goûter et même à apporter mon verre s’il le faut ^_^

    Bebert
    Participant

    Merci Tarkan, maintenant je comprends le sens de ton message 🙂

    Quand j’ai commencé à m’intéresser au vin, au tout début, j’avais lu qu’on pouvait faire des sortes de graphiques pour exprimer les sensations en fonction du temps. (Tracer une ligne comme une fonction mathématique qui exprime la force des sensations au fur et à mesure de la longueur, puis éventuellement y ajouter des informations qualitatives). Je l’ai fait un temps je me souviens, dans mes tout débuts, puis j’ai oublié. C’est vrai en tout cas que dans tout ce que je lisais alors, la durée et les caractéristiques de la longueur étaient considérées par tous comme vraiment très importantes.
    Il ne me semble pas sur LPV qu’on néglige l’importance de la longueur, mais l’aspect quantitatif (durée) est passée un peu au second plan. En dégustation pure (au domaine etc.) ça me semble un critère essentiel, car on a pas un plat en face du vin pour le « mesurer » et nos papilles peinent à faire une évaluation de sa force absolue. On peut plus facilement se laisser séduire par de jolis équilibres qui ne sont pas soutenus par une force suffisante. Je ne suis peut-être pas le seul a avoir trouvé un vin remarquable en dégustation, mais a avoir été déçu à la maison. Si j’avais mesuré la longueur en bouche comme indiqué plus haut, peut-être que j’aurais évité la déception.

    Bebert
    Participant

    En tout cas on s’est entraînés et en effet on est en général assez groupés sur l’estimation.
    Durant ces quelques jours bien arrosés, on a comparé nos résultats sur divers vins et on est allés de 11″ environ sur un aligoté à 40″ environ sur le Pommard 1929.
    Ce sont des résultats normaux? En tous cas il y avait en général une seule personne qui savait l’étiquette, mais cela ne semblait pas influencer les résultats qui restaient bien dans la fourchette.

    Tarkan : on n’a pas compris les propos d’Hervé de le même façon O_o

    Bebert
    Participant

    On m’a fait boire à l’aveugle un vin de ce domaine qui fait partie de mes favoris (donc un vin que j’avais déjà dégusté au domaine) mais je n’ai pas reconnu le domaine.

    CR: Diconne Auxey Rouge 2004

    Robe : Grenat.
    Nez : Amande, poivron rouge, bouquet quelque part entre violette et glycine (?), pâte à modeler play-doh.
    Bouche : Tanins fins en attaque avec fruit vif (groseille). Essence d’amande sur rétro gourmande avec légères odeurs minérales chaleureuses.
    Longueur : Tanins fins chassant la sensation douce vers 8″, caudalie 21″. Saveur saline, à peine fumée.

    On a trouvé le vin très bon, sans pour autant le placer sur un 1er cru, à l’aveugle j’avais proposé Auxey 2003 mais d’un autre domaine. L’erreur sur l’année peut sembler grossière vue que ces deux millésimes sont assez opposés, ce n’est pas que ce vin manquait de fraîcheur ou de tension, mais que j’ai été égaré par cette essence d’amande que je trouve rarement aussi nette dans les vins de Bourgogne (plus volontiers Languedoc) et des saveurs de pierres chaudes que j’associais (apparemment à tort) à la chaleur de 2003.
    Je découvre avec délice que le présent C.R. est très différent de celui fait en 2008 : le vin a gagné en assurance, en sérieux et en équilibre, il nous a beaucoup satisfait.

