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- 14 septembre 2008 à 12h00
- in reply to: Languedoc-Roussillon: vins surfaits..?
La guerre des exemples n’a pas tellement de sens. Généraliser un exemple ca revient à faire comme ces météorologistes de comptoir qui au grès des années changent d’avis sur le réchauffement climatique. Une canicule? C’est la preuve! Pas de canicule cette année? Le réchauffement n’existe pas!
J’ai eu des déceptions en Languedoc (Jullien 99) et des extases (Jullien 96 pour rester sur le même domaine). J’en ai eu aussi des déceptions et des extases sur le Bordelais. Mais la proportion d’extase est bien supérieure en Languedoc, et pour des prix largement moindres. Maintenant il est vrai que je commence à savoir choisir quels Languedoc acheter. En Languedoc comme ailleurs, il y a à boire et à manger; et je maintiens qu’une masse considérable de mauvais vins trop chers remplissent les étales des supermarchés de ma région! Des grands vins à 10 euros en Langedoc? Oui. Mais pour 10 euros il y a une majorité de saloperies!
Et si je vivais en Bordelais, ce serait certainement plus simple d’améliorer le ratio plaisir sur les Bordeaux…
Est-ce qu’une personne habitant Tourcoing aura aussi un ratio meilleur avec le Languedoc qu’avec Bordeaux? Possible mais j’y mettrai pas ma main à couper. Le Languedoc est une région qu’il faut un peu connaître, d’autant plus qu’elle est complexe. Les grosses étiquettes sont rares et finalement spéculatives, puisque peu de gens connaissent assez la région pour pouvoir acheter très bon sans se restreindre à quelques références médiatisées. Bref tout n’est pas (peyre) rose en Languedoc…Maintenant si on parle non des vins mais du terroir, je dirai que c’est un des meilleurs du monde 😛
Un dernier conseil :
Les grands du Languedoc contrairement à l’idée reçue sont des vins fragiles. Une mauvaise conservation les tue tout simplement là où un Bordeaux suporterait tranquille. Alors n’achetez pas un grand Languedoc dans une structure qui les maltraite (même de manière mineure) et gardez les dans un des meilleurs coins de votre cave. Jamais d’achat sur eBay.- 4 septembre 2008 à 21h43
- in reply to: Le Mas Jullien
Le Mourvèdre et la Carignan, je suis fan!
On a peut-être un problème d’image non des vins du sud, mais de ces cépages qui n’ont pas encore aquis leurs lettres de noblesse dans l’imaginaire collectif. Ca vient doucement.
Je sais pas trop quoi dire, la discussion est intéressante et j’aurais aimé continuer, mais j’ai comme le sentiment qu’on est pas du tout à notre place dans la rubrique Mas Jullien.
Un gentil modérateur pour nous déplacer dans Languedoc mais sous un nouveau titre?
Depuis le message de Jérôme (Date: jeudi 4 septembre 2008 08:38:53) je crois qu’on peut tout mettre dans un sujet different.- 4 septembre 2008 à 19h50
- in reply to: Terre des Chardons – Costières de Nîmes
J’espère Laurent que tu nous donneras aussi tes commentaires, je suppose que tu l’aimes puisque tu le fais goûter à tes amis 🙂
- 4 septembre 2008 à 18h16
- in reply to: Domaine Jean-Pierre Diconne, Auxey-Duresses
Dégustation au domaine en compagnie du sympathique et passionné Christophe Diconne, le fils, qui est depuis 2005 l’auteur des petites merveilles dont recelle ce domaine.
Les Blancs :
Auxey-Duresses Blanc Vieilles Vignes 2004
Nez minéral un peu cendré, fleurs fanées.
