Patrick Bottcher

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  • Patrick Bottcher
    Participant

    J’ai pas osé…

    Les plus belles choses doivent se faire attendre….:D

    Patrick Bottcher
    Participant

    [i]J’obeserve dans les divers discussions que le 2008 RIESLING GRAND CRU WINECK-SCHLOSSBERG de Meyer-Fonne revient souvent.
    Les prix tournent autour de 20 euros ce qui me paraît très abordable..[/i]

    Il s’agit effectivement d’un très bon vin, un des meilleurs en 2008 et forcément à excellent rapport Q/prix, mais vu le niveau global très élevé du millésime, il serait dommage qu’un arbre cache la forêt… et dans la forêt, certains vins se situent entre 10 et 12 euros…. l’Altenberg de Wolxheim de Lissner en est un exemple !

    Patrick Bottcher
    Participant

    Groink, non, pas d’éléments à fournir… pas impossible, évidemment…. je sens que Florian aura la réponse !

    Patrick Bottcher
    Participant

    Par ailleurs, j’ai vu récemment qu’il se faisait des rieslings SGN, tardifs…comment faut-il les considérer? est-ce tjs des rieslings avec autant de sucres?

    Ben, s’ils sont SGN, c’est qu’ils ont forcément plus de sucres résiduels que les VT…. En ce qui les concerne, on peut émettre la même remarque que les VT : le riesling étant le plus acide des cépages nobles, ceux qui recherchent des vins à fort taux de sucres résiduels qui sont à la fois modelés pour la grande garde et qui sont structurés sur de la fraicheur ont intérêt à choisir des VT, voir des SGN de Riesling plutôt que de Pinot Gris ?

    Pourquoi sont-il dès lors plus rares ces VT et surtout ces SGN de riesling ? Je pense, peut-être bêtement et certainement d’une manière un peu bornée, que le caractère sec souvent recherché de la grande majorité des rieslings de par la demande économique qu’ils représentent ne pousse pas les vignerons à obligatoirement rechercher des surmaturités extrêmes, avec les risques météorologiques qui en découlent, pour un cépage, lui-même, déjà plus tardif que d’autres….

    Patrick Bottcher
    Participant

    2010 est presque aussi génial que 2008, mais l’acidité n’est pas autant tartrique, généralement.

    Florian, je disais 01, 05, 08 sur tous cépages, mais les GW en 2009 sont moins, euh, bof, que le reste…. surtout en terme d’équilibre.

    sinon, je trouve 2005 sapide mais asez précieux….

    Patrick Bottcher
    Participant

    Comme Fred B mais avec une légère réserve pour 2002 et 2007 qui ont de la tension mais une matière plus limitée. 2001 et 2008 me paraissent tout écraser sur leur passage, surtout en riesling !

    2009 est pas si mal réussi en GW.

    Patrick Bottcher
    Participant

    Les descriptions des vins sont d’une grandes justesses… On sait précisément ce que tu as ressentis…

    Je trouve aussi 😀

    Patrick Bottcher
    Participant

    Sinon, puisque que tu me titilles amicalement sur le sucre, sache que je n’ai aucune chapelle et que je peux aimer autant des millésimes très tendus ou plus rond parce qu’avec du SR, si et seulement si ils sont équilibrés, le sucre n’entrant donc pas en compte dans mes goûts.

    😀 + 😉

    Patrick Bottcher
    Participant

    [i]Patrick Bottcher écrivait:
    ——————————————————-
    > Cela me rassure que 2006 chez les Sipp comme
    > ailleurs (même très souvent plus) soit pris avec
    > plus qu’un certain recul.. Pour rappel, il s’agit
    > quand même du pire millésime de la décénnie
    > précédente et que si ces bouteilles ont eu le
    > mérite de bien tenir 5-6 ans, il vaut quand même
    > mieux ne pas échaffauder de plan d’avenir
    > là-dessus, surtout et encore plus (à nouveau
    > question de goût) si son modèle tactile est 2008.

    donc Patrick si je te suis, si l’on prends en considération la faiblesse du millésime, mais que l’on a aimé un 2006 comme celui de Sipp, c’est qu’on manque de recul?
    J’ai la grande tristesse d’annoncer, presque honteuse, que j’ai aimé ce 2006 alors même que j’adore le 08 (et un peu moins 09).[/i]

    Mais pas du tout, c’est même marrant que tu m’interpètes à l’inverse de mes dires. (C’est la deuxième fois en peu de temps que ma syntaxe particulière semble génerer des compréhensions à géométrie variable (:D).