    Bebert
    Participant

    CR: Grivelet Cusset, Pommard 1929

    Bouteille : Niveau milieu/haut épaules, (très correct pour l’âge), dépôt mais pas très important pour l’âge. Bouchon qui s’émiette tout seul après être sorti, mais nous a fait la grâce de sortir en un seul morceau malgré sa fragilité avancée (ouf!).
    Service : la bouteille a été ouverte 3 heures avant, mais compte tenu du fait que le vin était délicieux dès l’ouverture, j’ai choisi de reboucher après avoir dégagé seulement très partiellement les épaules, pensant que cela suffirait.
    Robe : Grenat tuilé faisant moins que son âge.
    Nez : Fumé légèrement gourmand, très belle fraicheur se situant quelque part entre eucalyptus, lavande, cyprès et menthol. Cacao.
    Bouche : Grasse, gourmande, pruneau, fraise des bois, superbe fraîcheur un peu poivrée. Rétro d’un très bel équilibre fruits cuits/fraîcheur (similaire nez).
    Longueur : Chaleur gourmande et riche en gorge, fumé, tabac brun. Caudalie : 35 à 48 (autant dire : le pied), puis les arômes complexes et extrêmement persistants qu’on ne peut trouver à de tels niveaux que sur de grands vins vieux s’installent, imperturbables : fruits rouges cuits (tarte aux fruits rouge, cassis, fraise des bois) mais grande fraicheur qui ne s’estompe pas du tout, nous accompagnent des heures après le repas, le café disparait vite mais le goût du vin reste, imperturbable, toute l’après-midi jusqu’à l’heure où j’écris ces lignes et sans doute plus.
    Évolution : A table, le vin est meilleur en s’aérant; selon les invités, j’aurais du le laisser prendre l’air au lieu de le reboucher, car sa nervosité devenait remarquable à la fin du repas.

    Les invités qui étaient à l’aveugle (au début) le placent sur un premier cru sans deviner Pommard et le donnent beaucoup plus jeune (personne ne s’aventure plus loin que 1969), il faut dire ce vin est d’une jeunesse édifiante. Cependant, plus tard, face aux cèpes, lorsqu’on s’aperçoit que ses arômes tertiaires ont cette tenue très intense et solide, il est plus facile de dire qu’il est vieux (aussi, on a vu l’étiquette entre temps). Voilà, un 1929 qui tient ses promesses. A cause du grand âge, on s’attend toujours à d’éventuels problèmes, et on s’émerveille finalement que tout soit si beau, si frais, si jeune en bouche mais avec les avantages de la vieillesse sur la longueur solide et complexe. Ce vin rentre dans les grands souvenirs, assurément. (tu)

    Bebert
    Participant

    Luc, on est d’accord. Les exemples positifs cités peuvent donner des indices de la capacités de certaines structures à accumuler des molécules aromatiques, mais dans le cas de la plante, si l’absorption est probable, il y a ensuite trop de paramètres pour en conclure quoi que ce soit.
    Comme toi l’ingénieur était sceptique. Il n’a pas voulu rejeter cette hypothèse, mais ce n’était pas le genre de chose qu’il imaginait spontanément au vu de son expérience. Mais je me garde de faire des conclusions trop hâtives, en ayant déjà fait dans le passé, dans un sens comme dans l’autre.

    Bebert
    Participant

    Elgringo : « mais en plus noter le résultat et en faire écho a la terre entière, c’est très très méchant. »

    Méchant? La Romanée Conti s’en remettra. Peu de gens sont assez bêtes pour ne pas comprendre à qui profite le crime et en déduire que ce genre de règlements de comptes truqués à l’aveugle n’a aucune valeur!
    Pour le reste je certifie que les portes ouvertes ont été enfoncées en bonne et due, forme, Luc Javaux appréciera que tu mettes en scène son ignorance pour démontrer ce qu’il dit depuis le début et que personne ne conteste, c’est à dire qu’on est influencés par l’étiquette et qu’on reste en toute circonstance subjectif et soumis à des variations d’humeur et de sensibilité.
    Pour ton information, ElGringo, le débat actuel n’est pas de savoir si l’étiquette nous influence. Ceux qui défendent la dégustation à étiquette découverte ne prétendent pas qu’elle n’influence pas, au contraire, ils prétendent seulement que cette influence est pour eux souhaitable parce qu’elle leur permet de juger le vin en fonction de son origine et que c’est pour elles plus intéressant que de le juger dans un absolu qui ne fait pas sens.
    Tu devrais goûter à l’aveugle plus souvent, tu verrais à l’usage que ce n’est pas si dur de se tromper, on n’est plus à une connerie près quand on est amateur de vin, on a pris des claques, on a dit des bêtises cent fois, mille fois, et on est vacciné. Ce qui compte pour nous est d’affiner notre compréhension. Ceux qui veulent jamais dire de bêtise se taisent (c’est vrai aussi sur les forums mwhahahaha)

