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- 25 septembre 2010 à 11h44
- in reply to: Château Cornélie
4h………trop tôt
5h……… encore quelques minutes
6h, bon mon gars, là, faut y aller, tu t’es bougé toute l’année pour ce matin et une bonne quinzaine qui vont suivre, haaaaa, l’aboutissement du 6ème millésime………… déjà………chai préparé hier, pas besoin d’y aller ce matin, ce ne sera pas le cas ensuite.
Zozo chante comme tous les matins, être chanteur réveilleur de vendangeur Haut-Normand (entre autre..), faut de la pratique, ils devraient venir….bientôt (il chante maintenant comme Barry White….les veinards ces Haut-Normands)
2010, déjà 6 ans que je cours dans tous les sens entre vigne et chai, le travail au vignoble, la réflexion pour ne produire qu’en quantité limité afin de permettre la concentration naturelle sur pied, le travail de sol, mes premiers pas en biodynamie……….tout avance, parfois à pas de géant, parfois, trop souvent à la main par manque de petit matériel, aussi par manque de connaissance (mais que font ces foutus formateurs pour pondre un stage sur la biodynamie en Gironde….) mais l’envie est la et quelle envie, le bonheur de faire ce que l’on aime…..
je vais surement être un des premiers, mais le raisin est super beau, mur, en témoigne la facile extraction des anthocyanes, les degrés sont élevés, les pépins sont vraiment bons, les peau croquantes, l’état de la vigne m’indique qu’elle est au bout, pas de vigueur excessive, mais pourquoi attendre, le climat ne sait nous indiquer avec certitude sont avenir proche, quelques jours de soleil n’auraient peut-être pas changé ma décision, quand c’est mur, faut y aller. Toutes les analyses nous indiquent un potentiel plus intéressant que les années antérieures, c’est assez incroyable et même surprenant, le temps va jouer beaucoup, le travail réalisé au cours du millésime s’appréciera……s’il a été bien fait
Début donc par Cissac où 2 parcelles sont très belles, les 2 autres d’ici 3 ou 4 jours, les 4 sont à plus de 13.5%V, sur certaines parcelles, je vais encore ramasser que des moitiés de rangs, les différences de terroirs m’y obligeant, j’ai des rangs avec un début de sablo-graveleux, puis vient un sable noir qui conviendrait mieux à de la salade, mais la vigne est là, je fais donc avec (cette partie va surement faire du rosé) et plus de la moitié du rang se solde par de l’argilo-calcaire
la pluie tombée hier n’est pas très inquiétante, à condition qu’elle ne revienne pas tous les matins, les températures annoncées pour les 10 jours à venir ne vont pas dépassées les 20° maximum, ce qui devrait éviter une explosion du botrytis.
J’ai fait le plein de la brouette, va falloir que je pousse cette année, tous les sols étant travaillés, on a vite 2 kilos à chaque pieds. Mon idée de trouver un appareil comme les amis Suisse, Champenois ou autre région que je connais mal où il est utilisé très justement, je parle bien entendu d’une chenillette…..elle me servirait à porter les cagettes de raisins, je pourrai en mettre beaucoup plus (8 ou 10 au lieu de 3) mais surtout ce serait un autre moteur qui fatiguerait…..pas le mien…….
Alors, comme d’habitude, Cornélie sera ouvert à qui veut venir gouter du raisin, gouter à la cuve le jus de raisin avant fermentation, pendant, juste après, ces 4 phases étant très importantes pour découvrir le potentiel du millésime. En principe, nous n’avons rien à cacher, comment vous faire découvrir notre métier si les portes restent constamment fermées, chez moi, c’est ouvert, sauf quand je dors
j’essaierai de faire un petit compte rendu au fil des cuves, vous me pardonnerai si de temps en temps je préfère vite me coucher en arrivant, les journées vont être encore bien longues, surtout à cause de la distance entre vigne et chai
Bonne journée à tous, que la fête commence
(on me pardonnera pour le premier matin d’avoir fait un copier/coller sur les différents sites…..)Patrick
- 12 août 2010 à 11h49
- in reply to: Château Cornélie
Bonjour Christophe,
je découvre mais avec beaucoup plus d’intérêt l’évolution de mes vins, très important pour moi afin de comprendre ce qui a été positif et ce qui ne l’a pas été. La façon dont je les ai conçus n’est pas vraiment traditionnelle, j’essaie d’apporter tous les ans un bon lot de nouveautés ou surprises dans la manière d’aborder le millésime et ce , rien que pour mieux comprendre (enfin, essayer….) comment donner le meilleur raisin et le vendanger à la meilleure des dates: celle de la vraie maturité, pas une de celles psychologiques qui font rentrer le raisin et se sentir « sauvé » d’avoir vendangé….
