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- 2 décembre 2007 à 20h34
- in reply to: Château La Tour Figeac, Saint-Émilion
CR: Château La Tour Figeac, Saint-Émilion, 1999
Pas de nez à l’ouverture, puis nez de Merlot, rond presque sucré, dominante de cerise, on la retrouve en rétro-olfaction. Le goût est sympa, même s’il reste une sensation alcooleuse très noyau de cerise. Structure Cabernet, mais très fondue (le Merlot domine). L’acidité se cherche, décelable seulement en fin de bouche.
Le lendemain, le fruit aura disparu, restera du bois et un goût de Cabernet-Merlot de n’importe ou de nulle part, sans personalité aucune, sans amertume, sans acidité, sans goût gênant ni aucune accroche. Entre temps la couleur a changé, passant de rubis foncé à un pourpre un peu mat.
- 2 décembre 2007 à 20h24
- in reply to: Broadbent … Decanter
C’est amusant de constater qu’on s’écharpe sur le post Nossiter, pour tomber complètement d’accord sur le post Broadbent, qui ne dit rien d’autre que ce que dit Nossiter.
A ce propos, avez-vous lu l’échange avec Oz Clarke dans la revue:
MB « Don’t get me started on consultants… »
OC « But they won’t do it, because they won’t get more than 89 points in what I call the « major international wine press ». I don’t have any problems with the personality involved, but I do have a problem with one person having such influence. Some critics in the UK think they’re rather powerful, but actually none of us is. That’s exactly how it should be. Wine is wonderfully subjective, and if one person’s view dominates the market, it destroys the gorgeous sense of uncertainty, which is what wine is all about »
MB « His influence has been disastrous. Neither mention « him » by name.
A propos de « the personality involved » j’espère que Gastronomix ravalera ses propos qui évoquent les bruits de botte sur la personalité de Nossiter
- 30 novembre 2007 à 2h07
- in reply to: Château Boyd-Cantenac, Margaux
CR: Boyd Cantenac 1999
Il s’est ouvert! Une finesse toute margalaise, aérien, très cohérent du nez à la bouche, sans aucune épaisseur, ni lourdeur, ni bois envahissant. Des petits tannins très fins. Dommage que la finale s’évapore, car tout était bien parti… Manque la longueur
- 26 novembre 2007 à 23h55
- in reply to: Château Calon Ségur, Saint-Estèphe
Ben, vu que le fruit du Clerc Milon 2001 est parti maintenant (cf le post sur ce vin), et que je ne suis pas un oenologue mais un amateur, je ne sais trop quoi répondre… mais je vais tenter
Je ne comprends plus rien à l’évolution du Bordeaux de la dernière génération. J’avais acheté des 86 à 90 que je termine, je suis parti vivre à l’étranger, où j’ai beaucoup bu de 82,83,85 dans les années 90, avec beaucoup de plaisir (les seules bouteilles décevantes étaient plus anciennes).
J’ai découvert les primeurs avec 99, joujou avec lequel j’ai pratiquement arrêté de jouer après le millésime 2004. Alors, j’essaie de-ci de-là de goûter des Bordeaux qui pour moi se boivent plutôt après 15 ans, car je trouve que 99 est déjà en train de passer, que 2000 n’est toujours pas agréable.
Puisqu’il semble qu’il faille consommer ces vins pour le plaisir d’un équilibre qui n’est plus leur but premier (maintenant il faut que ca se « goûte »), alors je zappe moi aussi, bien qu’un peu largué par cette région dont je me désintéresse maintenant (c’est nul je sais avec une cave où se trouvent quelques 400 bouteilles de Bordeaux).
Pour être précis, j’ai tenté en 2005 encore des primeurs, pour l’essentiel avec des Bordeaux à moins de 20 EUR, pour voir puisque cette année-là paraît-il tout est bon. Bon, assez digressé…
Si je n’en avais plus que deux, je les boirais maintenant (ce que j’ai fait avec Montrose 1998, pourquoi attendre quand c’est bon?), il en reste 11, alors… Bon, allez, je me lance, je pense qu’il tiendra, car son acidité n’est pas enveloppée dans du « jus de peau » lourdingue qui me fait craindre que ces vins « modernes » vieilliront mal (commme moi?).
