ça devient infernal !

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forums A propos … ça devient infernal !

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  • PEREZ
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    Cela devient de plus en plus difficile d’éviter les déviances, les faux goûts ou les mauvais goûts et personnellement, j’en ai assez.
    On peut sans doute faire un travail respectueux de la nature et en même temps respectueux des consommateurs.

    Il devient également de plus en plus difficile à un vigneron qui veut vivre de ne pas faire sa cuvée sans soufre, parce que c’est la mode et même si c’est contre ses convictions : faut bien manger. Je l’ai encore éprouvé dernièrement en visitant un producteur pourtant très sérieux.

    Rien que cette semaine : le sauvignon de Touraine du Tue Bœuf, caricatural d’acétate et d’oxydation, le Mauzac nature de Plageoles qui sent la serpillière, le sec 2012 Part d’Avant très acétate, un doux de Gaillac qui laisse une sensation de rouille dans la bouche pire que si on léchait une poutre en fer.

    Je veux boire du vin qui a la gueule de l’endroit et non pas la sale gueule de son process. C’est finalement aussi caricatural que le vin bodybuildé / boisé des années Parker.

    Stop !

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  • Replies
    Mathieu Valdenaire
    Participant

    [quote=aquablue]
    Ceci dit les plats étaient clairement de qualité …
    [/quote]

    C’est un peu le problème… Paris, avec la foultitude de nouveaux restaurants abordables mais ambitieux qui ont ouvert ces dernières années (tendance bistronomie / fooding, en gros), est devenue une ville où il y a de plus en plus d’endroits où l’on a des choses vraiment intéressantes dans l’assiette, et où dans le même temps il est devenu de plus en plus difficile de boire quelque chose de correct, tant les vins nature ont pris le dessus, jusqu’à arriver à un quasi monopole.

    Et non contents de tous se ressembler, ces flacons arrivent à table accompagnés d’un discours lénifiant où de jeunes « sommelier(e)s » branchouilles vous servent en boucle une rhétorique du vin libre, généreux, proche du terroir, pas trafiqué… c’est beau comme un CR du TGJP. Aussi attendu, aussi répétitif, aussi ouvert au débat. Alors que ce qu’on a dans le verre nie l’idée de terroir et rend tout accord approximatif. Et qu’il est bien entendu hors de question de le dire sans passer pour un suppôt du capital ou un VRP en produits phytosanitaires. Combiné à des coefficients qui mettent les 10cl de vin (autre gros problème de cette restauration : quand on commande un verre de vin, on s’attend à avoir plus que deux gorgées et demi – et c’est rarement le cas) aux deux tiers du prix de la bouteille, on se retrouve à bien manger en buvant de l’eau, ce qui est le comble de la tristesse pour un cuisinier.

    Mathieu

    Steeve ?
    Participant

    Pour ma part, j’aime les vins dit nature…
    Quoique, quand je regardes les producteurs que j’ai en cave, je me demande si ils sont nature ou pas…
    J’aime ganevat, gramenon, foillard, haut campagnau pour ces superbes canons…
    j’ai en effet arrêté d’acheter « la sorga », « matin calme » qui est vraiment borderline, barral, etc…
    Mais en tout cas, je penses que c’est pas parce qu’on reconnaît « le process », qu’il n’y a pas de terroir dans ces vins!!!!!
    Je penses tout simplement qu’il faut choisir le peu de vigneron qui travaillent très bien…

    Cordialement,
    Steeve

    laurent garlin
    Participant

    Mais en tout cas, je penses que c’est pas parce qu’on reconnaît « le process », qu’il n’y a pas de terroir dans ces vins!!!!!

    non c’est juste que le process le masque eventuellement totalement.

