Nemo73

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  • Nemo73
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    De manière moins imagée, on pourrait rapporter la nuance Elstar-Canada faite à une impression de plus ou moins vert ou sucré. Il en est de même pour l’amande blanche et le massepain. Mais la description clinique est peu une illusion. Les goûts au fil des gorgées influent sur l’identification des parfums, lesquels s’il s’agit de fruits par exemple, peuvent être inspirés par la couleur ou le toucher des peaux. Même si l’on s’emploie assez artificiellement à distinguer l’odorat du goût, le référant de l’un et l’autre est en correspondance.

    Nemo73
    Participant

    Vous avez dit bizarre ?…comme c’est bizarre !

    Nemo73
    Participant

    CR: Blanc de Noirs – Egly Ouriet – Janvier 2016

    Nez raffiné où chacune des notes s’exprime en soupir. La pomme en premier, avec un mélange de Canada et d’Elstar et la poire Conférence peu mûre. La typicité du vin bourru pour son extrême fraicheur de jus de raisin, puis vient un soupçon d’amande blanche rehaussée de massepain. Cette finesse toutefois n’exclut pas le caractère. Un broux de noix frais et évident s’impose sans amertume. Le fond de verre est une merveille de fraicheur champenoise, avec un fruit blanc acidulé qui ne se nomme pas, lequel flirte avec des fruits secs pas si embryonnaires que ça finalement. Je n’ai pas eu le plaisir de goûter Rachais 2008 mais mon imaginaire imbibé de lectures lpviennes m’y fait songer. De ce point de vue ce dernier devrait être plus marqué par la pomme et l’oxydatif ! A vérifier.

    La bouche nom de dieu, venons-y ! Quelle intensité, quelle fraicheur ! L’aromatique est persistante. Elle est celle déjà citée avec une pointe de fruits rouges. C’est vineux au possible, les fruits secs sont évidents. La longueur en bouche est remarquable. L’acidité est particulièrement tranchante. La bulle est fine, l’effervescence tempérée.

    Un très bon champagne, vineux et finement oxydatif. Le prix reste en-soi déraisonnable, je ne renouvellerai pas.

    [URL=https://www.casimages.com/i/161225075406691139.jpg.html][IMG]https://nsa37.casimages.com/img/2016/12/25/mini_161225075406691139.jpg[/IMG][/url]

    Nemo73
    Participant

    CR: Chablis Grand Cru Blanchot 2008 – Domaine Servin

    Le nez est moins précis que sur la bouteille qu’on m’a fait goûter tout à l’heure et qui m’a poussé à acquérir cette autre ! Mais je penche d’avantage pour un besoin d’aération…ce qui se confirme. Fruits jaunes acidulés salivants, crayeux, marée basse, algues, ce qu’il faut de serpillère et boum en plein milieu des notes profilant vaguement la truffe, à l’image d’un chenin du même âge (Taille aux Loups ? sans le coing qui lui sied). Celle-ci s’alliant à quelques soubresauts pistache. Beaucoup de fraicheur sur verre vide.

    Bouche assez puissante en effet comme le précisait un dégustateur sur Cellartracker, et je pense que j’ai été séduit par cet aspect au moment de la dégustation, que j’ai confondu avec une manifestation de la matière. Cette dernière est bien là mais on ne pourra rien reprocher à l’acidité qui tranche sévèrement à mon grand plaisir et apporte une longueur spécifique qu’il faut bien dissocier de l’intensité musculaire. Très beau gras riche mais nerveux. Pas d’amer net à l’horizon.

    Plus d’acidité préservée que sur Preuses Fèvre du même millésime mais moins d’harmonie, de finesse et de complexité que sur Vide-Bourses Colin.

    Un millésime donc puissant chez Servin mais bien sculpté aussi, qui a évolué assez vite pour offrir une aromatique pour le moins secondaire.

    Du plaisir sur cette bouteille.

    Nemo73
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    Toutes les photos issues de hostingpics semblent avoir disparu des anciens messages apparemment !

