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- 23 juin 2013 à 23h21
- in reply to: Domaine de la Taille aux Loups
CR: Taille aux Loups, Rémus, 2011
La robe est d’un jaune doré, claire, parfaitement limpide. Le nez est encore légèrement marqué, mais d’un élevage bien intégré. Il mêle un peu de fleur blanche à du fruit (plutôt poire surtout lorsqu’on laisse le vin se réchauffer dans le verre, et il est parfait vers les 10 degrés), voire un peu de coing et une pointe d’agrume. Bref, une belle complexité. En bouche le gras livre une attaque très agréable, l’acidité apportant à l’ensemble un équilibre harmonieux. De l’entrée à la finale ce vin offre une belle tension. La finale est longue. Ce 100% chenin m’a surpris, très agréablement. J’ai trouvé cela très bon et il serait dommage que l’amateur ne goûte pas ce vin, il encavera sans aucun doute quelques flacons. J’ai goûté il y a quelques temps l’intéressant effervescent Triple Zéro de ce vigneron, il faudra goûter les autres cuvées.
TRES BON VIN
TRES BON RAPPORT QUALITE PRIX (payé 13,50 euros)
- 23 juin 2013 à 23h20
- in reply to: Clos de l’Oratoire des Papes
Clos de l’Oratoire des Papes, rouge, 2009
Le Clos de l’Oratoire des Papes assemble le Grenache noir (environ 80%) au Mourvèdre, au Cinsault et à la Syrah (ces trois derniers cépages en proportion à peu près équivalente).
Le vin présente une robe plutôt claire, brillante, d’une parfaite limpidité. Le nez provoque un léger retour alcooleux, pas très complexe mais le vin est jeune. Le fruit des cépages assemblés tire sur le rouge et le noir, une pointe d’épices accompagne un léger fumé. Le toucher de bouche est délicat, la matière est élégante, le grain est fin. La belle longueur finit de confirmer que le moment passé avec ce vin harmonieux, de repas, est des plus agréables. Peut-être faut-il garder encore un peu ce flacon en cave pour apprécier comment il va se complexifier. Mais c’est déjà très bon, la fraicheur du fruit récompensant toute impatience. Merci à mon copain Gérard d’avoir apporté ce cru que je souhaitais gouter depuis un bon moment.TRES BON VIN
BON RAPPORT QUALITE PRIX (23 euros) voire TRES BON .
- 20 juin 2013 à 11h19
- in reply to: Château Fougas, Côtes de Bourg
Rencontre avec Michèle et Jean-Yves Béchet, Château Fougas Maldoror, Côtes de Bourg, 15 juin 2013
[i]Si demain la conscience rejoint le bon sens, l’évidence conduira le consommateur vers des vins issus d’une viticulture respectueuse de l’histoire naturelle des terroirs. « Histoire naturelle », quelle jolie expression associant deux mots lui conférant une connotation certes pléonastique, mais évoquant avant tout la nécessité d’apprendre la relation entre le temps et la nature. Une association appelant une attention minutieuse de l’homme qui peut l’accompagner, mais parfois aussi la dérégler, voire la détruire notamment lorsqu’il veut trop accélérer la première composante de l’expression ou plastifier la seconde.