Bouche pleine de saveurs secondaires et tertiaires, et d’un gras très Meursault. Des arômes lourds qui offrent une superbe longueur.Meursault Les Narvaux 2004
Fruit réduit très expressif, bouche très arômatique secondaire et tertiaire, offrant dès maintenant un plaisir intense et pouvant être bu. Très belle acidité, très belle minéralité, très beau toucher. Longueur gras-citron. Excellent vin à boire ou à garder autant qu’on veut.Meursault Clos des Luchets 2004
De vieilles vignes produisant un vin au nez de vieux grand Champagne (!) avec une longueur fondante exceptionnelle. Excellent vin que je recommande fortement à tout amateur des complexités secondaires et tertiaires que sait engendrer le terroir de Meursault. A boire tout de suite ou à garder à volonté, plaisir intense.Auxey-Duresses Blanc Vieilles Vignes 2005
Ce vin est plus sur les arômes primaires, la fraicheur, la tension. De ce point de vue il est plus flatteur pour certains palais, il a un très bel équilibre de 2005, un joli poivré.Meursault Les Narvaux 2005
Nez de miel et d’abricots secs, un peu de sous-bois. Bouche présentant une jolie amertume ambrée et une longueur superbe et profonde, légèrement terreuse, de grand charme.Meursault Clos des Luchets 2005
Nez avec des notes animales et d’amande; de citron, de poivre. C’est subtil, fort, atypique. Bouche encore chargée d’arômes et de matière. Comme sur les autres blancs du domaine on fait s’exprimer fortement l’âge canonique des vignes. Ce vin sort pour moi de la série; je ne sais si cette profusion d’arômes est un plus ou un défaut; pour moi elle donne pour le moment un aspect plus brouillon que j’aime moins, mais la chose est discutable.Auxey-Duresses Blanc Terres Folles 2006
Beau fruit isu de vignes plus jeunes. Nez beurre persillé, jolie fraicheur dans une bouche encore un peu fermée, attendant avant de laisser peut-être bientôt les arômes sortir de leur coquille. Longueur semblant un peu alcoolique. De fait j’aime moins pour le moment, mais il faut attendre.Les Rouges
Auxey-Duresses Rouge 2004
Au nez une jolie attaque poivron (trop?) mentholée, fruit et chocolat blanc. En bouche jolie structure, rétro (trop?) mentholée, sureau, du fruit, de l’ampleur, de la minéralité et un très bel équilibre. La forte minéralité donne une finale au toucher argileux en continuité avec les tannins, qu’on peut trouver asséchante et pénalisante en dégustation mais qui sera une qualité à table.Auxey-Duresses 1er Cru Les Grands Champs 2004
Nez très fruité et élégant; presque bordelais (rive gauche). Bouche très intense avec quelques accents bordelais par son fruité encore, mais sans le boisé.Auxey-Duresses 1er Cru Les Duresses 2004
Plus masculin (café, musc, ambre) avec pivoine et fruits rouges, je lui trouve parfois une souplesse un peu gamay qui ne m’emballe pas. En outre, malgré son bel équilibre de premier cru, il présente une finale un peu asséchante. Je ne suis pas fan.Pommard Les Vignots 2004
Belle attaque, fine, atypique de Pommard par sa finesse, suivie d’une bouche par contre très classique et accompagnée d’une belle fraicheur. Bel « quilibre, ça vieillira très bien et ce n’est d’ailleurs pas encore prêt. Bon potentiel.Pommard Les Vignots 2002
Nez discret mais très fin. Bouche délicate et fraiche. Cette finesse atypique de Pommard est caractéristique des Vignots, c’est donc très conforme au terroir.
Jolie finale et longueur prunneau.Côtes de Beaune Village 2005
Belle entrée de gamme, très soyeuse. Bien sûr c’est aromatiquement moins fin qu’un premier cru, mais l’équilibre est excellent, du plaisir accessible facilement.Auxey-Duresses Rouge 2005
Plus en force et en caractère, mais la finesse est toutefois préservée : puissant mais délicat. Ca semble déjà en bonne partie ouvert et ça offre en tout cas beaucoup dep laisir.Auxey-Duresses 1er Cru Les Grands Champs 2005
Nez essentiel, assez animal, suave. Bouche àla structure élégante, c’est très beau, 2005 s’exprime avec bonheur comme un grand millésime parfaitement exploité. La longueur, jeune est encore fermée et demande un peu de temps.Auxey-Duresses 1er Cru Les Duresses 2005
La structure est ici plus ferme, plus riche, plus imposante; la rétro est géniale (chalereuse et généreuse) fraicheur et tension assurent un potentiel de garde. La longueur déjà jolie, a besoin de temps pour s’ouvrir.Pommard Les Vignots 2005
Ici encore 2005 s’exprime magistralement; le nez est enchanteur et on a beaucoup de finesse pour Pommard en même temps que toute la générosité d’un grand millésime. Longueur fraiche, acidité plus enrobée que sur les précédents.[size=large]Conclusion :[/size]
Des rouges remarquables sur 2004 et excellents sur 2005, toutes les robes sont d’une limpidité superbe, très propres.