    • in reply to: Le Cidre
    Nemo73
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    CR: Cidre Or & Ange 2012 – Le Brun

    Une envie ce soir de bonnes galettes de sarrasin bien dodues avec de l’emmental fondu, du beurre salé (j’en avais arrêté totalement la consommation qui devenait excessive !) et du bon jambon bien sec. Et puis j’ai pas résisté pour une ‘tite bouteille de cidre ! Retour dans les rayonnages pour choisir quelque chose qui ait du caractère ! Les industriels « Reflets de France » mis bêtement de côté par principe (sûrement très bons aussi !), je tombe sur cette cuvée des cidreries Le Brun qui affiche 7%vol. Je me dis, tiens, ça devrait avoir un peu plus de corps que les autres, allons-y !




    L’étiquette n’affiche pas le terme « brut ». Le nez sent bien la pomme (si si !). La bouche a parfaitement goût de pomme (mais oui !). Le fruit sans plaisanter, offre énormément de douceur. C’est très mûr, un poil trop « gourmand ». Mais l’acidité emmène bien pour un cidre. Matière très très légèrement « tannique », ceci pour signaler que le cidre n’est pas ici que rondeur. Aucune amertume toutefois. Belle finale qui offre un début d’ampleur. A boire pas trop froid justement pour le ressentir. On nage dans la douceur,

    C’est pas mal, hormis la jeune bigoudène sur l’étiquette qui me fait pitié avec son blaire explosé ! A moins que ce soit un défaut de perspective sur la partie droite du visage. Les risques de l’impression industrielle malgré tout ! Passionnant ce que je raconte…


    Nemo73
    Participant

    Ah le clitopile ! Veiller à ne pas le confondre avec le mal nommé entolome livide de teinte plus jaunâtre. Ses lamelles présentent davantage de fermeté et l’âge venant, il développe un mamelon. Ca met en appétit !

    Nemo73
    Participant

    Découvert par hasard ce soir chez un traiteur italien, ce raisin Fragola est une découverte gustative assez étonnante. En effet il offre des arômes de fraise des bois très marqués, matinés de litchi et de notes un peu exotiques comme le fruit de la passion peu mûr. Les grains, bien sphériques, de petite taille et plutôt resserrés en grappe, sont couverts d’une pruine plutôt copieuse. La pulpe d’une couleur de jade pâle, se sépare aisément de la peau, laquelle est un peu trop épaisse pour la dégustation. Elle est assez gluante en bouche ! Un ou deux gros pépins, qu’on s’empresse de cracher car ils sont un peu trop présents.

    L’acidité est très belle mais semble, bien qu’assez sucrée en réalité, beaucoup plus élevée en proportion que sur du muscat. Rien à voir.

    Il s’agit d’un de ces fameux cépages interdits qui produisent du méthane en cours de vinification (croisement Vinifera et Labrusca). Synonyme je crois du Noah et de l’Isabelle…

    Vachement bon et frais !



    Nemo73
    Participant

    Il reste donc du boulot !
    …de démystification ça c’est sûr ! Mais tu as l’air d’oublier que cela demande des moyens financiers très conséquents ! Ca n’est pas donné à tout le monde d’aller si vite en besogne !

    Car croire tirer la vérité d’un domaine à partir d’une seule bouteille est soit d’une confondante naïveté, soit d’un orgueil assez démesuré.
    Certes, en même temps je ne dis pas c’est bon ou ça ne l’est pas. Je dis juste que ce Chardonnay ne vaut pas plus que son prix d’origine et que les cours du marché concernant tous ces domaines hyper spéculatifs, entretenus par le snobisme aveugle d’une clientèle mondiale pouvant dépenser sans compter, sont insensés. Il suffit de le « comparer » à un Vent d’Ange 2012 de Pico pour s’en assurer.

    Et c’est bien ce qui fait toute la difficulté de vins qui deviennent de plus en plus inaccessibles et donc de moins en moins consommés pour ce qu’ils sont que pour ce qu’ils représentent d’attentes souvent illégitimes pour ce que la bouteille a à donner.
    Je suis bien d’accord. C’est bien dommage que le commun des mortels ne puisse apprécier ces vins pour ce qu’ils sont, en bon esthète. Les montagnes d’argent qu’il faut pour y accéder les corrompent au point d’en rendre la dégustation complètement biaisée. On devrait nationaliser ces vignobles et distribuer des tickets de rationnement, ce serait plus équitable !

    Nemo73
    Participant

    Il me semble évident que faire entrer le prix du vin pour juger de sa qualité est une idiotie. S’il y a bien une chose qui doit rester dans l’absolu, c’est notre jugement sur la qualité d’un vin.

    A moins d’être nanti, la position d’esthète me semble difficile en ce qui concerne le vin.

