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- 4 avril 2022 à 14h07
- in reply to: Domaine Paul Pillot, Chassagne-Montrachet
CR: Domaine Paul Pillot – Chassagne-Montrachet 1er Cru Les Champs Gains 2017
Bouteille ouverte au débotté, bouchon extrêmement long non imbibé sans coulures (capsule / goulot cirés), Zalto Vin Blanc.
Magnifique robe vert paille.
Le nez est superbe avec cette note caractéristique de réduction pétard / toast / allumette grillée / pop-corn c’est selon les avis de chacun (déjà rencontré notamment sur le goutte d’or 14 des Comtes Lafon ou encore sur Poruzots 17 d’Antoine Jobard), le beurre (quasi brioche), les agrumes (plutôt citron), les fleurs blanches et une belle minéralité (pierres mouillées). C’est ET complexe, ET gourmand, ET frais.
En bouche c’est waouh ! Superbe attaque pas nécessairement salivante mais pleine d’énergie et de peps sur ces arômes grillés du nez, la matière est crémeuse, précise, grasse mais déliée donc pas nécessairement tapissante (plutôt traçante), la longueur excellente avec une persistance aromatique sur les arômes du nez d’excellente f(r)acture.
L’ensemble est précis, net, à noter qu’à J+1 la bouteille sera toujours aussi pimpante et le vin se présentant en tous points identiques à la veille, sous son meilleur jour. Ce n’est pas un grand vin, mais c’est excellent (+)(+), avec une précision / équilibre dans l’exécution irréprochable.
18/20, deuxième rencontre avec le domaine, j’adore, à garder comme boire en l’état sur ce plateau de dynamisme.
- 31 mars 2022 à 14h16
- in reply to: Domaine des Bernardins
CR: Domaine des Bernardins, Muscat de Beaumes de Venise 2018
Demi bouteille ouverte au débotté, bouchon en parfait état non imbibé sans coulures, Zalto Vin Blanc.
La robe est cuivrée orangée, c’est « triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii jouuuuuuuuuuuuuuuuuuuli ».
Au nez on sent bien le muscat, des notes d’abricot, de litchi, d’agrumes, des notes florales, enfin, je dirais plus de « plantes » que florales (passiflore / chèvrefeuille), et une pointe comme d’eau de vie.
En bouche l’attaque est souple, le milieu de bouche surprenant car on s’attendrait à une matière plus dense, en l’état elle est plutôt déliée et fine que grasse et onctueuse, belle persistance aromatique sur l’acacia (presque miel), le litchi.
C’est frais, glouglou, ça glisse tout seul et surtout offre un rapport qualité / prix de haut vol.
Pour avoir bu il y a peu un Ben Ryé Donnafugata 2018, moins de complexité clairement et une matière moins profonde / dense, mais pour la peine d’une en rapport qualité / prix on touche le Graal, deux peut se boire je pense en apéritif pour lui-même grâce à cette matière en finesse / déliée.
Superbe découverte, 16/20.
- 31 mars 2022 à 14h07
- in reply to: Domaine du Monteillet
CR: Domaine du Monteillet – Condrieu Chanson 2018
Bouteille ouverte une heure avant dégustation, Zalto vin blanc. Bouchon légèrement imbibé sur 3/4 mm sans coulures.
Belle robe or brillante avec début d’évolution, superbe limpidité.
Le nez dégage de magnifiques arômes de pêche, de vanille, de beurre, une petite note minérale ou d’amande plus je pense qui amène de la fraîcheur. Pas sûr qu’à l’aveugle j’aurais misé sur un viognier en première intention.
La bouche se déroule en 4 temps ;
– Une attaque mordante, ou l’acidité fait saliver les papilles.
– Un milieu de bouche réconfortant, avec une matière pleine, enrobante mais suffisamment déliée pour amener de la fraîcheur, légèrement tapissante.
– Une belle persistance aromatique en rondeur sur ces beaux arômes de pêche et de vanille.
– Puis un retour en fin de bouche de l’acidité / de beaux amers avec une petite rétro caramel permettant d’allonger / tendre le vin sur une finale extrêmement rafraîchissante et gourmande.En résumé toi lecteur qui me lit ; c’est très bon. 16,75/20, à boire en l’état je trouve sur cette belle plage acidité / fraîcheur – gourmandise / rondeur.
