Stanislas Korst

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  • Stanislas Korst
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    CR: Domaine Jean-Michel Gerin – Saint-Joseph, 2020

     

    Joli nez, de bonne intensité, riche, sur les fruits noirs, la mûre en particulier, et quelques notes lactées. C’est jeune bien sûr, dans un style moderne, à l’élevage ambitieux. A J+3 j’ai l’impression d’avoir davantage à faire à un vin languedocien que nord-rhônadien, et je crois y discerner de petites notes de garrigue, ce que Mme semble confirmer de son côté aussi.

    On retrouve en bouche ce côté fruits noirs enrobé d’élevage. Bouche gourmande, en puissance et plutôt juteuse, avec une belle amplitude.
    Ca chauffe un peu en finale, mais l’ensemble reste de bonne facture.

    Garde : à boire 

    Stanislas Korst
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    Les vins de Noël

    CR: Domaine Vincent Dureuil-Janthial – Rully Premier Cru – Vauvry, 2019 

    Pour innover cette année, nous faisons l’impasse sur le saumon pour le remplacer par une création du chef Raphaël Vionnet à Thonon-Les-Bains, homard et trompettes. Ah, du homard… Difficile de ne pas repenser à notre déjeuner fabuleux chez Georges Blanc.
    Direction la cave : ce plat réclame un grand Bourgogne pour l’escorter et aucun autre que Dureuil-Janthial ne paraît être plus approprié pour convenir à la tablée, la même qui avait festoyé chez G. Blanc.

    Quel beau nez, de grande ampleur. On retrouve cet élevage explosif qui enveloppe ce vin à la matière très riche et opulente. Notes grillées, beurrées complètent l’ensemble. La bouche commence riche sur ces mêmes notes, rapidement rattrapée par des notes minérales, fraîches, qui tendent l’ensemble.
    Comme d’habitude, superbe, tout comme l’est l’accord avec le homard : accord met-vin de tout premier ordre.

    Stanislas Korst
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    Les vins de Noël

    CR: Domaine Vincent Dauvissat – Chablis Grand Cru – Les Clos, 2005 

    Dégusté à l’apéritif pour moi, n’étant pas très amateur de bulles. Un simple autre petit verre accompagnera les huitres du Bassin d’Arcachon avec lesquelles personne n’a été malade.

    En voilà un Clos curieux : à l’ouverture, le vin fait montre d’une richesse certaine, certes attendue de ce climat.
    Mais le vin est étonnamment très beurré et dans une moindre mesure vanillé.
    L’ensemble est souligné d’une grande sensation florale.

    Bouche riche et massive à l’attaque correspondant à tout ce qui me déplaît un peu dans le Chablis ! Cependant, une splendide tension citronnée prend le relais dès le milieu de bouche jusqu’à une longue finale.
    L’équilibre s’est donc révélé parfait, et j’ai beaucoup aimé ce vin.
     

    Stanislas Korst
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    Les vins de Noël

    CR: Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande – Pauillac – 1995

    Dégusté en parallèle, mais surtout à la fin, pour lui même. C’est un vin que je connais déjà car dégusté l’an passé , l’effet de surprise est moins là, mais là qualité reste.

    Je peux reprendre mot pour mot ce CR.
    Nez classique et hautement délectable, de cassis, de cèdre, de tabac.
    L’ensemble est profond, très classe et élégant. La bouche est veloutée et ample.
    Le Pauillac en dentelles, qui en a encore sous la pédale.
     

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël

    CR: Domaine Mathilde et Yves Gangloff – Saint-Joseph (rouge), 2017

    Ouvert 3h avant, et épaulé 1h dans cet intervalle.

    Yves Gangloff nous avait confessé, dans le joyeux brouhaha du marché aux vins d’Ampuis, qu’il dégustait ses St Jo entre 6 et 8 ans. Ce n’était pas tombé dans l’oreille de sourds, nous avons lorgné sur cette bouteille le réveillon précédent et avions jugé sage de lui laisser une petite année de plus.

