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- 23 mai 2019 à 21h33
- in reply to: Domaine Hubert Lignier, Morey Saint-Denis
CR:
Avec un peu de retard, je me permets d’ajouter mes notes à celle de SP. Autant le dire tout de suite, j’ai été très impressionné par le niveau des vins de Laurent Lignier sur ce millésime 2017 qui ne semble pas faire l’unanimité. J’étais sans doute dans un jour « fruits » et il est vrai également que les conditions de dégustation dans la cave de Laurent Lignier, toujours aussi chaleureux, sont vraiment optimales (même si cette année, il faisait un peu froid). Il convient également de rappeler que Laurent Lignier nous avait déjà bluffé avec le millésime 2013, qui n’est pourtant pas réputé comme le plus grand de ces dernières années.
Morey St-Denis 1er cru VV 2018:
Nez très parfumé, avec notamment de la mûre et de la fraise des bois. La matière est dense, bien mûre, avec beaucoup de profondeur et de soyeux. La vendange entière apporte du peps et de la fraîcheur en finale. Superbe fond de verre très parfumé. Tout cela se présente déjà très bien…Les 2017 :
Gevrey Chambertin village Les Seuvrées :
Nez très légèrement réduit, sur les fruits noirs et une petite note de vanille. La bouche est assez vive, mais l’acidité est bien compensée par une matière enrobée et assez soyeuse. Les fruits noirs sont bien présents, l’élevage également, et la persistance plus qu’honnête. BChambolle Musigny village Les Bussières :
Nez ouvert sur les fruits rouges frais, et notamment la groseille. En bouche, on a un très beau fruit, avec une matière relativement légère mais assez enrobée et de la fraîcheur. Une petite note végétale en finale. B / B+Morey St-Denis village Trilogie :
Nez pur et net, sur le sirop de fruits, avec notamment beaucoup de framboise. On retrouve ce très beau fruit en bouche, avec une matière douce et suave et un bel équilibre. Il y a du fond et de la fraîcheur. TBMorey St-Denis 1er cru Les Chaffots :
Au nez, l’élevage est plus sensible que sur les vins précédents. On est sur un registre frais mais aussi aérien, sur les fruits rouges un peu acidulés, avec une note de rafle que j’ai trouvée assez présente. En bouche, il y a de la densité et de la profondeur, mais on garde le côté frais et aérien, avec une acidité assez haute. Longue finale sur les petits fruits rouges. TB+Morey St-Denis 1er cru VV :
Nez relativement discret, mais très complexe et élégant : on a le fruit (bonbon à la fraise), le floral (rose) et une note minérale / saline. La bouche est splendide, tout y est : le fruit frais, le soyeux de la matière, la structure, l’acidité, la longueur. Un régal de finesse, de complexité et d’élégance : du très grand pinot bourguignon. J’ai adoré ce vin, qui avait un côté mystérieux, donnant furieusement envie de le regoûter dans quelques années. Grand vinCharmes Chambertin GC :
Nez qui va s’ouvrir au réchauffement, sur les fruits rouges fraises et quelques notes florales. Le « toucher de bouche » est superbe, avec une matière soyeuse et enrobée. Le fruit est pur et éclatant, c’est frais, gourmand et salivant. Un GC qui séduit par son accessibilité et son côté « évident », comme sur les millésimes précédents, et notamment 2013. ExcellentClos de la Roche GC :
Nez profond, sur les fruits noirs, le caillou, avec de belles notes florales et une pointe de vanille. La bouche impressionne par sa densité et sa structure. Sur un registre sérieux et légèrement austère, on retrouve les fruits noirs, bien mûrs, sur une structure plus froide (caillou, calcaire). Beaucoup de « tension » tout au long de la bouche et une finale d’une longueur impressionnante. L’opposé du Charmes. A attendre sagement. Excellent aujourd’hui, grand vin demain ?Charmes Chambertin GC 2003 :
Nez légèrement évolué sur les fruits compotés, les épices et des notes de ronce et de pot-pourri. La bouche est superbe, avec à la fois un fruit très mûr et concentré (sirop), quelques notes d’évolution et une belle acidité qui apporte beaucoup de fraîcheur et de relance au vin. C’est très gourmand, avec une longue finale salivante. ExcellentEn conclusion, le Morey 1er cru VV 2017 restera pour moi le rouge de ce séjour bourguignon.