Pour une histoire naturelle de la vigne et de ce qu’elle produit, les adeptes de l’agriculture biologique redeviennent paysans, ceux de la biodynamie le sont, avec toutes les croyances que certains rangeront dans l’occultisme, que d’autres lieront au terroir et au savoir transmis. Michèle et Jean-Yves Béchet ont suivi un chemin les ayant conduit, après une conversion à l’agriculture biologique, à la biodynamie. Ils sont désormais paysans, après avoir été viticulteurs. Michèle s’amuse avec cette petite provocation. Elle veut dire que le couple ne veut plus être ouvrier de la vigne suivant un rythme cadencé par le calendrier des chimistes industriels. Il veut écouter la nature et, ici, la vigne lui parler. Cette conception semble aux antipodes du management moderne, où le « time pacing » (calendrier qu’une firme peut s’imposer pour avoir un tour d’avance notamment dans les environnements hyper compétitifs où l’innovation permanente est la règle du jeu) prend le pas sur l’ « event pacing » (où l’intervention découle d’une observation conduisant à devoir agir). Bref, il s’agit de redevenir sage pour sortir le consommateur du stress qu’il vivrait le jour où sa conscience l’alertera des dangers de l’utilisation des produits phytosanitaires industriels.[/i]
Le moment passé avec Michèle et Jean-Yves Béchet n’a, à aucun moment, donné l’impression d’être en présence d’hurluberlus tendant la main, yeux fermés, pour ressentir quelques vibrations prophétiques. Michèle, qui a guidé la visite du matin alors que Jean-Yves travaillait dans la vigne (il nous a rejoint pour le repas), serait même plutôt rationnelle, voire cartésienne. Son doctorat de sociologie n’est pas sans lui avoir apporté une méthode de raisonnement dans laquelle l’expérimentation tient bonne place. Elle nous a raconté quelques essais dont les résultats ont finalement convertis le couple Béchet dans cette voie, cette philosophie, ou ce sacerdoce ; sans jamais oublier le bon sens évoqué au début de ce billet, mais en acceptant l’idée que la nature ne laisse pas encore la science tout révéler. Que l’amateur de vin y croit ou n’y croit pas, peu importe ; deux éléments sont primordiaux. Le premier est d’éviter au consommateur d’avaler des produits peu recommandables. Le second réside dans la qualité des produits. Sur ce point, l’équipe d’escapadoephiles présents ce 15 juin 2013 a aimé les vins du Château Fougas Maldoror.
Lorsque nous arrivons au Château,en cette journée où la météo annonce la pluie, Jean-Yves Béchet se prépare à travailler la vigne. Michèle nous accueille et nous emmène près des vignes pour évoquer la conception locale du travail. On remarque que les espaces se livrent aux herbacés et qu’un rang sur deux voit ces dernières aplaties, pas coupées de sorte à ce que les graines puissent tomber pour réensemencer un sol ainsi drainé par les racines. Le drainage est également aidé par deux ruisseaux, chacun à une extrémité de la propriété de 17 hectares.
Dans le propos de Michèle, les détails s’enchainent sans jamais nous lasser. La dégustation s’est faite sur la verticale suivante : 2000, 2003, 2005, 2008, 2009, 2010. Chaque bouteille a été débouchée devant nous, dans les chais. Sur l’ensemble, on retrouve un style, loin de la puissance qu’on m’a décrite. Certes, la matière est présente, mais le vin est plutôt suave, les tanins et le grain plutôt fins (ce qui n’est pas antinomique avec la matière présente, juteuse). Le fruit est joli, témoignant un beau travail à la vigne, certes accompagné techniquement au chai. Sur ce point, il me faudra compléter ultérieurement ce billet en discutant à nouveau avec les propriétaires pour comprendre la compatibilité entre la viticulture en biodynamie et ce qu’elle autorise techniquement aux chais. En effet, après avoir discuté une bonne heure et demie de la viticulture, nous sommes passés peut-être un peu rapidement au chai pour aller à la dégustation, gourmands que nous sommes.
Comme habituellement lors de ce type de sortie, les commentaires qui suivent ne sont que des premières impressions. A l’ouverture de la première bouteille, le 2000, et dès que le vin est versé dans les verres, j’en perçois les arômes. Les 2000 et 2003 ont un nez riche ; celui du 2003 offre une complexité accrue, ce millésime est d’une belle densité, pas trop mûr, il a beaucoup plu. En fait, tout était bon, hormis le 2005 où la bouteille était un ton en dessous ; il aurait fallu en gouter une autre. A avoir apprécié les 2000 et 2003, on peut sans risque certifier que les vins peuvent être conservés une décennie. Le 2008 possède une robe sombre. Il est un peu gras tout en étant droit. Il me semble dans