    Nez magnifique, profond, puissant, racé, de fruits noirs très légèrement lactés, du poivre à gogo (comme dans mon assiette). La bouche est charpentée, poivrée, intense et procure énormément de plaisir. Le sentiment cependant qu’elle est encore un chouilla renfrognée.

    Quelle superbe bouteille, il faut la déguster sur ce profil-là, mais je suis persuadé en revanche – et je ne suis pas un ayatollah de la garde – qu’il manque une petite année ou 2 pour qu’elle accède à l’harmonie absolue.

    En attendant, les senteurs du gigot confit, rehaussé d’un peu (beaucoup) de poivre noir du moulin, mêlées aux parfums intenses et puissants de ce St Jo resteront comme l’un des grands moments de gastronomie de cette année.

    Stanislas Korst
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    Les vins de Noël

    CR: Domaine E. Guigal – Condrieu – La Doriane, 2020

    Bue sur 3 jours sans grande évolution, et notamment ce soir du réveillon donc, pour accompagner une belle tranche de foie gras. J’ai voulu cette année rompre les traditions du traditionnel couple Sauternes-Foie gras et cette belle bouteille me paraissait être une Maîtresse idéale pour ce dernier.

    Cette Doriane est un cadeau offert à ma compagne au Noël de l’an passé. J’ai voulu ouvrir ce vin jeune pour profiter de son explosivité, soit le profil qui nous plaît tant lorsque nous la dégustons lors de divers salons.

    Nez exubérant dans le bon sens du terme, qui dévoile d’intenses parfums de pêche, de vanille d’élevage bien dosé, sur un fond minéral. La bouche se montre disciplinée : on retrouve ces notes de pêche dans une texture très ample voire huileuse, mais bien équilibrée, avec une sensation rocheuse et ce qu’il faut de tension.

    Très joli vin.

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël 

    CR: Domaine Gérard Duplessis – Chablis Premier cru – Vaillons, 2018

    Invité dans ma belle famille, je suis venu notamment avec un joli Premier Cru. Jolie bouteille qui a provoqué chez moi deux regrets : le premier, mais indépendant de sa volonté, de devoir se limiter à un verre, prenant le volant dans la foulée du repas ; le second, d’avoir ouvert certains Chablis de ce producteur, mais aussi d’autres, trop tôt… Déjà dit précédemment, je ne suis pas un ayatollah de la garde mais celle-ci me paraît incontournable pour mon goût en Chablis. Ah, mais si on avait une place illimitée en cave aussi, les choses seraient plus simples… 

    En tout cas, ce vin cause bien mieux que ma précédente dégustation, et pour 20 balles à l’époque, c’est un super RQP. Les marqueurs chablisiens sont bien là avec un nez citronné et iodé ; j’aime ce climat pour son intense minéralité que j’ai retrouvée bien exprimée ici.

    Très beau volume en bouche, rappelant que nous sommes sur un Premier cru. Belle finale évolutive.
    Le vin prend son envol avec des tagliatelles, homard et aneth.

    Garde : bien maintenant et nul doute qu’il sera encore mieux dans 2-3 ans.

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël 

    CR:  Château Poujeaux – Moulis en Médoc, 1990 

    Pour accompagner des pavés de rumsteck sauce poivre.

    Je poursuis mon exploration du splendide millésime 1990 avec cette bouteille achetée également sur internet. Millésime qui confirme, s’il en était besoin, sa grandeur avec ici un excellent Poujeaux. Peut-être le meilleur dégusté jusqu’alors et en tout cas largement au-dessus du 1988 dégusté il y a 3 mois.

    Très beau nez, tellement bordelais, flamboyant sur les fruits noirs, le cuir, un peu épicé, le sous-bois. L’ensemble est profond et vraiment expressif.

    Seule la fin de bouche un peu courte rappelle que nous ne sommes pas sur les plus grands terroirs du secteur. Mais pour une trentaine d’euros – et je ne parle pas du prix de l’époque – c’est un excellentissime RQP.

    Garde : à boire, mais aucune presse, contrairement au 1988. 
     

