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- 11 octobre 2020 à 23h01
- in reply to: Domaine Nathalie et Gilles Fèvre, Chablis
CR:
Nous achevons cette journée à Chablis par un passage désormais incontournable au domaine Nathalie et Gilles Fèvre. Nous sommes donc à Fontenay-près-Chablis, sur ce grand domaine d’une cinquantaine d’hectares (dont une trentaine en chablis village) qui produit la bagatelle de 230 000 à 240 000 bouteilles chaque année (dont 150 000 de chablis village). La vendange 2019 a démarré le 11 septembre, avec un rendement moyen de 40 hl / ha, nettement inférieur au très généreux millésime 2018, mais aussi en-dessous de 2020 (50 hl / ha). Nous attaquerons par les premiers 2019 mis en bouteille avant de revenir sur 2018. Comme c’est la fin de la journée, les notes se font plus rares, en raison également de discussions très animées avec Nathalie Fèvre.Petit chablis 2019 :
Nez ouvert, très floral et frais, avec un peu d’agrumes. Pas mal de gourmandise en bouche, avec un volume correct et un côté salivant qui aiguise bien les papilles. Une promesse d’apéros sympas.Chablis 2019 :
Nez fin et précis sur le citron, les fruits blancs et des notes florales. En bouche, on passe un cap par rapport au petit chablis : nettement plus de volume, de densité et de tension. C’est très équilibré, sans aucun côté chaleureux, salivant et d’une très belle persistance pour un village. Pour moi le plus beau chablis village 2019 de la journée.Chablis 2018 :
On sent davantage le millésime chaud que sur le 2019, mais sans excès, avec quelques notes de citron confit et une toute petite pointe de cassonade en finale. C’est plus rond et moins tendu que 2019.Chablis VV 2018 :
Vignes de + de 50 ans sous le 1er cru Vaulorent. Un profil plus « frais » que le chablis 2018 (pas de note confite ou de cassonade, on est plutôt sur le côté iodé / coquille d’huître). C’est aussi plus dense, avec davantage de matière, et plus tendu. Le 2nd millésime de cette cuvée semble presque aussi prometteur que le 1er. Un vin qui mérite d’être attendu au moins 2/3 ans.Chablis 1er cru Fouchaume 2018 (100 % cuve) :
Une cuvée que je n’avais pas particulièrement apprécié l’an passé, en raison de son profil assez opulent et solaire qui donnait au vin une certaine « mollesse ». Les impressions sont cette fois assez différentes, avec un an de bouteille : le vin semble plus frais, plus tendu. C’est aussi très fruité, avec du fruit « frais » ou « brut », pas du tout confit. Finale très salivante. Là c’est tout à fait à mon goût.Chablis 1er cru Mont de Milieu 2018 (15 % de fûts, pas neufs)
Des impressions assez similaires de celles de l’an dernier. Un nez qui évoque la côte de Beaune, avec de belles notes de fruits blancs. En bouche, on a à la fois la sensation d’une acidité assez élevée et d’une matière plus « enrobée » que sur la Fourchaume (les 15 % de fûts ?). Un très joli vin, gourmand, mais avec du fond.Chablis 1er cru Montée de Tonnerre 2018 (100 % fûts de 500 litres de 10 ans) :
C’est une belle nouveauté dans la gamme, résultat d’un échange de parcelles avec un autre vigneron. Du citron bien mûr au nez, un peu d’iode et une note fumée. Grosse puissance en bouche, avec une matière bien mûre qui tapisse le palais jusqu’à une finale énergique, légèrement « beurrée ».Chablis 1er cru Vaulorent 2018 (15 % de fûts dont la moitié neufs) :
On est dans la lignée du très beau 2017 dégusté l’an dernier, avec simplement la sensation d’une maturité un peu plus élevée. Beaucoup de fruit, de pureté et un superbe équilibre maturité / fraîcheur. C’est à la fois dense et aérien, avec beaucoup de longueur et belles notes salines en finale. Décidément, Vaulorent est vraiment « mon » 1er cru à Chablis, que ce soit chez Nathalie ou Gilles Fèvre ou chez Benoît Droin.Chablis GC Les Preuses 2018 (30 % fûts dont la moitié neufs) :
Les fois précédentes, il m’avait semblé que l’écart qualitatif avec les premiers crus n’était pas franchement évident (alors que la différence tarifaire est assez sensible). Sur 2016 et 2017, j’avais ainsi préféré Vaulorent et / ou Mont de Milieu. Les choses sont un peu différentes avec le millésime 2018. D’abord parce que l’élevage m’a semblé plus discret que sur les deux millésimes précédents. Ensuite, en raison d’un volume assez impressionnant. Sur ce plan, on passe effectivement un cap par rapport aux premiers crus. Malgré cette grosse matière, le vin est bien tendu, tonique. C’est salivant et sans aucun côté chaleureux. Un très beau vin et du coup, cette année, j’ai craqué…Un très grand merci à Gilles et Nathalie pour leur accueil et leur gentillesse, mais aussi leur très grande générosité. Cette troisième visite confirme, s’il en était encore besoin, la très grande qualité des vins du domaine, malgré la diversité des millésimes. Pour moi, un domaine qui fait désormais partie des immanquables à Chablis. A l’année prochaine, donc…
Paul
- 4 octobre 2020 à 23h00
- in reply to: Domaine Gilbert Picq & Fils, Chablis
CR:
Après le domaine Droin nous prenons la direction de Chichée, pour une seconde visite au domaine Gilbert Picq (& ses fils), la première datant de 2019. Nous sommes accueillis par Didier Picq qui évoque une vendange 2020 prometteuse (début des vendanges le 28 août) et nous confirme que 2019 a été nettement moins généreux que 2018 (45 hl contre 75, sachant que le domaine n’a pas de GC). Nous attaquons rapidement la dégustation dans le très joli caveau, confortablement assis, avec des crachoirs individuels…. On notera encore, et ce n’est pas anodin, que chaque vin sera servi très très généreusement !Chablis 2019 :
Didier Picq a juste fait une petite mise de quelques bouteilles, pour voir, l’élevage (en cuve, il n’y a que de la cuve au domaine) n’étant pas encore complètement achevé. Un premier nez sur la pomme verte acidulée, puis arrivent des notes plus mûres de poire. En bouche le vin impressionne par son volume et sa puissance pour un « simple » village. Il y a belle acidité, mais une acidité bien « mûre », de la densité, avec une sensation « crayeuse ». Finale très salivante. Regoûté en fin de dégustation, le vin prendra encore de l’ampleur. J’ai rarement croisé un chablis village avec un tel gabarit XXL !Chablis En Vaudecorse 2018 :
Un parcellaire situé près du 1er cru Vaucoupin. Nez très mûr sur les fruits jaunes, l’abricot, la mirabelle, le tout un peu confit. On retrouve cette sensation de grande maturité en bouche, avec un côté confiture de mirabelle agrémentée d’écorces d’orange. La texture est douce, presque crémeuse. Finale épicée, assez chaleureuse, même si de légers amers apportent un peu de fraicheur. Ce n’est pas mon profil préféré pour un chablis. Et oui, un ressenti à l’opposé de celui de Sideway dans son CR qui date d’une quinzaine de jours : la magie du vin et de LPV !Chablis VV 2018 :
Vignes plantées en 1951, 1953, 1955. Derrière une légère réduction, le nez nous transporte immédiatement sur la plage de Cancale à marée descendante. C’est iodé… à fond ! La bouche est tendue et salivante, à l’opposé du vin précédent, avec quelques notes de pralin et d’amande fraiche. J’ai trouvé qu’il manquait juste un poil de densité et de persistance, avec notamment une finale un peu « fluide ».Chablis Dessus la Carrière 2018 :
2 hectares de vignes, 20 mois de cuve ! Nez pur, précis et élégant sur les agrumes, la poire, l’iode et le caillou. En bouche, les fruits blancs dominent, avec du volume et un très bel équilibre maturité / fraicheur. Finale longue et salivante. Très joli vin tout à fait à mon goût.Chablis 1er cru Vaucoupin 2018 :
Vignes orientées plein sud. Nez sur le citron mûr, presque confit. On retrouve cette maturité élevée en bouche, mais le vin n’est pas lourd ou mou. Quelques épices et une petite note de beurre en finale (j’ai même noté très léger caramel), ce côté gras étant compensé par des amers assez présents.Chablis 1er cru Vosgros 2018 :
Net plus frais, très net et aromatique, sur les fruits blancs, le citron frais (mais mûr) et le caillou. Bouche ronde, élégante, avec une sensation crayeuse. Finale nette et salivante. Très beau vin.Chablis 1er cru Vosgros 2017 :
Le nez est plus en retrait que le 2018, un peu fermé, avec une note iodée. La bouche impressionne en revanche par sa structure, plus que par son aromatique : c’est puissant, dense, presque tannique, avec énormément de relance. Super équilibre maturité / acidité, avec une finale qui « explose ». Un grand Chablis qui me semble avoir un superbe potentiel de vieillissement. Cela tombe bien, il y a encore quelques bouteilles disponibles au domaine…Au final, une très belle dégustation avec des vins que l’on a envie de regoûter dans les années qui viennent (Vosgros 17 et 18, Dessus la Carrière 18) et des cuvées avec des différences biens marquées qui devraient permettre à chacun de trouver son bonheur. Il sera également intéressant de découvrir toute la gamme des 2019 l’année prochaine car le Chablis village était vraiment très très prometteur. Un grand merci à Didier Picq pour sa franchise et le temps qu’il a bien voulu nous consacrer.