Paul
- 20 mai 2019 à 20h58
- in reply to: LPV Vaucluse et le JuraTour se retrouvent chez Hubert
Il était fermé quand je l’ai ouvert… (Christophe)
Mythique ! :DD
Effectivement Oliv, on dirait du Blier dans Buffet froid :
La veuve (Geneviève Page) : mon mari m’a dit « ils me descendent puis ils montent ; tiens-toi prête » : je suis prête.Paul
Franchement, ça me dépasse, et encore plus avec un tel niveau et une telle couleur…. 😕
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2117522-3656-1-Bouteille-Meursault-Les-Narvaux-dAuvenay-Domaine-2001-Blanc.jsp
Et en parlant de couleur….:O!
https://www.idealwine.com/fr/acheter-vin/B2117522-3579-2-Magnums-Chevalier-Montrachet-Grand-Cru-Domaine-Leflaive-1987-Blanc.jspPaul
- 12 avril 2019 à 16h09
- in reply to: Domaine Jacques-Frédéric Mugnier, Chambolle-Musigny
CR:
Merci SP pour le CR. Effectivement, la Maréchale 2008 a sauté lors de la transmission des notes…NSG 1er cru Clos de la Maréchale 2008 :
Superbe nez de pinot qui commence à évoluer sur les fraises légèrement sucrées, les épices, la ronce, des notes de pot-pourri et une toute petite pointe de champignons. La bouche est fine et digeste, la matière assez légère, avec une acidité haute mais pas mordante ; on ressent une très légère amertume en finale ; un beau 2008, surtout pour le nez ; TB-Paul
- 9 avril 2019 à 11h09
- in reply to: Un repas, mes amis …
Lors d’une petite verticale Figeac il y a 18 mois, 1989 s’était très bien goûté, mais un peu moins bien que le 1990 qui faisait vraiment très bourguignon (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/bordeaux/55-chateau-figeac-saint-emilion?start=480#1001369)
Paul- 8 avril 2019 à 0h18
- in reply to: Domaine E. Guigal
CR:
Côte Rôtie La Mouline, La Turque, La Landonne, E. Guigal 2006Pour affronter le passage du demi siècle, il fallait bien un soutien de poids…
La Mouline (côte blonde ; 89 % syrah ; 11 % viognier) :
Robe rouge rubis très brillante. Nez intense, complexe et frais sur les fruits rouges acidulés et de belles notes florale (violette) ; s’y ajoutent du cuir, des épices, une pointe fumée ainsi que des notes sanguines et de viande grillée très présentes ; c’est encore très jeune, même si on peut détecter une toute petite note d’évolution type sous-bois. La bouche est construite sur la longueur, mais avec énormément d’intensité, d’énergie et de concentration ; on retrouve les fruits rouges, des notes de bacon ; l’acidité est relativement haute, les tanins sensibles, mais d’une très grande finesse, et le boisé très bien intégré (40 mois d’élevage en fûts neufs…) ; très longue finale fraîche et poivrée. Enormément d’élégance pour cette côte rôtie « aristocratique », encore très jeune, mais tout à fait abordable ; Grand vinLa Turque (côte brune ; 93 % syrah ; 7 % viognier)
Ayant déjà eu la chance de croiser cette bouteille chez Jean-Loup fin 2016, je peux presque me contenter de recopier mon CR de l’époque, car rien ou presque n’a changé : c’est toujours aussi beau ! Robe plus sombre que la Mouline. Superbe nez sur les fruits noirs (mûre) auxquels s’ajoutent le poivre, les épices et de belles notes lardées / fumées. En bouche, on a à la fois le volume, la puissance maîtrisée, l’énergie, le soyeux et la suavité de la matière, la profondeur et la finesse des tanins. L’élevage est parfaitement intégré et la longueur superlative. S’il fallait pinailler, je dirais que pour la bouche le fruité m’a semblé un tout petit peu moins éclatant qu’il y a 2 ans ; Grand vinLa Landonne (100 % Syrah) :
Robe la plus sombre et la plus opaque des trois. Nez sombre et noir : fruits noirs (liqueur de mûre), olives noires, notes de cendres, de fumée, de suie ainsi que quelques épices ; à noter que l’élevage est encore assez perceptible. L’attaque en bouche est « virile » : un vin massif, avec une structure imposante, de l’accroche, une grosse charge tannique, et des tanins moins fins que sur les 2 autres ; il y a également une sensation végétale de type rafle qui donne une certaine austérité au vin, ainsi qu’une note légèrement métallique ou ferreuse ; l’alcool est également sensible, contrairement aux 2 autres. La finale est encore bien serrée, même si le vin s’est un peu détendu avec l’aération dans les verres. La moins prête des trois, à oublier en cave encore une bonne dizaine d’années. TB en l’état.Paul
- 6 avril 2019 à 0h38
- in reply to: Domaine des Croix, Beaune
CR:
Le millésime 2017 au domaine des CroixC’est le premier rendez-vous de cette virée bourguignonne de début de printemps. Nous arrivons à Beaune à 9 h, après une nuit un peu courte…. Nous avions découvert le domaine des Croix avec les vins du millésime 2015 que nous avions beaucoup appréciés, avec notamment de très belles maturités et des tanins fins et poudrés. Il nous tardait donc de savoir quelle pouvait être la part de l’effet millésime dans cette appréciation.