C’est un peu ce qui est arrivé par contraste au Clerc Milon. Sa sévérité n’est plus soutenue par aucun fruit, il ne reste qu’une forêt en bouche (je préfère le thé, les arômes de bois y sont plus fins).
Assez de bla bla!
- 26 novembre 2007 à 19h03
- in reply to: Domaine Olivier Leflaive, Puligny-Montrachet
Eh ben Bebert, vous faites du Nossiter sans le savoir, ou au contraire en l’assumant pleinement! Mais comme sur le post Nossiter, surtout ne pas soulever le voile sur le biz du vin, ni la personnalité de ceux qui le font!
Je reste aussi surpris que vous qu’un site comme celui-ci ne fasse pas plus grande place à un peu de polémique (pour le reste les critiques font le boulot!), et moins grande place au posts d’une ligne qui souvent n’ont rien à dire.
Quant à OL… Les Champs Gains 2002 était une bouteille ennuyeuse récemment, (mais 2002 semble se goûter mal en ce moment). J’ai de bons souvenirs de Chassagne village 1998 et 1999, très expressifs et très bien faits. Je n’ai jamais eu de grande déception, mais contrairement à Olivier Dancer, Bernard Moreau, Marc Colin (ce n’est pas exhaustif) je n’ai jamais été « très impressioné ».
- 26 novembre 2007 à 3h30
- in reply to: Domaine Rossignol Trapet, Gevrey-Chambertin
CR: Beaune Teurons 2004 a fait l’épate avec un potof entre amis récemment, je vais finir vite les 6 bouteilles que j’avais acheté, un superbe fruit, une texture chatoyante et une belle longueur portée par l’acidité toute discrète
CR: Gevrey-Chambertin village 1999 s’est bu tout seul ce midi, une invitation à découvrir les 1ers et grands dans quelques années, il commence tout juste à se mettre en place, il fait « jeune », mais offre déjà la complexité qu’on peut attendre de son âge
CR: Chambertin 1997 du domaine reste une de mes plus belles expériences de ce village!
- 26 novembre 2007 à 3h24
- in reply to: Château Calon Ségur, Saint-Estèphe
CR: Calon-Ségur 2001
Quelle belle bouteille! Une belle structure, avec un beau fruit, une finale un peu amère qui n’était pas pour me déplaire… J’ai aimé la couleur de ce vin, claire, son acidité aussi, et sa belle longueur!- 26 novembre 2007 à 3h21
- in reply to: Château Clerc Milon, Pauillac
CR: Clerc-Milon 2001
Ma première bouteille de 2001 il y a 2 ans m’avait beaucoup plu, un peu dur, un peu foncé, mais long, sévère mais fruité.La 2e de ces derniers jours (difficile de la finir), un nez de saucisse de morteau, une bouche de bâton de vanille, une belle couleur médocaine pourtant, et une finale indéfinissable autrement que « jus de planche »… Bon, j’espère que c’était juste parce-que celle-là était la fin du fût (à moins que cela n’ait aucune importance, j’en sais rien),,,
- 22 novembre 2007 à 15h55
- in reply to: Parker, Nossiter & la gestapo
J’espère que ceux qui aiment comme moi ce bouquin donnent envie à ceux qui ne l’ont pas lu l’envie de le lire. Depuis quand a-t-on besoin de partager toutes les convictions d’un auteur qu’on apprécie? Cette remarque pour ceux qu’il rebute d’avance (des lecteurs d’étiquette?)…
Quant au débat sur la démocratie, les racines, l’identité, attention de ne pas faire de confusion que Nossiter essaie soigneusement d’éviter (sa quête du terroir, sans réponse tranchée par exemple) et surtout pas comme nous le rappelle sagement Mr Audouze sur un site dont ce n’est pas l’objet. Puis-je vous inviter à d’autres lectures, pour une révision de l’histoire du concept de démocratie, je vous invite sans polémique à lire « le désenchantement du monde » de Marcel Gauchet, mais je me contredis moi-même, là n’est pas le sujet.