    By the way, ce que je dis, c’est qu’il y a lieu de prendre du recul avec des CR sur des vins alsaciens de 2006 pour imager un domaine ou un cru sur une décénnie, plus particulièrement dans le sens de la qualité du travail (au contraire, souvent et sûrement, ici).
    Je ne dis pas du tout non plus qu’il ne faille ou non apprécier ce 2006 en particulier ou qu’il n’est pas possible de le faire, je dis juste qu’il y a lieu de prendre beaucoup de recul avant de lyncher un cru à travers son vin le plus difficile en 15 ans. Ce n’est certes pas non plus la volonté de Sylv1, mais je suis prêt à parier que le lecteur occasionnel des lignes alsaciennes risque justement d’être mis en état dubitatif alors qu’il n’y a pas vraiment lieu.

    Patrick Bottcher
    Participant

    [i]Pire que 2009 ?
    Car où 2006 justement a eu le mérite de tenir 5-6 ans…
    J’ai toujours pas eu beaucoup de plaisir avec les différentes bouteilles de 2009 dégustées jusqu’ici!
    Mais c’est vrai que 2008 est désormais mon maître étalon!

    Alfonso[/i]

    Oui, bien pire, Alfonso ! Et très sûrement chez Louis Sipp !

    Sur 2009, il y a moins d’acidté et les sucres résiduels (pourtant moindres qu’en 2008) se ressentent plus, mais comme discuté ailleurs, récemment, on ne peut pas parler pour autant de vins déséquilibrés. Pas à ton goût (et pas très au mien (quoique l’Osterberg 2009 du domaine, y a rien à redire)), certes, mais des tas de gens recherchent cela (demande à Enzo :D). MAIS, on nepeut pas parler d’un problème sanitaire sur ce millésime (goût de champignons, etc…) et de dilutions sur 2009, alors que c’est bien le cas en 2006 et que, c’est du moins ce que j’imagine, les aromes déviants observés pour ce dernier millésime ne vont certainement pas s’estomper avec le temps.

    Patrick Bottcher
    Participant

    2006 est effectivement plus rond que 2007 et 2008, sur des notes plus confites (citron confit) et avec des notes un peu miellées, faisant apparaître le vin plus rond que d’habitude sur cette cuvée, mais en gardant un bel équilibre et une tension malgré tout présente sur ce millésime difficile.

    Cela me rassure qu’une bouteille alsacienne de 2006, de chez Sipp comme d’ailleurs, soit prise, dans son commentaire, avec plus qu’un certain recul.
    Pour rappel,concernant globalement les 2006 en Alsace, il s’agit quand même du pire millésime de la décénnie précédente et que si ces bouteilles ont le mérite de bien tenir 5-6 ans, il vaut quand même mieux ne pas échaffauder de grand plan d’avenir là-dessus, surtout et encore plus (à nouveau question de goût) si son modèle tactile est 2008.

    Patrick Bottcher
    Participant

    Avec plaisir !

    Patrick Bottcher
    Participant


    CR:
    A l’occasion de la « Bouteille du mois » de décembre sur LPV, direction le Sud de l’Alsace viticole pour une dégustation qui me tenait à cœur, heureusement partagée par une belle brochette de fins palais, tant l’accueil au domaine a toujours été exceptionnel, j’ai nommé le Domaine Dirler-Cadé.

    Généralités

    Si la famille Dirler-Cadé possède une majorité de ses parcelles sur le ban de Guebwiller, c’est à quelques encablures, à l’Est, dans le village voisin de Bergholtz que la famille Dirler a élu domicile.
    Le domaine est géré par Jean Dirler et Ludivine Dirler-Cadé depuis leur mariage en 1998, et résulte, aujourd’hui de l’association des parcelles des familles Dirler de Bergholtz (vieille lignée qui date de 1871) et Hell-Cadé de Guebwiller, raison pour laquelle le nom du domaine est modifié à cette époque de Dirler en Dirler-Cadé.