Paul
- 4 octobre 2020 à 17h39
- in reply to: Domaine Jean-Paul & Benoît Droin, Chablis
CR:
Ce jeudi, c’était la virée annuelle à Chablis avec l’ami Tuukka (Podyak… et père), avec 4 domaines au programme : Picq, Fèvre (Nathalie et Gilles), Schaller (une première pour nous) et Droin. Nous démarrons notre journée sous la pluie, dès 9 h, avec Benoît Droin, pour découvrir le millésime 2019. Cette année il n’y a pas de Blanchot car la vigne a été entièrement arrachée et sera prochainement replantée. Il faudra donc attendre quelques années avant de regoûter ce grand cru. Si 2018 avait été très généreux en volume, cela n’a pas été le cas de 2019 avec des rendements inférieurs à une année « normale » en raison du froid du printemps mais aussi de la sécheresse de l’été. Il en est résulté une forte concentration des raisins et Benoît Droin évoque des acidités relativement élevées en dépit de la météo de l’été. La vendange a démarré le 11 septembre (25 août pour le millésime 2020). Comme les années précédentes, les notes qui suivent ne sont pas très développées car le rythme de dégustation est toujours assez élevé avec Benoît…Petit chablis :
Nez ouvert et expressif, avec pas mal de fruit (poire). La bouche est gourmande, souple. C’est relativement tendu et salivant en finale, sans le côté « chaud » qui m’avait semblé marquer le 2018.Chablis :
Nez sur le citron bien mûr, la poire et une note fumée. En bouche on trouve un bel équilibre entre la maturité du fruit et l’acidité. Davantage de tension et de volume que sur le petit chablis. Finale salivante.Chablis 1er cru Vaucoupin :
C’est la première fois que je goûte ce 1er cru en dégustation au domaine. Nez un peu sur la réserve, mais fin et précis, sur la poire et le « caillou ». En bouche, c’est un vin longiligne (mais pas fluet) et frais, mais avec une jolie tension qui donne du dynamisme au vin.Chablis 1er cru Vosgros :
Un nez plus large et plus ouvert que Vaucoupin, avec du citron très mûr et de fortes notes salines et iodées. La matière est assez volumineuse et dense, sans aucune note chaleureuse. Un vin qui m’a semblé plus puissant que sur les millésimes précédents (peut-être en raison du contraste avec Vaucoupin). Belle longueur en finale où l’on retrouve le côté salin. Décidément j’aime bien ce 1er cru.Chablis 1er cru Vaillon :
Légère note de réduction avec au nez une sensation de forte maturité. On retrouve cette sensation en bouche, avec des notes de citron confit. C’est rond, gourmand, accessible, mais avec une sensation d’acidité moindre que sur Vaucoupin et Vosgros, même si, encore une fois, le vin ne tombe pas dans un côté lourd et chaleureux.Chablis 1er cru Montmains :
Léger « grillé » au nez, avec des belles notes de fruits blancs et une pointe saline. Du volume et un bel équilibre maturité / fraicheur. Comme les années précédentes, c’est le cru qui pour moi évoque le plus la côte de Beaune.Chablis 1er cru Mont de Milieu :
Aucune note d’élevage au nez, mais énormément de fruits : poire, pêche blanche. On le retrouve en bouche, très équilibrée, avec une belle persistance. Très sympa…Chablis 1er cru Fourchaume :
Léger « grillé » au nez, relativement fermé par ailleurs. Pas mal de densité en bouche, avec une petite note d’élevage. Du citron très mûr, mais pas de lourdeur ni de note « beurrée » comme sur le 2018 et une finale relativement salivante.Chablis 1er cru Vaulorent :
Toujours au top le Vaulorent… Nez un peu « pointu », très précis, sur le citron, le « fumé » et le « caillou ». En bouche, on retrouve les caractéristiques des millésimes précédents : un vin qui « avance », sur la longueur mais avec une matière dense et un superbe équilibre tension / maturité. Finale très persistante. Encore cette année ce sera mon préféré parmi les premiers crus.Chablis 1er cru Montée de Tonnerre :
Nez plus fermé, avec un peu d’élevage et des notes fumées (presque lardées) assez présentes. L’attaque en bouche est large et puissante, avec un léger côté « crémeux », mais ensuite il y a moins de relance et de peps que sur Vaulorent.Pas de Blanchot donc pour cette année.
Chablis GC Vaudésir :
Au nez, l’élevage est sensible ; c’est opulent, avec une sensation de forte maturité et quelques notes épicées. J’ai trouvé la bouche un peu en décalage : plus fraiche, avec un volume « modéré » (inférieur à MdT par exemple) et beaucoup de fruit : un bel équilibre et beaucoup d’élégance sur ce vin.Chablis GC Valmur :
Nez très légèrement réduit, sur le citron mûr, la fumée, l’iode. La bouche est hyper dense et concentrée avec en même temps beaucoup d’énergie et de peps. Comme dirait l’autre, ça envoie du lourd ! On est impressionné par une telle puissance venant de vignes aussi jeunes. Très belle finale salivante qui claque bien. Top !Chablis GC Grenouille :
L’élevage est un petit peu plus sensible au nez, où l’on retrouve comme sur Valmur le citron et la fumée, avec peut-être une sensation de maturité un peu plus élevée. L’attaque est large, c’est plus rond et moins « minéral » que Valmur. Là encore, aucun côté chaleureux ou « mou » et une belle longueur.Chablis GC Les Clos :
Nez fin, profond et complexe, d’abord sur le couple citron / caillou, puis arrivent les fruits blancs et une note saline. Grosse tension en bouche, mais avec moins de volume et de puissance que sur Valmur (moins « sauvage »). Beaucoup d’élégance, de fraicheur et une finale hyper salivante. Un Clos qui semble déjà prêt à boire !Au final, et comme les années précédentes, le V de la victoire pour Vaulorent et Valmur (selon mes goûts). Et un beau millésime 2019, qui ne m’a pas du tout semblé marqué par la chaleur de l’été, avec de la densité et de l’acidité (davantage que 2018, donc peut-être davantage de garde que ce dernier). Si je devais classer les 3 derniers millésimes, ce serait 2017 (pour moi un très grand millésime), 2019 et 2018. On peut noter également que, malgré les différences entre les millésimes, les profils et caractéristiques de chacune des cuvées restent assez proches d’une année sur l’autre.
Mais comme toujours avec Benoît Droin, la dégustation s’achève par une petite remontée dans le temps. Même si selon lui c’est encore trop tôt pour la plupart des crus, notre choix s’oriente sur 2007 et ce sera donc Mont de Milieu.Chablis 1er cru Mont de Milieu 2007 :
A l’ouverture, le nez présente des notes d’évolution sur le sous-bois, le mousseron, la fougère. A l’aération, et après un bon « secouage » du verre recommandé par Benoît Droin, ces notes auront tendance à s’atténuer pour faire passer au premier le citron et l’iode. La bouche est également très légèrement évoluée, mais surtout bien tendue avec une acidité assez haute. On retrouve le citron, un peu d’amande fraiche, mais en revanche pas de notes miellées qui ne sont pas ma tasse de thé. L’ensemble fait effectivement encore assez jeune, mais c’est tout à fait abordable et bien agréable.Un grand merci à Benoît Droin pour son accueil, sa passion et son enthousiasme. Et promis, nous ferons des efforts pour laisser vieillie quelques unes de nos bouteilles.
Paul
La grange des pères toujours au taquet…
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2141989-1000-1-Bouteille-IGP-Pays-dHerault-Grange-des-Peres-Laurent-Vaille-1992-Rouge.jsp
Mais la Bourgogne est aussi en pleine forme en cette nouvelle année…
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2142728-3595-1-Bouteille-Chambertin-Clos-de-Beze-Grand-Cru-Prieure-Roch-2001-Rouge.jsp
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2142728-3588-3-Bouteilles-Vosne-Romanee-1er-Cru-Les-Suchots-Prieure-Roch-2002-Rouge.jsp
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2142061-13192-1-Bouteille-Meursault-1er-Cru-Perrieres-Roulot-Domaine-2016-Blanc.jsp
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2143095-4170-1-Bouteille-Musigny-Grand-Cru-Georges-Roumier-Domaine-1987-Rouge.jsp
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2143095-4139-1-Bouteille-Chambertin-Clos-de-Beze-Grand-Cru-Clos-de-Beze-Armand-Rousseau-Domaine-1993-Rouge.jspPaul
- 5 décembre 2019 à 14h53
- in reply to: Domaine Rostaing, Ampuis
CR: Passage au Domaine Rostaing
Salut Frisette !
C’était évidemment très sympa de se retrouver chez Rostaing, même si finalement nous avons fait « dégustation séparée » en raison d’une forte affluence, et de nous avoir ensuite accueillis à votre table pour le déjeuner. Ainsi que nous l’avions un peu évoqué lors de ce déjeuner, mon ressenti sur cette dégustation est un peu moins flatteur que le tien, spécialement sur les côtes rôties, peut-être en raison des circonstances (ultime dégustation de notre séjour, et donc un palais sans doute un peu fatigué par la vendange entière…), mais aussi des souvenirs de notre présente visite au cours de laquelle Pierre Rostaing nous avait fait goûter l’intégralité des cuvées de côtes rôties 2017 sur fûts (avec une mémorable côte brune). Cette année, la dégustation sera conduite par René Rostaing, en grande forme, avec ses remarques malicieuses, ses certitudes bien trempées sur que doit être une côte rôtie (vendange entière) et dont la retraite ne semble pas l’avoir beaucoup éloigné du domaine…
Côteaux du Languedoc, Puech Noble 2014 :
Nez sur les fruits noirs confiturés, voire légèrement cuits, qui semble déjà un peu patiné par le temps, avec quelques notes de sous-bois. La bouche fait en revanche très jeune, avec un fruit plus « frais » (belles notes de mûre). C’est digeste, malgré une légère accroche, avec une finale un peu épicée. BIGP Collines Rhodaniennes Les Lézardes 2016 (100 % syrah) :
Nez assez expressif sur les petits fruits noirs, les épices et une petite note fumée. En bouche c’est relativement dense, avec un peu d’accroche et pas mal d’épices. Comme l’écrit Frisette, il y a du vin, mais à ce prix (18 € au domaine pour le 2017), le RPQ ne me semble pas exceptionnel. B-Côte rôtie Ampodium 2017 :
Robe très sombre ; nez relativement fermé, austère, avec un peu de fruits noirs et une note mentholée. En bouche, on retrouve les fruits noirs, avec une matière assez dense, une structure relativement imposante et une bonne sensation de maturité. La finale est cependant assez serrée et austère, avec un peu de végétal (rafle ?). A ce stade, cela manque un peu de gourmandise. B +Côte rôtie La Landonne 2017 :
La robe est encore plus sombre et dense que celle d’Ampodium. Nez expressif sur les fruits noirs, la fumée, la cendre et une note sanguine, l’ensemble donnant une sensation de belle maturité. La bouche est plus difficile : certes la matière est belle, dense, pleine, mais il y a beaucoup d’accroche. Les tanins sont très présents et la vendange entière se fait bien sentir. Finale très serrée et austère, avec une petite note poivrée. Un vin qu’il va sans doute falloir attendre très longtemps. TB – / TBUne petite déception donc par rapport aux mêmes vins goûtés sur fûts il y a un an, en compagnie de Pierre Rostaing. Il est vrai qu’à l’époque j’avais assez nettement préféré la côte blonde, plus aimable, et surtout la côte brune, absolument magistrale de par son soyeux et ses parfums (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/rhone/3756-domaine-rostaing-ampuis?start=510#1052193)
Côte rôtie, Côte Blonde 2013 :
Nez légèrement évolué, avec quelques notes de sous-bois, un fruit un peu patiné, des épices et un léger trait vert. En bouche, on est sur les petits fruits rouges légèrement confits mélangés à des notes sanguines. La matière est légère, souple, avec des tanins fondus. C’est agréable et très digeste, avec une persistance intéressante, mais on reste un peu sur sa faim, compte-tenu du pedigree de la bouteille. A mon goût, cela manque un peu de densité, de profondeur et de complexité. Peut-être l’effet millésime, avec la curieuse impression que le vin est déjà à point et ne devrait pas supporter une très longue garde. B+ / TB-Nous terminons la dégustation avec les blancs :
Puech Noble, AOP Languedoc, 2018 :
Joli nez, très floral et expressif, avec un peu de pêche. La bouche est assez élégante, fraîche, avec à nouveau des notes de pêche mais aussi d’agrumes. Finale très légèrement épicée, salivante et qui donne envie de se resservir. B+IGP Collines Rhodaniennes Les Lézardes 2018 (100 % viognier) :
Nez très frais et salin, sur l’anis et peut-être un peu d’abricot ; la bouche est vive, et même très vive, avec des notes mentholées et végétales et une finale qui « crispe » un peu les papilles. MoyenCondrieu La Bonnette 2018 :
Nez très fin, avec un fruit délicat (zests de citron un peu confits, pêche, abricot, litchi) et de jolies notes florales. La bouche est droite et aérienne, sans aucune lourdeur, avec une finale fraîche, marquée par de petites épices et une toute petite touche d’amertume. J’aime toujours beaucoup cette cuvée de Condrieu, délicate, parfumée et non boisée. TB+Nous laissons maintenant Frisette et sa troupe entre les mains de René Rostaing et remontons discuter quelques minutes avec Pierre Rostaing avant de récupérer le dernier carton de notre séjour. Voilà, c’est encore une fois tout l’intérêt de LPV de présenter et confronter des appréciations différentes sur des vins, chacun exprimant ses goûts personnels… en toute subjectivité !
