› forums › A propos … › ça devient infernal !
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1 1, le il y a 12 années et 1 mois.
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Cela devient de plus en plus difficile d’éviter les déviances, les faux goûts ou les mauvais goûts et personnellement, j’en ai assez.
On peut sans doute faire un travail respectueux de la nature et en même temps respectueux des consommateurs.Il devient également de plus en plus difficile à un vigneron qui veut vivre de ne pas faire sa cuvée sans soufre, parce que c’est la mode et même si c’est contre ses convictions : faut bien manger. Je l’ai encore éprouvé dernièrement en visitant un producteur pourtant très sérieux.
Rien que cette semaine : le sauvignon de Touraine du Tue Bœuf, caricatural d’acétate et d’oxydation, le Mauzac nature de Plageoles qui sent la serpillière, le sec 2012 Part d’Avant très acétate, un doux de Gaillac qui laisse une sensation de rouille dans la bouche pire que si on léchait une poutre en fer.
Je veux boire du vin qui a la gueule de l’endroit et non pas la sale gueule de son process. C’est finalement aussi caricatural que le vin bodybuildé / boisé des années Parker.
Stop !
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- 25 février 2014 à 14h41
Pour rebondir sur ce que dit Benji je dirais que la mode nature à tendance à me rendre parano lorsque je bois des vins de bonnes réputations de longue date.
Exemple d’un CDJ 2008 de Macle qui m’évoquait l’acétate (d’éthyle si je ne m’abuse) au travers d’une note de colle blanche qui gachait le tableau.
Je me suis dit: « non! pas chez eux! »
Après je ne sais pas d’où vient ce défaut et si on commence à jouer avec les doses de soufre chez Macle (mais vous allez peut-être m’éclairer), voilà pourquoi je parle de parano.- 25 février 2014 à 15h19
ah oui, j’ai aussi oublié le Noël de Montbenault 2005 flingué lui aussi.
mauvaise semaine…- 25 février 2014 à 15h25
Enzo a dit l’essentiel : réduire ou supprimer le soufre qu’on n’utilise pas pour rien depuis si longtemps, n’a de sens que si l’hygiène est au niveau dans tous les secteurs du processus.
Quant à ceux qui aiment ces goûts déviants à un prix de malade, du moment qu’on m’oblige pas à les suivre…
- 25 février 2014 à 15h37
sans parler de ceux, et ils existent, qui vinifient sans soufre pour surfer sur la vague et qui polluent leur sol à fortes doses de pesticides.
j’aimerais quand même qu’on reparle un peu plus de la typicité : n’avez vous pas l’impression qu’on reconnait facilement le process dans ces vins plus que l’origine ?
- 25 février 2014 à 15h45
j’aimerais quand même qu’on reparle un peu plus de la typicité : n’avez vous pas l’impression qu’on reconnait facilement le process dans ces vins plus que l’origine ?
c’est l’evidence même pour moi, on met le nez dedans et on sait si c’est « nature », même s’il n’y a pas de déviance.
cela uniformise, comme les élevages trop poussés, comme les macérations carboniques. le sans soufre ou trop peu de soufre fait que tous les vins se ressemblent, ce qui n’empêche pas de se régaler pour certains quand il n’y a pas de déviance.- 25 février 2014 à 16h01
Enzo, Jérôme,
Aligné 100%… On met le nez dedans et dans la majorité des cas, on a identifié le process, encore la semaine dernière sur une dégustation de cabernet de Loire.
Après parfois, cela donne de grand vin mais dans 90% des cas ce n’est pas « abouti » en ce qui me concerne
Amicalement Matthieu- 25 février 2014 à 18h24
C’est donc pour ça que tu t’es mis au Tariquet Jérôme ? 😉
Si les cavistes proposent de plus en plus de vins « nature » ou peu protégés, il faudrait aussi qu’ils soignent davantage leurs conditions de stockage, souvent calamiteuses pour ces vins « fragiles ».
Pour ma part, je n’ai ni les moyens ni l’envie de jouer à la roulette russe ! Et pourtant j’ai eu quelques belles surprises parmi ces vins au niveau des rouges, en revanche pour les blancs………….Médéric
- 25 février 2014 à 18h32
les cavistes « néo-bio » suivent la tendance et les demandes de leurs clients…
sont-ils tous exigents niveau qualité ? pas si sur !- 25 février 2014 à 19h44
[i]Altau écrivait:
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> Enzo a dit l’essentiel : réduire ou supprimer le
> soufre ………… n’a de sens que si [b]l’hygiène est au
> niveau[/b] dans tous les secteurs du processus.[/i]Ca ne suffit pas. Le bouillon de culture dans le moût existe, il est dur de passer à côté.