    Bebert
    Participant

    Jérôme Bressy : « La longueur d’un vin, c’est cette suavité qu’on a en bouche et ces petites subtilités qui font saliver. Et ça, on peut compter combien de temps ça reste. »

    Donc à la maison, avec cette définition qui ne semble pas d’une immense précision mais qui est quand même simple et intelligible, je vais tenter l’expérience avec mes prochains cobayes et voir pour tous les vins si les résultats sont groupés comme ils doivent l’être dans le cas où critère est effectivement rigoureux. Non pas que je doute de sa rigueur, mais qu’à mon avis, il faut en faire l’expérience soi-même. Je donnerai aux invités cette définition précise, sans rien ajouter ou retrancher et on mesurera.
    Est-ce que si on avale cela fausse vraiment le résultat sérieusement? Parce que mes invités n’aiment pas tous recracher -je les comprends-.

    Bebert
    Participant

    Luc, pardon pour cette méprise.

    A.F., merci pour l’éthylène et pour ton expertise supplémentaire 😉
    Quant à savoir si la vigne qui pousse dans un lieu portant des odeurs venues de la terre peut les intégrer et les stocker sans les modifier, de sorte que cela se retrouve dans le verre, pour le moment on n’a pas vraiment d’élément décisif. Je ne peux pas avec les éléments présents ici exclure cette hypothèse, car la vigne respire et assimile des gaz qui contiennent des composés odorants durant toute l’année, jour après jour. Peut-elle sous certaines conditions faire migrer une partie d’iceux dans les fruits au fur et à mesure de leur croissance et murissement? Une odeur présente toute l’année pourrait éventuellement se retrouver peu à peu stockée sur la durée. Mais encore faut-il qu’elle soit préservée aussi pendant la vinification… Cela fait beaucoup de conditions… Je n’en sais strictement rien, selon comment j’approche cette idée, elle me parait tour à tour complètement improbable ou au contraire très raisonnable.

    Des éléments en vrac :
    – Les aubergines ou les courges qui ont poussé sur le fumier n’ont pas goût de fumier (pourtant mon fumier il pue!)
    – Les fruits récoltés à Tarascon avant la rénovation de l’usine de cellulose ne rendaient pas l’odeur dégueulasse émise par l’usine quand on les mangeait.
    – En mettant une pomme au milieu des kiwi, les kiwi murissent beaucoup plus vite. Mais ils ne prennent pas le goût de pomme!
    – Les grains de café ayant poussé sous des bananiers sont, dit-on, plus fruités (et sous les bananiers il y a bien l’odeur de banane).
    – Il suffit de stocker une orange proche de l’alcool (sans contact juste par l’air) pour que l’alcool prenne un très fort goût d’orange en très peu de temps (quelques heures).
    – Il suffit de mettre une truffe dans la boîte des oeufs au frigo pour que les oeufs prennent *nettement* et rapidement le goût de truffe (les fameuses omelettes aux truffes sans truffes) malgré la coquille.

    Mais bien qu’on tourne autour du sujet, il n’y a rien qui soit un argument décisif car on raisonne sur des choses assez différentes.

