Patrick Bottcher

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  • Patrick Bottcher
    Participant

    Fatiiiiigue…. et en train de publier « Sangiovese »

    Patrick Bottcher
    Participant

    1888 !!!!! Il a fêté ses cent ans en 1988 Merci Luc, de lire avec autant d’attention (tu)

    Patrick Bottcher
    Participant

    Certes, Thibault mais faut pas trop faire plaisir aux banquiers…. Un poil de patience et t’auras 25 sangioves (-2 bouchonnés)

    Patrick Bottcher
    Participant

    Pierre et Bob,
    Pas trop d’empressement… Pas sûr qu’il reste plus de 3 bouteilles chez JF Basin…Par contre, il a encore le Rosso, tout aussi magique et coup de coeur de la dégustation LPV Brabant…. CR sous peu

    Patrick Bottcher
    Participant

    Un des exemples de vin bien fait mais au rapport Q/P très défavorable. Au niveau des vins de cépage on peut tomber un peu sur tout chez Deiss…

    Christophe,

    J’ai un peu de mal a interpréter cette phrase… pourrais-tu développer le fond de ta pensée ?

    Patrick Bottcher
    Participant

    Excellent, vraiment excellent choix de vignerons !

    Patrick Bottcher
    Participant
    [i][color=#0033CC][size=large]Domaine Marc Tempé
    Le « Colosse » de Zellenberg[/size][/color][/i]

    Préambule

    Suite à une belle dégustation assez hétéroclite des vins de son domaine avec le Club des « Vieilles Copines », c’est avec beaucoup de plaisir que je publie cet article sur l’un des plus truculents personnages de l’Alsace viticole, le « Colosse » de Zellenberg, l’ineffable Marc Tempé que je me réjouis de voir en Loire d’ici 3-4 jours. Qu’on ne voit pas dans cette description sommaire qu’un zébulon facétieux, derrière cette joie de vivre festive, se trouve un des plus grands talents du Haut-Rhin.

    Une chose est certaine, après sa première rencontre, on n’est pas prêt d’oublier sa poignée de main, qui la pilosité mise à part n’est pas loin d’une rencontre du troisième type avec un yeti ainsi que sa voix dont la lourdeur est capable de faire fuir toutes les hordes de sangliers des Vosges.
    Hasard du calendrier, cette dégustation fait suite de 24 heures celle de son voisin et ami Laurent Barth dont je viens de parler ici.

    Généralités

    Le domaine, du moins la partie d’habitation et les caves, est situé sur le mamelon de Zellenberg, splendide excroissance de la nature que l’on ne peut louper à 1km de Riquewihr, à droite de la Route des Grands Crus quand on vient de Colmar vers Ribeauvillé. Si certains vins proviennent de la commune de Zellenberg, le domaine se caractérise par 8 hectares de parcelles éclatées sur les communes plus ou moins voisines de St Hippolyte, Hunawihr, Riquewihr, Sigolsheim et Kientzheim, dont certaines sur les Grands Crus Mambourg, Furstentum et Schoenenbourg. (Voir terroirs)

    Historique

    Fils de vigneron travaillant avec les coopératives locales, Marc Tempé débute dans le monde du vin, il y a plus de 30 ans, comme vinificateur dans une coopérative après avoir obtenu un diplôme de technicien viticole. Très peu persuadé par cette expérience, dont il dira plus tard qu’elle était positive pour apprendre ce qu’il ne fallait pas faire, il part pour l’INAO d’Alsace où, pendant 11 ans, il va travailler, entres autres à l’établissement des délimitations des appellations Grands Crus.
    Durant cette période, il va de plus en plus s’intéresser aux sols et à leur conservation, la viticulture bio devenant une évidence pour lui.
    Quand il quitte l’INAO en 1993, c’est pour faire le grand saut en regroupant ses vignes avec celles de son épouse, Anne-Marie, elle-même fille de vigneron coopérateur.

    D’emblée, les vignes sont conduites en bio. Si pendant deux ans, les raisins continuent à être vendus aux coopératives, dès 1995, suite à l’aménagement de la cave ainsi que l’acquisition du matériel nécessaire, le domaine vend ses propres vins.
    Un an plus tard, donc très rapidement, Marc Tempé passe en biodynamie dont il est un des pionniers en Alsace derrière Pierre Frick et Eugène Meyer. Il en est aujourd’hui un de ses plus ardents défenseurs, avec une conviction jamais ébranlée.
    Pour reprendre ses paroles : « La biodynamie donne à la vigne et au sol le premier rôle dans une histoire qui nous parle de respect et d’expression du terroir… les raisins en sont le reflet, et nos vins par leur complexité aromatique et leur minéralité, en révèlent les richesses et les particularités. »
    Après avoir reçu le label Ecocert, il rejoint très logiquement l’association Renaissance des Appellations où il côtoie les plus grands vignerons alsaciens dont le regretté François Barmès.
    Depuis l’aube des années 2000, il assure aussi la gérance du Domaine de Courbissac à Cesseras, dans l’Hérault, sur l’appellation Minervois.
    Marc Tempé, entouré de son épouse et de sa fille Marie, s’est aussi lancé dans le commerce des vins « qu’il aime » en gérant, Place de la Cathédrale à Colmar, la cave « La Sommelière ».

    Marc Tempé se refuse d’évoluer strictement dans les sentiers battus, il tient à expérimenter en permanence, l’usage du bois sur des élevages longs dont nous parlerons plus tard en est un des nombreux exemples.

    Viticulture

    Comme déjà décrit plus haut, les vignes sont menées en biodynamie avec une forte implication dans le travail des sols dont les labours et la taille courte, ciblant des rendements bas.
    Le compostage se fait à base de fumiers animaux et seuls le cuivre et les préparats biodynamiques (tisane de prèle, osier…), préparés manuellement, vont à la rencontre des sols.
    Disciple d’un faible interventionnisme, Marc Tempé pratique un profond labour en automne et au printemps. Ce labour reste nécessaire vu la texture plus sèche des sols par rapport au Nord où, comme chez Patrick Meyer, le griffage donne de meilleurs résultats.
    Il refuse toute plantation de céréale d’hiver ou d’herbe, mais laisse un enherbement naturel se faire pendant l’été.
    La densité moyenne de plantation est de 4000 pieds à l’hectare
    Dans le respect de sa logique, les vendanges sont manuelles avec une recherche de forte maturité.