Des blancs surprenants : le style Meurault s’exprime facilement par des arômes tout de suite secondaires et tertiaires un peu lourds. Mais qu’on ne s’y trompe pas: le vin lui n’est pas lourd comme cela arrive trop souvent à Meursault; la trame est au contraire vive et nerveuse. Le résultat est très plaisant : des vins dont les arômes assurent une longueur en bouche remarquable et entêtante de Meursault, mais dès leur jeunesse. Le style ne plaira pas à tous car on fait ici facilement l’économie de certains arômes primaires flatteurs dans la jeunesse; mais comme le vin est vif, très équilibré, c’est pour moi un travail remarquable et rare; dans un style différent des Meursault que je recherche souvent, et pourtant qui m’a complètement convaincu et profondemment charmé.Je recommande vivement de découvrir ce domaine qui offre des rapports qualité-prix imbattables (18 euros pour les Meursault les plus chers) et des vins vraiment merveilleux.
- 4 septembre 2008 à 17h24
- in reply to: Domaine Labry, Auxey-Duresses
Lors de mes passages en Bourgogne, je ne résiste jamais à m’arrêter à ce domaine qui est sur ma route et qui accueille toujours avec une gentillesse et une générosité exemplaires. Un large panel de dégustations est toujours disponibles pour les amateurs de passage, et beaucoup de passion.
CR:
Auxey-Duresses Blanc 2005
Nez sur des registres minéraux (senteurs de pierres humides), et bouche plus ronde par son côté alcoolique, qui ressort ici non comme un défaut mais parce que servi trop chaud (journée très estivale en Bourgogne lors de notre passage). Plus frais, il est plus à l’aise, voir c.r. de mon précédent passage ci-dessus.Auxey-Duresses Blanc 2006
Nez sur fruits vifs avec les mêmes arômes minéraux que ci-dessus, encore un peu fermé. Bouche minérale au toucher comme en saveurs; la longueur trahit un potentiel encore à venir : ça va s’ouvrir.Auxey-Duresses Blanc 2004
Le plus ouvert des trois, une amertume poivrée en plus, et aussi une belle minéralité.Hautes Côtes de Beaune Rouge 2006
La robe n’est pas assez limpide. Le fruité et la fraicheur insuffisants.
Belle structure cependant et vin satisfaisant pour son prix (8 euros)Auxey-Duresses Rouge 2004
Ici on a plus de finesse, la structure n’est pas assez délicate pour avoir le grand plaisir immédiat. C’est à garder un peu : sérieux, ambitieux et sans concessions, il se livrera mieux dans quelques années.Auxey-Duresses Rouge 2002
Au nez on est bien ouvert avec un fruité cassis. Les tannins sont encore jeunes, pas assez serrés pour que la tension soit de qualité optimale. Ils promettent encore meilleur pour bientôt, le fruit allant vers le mieux. Fraicheur, fruit… Je lui reprochais un peu de rondeur l’an dernier; cette fois-ci je le trouve assez abouti, à boire bientôt et il me plait beaucoup.Auxey-Duresse Rouge Cuvée des quatre Suisses 2001
Robe foncée mais propre. Nez très élégant acompagné d’huiles esentielles fraiches. Tannins plus serrés, très beau en bouche. Le tableau serait parfait mais on a une finale un poil trop sèche (il faut bien trouver quelques défauts :P)
Pour un 2001 c’est vraiment pas mal!Auxey-Duresses Rouge 2003
Je commence à me réconcillier avec. Pour mémoire j’avais été d’abord très déçu par ce vin qui manquait totalement pour moi de typicité Bourguignone. Et bien la voilà qui cet été commence à pointer le bout de son nez : joli fruit, fraicheur, l’acidité revient sur scène. Il me fait mentir, et sans toutefois dépasser en qualité les autres millésimes, il retrouve sa place dans une gamme de qualité.Monthelie 1er Cru 2005
Assemblage de « Champs Fulliots » & « Sous La Velle », la robe est foncée mais limpide, le nez et la bouche sont suaves, très respectueux de la finesse du terroir. Une jeunesse encore exubérante des tannins et une amertume impliquent un peu de garde pour en profiter au mieux. Un beau Monthelie ambitieux, fidèle, à la belle longueur tannique et griotte, qui manquerait peut-être un peu de pureté.Pommard 2006
Belle robe de Pommard, limpide pour l’appellation. Nez aux essences fraîches (lavande!) et fraise des bois. Accessible pour un Pommard jeune, mais plein de promesses. Tannins fins pour l’appellation qui prennent le temps de fondre lentement sur la longueur en bouche.Conclusion :
Ce domaine n’est pas encore au niveau des grands mais vaut le détour. En ce qui me concerne si j’avais une critique à faire, ce serait une impression d’extraction à peine trop poussée. J’ai envie d’un peu plus de clarté en bouche (et même à l’oeil) sur certains vins (étrangement sur Pommard ou ce n’est pas si courant, le travail est nickel). A ce sujet le domaine reste sur une attitude conservatrice qui me charme malgré tout; le puissant équilibre est fait pour durer en s’harmonisant avec un peu de temps.