    Bebert
    Participant

    Luc a pourtant essayé de remettre les pendules à l’heure sur la notion de longueur en bouche et caudalie.
    Moi aussi j’ai une expérience qui dépasse tout avec un Clos Des Perrières 79, le goût est encore là après le repas suivant.
    Mais ce n’est pas ça le critère tel qu’il est défini pour établir la longueur en bouche en dégustation rigoureuse, voir le message de Luc un peu plus haut, à moins qu’il veuille bien nous en donner une définition plus complète et compréhensible par tous ici (pas gagné :P)

    Bebert
    Participant

    A.F., l’éthanal je connais bien, je m’amusais à en faire quand j’étais petit. Ca a une odeur de pomme verte.
    Je ne suis pas sûr que ce soit cette molécule-là qui déclenche le murissement des kiwis à distance même si c’est bien une molécule dégagée par les pommes.
    Comme je ne sais plus, je ne me mouille pas : tu as peut-être bien raison – ce n’est pas trop le sujet ici 😉

    Bebert
    Participant

    La tradition disait qu’un vin doit sa qualité globale à un équilibre entre diverses qualités particulières (gras, sucre, tanins, alcool) et que si cet équilibre est harmonieux le vin est agréable, et que plus fort ils seront tout en gardant l’équilibre intact, meilleur sera le vin. Apparemment il faudrait inclure ce qu’on appelle (à tort ou à raison) la minéralité dans les tanins (ce n’est pas du tanin, mais cela participe à la texture – c’est encore plus important sur les blancs qui ont moins d’anthocyanes) et c’est probablement le niveau élevé d’un tel équilibre qui détermine la longueur. Enfin c’est ce que je lisais dans les vieux livres si mes souvenirs sont bons et je pense que bien des doctes connaisseurs qui font la pluie et le beau temps sur les guides et les revues ont été biberonés à ça. Dans l’absolu, je ne reconnais pas ces critères comme suffisants pour juger du plaisir (voir débat récent Trapet /vs/ Lambrays) mais comme des indicateurs de certaines capacités du vin tels que la garde ou la capacité à accompagner des mets puissants etc. et il me semble en effet que la longueur en bouche est mesurée justement pour évaluer à quel point cet équilibre est porté haut.

    Bebert
    Participant

    Luc :

    > A mon avis, le fait que des composés organiques
    > odorants passent directement du sol au vin sans
    > être transformés, ni par la plante, ni par les
    > fermentations, est encore plus improbable que le
    > passage de cristaux…

    Si j’ai demandé à un expert, c’est justement pour éviter qu’on se base sur nos aprioris du genre « encore plus improbable ».
    L’ingénieur ne m’a pas parlé de probabilité, mais de non-passage en ce qui concerne les cristaux par les racines, et il ne m’a pas parlé d’improbabilité, mais de passages réels et établis de molécules plus complexes par voie aérienne. Je ne l’ai plus sous la main, mais je pourrai lui demander des précisions la prochaine fois si tu veux. Je crois (mais mon avis n’est pas celui d’un expert!) qu’il est largement établi que les plantes communiquent chimiquement et hormonalement par les airs, ce qui implique le passage de molécules assez évoluées avec entre autre des fonctions aromatiques (au sens chimique du terme) et que c’est à cela qu’il faisait référence. En revanche, quand j’ai parlé du café qui prend le goût de banane, il a fait une tête un peu étonnée. Il n’avait pas l’air enthousiaste à l’idée que ces échanges pouvaient être suffisants en volume pour conférer du goût, il m’a dit que si cela se produit pour le goût de banane dans le café, il fallait chercher du côté des échanges par l’air et non pas l’absorption par les racines. Cela m’a surpris, mais je me contente de rendre compte de son explication. Il a aussi lancé une autre piste, c’est que des molécules qui ne sont pas les molécules aromatiques de la banane mais d’autres, déclenchent une production similaire dans les graines de café. Il m’a donné l’exemple des pommes qui dégagent des substances qui incitent les autres fruits à murir plus vite en leur présence. Il s’agit bien de composés chimiques qui sont échangés par voie aérienne entre les fruits, mais ce n’est pas la chair mûre de la pomme qui va dans la chair de l’autre fruit posé à côté, c’est une molécule dont il m’a donné le nom (oublié depuis) qui est transférée dans l’autre fruit et qui déclenche une accélération du murissement comme par un signal (?). Si le passage du goût de banane dans le café (que moi-même je n’ai pas eu l’occasion d’établir sérieusement) et réel et suit ce genre de modèle (et non un échange de molécules aromatiques goût banane : l’acétate d’isoamyle) alors cela pourrait fermer la dernière porte aux adeptes d’un transfert des saveurs issues de l’environnement directement dans la plante et par voie aérienne. Mais il m’a dit qu’il ne savait pas statuer sur ce point-là, qu’il ne pouvait pas fermer la porte à l’acquisition réelle d’un goût suite aux échanges de molécules aromatiques par voie aérienne. Simplement, sur ce sujet précis, il nous laisse sur notre faim ou sur nos opinions déjà arrêtées. Il n’est pas exclu qu’il pose, si on veut, la question à un collègue plus apte à répondre sur ce point précis à l’occasion.

