Stanislas Korst

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  • Stanislas Korst
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    CR: Château Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 2000 

     

    Simplement ouverte une heure avant.

    Je n’aurais pas ouvert ce 2000 si M. Duboscq ne m’avait pas faire part de ses craintes qu’il se décharne à la garde. A l’ouverture, le nez est très merlot et m’évoque le 2003. Au fil de la dégustation, des notes plus confortables et amples de cuir et de torréfaction, surtout en fin de bouteille, font leur apparition. La bouche est plutôt corpulente, veloutée, mais un tout petit sentiment d’inachevé semble poindre le bout de son nez en fin de dégustation. 

    Un très beau vin malgré tout, surtout au regard du prix payé (une trentaine d’euros).

    CR: Château Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 1995

    Simplement ouverte une heure avant.

    Je n’ai pas résisté longtemps avant de reprendre le pouls de ce 1995. Le bouquet est intense et abouti. Je n’ai pas retrouvé les notes de truffe de ma précédente dégustation, mais l’ensemble est profond, et mieux défini que le 2000. Les notes de fruits noirs profonds et de cuir sont bien présentes, ainsi que de boîte à cigare et de graphite.

    J’ai gardé un tout petit verre pour le lendemain, « pour voir », le vin avait décliné, dévoilant également des arômes de vieux pruneau. Confirmation pour moi de la magnifique réussite pour le château, même si j’ai pris un peu de moins de plaisir que ma précédente dégustation sur ce millésime. Je m’interroge par ailleurs sur un potentiel déclin à venir.

    Superbe.
     

    Stanislas Korst
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    CR: Domaine Vincent Dauvissat – Chablis Grand Cru – Les Clos, 2009

     

    Bouteille ouverte et épaulée 1h avant dégustation, puis bue sur 2 jours. 

    Décidément les 09 goûtent très bien en ce moment chez V. Dauvissat, même sur les Clos dans un millésime très solaire. Chablis logiquement puissant, délicatement beurré, floral. De l’intérêt de boire les grands vins de V. Dauvissat sur 2 jours : ce Clos se montrait beurré et floral le premier jour, et présentait une plus grande tension/fraîcheur le lendemain. Un profil très Preuses, finalement, à J+2 de la dégustation. Un très beau nez, sans cesse en évolution. 

    La bouche est de grande corpulence pour un Chablis, en même temps dotée d’une tension rasoir, claquante, qui provoque une très grande longueur. On y décèle de notes intenses de coquille d’huître et de zeste de citron. 

    Garde : un ado à l’aube de sa vie, à revoir dans 5 ans.

    Stanislas Korst
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    CR: Domaine Laurent et Dominique Courbis – Saint-Joseph, 2019

    Nez complètement fermé à l’ouverture. Et passé en carafe pour y remédier. Toujours verrouillé malgré une belle présence de fruits noirs et des notes d’élevage. 
    La bouche est épaisse mais là aussi verrouillée.

    Le lendemain, dans la carafe le vin est toujours mutique et semble même s’oxyder. 

    Pas grand chose à retirer de cette dégustation.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine de l’Aurage – Côtes de Castillon, 2017

    Dégusté au restaurant, pour accompagner une très pièce de boeuf de Salers. Simplement épaulée 30 minutes avant dégustation.

    Très beau nez, tellement Mitjavillesque sur ce magnifique boisé fin que j’apprécie tant, au service d’un fruit généreux malgré la fraîcheur relative du millésime. Un nez encore jeune, tout à fait expressif, qui me plaît beaucoup.

    La bouche est veloutée, charpentée, équilibrée. Le vin s’exprime malgré la jeunesse, entre le fruit et le boisé. On a une sensation minérale qui apporte de la fraîcheur et équilibre l’ensemble. Petite sécheresse en fin de bouche, rappelant la jeunesse du vin.

    J’adore cette cuvée, même sur 2017 je ne suis pas déçu. Il y a fort à parier que je fasse chauffer la carte à l’arrivée imminente des 2022.

    Garde : encore jeune, mais délicieusement abordable, à revoir facilement en fin de décennie.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine des Ardoisières – IGP Vin des Allobroges – Argile Blanc, 2021

    Bouteille simplement ouverte et dégustée une petite heure dans la foulée pour accompagner une tartiflette.