Quant au terroir, quand dans le bouquin Roulot ou Lafon descendent Deiss, c’est parce qu’ils lui reprochent cette mise en valeur du concept « le terroir c’est moi », alors que le terroir c’est surtout l’empreinte des hommes sur un lieu, non? Bref, j’ai trouvé que Nossiter invitait mieux que Bettane a réfléchir sur l’empreinte des hommes sur le vin. Bettane est quant à lui un bien meilleur dégustateur, bien plus « responsable », bien plus « exhaustif », et alors?
Il se sent encore le besoin de se justifier? C’est dommage…- 21 novembre 2007 à 3h10
- in reply to: Parker, Nossiter & la gestapo
Mr Audouze
1. qu’avez-vous fait personnellement pour le sauvetage des vins bas de gamme ?
Il ne s’agit nullement de sauvetage, juste de goût, je les préférais plus légers (dans le Sud) moins noirs (à Bordeaux), moins uniformes (à ce parfum de banane…) en Beaujolais ou Rhône
2. en quoi le fait de boire des vins supérieurs serait un comportement anti-démocratique ?
Le fait anti démocratique est de racheter Yquem, Cheval Blanc et d’autres, d’en faire des produits de luxe « globaux » dont le prix n’a rien à voir avec sa valeur de production. J’aime bien le côté Asterix de notre culture chez des vignerons comme Arena ou Deiss… Et non, je n’aime pas payer la marque
A Aleria, il s’agissait de sauver une production « bas de gamme » pour éviter qu’elle ne tombe dans l’imbuvable, ce que n’ont réussi ni la Corse ni Bordeaux aujourd’hui… Tant pis pour eux à la fin
3. au nom de quoi interdirait-on la libre décision d’un vigneron de vendre son vignoble ?
Le Veau d’Or est toujours d’actualité. Je reste persuadé, qu’en matière économique, la personnalité des dirigeants compte, alors qu’en dire en matière de goût?
Gastronomix
Le débat n’est plus un débat gauche-droite, s’il pointe du doigt ces hommes politiques qui se font élire au moyen de campagne de lessiviers, pour les opposer à « d’autres » (il ne les nomme pas) qui auraient juste une certaine fidélité à leur engagement initial (c’est ce que je comprends d’une lecture que j’ai personnellement apprécié), oui, cela rejoint ma réponse à la question 2 de Mr Audouze.
Sur deux citations, je veux bien des pages de référence pour illustrer votre jugement:
« ses attaques en règle contre le Bordelais sont ridicules. Ce garçon est un grand ado en mal de racines (personnelles ?). Il ne cesse d’opposer une Bourgogne idéalisée à un Gironde mercantile. Il y a un recul proche de zéro dans ce genre de jugement »
« sa portée au pinacle du terroir (et rien d’autre), je la trouve pathétique. Nossiter, qui profite de ses pérégrinations pour faire la chasse aux ex-collabos, n’est pas à une incohérence près »
Mr Bizeul
Je rejoins vos critiques sur la duplicité des discours rencontrés sur le sujet. Alors faut-il s’interdire de prendre position? Et rester politiquement correct?
Quant à la couleur, c’est bien de se moquer, mais 1990 était aussi mûr que 2000 et n’était pas aussi coloré…
Comme dit Herve2… Oups, désolé
- 20 novembre 2007 à 2h38
- in reply to: Parker, Nossiter & la gestapo
Puisque Nossiter fait la part belle à Jacques Dupont…
https://www.lepoint.fr/content/vins/article?id=199548
Puisque les passionés du vin (ou de sa dégustation?) se moquent de la production bas de gamme qui leur passent dessous, oui bien des combats ne valent d’être menés, cela participe bien de la perte de substance de notre démocratie… « Puisque je le vaux bien » comme dit la pub, et bien « je me le paye », et « pas de discussion »
Mais ce qui vaut bien le combat c’est d’éviter que certains rachètent aussi les vignobles de Bourgogne (Pinault a déjà dégainé malheureusement) et fassent monter les prix de façon à ce que nous n’en achetions plus, et cela je le crains, et je souscris aux échanges entre les vignerons bourguignons et Nossiter sur ce point.