Le bois est bien géré, participant modestement au toucher mais sans imposer ses arômes.
D’une façon générale le domaine oeuvre à améliorer la qualité, et depuis des années ils travaillent de manière raisonnée, avec des rendements réduits pour exprimer au mieux la qualité de ce terroir qu’ils aiment.- 4 septembre 2008 à 16h24
- in reply to: Le Mas Jullien
Un peu provocatrice, mais j’aime bien ton analyse Hyllos.
A défaut de partager toutes les conclusions, ça a le mérite de secouer un peu les neuronnes 😛
Si ce n’était pas hors sujet, je te demanderais bien quels cépages pourraient nous permettre de faire enfin (!) de bons blancs dans le Languedoc; mais ça risque de virer à la polémique 😀
Pour revenir au sujet, la capacité de Mas Jullien à préserver une acidité ferme est pour beaucoup dans la considération que j’ai pour le domaine -que je suis seulement en train de découvrir par petites touches.- 4 septembre 2008 à 16h00
- in reply to: Quels sont vos Champagnes références?
Ce n’est pas nouveau de dégorger un Champagne tardivement; beaucoup considèrent même qu’il se bonifie mieux ainsi qu’en bouteille. Le débat est ouvert car au final chez Bollinger le RD vieillit parfois moins aisément que le Grande Année si on prolonge en bouteille de nombreuses années.
Je n’ai pas un Champagne référence. Si je peux confirmer la qualité des propositions qui ont déjà été données, j’aimerais insister encore sur la diversité des styles, plusieurs types de Champagne qui peuvent chacun avoir une référence; j’en cite quelques-uns de façon non exhaustive (en caricaturant) :
Vineux et oxydatif — Selosse.
Vineux complexe — Bollinger.
Nerveux fin — Henri Giraud.
Vineux fin et vif — Larmandier Bernier.
Fin complexe uniformisé — Dom Pérignon.
Fin complexe exubérant — Krug.
Fin et rond — Jacques Beaufort.C’est un peu absurde d’associer une maison à un caractère de manière aussi radicale et unilatérale, et ma correspondance est très discutable; mais je veux surtout dire par là que tout dépend des goûts. Et encore on a pas parlé des Blancs de Blancs ou des Blancs de Noirs…
Chez Bollinger ou Krug par exemple les RD et millésimés sont extrêmement marqués par le millésime et d’une grande originalité. Il n’y en a pas deux pareils.
Chez Dom Pé c’est plus uniformisé à ce qu’on dit (je n’en ai pas grande expérience).Malgré son apparence « lissée » par les grandes maisons qui remplissent les rayons des supermarchés à Noël, la Champagne est une région aussi complexe et variée que d’autres; chaque vigneron et chaque maison a sa « vision » du vin de Champagne; comme ailleurs on commence par aimer celle-ci ou celle-là, et on finit par réaliser qu’elles ont toutes un grand intérêt.