Paul
- 3 décembre 2019 à 0h45
- in reply to: CR: Domaine Lafoy, Côtes Roties 2015
CR:
Presque dix ans après une première visite, c’est un retour pour moi au domaine Jocelyne et Yves Lafoy, petit domaine familial de 8 ha, à Ampuis, dont 2,66 en côtés rôties et 1,5 en Condrieu et qui a fait récemment l’acquisition de quelques vignes en Saint-Joseph rouge et blanc. Gaëtan a rejoint ses parents sur le domaine depuis le millésime 2012. Nous sommes accueillis par Yves Lafoy (et le chien) qui évoque, comme d’autres vignerons de l’appellation, un beau millésime 2019 en côte rôtie, très chaud, mais épargné par la grêle (contrairement à Croze) et avec de petites pluies salvatrices pendant tout l’été. Depuis 2015, cela fait un bel enchaînement de beaux millésimes. Le domaine travaille en conventionnel, « raisonné », et Yves Lafoy nous explique avec beaucoup de franchise sa « gestion » des traitements (quand faut y aller, faut y aller…) et du soufre. Pas de vendange entière au domaine, ce qui devrait nous permettre de nous reposer un peu le palais en cette fin de journée… Nous descendons à la cave pour attaquer la dégustation.
Condrieu Aux Ruses 2018 :
Jeunes vignes sur Saint-Michel sur Rhône, granit, parcelles orientées sud, élevage en barriques. 30 €
Au nez, l’élevage est assez sensible, avec également un fruit assez présent (abricot, pêche), un peu d’anis et une note de violette. L’attaque en bouche est assez grasse, avec un fruit très mûr et un léger côté confit. Le vin retrouve cependant un peu de peps et de fraîcheur en finale, avec une amertume raisonnable. J’ai cependant trouvé l’ensemble un peu lourd, surtout rétrospectivement après avoir goûté le lendemain le Condrieu 100 % cuve de Rostaing. B – / BIGP Collines rhodaniennes, Alliance, 2018 :
100 % syrah, jeunes vignes sur Saint-Michel sur Rhône, granit, vendange 100 % égrappée.
Nez assez séduisant, très fruité et frais. La bouche est plutôt gourmande, souple, sans accroche. La matière et la complexité ne sont pas énormes, mais cela se boit facilement et c’est très digeste. AB+ / B-
Il y a aussi un blanc, 100 % viognier, mais il est déjà épuisé.Côte Rôtie Prélude 2017 :
C’était anciennement la cuvée « JYL ». Assemblage de parcelles sur les lieux-dits Leyat, Fongeant, La Brosse, Le Truchet. 100 % égrappée. Vignes de 20/25 ans en moyenne, sur sols blonds. 32 €
Nez avec une très légère réduction, mais aussi de belles notes de fruits frais et un peu de poivre. En bouche, c’est rond, plutôt soyeux (pas d’accroche) avec cependant du corps et de la structure. L’acidité me semble assez haute, même s’il n’y a pas de côté « vert ». Finale avec une légère sensation saline. B+ / TB-Côte Rôtie, Côte Rozier 2017 :
Parcelle de 2200 m2, sur sols bruns, exposition sur / sud-est, plantée en 1966. Pas de VE, 100 % fûts neufs, 55 €
Oooooh le beau nez ! C’est ouvert, expressif, élégant, sur un large paniers de fruits frais (mûre, myrtille, framboise), de superbes notes florales et une touche sanguine. La bouche est bien mûre, à la fois dense et soyeuse, avec des tanins très très fins. Du fond, de la finesse et de l’élégance sur ce vin et une belle persistance, sur la fraîcheur. L’élevage est particulièrement discret malgré le 100 % bois neuf.
C’est pas mal l’égrappage finalement… Pour moi la plus belle côte rôtie de notre séjour. Excellent.Côte Rôtie, Côte Blonde 2017 :
Parcelle de 2600 m2, plantée en 1934, vinifiée depuis peu séparément. Pas de VE, 100 % fûts neufs. 120 € (:O! )
Nez moins expressif et parfumé que la Côte Rozier, avec un élevage sensible. On est surtout sur les fruits noirs. La texture en bouche est en revanche remarquable : c’est moelleux et enrobé, avec toujours cette grande finesse de tanins. De la profondeur et de l’élégance, sans ostentation. TB+ / Excellent-Et un petit bonus pour terminer !
Côte Rôtie cuvée spéciale 2015 (magnum) :
Cuvée confidentielle issue de certaines des meilleures barriques (le père et le fils feront les mêmes choix, sur des barriques issues la Côte Rozier), 36 mois d’élevage en fûts neufs.
Nez très très noir, avec de de fortes notes fumées. La bouche est très dense et puissante, avec une grosse mâche et beaucoup de tanins. L’ensemble reste cependant civilisé, grâce au fruit (cassis, mûre) et peut-être à l’égrappage total. Impressionnant, mais pour moi il n’y a pas l’élégance de la Côte Rozier. TB –Un grand merci à Yves Lafoy pour son accueil, sa bonne humeur, sa franchise et sa générosité (sans crachoir, c’était pratiquement une bouteille par personne dans le gosier sur la dégustation !). Une personnalité attachante qui nous a assez fortement rappelé celle de Patrick Jasmin.
Paul
- 2 décembre 2019 à 21h19
- in reply to: Château des Tours
CR: Domaine des Tours – Vin de Pays de Vaucluse 2015
A peine de retour de notre séjour en vallée du Rhône, mon tire-bouchon a jeté son dévolu, à l’insu de mon plein gré, sur un Domaine des Tours 2015.
A l’ouverture, le perlant est sensible et justifie un secouage rapide mais énergique.
La robe est plus dense et plus sombre que les millésimes précédents, hormis 2010.
Le nez ne laisse que peu de doute sur le géniteur de ce breuvage (surtout avec l’étiquette sous les yeux…) : fraise écrasée, légèrement compotée, poivre et petites épices, avec cependant une légère note de figue fraîche et surtout un côté plein et rond et une sensation de maturité que l’on ne retrouvait pas notamment sur 2013 et 2014.
La bouche présentait à l’ouverture un petit côté chaleureux qui s’évaporera le lendemain. Ce qui frappe en premier lieu, c’est le côté rond et plein du vin, avec une matière dense, enrobée, soyeuse et douce. Il n’y a pas du tout cette acidité un peu agressive et ces fortes notes d’agrumes que l’on pouvait trouver sur certains millésimes plus frais. C’est parfaitement mûr, sur un mixte fruits rouges / fruits noirs, avec des épices douces en second plan, jusqu’à une finale toute en douceur et en gourmandise. Pour moi, le meilleur Domaine des Tours depuis 2010, avec un superbe équilibre maturité / acidité et un « jus » qui, par sa richesse et sa profondeur, pourrait tenir la dragée haute à de nombreux CDP. Si je ne suis pas un très grand fan du « personnage » Emmanuel Reynaud, force est de constater qu’il nous a une nouvelle fois fort bien reçu (CR à suivre) et que ses « petites » cuvées sont d’un RQP assez incroyable (9,50 € pour le domaine de Tours 2015).
Paul
- 2 décembre 2019 à 4h47
- in reply to: Domaine Pierre Jean Villa
CR: Pierre Jean Villa – Côte Rôtie – Carmina 2017
Ayant également participé à ce fort sympathique déjeuner, mes impressions sur ce vin sont plus proches de celles de SP (l’effet « secte » de LPV75, sans doute….), que de celles de l’ami Frisette.
Si la matière était plutôt soyeuse, surtout par contraste avec les Côtes Rôties de Rostaing 2017 100 % VE goûtées juste avant le déjeuner, l’élevage était pour moi rédhibitoire, à ce stade (2017 c’est évidemment très très jeune, surtout en magnum).
L’impression de boire du yaourt (au lait entier), au fruits et surtout à la vanille, qui provoque rapidement une sensation d’écœurement et une furieuse envie de consulter la page « Bourgogne » de la carte des vins !Paul
- 26 novembre 2019 à 0h25
- in reply to: Domaine Michel Lafarge, Volnay
CR:
Le millésime 2018 chez Frédéric LafargeAprès la découverte du domaine Lamy-Caillat (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bourgognebeaujolais/47980-domaine-lamy-caillat-chassagne-montrachet#1082720), nous remontons sur Volnay pour découvrir le millésime 2018 au domaine Lafarge, millésime favorable en Bourgogne et peut-être encore plus à Volnay, selon Frédéric Lafarge qui nous accueille, grâce à de petites pluies régulières tout au long de l’été.