    Vinifications

    Les raisins entiers font l’objet d’un pressurage pneumatique doux et lent (min. 6 heures) afin de limiter les triturations, les productions de bourbe et les faux-goûts.
    Le débourbage est statique, c.-à-d. que le jus est laissé à décanté statiquement pendant une nuit, sans adjonction de soufre, d’enzymes ou de bentonite.
    Les jus sont ensuite séparés des bourbes à l’aide de pompe vers les foudres. La fermentation et l’élevage sur lies se fait en foudres ou en barriques bourguignonnes (pinots noirs et essais sur riesling). En moyenne, 1/3 de futs neufs est utilisé. Particularité supplémentaire à l’usage intégral du bois, l’élevage est mené pendant 18 à 24 mois, il peut même atteindre 36 mois sur les vins issus de Grands Crus comme le Mambourg.
    Toute la vinification est pratiquée sans ajout de matières extérieures au vin (levure, sucre, colle, etc…).

    Autre caractéristique, la vinification est instinctive et aucune mesure analytique n’e semble effectuée durant celle-ci.
    La mise se fait en présence minimale de sulfites (+- 30 mg/l de SO2 libre et un SO2 total qui varie entre 80 et 150 mg/l). Elle est réalisée sous légère filtration sur terre ou même aucune filtration pour certaines cuvées, cette dernière pratique représentant un objectif global à long terme pour Marc Tempé, car c’est bien cette étape qu’il redoute le plus.
    Vu que les vins peuvent présenter un trouble et un CO2 assez élevé suite à la faible manipulation des vins, il est recommandé de les décanter bien à l’avance pour qu’ils puissent s’épanouir tout en perdant leur éventuelle pétillance.
    Malgré les élevages sous bois importants, il est rare et même difficile de retrouver une influence du fut au nez ou en bouche, les vins nécessitent toutefois pour cela d’être attendus même en bouteille, raison pour laquelle le domaine rechigne à les commercialiser après la mise…. Quelques années de patience sont nécessaires en supplément de l’élevage pour les posséder dans sa cave, surtout pour les vins de terroirs.

    Terroirs

    Tout comme pour la biodynamie, l’influence du terroir sur les vins est chez Marc Tempé un élément majeur, son passage à l’INAO ayant renforcé cette conviction. Ce n’est donc pas pour rien qu’il’ n’hésite pas à sillonner la route des Grands Crus pour rechercher, comme il le dit sur son site, des parcelles « chacune différente de l’autre par la richesse et la nature de son sol et par la diversité de son micro climat ».
    Les références qui suivent sont très largement issues du site web du domaine

    Appellations Villages

    Zellenberg

    Sols argilo-marneux du Lias, constitué de marnes schisteuses gris foncé, présentant de fins lits calcaires blancs ainsi que des modules carbonatés et ferrugineux, assis sur un socle de grès calcaire (Mamelon de Zellenberg ).

    Orientations et encépagement divers.
    Vins fruités et amples avec une bonne aptitude au vieillissement.

    Saint-Hippolyte

    Parcelle de plaine de 64.37 ares orientée Sud à Sud-est et plantée en riesling
    Sols bruns acides et sableux grossiers.
    Vins en général relativement sec, légers, avec des notes florales

    Lieux Dits

    Burgreben

    Parcelle de 30 ares en coteaux à l’est de Zellenberg plantée en riesling
    Sol marno-calcaire avec des cailloutis siliceux.
    Vins d’expression assez fine, souvent très murs avec une acidité aux caractères anguleux et pierreux.

    Altenbourg

    Lieu-dit sur la commune de Kientzheim entre 225 et 250 m d’altitude.
    27,9 ares de la parcelle en pente douce, juste sous le Grand Cru Furstentum., plantés en pinot noir
    Sols marno-calcaro-gréseux, comparables à ceux du Furstentum, avec une proportion de sable plus importante et une maturation légèrement plus précoce.
    Vins équilibrés entre solarité et un fort caractère pierreux.

    Grafenreben

    Le lieu-dit d’exposition est sud-est à la sortie de Zellenberg vers Ribeauvillé de 30 ares composé de 2 parcelles, dont l’une a été plantée en dans les années 1950, et l’autre en 1977 et plantées en riesling
    Sols lourds et drainant d’assise marno-argilo-calcaires avec une couche de 60 cm à 1m d’argile limono-sableuse calcaire proche de la texture du Schoenenbourg.
    Vins puissants, charpentés, assez solaires.

    Rodelsberg

    Lieu-dit situé sur le plateau de la colline du grand cru Mambourg à 400m d’altitude composé de 2 parcelles de 13,5 ares en totalité et complantée en gewurztraminers et en pinot-gris.
    Sols peu profonds d’argile rouge reposant sur un sous-sol rocheux très calcaire. (La partie non défrichée par le père de Marc sur ce plateau est classée par le Conservatoire des Sites Alsaciens pour protéger ses pelouses sèches dont la flore est exceptionnelle ; on y trouve entre autres de magnifiques orchidées).
    Rendement faibles de 20hl/ha avec, à la récolte, des baies petites baies à peau croquante, très concentrées aromatiquement.
    Vin assez puissant, fruités, souvent croquants.

    Grand Crus

    Furstentum

    Parcelle de 26 ares plantée en gewurztraminer et pinot-gris, exposée sud, sud-ouest dans un îlot de végétation méditerranéenne calciphile dans la vallée de Kaysersberg.
    Sols bruns, calcaires, présentant une structure caillouteuse, squelettique, filtrante, avec affleurement de la roche mère de type marno-calcaro-gréseux de Dogger inférieur recouverts de conglomérats tertiaires.
    Pente vive accumulatrice de chaleur et d’eau.
    Vin fruités aux notes fumées et à l’acidité vive.