Quand tu fais un vin a un pH moyen ou élevé, l’absence de bactériostatique conduit inévitablement à la catastrophe, c’est juste une question de temps. Parce que ces pH là conviennent parfaitement à un paquet de bestioles d’altérations.
Il est vrai qu’à pH bas, les risques de soucis existent mais dans des proportions moins inquiétantes. Ce n’est pas un hasard si les nom de Ganevat / Overnoy reviennent souvent dans les messages précédents. Mais le savoir faire ne suffit pas: faites leur faire du sans soufre sur un rouge sudiste pour voir……- 25 février 2014 à 19h57
Cette mode est énervante, j’en conviens volontiers. Néanmoins, je ne pense pas comme pourrait le laisser croire ce fil de discussion que c’est devenu le mode de production par défaut. Je n’ai aucun mal à trouver du vin soufré et qui me plaît. Si on regarde le rapport entre le volume produit des vins natures et celui de la production totale , je crois qu’il n’y a pas grand chose à craindre. Quelqu’un a ce chiffre d’ailleurs pour infirmer ou confirmer la conjecture que je viens de faire ?
- 25 février 2014 à 20h07
monlogin99 écrivait:
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> Cette mode est énervante, j’en conviens
> volontiers. Néanmoins, je ne pense pas comme
> pourrait le laisser croire ce fil de discussion
> que c’est devenu le mode de production par défaut.
> Je n’ai aucun mal à trouver du vin soufré et qui
> me plaît. Si on regarde le rapport entre le volume
> produit des vins natures et celui de la production
> totale , je crois qu’il n’y a pas grand chose à
> craindre. Quelqu’un a ce chiffre d’ailleurs pour
> infirmer ou confirmer la conjecture que je viens
> de faire ?Sans doute, mais si tu ne tiens compte que des vins auxquels vont s’intéresser les amateurs et autres passionnés, le % sera certainement plus conséquent.
Olivier
- 25 février 2014 à 20h33
Mais le savoir faire ne suffit pas: faites leur faire du sans soufre sur un rouge sudiste pour voir……
ça c’est certain, suffit de voir les deviances en millésime chaud et notamment les bretts, ça pullule. Dans le sud, vaut mieux privilégier les millésimes frais en « nature ».
- 25 février 2014 à 21h03
Je pense également malheureusement que la « mode » est là: j’ai été invité à déjeuner semaine dernière au restaurant Saturne à Paris (proche Bourse): resto de bon niveau, très bobo, très nature, avec une carte de vins importante, avec que des vins natures ou presque. Je prends un verre de chenin de Loire, producteur inconnu: vin trouble notes de pomme prononcé, en bouche impossible de déterminer le cépage, grosse acidité, vin dissocié, bref pas bon.. Mon hote aime, me disant que c’est vraiment ce type de vins qui lui plait maintenant.
Choix d’un rouge au verre: la sommelière annonce un mourvèdre très « nature » du Roussillon, je lui demande si les notes sont très animales: elle me répond oui je n’ai pas pris le risque 😉
Je suis parti sur un grenache Rhone Sud qui lui, se tenait correctement même si ce n’était pas transcendant.;Le resto était plein, beaucoup venait pour le vin, donc la clientèle est là: cela ne va pas aider à voir certains vignerons faire marche arrière sur le sujet..
Arnaud
- 25 février 2014 à 21h09
Bienvenu à Paris Arnaud 😀 Le phénomène s’est amplifié ces derniers temps je trouve car des bars à vins cela s’est étendu aux cavistes. On pourrait croire à de la caricature du citadin en mal de « terroir », mais c’est hélas bien réel 😎
Marc
- 25 février 2014 à 21h43
Je partage avec ceux qui partagent et Bettane avec.
Pour ma part, la première qualité que je demande, c’est la pureté.‘C’est la Nature qui a décidé du goût donc c’est le bon puisque la Nature fait seulement les choses Bien.’
Tiens voilà une maxime que l’on apprend à nos enfants : ‘la nature fait bien les choses’ qui amène des représentations fausses. La nature élimine quand c’est mal fait donc forcément, il ne reste que le bien fait, c’est à dire, capable de survivre.