- 28 mars 2022 à 21h15
- in reply to: Domaine Paul Ginglinger
Salut Matthieu,
Tu lèves trop de lièvres à la fois, mais pour aller rapidement à l’essentiel ;
1 – Je bois peu de Gewurtz effectivement, et je me suis fait la même réflexion avant même que tu en parles, mon palais est-il réceptif aux Gewurtz ? A voir / re-gouter / comment j’évolue sur ce cépage dans le temps. Ce que je peux te dire / confier néanmoins, c’est que j’ai goûté différents vins moelleux / liquoreux / avec ou Sans SR, Gewurtz quelques-uns, et que dans ce cas présent, il manquait pour moi d’acidité / peps / fraîcheur. Gewurtz ou pas Gewurtz, Sauternes de 30 ans ou Jurançon moelleux, quand ça manque d’acidité, bah ça manque d’acidité. Quoi qu’il en soit, j’étais comme toi surpris de ma propre analyse sur un millésime comme 2017, et oui j’y reviens, c’est peut-être moi qui n’accroche pas tout simplement.
2 – Mes commentaires « négatifs » m’embêtent d’autant plus que tous les comptes rendus relatifs à la maison Paul Ginglinger convergent vers le fait que ce domaine produit des vins qualitatifs (ce qui m’avait d’ailleurs poussé à passer commande d’une part, et me ramène vers le point 1 d’autre part (en diagonale, c’est peut-être moi qui ai les fils qui se touchent (et ma prof de Français en 5ème te dirait pas le contraire (et je te fais grâce de ma prof de philo en terminale)), ce pourquoi je n’ai pas noté le vin en définitive.
3 – Ne le prend pas mal, mais si je devais remplir ma cave de vins notés 100/100 par Pierre, Paul, Jacques ou Robert Parker ne meurt jamais, j’aurais malheureusement moins de place pour des vins « mal notés », ou pire, pas notés du tout qui (pour mon palais tout du moins) sont souvent bien meilleurs que ceux sus-mentionnés.
Je me faisais la réflexion qu’à date d’ailleurs, tous les millésimes qui m’avaient subjugués (toutes appellations confondues) étaient généralement des millésimes en dedans et donc mal notés, entre autre car accessibles plus jeunes (mais également financièrement), et souffrant moins de l’obligation d’être cueillis à point pour être appréciés à leur juste valeur.
Enfin, toute qualité du dégustateur mise à part car je suis pas un crac mais alors du tout, sur 3 ans de dégustation, il m’est rarement arrivé de ne pas avoir envie de me resservir un verre, crois-moi (dernier en date étant un Tours (Clairette) 2017 blanc).
De facto, et après réflexion je pense ne pas être réceptif aux Gewurtz (un peu comme ma phobie du Cabernet-Franc, ce qui est possible), mais en partage néanmoins mon feeling.
A noter qu’à J+2/+3/et/+4, même si la matière j’ai l’impression se délie un peu, l’aromatique reste tout de même peu complexe et monolithique en l’état.
Peut-être un vin à marier à table ?
En tous les cas je prends bonne note de les attendre plus longtemps, j’ai également rentré du Pfersiberg sur 2018, mais pour la peine ouvrir 17 en priorité me semblait plus judicieux de par l’effet millésime justement.
Au plaisir d’en ouvrir un à maturité à tes côtés 😉
- 25 mars 2022 à 12h54
- in reply to: Domaine Paul Ginglinger
CR: Domaine Paul Ginglinger, Grand Cru Eichberg Gewurztraminer 2017
Bouteille ouverte au débotté, Zalto vin blanc, belle robe or paille.
Nez monolithique sur des notes pétrolées, de miel, un peu de pêche.
A l’attaque je trouve un manque cruel d’acidité, le milieu de bouche conforte malheureusement cette sensation de lourdeur avec une matière trop enrobée et pataude. C’est mou, et la seule relance effectuée en milieu de bouche mène vers une finale sucrée sans fraîcheur, je touche d’ailleurs plusieurs fois la bouteille pour m’assurer / valider qu’elle était bien au frigo et non à température ambiante.
Bref, je n’ai pas aimé, à revoir peut-être ce soir ou demain à J+1/2 et apprécier son évolution.
- 24 mars 2022 à 13h09
- in reply to: Domaine Guy Roulot, Meursault
[quote= »oliv post=1175334 userid=988″]
Amateurs de Meursault gras, passez votre cheNin ![/quote]
- 21 mars 2022 à 12h53
- in reply to: Maison Louis Latour
CR: Maison Louis Latour, Meursault 1er Cru Goutte d’or 2017
Bouteille ouverte au débotté (mais réfrigérée), Zalto vin blanc.
Bouchon imbibé sur deux bons centimètres avec une coulure jointant quasiment jusqu’au goulot.
Belle robe jaune paillée, brillance modérée.
Nez ouvert (quoi qu’assez peu complexe) sur le beurre, des notes briochées surtout, une pointe florale typée chèvrefeuille et la pomme.
En bouche l’attaque manque légèrement d’acidité je trouve, la matière est en place, assez grasse, enrobante / tapissante (sensation de courte durée toutefois), la longueur moyenne à excellente avec de timides amers en fin de bouche qui viennent tendre un peu l’ensemble que j’attendais plus vif et frais.
