Volanne

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  • Volanne
    Participant

    Ca va faire 30 ans que je fréquente régulièrement le caveau des Bernhard, et avant d’être en âge de boire, j’y accompagnais déjà mes parents ; avec son accent, j’avais un peu de mal à comprendre « le vieux papa Bernhard », comme disaient mes parents.
    L’été dernier, lorsque j’ai rejoins mes parents dans les Vosges, ils m’ont appris la triste nouvelle du décès de Nicole.
    Ca faisait quelques temps que nous savions son état préoccupant, mais les visites au caveau ne seront plus jamais comme avant. C’est peut-être ça, aussi, vieillir…

    Volanne
    Participant

    [quote= »mgtusi » post=976020][quote= »Volanne » post=976008]même si l’acidité relative des Jurançon en font de meilleurs compagnons que pas mal de Sauternes (privilégier les Barsac pour cette même raison)[/quote]

    Les barsac seraient donc en général plus acides que les sauternes ? :?[/quote]
    Je crois effectivement que les sols calcaires de Barsac produisent des sémillons d’une acidité et d’une fraîcheur plus marqués que ceux élevés sur les sols plus argileux du Sauternais, la meilleure preuve étant que Climens, si je ne me trompe pas, se passe très bien de l’acidité du sauvignon.
    J’ai bien envie, donc, de récidiver : oui, je trouve que en général les Barsac sont plus acides que les Sauternes. Et c’est parce que je les trouve plus nerveux et plus tendus que j’ai plus de facilité à remplir mon verre une deuxième fois si j’ai devant moi une bouteille de Doisy Daëne ou de Climens plutôt qu’une bouteille de Rieussec, que j’adore, mais dont l’opulence et la richesse vont me « rassasier » plus rapidement…

    Volanne
    Participant

    Oh ! Salut Tomy 🙂 !
    JM

    Volanne
    Participant

    Merci Didier pour ton acharnement !
    @Jean-Loup : 90.00€ au coup de marteau ; hors frais d’adjudication, donc.
    Avec des frais à 23.5%, ça nous met la bouteille à 37.00€. Ca reste raisonnable.

    Volanne
    Participant

    Dans mon Béarn natal, on a tendance à partir systématiquement sur un bon Jurançon pour accompagner un foie gras. Le Suprême de Thou (Lapouble-Laplace) ou le Domaine Bellegarde de Pascal Labasse sont top. C’est sûr que ça « marche » bien, mais d’une part, c’est un peu la solution de facilité, et d’autre part, même si l’acidité relative des Jurançon en font de meilleurs compagnons que pas mal de Sauternes (privilégier les Barsac pour cette même raison), ça me laisse souvent sur l’impression gourmande mais un peu écoeurante du sucre en poudre sur la tartine de beurre. Du coup, je trouve la carte Chablis amusante ; pour ma part, ça m’arrive de servir un Poulsard sur mon foie gras. Ca reste très aromatique, agréablement fruité, avec juste ce qu’il faut d’épices et de canaillerie pour tenir tête au foie, et je trouve que ça préserve mieux la bouche pour la suite du repas.
    Sur le filet de boeuf, et parce-qu’il faut savoir se faire plaisir, je suivrais l’idée de Jean-Bernard : Buvons la Vosnes-Romanée tant que sa jeunesse est garante de gourmandise !
    Et pour le dessert ? Sûr qu’un verre de Climens, c’est toujours un grand moment. Si on a encore faim !
    Je vais peut-être dire une bêtise, mais pour ma part, je préférerais finir sur la légèreté et la sécheresse « digestive » des bulles (retour sur le Champagne), quitte à attaquer l’apéritif sur mon verre de Climens, quand la papille est encore réceptive. A la fin d’un bon repas, je trouve toujours de l’envie pour un bon Champagne, alors que je n’ai plus toujours d’appétit pour attaquer un liquoreux.

    Question subsidiaire : Est-ce que faire tout le repas au Champagne, de l’apéritif jusqu’au dessert, ça se fait ?

    Volanne
    Participant

    Mon expérience avec les vins de Laurent Combier sont aussi peu nombreuses que mes passages sur ce forum, mais je vais tâcher d’apporter ma contribution. Et puis surtout, j’ai besoin de votre connaissance 🙂 !
    J’ai été extrêmement déçu par un Crozes-Hermitage 2009, avec sa superbe étiquette indigo assortie au col. Il était maigre et acide, et voilà plus d’un an que je me dis que je dois écrire à la propriété pour savoir si j’ai trop tardé à le boire (Biologique = moins de sulfites = à boire plus vite ?), s’il a pu y’avoir un accident, ou si plus simplement cette cuvée n’est pas à mon goût.
    J’étais d’autant plus déçu que j’avais été ravi quelques mois plus tôt, lorsque le sommelier d’une bonne table nous avait recommandé une bouteille du même vigneron.
    Le vin est toujours meilleur dans les caveaux et au restaurant qu’à la maison, comme les whisky sont toujours meilleurs dans les chais, mais quand même !