    Nez très simple à l’ouverture, mais plaisant : c’est la poire qui s’exprime, et une belle sensation minérale, fraîche, qui évoque le sous-sol. 
    La bouche confirme la trame proposée par le nez : la texture se veut très légère, cela se boit très facilement, la poire et le minéral cohabitent bien ensemble.

    Bien, mais un petit peu cher en caviste et un petit manque de répondant face à une tartiflette.

    Stanislas Korst
    Participant

    [b]CR: Domaine Jean-Paul et Benoît Droin – Chablis, 2023

     [/b]

    Prise de température des 2023 à Chablis, pour ce qui me concerne.

    Ouverte et bue sur 3 jours sans évolution.

    Nez très jeune à l’ouverture, sur un côté végétal (herbe coupée ?), bien équilibré par une sensation sucrailleuse et gourmande agréable. Très clairement, le vin n’a pas l’opulence et la générosité de 2020/2022, ils se boiront plus rapidement en attendant.

    La bouche propose un joli volume, un léger gras. Elle commence sur ce côté herbe, avant de gagner en amplitude, puis termine sur une belle tension, dynamisée par des notes citronnées en fin de bouche.

    Un Chablis correct.

    Garde : à revoir dans 3-4 ans.

    Stanislas Korst
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    Merci pour ton retour Philippe. 

    J’aimerais bien goûter un vieil Hermitage Guigal en effet, 2015 étant le premier millésime que j’ai commencé à encaver chez Guigal pour cette cuvée. Malheureusement cela se trouve plus difficilement sur internet, je reste à l’affût d’un potentiel 2012 qui pourrait traîner dans les parages 

    Pour les C9P, qui, certes n’avaient pas 20 ans, j’avoue avoir été de multiples fois déçu par mes dégustations récentes, avec 2015 / 2010 et même 2016. Les convives n’étaient d’ailleurs pas convaincus non plus. Pourtant en effet, les différents retours sont très bons, de mémoire c’est JD-Krasaki qui avait réalisé une très belle verticale, qui m’avait d’ailleurs alléché. 

    Manas/Stan

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine du Cellier des Cray – Roussette de Savoie – Zulime – 2022

    Le nez est expressif, plaisant, quoiqu’un peu simple. On est sur les fruits blancs, pomme et poire, et le sous-sol, dans un ensemble de belle minéralité.

    Bouche fluide, tendue, qui propose une certaine richesse.
    Finale un petit peu courte.

    Un vin de Savoie agréable.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine E. Guigal – Hermitage, 2015

    Voilà un vin que je bois très peu souvent, et c’est bien dommage parce que c’est une cuvée d’un très bon niveau. 

    Compte tenu de sa jeunesse supposée, je décide de l’épauler la veille au soir pour le déjeuner du lendemain. Elle a été choisie pour accompagner une côte de boeuf saisie à la plancha et quelques frites maison.

    Magnifique nez, très jeune pour un vin de 10 ans (certes, c’est 2015 !) profond, et soyeux. Le nez est opulent, flatteur, sur des notes de fruits noirs, mûre en tête notamment, petites notes lactées, enveloppé dans des notes présentes de chêne, de moka. Un vin qui me semble proche du Lieu-Dit dans le style, et à ce stade c’est vraiment très beau.

    La bouche est encore jeune, fruitée, boisée mais sans lourdeur, légèrement tannique et quelque peu sur la retenue, rappelant la nécessité d’attendre un petit peu ce vin dans ce millésime de légende pour le secteur. 

    Garde : un très très beau vin, encore jeune, à ne pas toucher avant 5 ans désormais

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine des Tours – Vin de Pays de Vaucluse, 2019

     

    Bouteille ouverte pour accompagner une épaule d’agneau piquée à l’ail, rehaussée au poivre du moulin et au thym. Epaulée la veille au soir pour le déjeuner du lendemain midi, terminée à J+1 sans évolution.

    Le nez est très ouvert, élégant. Le nez se distingue par sa précision : on est sur des notes très nettes de fraise écrasée, sucrée et gourmande, et en même temps des notes de pot pourri. 