Après un millésime 2016 très compliqué en raison du gel (7 hl / ha…), le millésime 2017 a été un soulagement pour le domaine avec des rendements moyens du 45 hl /ha (43 pour 2018), pour des vendanges démarrées le 4 septembre (avec une pluie bienvenue le 29 août). David Croix nous explique cependant que les matières étaient plus légères qu’en 2015 et 2016 et qu’il a fallu aller un peu les chercher (davantage de pigeages notamment) ; selon lui, 2017 pourrait être un mixte de 2000 et 2002, avec un millésime à la fois mûr et frais.
Au cours de la conversation, David Croix évoquera assez longuement sa volonté de mettre en valeur les terroirs de Beaune et de donner davantage de visibilité aux « petits » vignerons ayant l’essentiel de leurs vignes sur cette appellation et qui sont encore aujourd’hui un peu « écrasés » par les « grandes maisons » et leurs cuvées phares (Bouchard avec les vignes de l’enfant Jésus et le Clos Saint-Landry ; Drouhin et le Clos des Mouches ; Chanson et le Clos des Fèves, etc).Nous descendons à la cave pour attaquer la dégustation du millésime 2017 (mises en octobre 2018 pour les villages, début mars 2019 pour les premiers crus et très bientôt pour les grands crus).
Aloxe Corton Les Boutières (vignes de 60 ans, bas de coteaux, argiles profondes) :
P (Paul) : Nez bien fruité, légèrement fumé et épicé. La bouche est relativement aimable et gourmande, avec peu d’accroche et une belle acidité ; la concentration n’est pas très grande, mais le vin est digeste avec une finale agréable et fruitée ;B-
T (Tuukka) : Nez sur les fruits rouges mûre (burlat) mais aussi des fruits plus « mats » (pointe de pruneau). Acidité assez nette en bouche. Pas hyper concentré mais tout de même une certaine densité (très légère mâche). Retro sur les fruits rouges (framboise). Friand, ça glisse bien en bouche avec des tannins (très) fins. Vin plutôt frais avec jolie finale florale, fruitée. B(+)
SP (superpingouin) : notes indéchiffrables sur celui-là….Beaune village (assemblage de différentes parcelles : Blanche Fleur, La Blanchisserie, Les Teurons et Les Pointes de Tuvilain ; sur argiles et marnes) :
P : Nez frais, sur les petits fruits rouges acidulées, la cerise, avec un léger trait vert. En bouche on a davantage de volume que sur l’Aloxe ; on retrouve les fruits rouges, le vin « glisse » bien, avec une acidité sensible mais qui ne déséquilibre pas l’ensemble ; finale fraîche légèrement poivrée ; B- / B
T : Robe assez claire. Nez sur les fruits rouges, la cerise, avec une pointe florale et épicée (poivre vert). Super gourmand. Moins acidulé que l’Aloxe mais frais. Petite accroche en finale (pointe élevage ?). B(+)
SP : Acidulé, tanins arrondis, pointe d’élevage, attaque poivrée, pointe végétale.Beaune 1er cru Les Cents Vignes (vignes de 55/60 ans ; argiles sur galets roulés ; 10 % de VE ; pas de bois neuf) :
P : Nez sombre, plus dense et profond que sur le village ; on a de la griotte, du cassis, mais aussi des notes de « cailloux » et de ronce. En bouche, la matière est assez soyeuse ; il y a de la densité même si le volume n’est pas énorme. Finale souple et gourmande, avec il me semble une petite pointe verte. C’est gourmand et bien équilibré ; B+
T : Joli nez également, toujours sur le fruit, un peu plus noirs cette fois-ci, mâtinés de quelques épices. Un peu plus de profondeur en bouche, de volume. Le côté acidulé est bien enrobé, avec des tannins lissés. Peut-être un peu plus « sérieux » que les 2 premières cuvées. J’aime vraiment bien ! TB
SP : Nez plus dense, profond ; côté gourmandise ; B+Savigny-lès-Beaune 1er cru Les Peuillets (argiles rouges, 15 % fûts neufs) :
P : Au nez, du fruit, notamment de la cerise et une petite pointe de vanille. L’attaque en bouche est ronde, avec une matière assez enrobée ; puis le vin se fait plus « droit », plus frais avec une belle acidité en finale ; B