A J+1 (air vidé) l’ensemble restera en place, si ce n’est la longueur qui s’affaissera à la vitesse grand V.
En résumé Goutte d’or reste mon climat préféré sur Meursault, mais une bouteille en deçà de ce que nous sommes en mesure d’attendre d’un tel terroir, manquant malheureusement d’un peu de tout (complexité du nez, profondeur, fraîcheur / acidité et persistance aromatique).
15/20.
- 18 mars 2022 à 13h47
- in reply to: Domaine Auguste Clape, Cornas
CR: Domaine Auguste Clape Côtes du Rhône, 2018
Bouteille épaulée 1 heure avant dégustation, Zalto Bourgogne.
Robe sombre à l’intensité très soutenue, violine.
Le nez n’est pas 100% ouvert mais la complexité bien perceptible, sur de beaux fruits noirs (mûre et myrtille, zeste cassis), une belle pointe de cuir, la garrigue avec une toute petite pincée d’olive noire, les épices (poivre) et des notes cacaotées très en retrait (plus en finale alliées / associées au grain du tannin qu’au nez en définitive).
En bouche une belle acidité, bien mordante à l’attaque, un vin que je qualifierai plein d’énergie, vivant.
La matière est superbe, ni trop concentrée ni fluette, un bel équilibre plutôt accès glouglou que lassant au palais, le grain du tannin est extrêmement fin, et cette pointe assèchante alliée aux notes empyreumatiques du nez rappellent l’effet du cacao en bouche (légèrement amer / talqué).
En diagonale, un vin qui conjugue glougloutitude et gourmandise sans lasser le palais.
16/20, à boire carafé comme attendre sagement.
J+1 : de magnifiques notes cendrées font leur apparition.
- 14 mars 2022 à 20h08
- in reply to: Les Parigots de LPV, soirée Loire : un long chemin de croix
[quote= »GAET post= »]Bonjour Fredimen,
As-tu eu l’occasion de goûter un clos Rougeard ? Le si peu que j’ai bu, n’était pas du tout variétal. Mais, il pinotait avec une finesse et une longueur en bouche excellente.
cordialement
Gaetan [/quote]Bonjour Gaëtan,
J’en discutais avec Rachid, ce n’est pas un problème de bouche, mais un problème de nez pour ma part, avec un côté rédhibitoire sur le CF que j’associe au tertiaire très souvent qui annihile tout plaisir de dégustation / appréciation de la matière ou même la complexité du nez (surtout sur les millésimes évolués, j’y suis moins sensible en jeunesse).
Pour te répondre j’ai eu la chance d’en goûter 3 (souvenir à chaud avec mes capacités d’analyses plus aiguisées) ;
o Saumur-Champigny 2007 ; poivron / racine (copyright Legui). Matière fine, léger manque de profondeur et finesse mais une belle quille, pour sûr.
o Le Bourg 2006 ; poivron / racine, matière d’une grande finesse et délicatesse, superbe profondeur / longueur. Néanmoins je trouve que cette « finesse » exacerbe les arômes du nez, et je peine à apprécier la bouche par la prédominance des arômes poivronnés (rouge) et terreux / sous bois (que j’associe peut-être à tort au tertiaire).
o Poyeux 2009 ; mon meilleur souvenir de dégustation sur Clos Rougeard, avec une matière plus « charnue », qui venait quelque part annihiler la prégnance du nez / cet aspect je trouve tertiaire, avec un poivron plus vert (et surtout plus de fruit) que rouge.Bref, comme évoqué avec Rachid, je n’ai que 3 années de dégustation, et le fait d’avoir apprécié récemment un Haut de la butte 2018 m’amène à penser que mes goûts évoluant j’apprécierai tôt ou tard de troquer un grand cru Nuitton contre un joli CF à maturité, recherchant la nouveauté pour tromper l’ennui.
Si dans la mode on dit que n’est nouveau que ce qu’on a oublié, j’imagine pour le dégustateur se lassant sur des années de dégustation que les cauchemars du début sont les sources de renouveau dans le temps.
A date néanmoins et pour en revenir au clos Rougeard (on divague là), je salue le travail du vigneron (des frères Foucault à l’époque, la garde, finesse, longueur, complexité aromatique etc…) mais mon tarin reste assez hermétique au CF.
Note ; cet hermétisme s’est trouvé sur d’autres châteaux, notamment à Bordeaux souvenir d’un Duhart Milon 99 qui m’a fait exactement le même effet.
- 14 mars 2022 à 18h13
- in reply to: Les Parigots de LPV, soirée Loire : un long chemin de croix
Pour ma part ‘suis ravi d’avoir enfin trouvé quelqu’un qui appréciait autant que moi le CF. Un magnifique résumé d’ailleurs de mon point de vue ; « racine et poivron« , j’aurais pas dit mieux.