une phase un peu fermée et nécessite sans doute d’être attendu pour s’en régaler car à nouveau on sent le beau fruit. Ce dernier a été sublimé avec le millésime 2009 où l’entrée en bouche satisfait une gourmandise que le nez a préparé. Une belle longueur. C’est très bon. Quant au 2010, je le mets sur la première marche du podium de cette dégustation notamment grâce à une acidité mesurée caractéristique du millésime, mais doux en bouche. C’est déjà très bon aujourd’hui, dans une phase fruitée, on s’en régale. Et que dire de la cuvée spéciale Organic Premium ou Forces de Vie (il faudra sans doute faire un choix dans le nom). Dans ce même millésime 2010, il est issu d’une parcelle qui révèle un vin plus élégant, au toucher de bouche velouté, doux, très bon. Il est hors concours … Au déjeuner Jean-Yves Béchet en a mis quelques-unes à table, ayant vite perçu qu’il nous enthousiasmait. Si on leur ajoute les bouteilles (celles de la dégustation) que son épouse nous avait fait emporter du chai à la salle à manger où le pique-nique que nous avions prévu s’est finalement tenu (conditions météos), il a fallu remplir le bol alimentaire en conséquence…
Quel beau moment passé au Château Fougas, où Michèle et Jean-Yves Béchet nous ont ouvert les portes d’une propriété sympathique, dirigée par des passionnés, respectueux. N’hésitez pas une seconde pour les rencontrer. Ils prouvent que cette appellation Côtes de Bourg, qui regroupe une quinzaine de communes autour de Bourg sur Gironde (par ordre alphébétique : Bayon-sur-Gironde, Bourg, Comps, Gauriac, Lansac, Mombrier, Prignac-et-Marcamps, Pugnac, Saint-Ciers-de-Canesse, Saint-Seurin-de-Bourg, Saint-Trojan, Samonac, Tauriac, Teuillac et Villeneuve), mérite toute notre attention. N’oublions pas que celle-ci a grandement rayonné par le passé, et après une phase endormie, certains domaines la replacent parmi les meilleurs rapports qualite/prix que l’amateur puisse trouver. A ce titre, mettez du Fougas Maldoror dans votre cave et amusez-vous à le faire déguster à l’aveugle à vos amis amateurs.
Fougas Maldoror 75% Merlot + Cabernet Sauvignon ; Organic Premium 90% Merlot.
Le primeur 2012 est à 11.50 euros TTC
- 16 juin 2013 à 21h14
- in reply to: Château Maison-Blanche
Château Maison Blanche, Montagne Saint-Emilion, 2005
La robe est moyennement limpide, mais ce vin n’est ni collé, ni filtré, ni stérilisé, ni pasteurisé, sans adjuvant outre le soufre (cf. contre-étiquette). La robe, rubis, montre une légère trace d’évolution. Le nez tire sur les fruits rouges, cerise et framboise mûres, d’une complexité correcte. C’est surtout en bouche que ce vin ravit l’amateur. Les fins tanins offrent un toucher de bouche délicat, servi par une belle matière, présente et élégante, encore fruitée pour ce vin rond. Une petite pointe d’alcool se fait certes remarquer à l’ouverture, elle disparaît après le carafage de 3 heures qui a été imposé à cet élixir qui s’est remarquablement comporté lors d’un repas familial. Que c’est bon. Il était à l’évidence dans son élément, émaillant le déjeuner de touches authentiques, rappelant que Nicolas Despagne et son équipe ont une conception des vins inscrite dans une tradition rare, belle et addictive (pour reprendre les termes d’un précédent billet ; voir ici).
On remarquera l’élégance de cette bouteille avec son étiquette et sa capsule blanches.
TRES BON VIN
TRES BON RAPPORT QUALITE PRIX (bouteille achetée 18 euros à la propriété)- 9 juin 2013 à 21h57
- in reply to: Domaine Isabelle et Denis Pommier, Chablis
CR: Domaine Isabelle et Denis Pommier, Petit Chablis, 2011
La robe est jaune pâle avec un léger reflet vert. Le nez est riche, fin et agréablement marqué, déjà, d’une note beurrée confirmée en bouche avec une finale (plutôt longue) légèrement noisette. L’entrée est douce, accompagnée d’un fruit jaune, mûr. Je n’ai pas retrouvé certains fruits décrits dans les messages précédents.
Ce vin conviendra parfaitement à un apéritif, sans démériter lors d’un repas car son caractère vineux invite également à le servir accompagné. Sa digestibilité le ferait d’ailleurs aisément mettre à table lors du fromage. Finalement, il offre une palette d’utilisation assez large. Juste un, petit, bémol pour le milieu de bouche qui comporte un léger creux. Mais nous nous sommes très franchement régalés avec ce Petit Chablis, relativement atypique car tirant vers ses ainés, suffisamment gourmand et frais pour que cet apéritif improvisé avec mon ami Gérard soit un très bon moment sur le plan gustatif (et nous avons sorti le fromage pour tester).TRES BON PETIT CHABLIS
je l’ai trouvé à 12,50 à l’unité et à 11 euros par 12,
A quel prix l’avez-vous ?