Pour Amabilis Vinea, je l’ai pensé et réalisé d’un mode de vinif qui ne se pratique pas, mon but étant de chercher à donner la possibilité d’avoir un vin très expressif sur ce côté fruité que l’on affectionne tant. Mon ami œnologue, après s’être arraché les cheveux, a été lui aussi très surpris du résultat, avec 11 barriques de départ, il n’y en a eu que 7 à l’arrivée, 3 ayant été écartées, 1 ayant « changé de chemin » car partie en volatile, faut pas avoir honte de faire des essais, ni d’avoir des échecs, c’était à la base une pure folie, mais de la façon dont il a été fait, je suis très satisfait du résultat.
Il est évident que suivre son évolution est plus importante pour mieux comprendre si cette démarche a été judicieuse, je n’ai aucune limite pour élaborer Cornélie, tous les travaux qui me passent par la tête au niveau vignoble ou en vinif, je les mets en pratique, souvent tout est manuel car le manque de finance, de matériel, de place occupent mon quotidien…..
Je ne souhaitais pas en refaire avant plusieurs années, car mon idée première reste dans la volonté de ne le réaliser qu’avec des vinifs originales ou qui ne se pratiquent pas par ici. Cela me permettait aussi de suivre ses premières années de vie, savoir comment il se comporte, comment il évolue, ce qui va ou ne va pas, avec cachée derrière, ma volonté et profond dans ma petite tête: est ce que c’était justifié?……..
pour ma part, j’en suis vraiment convaincu, cela reste très formateur, il faut savoir apporter du changement, bien trop souvent on nous pousse à plonger dans la facilité ou à élaborer des vins un peu comme son voisin (grrrr)
avoir un esprit un peu rebelle instruit avant tout, il faut continuer à chercher comment faire pour produire des vins qui nous apportent du plaisir, et ce malgré les difficultés quotidiennes…
(bu une avant hier soir, fraiche dans ces journées de chaleurs, mon avis ne peut compter car on pourrait penser que je ne souhaite pas être objectif, mais état de dégustation classique: surprenant…)
bonne journée
Patrick
- 12 juillet 2010 à 17h05
- in reply to: Château Cornélie
Bonjour à toutes et à tous
je me permet cette petite parenthèse malgré mon grand souhait de ne jamais mélanger le commerce sur ce genre de forum
il est maintenant confirmé qu’une bonne partie de mon courrier a été bloqué, ouvert et supprimé par la poste. Pour tout ceux qui ont fait des primeurs, si vous n’avez pas reçu votre proformat, contactez-moi par email ou portable afin de rétablir au plus vite. Vérifiez, si vous avez envoyé vos chèques, s’ils ont bien été débités…
Je sais que je suis en partie fautif, je n’ai pas fait le changement d’adresse, mais les conditions étaient bien plus préoccupantes:
le déménagement s’est fait de 300m à vol d’oiseau, je n’avais pas de boite aux lettres, car je me suis retrouvé SDF le soir du 26 février de cette année 2010…..situation très difficile à vivre, je n’avais pas de quoi payer le changement d’adresse, comme acheter de quoi manger, me chauffer ou vivre décemment……il fallait 88€ car j’ai 3 adresses et je n’avais pas cette somme pour me nourir sur un mois
quand on a une entreprise qui fonctionne pas trop mal pour une récente installation, et au jour d’aujourd’hui, il est très difficilement acceptable de voir et subir l’incompréhension et le rejet des autres
la factrice avait accepté de faire suivre (alors que elle n’aurait pas dû….) et elle en sera remercié, mais quand on est dans de telles difficultées, on ne s’attend pas à un coup de pouce, mais juste un peu de compréhension, d’humanisme, vivre de tels moments n’est pas toujours très facile, même si la passion est toujours là
il n’est pas non plus très simple d’avouer ce genre de situation, d’imaginer le regard des autres, je n’ai voulu en aucun cas me faire plaindre, le courier bloqué m’aurait permit de réagir plus vite, il y a des fois, dans la vie où on se doit d’avoir un peu de compréhension, la misère n’arrive pas qu’aux autres
et si par cas votre demande de réservation n’a pu aboutir, retournez me la en urgence, par email, je vous ferai parvenir une facture proformat, vous la réglez et plus qu’à attendre que le vin suive son élevage, sa mise en bouteille et vous aurez un 2009 qui confirme la progression depuis mes débuts
je vous remercie, c’est pas évident de vivre, ou plutôt survivre dans ces conditions, ma passion est bien toujours présente et je peux vous assurer que rien ne m’arretera pour continuer à tout donner pour ne produire que le meilleur
votre serviteur
Patrick
- 30 juin 2010 à 3h43
- in reply to: Joyeux Anniversaire !