Amusant d’ailleurs sur les commentaires, notamment la référence au domaine de la butte 2018, qui est le seul CF que j’ai apprécié récemment car le fruit encore jeune allié à l’élevage (les épices notamment) font passer le cépage en arrière-plan et repousser ma phobie (j’ai pas dit dépasser, simplement repousser).
En clair quand certains exultent sur un Clos Rougeard à maturité, pour ma part je passe mon tour, à tel point que sur Bordeaux même à 5/10% d’assemblage CF à maturité je ne sens « que » ça.
Bref, les goûts et les couleurs sont personnels, et pour ma part ai pris (vous vous en doutez étant de la même religion) un plaisir fou à lire le CR de Gui. Merci pour ça.
- 11 mars 2022 à 13h13
- in reply to: Domaine Jean-Louis Chave
CR: Hermitage Jean-Louis Chave – Rouge 1996
Pa_deu_photo, pa_deu_prises_deu_notes, Spiegelau bordeaux (enfin, je crois).
[Aparté]C’est pas mal d’ailleurs, ça a clairement pas le buvant d’un Zalto mais c’est bien aussi, ça me semble plus solide, voilà voilà.[/Fin de l’aparté]
Bouteille ouverte à 15h30, épaulée vers 19 heures pour dégustation au moment ou les lumières du soleil atteignent les plus hautes cimes du mont Siriata (soit vers [s]teteure / teteure moins le quart[/s] neuf heures moins le quart).
Le bouchon est légèrement imbibé sur 5mm environ, j’y vais au bilame mais au tire-bouchon c’eut été aussi rapide et efficace je pense, et c’est pas le « PLOC » à 110 décibels qui me fera penser le contraire. Hein ? Comment ?
A l’ouverture dans le goulot nez sanguin, puis rapidement mutique. Au moment d’épauler quelques heures plus tard très sanguin à nouveau, voir animal / musc. Tout ça pour dire que c’est mon troisième millésime chez JL Chave, et l’ouverture plusieurs heures à l’avance est impérative à mon sens pour en tirer la quintessence.
Où en étais-je ? Ah oui, Hermitage Rouge 1996.
La robe est … bah en fait j’en sais rien ! Il fait assez sombre, je dirais donc que l’intensité est très soutenue, et à « bisto de nas » comme on dit chez nous, je ne vois / perçois pas d’évolution (d’ailleurs on me souffle en face 2008 en millésime, MOUAHAHAHAHAHAHAHA, je me marre).
Le nez est somptueux, pffiou, tellement que je sais pas par où commencer en fait. De magnifiques arômes de lard, de cuir, de fruits mûrs mais toujours frais (mûre essentiellement, presque myrtille, quasi fraise par moments), un côté tapenade / olive mais étrangement assez en retrait avec mes deux précédentes dégustations (2002 et 2004), au profit d’arômes qui font en revanche leur apparition (peut-être grâce au temps ?) ; des arômes floraux. Magnifiques notes de fleurs séchées, roses, la violette, et des notes poivrées pour la peine subtiles, florales, un peu typées poivre de Sichuan. A noter pour finir de hérisser le poil un profil incroyablement évolutif, chaque nez est différent du précédent, c’est magnifique, j’en ai les poils.
La bouche suit l’alchimie du nez, et je retrouve ce que j’aime par dessus tout chez Chave en Hermitage : l’imperfection parfaite.
Une belle acidité en entrée de bouche tend une matière assez rustique comme on les croise souvent chez ce vigneron, mais d’une profondeur insondable. Les tanins sont présents, beaucoup plus je trouve que sur 02 ou 04, mais ils n’assèchent en rien la bouche au contraire, ils amènent une note de fraîcheur / végétale / herbacée pour accompagner vers une finale sapide, presque saline et gourmande, dont la persistance aromatique est diabolique (trentaine de caudalies mini pour les puristes), avec en rétro une magnifique acidité (quasi salinité vu comment travaillent les papilles) qui m’amène à penser que ce vin est loin de toucher sa phase de déclin, et surtout, qu’il est grand, très grand.
20/20, une nouvelle fois mère malsaine de ton sein dangereux tu m’allaites. Chapeau bas et si d’ordinaire un membre de la famille Chave venait à consulter ce post, merci, tout simplement.
- 5 mars 2022 à 13h53
- in reply to: Fredimen en Pays Cathares
Deux ans après quasiment ma première virée en pays Cathares, quoi de plus naturel que d’honorer l’invitation de l’ami Pins sur la route de mes vacances ?
