Re: La notation

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forums Art de la dégustation Re: La notation

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  • Martinez
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    On ne peut pas l’expliquer, c’est inexplicable, les plus grands spécialistes s’y sont penchés en pure perte.

    Voilà, allez on passe à autre chose…bon je sors.

    Jmm

Affichage de 20 réponses de 101 à 120 (sur un total de 152)
  • Replies
    hervé Bizeul
    Participant

    Je ne vois pas ce que viens faire l’œnologie dans la critique. 600 œnologues travaillent sur Bordeaux, combien ont d’influences réelle sur les vins qu’ils conseillent ? Combien ont une « vision » personnelle du vin ? Combien ouvrent ils de nouvelles « portes » ?Une douzaine, en étant généreux.. Un « bon » vin, pour un œnologue aujourd’hui formé en France, n’a que bien peu de chance de provoquer la moindre émotion aux lecteurs et aux contributeurs de LPV.

    Ce qui fait la différence, à mon avis, et elle est grande, entre un critique « professionnel » et un « amateur » dans le sens noble du terme, c’est d’une part le nombre de bouteilles bues et d’autre part l’état d’esprit dans lequel elles sont bues : le plaisir, souvent à table et non pas la vision critique d’une série de bts alignées. Ca fait une grande différence, quand on « boit » le dimanche ou qu’on « déguste » 5 jours par semaines…

    Certains C.R. fait par des amateurs qui dégustent très souvent sont aujourd’hui largement au niveau des comptes rendus de dégustation de certains pro. Ceci dit, être journaliste ne se limite pas à noter sur 100 et à mettre des commentaires de dégustation interchangeables. Encore faut il avoir une plume, saisir un « angle », savoir intéresser par une histoire, « montrer du doigt » ou s’engager. En cela, le travail de Robert Parker, bêtement résumé à des notes par des marchands, est en tout point remarquable : ses textes sont bien plus intéressants, informatifs et sensibles que ses notes. Dommage que si peu de personnes prennent la peine de les lire.

    J’ai toujours été persuadé que du monde « amateur » viendraient, en partie grace à Internet, les critiques de demain. D’ailleurs un des dégustateurs du nouveau guide Bettane/desseauve est un ancien champion de France de dégustation amateur, je l’ai rencontré il y a quelques semaines. Des amateurs deviennent aussi « marchands », des marchands « journalistes » et bien sûr, des journalistes « vigneron ». En ces veilles d’élection, je vous le dit, mes amis : Vive le changement ! Vive le vin ! :-))

    hervé Bizeul
    Participant

    Je ne vois pas ce que viens faire l’œnologie dans la critique. 600 œnologues travaillent sur Bordeaux, combien ont d’influences réelle sur les vins qu’ils conseillent ? Combien ont une « vision » personnelle du vin ? Combien ouvrent ils de nouvelles « portes » ?Une douzaine, en étant généreux.. Un « bon » vin, pour un œnologue aujourd’hui formé en France, n’a que bien peu de chance de provoquer la moindre émotion aux lecteurs et aux contributeurs de LPV.

    Ce qui fait la différence, à mon avis, et elle est grande, entre un critique « professionnel » et un « amateur » dans le sens noble du terme, c’est d’une part le nombre de bouteilles bues et d’autre part l’état d’esprit dans lequel elles sont bues : le plaisir, souvent à table et non pas la vision critique d’une série de bts alignées. Ca fait une grande différence, quand on « boit » le dimanche ou qu’on « déguste » 5 jours par semaines…

    Certains C.R. fait par des amateurs qui dégustent très souvent sont aujourd’hui largement au niveau des comptes rendus de dégustation de certains pro. Ceci dit, être journaliste ne se limite pas à noter sur 100 et à mettre des commentaires de dégustation interchangeables. Encore faut il avoir une plume, saisir un « angle », savoir intéresser par une histoire, « montrer du doigt » ou s’engager. En cela, le travail de Robert Parker, bêtement résumé à des notes par des marchands, est en tout point remarquable : ses textes sont bien plus intéressants, informatifs et sensibles que ses notes. Dommage que si peu de personnes prennent la peine de les lire.