    La bouche est puissante, charpentée, d’un équilibre total car ne tombant jamais dans le too much. Elle se montre plutôt fluide et également en finesse : les 14° ne se sentent pas.

    Garde : Une très belle bouteille, qu’on peut boire dans ce registre fruité / fraise écrasée ou attendre sans doute 5 ans pour des notes tertiaires.

    Stanislas Korst
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    CR: Domaine E. Guigal – Côte-Rôtie – Brune et Blonde, 2004

     

    Bouteille simplement ouverte 1h avant dégustation.

    Joli nez, tout de suite expressif et qui embaume tout mon Lehmann. Il m’évoque la dégustation du 2013 dégusté précédemment, avec des notes de poivre moulu et encore du fruit. L’ensemble se livre avec générosité, se montre profond et de très bonne tenue.

    Ce qui m’a frappé avec ce vin, c’est sa relative jeunesse : à presque 20 ans, cette côte-rôtie semble évoluer très sereinement ; certes on entre dans le tertiaire, mais il n’y a aucune urgence à la boire. Contrairement à 2013 je pense, elle a encore facilement 5 voire 10 ans devant elle. 

    En attendant, la bouche présentait un beau velouté, de l’amplitude (plus que 2013 qui se montrait plus sur la finesse), on a encore de belles notes épicées / poivrées en bouche et une très belle longueur. 

    Garde : à boire ou à revoir dans 5 ans

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine du Monteillet – IGP Collines rhodaniennes – La Syrah à Papa, 2022

    Bouteille ouverte sans préparation particulière.

    Nez tout juste expressif, mais agréable, essentiellement fruité sur le cassis et la myrtille, de la fraîcheur : c’est un nez plutôt léger.
    Bouche de constitution moyenne, dans un registre souple et facile, ce n’est bien sûr pas d’une grande complexité mais cela se boit plutôt bien.

    Une cuvée sans prise de tête qui offre une belle introduction aux vins du domaine.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine Jean-Marc Burgaud – Morgon – Côte du Py, 2022

     

    Bouteille achetée au caveau de Villiers-Morgon une vingtaine d’euros il y a quelques mois, et ouverte hier midi pour accompagner un menu beaujolais-lyonnais : saucisson à cuire, quelques petits légumes et beurre d’Etrez.

    Le nez est tout de suite ouvert. Jeune, il fait montre d’une très belle densité/concentration. On est sur un beau panier de fruits noirs mûrs, quelques notes florales. 
    La bouche est fruitée et tout aussi concentrée, le vin a une belle texture, il y a du fruit à l’attaque et une belle acidité en fin de bouche. 

    Un joli Morgon, et un profil jeune et gourmand, qui me plaît bien. 

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine Pierre Gonon – Saint-Joseph, 2018 

    Un vin sur lequel je lorgnais depuis mon passage au domaine. Je lui aurais finalement laissé presque une année de plus, ce qui n’est pas si mal et qui m’éloigne de l’infanticide.

    Bouteille épaulée en fin de soirée pour le déjeuner du lendemain : entrecôte & pommes de terre sautées à l’ail et au persil. Terminée à J+1 sans grande évolution.

    Autant le dire tout de suite, dès la mise à l’épaule, me voilà directement rassuré : non ce n’est pas « trop jeune », ni fermé et oui, ça annonce une très belle dégustation.

    Le lendemain, le nez confirme en se montrant très ouvert, il marque le dégustateur par sa grande amplitude, son expressivité, sa concentration, sa profondeur et la netteté de ses arômes. On est très clairement sur le coulis de fruit, myrtille en tête, léger olive noire, mais aussi de la violette me glisse Madame. Aucune trace de boisé, c’est un vin sans artifice. Il confirme en cela mes impressions au domaine, celles d’une cuvée de St Jo qui se veut assez pur.

    Le vin possède une grande présence en bouche, une bouche pleine de ce fruit noble, juteux, soyeux. Le toucher de bouche est très beau, et à l’instar du nez, ce vin possède une grande concentration.