    Schoenenbourg

    Parcelle de 32 ares plantée en pinot-gris et en gewurztraminer situées sur le flanc Sud et Sud-Est du Schoenenbourg au Nord de Riquewihr, entre 265 et 380 m d’altitude, en pente assez forte.
    Sols de marnes de Keuper, dolomitiques et gypseux, riches en éléments fertilisants retenant bien l’eau recouverts de fines couches quaternaires de cailloutis siliceux de grès vosgien et de Muschelkalk, tandis qu’affleurent à l’extrémité Est des marnes calcaires du Lias.
    Vins développant des arômes puissants et riches. Le microclimat du terroir est particulièrement adapté aux prestigieuses vendanges tardives et sélections de grains nobles.

    Mambourg

    Parcelle de 67ares plantée en Riesling et Gewurztraminer, exposée plein Sud à flanc de colline le Mambourg de Sigolsheim, l’un des coteaux les plus avancés de la plaine d’Alsace qui profite d’une durée d’ensoleillement optimale.
    Sol calcimagnésique sur des conglomérats de calcaire et de marnes.
    Principalement Gewürztraminer mais aussi Pinot Gris, Muscat et Riesling.
    Vins très typés, élégants, d’une grande finesse, harmonieux et de longue garde

    Coordonnées

    Domaine Marc Tempé
    16, rue du Schlossberg
    68340 Zellenberg
    Haut-Rhin
    TEL : +33 3 89 47 85 22
    e-mail : marctempe@wanadoo.fr
    web : http://www.marctempe.fr

    La Sommelière
    19, Place de la Cathédrale
    68000 Colmar
    Haut-Rhin
    Tél : +33 3 89 41 20 38
    Fax : +33 3 89 23 21 60
    email : contact@lasommeliere.fr
    web : http://www.lasommeliere.fr

    La dégustation
    CR:
    Les bouteilles ont été ouvertes 10 heures avant le service pour permettre une aération suffisante et conservées ainsi à 8-9 °C.

    Les vins dégustés sont donnés dans l’ordre par le tableau ci-dessous :

    1. Pinot Noir Altenbourg 2005

    La robe est dense, encore très jeune. Le nez est plutôt discret, malgré un carafage d’une demi-heure qui aurait probablement dû être prolongé. A l’agitation, on retrouve plutôt de fins arômes floraux que du fruit. La bouche est d’un tout autre registre. L’équilibre est parfait entre une acidité prononcée qui tend le vin, une superbe palette de fruits noirs et rouges (dont une fraise d’anthologie), des tanins fins et fondus, du gras. Quelques arômes un peu plus végétaux viennent perturber l’ensemble mais sans gros soucis, au contraire. La finale est vive, longue, terriblement buvable. Un excellent vin, très atypique pour ceux qui cultivent de l’Alsace une image de pinot noir de zinc !

    2. Pinot Blanc Zellenberg 2008

    La robe est jaune dorée assez soutenue. A nouveau, le nez est discret, fin, avec un beau fruit blanc assez gourmand à l’aération. La bouche est charnue, très mûre, gourmande, à la limite de la sensation de résiduel, mais comme l’acidité est formidable en droiture et en puissance, ce vin est une véritable vague de fraicheur ! On retrouve cette fraicheur gourmande en finale…. Bref, le modèle absolu de vin d’apéritif en toutes saisons qui, vu sa buvabilité, appelle très vite des petites sœurs à être débouchées.

    3. Riesling St-Hippolyte 2007

    La robe est jaune-vert sans trouble. Le nez à nouveau discret, fin, assez complexe à l’aération, encore sur ses arômes primaires (dans le sens où peu à très peu d’hydrocarbures nobles sont perçus). Les agrumes citriques sont par contre très présents ; enfin, aucune sensation d’élevage n’est perçue. La bouche est pure, marquée par un bel équilibre avec une acidité quand même plus en retrait. Aromatiquement, les aromes secondaires sont plus perceptibles. La matière n’est pas énorme surtout en finale qui paraît un peu plus sur les amers solaires.

    4. Riesling St-Hippolyte 2008

    Changement de cap à 180° avec ce 2008 à la robe encore très jeune et au nez vraiment plein d’expression, dès l’approche du verre. On reste sur le registre des fruits citriques, agrémenté de notes florales et d’un peu de menthol.
    La bouche est terriblement tendue par l’acidité limite perlante. Le fruit est très présent aussi, sur ses notes citriques qui font de ce vin un « riesling » vraiment typé classique. La longueur est belle, marquée par la tension. Râteliers mobiles, fuyez… monomaniaques, foncez !
    Les trois vins suivants, bien que de terroirs différents, ont été dégustés en parallèle. Leur ordre a été déterminé par la perception croissante de sucres résiduels.

    5. Riesling Zellenberg 2008

    La robe est jeune sur des notes jaune-vert, absente de trouble. Retour à un nez plus discret, d’abord assez végétal, puis, à l’aération, bien plus fruité et accompagné de notes pierreuses. On retrouve cette sensation minérale en bouche, à côté d’un pamplemousse rose qui donne une impression citrique assez austère, ce qui est confirmé sur la finale de bonne longueur. Un vin très minéral, sec, presque protestant.

    6. Riesling Burgreben 2004

    La robe est déjà bien évoluée, l’or prenant le dessus. Le nez est puissant, fruité au confit presque solaire qui fait penser à une concentration très VT. Quelques notes d’hydrocarbures et d’élevage (pour la première fois !) sont aussi ressenties, par contre pas l’ombre de l’aspérule odorante (ou gentiane) qui perturbe beaucoup de 2004. La bouche est équilibrée avec une belle tension, un fruit dominateur, moins gourmand toutefois que le nez. Plus on va vers la finale, très longue, plus le vin devient sec avec des amers qui apparaissent ci et là. Très beau vin, plein de contrastes.