    J’ai toujours été persuadé que du monde « amateur » viendraient, en partie grace à Internet, les critiques de demain. D’ailleurs un des dégustateurs du nouveau guide Bettane/desseauve est un ancien champion de France de dégustation amateur, je l’ai rencontré il y a quelques semaines. Des amateurs deviennent aussi « marchands », des marchands « journalistes » et bien sûr, des journalistes « vigneron ». En ces veilles d’élection, je vous le dit, mes amis : Vive le changement ! Vive le vin ! :-))

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Là aussi, les amateurs devraient descendre de leur piédestal, les professionnels ne notent pas en saucissonnant!

    Quels amateurs fréquentes-tu, Bertrand, pour dire des choses pareilles? J’espère que tu ne parles pas d’IVV toulouse. Le mythe s’effondrerait 😀

    Dans les différents cercles d’amateurs que j’ai pu fréquenter, la séance « notation » se passait avant le repas. Ce qui n’empêche pas des commentaires ensuite sur les accords mets/vin, car même si c’est un concept qui te dépasse, le vin est fait avant tout pour accompagner un repas 😉

    Eric

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Là aussi, les amateurs devraient descendre de leur piédestal, les professionnels ne notent pas en saucissonnant!

    Quels amateurs fréquentes-tu, Bertrand, pour dire des choses pareilles? J’espère que tu ne parles pas d’IVV toulouse. Le mythe s’effondrerait 😀

    Dans les différents cercles d’amateurs que j’ai pu fréquenter, la séance « notation » se passait avant le repas. Ce qui n’empêche pas des commentaires ensuite sur les accords mets/vin, car même si c’est un concept qui te dépasse, le vin est fait avant tout pour accompagner un repas 😉

    Eric

    Bertrand Le Guern
    Participant

    J’espère que tu ne parles pas d’IVV toulouse. Le mythe s’effondrerait

    Pas les dégustations du club, mais d’autres, avec éventuellement un membre du club au porte plume, qui annoncent la couleur par leur titre: « repas-dégustation XXXX »

    Dans les différents cercles d’amateurs que j’ai pu fréquenter, la séance « notation » se passait avant le repas.

    Ce n’est pas le cas de tous!

    Même chez moi, j’ai du mal à refréner les appétits …

    Bertrand Le Guern
    Participant

    J’espère que tu ne parles pas d’IVV toulouse. Le mythe s’effondrerait

    Pas les dégustations du club, mais d’autres, avec éventuellement un membre du club au porte plume, qui annoncent la couleur par leur titre: « repas-dégustation XXXX »

    Dans les différents cercles d’amateurs que j’ai pu fréquenter, la séance « notation » se passait avant le repas.

    Ce n’est pas le cas de tous!

    Même chez moi, j’ai du mal à refréner les appétits …

    didier michaud
    Participant

    Bertrand Le Guern écrivait:
    ——————————————————-

    > Là aussi, les amateurs devraient descendre de leur
    > piédestal, les professionnels ne notent pas en
    > saucissonnant!

    Mais parfois avec un certain nombre de whiskies dans le nez.

    Je ne parlerais pas d’un repas aux truffes d’il y a une dizaine années, célèbre dans la profession.

    didier michaud
    Participant

    Bertrand Le Guern écrivait:
    ——————————————————-

    > Là aussi, les amateurs devraient descendre de leur
    > piédestal, les professionnels ne notent pas en
    > saucissonnant!

    Mais parfois avec un certain nombre de whiskies dans le nez.

    Je ne parlerais pas d’un repas aux truffes d’il y a une dizaine années, célèbre dans la profession.

    cepages64
    Participant

    Bon, j’ai effectué la recherche dans le moteur adhoc, du site LPV, notation,
    barême de notation et rien.

    Donc, étant nouveau sur le site LPV,et n’ayant (pas encore) participé à
    une réunion sympatique de dégustation, serait-il possible que l’un d’entre
    vous m’explique comment vous faites pour noter les vins lors de vos rencontres?