Il faut simplement éviter les maisons qui font de très gros volumes et la quasi totalité des marques d’acheteur (MA). En bonus on peut aussi essayer d’être un peu exigeants sur la tenue des vignes et surtout des sols. La Champagne est une région très en retard concernant le respect des équilibres naturels en viticulture, en tant que consommateurs, on peut tenir compte des quelques efforts qui sont faits (et qui généralement payent au niveau gustatif 😉 ) par des vignerons qui commencent à prendre les choses en main. André et Jacques Beaufort à ce sujet fut un précurseur; mais Jacques Selosse (Anselme en fait) aujourd’hui est celui qui a fait le plus d’émules et a créé de nombreuses vocations dans ce sens. Toute une génération est en train de naître à sa suite de vignerons travaillant la terre superbement, et dans des styles eux aussi très divers.
- 4 septembre 2008 à 15h29
- in reply to: Moillard – Négociant-éleveur à Nuits-Saint-Georges
Ben je suis pas professionnel, mais pour moi, aucune valeur particulière :
86 n’est pas exempt de qualités en blanc, mais n’a aucun caractère spéculatif (c’est vraiment peu recherché)
En La Barre est un bon village, mais pas un premier cru, le négociant n’est pas des plus réputés; ça a désormais 22 ans…On ne peut rien promettre sur la qualité gustative (gros doute) et le prix restera celui qu’on est prêt à y mettre pour offrir à un jeune amateur né en 86.
Bref, faut pas en espérer la lune, ca se vendrait peut-être sur eBay 15 euros la bouteille? Il faudrait un peu de chance.- 4 septembre 2008 à 14h02
- in reply to: Le Mas Jullien
Les grands Languedoc sont des merveilles d’équilibre, et ils peuvent mettre beaucoup d’autres régions au défi côté fraicheur 🙂
- 4 septembre 2008 à 1h01
- in reply to: Le Mas Jullien
A table on pensait simplement que sur 99 le Jullien était plus fin; on avait tous beaucoup d’affection pour le Mas Jullien en général, et le 99 qu’aucun d’entre nous n’avions goûté jusque-là a une réputation très solide. Ce vin nous a beaucoup plu, mais était un poil en-dessous de cette réputation pour nous. Une petite déception donc, simplement parce que ce millésime ne nous a pas semblé être au sommet de ce que peut faire le domaine. Luc, bien vu : c’est absolument vrai que si cela avait été un Bordeaux nous n’aurions même pas fait la remarque. Mais soyons clair, d’un Bordeaux même bien classé, j’attends moins que d’un Jullien. C’est à prendre comme un compliment bien entendu 😉
Quant à Romain Pauc, je ne connais pas ses vins quoiqu’il doit en trainer une ou deux bouteilles dans ma cave. Je ne saurais donc trancher sur la qualité de son élevage et j’ai transcrit les commentaires de mes invités sans intention particulière à propos de La Voulte Gasparet.Jérôme, j’ai bien lu le crédit que tu portes à ce 99. Or c’est bien la réputation qu’à ce millésime chez les amateurs de Languedoc. Il n’est pas exclu que je le regoute un jour (c’est même presque certain puisqu’il m’en reste une bouteille), il sera alors plus longuement carafé et peut-être plus à son aise 😉
Rassurez-vous ça ne mettra pas un terme à mon intérêt pour la découverte des millésimes du Mas Jullien qui est un domaine épatant; j’ai un Cailloutis prévu pour la semaine prochaine. A suivre.
- 3 septembre 2008 à 20h50
- in reply to: Le Mas Jullien
CR: [b]Mas Jullien
Coteaux du Languedoc
1999[/b]
Ouvert à l’avance et dégusté à l’aveugle par mes invités. Voici ce qu’ils en ont dit :« D’emblée, c’est un grand Languedoc. On sent l’élevage au nez; ça fait grand vigneron du Languedoc sur 2000 ou 1999. Mas Jullien? »
Mes yeux restent de glace comme il se doit.
« Au nez le bois est trop lourd; en bouche c’est très élégant avec des notes champignon. La bouche est d’Olivier Jullien, mais le nez est de Romain Pauc. »
Sommés de se lancer ils proposent :
– Un vin du sud sur 2003.
– La Voulte Gasparet 2000.