    Aujourd’hui le domaine possède 18 hectares de vignes dont 42% sur les 4 Grands Crus de Guebwiller (2,5 hectares sur le Grand Cru Kessler).
    Les vendanges de 2011 ont été particulières au domaine, marquées par la naissance, le 14 septembre, de Mathilde, 3e enfant de Jean et Ludivine.
    Le jeune couple est encore largement secondé par Jean-Pierre et Marthe Dirler, les parents de Jean, qui ont gardé l’habitude d’accueillir généreusement les visiteurs au caveau spacieux et original.
    Et quand on dit généreusement, le mot est faible, puisque lors de ma dernière visite, ce ne sont pas moins de 61 bouteilles qui sont passées en dégustation, toutes défendues avec passion par Jean-Pierre, qui pour chacune d’elles, de mémoire pouvait me citer les valeurs de sucres résiduels et d’acidité.
    Il n’est pas étonnant, cependant, d’arriver à un tel nombre de quilles en dégustation chez les sociétaires de Bergholtz… tant leur nombre de parcelles, principalement sur le ban de Guebwiller, est impressionnant. Si Bergholtz partage une partie du Grand Cru Kessler avec sa voisine, c’est bien Guebwiller qui offre au visiteur la particularité de posséder 4 grand Crus sur son ban : Kitterlé, Saering, Kessler et Spiegel.

    En plus de leurs nombreuses parcelles sur ces 4 Grands Crus, dont la très qualitative « Heisse Wanne », la famille possède encore des vignes sur pas mal de lieux dits avoisinants de très bonne renommée : Belzbrunnen, Schwarzberg, Bux, Schimberg et Bollenberg.
    Comme la philosophie du domaine est en plus de conserver à la vente les millésimes sur plusieurs années, jamais pressée de « lâcher » le dernier millésime, ce sont pas moins de 80 références qui se retrouvent au catalogue.
    Si le Riesling est vraiment le cheval de proue du domaine, tous les cépages alsaciens se retrouvent au tarif, avec un bel intérêt pour le Muscat.
    On imagine donc bien toutes les facettes aromatiques et tactiles que revêt une dégustation des vins du domaine.
    Pas étonnant, non plus, dès lors qu’un tiers des ventes (+- 100.000 cols/an) soient réalisées au domaine alors que 50% de la production fait l’objet d’exportation.

    Terroirs

    Lieu-dit Belzbrunnen

    Ce lieu-dit se situe en contrebas du Grand Cru Kessler avec la même exposition Est ; les sols sont de nature sablo-argilo-gréseuse. Le domaine y exploite 1,9 ha et le riesling y est majoritaire

    Lieu-dit Bollenberg

    Terroir calcaire situé à Orschwihr à la limite des bans de Soulzmatt et Rouffach dont le domaine exploite 0,35 ha, principalement en riesling,

    Lieu-dit Bux

    Terroir argilo-marno-gréseux situé à Guebwiller, dont 0,8 hectare sont exploité par le domaine, principalement en pinot gris et gewurztraminer.

    Lieu-dit Schimberg

    Terroir gréso-volcanique situé en face de Guebwiller dont 0,8 hectare exploité par le domaine en pinot gris.

    Lieu-dit Schwarzberg

    Terroir argilo-marno-gréseux situé à Bergholtz, dont 0,4 hectare sont exploité par le domaine en pinot gris.

    Grand Cru Kitterlé

    Situé au nord de Guebwiller, le Kitterlé se présente en fer à cheval sur le massif de l’Unterlinger dont il occupe la base, entre 270 et 360 mètres sur un sol à forte pente qui nécessite une culture en terrasses. Selon la face du « fer » où l’on se situe, les expositions varient du sud-est au sud-ouest, ce qui lui confère déterminent des conditions climatiques assez variable même s’il est lui aussi fort bien abrité des vents du nord. Sur une assise gréso-volcanique, on retrouve un sol léger, mélange de sable et de graviers. Sur les 26 hectares du Grand Cru, le domaine exploite environ 1 hectare, principalement en Gewürztraminer.

    Grand Cru Saering

    Situé en avant-Colline au Nord-Est de Guebwiller, en léger contrebas du flanc Est du Kitterlé et de l’Ouest du Kessler, entre 260 et 310 m, le Grand Cru Kitterlé est de nature assez lourde, marno-calcaro-gréseuse avec des veines calcaires qui peuvent être occasionnellement affleurantes.
    Sur la superficie totale de 27 hectares, le domaine exploite environ 1,5 ha en Riesling, Gewürztraminer, Muscat et pinot Gris. Des 4 Grands Crus du domaine, le Saering est certainement celui qui fournit les vins les plus ronds et les plus fruités.