Si l’ami Nathenri ne sera malheureusement pas des nôtres préférant honorer une compétition d’Aquaponey (ou rééducation du petit doigt en piscine petit bassin, me souviens plus), l’ami Clément en revanche, répondra présent, lui ! Fort heureusement il reste quelques vrais amis pour me venir en aide et lutter contre l’adversité Ariégeoise. #hands_up_mates
Attention Spoiler ; nous perdrons nos hôtes en cours de route… Mais chut, si la police vient à vous questionner, Pins (rebaptisé « Stihl » pour l’occasion dont la qualité des tronçonneuses est mondialement connue), était bien avec nous à 00h46, et non à ronfler corps et âme sur son canapé en charentaises trouées (partie intégrante de son charme légendaire) et sa charmante épouse n’a quant à elle pas touché une goute du délicieux alcool de menthe servi en fin de repas (ou sur la digestion, me rappelle plus trop j’étais en pilote automatique).
Quelques échanges avec Pins (l’équivalent d’environ 2 Musso et 1 Lévy sur Whatsapp (le tout sur fond d’insultes dont Pins seul a le secret)), nous sommes d’accords pour tester le millésime 2014 qui semble à la vue des récentes dégustations s’ouvrir progressivement sur un joli plateau de maturité. On le dit (NDLR ; sur Bordeaux je trouve que ça goute grave aussi en ce moment, fin de l’aparté).
Etant réputés être peu compliqués, sera acté une formidable bataille d’Echézeaux (waip, rien que ça, on est pas chiants nous vous savez).
Au programme donc de gauche à droite sur la photo en partant du plus vieux au plus jeune et du plus récemment baptisé par l’église catholique au dernier ;
– Cristal Roederer Rosé 2012
– Meursault en la barre (Hissé Haut Santi….) d’Antoine Jobard 2017
– On ne le sait pas encore mais Pins ne va rien trouver de mieux qu’ouvrir en cours de route le même climat de la maison Bernard Millot pour je cite « comparer » (on sait jamais, au cas ou qu’on en manque)
– Puligny-Montrachet 1er Cru Quintessence 2017 de la maison Matrot
– Echézeaux Grand Cru Gros Frères et Sœurs 2014
– Echézeaux Grand Cru Jean Grivot 2014
– Echézeaux Grand Cru Domaine de la Romanée-Conti 2014
– Un pirate sur le millésime 2014 ; qui s’avèrera être un formidable Gevrey-Chambertin Clos Saint Jacques 1er Cru de Sylvie Esmonin
– [i]On ne le sait pas encore², mais Pins ouvrira un Mont Moelleux de la maison Huet 2009 pour conclure, alors que dents, langues, gencives et dents de sagesse baignent, rappelons que nous ne sommes que 3 à boire, la femme de pins ne buvant que je cite « modérément », enfin, jusqu’au moment fatidique ou les alcools de menthe seront posés sur le table, et là, c’est un tout autre débat mais je m’égare.Ah tiens d’ailleurs, je rappelle que le présumé Pins m’avait refusé catégoriquement sur whatsapp l’apport d’un Liquoreux… Important de souligner quand j’ai raison. [/i]
Hormis les rouges goutés d’entrée de jeux (quand tu imagines qu’avec la fatigue juste après avoir gouté les 4 rouges j’étais déjà satellisé, tu te demandes comment j’ai pu rester en vie sur la soirée entière) et qui seront à table servis en aveugle, tout se passera étiquette découverte. Zaltos Bourgogne pour les rouges, Blancs pour les blancs (ça se tient plutôt bien mon récit je trouve jusque-là), Machin truc chouette pour le champagne (Sparkle Italesse m’éternue Pins).
Côté rouges, ouverture environ 6 heures avant la dégustation en tout et pour tout, avec un léger épaulement (ou épaulage c’est selon) vers 20h, soit 3 heures environ avant dégustation.
Tiens d’ailleurs photo de famille des rouges goutés, cheese !
A noter qu’aucun crachoir ne sera malmené sur ce repas, le roi Louis XVI les ayant fait chasser des pays Cathares en même temps que les sorcières au 17ème siècle.
Sans transition nous attaquons sur de délicieuses verrines avocat / saumon, accompagnées de sardines marinées pour déguster ce formidable cristal Rosé 2012 de la maison Roederer.
Bim, photo instagram 4 millions de vues, ça calme hein ? Après, je comprends l’engouement autour de ce fauteuil rouge fraîchement retapissé qui porte de surcroît la marque du fessier de Pins, une pièce naturellement plutôt rare.
Je le goute mieux que l’année passée, avec je trouve des sucres mieux digérés et un meilleur équilibre gourmandise / tension. Moins fougueux que son frère le cristal classique, il est assagi par ces petits sucres qui viennent amener beaucoup de gourmandise à la bouche sur des notes grenadine, la longueur reste quant à elle sur le même fil rouge que sur les blancs. Bref un régal, la bouteille ne fait pas un pli. 17,5/20.