    Steeve ?
    Participant

    A vrai dire, j’ai jamais réellement fait attention…
    Je prend l’exemple de foillard qui fait des vins que j’adore, c’est sur qu’il ne faut pas trop chercher le terroir…
    C’est plus l’expression  » juteuse », « infusée » et l’équilibre qui me marque sur ses cuvées.
    De toute manière, je ne sais pas différencier un terroir d’un autre, à part sur quelques blancs…

    Steeve

    . .
    Participant

    Je voudrais bien voir différencier les terroirs du Beaujolais à l’aveugle .(:D

    laurent garlin
    Participant

    ça demande une grande connaissance des différents terroirs, et pas plus pas moins que n’importe quels autres terroirs d’autres régions.
    mais chez ceux qui travaillent en vinification traditionnelle, avec un peu d’habitude, il est possible de distinguer au moins des appellations (caractéristiques bien différentes entre un chirouble, un morgon, un MAV etc..) assez aisément, chose impossible avec une vinif en macération carbonique.

    Je prend l’exemple de foillard qui fait des vins que j’adore, c’est sur qu’il ne faut pas trop chercher le terroir…

    on est d’accord.

    monlogin99
    Participant

    Pas de chiffres de production de « vins natures » mais quelques chiffres sur la viticulture biologique dans ce  » document ~ 1.8 Mhl/an ( le solde de la production française représente encore quelques bouteilles et je ne crois en rien qu’elles sont toutes mauvaises ). Si je me fie à ce même document, je retiens aussi qu’il n’y a pas de définition légale, stricto sensu, de « vins natures ». Même si Denaire évoque une réalité sur les adresses parisiennes ( j’ai aussi fait une expérience qui m’avait laissé perplexe ), je suis bien persuadé que ce mode de production restera marginal. En synthèse : même pas peur !

    hannibal
    Participant

    C’est quand les gens sont morts, par le vide qu’ils laissent, qu’on se rend compte de la place exacte qu’ils tenaient dans notre existence. Trop tard, mais tant pis. Même chose avec la nature, qu’on voit disparaître à petit feu, grignotée par nos soins comme une charpente par les mites (les termites, plutôt, le bois c’est un peu dur pour les mites). Enchaînés à leurs smartphones et leur GPS, connectés en permanence à la Matrice, certains sont prêts à manger du crottin de cheval (bio, bien sûr) avec des baguettes et à le payer une fortune pour retrouver la saveur des origines, le goût du vrai. Et on s’en doute, il ne manque pas d’âmes charitables pour les encourager dans cette voie, les y pousser d’autant plus fort qu’elle semble sans issue. C’est comme le beaujolais nouveau : pour vendre à prix d’or des vins ni faits ni à faire, il y aura toujours des prétendants, et quand les Français commenceront à se faire tirer l’oreille pour éponger les stocks, les Chinois se feront un plaisir de prendre le relai. Après les jeans pré-troués, les vins pré-daubés. Cela dit, je veux bien (essayer de) croire qu’il y ait des gens plus sincères que d’autres dans la profession, mais je ne crois pas une seule seconde au concept de vin « nature » ou de « produit naturel » en général. Dès que l’être humain débarque quelque part, le naturel s’enfuit au galop.

    . .
    Participant

    Je fais très bien la différence entre le Fleurie et le Morgon chez Foillard

    Mais je fais encore plus la différence entre les bons comme Foillard et les moins bons comme tant d’autres en vinification traditionnelle …

    laurent garlin
    Participant

    à l’aveugle parmi d’autres carbo, j’voudrais bien voir ça.

    des mauvais comme des bons, il y en a dans toutes les sortes de vinif, ça ne manque pas.

    aquablue
    Participant

    Mathieu, marc, je ne savais pas que vous « subissiez » de plein fouet cette mode de façon aussi fréquente ;)..

    « Et non contents de tous se ressembler, ces flacons arrivent à table accompagnés d’un discours lénifiant où de jeunes « sommelier(e)s » branchouilles vous servent en boucle une rhétorique du vin libre, généreux, proche du terroir, pas trafiqué.. » j’adore mathieu, car c’est exactement ce que j’ai vécu…

    Mais ce qui m’a le plus étonné le plus, c’est que mon interlocuteur (« jeune » dirigeant de boite, assez branchouille; avec un pouvoir d’achat important) marche à fond dans ce discours: c’est vraiment ce type de vins qui me fait « triper », etc, etc … Quartier bourse dans le 2eme: On était entourés de costards cravates disant adorer le vin et ravis d’être là: donc la clientèle est là, en tous cas pour l’instant..