    Grand Cru Kessler

    Le Kessler est le Grand Cru le plus réputé de Guebwiller. Son nom signifie « Marmite » en alsacien« Marmite », nom qu’il a hérité de sa parcelle la plus connue, sis au milieu du Cru, La Heisse Wanne (Cuvette Chaude) d’où est issu la cuvée emblématique du domaine Dirler en Riesling.
    Ces noms viennent du fait que ce terroir et particulièrement la cuvette de la Heisse Wanne sont très bien protégés des vents du Nord, de par l’orientation Est, Sud-Est qui les protège des vents froids émanant de Guebwiller, de par le Ballon d’Alsace, tout proche, qui joue, comme pour la Vallée Noble, son rôle de bouclier et de par la forme encaissée du Grand Cru.
    De pente forte à assez forte, ce terroir, situé entre 300 et 390 mètres sous la forêt, fait partie de la famille des terroirs gréseux (sols lourds), soit des colluvions de grès rouge et d’argile qui recouvrent un socle calcaire. En surface, on retrouve des sables rouges très caillouteux issus de cette assise. D’une superficie totale de 28,5 ha, un peu plus de deux sont exploités par le domaine en Riesling, Gewürztraminer et Pinot Gris.
    Malgré sa réputation de terroir « chaud », les vins conservent le plus souvent beaucoup de finesses et de fraicheur, tout en étant extrêmement minéraux.

    Grand Cru Spiegel

    Adjacent à la limite inférieure du Kessler, le Spiegel s’étire de 260 à 305 mètres en pente douce, en mi-coteau, entre les bans de Guebwiller et de Bergholtz. D’orientation Sud, Sud-Est, le Spiegel possède des sols de nature marno-gréseuse, plus marneux sur son versant Sud et plus argileux avec des veines calcaires sur son versant Sud-Est. Sur environ un hectare des 18 de la superficie du Cru, le domaine exploite principalement du Muscat, du Riesling sur sols plus calcaires à l’Est et du Gewürztraminer sur les sols plus marneux au Sud.

    Viticulture

    Si la réputation des Dirler a toujours été de produire des vins droits, secs et ciselés, ils ont encore gagné en précision et en salinité avec le passage en biodynamie dès 1998.
    Si l’on attribue cette impulsion à Jean, il faut reconnaître qu’elle a été largement soutenue par son père que cette méthode de viticulture passionnait depuis pas mal d’années auparavant.
    Parallèlement à l’application des principes de la biodynamie, la plus belle conquête de l’homme est venue remplacer les machines pour les labours.
    Le domaine a été labellisé Biodivin à 100% en 2007
    Les vignes sont effeuillées sélectivement à la main afin de mieux contrôler les maturations et, pour fixer les vendanges, la nature des peaux et des pépins revêt une importance égale aux données analytiques.

    Vinifications

    Au caveau, après un tri, les raisins sont passés entiers sous pressoirs pneumatiques (le domaine en possède deux). Chaque cuvée fait ensuite l’objet de décisions variées selon l’objectif désiré et en fonction de la concentration en matière. Si l’ensemencement naturel est favorisé, il n’est pas rare que le domaine juge nécessaire de pratiquer un levurage sélectif. Les fermentations sont prolongées de 3 semaines à 3 mois environ, selon les nécessités.
    Les élevages se font sur lies fines, en fonction des cuvées, en cuves inox ou en futs (75%/25%), et cela, sans battonage. Les sulfitages sont très faibles mais les Dirler refusent de s’en priver, les considérant comme indispensables. La plupart des cuvées est mise en bouteille au mois de juin qui suit les vendanges, certaines cuvées sont prolongées jusqu’à 12 mois.

    Dégustation

    1. Pinot Noir « Ludivine » 2009
    2. Pinot Blanc 2008
    3. Muscat Grand Cru Spiegel 2007
    4. Riesling Belzbrunnen 2008
    5. Riesling Grand Cru Saering 2008
    6. Riesling Grand Cru Saering 2007
    7. Riesling Grand Cru Saering 1999
    8. Riesling Grand Cru Spiegel 2008
    9. Riesling Grand Cru Spiegel 2007
    10. Riesling Grand Cru Kessler 2008
    11. Riesling Grand Cru Kessler “Heisse Wanne” 2008
    12. Gewürztraminer Grand Cru Saering 2008
    13. Gewürztraminer Grand Cru Kessler 2008
    14. Gewürztraminer Grand Cru Kessler Vendanges Tardives 2007

    Les vins ont été servis à une température de 10° après avoir été ouverts préalablement 6 heures auparavant.

    1. Pinot Noir « Ludivine » 2009

    Rendement : 50 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 3,2 g/l – Sucre résiduels : 0,6 g/l – alcool : 14,2° – prix (domaine) : 13,5 eur

    La robe est dense, pourpre foncé. Au nez, on ressent une belle structure avec une dominante de fruits mûrs et d’épices, l’élevage est présent mais sans excès (20% de barriques). La bouche est classique, riche comme souvent en Alsace pour ce millésime, mais sans chaleur et avec un très bel équilibre entre amers, tanins et fruit. Globalement, si ce vin n’atteint pas des sommets de longueur, il gagne beaucoup sur la buvabilité. Très plaisant.