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël 

    CR: Domaine Vincent Dauvissat – Chablis Premier Cru – La Forest, 2009 

    En accompagnement d’une tranche de saumon fumé.

    Très beau nez d’un Chablis évolué, avec une typicité que je commence à discerner sur ce climat : à savoir une noble austérité. De fait, au milieu de nombreuses erreurs que l’on peut faire lorsqu’on déguste à l’aveugle, je me souviens avoir réussi à deviner ce climat lors d’une dégustation à l’aveugle au domaine, il s’agissait d’un 2003 de mémoire.

    Pour en revenir à notre Forest 09, on a ici un nez intensément miellé, surtout à J+1, conjugué à des notes de coquille d’huître. La trame globale de ce vin est soulignée par cette noble austérité pré-citée.

    On retrouve ces notes de miel intenses dans une bouche riche, bien dans son millésime, cependant bien contrebalancée par une tension laser.

    Fermé il y a 2 ans, ce Chablis se livre désormais sans complexe pour le plus grand bonheur du dégustateur.

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël 

    CR: Château Thivin – Côte de Brouilly – Zaccharie, 2020

    Dégusté autour d’une jolie fondue savoyarde.

    Un nez pas tout à fait ouvert, malgré 3h de carafe.

    Comme pour le Gangloff, le profil me plaît ainsi (j’aime les beaujolais jeunes), mais là le vin est encore sur la réserve. Pour autant, beaucoup de plaisir : une aromatique autour d’un joli fruit rouge gourmand, principalement cerise, framboise, c’est très joli et classe.

    Garde : à revoir dans 2-3 ans (pour mon goût) 
     

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël 

     CR: Château Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 1990

    En magnum

    Epaulée 1h avant dégustation. Achat sur internet.

    Ce magnum accompagnera de non moins délicieux filets de boeufs Rossini relevés au poivre du moulin, concocté par mes soins. Je m’inspire ici de ma récente expérience au restaurant à Honfleur , et l’envie de le marier à ce Saint-Estèphe était grande.

    Lors de la mise à l’épaule, le vin est étonnamment clairet.

    Mais une fois un verre bien servi, le premier nez confirme que nous sommes en présence d’un magnifique Saint-Estèphe sur des notes puissantes et complexes de cuir, de boîte à cigare, de terre. Tout est en place. En prime, des notes très distinctes de truffe complètent le panorama d’une grande profondeur. C’est un très très beau nez, non en fait, c’est un nez splendide, harmonieux et aboutit.

    Et la bouche ne déçoit pas, on y retrouve les éléments du nez dans une bouche ample et veloutée. Elle s’exprime avec une grande intensité.
    L’ensemble est long et l’accord magique.

    Grand Haut-Marbuzet, à boire.

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël

    CR: Domaine Michel Chapoutier – Châteauneuf-du-Pape – La Bernardine, 2010

    Dégusté il y a 2 ans, ce vin était d’une effroyable simplicité, un Côtes du Rhône tout au plus. Ici, et même si je suis fâché avec le domaine, je prends du plaisir avec ce joli nez de Châteauneuf puissant mais qui montre d’une certaine délicatesse, fondu. Petits fruits rouges, garrigue, épices. Bien au dessus (pour une fois) du C9P Guigal du même millésime dégusté récemment. La bouche est en revanche plus simple et légèrement capiteuse. On prend du plaisir malgré tout. 

    Bouteille agréable, largement surclassée par la Sensonne au cours du repas (ce pourquoi je recommandais à table de la boire en premier).
     

    Stanislas Korst
    Participant

    Les vins de Noël

    CR: Domaine Pierre et Jérôme Coursodon – Saint-Joseph – La Sensonne, 2018

    Epaulée 4h avant service, et carafée 1h30 dans cet intervalle.
    En accompagnement d’un civet de sanglier.

    Nez sur les fruits noirs intenses, qui tire sur le chocolat, profonds, complexes, L’ensemble est soyeux et souligné d’un élevage boisé vanillé encore présent. La matière, enveloppée dans un élevage boisé vanillé très présent mais élégant, est sublime.
    La bouche est soyeuse, charpentée, puissante, doté d’un magnifique équilibre.