- 4 juin 2013 à 15h17
- in reply to: Où acheter des vins italiens ?
bonjour
je cherche à me procurer le Valpolicella Classico Superiore Caterina Zardini si possible dans son millésime 2008
voir sur mon blog le post afférent ici
https://escapadoenophile.canalblog.com/archives/2013/04/30/27048904.htmlsauriez-vous où il est possible de se le procurer (caviste, site web sérieux, …)
merci
- 3 juin 2013 à 0h45
- in reply to: Château Angélus
Angélus vend 90% de de son premier vin en primeurs
- 1 juin 2013 à 14h12
- in reply to: Primeurs 2012
Primeurs 2012 – mes achats (parce que goutés, impossible que cela ne donne pas qq chose de bon après élevage dès lors qu’on fait confiance à la vinification)
Haut-Carles
La fleur de Bouard
Domaine de l’A
Bonalgueje n’ai pas poursuivi avec Sansonnet (hausse trop importante quite à classement)
je suis aussi très tenté par les vins de Denis Barraud, de son Bordeaux La Cour d’Argent à Lynsolence, tous semblent très bien faits.quand à d’autres, je n’ai plus de sous…
à des prix qui restent raisonnables et avec une vraie différence entre le prix primeur et le prix livrable par exemple pour Bonalgue
- 1 juin 2013 à 0h52
- in reply to: Domaine de l’A
Domaine de l’A 2007
En 2011, j’ai proposé un compte-rendu de dégustation du Domaine de l’A dans le millésime 2006 et dans le millésime 2007 (voir ici).Hier, Eric est de passage avec, sous le bras, un CR: Domaine de l’A 2007.
Deux ans plus tard, le vin a indubitablement bonifié. La bouteille à peine débouché, il promet, quelques effluves d’un fruit gourmand stimule, lors du carafage, les sens olfactifs. La robe est profonde. Au cours de la soirée, le nez gagne en complexité, richesse, dans le registre des fruits noirs puis Eric y relève des notes truffées. Le toucher de bouche est délicat, une pointe lactée apportant du velouté. C’est ample, gourmand et riche d’un très beau fruit. Une belle finale pour un vin harmonieux. Quel bonus par rapport à la dégustation de 2011 où le vin, déjà, de déméritait pas et où je proposais de le garder quelques années en cave.
Il restait une bouteille chez Dubecq, je l’ai prise.TRES BON VIN
BON RAPPORT QUALITE PRIX (22 euros chez Dubecq)
- 15 mai 2013 à 19h53
- in reply to: Château Cornélie
Le primeur est dispo (voir le site du Château),
moins de 10 euros il me semble.- 12 mai 2013 à 14h56
- in reply to: Clos Manou
[b]CR: Petit Manou 2010, Médoc
[/b]
L’assemblage du Petit Manou 2010 est ainsi fait : 50% Cabernet Sauvignon, 45% Merlot et 5% Cabernet Franc.
La robe est très sombre. Le nez est riche, sur les fruits noirs, cerise à maturité, des arômes d’épices sont perceptibles. En bouche l’attaque révèle d’emblée une très belle structure, le toucher est agréable ; il y a, comme le dit un ami, « du monde » ; c’est plutôt corsé, mais sans aucune lourdeur. Le vin est délicatement épicé, légèrement poivré sur une finale tout à fait correcte. Il est ample, harmonieux. Les tanins sont bien là mais le vin n’est pas dur, la beauté du fruit rendant l’ensemble très agréable ; on en croque. La petite pointe d’acidité montre que Petit Manou 2010, avec qui on prend d’ores et déjà beaucoup de plaisir, saura vieillir quelques années.
Bref, c’est très bon ! Un coup de cœur pour ce vin à moins de 10 euros.Et c’est un second vin, cela donne très envie de goûter à nouveau le premier (Clos Manou : voir ici ce qui n’est toutefois pas une fiche de dégustation), plus complexe, plus suave, plus classieux.