je vous remercie à tous, je refait juste surface (informatiquement parlant bien sur……..hic……..) car préparer tout ça en pleine pousse de la vigne, ça n’a pas été triste et maintenant, faut encore rattraper le temps perdu….
quel week-end, entaché par la blessure de l’un d’entre nous lors de la « pose », 9 points et une attelle, il méritait pas ça, ça nous a, surtout à moi, coupé un peu la chique car inquiet tant qu’il était à l’hosto…..
sinon, beaucoup d’émotions, pour moi, intérieure vu la blessure qui ne m’a pas donné envie de faire mon joli petit discours, mais la vie de Cornélie a débuté dans sa phase de construction (heuuu, vous n’auriez pas un gros chène, car j’ai plein de chq en bois à faire……)
Patrick
- 12 juin 2010 à 11h59
- in reply to: Primeurs 2009 à Bordeaux
un des plus gros soucis mon Cher Claude réside dans le fait que tous vignerons ou plutôt propriétaires est mis dans le même sac dans ce département. tous ne sont pas de riches investisseurs qui ne cherchent qu’un retour sur investissement rapide, une notoriété, le genre qui fera bien sur sa carte de visite. beaucoup se battent tous les jours et subissent quand ils se déplacent l’incompréhension quand on (je) réponds aux « attaques » dites souvent avec sourire et malice « vous les Bordelais »……
et je réponds avec le même sourire: »non, je suis girondins »……
partout nous sommes jugés de part notre région et donc assimilés au ras le bol que les acheteurs ont de voir certaines attitudes, avec en priorité, les primeurs.
sachons faire la différence entre vigneron de cœur, de passion et ceux d’intérêts
sachons faire la différence entre respect de ses clients et remplir son compte en banque
sachons faire la différence entre discours et actesla meilleure bouteille sera celle qui sera bu et non pas revendu
les primeurs ne sont plus intéressant car le vin va se retrouver en foire aux vins? mais combien s’y retrouvent?
les primeurs laissent dégager une odeur de suspicion? y’a beaucoup de braves gars dans ce métierles dégustateurs, passionnés qui sillonnent nos régions et les autres représentent une force d’investigation afin de découvrir et partager les trouvailles…
et y’a tant à dire…..
au plaisir de te revoir mon ami
Patrick
- 5 juin 2010 à 20h21
- in reply to: Primeurs 2009 à Bordeaux
R Sébastien a écrit:
« Justement par rapport à tout ça, savez vous s’ils en vendent au moins de leurs primeurs ? savez vous si les sorties qui ont déjà eu lieux sont un succès ? perso pour l’instant je n’ai touché à rien ! J’attend de voir Pontet Canet et La violette (prenom de ma fille oblige … si j’avais su je l’aurai appelé Cornélie grinning smiley ), voir haut Bailly. »ben, je veux bien être un parrain pour l’occasion, mais faut voir la « marraine »(:D
merci de l’intention:)-D
Patrick
- 1 juin 2010 à 16h20
- in reply to: Château Cornélie
curieux, celles que je bois à chaque visite sont assez expressives, je tombe sur certaines un peu coincé de temps en temps, par contre, quand je ramène les fond de bouteilles à la maison que je regoute le soir ou le lendemain sont beaucoup plus ouvertes…..il faut le carafer, c’est indiscutable, je connais sont potentiel, je ne me fais pas de soucis, tout ça est très constructif, merci de le préciser
comme quoi, ce doit être celui qui résiste le moins aux voyages (à part moi bien sur…:P)
Patrick
- 1 juin 2010 à 10h54
- in reply to: LPV Grisard où: « Cornélie en Haute Normandie »
les gars, la vengeance de Franck a sonné…..:D
ce qui aurait été superbe (ou pas…..hihhi) , c’est de mettre 2 Clos des Lambrays dans la soirée…..c’est souvent surprenant
pat
- 28 mai 2010 à 17h13
- in reply to: Château Belle-Vue, Haut-Médoc
il y aurait tant de choses à dire mon cher Vincent….