Ouverture du premier blanc, avec le Meursault en la barre 2017 de la maison Antoine Jobard. Je retrouve au nez les arômes qui m’avaient séduits sur Poruzots du même millésime, ce côté pétard grillé, léger fumé magnifique, qui feront tomber le niveau de la bouche d’encore plus haut. En effet, en bouche je ne suis pas séduit, la tension est là, la longueur aussi, mais la matière me semble comme déliée et surtout, à mon sens, le gap entre ce climat et Poruzots ne justifie pas cet écart de prix. En diagonale, si je ne plains pas mon investissement sur un Poruzots, le prix de la barre me semble totalement injustifiée pour une bouche en deçà. A re goutter je pense pour confirmer ou non une bouteille faiblarde mais j’en doute, car hormis cette matière déliée le reste était en place. 13/20.
Petite transition offerte par l’ami pins avec le même climat de la maison Bernard Millot. C’est certes moins séduisant, moins complexe, moins travaillé, mais pour la peine en termes de rapport qualité prix je m’y retrouve mieux chez BM que chez Jobard. 14,5/20. A méditer.
Nous passons sur Puligny en 1er Cru avec la maison Matrot sur de magnifiques Saint Jacques sauce mandarine / poireaux, une formidable réussite avec un superbe équilibre évitant de tomber dans l’excès de sucres.
Je commence déjà à me dire qu’il va falloir lever le pied, car la quasi totalité des bouteilles précédemment dégustées ont été vidées (l’air est sec en Ariège, mieux vaut ne pas laisser une bouteille blessée en liberté…).
Je n’ai rien à dire de particulier, c’est assez dingue d’ailleurs, et malheureusement peut-être représentatif. En diagonale nez en place, c’est rond, la bouche en revanche plus en tension, donc un bel équilibre gourmandise / acidité, mais pas nécessairement d’émotion. 16/20.
‘Peux vous dire que ça temporise sec, il doit être 22 heures j’ai déjà les dents de sagesse qui baignent…
La côte à l’os est prête me fait on signe en régie, les grenailles rôties également (y’a pas que les grenailles de rôties si tu vois ce que je veux dire), comme dirait Rafiki dans le roi Lion ; « C’est l’heure ».
Les vins rouges seront servis par paire (2 par 2, Gérard de son prénom (de loin ma meilleure)), nous sommes tous d’accord sur l’ordre de classement, et vais respecter pour ma part l’ordre d’appréciation, ou le degrés de « goutance ».
Sylvie Esmonin, Gevrey-Chambertin Clos Saint Jacques 1er Cru 2014 ; superbe. Un vin de terroir, où le côté « terrien » et la pâte charnue de Sylvie se font sentir, sans pour autant manquer de finesse. Un très joli jus, profond, long, sapide, c’est plein, racé, sans pour autant manquer de finesse. Ne démérite pas je trouve dans la dégustation, superbe et à attendre encore sereinement. 17,5/20.
Echézeaux Grand Cru Gros Frères et Sœur 2014 ; la patte du domaine pour moi, c’est le nez. Magnifiques arômes floraux, de pivoine notamment, les épices, un cuir jeune et la ronce, c’est superbe. Moins profond que ses pairs en bouche, mais d’une grande classe, délicatesse et finesse. Un vin sur la retenue, plus séducteur que consistant, légèrement infusé, c’est ce que j’aime sur ce domaine, qui malgré son image bling bling pour ma part représente ce qu’on fait de mieux je trouve en qualité / prix grands crus en Bourgogne. 18/20. A boire ou attendre sereinement.
Echézeaux Grand Cru Jean Grivot 2014 ; à l’ouverture jus de viande, réduction et pointe animale assez présente. 3 heures après c’est un tout autre visage. Gros toucher de bouche, toute en finesse, c’est délicat et plein à la fois. Je suis assez marqué par d’une ce toucher à la fois velours et « plein », comme une magnifique persistance aromatique. Moins expressif que Gros F&S au nez, mais en bouche on monte clairement d’un cran par la profondeur, la matière, ce léger gras. 1ère sur ce domaine qui n’aura pas déçu pour ma part, 18,5/20 (manque du nez pour en faire 19).
Echézeaux Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2014 ; on peut déjà tout simplement dire que le domaine n’a pas failli à sa réputation. On prend les 3 prédécesseurs, ce qui se fait de mieux chez les uns et les autres, et on obtient ce grand vin. Du nez à a bouche, tout est perfection, aucune, mais strictement AUCUNE fausse note. Magnifiques arômes floraux (rose, pivoine), épices, fraises (et fraises des bois), de cuir frais, de ronce, d’une complexité folle et évolutive (quoi qu’il n’aura pas eu trop le temps de s’exprimer…). C’est en bouche que ça se passe, avec ce que j’avais ressenti chez Rousseau mais en mieux. Un toucher de bouche merveilleusement pur, c’est velouté, patiné, profond, dense mais délié à la fois, enveloppant, tapissant, gras, réconfortant, chaleureux, avec une belle relance en milieu de bouche aidée par le millésime qui pousse une légère trame végétale pour mener vers une finale interminable, gourmande mais fraîche à la fois, c’est sensationnel, rien à dire. A retenir pour ce vin majestueux ; la pureté, la finesse, une impression de grandeur, de [u][b]céleste
.Une première sur le domaine pour nous tous présents à table, inoubliable.