    7. Riesling Grafenreben 2005

    La robe est assez évoluée entre jaune et or, avec un léger trouble. Le nez est puissant, d’abord floral, lacté et légèrement cireux ensuite, avec, à l’aération une impression de léger sous-bois. La bouche est nettement plus noble, parfaitement équilibrée entre une tension soutenue (rare sur 2005), une matière très structurée avec un fruit amer et croquant et toujours cette légère pointe cireuse.
    la finale est superbe, longue, fraiche, gourmande et racée. Superbe 2005 !

    8. Riesling Grand Cru Mambourg 2005

    Dernier riesling de la série et le seul au domaine à revendiquer l’appellation Grand Cru. La robe est brillante, dorée, dense. Le nez est superbe, bourré de complexité avec du fruit, du lacté, des hydrocarbures très racés et surtout un très beau côté floral !
    En bouche, à matière comparable avec le vin précédent, le fruit laisse bien plus de place à la pierre, assouplie par une légère rondeur et dressé par l’acidité. Bref un tout grand moment, avec une longueur très soutenue où on retrouve ces amers nobles déjà rencontrés plus haut. Un must, pleinement garant de son appellation grand cru.

    Avant de passer aux pinot gris et aux gewürztraminer, il nous a paru logique de placer les deux Rodelsberg de la dégustation, vins de complantation de ces deux cépages sur une parcelle rare et atypique sur le plateau du Mambourg. Si Marc Tempé répond d’un air goguenard presque sceptique au travail de Jean-Michel Deiss, principalement sur les notions d’Appellations, s’il marque très clairement sa préférence pour des vins de cépages, traditionnels, pour lui de l’Alsace, cela ne l’empêche pas sur ces parcelles défrichées par son père de jouer le jeu de la complantation.
    La proportion des cépages est de 70% de gewürztraminer et de 30% de pinot gris.

    9. Rodelsberg 2005

    La robe est dorée avec pas mal de profondeur. Le nez est très puissant, plus sur la pierre à fusil que sur le fruit. On perçoit quelques notes champignonneuses qui peuvent venir du millésime, mais elles sont faibles.
    La bouche est équilibrée, fraiche, sur le fruit avec de très beaux amers. La finale est, par contre, un peu plus serrée. Cela n’en reste pas moins pas mal du tout pour le millésime.

    10. Rodelsberg 2006

    La robe est semblable au 2006, le nez tout aussi intense mais bien plus frais et gourmand, sur les fruits blancs et jaunes. En bouche, l’équilibre est plus vif, la matière plus présente aussi, principalement sur le fruit. On retrouve aussi les amers. La longueur est bien plus marquée, le fruit se disputant avec les amers et une légère perception de rondeur résiduelle. Un vin très intéressant.

    11. Pinot Gris Rimelsberg 2003

    La robe est très évoluée, or-vert assez foncé. Le nez est littéralement explosif de fruits blancs, d’une grande gourmandise, à nouveau. Si l’équilibre est marqué en bouche, l’acidité est assez en retrait, ce qui fait que les amers sont un peu plus marqués, avec un fruit presque confit à la limite du caramel. Cette richesse perçue ainsi que le manque relatif de fraicheur est largement contrebalancé par une très belle buvabilité. On est en 2003, do not forget !

    12. Pinot Gris Grand Cru Schoenenbourg 2004

    La robe est plus jeune, dans le jaune-vert. Le nez est à nouveau puissant, terriblement sur les fruits blancs, avec une grosse sensation de confit. En bouche, on a un équilibre plus tendu, plus frais, avec un fruit important, atypique dans le sens qu’on est vraiment sur du fruit rouge gourmand. Sur ce fruit vient se greffer une belle salinité, qui persiste sur la longueur, importante. Un vin qui a TOUT pour plaire, sauf aux adeptes du protestantisme vinique furieux.

    13. Gewürztraminer Zellenberg 2007

    La robe est dorée, assez typique du cépage. Le nez divise…. Est-ce variétal ? Pour moi, pas vraiment, dans le sens que je n’y ressens ni rose, ni litchi… Ce serait plutôt assez proche d’un pinot gris…
    La bouche confirme cette impression d’être hors du variétal, le fruit est très gourmand mais dressé littéralement par une splendide acidité qui rend le vin pur, sapide, bref, torchable ! Un vin de « village » étonnant !

    14. Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 1995

    Si vous avez suivi… ceci est le premier millésime vendu au domaine, à l’époque, l’étiquette portait une mention de lieu-dit Steinigerweg en plus de l’Appellation Grand Cru.
    Cette bouteille provient d’un fond de cave bruxellois sur lequel j’ai jeté mon dévolu… certaines bouteilles sont reparties en fermentation… d’autres…
    Pour ce gewürztraminer, la robe est très évoluée avec des impressions rougeoyantes, un peu troubles. Le nez est assez discret, entre un bouquet de fleurs et de fruits assez confits et une impression laitière fermentaire. De belles notes tourbées apparaissent à l’aération. Par contre, pas la moindre note variétale ! C’est un nez qui appelle vraiment à la méditation.
    En bouche, on est face à un contraste entre une acidité minérale très prononcée avec une forte sensation de matière et un fruit très peu expressif. Une certaine forme de gras est aussi perçue. La finale s’exprime plus sur l’amertume, mais avec beaucoup de classe. Un vin qui as su traverser les années avec brio, une superbe réussite pour un premier jet.

    15. Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2006

    La robe est nette brillante au doré encore jeune. Le nez est très opulent, plein de fruits exotiques très mûrs comme la mangue et l’ananas. La bouche est dense, puissante, avec toujours ce fruit exotique derrière lequel se cache une vraie sensation tannique. L’acidité est bien présente mais un poil piquante, balsamique et l’impression de minéralité est plus mitigée. La longueur est belle mais très empreinte de ces notes balsamiques. A revoir.