    Une sacrée bouteille, la Sensonne est vraiment une immense cuvée de Saint Jo, d’ailleurs les courses sont déjà faites pour le 2022 sans même l’avoir goûté (ce qui est rare).

    Garde : Déjà très bon, mais à attendre, dans 4-5 ans, nous aurons là une admirable bouteille.
     

    Stanislas Korst
    Participant

    Curieux, cette bouteille me paraît être victime du syndrome Clos du Mont-Olivet 2007.
    La même bouteille chroniquée ci-dessus se présentait beaucoup mieux, et se montrait tout à fait expressive. 

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Château Fontis – Médoc, 2015

    En magnum, épaulé 7h à l’avance.

    Un vin au profil différent de celui du 2016 chroniqué plus haut.
    Ce 2015 se dévoile sous un profil plus flatteur et sexy que le 2016, qui paraissait étonnamment plus prêt et fondu. Plutôt jeune, on a un nez de cassis pur et jovial, d’élevage sexy gourmand, vanillé, qui enrobe l’ensemble. Beaucoup de fraîcheur, ce qui assure un nez harmonieux. 

    La bouche propose les mêmes arômes. L’équilibre est assuré par une très jolie fraîcheur là aussi, qui rend l’ensemble digeste et agréable. On retrouve ces notes d’élevage, présentes mais absolument pas putassières, dans une texture soyeuse, douce, et à la finale longue. 

    Vraiment un joli vin, qui offre du plaisir. C’est un magnum que j’aime bien ramener pour être sûr de faire plaisir à tout le monde, du connaisseur au moins connaisseur, en toutes circonstances, comme c’était le cas pour cette soirée du 31.

    Stanislas Korst
    Participant
    Les vins de la semaine de Noël (partie 2)

     Suite des réjouissances.

    CR: Domaine Pierre et Jérôme Coursodon – Saint-Joseph – La Sensonne, 2018

     

    Epaulée 4h avant service, et carafée 1h30 dans cet intervalle.
    En accompagnement d’un civet de sanglier.

    Nez sur les fruits noirs intenses, qui tire sur le chocolat, profonds, complexes, L’ensemble est soyeux et souligné d’un élevage boisé vanillé encore présent. La matière, enveloppée dans un élevage boisé vanillé très présent mais élégant, est sublime.
    La bouche est soyeuse, charpentée, puissante, doté d’un magnifique équilibre.

    Une sacrée bouteille, la Sensonne est vraiment une immense cuvée de Saint Jo, d’ailleurs les courses sont déjà faites pour le 2022 sans même l’avoir goûté (ce qui est rare).

    Garde : Déjà très bon, mais à attendre, dans 4-5 ans, nous aurons là une admirable bouteille.

    CR: Domaine Michel Chapoutier – Châteauneuf-du-Pape – La Bernardine, 2010

    Dégusté il y a 2 ans, ce vin était d’une effroyable simplicité, un Côtes du Rhône tout au plus. Ici, et même si je suis fâché avec le domaine, je prends du plaisir avec ce joli nez de Châteauneuf puissant mais qui montre d’une certaine délicatesse, fondu. Petits fruits rouges, garrigue, épices. Bien au dessus (pour une fois) du C9P Guigal du même millésime dégusté récemment. La bouche est en revanche plus simple et légèrement capiteuse. On prend du plaisir malgré tout. 

    Bouteille agréable, largement surclassée par la Sensonne au cours du repas (ce pourquoi je recommandais à table de la boire en premier).

     CR: Château Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 1990 

    En magnum

    Epaulée 1h avant dégustation. Achat sur internet.

    Ce magnum accompagnera de non moins délicieux filets de boeufs Rossini relevés au poivre du moulin, concocté par mes soins. Je m’inspire ici de ma récente expérience au restaurant à Honfleur, et l’envie de le marier à ce Saint-Estèphe était grande.

     

    Lors de la mise à l’épaule, le vin est étonnamment clairet.