TRES BON VIN ce Petit Manou 2010
EXCELLENT RAPPORT QUALITE PRIX
Il reste un peu de 2010 chez Dubecq à 9 euros la bouteille (https://www.dubecq.com), encavez par 6 ou par 12 sans hésitation, et s’il n’y en a plus parce que vous avez attendu : jalousez-moi !
- 1 mai 2013 à 1h38
- in reply to: Domaine du Grand Ormeau – Lalande de Pomerol
[left]La journée passée dans les châteaux de l’appellation Lalande de Pomerol a été bonne malgré une météo très différente de l’année dernière où le soleil rayonnait tant qu’il pouvait pour la saison. En 2013, il s’est montré timide et le pique-nique entre amis (nous étions 4) a été réduit à un sandwich vite avalé. L’arrêt au Domaine de Grand Ormeau était incontournable. Voici plusieurs années que la production de l’équipe de Jean-Paul Garde est suivie et, une nouvelle fois, elle ne nous a pas déçu. L’accueil est toujours à la mesure de la belle éducation de cette maison que tout amateur doit visiter, qu’il soit plus ou moins connaisseur, le maître des lieux maniant remarquablement l’empathie. L’un d’entre nous ne connaissant pas la propriété, Jean-Paul Garde nous propose une visite express pour ne pas lasser les trois autres (mais comment cela serait-il possible avec lui ?) ; bref, nous avons fait la même visite qu’en 2012 mais en accéléré (voir le post sur mon blog, https://www.escapadoenophile.com).
Il nous a conduit à nouveau dans cette parfaite salle de dégustation, à l’étage, pour nous proposer une série dans le millésime 2010, ainsi que deux primeurs 2012.Dès le Château Goujon (un Montagne Saint-Emilion), le ton est donné, c’est-à-dire que la patte locale est immédiatement pointée. Ce sera la même chose pour les autres crus : Domaine de Grand Ormeau et Fleur des Ormes (la cuvée exploitant les vignes les plus anciennes) en Lalande de Pomerol, La Truffe en Pomerol. Ajoutons-y Château Marchesseau en Lalande exploité par le fils Garde.
Les vins sont bons, harmonieux et les prix sont ajustés. Ce sont des vins que certains qualifieraient de féminins, dans le bon sens du terme car ce qualificatif est parfois utilisé pour gommer un manque de puissance. Ce ne sera pas le cas ici. Les vins ne sont pas puissants, mais ils ne leur manquent rien par une bonne maîtrise de leur équilibre. Par exemple, l’alcool, comme pour tous les 2010, flirte les 14 degrés, mais ce taux ne pèse absolument pas. Les vins de cette propriété sont élégants.
Il faut, si possible, gouter la gamme pour identifier les crus préférés. J’ai toujours un faible pour le Domaine de Grand Ormeau, ainsi que pour Fleur des Ormes. La structure est calibrée, le vin est digeste, le grain est fin, un vin propre sans être aseptisé, un élevage discret. Domaine de Grand Ormeau offre, aujourd’hui, un côté gourmand. Fleur des Ormes est sur ce point en « pause ». Ce dernier semblait plus disponible à la dégustation l’année dernière. Simplement, il se referme actuellement pour appeler notre patience et s’offrir plus complexe dans quelques années. C’est heureux, ma cave en abrite. Marchesseau n’est pas à oublier ; il possède un côté petit fruit rouge très agréable.
Les primeurs 2012 sont prometteurs. La matière et le fruit sont là. Alors qu’il me faut ici confesser que La Truffe 2010 ne me semble pas refléter la typicité pomerolaise, le 2012 est intéressant, le nez composant déjà avec quelques notes qui lui font bien porter son nom. 2012 sera un bon millésime dans ce domaine.
Post avec photos sur mon blog.- 19 avril 2013 à 19h06
- in reply to: Château Valandraud, Saint-Emilion
Je viens d’apprendre que malgré sa « promotion » en premier grand cru classé, Château Valandraud serait quand même ouvert, comme chaque année, lors de l’opération portes ouvertes des châteaux de Saint-Emilion les 4 et 5 mai 2013.
Alors je dis « chapeau ».