Pourquoi? Parce que comme l’affirme Nossiter, une bouteille c’est aussi une évocation, et en Bourgogne on garde trace de tel vigneron, grincheux, ou bien timide, ou encore pédant… En Bordeaux, on se souvient d’avoir double cliqué!
Quant à savoir s’il n’influera sur rien, encore une fois, de bien grands monsieurs très influents du vin ont le même ton que Nossiter sur Parker, je me répète: Hugh Johnson et Michael Broadbent.
Et enfin, le Bordeaux noir comme de l’encre, ca vous plait vous?
- 18 novembre 2007 à 22h25
- in reply to: Parker, Nossiter & la gestapo
Oui, il y a de bien meilleurs vins aujourd’hui qu’avant (c’est-à-dire dans les années 70 pour ce que j’ai pu goûter) en Bourgogne. Non, la qualité ne monte pas à Bordeaux à mon sens. Je ne vois pas l’intérêt qu’il y a cacher l’architecture (je ne trouve pas d’autre terme pour évoquer la structure au palais) du Cabernet dans la surmaturité et le bois, au prétexte qu’il faut que ce soit rond comme un Pomerol.
Mais la dénonciation de Nossiter n’est pas là, car en-dehors de Beychevelle, et d’un vigneron de Saint-Julien que je connais pas, il se garde bien de formuler aucune critique sur cette région. Où je le rejoins, en tant que polémiste, c’est dans sa dénonciation de la malbouffe, et personne ne criera jamais assez fort contre les pinardiers qui font ces vins lourds et prise de tête.
Un exemple? En rentrant sur Brittish Airways vendredi, on me propose au choix: Dourthe n°1 ou Maison Sichel, AOC Bordeaux 2005, En 2005 tout est bon? J’ai pris au pif le Dourthe, bonne pioche! Aucun nez, c’est noir, sirupeux, un peu sucré, ca n’a aucun parfum et un peu trop de goût de… j’en sais rien moi… de peau de raisin plutôt que de jus de raisin.
Alors Parker, ca l’énerve d’être associé à ca, parce-qu’il s’en fout lui, il ne boit jamais ces vins là, et il ne veut pas en boire. Il fait même tout ce qu’il peut pour aider pléthore de vignerons qui font du bon Bordeaux à prix correct, avec ses critiques positives de Côtes de Castillon, de Blaye, etc… Le fait est pourtant que le mauvais Muscadet à 11c, la piquette a été remplacée par le viognier grillé au soleil et élevé à je ne sais quelle chimie qui donne un goût de bonbon industriel,
Et hier soir alors? On s’est amusé à comparer Beaune 1er cru les Theurons 2004 Rossignol Trapet, avec un Pinot noir Port Philips (Australie, 2003) et un Mount Difficulty (New Zealand, 2001). Les deux derniers étaient plus ronds en attaque, plus alcooleux (au détriment de la longueur qui semblait disparaître en fin de bouche sous l’emprise de l’alcool), 14C… et notre 13C de Beaune? Plus « vert » en début de bouche, pour beaucoup plus de finesse et de longueur. Sur des critères de dégustation Parkerisés, ils avaient à peu près tous la même palette de fruits pourtant. Et quand c’est Hugh Johnson (A life uncorked) qui dénonce Parker plus violemment que Nossiter, ca en fait tout un plat?
Le débat jeune pas bon / jeune bon est faux à mon sens. Un exemple? Beaune Theurons 2002 est beaucoup plus prometteur et beaucoup moins bon aujourd’hui que 2004. Pourtant je suis d’accord pas bon c’est pas bon et ce ne sera jamais bon, mais 2002 en Bourgogne aujourd’hui, c’est pas « bon » pour qui n’a aucune idée de la manière dont il peut vieillir.
Nossiter parle du Brésil en exemple du fait que dans ce mouvement, cette remise en question, il faut faire attention de préserver la notion de « vin fin ». Pour moi c’est une très belle qualité pour un vin, d’être fin.