Nous avons goûté les blancs (Aligoté « raisins dorés », Meursault village, Beaune 1er cru, clos des Aigrots), mais j’ai été victime d’une panne de stylo… Dans mes souvenirs, c’était très très mûr (avec même des notes de mirabelle et une sensation de SR sur l’aligoté), avec du gras (Meursault), mais avec un bel équilibre sur le Beaune, plus frais et salivant. Voilà… on passe donc directement aux rouges !
Bourgogne Passetoutgrain (vignes de 90 ans en complentation) :
Nous avons goûté cette année deux cuvées : « l’exception » (cuvée classique) et « anthologie » (cuvée spéciale). La seconde était davantage sur les fruits noirs, bien mûrs, avec plus de densité et de volume. Plutôt gourmand et agréable. AB + / B –Bourgogne pinot noir :
Nez sur un panier de fruits frais (fraise, framboise, mûre) et quelques épices. En bouche, la matière n’est pas énorme, mais c’est soyeux, avec de petits tanins fins bien enrobés. Le fruit est bien mûr et la finale fraîche. Comme à chaque fois, un très bon RQP (12 €). B –Volnay village :
Des petits fruits rouges au nez, assez frais. On retrouve la fraîcheur en bouche, avec une acidité assez haute et davantage d’accroche que sur le Bourgogne. Les fruits rouges sont à nouveau très présents, pour un vin que j’ai trouvé un peu « léger ». B —Volnay VV (« vendanges sélectionnées ») :
Le nez est plus dense, plus sombre aussi, davantage sur les fruits noirs, avec une note de ronce. En bouche, il y a davantage de volume, avec une matière plus concentrée et enrobée. On a également l’impression d’une maturité supérieure. Belle finale bien fruitée avec une toute petite note végétale. Sur ce millésime, l’écart avec le Volnay village « de base » m’a semblé assez sensible. B ++Beaune 1er cru Clos des Aigrots :
Au nez, c’est le retour des fruits rouges (groseille, framboise), avec une note un peu « minérale ». L’attaque en bouche est souple puis on ressent une grosse densité, avec une matière profonde, davantage sur les fruits noirs. La maturité semble élevée, mais bien compensée par une bonne acidité. TB – / TBBeaune 1er cru Les Grèves (vignes de 97 ans) :
Nez ouvert et expressif, majoritairement sur les fruits noirs. En bouche, le vin impressionne par sa densité et sa profondeur. C’est très soyeux, on retrouve les fruits noirs, mais aussi de petites notes épicées en finale. TB +Volnay 1er cru Les Mitans :
Nez très légèrement réduit, mais avec du fruit et une note fumée assez présente. En bouche, beaucoup de finesse et de délicatesse pour ce vin tout en longueur. Les tanins sont très fins, un peu « poudrés ». C’est moelleux, soyeux… et vraiment très bon. TB + / Excellent –Volnay 1er cru Clos des Chênes :
Nez bien présent, sur les fruits noirs, avec pour la première fois un petit côté confituré. La bouche me semble moins puissante et large que sur les millésimes précédents. Il y a cependant de la densité, mais surtout beaucoup d’élégance, avec une longue finale qui ne « chauffe » pas du tout. Excellent –Volnay 1er cru Clos du Château des Ducs :
Nez puissant, assez « noir », avec une sensation de « gras », un peu d’épices et de petites notes d’élevage (brioche). Davantage de volume en bouche que sur le clos des chênes. C’est large, avec des tanins sensibles (il y a un peu d’accroche dans les joues) et un fruit qui fait plus « rouge » qu’au nez. Finale puissante avec de petites épices. Gros potentiel. TB + / Excellent -.
Comme indiqué l’année dernière, cette cuvée fait l’objet d’un égrappage manuel, avec un grand égrappoir en osier (voir la photo), à propos duquel Frédéric Lafarge, qui conduit le domaine en BioD depuis plus de vingt ans, a évoqué la « fusion » des mains des égrappeurs et ce qu’elle transmettait (ou transmettrait…:whistle: ) aux raisins tout au long des (très) longues heures de travail nécessaires à cette opération.Les crus du Beaujolais (toujours 2018) :
Pour rappel, le domaine a fait l’acquisition depuis 2014 de vignes sur Fleurie, Chiroubles et Brouilly (domaine Lafarge-Vial) ; c’est également en BioD, sans VE.Fleurie :
Une bombe de fruits (groseille, framboise) ! C’est soyeux, sans accroche, super gourmand et d’une très grande buvabilité. TB –Fleurie « Joie du palais » :
Nez plus dense et plus sombre, avec du cassis. La bouche est dense, structurée, mais il y a toujours cette matière soyeuse et la gourmandise. Un vin qui mérite d’être attendu en peu car il semble y avoir du potentiel.
TBCôte de Brouilly :
Comme le premier Fleurie, ça pète le fruit. La bouche est fraîche, vive, gourmande. Là encore, des bouteilles qui se videront sans doute très très vite… TB –Ce n’est pas la première fois que nous sommes impressionnés par la qualité des Beaujolais du domaine. Mais, franchement, sur 2018 (avec des vignes enfin épargnées par la grêle), c’est vraiment top !
Il me reste à remercier chaleureusement Frédéric Lafarge pour le temps qu’il a bien voulu nous consacrer, la sincérité de son discours et la précision de ses explications.Paul
PS : un grand merci à SP pour les photos
- 25 novembre 2019 à 22h25
- in reply to: Domaine Philippe Chéron, Domaine du Couvent
CR:
LPV75 (re)goûte le millésime 2018 au Domaine Philippe ChéronAvec un peu de retard, nous reprenons le fil de notre dernière virée bourguignonne de la fin octobre. Après Vincent Dancer (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bourgognebeaujolais/2544-domaine-vincent-dancer-chassagne-montrachet?start=240#1085022), Antoine Jobard, Sébastien Caillat (domaine Lamy-Caillat : https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bourgognebeaujolais/47980-domaine-lamy-caillat-chassagne-montrachet#1082720) et Frédéric Lafarge (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bourgognebeaujolais/2744-domaine-michel-lafarge-volnay?start=90#1085782), nous terminons cette journée chargée chez Philippe Chéron, à Nuits-Saint-Georges. Je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, mais Philippe Chéron est un vigneron que j’apprécie tout particulièrement, non seulement pour la qualité de ses vins, mais aussi pour sa personnalité particulièrement attachante.
Nous allons revenir sur le millésime 2018, relativement généreux (40 hl/ha), déjà goûté l’année dernière, mais tellement jeune (moins de deux mois après les vendanges) qu’il était bien difficile de se faire une idée précise.Gevrey-Chambertin Les Seuvrées (50 % VE) :
Nez profond, sur les fruits noirs, légèrement fumé, avec une note vanillée. En bouche, le vin est dense, avec une matière bien mûre. Les tanins sont présents, avec une légère accroche dans les joues, mais de belle qualité. Le vin ne chauffe pas et il y a une belle acidité en finale.Chambolle-Musigny Les Quarante Ouvrées (100 % égrappé) :
Très joli nez, très pur et séduisant, sur le coulis de fruits (framboise, mûre). La bouche est très soyeuse, avec, comme le Gevrey, un bel équilibre maturité (qui semble élevée) / acidité, mais avec un peu moins de puissance et davantage de finesse. Un très joli vin.Chambolle-Musigny Clos de l’Orme (50 % VE) :
Le nez est plus retrait, avec un côté austère, marqué par des notes « minérales » (calcaire, caillou), davantage que par le fruit. La bouche est « noire » (fruits noirs, notes de fumée, de cendre), avec une grosse strucrure (il y a de l’accroche) et on retrouve ce côté « froid », minéral. Nettement moins séduisant en l’état que l’autre Chambolle, mais avec sans doute pas mal de fond.Vosne-Romanée Les Barreaux (égrappé) :
Un village bien entouré (Petits Monts, Aux Brûlées, Crox Parentoux et Richebourgs) et qui a toujours été notre cuvée préférée depuis notre découverte du domaine (millésime 2013).
Nez fin et délicat, sur le coulis de fruits rouges et de petites notes florales. La bouche est longiligne, mais avec de la densité et beaucoup d’énergie. Longue finale fraîche et salivante. Un vin d’une grande élégance.Gevrey-Chambertin 1er cru Champonnet (égrappé) :
Nez bien ouvert, séduisant, sur les petits fruits rouges bien mûrs (de la framboise, notamment). La bouche est superbe : c’est à la fois très concentré et aérien, la matière est soyeuse, les tanins enrobés. La maturité semble élevée, mais sans aucune sensation de chaleur, malgré les 14,5 °, et on retrouve cette belle acidité, presque « sucrée », qui n’agresse pas le palais mais permet d’allonger le vin et de lui donner de la fraîcheur. Le plus beau Champonnet que nous ayons goûté depuis le millésime 2013 (et le jour et la nuit par rapport au même 2018 goûté l’an passé).Nuits-Saint-Georges 1er cru Aux Murgers (100 % VE) :
Nez sombre et puissant, sur les fruits noirs confiturés, avec cependant une petite note mentholée (VE ?) qui apporte de la fraîcheur. En bouche, le vin est large, tapissant, avec une grosse structure et de belles notes de cerise noire. Il n’agresse cependant pas le palais, grâce à une matière soyeuse, avec un côté « glycériné » et des tanins enrobés. Un beau gros bébé.Clos Vougeot GC :
Pour rappel, le domaine possède deux hectares sur ce GC dont une grande partie part au négoce. Il y a une parcelle en bas du Clos et deux en haut, la seconde ayant été récupérée par Philippe Chéron en 2016 (c’était un fermage). Sur ce millésime 2018, les trois parcelles ont d’abord été vinifiées séparément et nous avions pu les goûter l’année dernière. Cette année, nous goûtons l’assemblage « domaine » : parcelle du bas (égrappé) + la première parcelle du haut (égrappé) + 10 % de la seconde parcelle du haut (VE, tout le reste partant au négoce). Désormais, il n’y a donc pratiquement plus de VE sur le Clos Vougeot du domaine, et cela se ressent très clairement à la dégustation (les premiers millésimes que nous avions pu déguster, et notamment 2013 et 2014, étaient en VE et disons assez difficile d’accès, et pas seulement pour des PDF….). Si la matière demeure riche et la structure imposante, les tanins ne creusent plus les joues et n’assèchent pas le palais : c’est relativement enrobé et soyeux, avec, comme pour tous les autres vins, une très belle maturité. A attendre sagement, cependant.Même s’il est déjà bien tard, Philippe Chéron nous propose de goûter deux vins en bouteilles :
Chambolle-Musigny Les Quarante Ouvrées 2015 :
Nez très Chambolle, comme dirait je ne sais plus qui… Plus sérieusement, on ressent déjà une toute petite évolution, avec des notes de ronce, de pot-pourri ; le fruit est un peu « kirsché », ce que je n’apprécie pas particulièrement. La bouche est pleine, avec une matière mûre qui tapisse bien les joues. On retrouve cette petite note de cerise à l’eau de vie, mais aussi quelques petites épices sur la finale.Vosne-Romanée Les Barreaux 2016 :
Là encore, le nez ne m’emballe pas trop, en raison à nouveau de ces notes de kirsch. La bouche est en revanche superbe, avec d’abord une attaque large et ample, puis un vin qui se « tend » et avance vite en bouche, avec beaucoup d’énergie. La matière est dense, soyeuse et salivante.