    [Edit] NB : pour ceux qui ont besoin d’explications scientifiques pour avoir confiance dans ce que dit l’ingénieur, en restant simplement sur ce que j’ai appris au lycée, il est clair que les racines font des échanges par osmose, ce qui ne laisse pas entrer sans force électrique (ions), mais le reste de la plante a une énorme activité d’échange avec l’environnement par la respiration : comme nous, elle absorbe de l’oxygène et rejette du CO2 pour son métabolisme; et par la photosynthèse : elle absorbe du CO2 et rejette de l’oxygène pour construire ses chaines carbonées. Ces échanges sont très importants. Que l’acétate d’isoamyle ainsi que d’autres esters ou des composés aromatiques puissent passer ici, c’est sans problème, en revanche, il est probable, si j’ai pas tout compris trop de travers, qu’une fois dans la plante, ce genre de composés soient rapidement modifiés par de nouvelles réactions chimiques, et non nécessairement stockés sous cette forme. Il y a donc bien des incertitudes qui pèsent sur la théorie d’une absorption d’arômes par échanges aériens/gazeux, sans pour autant qu’on ait pu l’écarter avec les éléments en notre possession. Elle est peut-être valide et il n’est pas interdit d’essayer d’y répondre de façon claire.

    Bebert
    Participant

    Cher Hyllos,

    On est dans le forum Bourgogne là, et bien entendu tu as raison qu’on ne doit pas généraliser 🙂
    On peut aussi avoir des expériences très agréables sur fût en Languedoc ou Rhône, selon les cépages, mais en Bordeaux, c’est peu probable, d’ailleurs je n’y vais pas.
    Je ne veux pas généraliser, même en Bourgogne tout n’est pas formidablement bon sur fût, mais le vigneron à ce stade vous fait goûter le fût qu’il estime intéressant pour vous, certains choisissent un fût dans la moyenne pour donner une idée de ce que sera le vin au final, certains choisissent le fût le plus apte à donner du plaisir, certains font un mélange pour donner une idée plus juste de ce à quoi il faut s’attendre, tous éliminent ceux parmi les fûts neufs qui donnent une réduction (provisoire mais désagréable). Comme tu l’as bien remarqué, il y a une grande variation d’un fût à l’autre!

    En tout cas pour ma part, me faire une idée du millésime je n’en suis pas capable de façon fiable. J’essaye, mais autant 2005 m’enchantait dès le début, autant 2007 et 2008 me semblaient de très petites années, ce qui est faux (et même archi-faux pour 2008).
    Donc la curiosité, l’envie de comprendre font pour 40% de ma démarche de goûter sur fût, mais les 60% qui restent c’est pour le plaisir. Le fait que la malo ne soit pas terminée n’est pas rédhibitoire à mon avis, loin de là.

    Chez Trapet, les membres de la famille ont parfois des préférences personnelles pour tel ou tel fût : pour un même vin en fût, Christine ne choisira pas le même que Jean-Louis ou Andrée pour vous faire goûter.

    Bebert
    Participant

    Je suis surpris que tout le monde trouve beaucoup d’intérêt à goûter sur fût, mais que personne ne parle du pur plaisir. La malo terminée (même pendant) on a un fruit hallucinant qu’on ne retrouvera pas complètement après la mise, ou pas avant des années. Je suis peut-être un cas à part, mais dans mon « top ten » des meilleures dégustations que j’ai pu faire, l’une d’elle est sur fût, justement dans les caves de Trapet. J’ai maintenant ce vin en cave et je ne sais pas si lorsque je l’ouvrirai je lui retrouverai le même génie. Je pense que oui et plus encore, mais il faut attendre quelques années, et l’ensemble sera très différent.