    On est très clairement dans un St Jo top niveau, même si je le place malgré tout un petit cran derrière celui de son voisin, Jean-Louis Chave, sur ce millésime en tout cas.

    Garde : à boire ou à revoir d’ici 5 ans.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine Charvin – Côtes-du-Rhône, 2020

    Un vin qui déploie une jolie aromatique faite de fruits noirs mais aussi rouges, fraise en tête, à l’ouverture. La garrigue et un nez solaire, mais équilibré, ancrent immanquablement ce vin sur une terre Sudiste. La bouche est jeune, juteuse, l’alcool est bien présent mais une fois encore bien équilibré.
    Après 3 jours d’ouverture le vin part sur un côté animal, davantage épicé ; l’alcool ressort davantage. Accord fonctionnel avec des Keftas de boeuf.

    Joli Côtes-du-Rhône. 

    Stanislas Korst
    Participant

    J’ai survolé cette histoire d’un coup d’oeil rapide hier après-midi en tombant dessus par hasard, avant de me rendre compte que je connaissais virtuellement le fraudeur, et de la lire plus attentivement. Je le suivais sur instagram depuis un bon moment maintenant, et pour le coup, j’aimais bien ses compte-rendus de dégustation, souvent précis, clairs et jamais dans la frime. Je me demandais toujours comment à son âge on pouvait avoir accès à de tels canons, mais ne pouvais pas suspecter une telle arnaque. C’est à la fois triste et moche à la fois de perdre autant les pédales pour du vin.

    Si on peut bien sûr lui jeter la pierre, on peut se demander aussi ce qui passe par la tête des gens qui dilapident d’un coup tout un héritage familial dans une bouteille de vin dans l’espoir d’une hypothétique culbute…

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine Stéphane Ogier – Saint-Joseph – Le Passage, 2017

    Nez encore très jeune mais très sympa sur les fruits noirs et un peu rouges, touche lactée agréable, et notes de garrigue qui emmènent l’ami qui déguste avec moi du côté du Languedoc. Moi qui ne suis pas à l’aveugle, j’aurais pu néanmoins partir vers ce secteur tant le nez possède des tonalités sudistes.

    La bouche est ample, charpentée, veloutée, belle longueur. Un joli Saint-Jo, qui me surprend par sa jeunesse, avec de la structure et de la gourmandise et qui a été bien apprécié.

    Garde : c’était mon seul exemplaire, on peut les boire ou à revoir d’ici facilement 3-4 ans.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine du Monteillet – Côte-Rôtie – Fortis, 2016

    Une bouteille que je n’ai pas reconnue, tant elle m’a semblé ici effacée et light. Dégustée sur 2 jours, sans trace d’amélioration.

    Nez plutôt jeune, agréable, fin, quoiqu’un peu basique sur le coulis de fruit type myrtille et une pointe de fer. Au premier nez, sans être à l’aveugle, j’identifie davantage la patte du vigneron que l’appellation.

    La bouche est légère, presque fluide. Fluidité qui confine à mon palais à la maigreur : l’intensité des saveurs n’est clairement pas au niveau de l’appellation. Comme le nez, c’est une bouche bien light. Madame apprécie plutôt bien, mais convient avec moi que la fin de bouche s’étiole très – trop – rapidement.

    Très déçu sur cet exemplaire-ci.

    Stanislas Korst
    Participant
    Passage au Château Haut-Marbuzet 

    Pour me faire plaisir, Madame a organisé un week-end surprise à Bordeaux avec, bien évidemment, une visite de châteaux prévue au programme. Dans ce magma de grands châteaux, difficile pour elle de s’y retrouver, heureusement, le filtre s’est un peu fait de lui-même. Beaucoup de château, me disait-elle, ne reçoivent pas le week-end, d’autres, proposent des visites/dégustations payantes et parfois très coûteuses. Finalement, le château Haut-Marbuzet sonnait comme une évidence puisque nous connaissons déjà pas mal le domaine, qu’ils nous font la gentillesse de nous recevoir le samedi et ce, pile avant les vendanges. Nous serons accompagnés ce jour d’un couple d’amis à nous.