    Et puis l’autre jour, salle des ventes, vins et spiritueux. Comme souvent, y’a 342 lots de vins à passer avant d’attaquer les quelques lots de malts intéressants, mais comme on ne veut pas les rater, on arrive un peu en avance. J’entends « Lot de 3 bouteilles Hermitage L. Combier 2011 » (le Commissaire Priseur ne se donne pas la peine de prononcer « Laurent »). 60, 70, 80… J’ai rien préparé pour le vin, je suis venu pour le whisky, je n’ai pas vu les flacons… Y’a t-il un autre « L. » Combier ? Un Lionel ? Un Louis ? Et puis pourquoi « Hermitage » et pas « Crozes-Hermitage » ? Pas trop le temps de réfléchir. Si c’est « Laurent », c’est l’occasion de juger laquelle de mes deux premières expériences sera ici confirmée. J’opine du bonnet, 90, coup de marteau, et je repars avec mes 3 L. Combier (et quelques ouiski).
    En ouvrant le carton, je vois que c’est bien « Le » L. Combier attendu, mais ce qui me frappe avant tout, c’est cette étiquette blanche on ne peut plus minimaliste : « 2011 » en bas à droite, et « HERMITAGE » en haut de l’étiquette. Tellement minimaliste que seule la moitié du mot est imprimé.
    Alors je file sur http://www.domaine-combier.com ; je vois les bouteilles que je connais, quelques unes que je ne connais pas, mais pas cet Hermitage.
    Sur Google, c’est plus compliqué : pas facile de trouver « Hermitage » sans ramener 32907 pages de Crozes-Hermitage… Au bout d’une heure, je trouve un site en ligne qui propose la chose dans un millésime 2012 sans doute plus réputé, en tout cas bien cher. Mais pas de note de dégustation.
    Alors je viens ici. Une vingtaine de pages sur le domaine Combier, ça se lit. Mais pas trace de cet Hermitage. Alors je me pose des questions : Production confidentielle ? Vin de « négociant » produit par ce vigneron ? Curiosité ?
    Merci pour vos avis !

    Une petite photo pour compléter le topo (ouais… je sais… c’est le bordel sur ma table…) :

    Volanne
    Participant

    Pierre D’Haeseleer écrivait:
    ——————————————————-
    > PS : Si Volanne revient encore par ici, il
    > te proposera peut-être quelques trésors à sampler.
    > Il possède une très très très belle et GRANDE
    > collection. Un vrai petit cachotier 😀

    Faut croire que je passe pas souvent ;-)) !
    Les bouteilles pointées par Pierre sont fabuleuses (mais il triche et ne respecte pas la règle du jeu des 100.00€ !), et, le dirait-on, ses notes de dégustations restent encore en-dessous de la réalité du plaisir que ces bouteilles procurent. Des grandes baffes d’exotisme en pleine tête, on ne s’y attend pas forcément de flacons qui titrent entre 50% et 60%. Mais ça se boit comme du petit lait, ou plutôt comme un nectar de mangues ou de maracuja dopé par l’alcool. Un peu comme ces IPA dopées par le houblonnage. Et comme ont coutume de me dire mes filles, « si tu trouves que ça sent le fruit de la passion, t’as qu’à acheter du fruit de la passion ! C’est moins cher, et c’est meilleur pour la santé ! ».
    Je poserais juste un bémol pour le Benriach : le 1976/2006 C#3557 pour LMDW était à mon avis plus aboutit encore.
    Mais je chipote.
    Comme d’habitude 😉 !