Que les autres en prennent de la graine…- 19 avril 2013 à 18h16
- in reply to: Le Clos des Fées
Ayant une fâcheuse tendance à faire preuve d’incrédulité face au palais des autres (des vignerons, des critiques, des amateurs ou des professionnels), et peut-être parce que tout ce qui m’importe est mon sentiment (mais peut-être suis-je comme saint Thomas), je propose à Hervé Bizeul de m’envoyer une caisse de 12 bouteilles de chacun de ses crus sur le dernier millésime (ou sur les trois derniers) et je m’engage, chaque année, à ouvrir une bouteille de chaque caisse et d’en faire un compte-rendu sur ce forum ; un compte-rendu extrêmement court évidemment pour ne pas vous lasser en disant simplement si j’ai trouvé cela bon !
Et je l’ai dit « prem » !
(ben quoi… on peut toujours rêver… non ? « joke », « joke », …).😉
- 16 avril 2013 à 16h21
- in reply to: CR: Haut-Carles 2003, Fronsac
gouté Haut-Carles 2011 l’année dernière en primeur et le 2012 cette année. Faites un peu de place dans votre cave pour ces 2 millésimes, cela promet (y compris pour le château de Carles). De la matière, dense mais calibré par une belle structure.
- 11 avril 2013 à 1h30
- in reply to: Domaine La Soumade, Rasteau
bonjour,
je cherche à me procurer les vins de cette propriété pour en organiser une dégustation.
dans ma région, je les ai vu en vente à la boutique Terres Millésimées de Stephane Derenoncourt (ce qui n’est pas surprenant puisqu’il en est le consultant).
Toutefois il me semble que cette boutique les vend cher… voci un petit florilège des prix afin que vous puissiez me dire si c’est a ce prix que vous les avez acheté récemmentLes Violettes 2009 à 23,50 euros
Côte du Rhone 2010 à 10 euros
Rasteau 2010 à 12 euros
Rasteau Fleur de Confiance 2010 à 50 euros
Rasteau prestig e 2010 à 16,50 euros
Gigondas 2008 à 21,50C’est surtout le cru Les Violettes qui m’intéresse
- 6 avril 2013 à 10h45
- in reply to: SALON DES VIGNERONS INDÉPENDANTS DE BORDEAUX
très bons vins dégustés hier
André Hartmann
tout est bon, avec mention speciale pour les cuvées Justin Briac en pinot gris (aérien, fin, moins de sucrosité gustative que les autres vins de la gamme, superbe), et en pinot noir, goûter Harmonie qui assemble 4 cépages car intéressantDubois père et fils
Le Savigny les Beaunes blanc 2011 a 14 euros : nez riche, un petit creux en milieu de bouche mais rattrapé par une belle longueur ; c’est très bonDomaine d’Arfeuille
des bordelais (ancien co propriétaire de La Pointe en Pomerol)
les 2 blancs (un 100% Macabeu en côte du rousillon et un assemblage 1/3 sauvignon, 1/3 semillion et 1/3 muscadelle pour leur bordeaux blanc) 8 eurospas mal au domaine Mathieu en Chateauneuf du pape
- 1 avril 2013 à 0h48
- in reply to: Clos Manou
Rencontre avec Françoise et Stéphane DIEF, Clos Manou, Médoc, 23 mars 2013 (le texte avec photo est sur mon blog)
CR:
Le Samedi 23 mars 2013, notre itinéraire prévu à l’occasion du printemps des châteaux du Médoc nous fait passer, à deux reprises, devant les chais du Clos Manou. Possédant quelques flacons de ce cru sans jamais l’avoir gouté, et après avoir entendu plusieurs éloges à son propos, la tentation est forte de s’y arrêter. Saint-Christoly du Médoc est très au nord de la pointe du Médoc et je n’y passe guère. En remarquant quelques personnes sortant de l’accueil, au cœur du village, impossible de ne pas stopper la voiture pour ensuite nous y diriger (nous étions trois).La petite salle de dégustation, dans laquelle nous pénétrons, annonce déjà l’esthétisme sobre des lieux ; ce présage sera confirmé par le constat d’un entretien remarquable des espaces dédiées à la vinification. Le bon goût reflète une méticulosité vite appréciée se confirmant tout au long d’une visite où la passion de Stéphane Dief a relayé celle de son épouse qui nous a accueilli. Nous sommes chanceux car ces deux créateurs du cru local ont un agenda les rendant peu accessibles, mais c’est à l’évidence la cause d’une importante charge de travail car si vous les rencontrez au bon moment, leur disponibilité est à la mesure d’une passion qu’ils nous laissent approcher pour notre plus grand plaisir.