    16. Tokay Pinot Gris Alsace (pinot gris) VT 1996

    Last but not least… c’est souvent le cas et cette quille ne déroge aucunement à la règle. Si la robe est tuilée, le nez, lui est une vraie délectation entre fruits très frais et notes exotiques plus confites. On y plongerait… La bouche a gardé une fraicheur stupéfiante, pure, saline, très saline, même et le côté charnu du fruit est une véritable délectation. Et en plus, c’est d’une sapidité totale. Cela vaut vraiment le coup d’attendre 16 ans pour boire un tel monstre de classe et de buvabilité. Si vous en trouvez, foncez !!!

    Conclusions

    Les vins se sont montrés globalement très gourmands, bien plus que je ne l’imaginais. S’ils ont tendance à ne pas toujours être au sommet de leur forme dans les millésimes plus difficiles comme 2006 ou très solaires comme 2003, dès que l’acidité est un peu directrice, ils prennent une ampleur incomparable, avec une atypicité très marquée, surtout sur les vins de terroirs, où la salinité est plus marquée. Ils feraient certainement des dégâts en verres noirs….
    Autre fait marquant, c’est l’effacement de toute sensation d’élevage, alors que tous les vins sont passés réellement en futs et souvent bien plus longtemps que de coutume…
    A titre informatif, le tableau ci-dessous donne les appréciations de chacun des membres du Club « Les Vieilles Copines »

    On remarque que la moyenne générale (15,5) est très haute pour une gamme variée avec un écart assez faible ; de plus 3 vins récoltent une moyenne de plus de 17, dont un atteignant les 18.
    Cela montre bien que si certains vins sortent clairement des sentiers battus, la qualité est largement au rendez-vous.
    Les très beaux 2004 et surtout 96 et 95, envoient un message évident qu’il faut attendre ces vins. Si quelquefois, dans des dégustations de salons, jeunes, ils ne sont pas toujours compris, il faut oser entreprendre d’attendre car cela en vaut largement la peine.
    Marc Tempé le sait bien, ce n’est pas pour rien qu’il rechigne à lâcher ses bouteilles trop jeunes.
    N’hésitez pas à rencontrer l’oiseau en ses terres ou à Colmar, si vous avez prévu une attelle pour votre main droite, cela devrait rester pour vous un tout grand moment, plein de vie et de goût !

    Patrick Bottcher
    Participant

    Un vin qui divise…. quoi !

    Patrick Bottcher
    Participant

    vin carafé 4 heures pour ma part

    ah wé….:(

    Patrick Bottcher
    Participant

    Tout juste Jean-Luc…. ou alors … un petit carafage ?

    Patrick Bottcher
    Participant

    J’entends bien vos observations Messieurs jpm et groove… il serait intéressant quand même de reprendre ce vin carafé.

    Patrick Bottcher
    Participant

    Ça fait tout de même longtemps qu’on n’a plus rien rien lu d’aussi laudatif sur Daumas Gassac rouge…

    Exact Luc, mais je suis très laudatif en général, non ? Un passé d’enfant de coeur, sûrement, les fesses serrées, toutefois !

    Patrick Bottcher
    Participant

    Hyllos,

    C’était partiellement dans le texte… toutes les bouteilles proviennent de la Cave de Jacques Gorissen qui les a achetées chaque année de leur mise sur le marché au domaine pendant les mois d’été… La conservation a été faite au fil des années dans une cave stable à 12-13°C et stable en humidité (+-80%). On peut donc écarter les variabilités inhérantes à une diversité d’approvisionnement…

    Patrick Bottcher
    Participant

    Eric, Hyllos, Arelate,

    Il est clair que pas mal de ces vins ont la typicité…. pour « partager » les goûts, sauf ceux qui sont morts, évidemment. Comme le commentaire que j’ai publié est assez bien issu d’un consensus de notre groupe ce soir-là, je pense qu’il y a lieu d’ajouter à cela les variantes dues à la période, la température, le jour de la semaine (on est plus en forme le samedi soir et le dimanche midi que le lundi). Je suis certain que cela joue sur des blancs sudistes d’être bus en pleine lumière par 35°C à l’ombre ou en plein hiver maussade et humide. Quant aux rouges, vu les surprises que j’ai eu ces dernières semaines dans plusieurs dégustations (déssèchement, dureté, maigreur), je ne serai surement pas le premier à prétendre mon CR pour de la Bible, alors là, très très loin de là. 😉

    Patrick Bottcher
    Participant

    Pour les appros, elles ont été faites comment ?

    Les appros ? Que veux-tu dire par là ?

    Patrick Bottcher
    Participant

    [i]Je suppose et même j’espère que l’un ou l’autre de mes compères vous fera un CR un peu plus technique et complet.
    Je vous laisse,juste le temps de vous dire que la troisième étape fera escale en Italie,la prochaine exploration ayant pour thème le Sangiovese sous toutes ses formes en Toscane!
    Cela promet…[/i]

    Quoi, plus long encore? Mais c’est parfait, la preuve Laurent Teddy Teddy a tout lu jusqu’au bout..

    Que faut-il donc encore ajouter sinon, merci Jean-Luc !

    Patrick Bottcher
    Participant

    Bravo à vous ! On suivra vos aventures de près.

    J’en ai bien peur… non peut-être ! 😀

    Patrick Bottcher
    Participant

    Merci, je trouve pour ma part son Pinot Blanc « jouissif ».