    La visite faite par notre guide du jour fût très scolaire mais enrichissante. Pour ne pas faire doublon, je renvois aux CR’s de Jean-Loup et de Bibi qui racontent peu ou prou ce qui m’a été expliqué ce matin-là. Ce que je retiens principalement de ma visite, c’est le caractère finalement artisanal du château. Il n’y a pas d’œnologue, de maître de chais, chacun fait un petit tout et est polyvalent, nous rappelait notre guide. L’art de l’assemblage restant sous la houlette de Bruno, supervisé par Henri. J’aime bien cette absence de process millimétré, ce qui contraste avec un autre château au process beaucoup plus industriel que nous avions fait dans l’après-midi.

    Oserait-on parler de dissidence ? A ce moment de la visite je le pense très fort. Et la suite de la visite de la cave me le confirmera, le château nous rappelant son caractère de « petit » – « mais grand par la qualité » -, m’exclamais-je –, cerné par les « gros », aux mains de grands financiers, que sont Montrose, et Cos d’Estournel, avec des prix du foncier victicole bien supérieurs. 

    On passe à la dégustation :

     

    CR: Layauga-Duboscq – Médoc, 2017 : un Médoc assez simple, sur les fruits noirs, le graphite. Une bouteille convenable, pour seulement 12€.

    CR: Chambert-Marbuzet – Saint-Estèphe, 2017 : Des caractéristiques similaires mais avec plus de volupté, de structure. Cette cuvée est élaborée avec une grosse majorité de cabernet-sauvignon, qui est un cépage que j’affectionne particulièrement. J’aimerai bien goûter à cette cuvée avec 10 ans d’âge sur un millésime plus abouti. Belle découverte.

    CR: Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 2021 : mon premier 2021 bordelais. Le nez est moyennement expressif mais plaisant, presque crémeux. Mélange de fruits rouges et noirs, léger boisé. La bouche est marquée par une astringence logique, et la finale un peu courte. Un vin plaisant, qui n’est sans doute pas encore en place, mais qui ira loin selon son géniteur.

    CR: Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 2019 : un vin que je commence à connaître un petit peu pour l’avoir déjà goûté 2 ou 3 fois depuis sa mise en bouteille. Et pourtant, en voilà une version différente mais tout à fait délicieuse, dans l’esprit du cru. Elle propose déjà une légère évolution, fruits noirs profonds, cuir, un côté sauvage, rustique. Nous croyons tous là identifier la marque de fabrique du domaine, ce vin a plu à tout le monde et c’est d’ailleurs celui que choisiront mes amis (moi, j’en ai déjà plein la cave 
    Après cette dégustation, M. Duboscq en personne est venu nous adresser quelques mots, comme il le fait je crois avec toutes les personnes qui viennent en sa demeure depuis des dizaines d’années. Des quelques articles que j’ai pu lire, M. Duboscq a toujours été dépeint comme un homme « truculent », et lorsqu’on le voit en personne, on se dit en effet qu’on ne peut pas se tromper : un personnage haut en couleur, qui occupe l’espace et qui se met presque en scène. Un personnage d’une époque désormais révolue, faite de débrouille, ou l’on arrivait à faire du vin de bric et de broc, et qui a su s’imposer malgré tout, contre vents et marées, comme l’une des étiquettes les plus appréciées du Médoc. Un personnage qui force le respect pour sa passion et pour tout ce qu’il a pu accomplir.

    Finalement, on aurait presque eu envie de se déboucher une belle bouteille de HM à l’écouter, à lui poser toutes les questions qu’on souhaiterait en regardant les vignes depuis son chai.

    Cette conversation j’aurais l’occasion de la poursuivre au moins littérairement puisqu’il m’a été offert cet ouvrage, « conversation de M. Duboscq autour d’une bonne bouteille » avec le journaliste Gilles Berdin, écrit en 2013. On le retrouve avec la même impression : homme de passion, s’amusant avec une joyeuse désinvolture, et sans doute avec le plaisir de la rébellion, de ses détracteurs « je suis la pute du Médoc » nous disait-il, et écrit-il ; multipliant également les analogies entre la femme et la vigne.