– Mas Jullien 2003.Notes :
Une très belle palette aromatique, durable et profonde, mais c’est un peu extrait et on a des notes de fût un peu sale au début, ainsi que d’un élevage trop marqué. Cet élevage se fond un peu au carafage, et les notes gourmandes s’expriment mieux à la fin du repas : une harmonieuse sensation de yahourt onctueux à la vanille, veloutée.Perçu comme un très grand vin par tout le monde, il offre du plaisir et impose l’admiration.
Néanmoins une fois dévoilée l’étiquette, on se prend à une légère déception : Pourquoi un élevage aussi marqué dont on aurait pu faire l’économie? Niveau finesse, on attendait un peu plus de 99 qui a très bonne presse chez O. Jullien…A bien y réfléchir, ces années là (95-00), la mode est en Languedoc un peu plus portée sur l’extraction que sur la finesse. Le Mas Jullien n’y a logiquement pas échappé et nous a tout de même offert un excellent moment de dégustation.
J’avais aussi un peu sous-estimé le temps d’aération nécessaire: j’aurais du procéder d’emplée au carafage.Un pirate était servi à côté :
[b][i]Terre des Chardons
Le Bien Luné
Costières de Nîmes
2007[/i][/b]
50% de la table a préféré le pirate, qui est, il est vrai, un vin bleuffant, pour moins de 8 euros (c.r. rubrique Rhône).- 3 septembre 2008 à 19h52
- in reply to: Terre des Chardons – Costières de Nîmes
Le Bien Luné 2007 servi à l’aveugle. Une confirmation s’il était besoin.
Voici ce qu’en ont dit mes hôtes en buvant ce vin à l’aveugle (sans aucune indication) sur du canard.
Nez floral plein de fraicheur fruitée, artichaud.
Bouche de belle fraicheur, de belle longueur. Poivre, poivron rouge mûr, violette massive, beau toucher.Il a été pris pour L’Anglore 06 par le seul à avoir proposé un nom.
Conclusion : « C’est super bon, on aime le contraste entre le toucher doux et les saveurs de vin sec. » Une personne le trouvait toutefois « trop masculin » pour elle, avec une acidité trop marquée.
Ce vin a été servi à côté de Mas Jullien 1999 (Coteaux du Languedoc) que nous avons beaucoup aimé. Pourtant à l’aveugle, la moitié de la table a déclaré préférer le Bien Luné, professionnels inclus, et comprises aussi des personnes qui avaient reconnu le Mas Jullien!
- 3 septembre 2008 à 19h43
- in reply to: Terre des Chardons – Costières de Nîmes
Le Bien Luné : Un grand vin qui mérite qu’on en parle un peu plus.
Depuis le début de l’été, ce vin a évolué. Il s’ouvre, sa structure serrée et très Rhône, intense mais toute en souplesse s’exprime de plus en plus précisemment.
Il y a à mon sens deux façons de le boire :
– A l’ouverture de la bouteille où le vin se montre de fruit jouissif et d’une texture sublime et encore relativement légère.
C’est à mon sens la meilleure façon de se faire plaisir si vous voulez le déguster simplement ou le boire avec des plats légers.
– Après un long carafage ou quelques jours d’ouverture (la veille au moins) pour qu’il s’ouvre absolument. Le toucher deviendra plus profond, minéral, en continuité avec ce fumé qui envahit la finale avec intensité. Très intense, il peut alors s’avérer too much si il est bu seul. Il sera parfait avec de la grande cuisine gouteuse.Dans les deux cas, il faut préserver sa fraicheur. A 18° ou plus, la structure et le fumé peuvent dominer le fruit, et commencer à donner de l’amertume; faisant passer les convives sensibles tout à fait à côté de ce superbe vin. Cet été, il était au mieux bien frais, à la sortie du frigo, pour le voir évoluer dans le verre.
Ces conseils sont certainement assez adaptés aussi aux autres rouges du domaine que je n’ai pas encore servis à table (un peu de patience…) pour m’en assurer.
Le blanc, la Clairette, est superbe, mais c’est un vin vineux qui mérite autre chose que des coquillages! Il lui faut de la cuisine, de la vraie, et de l’aération.