    Mais une fois un verre bien servi, le premier nez confirme que nous sommes en présence d’un magnifique Saint-Estèphe sur des notes puissantes et complexes de cuir, de boîte à cigare, de terre. Tout est en place. En prime, des notes très distinctes de truffe complètent le panorama d’une grande profondeur. C’est un très très beau nez, non en fait, c’est un nez splendide, harmonieux et aboutit.

    Et la bouche ne déçoit pas, on y retrouve les éléments du nez dans une bouche ample et veloutée. Elle s’exprime avec une grande intensité.
    L’ensemble est long et l’accord magique.

    Grand Haut-Marbuzet, à boire.

    CR: Château Thivin – Côte de Brouilly – Zaccharie, 2020 

    Dégusté autour d’une jolie fondue savoyarde.

    Un nez pas tout à fait ouvert, malgré 3h de carafe.

    Comme pour le Gangloff, le profil me plaît ainsi (j’aime les beaujolais jeunes), mais là le vin est encore sur la réserve.

    Pour autant, beaucoup de plaisir : une aromatique autour d’un joli fruit rouge gourmand, principalement cerise, framboise, c’est très joli et classe.

    Garde : à revoir dans 2-3 ans (pour mon goût) 

    CR: Domaine Fréderic Berne – Chiroubles – Les Terrasses, 2020

    Une aromatique similaire au Thivin bu la veille, à la différence que ce Chiroubles se livre, et à merveille. Là aussi une aromatique sur les petits fruits rouges très gourmands. Beaucoup de plaisir, y compris pour le père un peu fâché avec le gamay.

    J’ai beaucoup aimé, comme l’ensemble de la tablée. 

    CR: Domaine Vincent Dauvissat – Chablis Premier Cru – La Forest, 2009 

    En accompagnement d’une tranche de saumon fumé.

    Très beau nez d’un Chablis évolué, avec une typicité que je commence à discerner sur ce climat : à savoir une noble austérité. De fait, au milieu de nombreuses erreurs que l’on peut faire lorsqu’on déguste à l’aveugle, je me souviens avoir réussi à deviner ce climat lors d’une dégustation à l’aveugle au domaine, il s’agissait d’un 2003 de mémoire.

    Pour en revenir à notre Forest 09, on a ici un nez intensément miellé, surtout à J+1, conjugué à des notes de coquille d’huître. La trame globale de ce vin est soulignée par cette noble austérité pré-citée.

    On retrouve ces notes de miel intenses dans une bouche riche, bien dans son millésime, cependant bien contrebalancée par une tension laser.

    Fermé il y a 2 ans, ce Chablis se livre désormais sans complexe pour le plus grand bonheur du dégustateur.

    CR: Château Poujeaux – Moulis en Médoc, 1990 

    Pour accompagner des pavés de rumsteck sauce poivre.

    Je poursuis mon exploration du splendide millésime 1990 avec cette bouteille achetée également sur internet. Millésime qui confirme, s’il en était besoin, sa grandeur avec ici un excellent Poujeaux. Peut-être le meilleur dégusté jusqu’alors et en tout cas largement au-dessus du 1988 dégusté il y a 3 mois.

    Très beau nez, tellement bordelais, flamboyant sur les fruits noirs, le cuir, un peu épicé, le sous-bois. L’ensemble est profond et vraiment expressif.

    Seule la fin de bouche un peu courte rappelle que nous ne sommes pas sur les plus grands terroirs du secteur. Mais pour une trentaine d’euros – et je ne parle pas du prix de l’époque – c’est un excellentissime RQP.

    Garde : à boire, mais aucune presse, contrairement au 1988. 