    • in reply to: Mas Brunet
    Volanne
    Participant

    Mas Brunet, j’y passe régulièrement lorsque je vais récupérer mes cartons de Daumas Gassac.
    Cette région des gorges de l’Hérault est magnifique, sauvage, et nous en profitons pour passer la nuit en chambre d’hôte au Causse-de-la-selle (Les-Hauts-d-Issensac – pub gratuite). On dîne soit sur place soit à Saint-Bauzilles de Putois (faut juste faire gaffe à pas percuter contre les familles de sangliers qui traversent en dehors de clous), et le lendemain on s’arrête à la propriété sur le chemin du retour.
    A l’instant même, pour accompagner l’onglet grillé sel/poivre que nous mangerons à midi, j’ai remonté une cuvée Bruneroc 2004 (Merlot/Cabernet).
    C’est un vin que j’avais trouvé un peu difficile à la dégustation, au moment de l’achat. L’alcool m’avait semblé moins bien intégré que sur d’autres cuvées. Pas vraiment de plaisir immédiat. Pourquoi en avoir acheté un carton dans ces conditions, me direz-vous ? Essentiellement parce-que M. Coulet avait l’air de le trouver formidable et que j’avais peur de paraître nigaud à le contredire (ouais… bon… j’ai grandi depuis…), et puis parce que des vins à boire vite, j’en avais déjà pas mal. Et puis à 6 euros la bouteille, quand on sort de Daumas Gassac, on a l’impression de repartir avec une caisse en laissant justre la monnaie qu’on vous a rendue chez le sus-cité. Alors wait and see…
    8 ans plus tard, j’ai waité, et c’est devenu vraiment très très bon : je viens de l’épauler, et c’est déjà top. Au nez, les arômes fermiers sont très présents. Ca sent le gibier. Le ventre de lièvre. Un civet de chevreuil, sauce aux airelles comprise. En bouche, c’est plus tendre. Jolis petits tanins bien fondus. Fraises des bois. Un petit chocolat au lait fourré crême à la fraise. J’adore.

    Volanne
    Participant

    Le samedi suivant, je suis parti sur un petit sauté d’inspiration thaï. J’ai laissé l’Anjou de côté au profit d’un Pinot blanc « Les Lutins » 2010 de Josmeyer, toujours aussi fringuant. Et puis le Samedi d’après, je ne sais plus. Et puis… et puis…
    Et voilà comment une promesse peut prendre 3 semaines de retard.
    Mais aujourd’hui is ze day.
    La bouteille est ouverte depuis une solide heure. Pas pu m’empêcher de passer le nez au-dessus. Ca embaume !
    Là, j’ai préparé l’apéritif pour tout à l’heure (un peu de jambon de Guijuelo et des petits calmars à l’encre tranchés fin), et je m’en suis servi une bonne rasade, histoire de tapuscrire tranquillement mes impressions tout en dégustant.
    Le palais a déjà été sollicité ce matin (3 rhums dégustés en aveugle). Dans l’ensemble, trop de sucre et manque d’acidité pour équilibrer. Bof bof. N’est pas Caroni qui veut. J’espère que ça ne laissera pas trop de traces.

    La robe, d’un pourpre intense, est complètement imperméable à la lumière. Belle frange aqueuse, bordée d’une touche acajou.
    Au nez, je m’en prends plein la figure. C’est riche et opulent, plein de cerises confites. Quelques notes organiques également (un peu de choux cuit et de porc bouilli). Et une bonne dose d’épices. Ouaip. Vraiment beaucoup de paprika. Des notes de terre battue aussi. Comme quand on a renversé son verre sur le sol de la cave.
    Bouche : Une petite crainte sur une attaque un poil molle à mon goût. C’est très confit, mais une belle acidité vient heureusement équilibrer l’ensemble. Les 15% passent très bien. Sur les calmars à l’encre, c’est royal ! Reste à voir ce que ça va donner sur l’onglet grillé, mais ça devrait le faire, comme y disent, les djeunzes…

    Volanne
    Participant

    Finalement, aujourd’hui, sur un onglet simplement grillé sel & poivre accompagné de brocolis cuisinés façon thaï (échalottes, ail, piment, sauce d’huître, vinaigre de riz… Miam !), nous avons débouché un Rioja de Bodega vendu 3.00€ dans les Ahorra Mas d’Espagne (faut savoir prendre des risques dans la vie…). Mais promis, Samedi prochain, je vous raconte le Princé 2005. Promis.

    Volanne
    Participant

    Bonjour à tous, et désolé pour le déterrage de topic…

    Si je suis scrupuleusement mon « accumulation » de whiskies (un gros millier de bouteilles à ce jour), je dois vous confesser que je gère mon vin avec beaucoup plus de légèreté… Résultat : empilement de cartons et de caisses sans ordre ni raison, cartons « hybrides » mêlant Moulis et Barsac (« comme ça, j’aurais toujours les deux sous la main)…
    Le week-end dernier, je me suis mis en tête de faire l’inventaire de ma cave. Objectif premier : gagner de la place, identifier ce qui doit être bu en priorité, et rationnaliser le rangement pour que les bouteilles « urgentes » restent facilement accessibles.