- 3 septembre 2008 à 19h29
- in reply to: Terre des Chardons – Costières de Nîmes
Dégustation au domaine Terre des Chardons
Bien Luné 2007 (50%Syrah 50%Grenache)
Nez : Un fruit frais de remarquable intensité avec cassis, agrumes, pamplemousse, la fraicheur est époustouflante.
Bouche : Un toucher superbe, un fumé qui est apparu après de nombreuses heures d’ouverture et qui signe ce domaine ainsi que quelques grands rhône. Les tannins sont fins; depuis l’apparition du fumé, on peut reprocher une longueur amère, mais seulement s’il est servi trop chaud. Parfums lichee et eucalyptus.Marginal 2007 (80%Syrah 20%Grenache)
Nez très intense, toucher d’une superbe élégance, aussi superbe que sur Bien Luné, plus fin encore. Finale très élégante sur un impressionant paplemousse.
Pas meilleur que bien luné, mais plus fin et plus solidement équilibré.Discret 2007
Des tannins très serrés, une grande fraicheur, un potentiel de garde évident. C’est le vin de garde du domaine; il y en a assez peu de bouteilles.Marginal 2006 (90%Syrah 10%Grenache)
Toujours un magnifique toucher, le fruit est moindre que sur 07, la finale reste fumée et fraiche avec toutefois un poil trop d’amertume (ce vin devrait être servi un peu plus froid).Marginal 2005
Puissant, il a nécessité du bâtonnage pour rester souple. Le résultat est superbe, élégant, impressionnant.Clairette 2006
Nez poire dense et mûre.
Bouche : belle texture soyeuse, une fraicheur parfaite.
Très joli, vineux, c’est pas une clairette pour les coquillages. A l’ouverture de la bouteille ca perle un peu. Carafage nécessaire (ou ouverture des heures avant.)Clairette 2007
Encore confuse pour le moment, il faut attendre pour la juger.Eloge d’automne 2005
Nez : Miel épicé, fruits sec et confits, abricot, noix du brésil.
Bouche : Fraicheur prunneau et lichee, voire date.
Superbe.Conclusion :
La vigneronne procède à un travail de la terre puis de la vigne patient et exemplaire; tout est travaillé en bio dans un grand respect des vertus naturelles de la végétation et du sol, qui mène à une expression de terroir magnifique. Ce travail, en plus de nous offrir des vins d’une qualité exquise, démontre le potentiel immense de ce terroir des Costières de Nîmes qui exprime les qualités de très grands vins du Rhône. Il y avait besoin d’une personnalité aussi perfectionniste que Julie pour le démontrer aussi brillemment.Il m’arrive parfois de juger avec moins de sévérité les petits domaines qui font des vins pas chers et d’avoir des propos encourageants. Ici on a bien des vins pas chers, mais inutile de faire preuve de gentillesse pour dire d’emblée que c’est une grande vigneronne, géniale, et un excellent terroir très bien exploité : le résultat est là, les vins sont « donnés » (entre 7 et 12 euros), mais ce sont de grands vins, je ne saurais jamais assez vous les conseiller.
- 31 août 2008 à 0h21
- in reply to: quels sont les vins qui pour vous représentent le mieux le Languedoc ?
Jérôme c’est une manière que j’ai de concevoir une typicité qui ME PLAIRAIT. Loin de moi l’idée de l’imposer!
Quand aux supermarchés, y trouverait-on du Romanée-Conti, cela ne prouverait pas qu’ils respectent la nature du vin; je ne pense pas avoir prétendu qu’il n’y a pas de bons vins aux supermarchés…
Juste un énorme risque de se faire entuber en achetant un vin maltraité, éventuellement de qualité volontairement inférieure à celui vendu dans les circuits professionels, et parfois… dont l’étiquette a été carrément traffiquée!Bref je devrais même pas répondre à ce commentaire parce que maintenant, voilà le hors sujet :/ Mon avis sur les supermarchés n’est que le mien; il est peut-être partial, je ne souhaite surtout pas l’imposer… Il ne méritait même pas qu’on le notat.
- 30 août 2008 à 16h26
- in reply to: quels sont les vins qui pour vous représentent le mieux le Languedoc ?
Je n’arrive pas à dégager de typicité Languedocienne. Cette espèce est en cours d’évolution rapide.
. . .