    Notez vous sur 2 points, le nez
    Sur 2 points la robe
    Sur 2 points la longueur, etc…

    Pour arriver à une note sur 20, ou est -ce une note globale?.

    2ème question, si un vin obtient 10/20, est-il pour vous « mauvais », juste bon à boire ?

    Moi quand j’étais jeune et que je fréquentais l’école, mes parents étaient ravis
    quand j’avais 12 /20 de moyenne générale et je n’étais pas un cancre pour autant.

    Cordialement

    cepages64
    Participant

    Bon, j’ai effectué la recherche dans le moteur adhoc, du site LPV, notation,
    barême de notation et rien.

    Donc, étant nouveau sur le site LPV,et n’ayant (pas encore) participé à
    une réunion sympatique de dégustation, serait-il possible que l’un d’entre
    vous m’explique comment vous faites pour noter les vins lors de vos rencontres?

    Notez vous sur 2 points, le nez
    Sur 2 points la robe
    Sur 2 points la longueur, etc…

    Pour arriver à une note sur 20, ou est -ce une note globale?.

    2ème question, si un vin obtient 10/20, est-il pour vous « mauvais », juste bon à boire ?

    Moi quand j’étais jeune et que je fréquentais l’école, mes parents étaient ravis
    quand j’avais 12 /20 de moyenne générale et je n’étais pas un cancre pour autant.

    Cordialement

    jallot christophe
    Participant

    Il doit pourtant y avoir de nombreuses réponses à cette question évoquée à maintes reprises!!!…Pour « résumer », en général, la robe était notée sur 3, le nez sur 7, et la bouche sur 10…je dis bien « était », car l’ensemble (ou une grande majorité?) de ceux qui notent sur 20, attribuent une note globale qui le plus souvent inclut un ensemble de critères: plaisir immédiat, complexité du vin, harmonie d’ensemble, potentiel du vin etc…mais l’échelle va en général de 10 à 20, car un vin noté moins de 10 est le plus souvent considéré comme « défectueux » ou du moins indigne de son AOC (s’il en a une !!!); je considère que même un vin sans intérêt, mais sans défaut majeur, mérite au moins 10/20…ne serait-ce par respect pour le viticulteur qui a élaboré le vin!!!…

    En espérant ne pas trop être « répétitif » et ne pas contrarier les « hostiles » aux notes, voici un petit rappel de mon échelle de notes, ce barème étant adopté par de nombreux amateurs et « professionnels » me semble-t-il!?…

    17+ à 19,50: ce sont des vins EXCEPTIONNELS, parfois hors normes, d’une complexité et d’une longueur extraordinaires, et qui m’ont toujours laissé un grand souvenir…

    15+ à 17- : ce sont de TRES BONS vins, de qualité remarquable, mais qui n’ont ni la classe ni la complexité des vins précédents; Ils procurent du plaisir et sont d’un très bon niveau…

    13+ à 15- : ce sont de BONS vins, agréables à boire, surtout pour les vins notés entre 14 et 15; Ils satisferont de très nombreux amateurs…

    11+ à 13-: ce sont des vins d’un niveau MOYEN, sans défaut certes, mais manquant de classe, parfois plaisants au cours d’un repâs; on les oubliera très vite…

    9 à 11-: ce sont des vins d’un FAIBLE niveau, inintéressants, parfois défectueux et méritant alors une note inférieure à 10; A éviter absolument…

    Ce barème de notation est personnel mais adopté par de nombreux clubs de dégustation…Après, chacun pense et fait ce qu’il veut!…

    jallot christophe
    Participant

    Il doit pourtant y avoir de nombreuses réponses à cette question évoquée à maintes reprises!!!…Pour « résumer », en général, la robe était notée sur 3, le nez sur 7, et la bouche sur 10…je dis bien « était », car l’ensemble (ou une grande majorité?) de ceux qui notent sur 20, attribuent une note globale qui le plus souvent inclut un ensemble de critères: plaisir immédiat, complexité du vin, harmonie d’ensemble, potentiel du vin etc…mais l’échelle va en général de 10 à 20, car un vin noté moins de 10 est le plus souvent considéré comme « défectueux » ou du moins indigne de son AOC (s’il en a une !!!); je considère que même un vin sans intérêt, mais sans défaut majeur, mérite au moins 10/20…ne serait-ce par respect pour le viticulteur qui a élaboré le vin!!!…