    Mais je ne pouvais imaginer que c’était répandu à Paris..

    Arnaud

    kamuro
    Participant

    Laurent ,

    De mon cote je pense aussi pouvoir faire la difference a l’aveugle entre un fleurie et un morgon de foillard.
    Carbo ou pas carbo le terroir n’est pas completement masque … , l’aromatique et la strucuture des fleuries et des morgons sont tout de meme assez differentes.
    Par contre la ou je te rejoins, sur les gamay natures a l’aveugle d’identification pour moi passe d’abord par la patte du vigneron et ensuite par deduction de la parcelle.

    Stephane

    Jérôme PEREZ
    Participant

    Merci Hannibal pour cet autre grandissime message.

    laurent garlin
    Participant

    Carbo ou pas carbo le terroir n’est pas completement masque … , l’aromatique et la strucuture des fleuries et des morgons sont tout de meme assez differentes.

    je ne partage pas ton avis Stéphane, même si la structure des vins est lié à la maturité des parcelles, la carbo lisse tout et tu auras pour un chirouble comme pour un MAV des vins pétant le fruit et patinés, souples en toute jeunesse (le style de vinif est d’ailleurs fait pour ça, c’est ce qui est recherché, bien plus que l’expression d’un terroir quelconque).
    La différence provient juste des degrés rentrés et de la qualité des parcelles mais tout est lissé, même si je sais et reconnais que cela peut être très bon.
    pour moi un morgon de Foillard, c’est un vin de Foillard, pas un morgon et chaque fois que je le goute je reconnais le style de ce genre de vin mais serais bien incapable d’indiquer la provenance, et même de m’aventurer vers un quelconque choix.
    Il faut gouter un vin de Bouland, Desvignes ou Duperray (j’en oublie d’autres mais comme je sais que tu l’as déjà fait je pense que tu vois les différences) pour se rendre compte de la singularité d’un Morgon par rapport à un Fleurie, et cela ne se joue pas que sur la structure.

    Par contre la ou je te rejoins, sur les gamay natures a l’aveugle d’identification pour moi passe d’abord par la patte du vigneron et ensuite par deduction de la parcelle.

    le soucis (façon de parler) c’est qu’en bojo, la bande à lapierre mélange les deux, carbo + nature.

    Pupi
    Participant

    Pour faire un tant soit peu avancer le débat, il faudrait se mettre d’accord sur les vignerons ou les vins qui vous énervent tant…Parce que là on lance et mélange les mots natures/Soufres/Oxydation/mode/bobo ect sans vraiment parler vignerons.

    Si je vous cite Richard Leroy,Mosse, Angéli, Bernaudeau, Overnoy, Foillard, Prieuré Roch, je pense que la majorité des intervenants seront d’accord pour reconnaître la qualité de leurs vins or tous ses vignerons ont une place de choix dans les établissements que vous décriez et sont le fer de lance de cette tendance. Simplement ils travaillent bien la vigne, maîtrise leurs rendements et font une vinif sans dogme mais avec un apport extrêmement maîtrisé en chimie.

    Donc encore une fois svp ne tombez pas dans une généralisation aveugle…Certes les serveurs bobo des resto fooding sont énervants,certes beaucoup de vins sont déviants mais quand vous savez choisir vous passez de superbes moments dans ces restos ou l’on mange quand même très bien.

    Et surtout,n’oubliez pas que dans 98% des cas, nous parlons avant tout d’hommes qui malgré des résultats pas toujours probants sont sincères dans leur démarche et le fait que des cavistes,restos,blog ou autre magazines gravitent au tour d’eux flairant le phénomène n’enlève rien à leur honnêteté.