cela ne fais aucuns doutes que le travail mis en place depuis le rachat par Vincent et celui de ta venue, va continuer
la profession perd un honnête homme, quelqu’un qui a su revenir à sa passion, qui a mis tout son talent, toute son énergie, toute sa motivation, un mec droit, qui a su apporter ses connaissances au service de sa passion et de son équipe dont tu fais parti si brillamment
l’équipe est solide, efficace et même très touchée, elle saura rebondir pour continuer cette si belle aventure et l’ayant plus qu’approché pendant plusieurs années, je sais que les consommateurs qui ont redécouverts et qui veulent suivre les propriétés dont tu as la charge, n’auront aucuns soucis à se faire quand à la rigueur et le sérieux qui continueront sans relache
c’est pas facile, je sais de quoi je parle, le travail aide mais ne peut faire oublier, la vie continue, faut se battre constamment, son image restera ancrée dans les murs de Bellevue et autres propriétés
il sera fier de voir continuer son œuvre, plus qu’un patron, qu’une relation, qu’un contact, beaucoup ont perdus un ami
soyez tous courageux
amitiés
Patrick
- 27 mai 2010 à 17h04
- in reply to: Château Cornélie
c’est pour ça Michel, je tiens à respecter ceci
c’est pas grand chose, mais faut pas changer sa ligne de conduite
je verrai si j’ai le temps avant d’aller faire la bise à LPV Haute-Normandie ce week-end
patrick
- 27 mai 2010 à 16h22
- in reply to: Château Cornélie
Mon but Michel étant de faire des vins que l’on puisse boire jeune et pendant longtemps…à part chez Fred, là-bas, ça s’évapore…
tu pouvais pas attendre pour ouvrir 2008…enfin, quelques heures de plus……:)-D
bon, sans rire, il faudrait au-moins 2 semaines de repos après un petit voyage comme ça, et surtout penser à l’ouvrir et le mettre en carafe, tu pourrais être surprisTchoule, je fais déguster Mr Perrin soit le 14, soit le 15, tu auras surement des infos par cave SA
quand à 2009, je ne sais si je dois exprimer ce que je ressent, je ne souhaite pas que l’on croit que je cherche à influencer tant que les primeurs sont ouverts, les passionnés qui goutent peuvent le faire, même si je peux quand même vous parler du millésime….. dites moi si vous le souhaitez
Patrick
- 25 mai 2010 à 3h24
- in reply to: Primeurs 2009 à Bordeaux
Antoine, ce sera avec plaisir, quand on veut se libérer, on le fais toujours, retard ou pas, faut juste bosser plus pour rattraper le temps qui passe tellement vite quand on bosse seul…..
au plaisir
patrick
- 26 décembre 2009 à 13h45
- in reply to: Une pensée pour LaurentM et les siens…
Pourquoi la vie nous réserve-t-elle de si mauvais moments,
pourquoi un jour de fête comme noël ne le sera plus jamais,
déjà répondu par e mail, je m’associe bien entendu à cet élan de peine pour toi Laurent, tes enfants, ta famille et te transmets toute ma sympathie et mes plus sincères condolénacesamitiés
Patrick
- 26 novembre 2009 à 11h23
- in reply to: C’est parti pour les vendanges !
Bonjour à tous,
vous voici le bilan d’un pro, oenologue de la chambre d’agriculture (le mien en autre..) mon ami avant tout, passionné, passionnant, qui a eu pas moins de 350 vins du millésime
Cela donne une idée plus large, même si tout ne peut être associé
Bonne lecture
patrick
Millésime 2009 : le millésime « Akira ».