    J’ai retrouvé un carton de Princé 2005.

    Je l’avais acheté, je crois, sur les conseils d’une amie proche du comité de sélection oenologie de Total, mais l’avais déposé en un point de ma cave en rentrant de week-end (vous savez, le syndrôme du « je le rangerai mieux le week-end prochain ! ») et n’y avais plus touché… jusqu’au week-end dernier…

    Vous me sentez venir, avec mes gros sabots : J’aime les Chinons qui chinonnent et les Bourgueils qui bourgueillisent, mais je n’ai jamais joué à les laisser vieillir au-delà de 5 ans. Je n’ai jamais joué à les laisser vieillir du tout, en sommes. Alors ma question est simple : Que feriez-vous à ma place ? Puis-je espérer encore trouver du fruit ? Est-ce que les Cabernets Francs concentrés de ce type se referment comme les Cabernets Sauvignons pour se réveiller 5, 10, 15 ans plus tard sur d’autres arômes ou est-ce qu’une fois endormis, c’est pour la vie ? Bref, dois-je me jeter dessus ou au contraire attendre que le Princé charmant du temps se penche dessus pour le réveiller ?

    Merci de vos conseils avisés!

    Volanne
    Participant

    C’était en 2003, Silène !
    Depuis, ce 15 ans, dont la production a cessé, a fait place au 15 ans « Revival », plus « canaille » et bien meilleur, je trouve. Et toujours très sagement tarifé (entre 45€ et 55€).

    Volanne
    Participant

    – Longmorn 25yo G&M sous licence. Pour amateurs de fruits tropicaux à prix doux. Mais ça devient difficile à trouver…
    – Ardmore 1992/201x chez Liquid Sun, The Nectar ou ailleurs. Magnifique équilibre entre la tourbe et la tropicalité. Ardmore revient en force !
    – Dailuaine 1998/2008 (60.1%, Jean Boyer The WitC’s Bottlings, Sherry Cask, 74 btls). Ca, c’est pour faire mon intéressant B) !

    J’ajouterai également l’un de ces vieux Dalmore en bouteille droite des années 80, que l’on trouve encore assez facilement autour de 70/80 euros et qui sont plein de marmelade d’orange. Un délice.
    Et puis pour les jours d’envie de bon gros sherry qui tâche, un Glendronach « new look » : Le 16yo 1992/2009 (60.8%, OB for Versailles, C#39, 306 btls, 01.05.1992/16.03.2009) ou le 19yo 1991/2011 (50.4%, OB for LMDW & the Nectar, PX Sherry Puncheon, C#3181, 624 btls).

    Y’a un ou deux ans de cela j’aurais mis sans hésiter un Caperdonich 1972, alors très sagement tarifés ; malheureusement, ils sont en train de prendre l’ascenseur…

    Volanne
    Participant

    Hello Janacek,
    moins de monde ici que chez Jean-Marie, n’est-ce pas ?
    Mais j’aime revenir faire un tour de temps en temps…

    Volanne
    Participant

    Gouté en juin dernier en compagnie de M. Bouillon.
    Il était venu avec son new make et, si je ne m’abuse, un 3 ans.
    Peux pas vraiment dire que j’ai été convaincu. L’homme est intéressant à écouter, mais le produit ne correspond malheureusement pas à mes goûts actuels. Je l’ai trouvé assez stéréotypé, centré sur la céréale, très « porridgy » et « rooty », avec de franches notes de Gin. Pas le genre de trux qui me fait grimper au rideau.

    Volanne
    Participant

    Je suis revenu récemment sur un « litron » de HP 12yo ramené d’un Duty Free quelconque il y’a quelques années de cela.
    Et bien j’ai trouvé que la tourbe et la fumée, plutôt discrètes dans mon souvenir, s’y exprimaient de façon beaucoup plus franches qu’à l’ouverture. Ca m’a d’autant plus étonné qu’en général, ces notes ont tendances à s’étioler dans le temps après ouverture.

    Volanne
    Participant

    Il s’agit de la version 12 ans importée en France par Auxil dans les années 80. Aujourd’hui Auxil a été revendu à Dugas, qui propose sur le marché Français Cadenhead, Chieftain’s, et plus récemment Bruichladdich, mais les créateurs d’Auxil sont devenus l’un des principaux acteurs de l’embouteillage indépendant Français, au travers de leur marque « Jean Boyer », toujours à Saint-Geours de Maremne (dans les Landes).
    A cette époque là, Auxil n’avait pas encore été revendu. Il doit donc y’avoir écrit « Importé par Auxil – Saint Geours de Maremne » sur l’étiquette. Pas la meilleure expression d’Auchentoshan (désolé…), mais une bouteille chargée d’histoire, comme toutes les bouteilles importées par Auxil avant la cession.