    Pierre

    laurent garlin
    Participant

    je pense que la majorité des intervenants seront d’accord pour reconnaître la qualité de leurs vins

    euhhh, largement plus nuancé que toi car des vins daubés j’en ai bu quelques uns chez ceux que tu cites, et uniquement parce que mal protégés, ce qui est d’autant plus rageant.

    Julien FRANCOIS
    Participant

    Assez d’accord sur le fait que pour beaucoup (je pense) de vignerons, c’est un « plus » marketing, parce que c’est en effet la mode.
    Par les temps qui courent, il faut que le vin (mais pas que) soit bio, sans produits, sans chimie, naturel, proche de dame nature… etc.
    Ca en devient presque usant, sans parler du résultat final, à savoir ce qui est dans le verre, mais c’est la mode, c’est le courant qu’il faut suivre pour être tendance et avoir des clients en plus.

    Pour ce qui est des déviances, je n’ai pas assez de recul sur ce type de vins même si parmis les quelques uns que j’ai bu, il ne m’ont pas tous tapé dans l’oeil. Mais c’est peut être juste une question de goût.

    Julien

    agitateur
    Participant

    [i]Pupi écrivait:
    ——————————————————-
    > Et surtout,n’oubliez pas que dans 98% des cas,
    > nous parlons avant tout d’hommes qui malgré des
    > résultats pas toujours probants sont sincères dans
    > leur démarche[/i]

    Un vin inscrit dans la démarche « nature » peut être sincère quand c’est un vin destiné à une conso assez rapide. D’ailleurs, comme par hasard ( ou pas ), la plupart des « nature » assez appréciés sur le forum ( je parle pas des bars à vin branchouilles ) sont bus dans les 2 ans après mises, et disons 3 ans maxi après récolte puisqu’en général les élevages de ces mêmes vins ( ceux appréciés ) sont assez brefs.
    Inversement, je m’intérroge quand même fortement quand un viti fait un vin nature et dans le même temps construit en théorie pour une certaine garde, sans même parler d’une garde certaine. Ca, c’est antinomique. Et d’ailleurs, dans ce cadre là, on ne peut que constater les nombreuses désillusions à la lecture de CR ici même. J’en déduis qu’on peut avoir envie d’aller dans le mur ( enfin, le client dindon ) en toute sincérité 😀

    matthieu LLUIS
    Participant

    Pupi,

    Tout comme Enzo, j’ai bu des vins pas à la hauteur chez certains vignerons que tu cites. Plus que chez d’autres ? Après quelques années de dégustations, plutôt Oui, bien que je n’ai pas les stats. Mais surtout, c’est le caractère identique de ces déviances pour des raisons connus qui personnellement m’énerve en tant que consommateur… Car, que leur démarche soit sincère, je n’en doute pas mais le post initial n’est pas de discuter de ça (Jérome corrige moi si je me trompe) mais c’est plutôt un point de vue de consommateur qui achète du vin et qui le boit et qui trouve « infernal » la fréquence des problèmes rencontrés.
    Moi j’ai résolu le problème, je n’en achète plus ou quasiment plus… ça limite les risques ! En plus, même lorsque leur déviance est faible, je ne grimpe pas au rideau, pour les raisons exposés par Enzo (ça se ressemble, ça gomme le terroir, paradoxalement d’ailleurs ;-), toute sincère que soit leur démarche.

    Amicalement Matthieu

    Pupi
    Participant

    Assez d’accord sur le fait que pour beaucoup (je pense) de vignerons, c’est un « plus » marketing, parce que c’est en effet la mode

    Que d’inepties….C’est étrange comme on reconnait facilement ceux qui n’ont jamais entendu un vigneron parler de son travail…Icewater lâche un peu les guides et va lire un peu sur le travail de la vigne (Bio ou non bio d’ailleurs)

    La plupart des vignerons que j’ai cité travaillent comme ça depuis le milieux des années 90…

    Quant à leur capacité de vieillissement il n’y a qu’à goutter des vieux vins d’Overnoy ou de Pacalet pour comprendre…

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