Si je n’ai pas été totalement convaincu par le nez de ces deux vins, force est de constater que les « jus » sont vraiment d’une grande qualité car on a à la fois la finesse du pinot et beaucoup de densité.Et pour terminer, un vin bu cet été :
Vosne-Romanée Les Barreaux 2013 :
Nez bien ouvert, qui fait très jeune, sur un beau fruits frais, avec toute petite note végétale (ronce ?) et quelques épices. En bouche, on retrouve la qualité des « jus » des vins de Philippe Chéron : c’est concentré, avec un volume imposant pour un village, mais avec du soyeux, de la fraîcheur, jusqu’à une longue finale légèrement saline. Un très beau vin que l’on peut encore attendre sereinement quelques années.Voilà, il fait nuit maintenant depuis un bon moment et il ne nous reste plus qu’à saluer et remercier très chaleureusement Philippe Chéron pour son accueil, sa gentillesse et sa simplicité.
Paul
- 28 octobre 2019 à 22h23
- in reply to: Domaine de l’Enclos, Chablis (Romain et Damien Bouchard)
CR:
Nous terminons cette journée à Chablis par une visite au domaine de l’Enclos que nous avions découvert il y a tout juste un an. Nous sommes accueillis chaleureusement par Romain Bouchard (Damien nous rejoindra un peu plus tard) qui aura la gentillesse de nous consacrer un très long moment puisque nous irons même à la cuverie pour goûter les premiers jus du millésime 2019. Sur l’histoire (récente) et la philosophie du domaine, je me permets de renvoyer à nos CR de l’année dernière qui figurent au début de ce fil. On passe donc directement à la dégustation qui, je doit l’avouer, m’a nettement moins convaincu que la dernière fois….
Petit chablis 2018 :
1,7 ha au-dessus de l’église de Beine.
Nez très très mûr, sur les fruits jaunes, le miel et la cire. La bouche donne presque une sensation de surmaturité. C’est plutôt lourd avec une finale assez chaude où l’on retrouve les notes de miel et de cire (Romain Bouchard nous annonce 14°). Bref, je n’ai pas trop aimé…Chablis 2018 :
Nez sur le raisin frais, avec la sensation de sentir du jus de raisin juste pressé. La bouche n’est pas très en place, avec un côté brut, voire « nature », et une note de pomme verte assez présente. Il y a cependant du volume et de la tension et, contrairement au petit chablis, aucune sensation de surmaturité. A revoir.Chablis 2017 :
Là encore on retrouve au nez ces notes « primaires » de jus de raisin qui ont tendance à masquer tout le reste. En bouche c’est bien mûr à l’attaque, avec ensuite des notes « crayeuses ». Un vin qui s’était mieux goûté l’année dernière, avec davantage d’équilibre et de complexité.Chablis 1er cru Beauroy 2017 :
Toujours ce côté jus de raisin frais au nez, avec ensuite un peu de coing et une petite note café / caramel. La bouche est plus « classique », avec un beau volume, de belles notes de fruits blancs et une finale salivante.Chablis 1er cru Vau de Vey 2017 :
Au nez, encore cette note de raisin frais, puis viennent rapidement des notes minérales (cailloux mouillés, craie) et d’agrumes un peu confits. La bouche est très belle, dans la lignée du 2016 dégusté l’an dernier, avec un peu plus de densité : un vin droit, tendu, salivant, avec du fruit et de la maturité. Longue finale légèrement épicée. Mon préféré sur cette dégustation.Chablis 1er cru Montmains 2017 :
Nez sur le raisin frais (toujours…), puis quelques notes de fruits jaunes et des épices. La bouche fait très mûre, mais sans lourdeur grâce à une sensation d’acidité assez présente. Finale un poil chaleureuse et épicée.Chablis GC Vaudésir 2017 :
Nez large et opulent, avec un élevage sensible (100 % fûts). L’attaque en bouche est très large, avec un gros volume et une matière enrobée. On est sur les fruits jaunes, avec des notes beurrées et quelques épices. Un vin qui évoque certains blancs de la côte de Beaune.Chablis GC Vaudésir 2016 :
Le nez évoque… un Jurançon, avec des notes de fruits exotiques (que nous avons souvent retrouvé à Chablis sur ce millésime) très présentes et une petite touche de truffe. La bouche n’est pas d’un très grand volume, mais c’est frais, très gourmand et digeste.Voilà… Une sensation mitigée donc, qui s’explique sans doute par le fait qu’il s’agissait de la quatrième dégustation de la journée et que les papilles devaient commencer à fatiguer (comme le stylo pour la prise de notes d’ailleurs…). Nous avons cependant passé un superbe (et très long) moment avec Romain et Damien Bouchard que je remercie chaleureusement pour leur gentillesse et leur disponibilité.
Paul
- 28 octobre 2019 à 3h30
- in reply to: Syrah gourmande à petit prix – Mariage
La cuvée du Papy, de Bernard Faurie, celui qui fait les Hermitages : un vin de pays 100 % syrah. Le 2017 était une petite bombe pour 7,50 € au domaine.
Les CR de notre visite au domaine en janvier dernier :
https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/rhone/3771-domaine-bernard-faurie?start=150#1052234
https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/rhone/3771-domaine-bernard-faurie?start=150#1052353
Paul- 28 octobre 2019 à 0h32
- in reply to: Domaine Gilbert Picq & Fils, Chablis
CR: Domaine Gilbert Picq & Fils : le millésime 2017 et quelques autres
En ce début d’après-midi, nous prenons la direction de Chichée, pour une première visite au domaine Gilbert Picq (& ses fils). De mon côté, il y a de la curiosité car mes deux seules expériences des vins du domaine n’avaient pas été très concluantes (Chablis Dessus la Carrière 2014 et 2015 dégustés à l’aveugle chez l’ami Michel ; pour le 2014 : https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bourgognebeaujolais/16529-domaine-gilbert-picq-fils-chablis?start=120#1068292). Nous sommes accueillis par Didier Picq qui nous présente le domaine et nous confirme que le millésime 2018 a été généreux (75 hl / ha en moyenne, sachant que le domaine ne fait « que » des villages et des premiers crus), davantage que 2019 (45 hl / ha). Nous attaquons ensuite la dégustation
Chablis 2018 :
100 % cuve, mise prévue début 2020.
Un chablis sur un profil solaire, bien mûr ; la sensation d’acidité est cependant présente et permet d’éviter tout côté pâteux. J’aime bien cette acidité « mûre » et pas stridente.Chablis 2017 :
Un profil plus « classique », plus frais des fruits blancs et des notes d’agrumes. Il y a une belle concentration pour un village, de la tension et de jolies notes salines. Un chablis « sérieux », mais avec du fond.Chablis En Vaudécorse 2017 :
Vignes sur argilo-calcaires, orientées ouest, proches de Vaucoupin.
Nez sur les zestes d’agrumes (citron mais aussi orange). L’attaque en bouche est large, avec un beau volume. Légers amers en finale et on retrouve les zestes d’orange en fond de verre. Atypique et gouleyant.Chablis VV 2017 :
Proche du Chablis « de base », avec un profil très côté de Beaune. Beaucoup de fruits blancs au nez, avec une petite note fumée. En bouche, c’est un peu plus dense et structuré, un poil plus austère aussi.Chablis Dessus la Carrière 2017 :
On est sur la rive gauche, avant Vosgros, en « altitude » ; 2 ha.
Nez au départ assez discret mais complexe : d’un côté des notes plutôt froides (minéral, craie, caillou) et de l’autre une touche exotique (ananas). En bouche, il y a du volume, avec un beau mixte maturité / salinité. On retrouve la touche exotique. C’est déjà assez gourmand avec une longue finale très salivante. C’est vraiment très bon et très très au-dessus des 2014 et 2015 dégustés chez Michel.Chablis 1er cru Vosgros 2017 :
J’avais bien aimé ce climat chez Droin, c’est pareil chez Picq. Nez pur, bien qu’assez discret, citronné, avec un peu de poire et des notes « minérales » assez marquées. La bouche est aérienne, bien équilibrée, fraîche, avec des notes iodées. Finale tendue avec un peu de noisette fraîche.Chablis 1er cru Vaucoupin 2017 :
Nez très floral, un vrai bouquet de fleurs blanches. L’attaque en bouche est large, sur le citron très mûr. La sensation de maturité élevée est cependant parfaitement contrebalancée par une belle acidité. On a donc un vin dense, dynamique, qui « avance » bien, avec une finale salivante qui claque bien. Ce très beau compromis maturité / acidité me semble être la marque de fabrique de nombreux chablis sur ce millésime 2017.Chablis En Vaudécorse 2016 :
Un profil atypique… mais que nous avons souvent rencontré sur les chablis 2016, à savoir des notes exotiques très présentes. Un vin assez gras, avec des notes beurrées et une acidité ressentie assez basse. J’ai trouvé l’ensemble un peu mou.Chablis 1er cru Vaucoupin 2016 :
Le jour et la nuit par rapport au 2017. Le nez est opulent, avec des notes fruits jaunes très mûrs, des herbes et des épices. En bouche, c’est encore la sensation de grande maturité qui domine, avec un vin large et presque « gras ». On retrouve les épices en finale. C’est bon, mais je préfère le profil du 2017….Chablis Dessus la Carrière 2015 :
Nez ouvert et expressif, avec beaucoup de fruits, bien mûrs, mais sans note « chaude ». La bouche est ronde et large, mais pas molle. Le vin a de la relance et beaucoup de fruit. C’est assez salivant et surtout très gourmand. La bouteille ouverte ce midi était encore meilleure et s’est vidée en un éclair. C’est pourtant un vin que j’avais mal goûté (à l’aveugle) chez Michel il y a six mois (« En bouche, la matière est légère, c’est fluide et surtout un peu mou ; finale courte »). Les mystères de la dégustation et/ou du dégustateur…Au final, une dégustation très intéressante, avec notamment une belle gamme de chablis villages, avec des caractères bien marqués. « L’effet millésime » est également bien sensible, ce qui n’est pas du tout pour me déplaire et constitue un bon prétexte pour revenir l’année prochaine. Un grand merci à Didier Picq pour sa simplicité et le temps qu’il a bien voulu nous consacrer.