Stéphase Dief, depuis tôt le matin, est dans les vignes et plante des piquets ; alors que nous sommes en fin d’après-midi, il reste enthousiaste à l’idée de nous faire profiter d’une visite du site. Il faut dire que, d’emblée, l’empathie de ces vignerons et leur transpirante passion font « mouche ». Je ne dis pas qu’il leur serait possible d’être continument ainsi disponibles car on imagine aisément, au fur et à mesure de l’appréhension des lieux, une sacerdotale charge de travail, mais une irréductible générosité semble les animer.
Clos Manou est un vin d’appellation Médoc. Le premier millésime, 1998, a été vinifié dans un garage et on pourrait être tenté d’établir un parallèle avec un vigneron de la rive droite dont le cru vient d’être consacré en septembre 2012…
Le couple démarre avec l’achat de 12 ares de vignes offrant un complément de revenus mais surtout la possibilité de répondre à une forte envie de faire du vin. Les premiers achats pour étendre la propriété n’offrant pas un revenu suffisant pour la famille, Françoise et Stéphane s’occupent de la gestion du vignoble Layauga-Duboscq pour le compte de Monsieur Dubocq (cf. Haut-Marbuzet). Les très bonnes relations avec celui-ci font que Monsieur et Madame Dief tiennent toujours cette charge.Le développement des surfaces se fait par quelques achats, un hectare par-ci, un hectare par-là, un petit cru artisan, un petit cru bourgeois, etc. Les 18 hectares aujourd’hui possédés vont, pour un tiers, dans le premier vin Clos Manou et, pour les deux autres tiers, dans le second vin Petit Manou. Si les vignes sont dispersées, elles se situent, au plus loin, à 2km. Elles sont composées d’un tiers de graves qualitatives sur le bord de l’estuaire, d’un tiers de graves sableuses et d’un tiers d’argilo-calcaire.
Stéphane Dief nous rappelle le processus mis en œuvre chaque année au chai, de l’arrivée du raisin à la mise en bouteille, avec les explications, par exemple du travail de pigeage pour Clos Manou, de remontage pour Petit Manou.
Les deux vins passent en barriques, lesquelles sont 100% neuves pour Clos Manou avec un élevage sur lies modérant le marquage du bois. Ces barriques proviennent de petites tonnelleries soucieuses d’apporter une qualité toujours meilleure même aux vignerons dont les volumes ne sont pas gros.On se rend compte de la minutie du couple Dief à toutes les étapes du processus et sans avoir vu les vignes, raisonnablement cultivées, on imagine que la viticulture est menée aussi méticuleusement. Pour les détails, dont la somme est améliorée chaque année pour toujours tenter de faire mieux et répondre à une exigence qui ne sera sans doute jamais complètement satisfaite, je vous envoie vers le site concis mais complet (ici https://www.clos-manou.com/fr/). Le site reprend certains propos que nous tient Stéphane Dief, par exemple s’agissant de la proportion des cépages : « 45% de Cabernet-Sauvignon ; 45% de Merlot, dont une parcelle historique plantée dans les années 1850, qui a donc résisté à la grande crise phylloxérique ; 6% de vieux Cabernet-Franc ; 4% de Petit-Verdot issu de sélections « massales » (non-clonées) ; L’âge global moyen de nos vignes est de 35 ans ».
Pour livrer un exemple qui pourrait paraître anecdotique et qui pourtant témoigne de la minutie du couple, même les rangements sont réalisés sur mesure et chaque outil est classé (cf. photo ci-dessous).
Stéphane Dief présente des qualités pédagogiques rendant accessibles toutes les informations qu’il fournit sans réserve sur sa pratique de vinification. En les combinant à l’histoire des deux crus, l’ensemble est un moment passionnant.
Au retour dans la petite salle de dégustation, où trône cette peinture d’un éléphant qui est devenue le cœur de l’étiquette du premier vin, nous dégustons Petit Manou 2010 et Clos Manou 2010.
Françoise Dief nous y rejoint et apporte un complément sur la conception, disons, du vin, pour simplifier. Le couple est en symbiose avec sa production. Quelle belle entreprise.