    2. Pinot Blanc « Réserve » 2008

    Rendement : 65 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 4,8 g/l – Sucre résiduels : 7,2 g/l – alcool : 13,1° – prix (domaine) : 6,8 eur

    La robe est jaune clair, très jeune. Le nez est puissant, d’emblée, et terriblement exotique en plus de notes de miel et quelques touches lactées. On retrouve ces impressions en bouche où l’acidité apporte beaucoup de fraicheur. Mais le vin semble avoir été destiné à une certaine forme de rondeur apéritive que certains apprécieront sans nul doute. Moi, de mon côté, j’y vois un peu trop de « travail » et une aromatique assez monolithique. A prendre donc pour quoi il est destiné.

    3. Muscat Grand Cru Spiegel 2007

    Rendement : 59 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 3,3 g/l – Sucre résiduels : 4,9 g/l – alcool : 12,2° – prix (domaine) : 12 eur

    La robe est très claire, pâle comme souvent pour les muscats secs. Le nez est à nouveau assez puissant, d’entrée très muscat, puis évoluant vers des notes florales (thé, verveine) et végétales herbacées. On y retrouve aussi pas mal d’épices. La bouche est très équilibrée entre la fraicheur encore très présente, le gras et le fruit. On ressent en plus des arômes du nez, des notes nettement plus minérales, surtout sur la longueur de très belle facture. Une excellente surprise.

    4. Riesling Belzbrunnen 2008

    Rendement : 55 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 6,2 g/l – Sucre résiduels : 7,2 g/l – alcool : 13,2° – prix (domaine) : 12,5 eur

    La robe est jaune-vert très clair. Le nez est puissant, assez primaire, totalement, éperdument riesling, droit, pur et citrique. En fin d’aération, quelques notes secondaires pointent du nez ce qui laisse augurer d’une belle évolution prochaine.
    L’attaque de bouche est surtendue, un arc Parthe qui décoche une flèche de droiture. Fillettes, passez votre chemin, mais moi, j’adore… totalement. Et comme en milieu de bouche, l’équilibre est parfait avec beaucoup de fruit et de salinité… Cette quille a tout pour me déclencher une petite… émotion. La longueur, énorme, est totalement sur la salinité…. un très beau vin de pierre…. un énorme rapport qualité-prix.

    5. Riesling Grand Cru Saering 2008

    Rendement : 45 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 6 g/l – Sucre résiduels : 8 g/l – alcool : 13° – prix (domaine) : 16,5 eur

    La robe est jaune-vert respirant de jeunesse. Le nez assez fermé de prime abord livre des arômes pierreux, fumés avec une pointe de menthol qui rappelle des notes légèrement solaires. En bouche, malgré la jeunesse, l’équilibre est bien présent, avec une grande impression de droiture sans pour autant que l’acidité paraisse excessive. Globalement on est plutôt sur des impressions austères avec pas mal de salinité, le tout sur un registre assez sec à très sec. On se serait attendu à une longueur plus évidente, plus ronde. Finalement, je reste sur une impression de vin « en attente », tout comme ce fut le cas pour pas mal de 2007, il y a un an, avant d’aborder les arômes secondaires. A revoir, évidemment.

    6. Riesling Grand Cru Saering 2007

    Rendement : 58 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 5,5 g/l – Sucre résiduels : 4,8 g/l – alcool : 13,1° – prix (domaine) : 14,5 eur

    Si la robe a conservé sa jeunesse, le nez est bien plus ouvert, avec des arômes secondaires floraux et d’hydrocarbures bien présents. Mais ce qui domaine, c’est l’exotisme presque sudiste avec de l’ananas et du fruit de la passion. En bouche, on a un très bel équilibre à la fois tendu, minéral, globalement sec avec moins d’impression d’exotisme. L’amertume est par contre bien présente, surtout sur la finale de belle longueur. Cette amertume est-elle minérale ou plutôt lié à un alcool assez présent… le groupe est partagé… attendre, ici aussi, semble s’imposer.