T : Robe un peu plus sombre. Nez de nouveau avenant mais sur des fruits plus noirs, et davantage d’épices. La bouche est plus dense, les tannins un peu plus présents avec une petite accroche. Mais cela reste bien salivant. Profil donc un peu plus sombre, un peu plus froid. L’élevage ressort peut-être un tout petit peu plus, notamment en bouche (serre un peu en finale), mais la mise est récente (2-3 semaines). A attendre sereinement que le vin se détende un peu. B
SP : Noir, dense, davantage de grip ; finale plus fluide, salivante, appétant.Beaune 1er cru Les Tuvilains (Climat au sud de Beaune, côté Pommard, sols assez profonds ; vignes de 80 ans) :
Une vigne reprise en 2016, mais sans production en raison du gel ; 2017 verra donc les premières bouteilles du domaine sur ce cru.
P : Nez « froid », plutôt discret et un peu austère ; il y a tout de même un petit côté bonbon aux fruits rouges pour égayer l’ensemble, mais aussi une sensation de rafle, même s’il n’y a pas de VE. La bouche est nettement plus aimable et gourmande, avec une matière souple et soyeuse ; il y a du fruit avec derrière une petite trame « calcaire » ; B+
T : On revient sur les fruits rouges plus courants dans ce millésime (framboise). Avec un très léger trait vert (épices type poivre vert). Le vin est frais, un équilibre plus haut en bouche et un fruit plus resserré. Quelques fruits plus noirs reviennent en retro. Légère accroche en finale. Un peu moins gourmand que les 3 premières cuvées. Joli fond de verre. TB-
SP : Groseille, framboise ; plus accrocheur, fruits plus noirs sur la fin ; AB+Beaune 1er cru Les Grèves (vignes d’une quarantaine d’années ; cailloux dans argiles drainants ; 25 % VE, mise en octobre 2018 pour celui-ci) :
P : Nez très expressif et relativement complexe, avec un fruit très présent (beaucoup de fruits rouges) et quelques épices. En bouche, on passe un cap en terme de volume : l’attaque est généreuse, puis le vin « déroule » bien jusqu’à une finale salivante de belle longueur. On retrouve beaucoup de fruits, les tanins sont bien enrobés. Un vin très équilibré et gourmand ; TB- / TB
T : Assez expressif au nez, élégant sur des fruits rouges et des notes florales. Glisse bien en attaque. Plus délié que les deux précédents. Taffetas en bouche. Pas hyper concentré. Mais assez complexe. Joli. TB+
SP : Gourmand, fruité, floral fin ; touché en haut de bouche, tanins discrets ; B+Beaune 1er cru Les Bressandes (vignes de 35 ans, situées à 300 m d’altitude, forte pente, orientation est ; 100 % égrappé) :
P : Nez plus sombre, avec des fruits noirs bien mûrs et aussi une petite note de framboise. La bouche est superbe, avec beaucoup d’énergie et de pureté ; il y a une très belle maturité, une matière enrobée, presque un peu glycérinée, sur une trame minérale assez marquée ; finale très gourmande, sans accroche. Très belles notes florales en fond de verre. J’ai beaucoup aimé l’équilibre et le profil de ce vin, assez proches de celui goûté chez Germain il y a quelques mois ; TB+
T : Nez fruits rouges et noirs mûrs (cerise, cassis, mûre). Acidité bien intégrée avec un certain gras en bouche. Ça glisse agréablement. A des faux airs de Nuits, avec un côté fruit qui aurait un côté pommadé très agréable ; TB+
SP : Gourmand, long, acidité ; B+ / TB-Ce vin nous évoque un peu certaines cuvées de Guillaume Tardy, avec un côté fruits « encapsulés » par une touche glycérinée qui adoucissent les tannins. SP interroge d’ailleurs David Croix à ce propos sur une éventuelle macération préfermentaire à froid. Il nous explique qu’à moins de réussir à faire descendre très bas la température des cuves, il n’est pas partisan de cette méthode qui, selon lui, demande notamment un rajout de SO2 pour maîtriser le process et a tendance à « lisser la gamme ».