- 15 novembre 2007 à 19h43
- in reply to: Parker, Nossiter & la gestapo
Tout d’abord Nossiter ne fait aucun parallèle entre une situation politique conflictuelle. C’est Parker qui fait ce parallèle douteux, toujours cette bonne vieille technique d’avocat devenu communicateur, on utilise les arguments de la partie adverse de manière outrancière afin de les tourner en ridicule. Si Parker se sent visé, je pense que ce n’est pas en tant que dégustateur (car Nossiter montre bien tout le respect qu’il a pour des gens qui ne boivent pas comme lui), mais bien en tant que communicateur.
Et lui ne se pose pas en « évangéliste » (au sens imagé donné au terme depuis les « télévangélistes ») mais bien en polémiste, posture qui me semble effectivement pouvoir recevoir un certain écho dans un pays comme la France, ainsi que son film l’a montré.
Nossiter nous écrit du Monde, pas de la France, quand bien même il parle d’Auchan. Ici à Londres, chez Sainsbury’s, Mark’s and Spencer, Somerfield, voire Odd Bins, etc.., les rouges type lourdingues de sucre, de ferments artificiels, à 14C et au goût de fanta raisin dominent. Et encore, il y a pire, tous ces blancs au goût de bonbon tout aussi artificiel.
Quant au fait qu’il détruit Parker, ne serait-ce pas l’inverse? Encore une fois, relisez ses pages sur Parker.
Et en tant qu’amis du vin, oui il sera dur de reboire des Bordeaux 1986, si durs, si tanniques jeunes, qui sont des vins d’une immense classe à mon goût aujourd’hui. Car trouvera-t-on encore des vins durs dans leur jeunesse? Je trouve 2000 à Bordeaux aujourd’hui terrible d’ennui, c’est noir, trop dense, et semble ne rien promettre (mais j’espère me tromper). Alors oui, comme Nossiter, ma cave s’allège en Bordeaux, s’allonge en Bourgogne (c’est étrange comme par coincidence, beaucoup sont en bio, sans faire exprès…)
Et comme Nossiter, il faut se contredire soi-même, car avant tout il est question de se remettre en question, alors il révèle à la fin que Trapet n’est pas si policé que ca… Quant à moi, ma dernière bouteille, Calon-Ségur 2001, était fantastique, rien à lui reprocher, surtout pas cette petite amertume sur le palais après l’attaque, 12.5C, aucune présence du bois qui viendrait déranger l’attaque fruitée, c’est pour ca que les critiques le descendent dans ce millésime?
- 11 novembre 2007 à 21h04
- in reply to: thomasvino.ch
Non, c’est du très mauvais travail. Et quid de la relation père-fils qui laisse quelques pages émouvantes? Et de l’impossible accord mets et vins, discuté tout à tour avec le sommelier de Ducasse, ou qu’il tenté de discuter sans succès avec Senderens ou d’autres.
Depuis quand un bouquin se résume à quinze citations commentées. Cela me rappelle les fameuses dégustations dénoncées par Nossiter comme par Broadbent ou Johnson, style « confiture de prunes luxuriante »
Bref, je ne suis pas d’accord, le zapping, ce n’est pas la culture, c’en est la négation.
- 11 novembre 2007 à 20h56
- in reply to: Parker, Nossiter & la gestapo
Il n’y a que quelques pages sur Parker, et dénoncent ce qu’elles doivent dénoncer, à savoir que le vin « de masse » est passé
1) d’un produit acide (le 3* Nicolas,le Muscadet, ou le Beaujolais) qui accompagnait le jambon beurre, le pâté ou le camembert, à
2) un produit qui se rapproche par sa texture et sa quantité en sucre de la nourriture qu’il accompagne maintenant, à savoir le hamburger ketchup mayo frites
Qu’il dénonce sans les citer Coca-Cola ou les autres multinationales de la bouffe, (ainsi que leurs distributeurs) qui rendent ce qui était historiquement difficile d’accès (la graisse et le sucre), et au contraire renchérissent les fruits et légumes (qui ne « collent » pas en tant que produit, parce qu’ils sont frais et périssables, à ce modèle de distribution) me fait quant à moi plaisir!