    Déguster pendant l’élevage peut donc aussi être tout simplement une expérience de plaisir gustatif de haut vol 🙂

    Sinon pour le Clos des Lambrays (M. Brouhin est d’ailleurs un ami de la famille Trapet) je n’ai certainement pas dit que c’est un vin fluet. J’ai dit que je suis un fan de ce domaine et de ses vins (villages compris) et que je ne suis pas étonné qu’il reçoive des notes inférieures à celles que reçoit le domaine Trapet, néanmoins il est entendu que je ne lis pas les notes données par les magasines, ne leur accordant aucun crédit, et que je pense personnellement que le Clos des Lambrays est un des très grands vins de Bourgogne. Après sur la durée, il est évident que j’ouvrirai plus rapidement les bouteilles du Clos des Lambrays que les Chambertin de Trapet et que je n’en attendrai pas la même chose.

    Bebert
    Participant

    mathieu.gp écrivait: « Comment l’expliquez vous ??? »

    Ici on n’explique pas, on boit (vaut mieux qu’on boive d’ailleurs, dès qu’on arrête on s’engueule sur LPV).
    Le vigneron lui n’explique pas, il réitère le miracle année après année (et il boit aussi un peu à ce qu’on dit).
    Les scientifiques n’expliquent pas, ils disent que les paramètres sont nombreux et leurs donnent des noms (débattant longuement et passionnément de leurs corrélations éventuelles).
    Les commerciaux n’expliquent pas, il touchent leur marge (et s’ils ont bon goût, mettent quelques bonnes bouteilles de côté pour eux).
    Etc.

    Y a-t-il besoin d’expliquer le bonheur de toutes façons? On préfère tous un bonheur plus long (esprits tordus, s’abstenir!)

    [size=small]NB : le dernier article « scientifique » en date posté sur LPV concluait de servir le Champagne à 4° pour qu’il soit meilleur, alors pardonnez-moi de ne pas donner aux « explications » plus de crédit qu’il n’en faut… Je n’ai jamais trouvé qu’une explication rende un vin meilleur ;)[/size]

    Bebert
    Participant

    Tpoulain : [i] »On ne demande pas aux bacheliers autrichiens de se présenter, en même temps que leurs collègues français, aux épreuves de baccalauréat français. On a beau mettre des cagoules sur leur tête, les examinateurs sentiront la fumisterie au bout de quelques minutes…
    Ça a beau être des pinots à l’origine, mais le terroir n’est pas le même, la vinification non plus !
    Quel intérêt ? »[/i]

    TPOULAIN,

    Le débat de savoir si un vin doit être bon dans l’absolu, ou être bon « en tant que vin de telle appellation » a déjà été fait sur LPV, et la réponse a déjà été donnée :
    Les vins sont bons dans l’absolu, pas en tant que Vosne ou Bonnes-Mares, mais en tant que vins, point.
    D’où le malentendu si tu n’as pas suivi les débats passés qui ont statué définitivement sur le dogme LPVien qu’on ne peut pas remettre en cause, sinon, cela risquerait de faire faire des boutons à François, et c’est vrai que Luc n’a pas eu de formation médecine Troll lorsqu’il a suivi sa spécialité en 4ième année et qu’il n’a pas eu le temps de bien cerner le problème non plus durant son internat au CHU où les Trolls étaient mis à l’écart dans des services spéciaux. Donc il ne veut pas prendre de risques avec une nouvelle crise Francwodouzaisque Aigue comme celle qui avait gâché le millésime 2007 ou celle qui avait causé le phylloxéra à la fin du XIXeme.
    A partir de quoi on en reste là, c’est mieux pour tout le monde. Personne ne veut que 2011, si bien parti, soit gâché par une nouvelle crise, s’pa?


    Troll innocent.

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