    En espérant ne pas trop être « répétitif » et ne pas contrarier les « hostiles » aux notes, voici un petit rappel de mon échelle de notes, ce barème étant adopté par de nombreux amateurs et « professionnels » me semble-t-il!?…

    17+ à 19,50: ce sont des vins EXCEPTIONNELS, parfois hors normes, d’une complexité et d’une longueur extraordinaires, et qui m’ont toujours laissé un grand souvenir…

    15+ à 17- : ce sont de TRES BONS vins, de qualité remarquable, mais qui n’ont ni la classe ni la complexité des vins précédents; Ils procurent du plaisir et sont d’un très bon niveau…

    13+ à 15- : ce sont de BONS vins, agréables à boire, surtout pour les vins notés entre 14 et 15; Ils satisferont de très nombreux amateurs…

    11+ à 13-: ce sont des vins d’un niveau MOYEN, sans défaut certes, mais manquant de classe, parfois plaisants au cours d’un repâs; on les oubliera très vite…

    9 à 11-: ce sont des vins d’un FAIBLE niveau, inintéressants, parfois défectueux et méritant alors une note inférieure à 10; A éviter absolument…

    Ce barème de notation est personnel mais adopté par de nombreux clubs de dégustation…Après, chacun pense et fait ce qu’il veut!…

    cepages64
    Participant

    merci pour cette explication

    cordialement

    cepages64
    Participant

    merci pour cette explication

    cordialement

    VinorumCodex
    Participant

    Qelques précisions sur deux systèmes de cotation existant.
    Le premier est un système par étoiles, utilisé notamment par le Master of Wine anglais Michael Broadbent, qui permet une vingtaine de cotations différentes. Le second est une cotation en points sur une échelle de 100 points, utilisé notamment par le magazine américain Wine Spectator et par le critique américain Robert Parker dans son magazine The Wine Advocat, qui permet une trentaine de cotations différentes.

    Michael Broadbent est aujourd’hui un vieux monsieur. Anglais, parfait gentleman, il a acquis sa notoriété en dirigeant le département Vins de la maison de ventes Christie’s à Londres et un peu partout dans le monde. Il est aussi francophile :  » J’admire les Français, leur goût, leur indépendance intellectuelle, leur gastronomie et par-dessus tout, leurs vins « .

    Robert Parker est avocat. Passionné de vin, il a lancé une lettre d’information qui a connu un grand succès et donné lieu à de nombreux ouvrages. Il est aussi francophile. Il va de soi que, personnellement, je me sens plus proche de Monsieur Broadbent que j’admire, que de Monsieur Parker que je respecte. Le métier de critique exercé par RP s’inscrit dans une logique consumériste et donne des conseils d’achats et de consommation des vins. L’expert est historien, le critique suit d’abord une actualité.
    JVoici maintenant une analyse de ces deux systèmes de cotation.

    C’est indéniable, une note de qualité d’un vin, quelle qu’elle soit, est réductrice : d’une part, elle est établie à un instant de la vie de ce vin, qui est né, vit et mourra ; d’autre part elle est personnelle, ou tout au plus issue d’un groupe de dégustateurs, et non scientifique. Tant mieux ! C’est ce qui permet de classer les grands vins au rang des oeuvres d’art, et non au sein de la production agricole de qualité, ce qu’ils sont à leur fabrication. Cette dimension spirituelle du vin n’échappe pas à nos deux auteurs :
     » Les vins sont comme les êtres humains, variables à l’infini, fascinants à l’extrême « . MB
     » (…) les grands vins, comme la grande musique ou la peinture de haut vol, font l’unanimité, même s’il est pratiquement impossible d’en donner une définition précise « . RP