Paul
- 27 octobre 2019 à 16h30
- in reply to: Domaine Jean-Paul & Benoît Droin, Chablis
CR: Le millésime 2018 au Domaine Jean-Paul & Benoît DroinAprès le domaine Gilles et Nathalie Fèvre, nous avons rendez-vous avec Benoît Droin pour découvrir le millésime 2018. Mes notes sont hélas assez succinctes car la discussion a été animée et le rythme de la dégustation élevé…
Pour caractériser ce millésime abondant, Benoît Droin a évoqué les 1989 et 1990.Petit chablis :
C’est gourmand, ouvert, avec du citron bien mûr, des petites notes épicées. J’ai trouvé que la finale chauffait un peu.Chablis :
Le nez est un peu fermé et fait plus « froid » que celui du petit chablis, avec des notes de cailloux. La bouche est à la fois bien mûre, mais sans excès (pas de côté chaleureux), et salivante. Davantage de densité que sur le petit chablis.Chablis 1er cru Vosgros :
Nez frais, avec des notes salines. Les fruits sont biens présents (poire, citron). La bouche montre un bel équilibre maturité / acidité, avec du volume. C’est moins tendu et « traçant » que 2017, sans être « mou » pour autant.Chablis 1er cru Vaillon :
Nez bien présent, assez large, avec beaucoup de fruits. La bouche est gourmande, pas très tendue. La maturité semble élevée, mais sans verser dans le « confit ».Chablis 1er cru Montmains :
Nez sur la poire, une touche de noisette fraîche et une note saline. En bouche, il y a de l’ampleur, du volume et un bel équilibre. Comme le 2017, un vin qui évoque la côte de Beaune.Chablis 1er cru Mont de Milieu :
Nez très citronné, avec une petite note de pralin. Enormément de fruits en bouche (citron, poire, pêche), du volume et une bonne acidité.Chablis 1er cru Fourchaume :
Nez très discret avec il me semble un peu de réduction. La bouche est large, ample, avec pas mal de puissance et pour la première fois une note « grasse » / beurrée.Chablis 1er cru Vaulorent :
Nez très pur et profond, avec des notes de cailloux / silex. La bouche est superbe : c’est à la fois dense et aérien, mûr et tendu, jusqu’à une longue finale saline. Mon préféré parmi les premiers crus.Chablis 1er cru Montée de Tonnerre :
Nez un peu moins « épuré » que sur Valorent, un poil plus « chaud » également, avec des notes fumées (presque lardées) assez présentes. Beaucoup de volume en bouche, avec une grosse matière très mûre. C’est moins « pointu » et aérien que Vaulorent, mais cela reste bien salivant. A ce stade, un vin que j’ai trouvé nettement plus accessible que le 2017 goûté l’an dernier.Chablis GC Blanchot :
Nez qu’il faut aller chercher, un peu de fruit (citron, poire) et de notes de craie. La matière est assez fine, le vin reste sur le devant de la bouche, avec des notes salines en finale. Cela me semble tout de même un poil plus gourmand que le 2017.Chablis GC Vaudésir :
Nez avec une note de noisette et un léger « grillé ». La bouche est assez volumineuse, sur le citron très mûr. C’est séducteur, rond, gourmand, avec une finale épicée, mais aussi un poil « chaude ».Chablis GC Valmur :
Très beau nez, frais, sur les fruits blancs et des notes florales. La bouche n’est pas en reste, avec une matière dense, compacte et beaucoup de profondeur. Finale d’une grande persistance. Superbe et impressionnant pour des vignes aussi jeunes (15 ans). Peut-être mon préféré à ce stade sur les GC.Chablis GC Grenouille :
Nez dans la continuité du Valmur, assez côte de Beaune, avec un élevage un peu plus présent. En bouche, le vin est déjà très accessible, bien équilibré. Il y a du volume et de la tension, avec une finale bien salivante. Je l’ai mieux goûté que le 2017.Chablis GC Les Clos :
Nez bien mûr, profond, avec une note fumée et quelques épices. Le volume en bouche est impressionnant, avec beaucoup de densité et une finale longue et salivante. Il m’a semblé à ce stade beaucoup plus en place et accessible que le 2017.Et un petit bonus pour terminer :
Benoît Droin nous demande ce que nous souhaitons goûter. Nous proposons Blanchot, sur un millésime un peu « ancien ». Ce sera 2002 et nous avons complètement oublié que nous l’avions déjà dégusté l’an dernier….
Chablis GC Blanchot 2002 :
Après un bon « secouage », le nez, légèrement évolué, dévoile des notes herbacées (fougère, fenouil), avec une note de beurre et une touche de miel. La bouche fait très jeune : après une attaque légèrement grasse, on ressent une forte acidité qui allonge le vin et une petite note de pralin en finale. Un vin construit sur la longueur, qui reste haut dans la bouche. Cela se déguste très bien aujourd’hui, mais le potentiel de vieillissement semble encore important. Je l’ai trouvé plus en forme et moins austère que celui dégusté l’année dernière.S’agissant des 2018, il m’a semblé que le caractère solaire du millésime était assez peu marqué (les pluies abondantes du printemps y sont sans doute pour quelque chose), avec des acidités ressenties « satisfaisantes ». C’est sans doute moins dense, structuré et équilibré (maturité / acidité) que 2017, mais certaines cuvées étaient aussi plus accessibles (Montée de Tonnerre ; Clos).
Un grand merci à Benoît Droin pour son accueil et sa générosité.
Paul
- 27 octobre 2019 à 16h17
- in reply to: Domaine Nathalie et Gilles Fèvre, Chablis
Quelques 2017 et 2018 au Domaine Nathalie et Gilles Fèvre CR:
Comme l’an dernier à la même époque (début octobre), c’est la journée Chablis avec l’ami Tuukka (Podyak) qui a tout organisé avec son efficacité habituelle.
Quatre domaines au programme : Gilles et Nathalie Fèvre, Droin, Picq et l’Enclos.C’est donc le domaine Gilles et Nathalie Fèvre, qui ouvre le bal et nous sommes accueillis cette année par Nathalie avec laquelle nous évoquons le millésime 2019 : début des vendanges le 11 septembre et des rendements (40 hl / ha en moyenne) nettement inférieurs au généreux millésime 2018. Nathalie Fèvre évoque des petites grappes et des petites grumes avec peu de jus. Nous commençons la dégustation de quelques 2018 et 2017.
Petit chablis 2018 (1,5 ha) :
Nez sur le citron confit avec une petite sensation sucrée. La bouche est davantage sur les fruits blancs, c’est accessible et assez gourmand, avec cependant une finale un peu molle et « fuyante ».Chablis 2018 (33 ha) :
De belles notes florales au nez et du citron bien mûr. La bouche est ronde et assez large, mais sans lourdeur. Finale qui reste relativement salivante avec de très légers amers. C’est moins tendu et moins frais que le 2017 goûté l’année dernière, mais sans pour autant verser dans le chaleureux ou le pâteux.Chablis VV 2017 :
1er millésime pour cette cuvée, issue de vignes de plus de 50 ans (7/8 ha sur les 33 en chablis village ; mise : novembre 2018).
Nez discret au départ, sur le cailloux / calcaire. A l’aération, le citron frais et la poire font leur apparition, avec aussi des notes florales. La bouche est un poil austère en l’état, très citronnée, mais avec de la densité et de la matière (davantage que dans le chablis « classique » qui était en revanche plus gourmand et accessible). Longue finale fraîche et salivante. Beaucoup de pureté et de netteté sur ce vin qui devrait encore mieux s’exprimer dans 2 ou 3 ans.Chablis 1er cru Fourchaume 2018 :
Nez large, puissant, opulent, avec du citron très mûr, des notes de fruits jaunes et quelques épices. Un vin sur la largeur, qui a tendance à rester en bas de la bouche ; c’est un peu mou, avec un côté solaire assez marqué. J’ai moins aimé.Chablis 1er cru Mont de Milieu 2018 :
Le nez est plus « serré » que sur Fourchaume, plus frais également, sur les fruits blancs. La bouche n’est pas marquée par la chaleur du millésime : c’est assez tendu et salivant, avec de la fraîcheur et de la gourmandise.Chablis 1er cru Vaulorent 2017 :
Très beau nez, pur et net, avec à la fois du fruit bien mûr et de la fraîcheur ainsi qu’une petite pointe épicée. Superbe équilibre en bouche, avec beaucoup de volume et de densité, une belle acidité et une longue finale sur des notes salines. C’est tout à fait à mon goût !Chablis GC Preuses 2017 :
C’est le premier nez sur lequel l’élevage est sensible (30 % de fût contre 15 % sur Vaulorent par exemple). En bouche, c’est assez opulent, avec un côté « enrobé ». On est sur les fruits blancs bien mûrs avec une matière qui tapisse bien le palais. L’acidité du millésime permet cependant de faire « avancer » le vin et ainsi d’éviter toute mollesse ou lourdeur. C’est très bon (pour moi assez nettement au-dessus du 2016 dégusté l’an dernier), mais j’ai préféré le profil de Vaulorent.Après celle de l’année dernière, cette dégustation aura confirmé la très grande qualité du millésime 2017 au domaine (sur ces deux dégustations, nous aurons pu goûter l’ensemble de la gamme, à l’exception du petit chablis : Chablis, Fourchaume, Mont de Milieu l’an passé ; Chablis VV, Vaulorent et Preuses cette année). Quant à 2018, l’effet millésime se fait parfois sentir (Fourchaume), mais jamais de façon excessive.
Un grand merci à Nathalie Fèvre pour son accueil chaleureux et ses explications précises et instructives.