Qu’il préfère les vins qui préservent cette fraicheur et qui accompagnent mieux ces produits frais, il en a le plus grand droit. Depuis quand le polémiste qui dénonce les prescripteurs devrait-il endosser la responsabilité du prescripteur?
Il y a un dialogue très intéressant avec Jacques Dupont, qui explique très bien à quoi lui sert dans son métier la dégustation à l’aveugle. En creux, cela explique très bien pourquoi Nossiter n’y goûte que peu. Adeptes de la lecture lente (ça aussi ça se perd), Jacques Dupont dit précisément (p. 148) « la dégustation à l’aveugle, c’est un exercice solitaire », puis « j’adore le vin, mais quand je déguste, c’est un exercice différent. Je recrache systématiquement et je ne veux pas être influencé par tel ou tel truc ». Pour ceux qui lisent trop vite, voici l’explication: Nossiter n’a pas le vin solitaire (moi non plus).
En fait, je suis très déçu, Je viens de temps à autre butiner sur ce site, mais là c’est en-dessous de tout. Cette évocation de la fiancée de Mme Audouze est franchement de mauvaise foi, en particulier vu la fête que le livre fait à la viticulture allemande.
Quant à la Gestapo, cela montre bien à quel point Parker est un abruti, et pourquoi pas le Hezbollah ou la bande à Baader? Ou encore les zapatistes? Oui, ils est à chier le goût de Parker, et non Chapoutier ne fait pas que du Parker, et alors depuis quand un auteur est bon depuis qu’il brosse ses lecteurs dans le sens du poil?
Le crachat de Dominique Lafon, resté sans réponse dans le film de Jancis Robinson, c’est bien de connaître la version de l’intéressé, non?
Lisez-le, dégustez-le, s’il vous laisse un goût amer et tranchant, c’est le parti pris de l’auteur, à tel point que cela m’a inspiré pour le poulet de ce midi, cuisiné au choux et au vin du jura (chardonnay élevé en fût de Château Chalon, 1999 de Jean Macle)… Bon dimanche!
- 16 août 2007 à 22h54
- in reply to: adieu 1ers …
Il est tout simplement rationnel et économique qu’un 5e GCC qui se vend aujourd’hui au prix d’un 1er GCC il y a quelques annees mette les memes moyens (matériels, agricoles, affectifs et j’en passe) dans son vin et en retire quelque chose de comparable… aujourd’hui.
Je parierais fort que les années récentes démontrent (dans 10/20 ans) qu’un 5e GCC n’est pas loin d’un 1er et que l’écart de prix n’est pas rationnel (je n’emploie pas le mot justifié à dessein). En 1982, l’histoire était différente…
Alors bon courage les challengers, adieu 1ers (sauf ceux qu’on a déjà en cave bien sûr)… Quand l’Altenberg de Bergheim de Deiss sera vraiment intouchable, je me rabatterai sur le Grasberg… à Vosne je bois Confuron-Cotetidot ou Magnien, et je ne connaîtra pas Jayer, dont j’espère qu’il les a un peu inspirés.
Encore une fois, le pire n’est pas sûr
- 16 août 2007 à 3h07
- in reply to: adieu 1ers …
Tous les arbres montent au ciel, quand la croissance mondiale est de 5% par an, et qu’elle est peu égalitaire.
Laissons les étiquettes valser pour le plaisir des victimes des marques, et achetons du vin. Qui rêve aujourd’hui d’un Van Gogh dans son salon? Ce sera pareil bientôt pour les 1GCC sur la table… Très bien pour eux, ils peuvent remercier Mr Arnault, et son suiveur le plus immédiat, propriétaire de Latour.
Nous nous « amusions » ce week-end à réfléchir au prix du vin. A 50f la bouteille quand le salaire d’un technicien était de 1500f, il est à 50E la bouteille quand le même salaire est plutôt au-dessus (la comparaison s’appliquait aux prix de 1970). Nous visions les Prieuré Lichine et consorts pas les 1ers, désolé.