Si le vin typique était le vin moyen, il s’agirait d’un vin
– un peu alcoolique,
– à la structure vulgaire,
– mal équilibré,
– vieillissant mal,
– vendu en supermarché,
– bien trop cher pour ce que c’est.
Voilà en moyenne le Languedoc le plus consommé dans le monde. Il faut le fuir; j’espère (pour moi) et je crains (pour les producteurs) que celui-là va, en bonne partie, disparaitre.S’il faut en citer un, je peux en citer cent, mais préfère ne rien dire.
. . .
Maintenant si le vin typique du Languedoc est le vin que j’aimerais être typique du Langudoc (et il m’apparait que c’est peut-être ça la question?) je verrais probablement plus un vin
– généreux,
– à la structure harmonieuse et gourmande,
– très équilibré mais orienté sur le plaisir,
– buvable relativement vite mais se bonifiant toutefois,
– vendu dans des circuits respectueux de la nature du vin,
– très peu cher par rapport à ses concurrents d’autres régions, un vin abordable pour qu’on puisse le boire souvent, mais dont la qualité est irréprochable.S’il faut en citer un, Clos Marie : L’Olivette correspond bien à mon portrait robot.
Mais d’autres ont été proposés qui ne me choquent pas, y compris dans des gammes de prix plus élevées, car représentant des sommets que le terroir d’ici peut atteindre. Et c’est à mon sens un des plus beaux terroirs du monde.- 30 août 2008 à 6h37
- in reply to: Champagne Krug
Ah! Si tous les LPViens avaient pu recevoir du Krug pour leurs 20 ans… On pourrait organiser une belle verticale 🙂
Bravo pour ce compte rendu. Je n’ai aucune critique à faire, mais j’aurais aimé qu’on me parle un peu de la longueur en bouche, la Grande Cuvée de Krug pouvant donner des subtilités incomparables dans ce domaine.
A bientôt, et au plaisir de lire tes prochains C.R.- 30 août 2008 à 6h26
- in reply to: Domaine Escoffier : un geste qui mérite d’être souligné
2/ cela pose une nouvelle fois la question de la maîtrise des circuits de distribution
La question ne se pose plus du tout pour moi : hors de question d’acheter du vin en grande surface.
La question que je me pose vraiment c’est : pourquoi des personnes continuent de fréquenter ces lieux maléfiques?- 27 août 2008 à 8h37
- in reply to: Château L’Aroc (Haut Sauternes)
Oui je ne peux pas prétendre en connaître la cause. Ca pourrait ne pas venir du bois (ça me surprendrait m’enfin…) et ce n’est pas la première fois que je bois un liquoreux des années 50 où cette sensation domine et écrase l’ensemble; le dernier était un Cérons 59 relativement semblable.
Le Cérons était vraiment pas terrible, alors que L’Aroc était disons agréable sans plus.Une hypothèse serait que le liquide a dans les deux cas été remplacé; mais franchement ceux qui font des faux préfèrent gagner 2000 euros avec un vrai-faux Yquem (beaucoup ne se gènent pas) que 50 euros avec un pauvre L’Aroc. Va savoir.
- 26 août 2008 à 16h42
- in reply to: Château Palais Cardinal-La Fuie — St Emilion Grand Cru
CR: [b]Château Palais Cardinal-La Fuie
St Emilion Grand Cru
1988[/b]Nez : D’un sous-bois/vieille-écorce au fruit frai à l’ouverture, il évolue peu à peu en fruité cassis accompagné d’odeurs minérales dans un ensemble suave.
Bouche : Bien tendue, peu expressive à l’ouverture mais s’embellissant avec l’air, elle est caractérisée par une sensation de pureté arômatique (complexité sans confusion) c’est frais et droit, très 88, ce qui donne un côté rive gauche à ce Saint-Emilion. Le bois est (trop?) présent; on note des saveurs de cynorhodon.
Longueur : Très belle et durableConclusion : Ca reste un peu léger pour se comparer à un 1erGCC mais c’est super bon, j’aime décidément ce millésime à Bordeaux, exprimant un parfait équilibre entre un fruit-plaisir et une certaine sévérité que j’avoue apprécier. De plus la longueur est splendide, expressive, délicate, toujours un peu sévère, ce qui me fait dire qu’il y a là une jolie réussite.