    CR: Domaine Gérard Dupplessis – Chablis Premier Cru – Vaillons, 2018 

    Invité dans ma belle famille, je suis venu notamment avec un joli Premier Cru. Jolie bouteille qui a provoqué chez moi deux regrets : le premier, mais indépendant de sa volonté, de devoir se limiter à un verre, prenant le volant dans la foulée du repas ; le second, d’avoir ouvert certains Chablis de ce producteur, mais aussi d’autres, trop tôt… Déjà dit précédemment, je ne suis pas un ayatollah de la garde mais celle-ci me paraît incontournable pour mon goût en Chablis. Ah, mais si on avait une place illimitée en cave aussi, les choses seraient plus simples… 

    En tout cas, ce vin cause bien mieux que ma précédente dégustation, et pour 20 balles à l’époque, c’est un super RQP. Les marqueurs chablisiens sont bien là avec un nez citronné et iodé ; j’aime ce climat pour son intense minéralité que j’ai retrouvée bien exprimée ici.

    Très beau volume en bouche, rappelant que nous sommes sur un Premier cru. Belle finale évolutive.
    Le vin prend son envol avec des tagliatelles, homard et aneth.

    Garde : bien maintenant et nul doute qu’il sera encore mieux dans 2-3 ans.

    Bonne année LPV ! 
    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Cave de Tain – Cornas, 2014

    Deuxième bouteille ouverte, elle suit le Delas chroniqué ici.

    La robe est très évoluée, orangée et translucide, si bien que si on m’avait dit, à l’aveugle, qu’il avait 10 ans de plus, j’y aurais crû sans problème.

    Un nez à l’image de la robe : très évolué, sur le cuir, le sous-bois, un côté sanguin. C’est expressif et plutôt agréable.
    La bouche tient la route et ne subit pas le millésime moyen du secteur :  puissante, qui reste fraîche malgré tout et intégralement fondue. Longueur correcte.
    Sans déplacer des montagnes, là non plus, c’était une expérience intéressante que la dégustation de ce Cornas de 10 ans.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Maison Delas – Crozes-Hermitage – Les Launes, 2021

    Bouteille ouverte par mon hôte du jour (non-initié) chez qui nous étions reçu pour le déjeuner. Plutôt content de voir cette étiquette au loin car sans déplacer des montagnes, ça fait le job généralement, surtout pour un vin de GD.
    Par contre, je fronce les sourcils quand je vois 2021. 

    Un premier nez plutôt rassurant. C’est frais, pas très complexe, avec un fruité plutôt dilué et jeune. Cela évoque quand même la Syrah et le Rhône Nord. C’est pas fou, mais plutôt agréable compte tenu du millésime. La bouche en revanche subit de plein fouet le millésime : je pense qu’on peut parler de bouche catastrophique, dénuée de fond et de gourmandise et, surtout, qui fait preuve d’une acidité qui rend le vin tout simplement désagréable à avaler.  

    Dur dur ce millésime…

    Stanislas Korst
    Participant

    J’avais déjà expérimenté cette table il y a 3 ans pour le « simple » menu découverte, nous voici de retour cette fois-ci 3 ans plus tard pour le menu Terre et mer. Le restaurant n’est pas étoilé, mais macaronné Michelin depuis de nombreuses années, ce qui contribue à m’inciter à expérimenter ce menu plus haut de gamme dans cet établissement. Et j’ai diablement bien fait parce que nous avons passé un très beau moment à table, et je parlerai bien volontiers, même, de très belle expérience culinaire.

    Je suis plutôt « tradi » en cuisine, avec la recherche de bons produits nobles, bien cuisinés, et, ici, j’ai été servi. C’était le bal de tous les produits traditionnels que j’affectionne, néanmoins bien modernisés avec beaucoup de choses qu’on ne peut pas aisément faire chez soi. La balance tradition/modernité était donc à mes yeux parfaite, tout comme l’étaient les portions. Rapport qualité-prix à mes yeux exceptionnel pour le cadre, le secteur, et pour tout ce qu’on y trouve dans son assiette. 

    Un mot sur la carte des vins : beaucoup de vieux Bordeaux, le restaurant a une très jolie carte bien fournie de ce point de vue, néanmoins un peu pauvre sur le Rhône Nord. De plus, les prix me sont apparus un peu élevés. Le menu appellant clairement un vin blanc, je pars sur :

    CR: Domaine Hamelin – Chablis Premier Cru – Beauroy, 2019

     

    C’était l’une des bouteilles les moins chères à la carte en blanc (45€). J’avais bu la même il y a 3 ans sur le millésime 2017 et elle m’avait plu. Je souhaitais donc profiter de ce ce tarif honnête tout en étant en terrain conquis et en permettant le bon accord avec le menu.