Beaune 1er cru Les Pertuisots (proche du Clos St-Landry, monopole de la maison Bouchard ; 20 % VE) :
P : Nez ouvert, bien présent, avec de belles notes de fruits rouges légèrement sucrés. Très belle bouche, avec une matière à la fois mûre et fraîche. Comme dans le précédent, on retrouve l’énergie et la pureté, avec en plus un petit côté suave et une finale très salivante. Là encore c’est tout à fait à mon goût… TB+
T : Nez exubérant, séducteur sur les fruits rouges sucrés, voire le bonbon (anglais), des notes florales. La bouche est également toute en douceur avec un côté salivant sans être trop acide et des fins tannins qui tapissent agréablement la bouche. La rafle est bien intégrée. Un vin élégant et assez séducteur ; TB++
SP : belle finesse, élégant, long ; TB-Corton GC La Vigne au Saint (40 % VE) :
P : Nez dense et intense, avec un petit côté « travaillé » ; du sirop de fruits, avec de la fraise, du poivre, de très belles notes florales (pivoine) et une petite note type rafle. En bouche, le passage aux grands crus est assez net : beaucoup de concentration, de la densité et de la profondeur ; on retrouve les fruits, plus rouges qu’au nez ; c’est long et complexe, avec une légère accroche en finale ; Excellent – / Excellent
T : Nez un peu plus discret, sur des fruits patinés et des touches florales et épicées (poivre). La bouche est également plus fermée, moins explosive. On sent une certaine concentration, une légère accroche, le vin tapisse bien les papilles, notamment en finale. Fruits assez mûrs. À attendre un peu plus que les autres (il n’est pas en bouteille après tout). TB+ aujourd’hui, mieux plus tard (?).
SP : concentration de fruits, waouh !, acidité, rafle en toute fin, long, digeste, frais, mentholé ; TB+Corton GC Les Grèves :
P : Nez plus en retrait, plus fin, assez poivré, sur le bonbon aux fruits rouges et la liqueur de fruits. En bouche, le profil est également assez différent de l’autre Corton : un vin construit sur la longueur et la finesse, avec moins de densité mais beaucoup de souplesse avec, en arrière plan, une trame « calcaire » ; c’est séveux, très gourmand avec une longue finale salivante. Comme pour le millésime 2015, mon préféré, même si c’est sur un profil un peut différent (moins « noir » et moins dense) ; Excellent
T : Nez un peu plus sombre, avec une pointe animale. La bouche est plus sérieuse également, en attaque, avec de la structure, une acidité un peu plus haute, mais bien enveloppée, et le toucher est plutôt fin ensuite (type velours). Quelques fruits rouges et noirs mûrs et touches de poivre en retro. Malgré une certaine matière, le vin reste salivant, avec une certaine gourmandise en bouche. J’aime bien l’équilibre ; Excellent –
SP : dense, fruits, poivre, pivoine ; finale plus pétillante, fraîche, gourmande ; TB+Corton Charlemagne (sur marnes limoneuses) :
P : Nez frais et floral, avec beaucoup de poire et des notes de « cailloux ». Gros volume et grosse concentration à l’attaque en bouche, puis le vin file plus droit ; on retrouve la poire bien mûre (et un peu d’ananas) et une matière riche en extraits secs ; finale puissante, presque tannique ; TB
T : Joli nez, assez discret puis se complexifiant avec un peu de fruits blancs (poire), des fleurs blanches et une pointe amande (frangipane), un soupçon de brioché. Bel équilibre en bouche entre une attaque / milieu de bouche assez souple et un complément de matière en finale (notes crayeuses). Notes minérales apparaissent en rétro. A la fois mûr et sachant rester frais. Léger salin en fin de bouche. Il faut un peu aller le chercher, et si je préfère les vins un peu plus tendus, avec des touches plus citronnées, le vin se révèle assez complexe, sans boisé tapageur et avec un bel équilibre maturité/fraicheur/structure ; TB+