    Tout à fait exact…c’est le message que je pensais avoir passé en disant (ok c’est un peu plus long!) :
    Confirmation en bouche de cette impression avec un sucre résiduel présent, du fruit généreux, gras et croquant qui avec énormément de bonheur sont splendidement équilibrés par une tension très vive, de beaux amers et une grande salinité. La finale est droite, fraiche, juteuse avec de très jolies notes de caramel salé

    Patrick Bottcher
    Participant

    Et comme je ne connais pas encore de « caviste éclairé » qui commercialise ces bouteilles…

    En France, il y a la Cave de Marc Tempé à Colmar : « La Sommelière »

    Patrick Bottcher
    Participant

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    S’il est vrai que je n’ai pas eu l’occasion jusqu’à ce jour de manière très exhaustive sur le domaine Laurent Barth, gageons que cela risque de ne plus être de règle dans les années à venir, tant ce domaine et son vigneron méritent la plus grande attention, je parlerais même du plus grand intérêt.
    Une dégustation avec le Gaspart Club à Bruxelles d’une partie intéressante de la gamme sur des millésimes récents a été le détonateur de la rédaction de cet article qui me titillait depuis plusieurs mois.

    Généralités

    Avant de devenir vigneron alsacien à part entière, Laurent Barth aura sillonné la planète pendant 10 ans (Australie, Afrique du Sud, Inde, Californie, Liban), cela dans un besoin profond d’aller à la rencontre des diverses cultures des pays visités mais en gardant toujours comme objectif de le faire dans le domaine du vin, auquel il a toujours été fermement attaché. Si la vocation pure et dure de vigneron n’est pas, pendant ces pérégrinations, une absolue évidence, celle de travailler dans le vin est donc très claire.

    C’est suite au décès de son père que Laurent Barth revient au domaine familial et que la vocation de vigneron va se réveiller totalement pour se transformer très vite en passion.
    Le domaine s’étend alors autour de Bennwihr en Haut-Rhin, en contrebas des Grands Crus Mambourg et Marckrain.

    Pendant cinq ans, Laurent va s’y faire la main en vendant ses raisins à des coopératives comme la « bien » connue Cave de Bestheim qui possède une antenne au village.
    Il va utiliser pleinement cette période pour aller à la rencontre de vignerons comme Marc Tempé, le « Colosse » du village voisin de Zellenberg, ou Félix Meyer (domaine Meyer-Fonné), rencontre qui, sans être prescriptive, va tout de même le conforter dans la direction qu’il désirera donner un jour à ses vins.
    Le millésime 2004 marque le début de la vente de ses propres vins ainsi que l’achèvement de la cave nécessaire à cet effet. Si, depuis ces débuts, les grandes lignes de culture et de vinification sont clairement établie, il désire ardemment évoluer, expérimenter, comme le marque cette volonté de faire de longues fermentations et des élevages les plus longs possibles ainsi qu’une prise relative de risque au moment des vendanges sans pour autant chercher des surmaturités.

    Evoluer, se remettre en question sont des notions très perceptibles pour notre homme qui aime à proclamer qu’il n’y a aucune certitude dans son métier.
    Vu la taille restreinte de son domaine (longtemps 3,7 ha et 4,5 ha actuellement en 2012), Laurent Barth est le plus souvent amené à travailler seul, ce qui ne lui donne pas énormément de libertés et explique pourquoi l’homme n’a pas une visibilité énorme dans les salons hexagonaux ou plus lointains, ce qui toutefois ne l’empêche pas d’accueillir les visiteurs au domaine avec une grande simplicité empreinte d’une passion tout aussi grande dans sa petite salle de dégustation sobrement aménagée.

    Cette passion, les évènements liés à dame nature n’ont pu en changer un atome et pourtant ils ne l’ont pas vraiment épargné. Le plus douloureux de ces évènements est certainement cette grêle de juin 2007 qui n’a laissé vraiment permis deproduire que quelques hectolitres de Gewürztraminer sur le Grand Cru Marckrain, 80 % de ces parcelles étant gravement touchées. Sans l’aide de vignerons du Haut-Rhin (Eguisheim) et du Bas-Rhin (Hattstatt) qui lui ont permis d’acheter quelques raisins, l’aventure aurait pu se terminer là, mais il en a été heureusement autrement. En référence à ses pérégrinations sur les vignes du Nord, Laurent a appelé ses cuvées de 2007, les cuvées « Nomades », pour lesquelles, il a pu démontrer tout son savoir-faire de vinificateur.
    Si aujourd’hui, la réputation du domaine n’est plus à démontrer, élément normalement rassurant, il n’est pas rare de retrouver une véritable sensation de « nervosité à fleur de peau » chez ce vigneron lors des vendanges. C’était particulièrement sensible lors de ma dernière visite en septembre 2011 où la météo s’est avérée des plus capricieuses.

    Culture et vinifications

    Les parcelles du domaine s’étendent aujourd’hui autour de Bennwihr, entre autres sur le Rebgarten, un des lieux dits du village, sur le Grand Cru Marckrain ainsi que sur quelques parcelles sur le Schlossberg qui composent ses cuvées « Granit ».

    Depuis 2004, Laurent mène ses vignes en agriculture biologique. Afin de ne pas tasser les sols, le travail manuel des vignes est largement privilégié. Il tend aussi à replanter ses parcelles à raison de 10.000 pieds à l’hectare.
    Les rendements moyens sont très faibles, de l’ordre de 40 hectolitres à l’hectare dans des années productives. Les vendanges sont elles aussi manuelles. L’objectif étant la conservation maximale de l’intégrité du fruit ; à ce titre les pinots noirs font l’objet d’égrappage de 80 à 100% selon les millésimes.

    Les raisins font l’objet de pressurages doux et lents suivis de macérations longues (10-15 jours) en cuve inox. Après débourbages, les jus sont mis en élevage en foudre pour les blancs et en fût de deux ou trois ans pour les rouges. Les fermentations sont elles aussi prolongées le plus longtemps possible (jusqu’à 10-11 mois, si nécéssaire), un très léger sulfitage n’intervenant que peu de temps avant la mise. Gageons que quand la quantité totale de raisins produite ainsi qu’une plus grande sécurité financière le permettront, les élevages devraient gagner encore en longueur, principalement sur les terroirs les plus marquants. C’eût certainement été le cas sur 2009, pour lequel Laurent estimait que les vins le demandaient plus que d’habitude.