La nature ne fait pas de vin, c’est l’homme qui en fait et c’est l’homme qui le déguste donc subir la dictature de la nature car le mot est à la mode me fait …….
Le soufre, c’est naturel ou pas ?
Jmm
- 25 février 2014 à 22h12
Ma conclusion sur les natures que je ne découvre que depuis peu est la même qu’évoquée par Jérôme : souvent « ça peut être n’importe quoi (quel cépage) de n’importe où. »
Et ce n’est pas ce que je cherche.Mais quand ce n’est pas déviant, est-ce que c’est réellement meilleur que le même avec juste ce qu’il faut de souffre ?
- 25 février 2014 à 22h29
[i]lbb.contact écrivait:
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> est-ce que c’est réellement meilleur que le même avec juste ce qu’il faut de souffre ?[/i]Pas vraiment.
La marque de fabrique gustative de ces vins ( avec ou sans défauts ) repose surtout sur des élevages a minima, plus l’absence de collage et de filtration,. Globalement, quand c’est bien fait, ça ressemble un peu à ce qu’on peut goûter en cuve en début d’élevage chez beaucoup de monde en « conventionnel ».
Quand il y a élevage significatif en « nature », généralement, je passe mon tour et je m’abstiendrai de commentaires. 😀- 25 février 2014 à 23h51
Je prends un verre de chenin de Loire, producteur inconnu: vin trouble notes de pomme prononcé, en bouche impossible de déterminer le cépage, grosse acidité, vin dissocié, bref pas bon.. Mon hote aime, me disant que c’est vraiment ce type de vins qui lui plait maintenant
Le type même de la daube imbuvable, quoi. Je vois pas comment on peut avaler ça, à moins d’être coincé en plein désert et de n’avoir rien d’autre à se mettre sous la glotte. Le pire, c’est quand vous dites ça à un serveur et qu’il vous regarde comme un ouistiti tombé d’un cocotier. C’est clairement une mode à la noix (y en a) pour les mangeurs de sushi qui ne jurent que par le fromage au lait cru mais tombent dans les vapes à la vue d’un asticot.
- 26 février 2014 à 0h51
Personnellement, j’ai l’impression que ça commence à « filtrer » : les vins nature que je tente sont de moins en moins mauvais pour ma part, après je sélectionne aussi sans doute pour cela… J’évite les essais sur les producteurs qui font cela depuis peu, et où l’approche rigoureuse et pro semble « légère », c’est à dire plus dogmatique que techniquement étayée.
Je pense (j’espère !) que dans les années à venir, ne firont par rester que les meilleurs, et que le « perpétuellement déviant » finira par disparaître.
Je me réjouis en tout cas de ces vins différents (je n’aime pas trop le terme nature, dont la frontière est vraiment subjective), qui lorsqu’ils sont réussis apportent un plaisir rare et intense pour ma part, que je ne retrouve pas forcément autant dans des vins plus conventionnels. Que de bonheur de boire des Ganevat, Richaud, Mas del Perie, Gramenon, Overnoy, et autres. De merveilleux vins, pour lesquels les producteurs me donnent l’impression de tourner le dos à l’agriculture et à l’agroalimentaire productivistes et parfois malsaines, avec bon sens et rigueur, sans aller trop loin. On rejette le mauvais, mais on essaie de garder le bon.
Par contre, carton rouge pour les domaines produisant des breuvages qui nécessitent d’ouvrir systématiquement 3 bouteilles pour en avoir une correcte… Je n’ai aucune complaisance pour des vins qui présentent plus de déviances que la moyenne de ceux usant des apports de l’oenologie moderne. Sous prétexte de nature, il me parait inacceptable de justifier une proportion de bouteilles déviantes plus importante que la normale.
Certains vins plus conventionnels me laissent désormais parfois sur ma faim, ou plutôt ma soif ! Bien que sans défaut et même bons, c’est de l’ennui que je ressens sur certaines bouteilles. Le seul Trimbach Frederich Emile bu pour moi par exemple, un 2004 : aucun défaut, un sacré riesling, mais quel ennui pour moi. A l’opposé, pour rester dans la même région, le klevner d’heiligenstein 2012 du domaine riectsch que je sirote en écrivant ces quelques lignes, ça dépayse !
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