Revenons un instant sur la « météo des plages » si chères à certains chroniqueurs.
Il est indéniable qu’en 2009, elle nous a gâtés. Tous les éléments favorables étaient réunis : chaleur
diurne, fraîcheur nocturne, soleil, juste ce qu’il faut d’eau et de stress hydrique.
Leur absence de conjonction n’est heureusement pas synonyme de mauvais millésime. Nous savons
aussi faire de bons vins quand la nature ne nous gratifie pas d’une météorologie parfaite.
En revanche, quand tous les paramètres sont au vert, nous pouvons rêver de l’exceptionnel.
Je me souviens de ces soirs d’été passés en terrasse. Alors que nous profitions de la fraicheur
nocturne, la divine liane se délectait de nous élaborer des fruits parfaits.
A l’approche de la maturité, plusieurs fois nous avons frémi. Des épisodes orageux, des matinées
embrumées nous ont fait craindre de ne pouvoir aller au bout de ce cycle, de devoir déclencher la
récolte avant le terme optimal. Déjà, nous tenions une qualité insensée, mais nous pouvions encore
aspirer à mieux.
Jamais les jus des contrôles de maturité n’ont été si colorés, et si tôt. Très vite, les premières
sensations végétales ont laissé place à des expressions fruitées de toute beauté.
Aussi rapidement, les tanins sont apparus puis se sont adoucis.
Sans être particulièrement précoce, 2009 a flirté avec les moyennes décennales en termes de date
de récolte.
Jamais nous n’avions dégusté des raisins de cette qualité. Nous étions donc certains que les vins qui
en découleraient seraient exceptionnels. 2009 s’annonçait comme un compromis entre 2003 et
2005. Forcément, il allait être meilleur que ces deux années remarquables. Il avait le fruit du premier
mais avec davantage de fraicheur. Il avait la puissance du second, mais avec moins d’austérité.
L’insolation cumulée de juin à septembre 2009 était supérieure à celle mesurée en 2005. Et les
contrastes thermiques diurnes/nocturnes étaient souvent très accentués. Tous ces éléments sont
bien connus comme étant des gages de qualité.
Les raisins blancs ont rapidement révélé leurs arômes complexes aux notes exotiques et persistantes.
En fermentation, les vins devenaient gras, puissants et charnus. Fruits blancs et jaunes se mariaient
merveilleusement à la fraicheur des vins nouveaux. Le travail sur lies a achevé l’explosion aromatique
et l’enrobage moelleux de l’acidité. L’équilibre était parfait, la longueur en bouche interminable.
En rouge, notre première surprise fut de constater que les premiers raisins encuvés ne libéraient pas
aussi facilement que nous l’attendions leur contenu pelliculaire de couleur et de tanins.
Le millésime s’annonçait donc prometteur mais…il allait falloir le mériter.
Très vite, nous avons adapté nos programmes de travail des cuves à cette matière fougueuse mais
rebelle. Très vite, nous en avons tiré une substantifique moelle à la hauteur de nos attentes.
Une des clés de la réussite a résidé dans la maîtrise des températures. La première phase des
vendanges s’est en effet déroulée dans une période chaude. Décaler la récolte tôt le matin, arrêter
aux premières chaleurs, refroidir les raisins à leur arrivée au chai ont été autant d’efforts
récompensés. Plus tard, ce fut au contraire le froid matinal naturel qui a permis d’encuver des raisins
frais sans la moindre dépense énergétique.
Les périodes de macération pré fermentaire à froid ont conduit à des résultats fabuleux. Les moûts
ont vite gagné en fruité, en structure et en couleur. La fermentation alcoolique n’avait pas
commencé que nous avions déjà des moûts noirs, aux tanins savoureux et se dégustant comme des
coulis de fruits rouges. Les meilleurs résultats ont bien entendu été obtenus avec des macérations
longues, maitrisées grâce à de véritablement basses températures.
Au cours des fermentations alcooliques, le contrôle des températures a également joué un rôle
fondamental. Sur le plan microbiologique d’abord, car les levures avaient besoin de températures
modérées pour parvenir à fermenter ces matières premières riches dans lesquelles il leur est difficile
de survivre. Pour la gestion des extractions ensuite, car une fermentation lente allonge la durée
potentielle de travail des marcs, en particulier en phase peu alcooleuse, qualitativement plus
favorable.