Que dire si ce n’est une fois de plus que nous venons de toucher un moment parfait, entre amis, autour de bon(s) vin(s).
Tiens d’ailleurs, parlant de vin, on s’ouvrirait pas un Mont Moelleux 2009 de la maison Huet ? Après avoir daigné se lever pour nous présenter la digne bouteille, Pins nous confiera devoir faire ses exercices de respiration sur le canapé.
Une figure à ne pas reproduire chez vous sans entraînement au risque de vous blesser dangereusement.
Pins étant couché, fiou, on peut souffler, fin de la dégustation. On demande aux cadreurs si niveau prises ils ont ce qu’il faut, Joey peut baisser sa perche, tout est dans la boîte. On commence à tranquillement défaire les bandeaux au poignet, l’élastique du pantalon et… BAH NON ! C’est sans compter la charmante épouse de Pins qui nous invitera comme les Montagnards dans les Bronzés à boire [s]plusieurs[/s] un coup[s]s[/s] avant d’aller au lit. L’alcool de menthe, y’a pas, ça débinise, ça désibine, ça désni… CA DETEND !
Quasiment 2h, l’heure d’aller au lit, le réveil sonne à 7h le lendemain nos obligations respectives nous obligeant à décoller de bonne heure.
Une petite photo de groupe ?
On a bien vécu, à 3 [s]grammes[/s] et demi…Ce qu’il y a de bien, c’est qu’à chaque dégustation gargantuesque tu te dis pas savoir comment faire mieux que la précédente.
En fait, chaque moment de partage est différent, unique. Peu importe d’ailleurs le flacon, sans l’amitié et le partage il ne serait rien, et vice et versa.
Que dieu nous permette de pouvoir encore en partager de nombreux, nous, comme vous tous qui me lisez en ces temps incertains. Un grand merci à nos hôtes pour leur accueil et gentillesse légendaires.
Des bécots.
- 21 février 2022 à 14h08
- in reply to: Camin Larredya, Jurançon
CR: Domaine Camin Larredya – Jurançon Au Capcéu 2018
Bouteille ouverte au débotté, Chef et Sommelier Open UP.
Magnifique robe ambrée.
Le nez est superbe ; sur le coing, le miel, les fruits secs, l’abricot principalement, l’orange, les fruits confis avec une belle pointe / zeste de fraîcheur amené par des notes herbacées (cardamome ?).
En bouche l’attaque est vive, le milieu de bouche enrobant sans être pataud, la persistance aromatique excellente.
Je lis beaucoup d’avis contradictoires sur cette cuvée, pour ma part elle s’est présentée sur un beau profil d’équilibre fraîcheur / gourmandise, avec une acidité comme une sucrosité parfaitement maîtrisées.
Comme dirait tonton René, y’a pas à tortiller du cul pour chier droit, c’était bon.
16/20.
- 21 février 2022 à 14h01
- in reply to: Domaine Gramenon
CR: Domaine Gramenon, Côtes du Rhône, L’Emouvante 2019
Un petit CR qui vient corroborer celui de Jean-Loup, avec une très belle découverte pour ma part.
Bouteille ouverte au débotté en Zalto Bourgogne et bue sur 2 jours.
La robe est encore rubis, intensité soutenue.
Le nez exhale de belles notes de fruits noirs (mûre, cassis, myrtille), un léger fumé et des épices (poivre).
En bouche malgré la puissance du vin (qui titre tout de même 14,5°) le vin reste tendu à l’attaque, vif, frais en bouche, avec en léger bémol pour ma part une pointe tannique asséchante bien présente mais pas gênante.
En résumé une bouteille assez glouglou, à attendre sagement.
A noter que le vin n’a pas évolué d’un iota sur 2 jours, se présentant sous un profil inchangé à J 0 et J+1.
15/20.
- 18 février 2022 à 14h13
- in reply to: Domaine Marc Roy, Gevrey-Chambertin
CR: Domaine Marc Roy, Marsannay Les Champs Perdrix 2018
Bouteille ouverte au débotté, Zalto Vin Blanc.
Belle robe or d’une magnifique limpidité / brillance.
Le nez ne cessera de s’améliorer, mais à ce stade pour être tout à fait honnête fermé comme une huître et élevé velu sur le beurre, le chêne, la vanille.