    Les vins montrent toujours beaucoup de finesse malgré leur concentration ainsi qu’une splendide buvabilité. Ils sont très marqués par le terroir, principalement sur les parcelles granitiques du Schlossberg et sur les cuvées issues du Marckrain, où la profondeur domine. L’acidité est recherchée au maximum de l’équilibre afin de conférer de la fraicheur sur de nombreuses années.

    Depuis 2008, treize cuvées différentes dont deux en rouge sont disponibles mais il y a lieu de s’y prendre très tôt pour pouvoir en emporter quelques flacons, à moins, de façon chanceuse, de trouver son bonheur chez un caviste éclairé.

    Dégustation
    CR:
    Si la présente dégustation ne se veut pas exhaustive des vins produits au domaine, elle a pour but de faire découvrir toutefois toutes les facettes des vins de Laurent Barth

    1. Pinot Noir M 2010
    2. Pinot Noir M 2009
    3. Racines Métissées 2010
    4. Pinot d’Alsace 2010
    5. Pinot d’Alsace 2008
    6. Muscat « Granite » 2008
    7. Riesling 2010
    8. Riesling “Vieilles Vignes” 2010
    9. Riesling “Vieilles Vignes” 2009
    10. Riesling “Granite” 2010
    11. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2010
    12. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2007
    13. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2009

    Les bouteilles ont été ouvertes 8 heures avant la dégustation puis conservées à 10°C. Les rouges ont fait l’objet d’un carafage de deux heures.

    1. Pinot Noir « M » 2010

    13 eur ; +-80 % d’éraflage ; vignes située sur le Grand Cru Marckrain

    La robe est dense, rubis foncé. Le nez est net, puissant, encore très jeune avec de belles notes épicées et des fruits rouges. En bouche, la tension est directrice mais sans déplacer l’équilibre du vin. La sensation de matière est nette, principalement sur le fruit alors que les tanins sont plus discrets. Aucune note boisée n’est perceptible. La finale de très belle longueur garde beaucoup de fraicheur et de fruit alors qu’on y perçoit aussi quelques notes de belle amertume. Ce vin, pour le millésime, me surprend par son fruit, alors que globalement c’est sa belle profondeur qui en fait son atout majeur.

    2. Pinot Noir « M » 2009

    17 eur (caviste) ; +-80% d’éraflage ; vignes située sur le Grand Cru Marckrain

    La robe est toujours très dense, légèrement plus que pour le 2010. Le nez est net, assez puissant, très frais avec du fruit et des notes animales, assez atypique finalement de ce qu’on peut retrouver en Alsace avec une impression d’une aromatique proche d’une très belle mondeuse. En bouche, la tension (pour un millésime plus chaud) est remarquable, elle relève littéralement une belle matière plus serrée autour des tanins, alors qu’un beau gras vient compléter l’ensemble. Ici aussi, le caractère pinot noir n’est pas toujours évident, marque du terroir, influence du vigneron ou les deux, je vous laisse juge… La finale propose une longueur intéressante juteuse, avec des épices, des notes animales et végétales, aucune impression d’élevage et surtout aucune impression de surmaturité ou de confit.
    Toujours est-il que c’est un très beau vin qu’on a ici alliant profondeur et buvabilité mais qui a encore besoin de quelques années pour s’exprimer pleinement. Il confirme à la fois que le millésime 2009 donne de très beaux pinots noirs et que la réputation qualitative de Laurent Barth sur ses rouges n’est pas usurpée.

    3. Racines Métissées 2010

    5,5 eur, assemblage de tous les blancs sauf GW et forte proportion de riesling ; terroirs alluvionnaires de Benwihr

    La robe est nette, brillante assez claire avec des notes jaune-vert. Le nez est intense, frais et gourmand, son melting pot de fruits blancs, jaunes et de notes florales invite littéralement à porter le liquide rapidement à la bouche. Celle-ci s’avère effectivement très gourmande, avec une légère sucrosité, certes mais complètement balancé par la tension et le croquant du fruit. On a une impression d’un très beau grain, très précis, précision qu’on retrouve pleinement sur la finale, bien plus longue que ce que l’étiquette et le prix pourraient suggérer. Un must à l’apéritif.

    4. Pinot d’Alsace 2010

    6 eur ; auxerrois issu de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur auxquels jusqu’à 15 à 20% de pinots noirs sont ajoutés.

    La robe est plus marquée par le jaune que pour les « Racines Métissées » tout en conservant une très belle brillance. Le nez est délicat, entre fruit blancs et floral. La bouche est plus puissante, très marquée par la tension presque perlante sur l’attaque et qui s’équilibre très vite sur un fruit très marqué par des notes exotiques. La finale est droite, avec un caractère assez sec qui modère un peu le caractère gourmand retrouvé en milieu de bouche.

    5. Pinot d’Alsace 2008

    6 eur ; auxerrois issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur auxquels jusqu’à 15 à 20% de pinots noirs sont ajoutés.

    La robe est encore plus dense plus jaune-or que pour le 2010 marquant ici une certaine évolution. Le nez est sensiblement différent du 2010 par son évolution, ses agrumes plus juteux ainsi qu’une impression légère pré-liquoreuse qui augmente la perception de gourmandise. Confirmation en bouche de cette impression avec un sucre résiduel présent, du fruit généreux, gras et croquant qui avec énormément de bonheur sont splendidement équilibrés par une tension très vive, de beaux amers et une grande salinité. La finale est droite, fraiche, juteuse avec de très jolies notes de caramel salé. Un vin splendide, à nouveau atypique, très à l’image de son géniteur.

    6. Muscat « Granite » 2008

    12 eur ; 95 % de muscat à petits grains ; raisins issus du GC Schlossberg (granitique léger)

    La robe est brillante et très claire avec des notes vert-clair prononcées. Le nez est net, assez intense, pas variétal, plutôt, à nouveau sur le floral que sur le musc, avec des notes de raisins de Corinthe à l’aération. La bouche est très droite, pure avec de fortes notes minérales dopées par une impression tannique et une très belle amertume, presque aérienne. Le fruit est légèrement plus présent en milieu de bouche. L’absence de sucres résiduel confère au vin un caractère très sec surtout la finale de très belle facture. Comme pour le reste de la gamme, un vrai muscat minéral à découvrir absolument.