    Joli nez, expressif, plutôt riche mais sans excès, on est sur les fruits blancs, pas trop d’élevage et une minéralité caillouteuse rafraîchissante, qui nous fait saliver en attendant l’huître. Déjà bien à l’apéritif, la bouche est fraîche, plutôt tonique pour 2019 ce que j’aime bien, et une longueur satisfaisante. 

    Amuse-Bouche

    L’Huitre Krystal, en tartare, caviar, pamplemousse

     

    Quelle belle suite…
    Toute petite fausse note pour mon propre goût : pas trop fan du mariage avec le pamplemousse – ce qui n’était pas le cas de Madame – que j’ai donc mangé à part.
    Bel accord du vin avec l’huitre. Si on veut chipoter – et nous sommes là pour ça – je pense qu’un poil de tension supplémentaire aurait permis l’accord princier. Ce 2019 proposait un poil trop de richesse, ce qu’on ne peut pas lui reprocher. En revanche, le 2017 bu il y a 3 ans aurait pu, là, je pense, permettre cet accord princier.

    Le Saumon, en mosaïque, chou-fleur, nori****

     

    Pas convaincu par le chou fleur croquant.
    Mais quel beau saumon, moelleux, fondant et avec ce qu’il faut de gras.
    Grand produit. 

    La Saint-Jacques, fumée, topinambour, condiment café cajou 

    **** Granité au 44****

    Filet de boeuf, foie gras, feuille à feuille de pomme de terre

     

    Tout ce que j’aime…
    Grand classique de la cuisine française, et sans doute la recette la moins créative mais, fichtre, quelle régalade !
    Le foie gras était exceptionnel et on le devine rien qu’en le regardant. La viande était fondante comme un beurre normand.
    Encore de grands produits. L’accord ne pouvait être que magnifique.
    Le bonheur est dans la simplicité. 

    ****Le Neufchâtel rôti au miel d’acacia

    ****Le Fruit Exotique, feuille de meringue, bavaroise rhum, sorbet mangue pimentée

    Pour conclure je dirai que si depuis un moment je grognonne allègrement sur les tarifications des restaurants, avec finalement un peu l’idée que « mieux vaut manger chez soi », ici je suis reparti avec le sourire et la ferme intention de revenir. Et de fait, nous reviendrons pour sûr lors de notre prochaine escapade normande.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine Jean-Paul & Benoît Droin –  Chablis Premier Cru – Montée de Tonnerre, 2022 

    Dégagée à l’épaule 2 jours avant dégustation, puis bu sur 7 jours.

    Un vin en deux phases. Pendant 6 jours, un vin très élevé, très riche voire opulent, C’est primaire et peu complexe. Je suis déçu, mais bon, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, j’avais envie de voir ce que ça donnait ce climat chez Droin et il paraît qu’il faut les boire vite avant d’oublier de longues années… Faut dire aussi que j’avais été appâté par le CR de Sylvain 

    Au bout de 7 jours sans aucune évolution sur les 6 premiers, voilà le vin métamorphosé : il est comme à nu, dénué de son caractère Beaunois (qui n’est pas ce que je préfère pour du Chablis) et laisse place à un très très belle expression de minéralité ; c’est pur, noble et en même temps gourmand. Et quelle très belle bouche dans laquelle on retrouve cette force minérale qui s’impose (enfin !) aux côtés de notes mêlées, de citron confit, dans une grande longueur. Très beau volume avec un léger gras et une belle allonge, inexistante les jours précédents. Un Premier cru digne de son rang, et même plus. Je suis content d’avoir misé sur ce cheval (même si c’était pas gagné) : j’en ai commandé quelques unes sur ce millésime. 

    Oui, il faut attendre, et si j’en crois les différentes recommandations + cette dégustation, au moins 15-20 ans.

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