    7. Riesling Grand Cru Saering 1999

    Rendement : 60 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 4,6 g/l – Sucre résiduels : 25 g/l – alcool : 11,8° – prix (domaine) : 13,8 eur

    La robe est nettement plus évoluée d’un bel or légèrement ocré. Au nez on retrouve totalement ces arômes qui captivent tellement les LPViens sur le Kirchberg 1999 de Louis Sipp : hydrocarbures, floral et zestes confits d’oranges et de citron. C’est assez splendide. La bouche démarre très bien, avec une acidité maîtrisée qui apporte encore beaucoup de fraicheur. On retrouve ces aromes de zestes confits d’orange et d’orange amère agrémentés de massepain jusqu’en milieu de bouche. Ce serait vraiment parfait si il n’y avait le sucre en élément un peu perturbateur, qui pour moi, est légèrement trouble-fête. Finalement, un beau vin, mais d’un style qui ne correspond pas exactement au style actuel, plus influencé par la biodynamie. Je parie que Monsieur Bettane apprécierait… toutefois.

    8. Riesling Grand Cru Spiegel 2008

    Rendement : 45 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 6,2 g/l – Sucre résiduels : 5,2 g/l – alcool : 13° – prix (domaine) : 16,5 eur

    Retour à une robe jeune et claire, jaune-vert. Le nez est fin, sans énorme intensité, avec des notes mentholées assez soutenues. Très vite, à l’aération, des notes pierreuses viennent se joindre à cette aromatique pour donner de belles impressions de complexité. En bouche, si la complexité est toujours de mise, la puissance et la concentration s’expriment bien plus, que ce soit à travers l’acidité, l’extrait (presque rond) et surtout l’impression de salinité. Confirmation d’un superbe vin en finale, très longue avec une impression de netteté impressionnante. A ne pas louper !

    9. Riesling Grand Cru Spiegel 2007

    Rendement : 55 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 5,3 g/l – Sucre résiduels : 2,3 g/l – alcool : 13,4° – prix (domaine) : 14,5 eur

    La robe est toujours très jeune. Le nez, assez puissant, oscille entre notes primaires citronnées et une énorme sensation de roche humide. Confirmation de cet aspect « pierre » en bouche, d’autant que l’acidité très structurée potentialise ces notes. Malgré le millésime pas toujours chargé en matière, le milieu de bouche apporte suffisamment de fruit et de rondeur pour éviter une certaine austérité. Plus on avance dans les perceptions, plus cette impression d’équilibre est perceptible. En toute fin de bouche, quelques belles notes épicées viennent compléter un tableau proche de la perfection. A boire ou à garder encore de longues belles années.

    10. Riesling Grand Cru Kessler 2008

    Rendement : 50 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 6 g/l – Sucre résiduels : 8,3 g/l – alcool : 13,1° – prix (domaine) : 17 eur

    La robe est jaune-vert, très claire sans la moindre marque d’évolution. Le premier nez est très fermé et une agitation certaine est nécessaire à faire apparaitre une aromatique fine et complexe, moisson de notes citriques, florales et de pierre à fusil qui se marque de plus en plus avec le temps. La bouche parle sur la matière version silex pour la chasse au « gros »…. droite, pure, ciselée, saline, saline, saline…. Mais en plus, et malgré la jeunesse, on a un vrai plaisir à boire ce vin. Mon modèle de Kessler !

    11. Riesling Grand Cru Kessler “Heisse Wanne” 2008

    Rendement : 35 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 6 g/l – Sucre résiduels : 5,1 g/l – alcool : 13,4° – prix (domaine) : 18,5 eur

    Imaginons le vin précédent avec tout encore plus concentré…. Too much ? Non, parce qu’en plus , ici, la « Cuvette » joue son rôle en apportant nettement plus de fruit, de solarité. Il s’agit indéniablement ici d’un « monstre » taillé pour le temps, une bouteille qui va faire couler des larmes de bonheur dans 15 ans…. Sa longueur immense en est déjà témoin. En attendant que tout cela se fonde, on patientera bien quelques années avec le Kessler classique. Félicitations à toute la famille pour cet énorme fruit du travail !

    12. Gewürztraminer Grand Cru Saering 2008

    Rendement : 55 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 3,7 g/l – Sucre résiduels : 18,7 g/l – alcool : 13,9° – prix (domaine) : 14,4 eur

    La robe, bien que plus soutenue est très claire pour un gewürz… Le nez me paraît un peu (ou encore assez) variétal avec une rose assez présente. Il est anobli par des impressions de zestes confits d’agrumes. La bouche est fraiche, ce qui apporte beaucoup d’équilibre à ce vin qui se goûte étonnamment sec sur l’équilibre. Le vin manque toutefois un peu de précision et vu la longueur, moyenne, un léger doute persiste sur une éventuelle action délétère du bouchon. A revoir.