    Comme tous les amateurs, nos deux critiques ont une haute idée du vin. Pour Robert Parker, c’est un produit de l’activité humaine parmi les plus nobles. Pour Michael Broadbent, c’est quasiment un être vivant. Ce produit, reste à en donner connaissance. Le discours sur le vin a considérablement évolué au XX° siècle. Très timide au XIX° siècle, il donnait seulement quelques indications générales. Il est aujourd’hui pléthorique, et nous en donnerons quelques exemples. Mais aucun media donnant une critique des vins ne saurait aujourd’hui se passer d’une synthèse, d’une qualité résumée en quelques caractères typographiques. On peut le regretter, mais c’est ainsi.

    Voici donc les raisons pour lesquelles MB et RP ont choisi le leur. MB utilise dans ses dégustations une grille chiffrée :  » (…) sur 20 : 3 points pour l’aspect, 7 pour le nez, 10 pour la bouche et l’impression d’ensemble « . Il complète cette note sèche par des impressions écrites dans de petits carnets. Il pense que l’erreur est humaine et  » les variations infinies « . Il a donc gardé pour lui ses chiffres et donne comme notes des étoiles, de 0 à 5, de mauvais à exceptionnel. L’espérance de vie d’un vin est indiquée par la mise entre parenthèses d’étoiles, ainsi : ***(**) est traduit par :  » pas encore complètement épanoui, mais déjà agréable à boire. Sera sans doute exceptionnel à terme « . Sitôt annoncée cette notation simplifiée, MB semble regretter sa sécheresse, et rajoute souvent un commentaire.

    RP utilise dans ses dégustations une note chiffrée élaborée d’une façon plus complexe. Chaque vin existant se voit attribuer 50 points, plus : – une note sur 5 points pour la couleur et l’apparence (  » puisque, aujourd’hui, la plupart des vins sont bien vinifiés (…), la plupart obtiennent 4 ou même 5 points). – une note sur 15 points pour le bouquet. – une note sur 20 points pour les sensations et la finale en bouche. -une note sur 10 points pour l’impression d’ensemble et l’aptitude au bon vieillissement. Le classement des vins est fait selon une grille de 50 à 100 points. Plus de 95 points, le vin est qualifié d’extraordinaire. De 90 à 95 points, ce sont d’excellents vins. De 80 à 89 points, ce sont des très bons vins, surtout de 85 à 89 points. RP ajoute  » j’en ai plusieurs dans ma cave personnelle « . De 70 à 79 points, les vins sont de niveau moyen. En-dessous de 70 points sont les vins de qualité insuffisante.

    J’ai passé des années à réfléchir sur les systèmes de cotation. Je ne suis sans doute pas le seul, mais une formation de sociologue avec option statistique m’a amené à m’interroger sur le sens de ces systèmes. La première remarque que je me suis faite et qui n’a pas varié est que le chiffre aujourd’hui l’emporte toujours sur la lettre, et encore plus sur l’étoile, à l’exception notable du guide Michelin. Pourquoi ? Nous vivons dans un monde de chiffres. La capacité de réussite d’un sport se mesure à sa capacité à produire du chiffre. Classements intermédiaires, statistiques, chiffres des salaires ont grandement contribué à la réussite du football, alors que le rugby se contentait de poules, de l’anonymat des marqueurs et de la joie de jouer. C’est ainsi. Je pense donc que la notation par chiffres est la plus populaire et la plus demandée, c’est pourquoi j’ai choisi en ce qui me concerne une notation par lettres.
    Et le chiffre, qu’en pense Michael Broadbent ? La réponse est cruelle :  » Le système de notation sur 100 points qui a été adopté récemment par un certain nombre d’auteurs et de journalistes n’est pas satisfaisant. Il n’est pas honnête, c’est certain, mais de plus, il juge comme s’il était possible de travailler dans des conditions hypothétiquement pures, objectives et toujours identiques « .  » Il n’est pas honnête, c’est certain, mais…  » est une phrase qui m’a transformé en fan absolu de Monsieur Broadbent, même si j’aime souvent des vins qu’il n’aime pas, ou l’inverse. Robert Parker n’est pas de cet avis. Il prévient de façon assidue le lecteur que les notes ne sont pas tout. Cependant  » elles permettent au lecteur de juger de la manière dont un critique professionnel classe le vin parmi ses pairs « .