Paul
Et pourtant ce n’est même pas la côte brune….:woohoo:
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2123234-7089-2-Bouteilles-Cote-Rotie-Jamet-1991-Rouge.jsp
Paul- 19 juin 2019 à 3h27
- in reply to: LPV berges de l’Yvette – Acte 3
Ayant été appelé à la barre par Marc :cheer: , je confirme que Beychevelle était sorti « vainqueur » lors d’une horizontale 1986 en 2016 (c’est ici, j’ai déjà mis le lien dans le CR : https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bordeaux/41158-cr-bon-anniversaire-au-millesime-1986-a-bordeaux-rive-gauche#935423). Il y avait en face : Montrose, Cos, Lagrange, Gruaud (hélas légèrement bouchonné), Figeac, Haut-Bailly, Pichon Comtesse, Rauzan ségla et Lynch Bages. Je l’ai depuis goûté 2 fois (la 2nde avec l’Yvette) et il a été au même niveau (pour moi très élevé). De ce que j’ai pu boire sur ce millésime (pas de 1er GCC et autres Pétrus, Ausone, Cheval blanc…), c’est vraiment ce qui se fait de mieux avec Gruaud (lorsqu’il n’est pas bouchonné), Lynch Bages (sur certaines bouteilles seulement, car c’est un vin que je trouve très irrégulier) et les 2 Pessac Haut-Bailly et Pape Clément (même si ce dernier commence à fatiguer un peu depuis quelques années).
Pour en revenir à la présente dégustation, il y a eu effectivement un passage, disons un peu difficile (Corton 1999, Bonnes Mares 2004 – Michel est méchant, tout le monde le sait… 😀 – et Grange des Pères 2000). Mais c’est le lot de toute dégustation éclectique avec, une fois l’étiquette découverte, son lot de déceptions (Rostaing) et de découvertes (Castéra).Paul
- 12 juin 2019 à 22h45
- in reply to: Domaine Gondard-Perrin
CR:
Petit passage au domaine Gondard-Perrin en ce week-end de l’ascension. Nous sommes accueillis par Mylène qui nous fait d’abord visiter les nouvelles installations, et notamment la nouvelle cave qui n’existait pas encore lors de notre précédent passage. Nous croiserons ensuite le fils, Franz-Ludwig, qui a rejoint le domaine en 2015 (avec quelques hectares de vignes supplémentaires) et bénéficie du programme de l’UE en faveur de l’installation des jeunes agriculteurs.
VdF Secret de femme 2018 (rosé : gamay) :
Robe très claire avec quelques reflets saumonés. Le nez est sur les petits fruits rouges (groseille) et les agrumes. La bouche est assez sympa, bien « sèche » et d’un volume honorable. AB +Viré-Clessé Symphonie 2016 (assemblage de plusieurs petites parcelles) :
Nez très frais, « pointu », sur les zestes d’agrumes, une note végétale et une touche anisée. L’ensemble fait davantage penser à un sauvignon qu’à un chardonnay du mâconnais. La bouche est très tendue, avec une acidité élevée et un poil de verdeur. AB –Viré-Clessé Symphonie 2017 :
Nez frais, mais plus rond que le 2016, légèrement épicé, sur le citron frais, les fruits blancs et une petite pointe d’ananas à l’aération. En bouche, le volume et la densité sont nettement supérieurs au 2016. L’ensemble fait plus mûr, avec davantage de rondeur et un beau fruité. On retrouve les épices en finale. B –Viré-Clessé Tradition 2017 :
A l’aveugle, c’est sans doute le nez que l’on placerait le plus facilement dans le mâconnais, avec du citron légèrement confit et de belles notes exotiques (ananas, mangue). La bouche est assez dense, mais sans lourdeur. Il y a de la vivacité, beaucoup de fruits et un peu d’épices en finale. BViré-Clessé Belvédère 2017 :
Nez moins « exotique » que le Tradition et qui fait davantage penser à la côte de Beaune : on est sur les fruits blancs, le citron, avec des notes fumées et de pierre à fusil. La bouche est assez concentrée, salivante, avec des notes crayeuses. L’acidité est assez élevée, mais sans être agressive, avec une finale qui « claque » bien. B +Viré-Clessé vieilles vignes 2017 :
Joli nez sur le citron confit, de belles notes florales (tilleul) et une note de miel. La bouche est assez puissante, structurée et concentrée. On est clairement un cran au-dessus des cuvée précédentes en termes de matière et de volume. TB / TB +Viré-Clessé vieilles vignes 2016 :
Nez peu expressif, très frais, avec quelques notes citronnée. En bouche, la matière est légère et ne donne pas l’impression d’une grande maturité. Finale marquée par l’amertume (amande verte). ABViré Clessé Aux Quarts 2016 :
Nez très fruité sur la pêche blanche, la poire et quelques notes plus exotiques (mangue). La bouche est ronde et bien enveloppée, mais sans mollesse, sur des notes de poire très présentes. Belle finale salivante et saline. Beau vin. TBViré-Clessé Fontenay 2017 :
Viré-Clessé Aux Mares 2017 :
Un bref commentaire commun pour ces deux cuvées élevées en fûts (les précédentes étaient en cuves) : j’ai trouvé ces deux vins excessivement boisés, lourds, avec un côté « confit » et des notes de beurre, de caramel, de café qui prenaient totalement le dessus sur le fruit. Je n’arrive pas à voir ce qu’un tel élevage apporte à ces vins, mais force est de constater que ces derniers ont été appréciés par une bonne majorité des dégustateurs présents…. Il est vrai que la mise était toute récente, mais j’ai un peu de mal à imaginer comment un tel élevage pourra être digéré au fil des ans. A noter que nous n’avons pas goûté les deux autres cuvées élevées en fûts (Brechen et Chapotin) dont la mise doit intervenir dans les prochaines semaines.VdF Caprice d’automne 2016 (?) :
Vendange tardive, 25 gr de SR, 16°.
Nez assez sympa sur la mirabelle, le miel, avec un peu de fleur d’oranger et de safran. La bouche est moins flatteuse, avec un sucre sensible, un vin qui « colle » un peu et manque de fraîcheur. Il y a de l’abricot, mais aussi un peu d’amertume en finale. B –Pour moi, deux cuvées se détachent de cette dégustation : VV 2017 (10,50 €) et Aux Quarts 2016 (13 € ; beaucoup moins convaincu, en revanche, par les deux autres 2016 – Symphonie et VV – dont la maturité m’a semblé un peu limite….). Un grand merci à Mylène pour son accueil toujours aussi sympathique et le temps qu’elle a bien voulu nous consacrer.
Paul
- 10 juin 2019 à 16h42
- in reply to: LPV berges de l’Yvette – Acte 3
Merci à Marc d’avoir ouvert le bal pour évoquer ce long déjeuner chez Michel, qui s’annonçait copieux et surtout très très arrosé (22 bouteilles au dernier pointage…). Pas de thème particulier, chacun vient avec ce qu’il souhaite faire goûter et on tente de mettre un minimum d’ordre dans tout cela. C’est parti !
Vin n° 0 (en attendant que la troupe soit au complet : donc cela fera 23…)
Nez qui fait bien mûr, légèrement épicé, sur des notes de coing et de poire avec un tout petit peu de caramel. L’attaque en bouche est assez fraîche et salivante, mais la suite n’est pas très expressive : le vin semble un peu fermé, avec une finale un peu dure et chaude. Un vin qui semble encore très jeune et sur la réserve. B
Savennières, Roche aux Moines, Château Pierre Bise, 2015Vin n° 1
Nez rond, « enveloppé », légèrement épicé avec des fruits blancs, un peu d’agrumes, de fruits secs des notes « crayeuses ». L’attaque en bouche est généreuse, avec de la pomme verte et à nouveau ces notes « crayeuses ». La bulle est fine et plutôt en retrait ; la finale est droite, assez tranchante, mais sans agressivité excessive. Aucune note oxydative sur ce vin qui semble promis à un bel avenir. TB
Champagne Les Rachais brut nature, Boulard, 2008Vin n° 2
Nez assez mutique (le vin est sans doute trop froid). Le réchauffement apportera surtout des notes végétales (bourgeon de cassis, buis, limite « pipi de chat »). La bouche est assez salivante, mais dans un registre austère. On retrouve du végétal, avec également une petite note de groseille à maquereau. L’acidité est mordante et l’ensemble ne donne pas une impression de grande maturité. AB+
Sancerre Le Damier, Domaine Daniel Chotard, 2015Vin n° 3 (pas à l’aveugle)
Nez pas tout à fait net (c’était le cas dès l’ouverture quelques heures plus tôt) avec une petite note liégeuse / poussiéreuse. Il y a un peu de pomme cuite et de coing, quelques épices, mais cela reste relativement peu expressif. La bouche est en revanche très agréable, sans être pour autant d’une très grande complexité. Le fruit est bien présent (fruits jaunes, poire, coing) et le sucre a été en grande partie « digéré ». C’est frais, assez aérien, élégant et très digeste. J’ai trouvé que l’accord avec le foie gras fonctionnait plutôt bien, même si l’ensemble était un peu « riche ». Pas de magie sur ce vin, mais du plaisir. B- pour le nez ; TB+ pour la bouche.
Vouvray, Le Haut-Lieu, moelleux, Domaine Huet, 1989Vin n° 4
Là encore le vin est servi un peu trop froid. Le nez est donc d’abord peu causant et me fait plutôt penser à un sauvignon pas très mûr… La bouche est austère, très tendue et le vin se termine assez court : cela manque vraiment de fruit et de gourmandise. Quelques heures plus tard, les choses se sont un peu améliorées, avec une matière un peu plus enrobée et quelques notes citronnées. Ce n’est pas l’extase pour autant et c’est pour moi une seconde déception avec ce vin après le 2015 dégusté lors de notre précédente rencontre. AB
Chablis, Dessus la carrière, Domaine Gilbert Picq & Fils, 2014Vin n° 5
Robe ambrée, nez sur le coing, le caramel et le safran. On partirait plutôt sur un moelleux de Loire d’un certain âge. La bouche est en revanche totalement « sèche » et n’offre pour moi aucun plaisir, avec une acidité très élevée, des notes oxydatives et une finale dure qui fait grimacer en raison d’une très forte amertume. Un vin bu trop tard ? Moyen
Saumur blanc, Les Cormiers, Château de Villeneuve, 1999Vin n° 6
Le premier nez a un côté un peu « sucrailleux » pas très agréable, mais qui disparaitra à l’aération pour laisser place à de belles notes de fruits jaunes, d’épices et d’herbes aromatiques. L’attaque en bouche est légèrement beurrée, mais sans lourdeur. Il y a du fruit, c’est relativement frais et aérien, avec une finale assez épicée mais qui ne chauffe pas. C’est très bon et cela fait encore très jeune. Un vin que j’ai mieux goûté que chez Jean-Loup il y a un an et qui ressemblait davantage au 2009 dégusté à cette occasion (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/rhone/46547-chateauneuf-du-pape-2007-et-2009#1020961). TB + / Excellent –
CDP blanc, Château de Beaucastel, 2007Vin n° 7
Nez avec une très forte réduction, comprimé et qui pour moi masque tout le reste. La bouche est sur le même registre : on sent une jolie matière mais il est difficile de déterminer ce qu’il y a vraiment derrière cette réduction. Cela me semble être de façon assez certaine un côte de Beaune et je tente quelques noms de domaines (Sauzet, Colin-Morey), sans succès. Grosse surprise et grosse déception à la découverte de l’étiquette, n’étant jamais tombé sur une bouteille de ce type chez ce vigneron que j’aime beaucoup. AB en l’état
Meursault village, Les Corbins, Vincent Dancer, 2010Il est grand temps d’attaquer les rouges !