SP : citrus, ananas, coco, fin, dense, long, droit, fin accrocheuse, matière sèche ; TB+Au final, des vins qui font sans doute moins « côte de nuits » que les 2015, avec notamment des tanins peut-être un poil moins fins et enrobés, des matières un peu plus légères et des acidités plus élevées, mais, en contrepartie, des bouches avec beaucoup de dynamisme et de peps, un fruit pur et frais et des terroirs bien différenciés. Indépendamment du millésime, force est de constater qu’il existe de nombreuses petites pépites à découvrir et à apprécier sur l’appellation Beaune 1er cru, loin de l’image qui colle encore parfois à cette dernière (vins un peu rustiques et durs). Merci à David Croix de nous avoir permis d’accéder à certaines d’entre elles.
Paul
NB : merci à SP et Tuukka pour leurs notes.
- 3 avril 2019 à 22h16
- in reply to: Domaine Robert Groffier Père & Fils, Morey-Saint-Denis
CR:
Comme SP l’a parfaitement évoqué dans son CR, une rencontre avec Nicolas Groffier ne laisse pas indifférent. On est notamment toujours frappé par la franchise du vigneron, particulièrement sur les qualités respectives des différents millésimes et sur ce qui « fait » chaque millésime (l’eau, le soleil, le terroir…) : c’est cette fois 2011 qui en a pris pour son grade…, avec notamment cette phrase d’anthologie (« 2011 ce n’est pas une tarte aux fraises »), justement relevée par Oliv qui, dans mes souvenirs, avait lui évoqué un « végétal moche » comme marqueur de ce millésime. Mais ce que j’apprécie peut-être le plus chez Nicolas Groffier, c’est sa manière de surprendre, voire de déstabiliser constamment ses hôtes, avec un discours souvent décalé, son sourire narquois et son ton à la Fabrice Luchini qui font que l’on se demande parfois si c’est du lard ou du cochon… Mais derrière cet aspect formel, on réalise à la fin de la dégustation la somme de travail, la méticulosité et les remises en question constantes nécessaires pour présenter des vins d’une telle qualité.
Voici donc quelques impressions personnelles sur les vins dégustés (millésime 2017 donc, sauf mention contraire) :Bourgogne Passetoutgrain :
Nez très légèrement réduit, avec un joli fruit frais, notamment de la groseille ; la bouche est relativement gourmande, malgré une acidité assez haute (fruits rouges acidulés) et une légère accroche ; ABBourgogne :
Nez qui pinote joliment, très fruité, floral avec une petite note de ronce. La bouche est très gourmande, plus « enrobée » que celle du Passetoutgrain ; on retrouve de la groseille, mais aussi des notes de fruits noirs ; c’est à la fois mûr et frais et ça se boit tout seul. B-Gevrey Chambertin Les Seuvrées :
Nez net, frais et très fruité. L’attaque en bouche est ronde, bien mûre, avec un mixte fruits rouges / fruits noirs presque un peu sucrés ; la matière est moelleuse, même si cela se durcit légèrement en fin de bouche ; la finale reste cependant bien digeste et fraîche. Dans mes souvenirs, c’est plus aimable et moins austère que sur les millésimes que nous avions dégustés précédemment ; B+Chambolle Musigny 1er cru Les Hauts Doix :
Nez un cran au-dessus des vins précédents en termes de finesse et de complexité aromatique ; on a un fruit très concentré, avec des petits fruits rouges légèrement confits et sucrés, de belles notes florales et un peu de ronce. En bouche, l’attaque est souple et juteuse, avec un fruit très pur ; la matière n’est pas énorme, mais avec une bonne concentration. Il me semble sentir un peu la rafle sur la finale. Un vin élégant, très équilibré et déjà tout à fait accessible. TBChambolle Musigny 1er cru Les Sentiers :