    En plus de cela, il nous a tous offert généreusement une bouteille de Haut Marbuzet 2021 : « tenez, comme ça vous penserez à moi » nous a-t-il dit.
    – « oh, mais vous savez je penserai déjà à vous en dégustant ces bouteilles. Tenez regardez ce que je viens de recevoir » !

    Manas, montrant fièrement sa photo au géniteur des 3 millésimes

     

    En voyant ces bouteilles, M. Duboscq m’indiquait qu’il fallait désormais boire les 2000, par peur qu’ils se décharnent avec le temps. Dans son livre, il explique d’ailleurs dans les premières pages « qu’il était très difficile de faire un grand Saint-Estèphe en 2000, alors qu’ils sont somptueux à Pauillac, Saint-Julien et Margaux ».
    Il nous partageait aussi l’idée que le 1995 était un grand vin, ce à quoi je ne pouvais qu’acquiescer, ce millésime étant pour moi une magnifique rencontre avec ce château et qui expliquait pourquoi je l’avais cette fois-ci commandé en 3 exemplaires. Enfin, le 1991 « tiendra encore 30 ans » selon lui, ce qui m’a pour le moins étonné, mais en même temps satisfait d’avoir, sur le papier, une bouteille susceptible de dépasser mes attentes, d’autant qu’il s’agit de mon propre millésime.

    Un grand Monsieur du vin, et un bon moment dans la vie d’un passionné.

    Petit passage dans les vignes, sous la pluie (à l’image du millésime) avant de quitter les lieux

    Direction ensuite Saint-Julien en Beychevelle où madame avait réservé dans l’excellent établissement Le Saint Julien. Ironie de l’histoire, nous sommes assis à côté de la table de l’assistante de M. Duboscq croisée une heure avant, avec un couple d’amis, lesquels étaient en train de déguster le Haut-Marbuzet 2017.

    « Regardez, j’ai 80 ans, le Saint-Estèphe ça conserve bien ! » entend-on après avoir échangé quelques échanges cordiaux avec eux.
    « Bon, on va copier sur vous alors  » indiquais-je. 

    CR: Château Haut-Marbuzet – Saint-Estèphe, 2015 

    Pour accompagner l’agneau rehaussé au thym, et pour poursuivre dans l’esprit de la matinée, mon choix se porte sur le Haut-Marbuzet 2015, l’une des grandes réussites du château que je n’ai pas encore goûté, si mes souvenirs sont exacts. A la carte, le 2016 déjà bu (et très bon), le 2017 qui me plaît moins, et un magnum de 2010 qui, lui, me faisait drôlement de l’œil.

    Le nez est jeune, mais diablement plaisant. Il est intense, expressif, rustique, sur les fruits noirs, le boisé modéré, presque un côté épicé, torréfié. C’est un très beau nez, avec beaucoup d’amplitude, doté d’une belle personnalité.

    La bouche est tout aussi intense, soyeuse, charpentée, la matière est dense et gourmande, toujours rustique, mais joyeuse. Bouche sombre, à telle enseigne que l’un des convives nous dit y voir une fin de bouche très portée sur la réglisse. Une fois indiqué, j’approuve, c’est vrai que ça pète de réglisse.

    L’accord avec l’agneau est parfait.

    Bref, c’est une belle réussite du château, me dis-je, peut-être avec plus de caractère que le 2016 qui est plus consensuel à ce stade. J’ai hâte de recroiser cette bouteille dans 10-15 ans, mais je pense qu’elle est parti pour une très longue carrière, car elle ne porte quasiment pas ses dix ans.

    Stanislas Korst
    Participant

    CR: Domaine E. Guigal – Côte-Rôtie – Château d’Ampuis, 2006

    Epaulée 30 minutes avant dégustation.

    Nez expressif et agréable, tertiaire, sur des notes de café, d’épices orientales, de fer. L’ensemble se montre fin et complexe.

    La bouche est fine mais structurée, plutôt dense, on retrouve des notes intenses de café et de fer. Bonne longueur. Le dernier verre offre un vin s’exprimant avec plus d’intensité, ce qui me fait penser qu’il peut encore gagner au vieillissement.

    Garde : une belle bouteille, à boire, ou à revoir dans 3-4 ans.

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