Vin n° 8
Après à peine 5 secondes, l’ami Oliv semble avoir trouvé et la levée de la chaussette le confirmera. Robe très claire, nez sur les fruits rouges frais (notamment la fraise), très légèrement sucrés et épicés, avec une légère pointe d’alcool. La bouche est toute en délicatesse, avec une matière souple et légère et des tanins presque imperceptibles. L’acidité est assez haute, avec également un côté épicé et une légère amertume en finale. C’est bon. TB-
Langhe Nebbiolo, Occhetti, Prunotto, 2016Vin n° 9
Nez sombre, sur les fruits noirs, les épices et quelques notes d’évolution (cuir, sous-bois). En bouche, c’est sur un registre costaud et assez austère, avec de l’accroche et des tanins encore sensibles, ainsi que des notes plus végétales et « terreuses ». La finale chauffe un peu. Contrairement à certains de mes camarades, j’ai trouvé que ce vin manquait cruellement de gourmandise et n’offrait que très peu de plaisir. A revoir donc une autre fois… AB +
Moulin à vent, Domaine des vignes du Tremblay, Domaine Janin, 2009Vin n° 10
Au nez on a d’abord des notes florales et sanguines pouvant faire penser à un Rhône nord ; à l’aération, le nez devient plus sombre et « chaud », avec un peu de pruneau, de fruit cuit et des épices. En bouche, la matière est dense, sur un registre « noir » et austère, avec encore pas mal d’accroche. La finale serre un peu, mais ne chauffe pas trop. Un vin qui semble encore un peu jeune. B –
CDP, Domaine Lou Fréjau, 2011Vin n° 11
Nez qui oriente rapidement en Rhône nord, avec de belles notes florales (violette) et de fruits légèrement confiturés (mure, framboise), ainsi qu’un peu de poivre. C’est très parfumé, fin et délicat. Le fruit se retrouve en bouche, mais la matière semble trop légère pour compenser des notes végétales sensibles (ça sent la vendange entière…) et des tanins accrocheurs. La finale froide et marquée par l’amertume gâche encore un peu plus le plaisir. A la levée de la chaussette, on est surpris de découvrir la côte blonde et non la cuvée de base sur un millésime froid… TB + pour le nez / AB + pour la bouche
Côte rôtie, côte blonde, domaine Rostaing 2007Vin n° 12 (pas à l’aveugle)
Nez relativement discret, sur la cerise, la groseille et la framboise, avec une petite note florale et poivrée. La bouche offre une matière légère, souple et délicate, avec des tanins fondus. Le fruit est encore bien présent (je n’ai pas trouvé de note d’évolution) et on a une finale fraiche et digeste. C’est bon, mais, sur ce millésime, j’en attendais un peu plus (densité, profondeur), surtout après goûté quelques Volnay 1er cru du domaine (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bourgognebeaujolais/26618-domaine-rebourgeon-mure-pommard?start=60#1041959). B+ / TB –
Pommard 1er cru, Clos des Charmots, Domaine Rebourgeon Mure, 2010Vin n° 13 (pas à l’aveugle)
Nez très ouvert et d’une grande complexité sur un mixte de fruits rouges et noirs confiturés, très légèrement sucrés, du balsamique et des notes de cuir, de tabac et de graphite. La bouche est elle aussi superbe. On sent que c’est pas jeune… mais sans les mauvais côtés du vieux : le fruit est encore très présent et les notes tertiaires quasiment absentes (pas de champignon). La bouche est pleine, juteuse, salivante, avec beaucoup de finesse à l’attaque et ensuite beaucoup de volume. Très longue finale avec beaucoup de fraîcheur. La classe… Grand vin, à son apogée, et qui nous avait déjà fortement impressionné lors d’une horizontale Bordeaux 1986 (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bordeaux/41158-cr-bon-anniversaire-au-millesime-1986-a-bordeaux-rive-gauche#935423).
Saint-Julien, Château Beychevelle, 4e GCC, 1986Vin n° 14
Nez évolué (champignon, sous-bois) et un peu poussiéreux, avec quelques notes de fruits à l’eau de vie. La bouche semble passée, avec un fruit qui a disparu pour laisser place à l’alcool. Pas de plaisir sur ce vin. AB
Corton GC, Les Carrières, Domaine Jacob, 1999Vin n° 15
Nez avec un curieux mélange d’épices et de végétal. L’attaque en bouche est relativement aimable, mais très rapidement, c’est la soupe à la grimace : le vin serre, il est dur, acide, décharné et surtout très très vert avec une finale qui sèche affreusement. Les joues se creusent, les rictus apparaissent sur les visages, le crachoir se remplit… Michel, c’est pas possible, il te reste encore des 2004 ? Et oui…. Un village de la côte de Beaune ? Non, un GC de la côte de nuits (pas pire que le Latricières de chez Louis Rémy dégusté avec Oliv il y a quelques années, mais de peu…) :woohoo: !
Bonnes Mares, Domaine Castagnier, 2004Vin n° 16
Nez fatigué, cuit, avec des notes de pourri, de moisi pour moi rédhibitoires. La bouche fait clairement « passée », avec un mixte fort désagréable de notes sucrailleuses et de pourri / moisi. Un peu de stupéfaction à la découverte de l’étiquette…
IGP Pays d’Hérault, Domaine de la Grange des Pères, 2000Après cette triplette, vivement la sortie de tunnel !
Vin n° 17
Nez avec de la réduction, qui ne masque pas cependant un joli fruit (rouge), avec quelques notes épicées. La bouche est bien équilibrée et assez gourmande ; c’est sur un registre frais, mais avec une matière plutôt soyeuse. Finale salivante. Un joli vin qui doit pouvoir se garder encore un peu. B+ / TB –
Fixin, Champ des Charmes, Domaine Jérôme Galeyrand, 2012C’est terminé pour les rouges ; retour aux blancs pour les (très nombreux et excellents) fromages et le dessert (tarte au citron meringuée), avec deux secs et trois sucres.
Vin n° 18
Nez ouvert et agréable sur la poire et le citron, avec une petite note de rose. En bouche, c’est à la fois bien mûr et salivant. Du peps et de la gourmandise. Un vin qui fait encore très jeune et devrait gagner en complexité, même si c’est déjà très bon. TB
Sancerre, Les Chasseignes, Domaine du Pré Semelé (Julien et Clément Raimbault), 2016Vin n° 19
Nez qui évoque assez nettement le riesling, avec des agrumes, des fruits blancs, du floral et une petite note de caoutchouc. La bouche est agréable et bien équilibrée, avec pas mal de peps ; l’acidité est haute sans être dérangeante, avec une finale qui « claque » bien. TB –
Riesling, Château Belà, 2012 (Slovaquie)Vin n° 20
Au nez, les fruits exotiques (mangue, ananas) et la truffe blanche nous mettent assez rapidement sur la voie. L’attaque en bouche est volumineuse et bien fruitée, mais sans aucune lourdeur grâce à une énorme acidité qui « booste » le vin et lui donne un peps terrible. L’équilibre sucre / acidité est assez génial et en tout cas parfaitement à mon goût. Manque peut-être encore un peu de complexité aromatique qui viendra sans doute avec le vieillissement Après le Terroir de la cerisaie du Clos Thou, dégusté lors de la dernière rencontre de LPV75, un second Jurançon moelleux qui fait mouche ! Excellent
Jurançon, Caubeigt, Domaine Castéra, 2016Vin n° 21
Au nez, de l’eau de parfum, de la rose, du litchi : ça sent le Gewurtz, sur un registre plutôt fin et délicat. La bouche est en revanche très puissante, presque saturée de parfums, et laisse une sensation de lourdeur peut-être accentuée par son passage après le Jurançon. On a pas très envie de se resservir. B –
Gewurtztraminer GC, Zinnkoepflé, Domaine Léon Boesch, 2009Vin n° 22
Nez qui fait assez Sauternes, sur l’abricot, l’orange confite, le caramel et le safran. En bouche, on retrouve le fruit, mais aussi des notes de cire / encaustique assez sensibles. C’est bon, mais un poil lourd, mou et chaud, notamment en comparaison du Jurançon (pas facile de passer après ce vin…). B+
Sainte-Croix-du-Mont, Château La Rame, Réserve, 2001Ouf, on est arrivé au bout : il ne reste plus qu’à rentrer… Un très grand merci à Michel pour son accueil, son humour (cela ne surprendra personne), sa passion du millésime 2004 en Bourgogne et sa cuisine, et notamment la qualité des viandes nombreuses et variées. S’agissant du début de repas, l’enchaînement andouillettes / foie gras / pieds de porc restera dans les mémoires !
Paul
Gonon toujours au top….
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2120610-7639-1-Bouteille-Saint-Joseph-Gonon-Domaine-Vieilles-Vignes-2007-Rouge.jsp
Et du côté de Cornas….
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2120008-5085-2-Bouteilles-Cornas-Marcel-Juge-cuvee-C-1988-Rouge.jsp
Et la Bourgogne toujours au top !
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2119995-3315-1-Bouteille-Clos-de-la-Roche-Grand-Cru-Vieilles-Vignes-Ponsot-Domaine-Cuvee-Vieilles-Vignes-1985-Rouge.jsp
Pas donné le Bourgogne générique….
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2119976-2111-3-Magnums-Bourgogne-Comte-Georges-de-Vogue-2009-Blanc.jspPaul