La pratique du délestage, en forte progression depuis quelques années, a gagné ses lettres de
noblesse en 2009. Des records sont tombés, certaines cuves ayant bénéficié d’un nombre élevé de
délestages (jusqu’à 50). Très nettement, les vins élaborés par cette technique se sont distingués par
leur gras, leur volume, leur puissance tannique douce. Malgré des analyses aux chiffres
astronomiques, les structures de ces vins sont restées harmonieuses et sans aspérité, tout en velouté
et en soyeux.
Vinrent alors les macérations post fermentaires. Les premières cuves ont progressé très vite vers un
aboutissement qui a justifié leur écoulage plutôt rapide. Ce phénomène reste inexpliqué car la
grande majorité des cuves suivantes est resté dans un équilibre légèrement réducteur permettant de
longues phases de macération. Elles sont d’abord passées par une phase de structuration tannique à
laquelle a succédé une période d’harmonisation et prise de gras.
C’est là que nous avons pris conscience de la puissance de 2009. Rien jusqu’alors ne l’avait égalée.
Sur le plan aromatique, nombreuses ont été les cuves à révéler des notes déjà repérées dans les plus
grands raisins de 2005 ou de 2007, que chacun identifie avec sa propre culture des odeurs. Il y a deux
ou quatre ans, ces expressions étaient certes perceptibles, mais peu fréquentes en comparaison à
2009. Des nez tantôt caractéristiques des grands vins doux naturels rouges ou des Portos vintages,
tantôt minéraux, mais toujours avec une élégance, une intensité inégalées.
Avec ces arômes sont venus de tanins d’une classe incroyable. Les plus belles cuves, et là encore elles
sont légions, nous ont donné une sensation crayeuse, granuleuse, tout en puissance et sans jamais
une once d’agressivité. LA maturité parfaite, si elle existe, a été atteinte dans ces cas. Nous
dégustons quotidiennement des monstres et jamais n’en sommes fatigués, ralentis.
Devant ces cuves, j’ai pris conscience que la matière avait dépassé les promesses que nous en
pressentions. Pour la première fois, je me suis senti sans repères sur cette échelle de qualité. J’ai eu
le sentiment impuissant de n’avoir pas prévu un tel résultat.
Alors, j’ai repensé à cet enfant, Akira, en apparence inoffensif, et pourtant doté d’une force
inimaginable. Les raisins de 2009 étaient cet enfant. Toute leur richesse, toute leur puissance
contenues se sont exprimées dans les vins de ce millésime, pour notre plus grand émerveillement.
Aujourd’hui, les écoulages sont en passe de se terminer. De tels fruits méritaient en effet que nous
en extrayons toute la sève au travers de vraies macérations. Les vins de presse sont eux aussi
remarquables. C’est l’adage des années exceptionnelles.
Les fermentations malo lactiques ont pris le relais et nous pourrons bientôt entamer un élevage qui
promet d’être passionnant si les vins nous donnent autant que les fruits avant eux.
Après une telle expérience, la première d’un tel niveau pour beaucoup d’entre nous, quel que soit
notre âge, il faudra sans doute un peu de temps avant que réapparaisse l’intérêt de découvrir le
prochain millésime.
Je souhaite aux jeunes vinificateurs de revivre ça un jour.
Christophe COUPEZ, Chambre d’Agriculture de la Gironde.
Le 23 novembre 2009, à Pauillac.- 17 novembre 2009 à 1h14
- in reply to: Château Cornélie
merci Steph de cette description, on ne réussit une visite que quand les paroles trouvent de bonnes oreilles……
et ça sera un grand plaisir
bon, les écoulages sont finis, va falloir faire le point du rendement, reste un ou deux petit détails de fin de vinifs et ce sera parfait d’ici quelques jours pour faire, enfin, je sais, le bilan de cette récolte qui pourrait presque porter le doux prénom de « miraculeuse »……..
demain départ pour les alentours de Metz, puis 2 jours au Luxembourg et retour samedi, soir surement, on fera le point donc dimanche, où tout sera dit….