    13. Gewürztraminer Grand Cru Kessler 2008

    Rendement : 35 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 3,5 g/l – Sucre résiduels : 31,4 g/l – alcool : 14,2° – prix (domaine) : 17 eur

    Tout paraît ici plus « net » que pour le précédent Saering à commencer par le nez, pus serré, mais pus fin aussi, plus floral enfin, même si le cépage reste reconnaissable. En bouche, si le bond en suce résiduels est perceptible, le vin reste équilibré pare que la tension y est très vive, de plus les sensations minérales et les beaux amers, surtout en finale, complexifient parfaitement l’édifice. Avec beaucoup de puissance et de classe, ce vin s’inscrit réellement dans la méditation, bien plus que dans la gastronomie simplement.

    14. Gewürztraminer Grand Cru Kessler Vendanges Tardives 2007

    Rendement : 40 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 3,6 g/l – Sucre résiduels : 94,4 g/l – alcool : 12,1° – prix (domaine) : 25 eur

    Bien plus évolué à la robe, ce vin ne triche pas avec nos sentiments, il est là clairement pour faire parler la générosité. Puissant et complexe au nez avec du fumé, des fruits confits, des notes variétales et même quelques touches pierreuses, il impressionne en bouche par sa matière embarquée. Si l’acidité et la salinité sont est heureusement présentes pour empêcher une impression sirupeuse, cela reste le fruit croquant, version pâte de fruit, qui domine les débats, le tout avec une classe étonnante pour une VT de Gewürztraminer. Un bien beau moment de plaisir, pur !

    Conclusions

    J’aime vraiment beaucoup ce domaine, d’abord par son accueil, ensuite par sa volonté de toujours chercher, dans une certaine forme de tradition, à faire des vins plus purs, plus précis et plus droits, sans toutefois se refuser du fruit ou de la solarité dans certaines cuvées.
    Mais je pense qu’avant toutes choses, ce que j’ai goûté ici me rassure dans MA certitude de l’influence du terroir sur les vins à une époque où je lis de plus en plus certains écrits mettre en doute l’effet du sol au profit du seul art de l’homme. Pourquoi,? Parce qu’en balayant ainsi tant de vins différents, pour un même cépage ou non, on obtient sur un même millésime, une palette extraordinairement variée de vins allant des solaires Saering aux religieux Kessler, allant du fruit à la pierre, alors que plus probablement, l’homme, derrière tout cela, travaille chaque cuvée avec le même intérêt, la même besogne.
    J’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas une mais des milliers de vérités dans un vin, et ce rien qu’à travers le ressenti de chaque personne qui le goûte, mais toutes ces impressions se situent pour moi clairement dans un triangle formé par l’homme, le fruit et le sol… quand je goûte les vins de chez Dirler, cela me paraît évident, tout autant que 2008, est, en Alsace, sûrement, un millésime Majeur !

    Patrick Bottcher
    Participant

    PS : En 2001, de mémoire, le riesling Spiegel avait un peu de SR perceptible, faut que je fouille mes fonds de cave…

    Oui, j’ai cru lire cela aussi…et ça m’a étonné pour 2001 (qui est en Alsace, actuellement mon « modèle » d’érection!)… faudrait vérifier… mais le Saering 99 avait bien 25 gr

    Patrick Bottcher
    Participant

    Patrick, tu avoueras que « juste maturité » n’est évidemment pas la même chose que maturité « maximale ». « Optimale » peut-être?

    Mmmmhhh… c’est plus de la réthorique, cela…. Va voir « nos amis » et parle leur de 2011… tu verras que la notion de maturité « optimale » était presque impossible, tant les alcools/sucres, les phénols et les acidités allaient dans tous les sens… le croquage des noyaux était probablement la mesure la plus objective. 😀
    Alors, sur des millésimes comme 2011, il faut voir ce que le vigneron cherche pour lui-même et que crie sa clientèle… Encore une fois, on ne s’occuppe ici que du haut du panier (enfin presque toujours).

    Patrick Bottcher
    Participant

    / Sirop simple DT 100 ml. Là,tu pousses un peu dans les SR… jlj

    Juste pour comprendre cette sensation tactile…. :D… Faut essayer, si, si…

    Patrick Bottcher
    Participant

    Je constate surtout une forte baisse des rendements qui peut sans doute expliquer la plus forte acidité.

    Non, je pense que c’est d’une part climatique, et d’autre part du au fait qu’on cherchait plus de maturité. Il faudrait demander à Etienne Sipp, mais je pense que les SR de son Kirchberg 1999 ne dépassent pas 8-9 g.
    Mais une diff de 1,4 g/l, c’est énorme en fait, surtout s’il on sait qu’au dessus de 7,5 g/l, c’est pratiquement imbuvable (en SO4, hein !!!!).