Les vins feront prochainement l’objet d’une fiche dégustation plus complète pour ici, comme habituellement lors de la visite d’un site, juste être évoqué sur le plan gustatif.
Petit Manou résulte d’un assemblage 50% Cabernet Sauvignon, 45% Merlot et 5% Cabernet Franc. La robe est sombre, le nez est doucement marqué d’épices ; la bouche est généreuse, ample, fruitée avec une petite acidité équilibrant l’ensemble et promettant sans doute une possible garde alors que ce cru est conçu pour un plaisir immédiat, et c’est réussi. C’est vraiment très bon et s’il convient de réserver mes commentaires pour une prochaine fiche dégustation qui ne saurait tarder sur ce blog, il serait étonnant que Petit Manou ne soit pas qualifié d’excellent rapport qualité/prix (10 euros à la propriété, je l’ai vu à 9 euros chez Dubecq).
Clos Manou 2010 est ainsi assemblé : 40% Cabernet Sauvignon, 40% Merlot, 10% Cabernet Franc et 10% Petit Verdot. L’examen visuel est à peu près identique. Le nez est riche, plus complexe et fin. Le toucher de bouche est délicat, suave, aussi gourmand que le Petit Manou mais plus classieux, un peu plus strict, long. Ce vin est taillé pour une garde. Il tient son rang de premier vin et offre une matière à la fois puissante dans son amplitude et fine dans son grain. Il faudrait sacrifier une bouteille pour faire une fiche mais le vin sera évidemment meilleur dans quelques années. Que cela va être compliqué d’attendre ce cru digne d’être dans la cours des vins classés. A l’aveugle il doit surprendre. Quand on a visité les lieux, un tel résultat ne surprendrait par contre pas. Je parie sur un excellent rapport qualité prix puisqu’il est à 20 euros à la propriété. Mais les stocks sont quasiment épuisés. Il reste un peu de 2009 chez Dubecq, également quelques 2010. Pressez-vous, la vente en place bordelaise et celle en primeur rendent ce superbe cru difficile à trouver, bien qu’il reste, pour le grand plaisir de l’amateur qu’on imagine aisément fidélisé, à un prix abordable.
Merci à Françoise et Stéphane Dief pour tout ce que ce post essaie de faire ressentir à ses lecteurs. Nous avons passé un excellent moment avec ces vignerons passionnés, confortant les raisons pour lesquelles le monde du vin (dont évidemment ceux qui le font) me passionne. Un couple d’entrepreneurs que nos jeunes devraient connaître pour leur montrer que les beaux projets sont aussi au coin de la rue, et pas forcément sur d’autres continents.
- 31 mars 2013 à 23h23
- in reply to: Le Clos des Fées
bonjour,
à l’évidence un pet car ce cru dans ce millésime est réussivoir ici https://lapassionduvin.com/phorum/read.php?4,16591,746990#msg-746990
- 15 mars 2013 à 2h42
- in reply to: Château Cornélie
Méduli 2009, Haut-Médoc
Décidemment j’ai fait une belle série de vins gourmands ces temps-ci. Aujourd’hui, Médulie 2009.
Méduli 2009 est présenté comme le second vin du Château Cornélie, Il avait été d’un bel effet après notre dégustation sur le thème 2010 à 10 euros (comme dit dans mon post précédent), je suis curieux de le goûter isolément, et surtout avec le palais moins fatigué par l’exercice du 2 mars.
La robe est celle d’une belle cerise Bigarreau noire, elle provoque déjà l’envie d’en croquer.
Le nez confirme le fruit rouge mûr. Le toucher de bouche est velouté, assez envoutant, sensuel, une texture inhabituelle pour moi et la sensation est très agréable. Fruit rouge/noir très mûr effectivement, mais pas trop, c’est à point pour une gourmandise optimale. Un peu de fraise écrasée également, avec une très légère pointe d’acidité qui équilibre ce vin à la sucrosité gustative qui en fait une petite douceur. Il est parfait dans son registre. Que c’est gourmand, juteux, plein, bon, … Quel bonheur de trouver un tel vin pour 7,50 euros. Coup de coeur.
85% de Merlot et 15% de Cabernet Sauvignon.
EXCELLENT VIN dans son registre
EXCELLENT RAPPORT QUALITE PRIX (7,50 euros chez le vigneron, s’il en reste…).