    Dans des ouvrages plus anciens, RP précisait :  » Quelle est la différence entre deux vins, tous deux très bons, notés respectivement 86 et 87 ? La réponse est simple : on s’aperçoit, en les dégustant côte à côte, que le vin noté 87 est légèrement meilleur que l’autre « . Il pose ainsi une question importante pour cet article : qu’est-ce qu’un vin meilleur qu’un autre ? est-ce qu’on peut déguster un Muscadet 87 à côté d’un Pauillac 86 et trouver l’un meilleur que l’autre ? La première réponse, découlant de ce qui est plus haut, est que cela dépend du statut que l’on accorde au vin. Est-ce une production agricole dont on peut classer la qualité ? Est-ce une oeuvre d’art qu’on peut coter sur une échelle ? Il est temps de parler dégustation.

    VinorumCodex
    Participant

    Qelques précisions sur deux systèmes de cotation existant.
    Le premier est un système par étoiles, utilisé notamment par le Master of Wine anglais Michael Broadbent, qui permet une vingtaine de cotations différentes. Le second est une cotation en points sur une échelle de 100 points, utilisé notamment par le magazine américain Wine Spectator et par le critique américain Robert Parker dans son magazine The Wine Advocat, qui permet une trentaine de cotations différentes.

    Michael Broadbent est aujourd’hui un vieux monsieur. Anglais, parfait gentleman, il a acquis sa notoriété en dirigeant le département Vins de la maison de ventes Christie’s à Londres et un peu partout dans le monde. Il est aussi francophile :  » J’admire les Français, leur goût, leur indépendance intellectuelle, leur gastronomie et par-dessus tout, leurs vins « .

    Robert Parker est avocat. Passionné de vin, il a lancé une lettre d’information qui a connu un grand succès et donné lieu à de nombreux ouvrages. Il est aussi francophile. Il va de soi que, personnellement, je me sens plus proche de Monsieur Broadbent que j’admire, que de Monsieur Parker que je respecte. Le métier de critique exercé par RP s’inscrit dans une logique consumériste et donne des conseils d’achats et de consommation des vins. L’expert est historien, le critique suit d’abord une actualité.
    JVoici maintenant une analyse de ces deux systèmes de cotation.

    C’est indéniable, une note de qualité d’un vin, quelle qu’elle soit, est réductrice : d’une part, elle est établie à un instant de la vie de ce vin, qui est né, vit et mourra ; d’autre part elle est personnelle, ou tout au plus issue d’un groupe de dégustateurs, et non scientifique. Tant mieux ! C’est ce qui permet de classer les grands vins au rang des oeuvres d’art, et non au sein de la production agricole de qualité, ce qu’ils sont à leur fabrication. Cette dimension spirituelle du vin n’échappe pas à nos deux auteurs :
     » Les vins sont comme les êtres humains, variables à l’infini, fascinants à l’extrême « . MB
     » (…) les grands vins, comme la grande musique ou la peinture de haut vol, font l’unanimité, même s’il est pratiquement impossible d’en donner une définition précise « . RP

    Comme tous les amateurs, nos deux critiques ont une haute idée du vin. Pour Robert Parker, c’est un produit de l’activité humaine parmi les plus nobles. Pour Michael Broadbent, c’est quasiment un être vivant. Ce produit, reste à en donner connaissance. Le discours sur le vin a considérablement évolué au XX° siècle. Très timide au XIX° siècle, il donnait seulement quelques indications générales. Il est aujourd’hui pléthorique, et nous en donnerons quelques exemples. Mais aucun media donnant une critique des vins ne saurait aujourd’hui se passer d’une synthèse, d’une qualité résumée en quelques caractères typographiques. On peut le regretter, mais c’est ainsi.