    En ce qui concerne les sucres, n’y a t-il pas également un changement dans les vinifications car le potentiel semble équivalent dans les deux millésimes ?

    Dans les vinifs et dans la stratégie des vendanges… clairement, je pense. C’est pour cela que j’ai dit plus haut que si je ne réfutais pas tel ou tel bienfait des conversions, celles-ci s’étaient accompagnées, chez Dirler, comme souvent ailleurs, de profonds changements à la vigne comme à la cave.

    Patrick Bottcher
    Participant

    Mais tu avoueras que les vins de Sipp que tu connais bien, par exemple, ne tombent pas dans ces excès et pourtant il y a un peu de SR parfois.

    J’ai acheté des tonnes de 2008 qui se caractérisaient par leurs SR… mais arrondir un vin et accompagner un fruit mur n’est pas la même sucrosité à laquelle fait, je pense, référence Nico. Je tente de voir à travers ces propos le sucre brut, cette sensation de lourdeur fade très « saccharose dans l’eau » qui accompagne, hélas, beaucoup à très très beaucoup de 2009, surtout sur les terroirs qui n’ont pas résisté à la chaleur… un peu comme les 2000.

    Pour la sensation « saccharose dans l’eau », rendez-vous chez votre apothicaire et demandez ceci :

    R/ Sirop simple DT 100 ml.

    Puis fermez les yeux et buvez…

    Patrick Bottcher
    Participant

    je te pardonne sans soucis car tu fais part de tes goûts mais il n’empêche que pour moi ce qui construit un vin, c’est la juste maturité des raisins correctement amenés à petit rendements et tu sais bien qu’alors, point de problème d’équilibre, acidité ou autre.

    Sauf qu’en cherchant la maturité maximale à tout prix, c’est souvent au déficit de la tension, du moins dans les cépages « froids », ce qui crée des impressions de survolume dans la jeunesse et de plus grande platitude quand on les attend 10-20 ans. A ce titre, la réflexion récente au Domaine Muré (je le cite parce que Luc et Jérôme les connaissent bien) est clairement d’avoir laché du lest sur de fortes maturités pour rechercher plus de fraicheur et plus d’impressions minérales.
    Toujours à titre d’exemple, chez Dirler, voici les données analytiques des Rieslings Saering 2008 vs 1999 (en rappelant que 2008 est une année au moins aussi mûre que 1999) :

    2008 : Rendement : 45 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 6 g/l – Sucre résiduels : 8 g/l – alcool : 13
    1999 : Rendement : 60 hl/ha – Acidité (H2SO4) : 4,6 g/l – Sucre résiduels : 25 g/l – alcool : 11,8°

    Patrick Bottcher
    Participant

    Nico,

    Totalement en phase avec toi… Cela vaut le coup de goûter de grands Rieslings VT dans des années assez fraiches (2001, 2007 (quoique la matière y soit limitée), 2008 ou 2010). Malgré des SR qui frisent les 50 grammes, les vins sont d’une droiture, d’une pureté souvent incroyable, souvent, évidemment amportés par l’acidité.

    A ce titre, il est clair que je n’ai absolument aucun problème avec les sucres alsaciens, surtout quand ils équilibrent des acidités tartriques aussi fortes qu’en 2008 ou, encore plus tartro-maliques comme 2010. Par contre, je l’ai dit plus haut, je regrette fortement (comme l’énorme majorité des vignerons qui sont discutés sur LPV) que le sucre pour le sucre ait été un argument de commercialisation, principalement pour des vins plus faibles, et que tout cela ait donné une image très tronquée des grands vins alsaciens.

    Pour l’acidité, je ne désire évidemment pas m’enfermer dans un diktat du tout acide, mais mon bon Enzo me pardonnera ce qu’il considérera probablement comme excessif quand je dis qu’il est pour moi inconcevable de voir des sylvaners, des muscats et évidemment et surtout des rieslings qui ne sont pas construits (en terme de trame buccale) sur l’acidité. Je n’ai jamais cherché cela sur du grenache blanc ou gris, ni autre marsanne, roussane, mais ces cépages alsaciens ont clairement élu domicile dans ces régions pour la faculté que le climat frais conférait à leur tension et à leur garde, à travers, justement cette acidité.
    Boire un riesling qui fait 2 gr de SO4 et 12 gr de SR, ça me fait le même effet que boire un Roussillon qui pétille d’acidité…. Comme Jacquouille, je dis « Pouah! »

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