bonne semaine à tous
patrick
- 8 novembre 2009 à 11h19
- in reply to: Château Cornélie
bon, pas d’impatience, le travail avant tout, encore beaucoup trop présent…
de retour dans la cuve aujourd’hui, 4ème de vidée, n’en restera qu’unele bilan arrive, vous saurez tout, mais il faut du temps, il faut être objectif, ne pas raconter n’importe quoi, ne rien exagérer et ne pas le faire dans la précipitation
pardon à ceux qui attendent, mais les journées sont quand mêmes très longues, promis, je le ferai maxi d’ici 8 jours afin d’avoir une idée plus précise….
bonne journée à tous
patrick
- 3 novembre 2009 à 21h45
- in reply to: Château Cornélie
Tchoule,
je ferai un bon bilan surement ce week-end, le temps de mettre de l’ordre dans la tête, la semaine a été éprouvante
Merci
patrick
- 1 novembre 2009 à 10h36
- in reply to: Château Tour des Termes, Saint-Estèphe
et voilà, moi qui devait partir dans ma cuve….. Fred, tu vas me mettre en retard….
Bon, la vinif intégrale consiste à faire des fermentations alcoolique en barriques neuves (c’est tout l’intérêt). La plupart des pratiquants le font avec des double bqs, elles ont une ouverture diamètre 80 ou 120, on remplit la bqs en la mettant debout, puis on glisse un filtre en inox et à l’aide d’un élévateur on la pose sur son support qui de préférence, doit être sur des roulettes (pour ne pas citer de marque.. mais le plus courant Oxoline).
les vinifs, entre autre les remontages se font en tournant la bq à gauche et à droite, 3 ou 4 tours.
le gros avantage de cette vinif en fût neuf reste la très bonne assimilation du boisage, l’équilibre et le fondu y sont des plus appréciés.
j’en ai fait en 2007, où n’aimant pas cette façon, j’ai fait créer un fût droit afin de tout faire par pigeage, le dessus de la bq, enfin, du cuvon (5.5 hl) restant amovible. N’aimant pas, car, et ce n’engage que moi, dans ces vinifs, on parle de tourner les bqs et je m’imagine les bourbes (et non pas les lies fines qui seraient bien meilleures..) et les pépins se remettrent en suspension et potentiellement relarguer des gouts végétaux ou des tanins secs
enfin, revenons à notre sujet, la vinif par ce procédé apporte une association entre le jus et le bois neuf qui chose trés surprenante, s’avère trés fondu à le fin des sucres, disons aprés une quinzaine de jours.
re petite parenthèse sur ma vision, la vinif se fait très bien par ce procédé, la macération s’avère plus courte du fait du petit volume, mon essais lors de l’écoulage me donnait l’idée de déguster un vin ayant 8 à 10 mois d’élevage en fut neuf, donc une meilleure utilisation et un bine meilleur mariage avec le bois
cette pratique reste contraignante, très chère ramené à l’hectolitre produit, car dedans on ne retire environ que la moitié du jus, faut sortir le marc à la main, ce qui ne reste pas simple (sauf pour mon cuvon où l’ouverture est bien plus large, tout le dessus..), cette propriété la pratique avec de nombreux fût pour leur cuvée (il me semble en avoir vu 15 ou 20…), mais cela reste discret sur l’ensemble du volume produit
par contre, si on a la chance de faire double vinif, par exemple soit 2 fûts ou vinif de merlot et de cabernet par la suite, on peut avoir un lot qui remplira le fût pour poursuivre l’élevage
je reste convaincu de cette pratique, mon cuvon m’avait couté 1200 euros TTC, pour 5.5 hl, plus la robineterie afin d’écouler plus facilement (quasi 300 de plus), mais faire ceci à grande échelle et les prix de mes vins exploseraient, je veux essayer de rester sage
bon, maintenant, je suis à la bourre……..
Patrick
- 28 octobre 2009 à 2h46
- in reply to: Château Cornélie
En effet Michel, le carafage est préférable, j’ai fait une verticale encore hier avec un client de passage, surprenant au départ surtout quand le vin est un peu froid.. à éviter les températures un peu supérieures à la normale
et pour les melons, j’en veux bien, mais pour la confiture(:D j’adore ça
au plaisir
patrick
- 20 octobre 2009 à 2h22
- in reply to: Il faut sauver le soldat Cornélie
comment dire Claude……superbe…….
et vide………
bel effort…quel CR, mais je repars au chai…..
Pat