    Voici donc les raisons pour lesquelles MB et RP ont choisi le leur. MB utilise dans ses dégustations une grille chiffrée :  » (…) sur 20 : 3 points pour l’aspect, 7 pour le nez, 10 pour la bouche et l’impression d’ensemble « . Il complète cette note sèche par des impressions écrites dans de petits carnets. Il pense que l’erreur est humaine et  » les variations infinies « . Il a donc gardé pour lui ses chiffres et donne comme notes des étoiles, de 0 à 5, de mauvais à exceptionnel. L’espérance de vie d’un vin est indiquée par la mise entre parenthèses d’étoiles, ainsi : ***(**) est traduit par :  » pas encore complètement épanoui, mais déjà agréable à boire. Sera sans doute exceptionnel à terme « . Sitôt annoncée cette notation simplifiée, MB semble regretter sa sécheresse, et rajoute souvent un commentaire.

    RP utilise dans ses dégustations une note chiffrée élaborée d’une façon plus complexe. Chaque vin existant se voit attribuer 50 points, plus : – une note sur 5 points pour la couleur et l’apparence (  » puisque, aujourd’hui, la plupart des vins sont bien vinifiés (…), la plupart obtiennent 4 ou même 5 points). – une note sur 15 points pour le bouquet. – une note sur 20 points pour les sensations et la finale en bouche. -une note sur 10 points pour l’impression d’ensemble et l’aptitude au bon vieillissement. Le classement des vins est fait selon une grille de 50 à 100 points. Plus de 95 points, le vin est qualifié d’extraordinaire. De 90 à 95 points, ce sont d’excellents vins. De 80 à 89 points, ce sont des très bons vins, surtout de 85 à 89 points. RP ajoute  » j’en ai plusieurs dans ma cave personnelle « . De 70 à 79 points, les vins sont de niveau moyen. En-dessous de 70 points sont les vins de qualité insuffisante.

    J’ai passé des années à réfléchir sur les systèmes de cotation. Je ne suis sans doute pas le seul, mais une formation de sociologue avec option statistique m’a amené à m’interroger sur le sens de ces systèmes. La première remarque que je me suis faite et qui n’a pas varié est que le chiffre aujourd’hui l’emporte toujours sur la lettre, et encore plus sur l’étoile, à l’exception notable du guide Michelin. Pourquoi ? Nous vivons dans un monde de chiffres. La capacité de réussite d’un sport se mesure à sa capacité à produire du chiffre. Classements intermédiaires, statistiques, chiffres des salaires ont grandement contribué à la réussite du football, alors que le rugby se contentait de poules, de l’anonymat des marqueurs et de la joie de jouer. C’est ainsi. Je pense donc que la notation par chiffres est la plus populaire et la plus demandée, c’est pourquoi j’ai choisi en ce qui me concerne une notation par lettres.
    Et le chiffre, qu’en pense Michael Broadbent ? La réponse est cruelle :  » Le système de notation sur 100 points qui a été adopté récemment par un certain nombre d’auteurs et de journalistes n’est pas satisfaisant. Il n’est pas honnête, c’est certain, mais de plus, il juge comme s’il était possible de travailler dans des conditions hypothétiquement pures, objectives et toujours identiques « .  » Il n’est pas honnête, c’est certain, mais…  » est une phrase qui m’a transformé en fan absolu de Monsieur Broadbent, même si j’aime souvent des vins qu’il n’aime pas, ou l’inverse. Robert Parker n’est pas de cet avis. Il prévient de façon assidue le lecteur que les notes ne sont pas tout. Cependant  » elles permettent au lecteur de juger de la manière dont un critique professionnel classe le vin parmi ses pairs « .