    7. Riesling 2010

    8 eur ; raisins issus de sols alluvionnaires légers autour de Bennwihr favorisés en années humides.

    La robe est très jeune, classiquement jaune-vert clair. Le nez est lui aussi classique citrique principalement avec quelques fruits blancs. L’impression de jeunesse est aussi très nette.. Sans surprise, la bouche est très tendue, puissante avec des agrumes citriques très marqués, le tout agrémenté d’une certaine rondeur qui rend la bouche plus gourmande. En finale, tout cela est confirmé, la fraicheur domine sans atteindre des longueurs incommensurables. Le riesling typique d’entrée de gamme, bien fait et qui rassurera ceux qui sont en quête de perception de cépage.

    8. Riesling “Vieilles Vignes” 2010

    10 eur ; raisins issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur.[/i]

    La robe montre la même jeunesse et la même tonalité que pour le riesling classique. Le nez est plus discret de prime abord et gagne de la puissance ensuite avec un caractère fruit blanc bien plus marqué que le variétal citrique. En bouche, l’acidité est imposante et donne une structure très élancée au vin, sans impression de maigreur, au contraire parce que le fruit juteux tempère cette puissance. Mais l’élément remarquable de cette bouche, c’est cette minéralité perçue, principalement sur les côtés salins très évidents surtout sur la finale à la longueur très prononcée.
    Ce vin ferait certainement la nique à beaucoup de grands crus en dégustation horizontale, il est en tous cas d’un rapport qualité-prix inébranlable !

    9. Riesling “Vieilles Vignes” 2009

    10 eur ; raisins issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur.

    Ils ne sont pas nombreux les 2009 qui peuvent prétendre apporter autant de plaisir que les 2010 ou les 2008 à des amateurs de vins de pierre comme moi. Celui-ci ne déroge hélas pas à la règle d’autant qu’il souffre certainement d’un effet de séquence avec son prédécesseur. Si le nez est d’emblée plus puissant, c’est pour aller vers des notes nettement plus solaires avec du coing, du menthol quelques notes florales mais surtout une impression d’alcool. En bouche, même topo, l’acidité n’étant pas suffisante pour empêcher une impression d’étalement. Côté positif, la matière et un certain équilibre restent perceptibles. La finale n’est pas particulièrement emballante, non plus, bercée d’amers solaires et d’une rondeur que je ne recherche pas mais qui devrait ravir 80% des béotiens qui débarquent en alsace à la chasse au saccharose sauvage.

    10. Riesling “Granite” 2010

    20 eur ; raisins issus du GC Schlossberg (granitique léger)

    La robe est jeune, classique, très claire. Changement de cap à 180° avec ici un nez magnifique, puissant, complexe, un véritable bouquet floral où le lys domine, quelques notes de fruits blancs et une impression de silex mouillé. Un vrai nez de méditation. En bouche, la très grosse tension dirige un équilibre sucré/salé comme trame de fond parce qu’au-devant de la scène, on sent très vite la pierre prendre le dessus sur le tout. L’impression de densité de matière est maximale. Si la finale est encore un peu dissociée sous l’effet de la jeunesse et de la concentration de ses composants, on sent une énorme race et un potentiel de vieillissement gigantesque. Un vin exceptionnel qui vaut très largement ses 20 euros, ce prix s’expliquant par la rareté de cette cuvée.

    11. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2010

    15 eur (50 cl) ; sols marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

    La robe est dorée encore assez claire. Le nez est très puissant avec beaucoup de caractère, complexe et à des lieues du banal duo rose-lichees, avec, de plus, une certaine austérité qui donne de la noblesse. La bouche est très équilibrée entre une belle tension, des raisins de Corinthe pour le fruit, du gras avec une légère impression de rondeur qui doit encore être complètement intégrée, une matière très présente et enfin et surtout cette minéralité profonde qui nous amène complètement sur la pierre au bout d’une très belle finale. Un de mes meilleurs GW des 12 derniers mois qui ne peut qu’encore gagner qu’en profondeur avec les années.

    12. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2007

    20 eur ; sols marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

    Sauvé des eaux grêleuses, ce gewürztraminer montre plus d’évolution à la robe que son cadet de 2010. Le nez est tout aussi puissant, complexe, avec en plus des notes perçues en 2010, une impression d’aller plus sur le pinot gris avec aussi quelques belles notes végétales. En bouche, l’acidité est toujours aussi bien marquée, elle équilibre parfaitement une matière fruitée et ronde où le raisin de Corinthe est à nouveau très présent, la minéralité conférant enfin à l’ensemble une austérité très noble. La finale est très longue, fraiche, très balancée entre sensations de terroirs et fruit gourmand. L’évolution de ce vin le rend encore plus accessible, plus buvable que le 2010 ; on atteint ici clairement des sommets, avec le seul bémol que sur la grande durée, il devrait se faire doubler par son cadet.

    13. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2009

    20 eur ; sols marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

    Si la robe est encore jeune, on n’atteint pas ici les niveaux des deux vins précédents. Le nez est plus végétal, plus mentholé. Plus sucré, plus boudeur, plus féminin, ce vin est toutefois bien plus équilibré que le riesling V/V de par son acidité plus franche et sa minéralité plus sensible. Un côté métallique me perturbe sur la finale de bonne facture. Si on n’e touche pas les sommets, ce vin confirme que 2009 a été plus généreux pour les Gewürztraminer.

    Conclusions

    Le groupe qui a participé à cette dégustation a pas mal d’expérience et n’a pas l’habitude de s’enthousiasmer avec des notes généreuses sans raison, mais ici, on ressent une véritable unanimité sur la qualité de la gamme entière proposée : 14,5/20 de moyenne et un écart-type moyen minimal (

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