La bouche en revanche sauvera l’ensemble, avec une grosse tension (encore plus je trouve pour un 18 jamais gouté sur ce fil) dès l’attaque, à la limite de la stridence.
Le vin se montre extrêmement vif et salivant dès l’entrée en bouche avec une superbe acidité, la matière en milieu de bouche se montre plus gourmande et grasse, la longueur d’excellente facture mais l’élevage à ce stade gêne la lisibilité de l’ensemble.
A noter un léger gaz en bouche sur les premiers verres, qui se dissipera assez rapidement.
En résumé, un vin prometteur au grand potentiel de garde à laisser digérer son élevage tranquillement en cave quelques années encore.
- 14 février 2022 à 16h55
- in reply to: Domaine Jacques Carillon, Puligny-Montrachet
CR: Domaine Jacques Carillon, Puligny-Montrachet 2018
Bouteille ouverte au débotté, Zalto vin blanc.
Robe étonnement translucide / grise. Au nez c’est un subtil mélange d’acacias, de notes boisées bien intégrées, d’une touche minérale (type pierre chaude), beurre, d’agrumes (plutôt citron vert) et de pomme Granny. Un régal, c’est extrêmement frais je trouve pour un 18 et plutôt complexe.
La bouche suit le nez, on sent une belle tension dans ce vin, avec une matière surfant sur tantôt la vague de la gourmandise avec une densité correcte, tantôt sur la vague de la fraîcheur avec ces notes d’agrumes / minérales.
La longueur est très bonne, j’ai trouvé un super équilibre global.
16/20.
- 14 février 2022 à 16h48
- in reply to: Domaine David Duband
CR: Domaine David Duband – Bourgogne 2019
Bouteille ouverte au débotté, Zalto Bourgogne.
Robe à l’intensité soutenue, particulièrement je trouve pour un pinot et / ou pour un domaine que j’ai vu parfois flirter avec l’infusion.
Au nez ça pinote pas de reste tout de même ; fruits rouges (plutôt cerise), et noirs (plutôt mure voir presque prune), ça sent un peu le chaud mais propre aux 19/20 que j’ai eu la chance de goûter sur les 2 dernières années. De beaux épices viennent clôturer l’ensemble.
En bouche pas grand chose à dire, c’est bien fait, équilibré, ce petit côté « chaud » amène un côté « sucrailleux » / « gourmandise » à l’ensemble, la matière en demi-teinte juste ce qu’il faut (rondeur / longueur), ça tombe très court mais sincèrement à 13 balles de mémoire, c’est un excellent entrée de gamme qui se présente là, au nez comme en bouche.
A J+2 l’équilibre sera encore plus démoniaque, avec une superbe je trouve alchimie fraîcheur / gourmandise. RAS, ça glisse tout seul.
14,5/20.
- 14 février 2022 à 16h39
- in reply to: Château La Tour Carnet, Haut-Médoc
CR: Château La Tour Carnet 2015 – Haut-Médoc
Le retour du come back de la suite !
Après une inondation dans la cave, quoi de mieux que de contracter le covid et perdre en premier lieu l’odorat puis en suivant le goût ? Si l’odorat est revenu, le goût quant à lui revient plus progressivement. Je compte donc sur votre indulgence.
Alors où en étais-je ? Ah oui, La tour Carnet donc.
Bouteille ouverte 4 heures avant dégustation, au nez dans le goulot déjà on est à fond dans le cassis, c’est plaisant sans être lourd.
Zalto Bordeaux, belle robe carmin à l’intensité soutenue.
Au nez c’est élevé, mais pas outrancier. Belles notes empyreumatiques bien intégrées (vanille, léger chêne), fruits noirs (mure, cassis), quelques épices (poivre). L’ensemble reste frais.
C’est en bouche où tout se joue pour moi. L’attaque offre une belle acidité, et la matière est suffisamment déliée pour amener beaucoup de fraîcheur en complément d’un élevage présent mais subtil.
La longueur est éventuellement discutable, mais en résumé à 25€ et des brouettes il y a 2 ans, j’ai pris mon pied, avec 5 orteils au bout.
15,5/20.
- 18 janvier 2022 à 18h10
- in reply to: Conservation temporaire bouteilles debout
Un grand merci à tous pour vos retours.
Je pense d’ailleurs vu ce que vous me dites que je ne vais même pas (re)descendre temporairement les (quelques) bouteilles qui selon moi l’auraient mérité.
Enfin, je vous dis ça, mais me connaissant…
- 8 janvier 2022 à 4h54
- in reply to: Domaine d’Aupilhac
Je suis ravi de lire ton CR Bibi, qui exprime mon ressenti dernièrement exprimé en beaucoup moins exhaustif dois-je l’avouer 🙂