Pour moi, c’est plutôt adieu Barton, découvert à 70f dans le p’tit millésime qu’était 1987, et abandonné en 2006… mais qu’est ce que Saint Pierre ou Branaire a progressé!
Comment je sous tend mes quelques assertions?
Il y en a de plus en plus d’intéressants, et même passionants des vins, la beauté d’un Haut Batailley 2000 vantée par un critique aussi éminent que Michael Broadbent (j’étais fier car je n’en pensais pas moins, moi qui en avais pris 12 en primeur, armé de ma RVF juin 2001…), est-elle affaire d’étiquette et de rang?
J’ai pu goûter deux fois Yquem (1983 et 1997), trois fois Laffite (1989, 1990 et 1999), deux fois Latour (1978 et 1985), et pourtant mes plus grands souvenirs de Sauternes (Rieussec 1989 et Guiraud 1983) ou de Pauillac (il y en a beaucoup, heureusement) ne sont pas parmi eux.
Je n’ai jamais bu La Romanée Conti, et cela m’est égal, tant pis pour l’immense respect que j’ai pour la démarche de son vinificateur.
Jancis Robinson, si je la lis bien (entre ses lignes « cousues de fil blanc ») nous indique que les super supra cuvées techno pour gogos sont un peu trop parfaites pour justifier autre chose que leur prix, non?
Pour parler finance, ainsi que l’a noté Robert Parker, les grands vins font font chauffer le marché en mettant de moins en moins de grand vin sur le marché. Ironie du sort, leur second se vend maintenant aussi cher que le premier il y a quelques années… Pour faire le lien avec la finance, ils procèdent de la même manière que les sociétés qui rachètent leurs propres titres, donnant l’illusion d’améliorer leur résultat (leur vin) en distribuant le même résultat (et en plus il croît quand même récemment ce résultat dans le cas des sociétés) en un nombre plus faible de mains.
Pour le vin, ils nous l’améliorent en sélectionnant les « 3 » meilleures cuvées pour les mélanger, alors qu’auparavant ils sélectionnaient les « 5 » meilleures, d’où le qualificatif de gogo que j’employais plus haut… La démarche d’un vigneron qui améliore sa pratique d’année en année me semble bien plus passionante à suivre que le cours de Château Margaux.
De toute façon, il y aura bien des cycles, et les investissements que permet l’euphorie actuelle, nous devrions pouvoir en profiter un jour, car la Romanée Conti, c’est vraiment trop petit pour être comparable, à moins que… les riches soient vraiment devenus nombreux.
- 15 août 2007 à 5h23
- in reply to: Domaine Amiot-Servelle, Chambolle-Musigny
CR: Domaine Amiot-Servelle, Chambolle-Musigny 1999 :
Il est bien acide (est-ce seulement cela, ou est-il un peu maigre?), pour ce vin d’un producteur réputé, dans une année qui l’est aussi… Bref, j’en attendais de plus belles surprises. Pas de parfum ni de goût qui marque particulièrement, c’est un vin bien fait qui n’a pas grand chose à dire, c’est dommage, du moins c’était dommage pour cette bouteille.
- 15 août 2007 à 5h19
- in reply to: Domaine Olivier Leflaive, Puligny-Montrachet
Quelle classe pour un village dégusté ce week-end. Il n’a pas la profondeur et la richesse des premiers crus, mais il a la constitution, la longueur, et la tenue (quelle intégrité, serait-on tenté d’écrire) d’un très grand vin, il est encore dans un registre très floral.
- 15 août 2007 à 5h14
- in reply to: Les Vignerons de Maury
CR: Vignerons de Maury – Maury vieille réserve 1992
C’est beau, c’est très beau, c’est remarquable, pour les amateurs de Grenache doux, mutés et oubliés en barrique (tels les tuilés et ambrés de Cazes), tous les parfums classiques (dominante de noix parmi les fruits secs d’un mendiant) y sont, appelant tour à tour l’accord avec tabac, cacao, il faisait merveille avec le… foie fras!Une très belle robe, tuilée mais très dense par rapport à la couleur, une texture douce, une belle tenue en bouche, il est long et fin, pas envahissant, pas bavard, pas grassouillet, bref de très belle tenue