    Dans des ouvrages plus anciens, RP précisait :  » Quelle est la différence entre deux vins, tous deux très bons, notés respectivement 86 et 87 ? La réponse est simple : on s’aperçoit, en les dégustant côte à côte, que le vin noté 87 est légèrement meilleur que l’autre « . Il pose ainsi une question importante pour cet article : qu’est-ce qu’un vin meilleur qu’un autre ? est-ce qu’on peut déguster un Muscadet 87 à côté d’un Pauillac 86 et trouver l’un meilleur que l’autre ? La première réponse, découlant de ce qui est plus haut, est que cela dépend du statut que l’on accorde au vin. Est-ce une production agricole dont on peut classer la qualité ? Est-ce une oeuvre d’art qu’on peut coter sur une échelle ? Il est temps de parler dégustation.

    cepages64
    Participant

    Vinorumcodex

    Très belle explication sur la notation , je commence à mieux comprendre.

    Néanmoins, 2 petites reflexions:

    Je vous cite:

    « En-dessous de 70 points sont les vins de qualité insuffisante.  »

    Doit on en déduire, que quand Robert Parker mentionne dans ses livres uniquement les noms des chateaux, sans noter le vin, c’est que ceux -çi, ne sont pas bons ?
    Egalement, je vous cite:

    « Quelle est la différence entre deux vins, tous deux très bons, notés respectivement 86 et 87 ? La réponse est simple : on s’aperçoit, en les dégustant côte à côte, que le vin noté 87 est légèrement meilleur que l’autre « .

    Mais

    Robert Parker a distribué à quelques vins une note de 100/100.

    Si on lui faisait déguster ces vins notés 100/100, lors d’une même et seule
    dégustation, il serait obligé de faire un classement et donc on obtiendrait fatalement:

    1er vin dégusté 100/100
    2ème vin 99/100
    3ème vin 98/100, etc….

    Donc si je m’en tiens à mon raisonnement, puisqu’il faudrait un classement
    ces notes pourraient être différentes !

    cordialement

    cepages64
    Participant

    Vinorumcodex

    Très belle explication sur la notation , je commence à mieux comprendre.

    Néanmoins, 2 petites reflexions:

    Je vous cite:

    « En-dessous de 70 points sont les vins de qualité insuffisante.  »

    Doit on en déduire, que quand Robert Parker mentionne dans ses livres uniquement les noms des chateaux, sans noter le vin, c’est que ceux -çi, ne sont pas bons ?
    Egalement, je vous cite:

    « Quelle est la différence entre deux vins, tous deux très bons, notés respectivement 86 et 87 ? La réponse est simple : on s’aperçoit, en les dégustant côte à côte, que le vin noté 87 est légèrement meilleur que l’autre « .

    Mais

    Robert Parker a distribué à quelques vins une note de 100/100.

    Si on lui faisait déguster ces vins notés 100/100, lors d’une même et seule
    dégustation, il serait obligé de faire un classement et donc on obtiendrait fatalement:

    1er vin dégusté 100/100
    2ème vin 99/100
    3ème vin 98/100, etc….

    Donc si je m’en tiens à mon raisonnement, puisqu’il faudrait un classement
    ces notes pourraient être différentes !

    cordialement

    Yves Zermatten
    Maître des clés

    VinorumCodex écrivait:
    ——————————————————-
    > La première réponse, découlant de ce qui est plus
    > haut, est que cela dépend du statut que l’on
    > accorde au vin. Est-ce une production agricole
    > dont on peut classer la qualité ? Est-ce une
    > oeuvre d’art qu’on peut coter sur une échelle ? Il
    > est temps de parler dégustation.

    That is the question !!!!! je pense que le vin oscille entre le produit agricole et l’oeuvre d’art. On peut juger le produit, mais l’oeuvre d’art mérite la contemplation.

    Yves Zermatten

    Yves Zermatten
    Maître des clés

    VinorumCodex écrivait:
    ——————————————————-
    > La première réponse, découlant de ce qui est plus
    > haut, est que cela dépend du statut que l’on
    > accorde au vin. Est-ce une production agricole
    > dont on peut classer la qualité ? Est-ce une
    > oeuvre d’art qu’on peut coter sur une échelle ? Il
    > est temps de parler dégustation.

    That is the question !!!!! je pense que le vin oscille entre le produit agricole et l’oeuvre d’art. On peut juger le produit, mais l’oeuvre d’art mérite la contemplation.

    Yves Zermatten

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