    Volanne
    Participant

    Pour ce qui est des finitions, je vais suivre l’avis général. Le seul Edradour que je bois avec un certain plaisir reste le classique SV 10yo en tube métal. Cela dit, certains finish fonctionnent mieux que d’autres (ou moins mal) ; je pense par exemple aux finitions en fût de Madeire.
    Et certaines distilleries, de toue évidence, maîtrisent mieux la chose, notamment Benriach, qui nous a gratifié avec son fût 4412 1978 (il n’était pas encore en bouteille lorsque je l’ai goûté) d’un Moscatel Finish de très belle facture, et qui ne s’écartait pas trop de la ligne directrice des Benriach très fruités de la fin des années 70.
    Pour ce qui est des exagérations en termes de prix, les distilleries n’ont jamais autant produit, autant travaillé à augmenter leur capacité de production, tout en vendant si peu. Les négociants n’ont pas grand chose à proposer à leurs clients (les embouteilleurs indépendants), et il devient de plus en plus difficiles pour ces derniers de pouvoir goûter avant d’acheter. On verrait même se développer les pratiques douteuses rencontrées dans certains milieux vinicoles et consistant à conditionner le droit d’acheter de façon contingentée « le bon » à l’achat du médiocre. Si vous voulez un fût de ce batch, vous devez m’en acheter 12 de cet autre batch, notoirement médiocre. Certains indépendants ont suffisamment de débouchés pour se débarasser de ces fûts malvenus soit dans des blends (qui pourront même être honnêtes si leur savoir-faire est bon), soit même sous la mention « Single Malts », avec des noms plus ou moins improbables (les distilleries ne tenant pas à cette forme de « publicité »), pour le compte de la grande distribution.
    Comme il a été dit, l’attente de l’ouverture des marchés émergeants explique en partie cette rétention faite par les distilleries. Le problème, c’est que toutes les distilleries ont la même stratégie, et que cette explosion tant attendue des marchés Russes, Indiens, Chinois… risque de se laisser attendre plus que prévue. Et la crise n’est pas seule responsable. On ne change pas d’un coup de baguette magique les habitudes de consommation des gens. Et les états sont aussi là qui guettent : Avec les dernières augmentations de taxes, je ne serais pas étonné qu’une bouteille de Johnny Green se paie l’équivalent de plus de 150$ en Inde. Résultat, pas mal de distilleries sont aujourd’hui confrontées à des problèmes de stockage, et plus d’un embouteilleur indépendant survit aujourd’hui en louant ses mètres carrés aux distilleries pour y entreposer des fûts, qu’au travers son métier d’IB. Inutile de dire que lorsque les investisseurs se montreront un peu plus pressants de se voir verser quelques dividendes, ou que les distilleries auront des besoins un peu plus impérieux de trésorerie, la planète risque de se retrouver submerger sous un ras de marée de whisky. Et là, on pourra faire nos courses à pas cher !
    Et il y’a des précédents, dans l’histoire du whisky. Sans remonter à la crise de surproduction causée par la prohibition Américaine, le début des années 80 a été marquée par une terrible crise de surproduction, au cours de laquelle des dizaines de distilleries, et des plus prestigieuses, ont purement et simplement fermé leurs portes. Rien qu’en 1983, on doit en compter une bonne douzaine.

    Volanne
    Participant

    ïo 😉
    Ca fait toujours 1 caractère d’économisé sur « ans »

    Volanne
    Participant

    Pour le moment, je n’ai pas été convaincu par les Bunna 1997 tourbés, que je trouve très marqués par les herbes de Provence. Ca me fait un peu le même effet que lorsqu’il faut attaquer une tranche de gigot d’agneau cuite au barbecue sur laquelle on a eu la main un peu lourde côté thym et origan. Ca me gène du côté de la sphère rhino-pharyngée. Et celà aussi bien sur le Toiteach, que sur les différentes expressions disponibles chez Signatory. Peut-être la version de Jean Boyer est-elle un peu plus délicate et raffinée.
    Mais je me range à l’avis de Iognoulm : Vive les vieux Bunnah encaustiqués et raffinés, aux parfums de banane verte et joliment épicés, que j’ai découverts d’abord avec un DT RA 1968 (37yo – 07.1968-03.2006) 42,10% – CS – Cask 7010 – btl 294/350, puis avec un superbe Celtic Hearlands 1966-2004 (37yo) – 40,1%. C’est drôlement miam !

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