    C’est bien vous qui racontiez avoir acheté un simple bourgogne de JF Coche à 60 euros, non?

    C’est un bon exemple ! J’avoue sur ce coup-là avoir pêché…en profondeur ! 😀 (Objectivement ça ne valait pas plus de 15-20 euros, bien que très bon. En d’autres termes ça valait ce que ça vaut au domaine mais pas plus)

    Mais quand même pour ma défense, contrairement au snob indécrottable qui va réitérer son achat (et entretenir véritablement la cotation internationale de l’étiquette) parce qu’il est convaincu qu’en l’ayant dans son verre (quelque soit le plaisir gustatif pris sincèrement avec au final – mais parler sincérité concernant ce genre de spécimen ?!!!), il « en fait partie »…du beau monde, moi je n’y reviendrai plus…du moins sur un Coche du commerce. En l’achetant, je m’suis demandé: « Bon, mais qu’est-ce qu’il a ce vin pour attirer les foules, nom de non ? » Ca restait une dépense faisable, j’ai voulu connaitre la vérité par moi-même. Et je l’ai pris ! (en y croyant qu’à moitié déjà !)

    Voilà l’histoire !

    Franchement, j’en ferai peut-être d’autres des écarts mais j’y crois de moins en moins à chaque fois (au fait que les prix en réponse à la qualité sont toujours légitimes). Jusqu’au jour où j’aurais fait mon apprentissage et où je boirai juste.

    Mais je ne me sens pas tellement concerné par le snobisme, qui est à mon sens responsable des cotations démentes qu’atteignent les « grands » vins.

    Nemo73
    Participant

    La qualité du vin est ce qu’elle est, que les vins soient achetés sur place ou pas.

    Oui enfin, on joue un peu sur les mots là ! Etant donné que le vin n’est pas offert, la valeur marchande est nécessairement liée à l’appréciation de sa qualité.

    J’ai beaucoup de mal à assimiler que le marché des vins « côtés » entretient sa santé du seul fait du snobisme ! Sans doute un reste de romantisme idiot, mais c’est une réalité. Rien que de l’esbroufe, mais ces gens sont contents !

    Nemo73
    Participant

    Personne ne remet en cause la qualité des vins du domaine lorsqu’ils peuvent être achetés sur place.

    La question était surtout de comprendre comment la côte peut-elle se hisser si haut alors qu’au prix atteint, la qualité du vin est forcément voué à la déception. La réponse: le snobisme, valeur profondément inhérente au monde du vin, point !

    Nemo73
    Participant

    FGsuperfred écrivait:
    ——————————————————-
    [quote= »avec l’étiquette devant les yeux, c’est tout de suite meilleur… »] [/quote]

    C’est clair !

    Le snobisme, c’est vraiment un truc de fou ! Et dans le monde du vin, attribut bourgeois par excellence, n’en parlons pas !
    Mais bon, tant mieux pour le commerce ! et comme les snobs sont contents de balancer leurs liasses dans le caniveau pour des trucs qui semblent les flatter, tout le monde il est content !
    Ca m’empêche pas de boire très bon pour un prix raisonnable mais c’est vrai que ça prend plus de temps !

    Nemo73
    Participant

    FGsuperfred écrivait:
    ——————————————————-
    [quote= »on sait tous que les cotes ne veulent rien dire quant à la qualité du vin en lui-même…comme trop souvent les vins sont jugés sur une réputation supposée et non sur une qualité réelle »]
    [/quote]

    Si on considère que ces vins hyper-spéculatifs déçoivent quasiment à chaque fois quand ils sont achetés au prix de leur cotation, cela laisserait entendre qu’ils ne sont acquis que par des « curieux » dont c’est le premier essai. Le bon sens me fait penser qu’il n’y reviendront pas deux fois. La côte se construirait donc grâce à l’ingénuité d’amateurs dupés, naïvement éblouis par la prose bien affûtée des médias (au sens large).

    Mais comment la réputation, et la côte surtout, parvient-elle quand même à se maintenir (et se hisser en plus !), alors que les déçus sont en toute logique aussi nombreux ! Cela devrait quand même avec le temps porter un sale coup aux louanges disproportionnées qui sont véhiculées par les journalistes et les cavistes qui en font commerce. Mais non !!! :S

    Nemo73
    Participant

    Un article de 2008 paru dans Men’s Vogue sur les frasques de Kapon et sa clique !!!

    ici

    Aurait pu s’intercaler quelque part dans le « Loup de Wall-Street » !

    Entre autre:

    « It had been five hours since we’d finished a three-course meal from chef Shea Gallante, so Big Boy ordered six dozen hot dogs from his favorite East Village stand and six pizzas from Lil’ Frankie’s, all washed down with an $850 1990 Jaboulet Hermitage La Chapelle ».

    Effectivement le vocabulaire de Kapon pour décrire les vins est moins classique que celui d’un Parker !!! avec par ex: « 

    Nemo73
    Participant

    Vous les trouvez où ces cr de Kapon, ça à l’air croustillant ! (:D

    Nemo73
    Participant

    Vraiment sympa à lire ce livre de bord !

    Nemo73
    Participant

    Fabien Humbert au sujet de « Vendanges » dans la RVF: « Car tout y est…La distribution des sécateurs, le travail harassant »

    Oui enfin, ça reste la plus belle partie partie de l’année, il fait beau, les vignes sont pleines de fruits mûrs, on récolte ce qui est la récompense d’une année de travail, l’émulation est là et ça dure que deux petites semaines ! On est loin tout de même de l’ingratitude des travaux à effectuer durant l’hiver (taille et petites façons) quand il pleut et qu’il y a du vent ! Des gens qui font ça toute l’année depuis l’obtention de leur CAP et feront ce boulot parfois toute leur vie en gagnant le smic ou à peine plus ! Mais c’est sûr, c’est moins vendeur comme sujet, trop austère pour intéresser le producteur lambda ! Bien que…un Raymond Depardon ou Alain Cavalier peut-être, sauraient capter toute l’humilité de ces vies tant anonymes que rudes mais ô combien authentiques.

    « Sans être un manifeste, le film se veut plus social car on comprend que la crise, ici comme ailleurs, a frappé, et que ces gens ont besoin de la paie des vendanges pour vivre. »
    Il n’y que les bobos en mal passager de verdure qui vendangent gratos pour le fun !

    Nemo73
    Participant

    C’est pas gentil pour ces pauvre Hébus !

    Description Wikipédia: « [i][color=#3300CC]N’étant pas humain, Hébus ne possède pas de pouvoir magique, bien qu’étant de Troy. Néanmoins, c’est un Troll, ce qui le rend assez dangereux pour compenser son absence de magie. Il est beaucoup plus fort et résistant qu’un être humain, et sa mâchoire particulièrement solide lui permet de dévorer presque n’importe quoi. Son urine est suffisamment acide pour dissoudre l’acier, la chair et les os2.

    Néanmoins, Hébus possède deux faiblesses majeures : d’abord, il peut être enchanté par un ennemi et est alors obligé d’obéir à ce dernier. Ensuite, comme tous les trolls, il est réticent à aller dans l’eau, dont il a horreur, car elle pourrait le laver. Et donc lui faire perdre ses mouches.[/color][/i] »

    Nemo73
    Participant

    Pour m’expliquer mieux, je prends l’exemple des amateurs, considérés probablement comme passionnés, qui se font avoir en achetant des bouteilles sur des sites internet, bouteilles dont ils ne verront pas la couleur. Et là, comme ils sont passionnés

    Passion, passion, passionnés, passionnés…faut arrêter avec cette idée romantique de passion autour du vin ! Comme s’il y avait quelque chose de constructif là-dedans en dehors du plaisir immédiat de jouir d’un liquide dont l’acquisition est loin d’être permise à tout le monde (euphémisme pour ne pas dire réservé aux privilégiés qui peuvent dépenser au-delà du nécessaire au quotidien). C’est comme si on parlait de passion au sujet d’une ado (marche aussi au masculin) qui passerait son temps à s’acheter des fringues…Faut pas tout mélanger non plus !

    Adorer la montagne et passer son temps libre à randonner en altitude, culbuter les jupons, écrire des truc personnels, dessiner ou que sais-je encore…là ok, on pourrait parler de passion le cas échéant. Mais boire du bon vin et penser qu’à ça…n’a pas grand chose à voir avec l’idée que je me fais de la passion. J’appellerais ça plutôt un privilège.

    Alors riche ou pas, si un gars se fait avoir au cours d’une transaction pour du pinard, c’est pas ça qui va me faire verser une larme !

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