Nez plus sombre, davantage sur les fruits noirs avec une légère note fumée. La bouche est très dense, pleine, séveuse, avec un équilibre remarquable entre une maturité élevée et une acidité relativement haute ; les tanins sont présents, mais fins et « roulent » agréablement sous la langue ; finale très persistante. Un vin moins accessible que les Hauts Doix, mais avec beaucoup de fond et un gros potentiel ; TB+Bonnes Mares :
Nez très très fin, relativement discret, avec un retour des fruits rouges (fraise, groseille, framboise) et des notes florales ; un nez qui donne une sensation de « douceur ». La bouche est elle aussi sur la finesse, avec une matière relativement légère ; plus précisément, le vin est très « droit », construit sur la longueur : il ne « s’éparpille » pas mais reste concentré en haut de la bouche, avec beaucoup d’énergie mais aussi une acidité assez haute. Fond de verre très aromatique. On est impressionné par l’intégration de la vendange entière (100 %). Un style qui me convient tout à fait… ExcellentChambolle Musigny 1er cru Les Amoureuses :
Nez plus présent que sur les Bonnes Mares, plus « noir » également. La bouche est superbe de complexité et d’élégance : c’est dense, séveux et soyeux, avec des tanins fins et enrobés. Beaucoup d’énergie là encore, grâce à une belle acidité qui équilibre la densité de la matière, et une finale très persistante. Il me semble l’avoir encore mieux goûté que sur les millésimes précédents, notamment 2013 et 2014 ; Excellent / Excellent +Chambertin Clos de Bèze 2011 :
Nez déjà assez évolué, avec du poivron, des notes de sous-bois, de ronce, de champignon et, j’ose l’écrire, une sensation un peu végétale… La bouche fait plus jeune, plus mûre, avec de la densité et une belle concentration ainsi que des notes sanguines assez marquées ; finale assez stricte avec une acidité un peu mordante. Bref, encore un 2011 qui ne se caractérise pas par sa gourmandise et son fruit explosif ! B- pour le nez ; B+ / TB- pour la bouche.Voilà, de très beaux vins et un grand moment passé en compagnie de Nicolas Groffier. Un grand merci à lui.
Paul
- 20 mars 2019 à 3h43
- in reply to: CR: Trilogie en Côte de Nuits
Starbuck écrit : En espérant que LPV 75 fasse un petit tour en Côte d’Or au début du printemps.
Sylvain, c’est prévu pour la semaine prochaine… Après avoir lu le CR d’Oliv, il y a une petite pointe d’inquiétude, car si Oliv parle d’acidités hautes à redoutables, ça risque de faire mal aux dents !!
Paul- 25 février 2019 à 1h39
- in reply to: LPV75 parcourt l’Anjou et la Touraine
Stéphane, il y avait peut-être un problème de bouteille car ceux qui avaient déjà croisé cette cuvée ne l’ont pas vraiment reconnue…
Paul- 6 février 2019 à 21h30
- in reply to: Domaine Bruno Clair
CR:
Domaine Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er cru La Dominode 2006 :
Nez d’abord très fruité, légèrement confit, sur la cerise burlat, le cassis, le sureau ; à l’aération, arrivent de fortes notes épicées, avec du poivre et même un peu de cannelle, et un côté végétal / herbacé assez marqué (ronce, rafle), mais pour moi pas du tout dérageant, bien au contraire, car apportant de la profondeur, de la fraîcheur et de la complexité aromatique ; l’élevage ne semble pas encore totalement fondu, avec une touche vanillée encore assez sensible. La bouche est à l’unisson : un beau volume, un fruit bien présent, assez « noir », avec à nouveau ces notes végétales bien présentes qui donnent une austérité « noble » au vin et beaucoup de longueur. Il y a de la concentration, de la mâche, alliés à une assez forte acidité ; les tanins sont encore bien présents (ça râpe un peu…), avec également une note un peu « terreuse ». Longue finale mentholée et réglissée.
Autour de la table il y a eu quelques grimaces, notamment chez les habitués des cépages du Sud, mais moi j’ai vraiment beaucoup aimé (dommage c’était la dernière…). Un pinot bourguignon qui devrait ravir les dégustateurs aux ascendances luthériennes….Paul
- 27 janvier 2019 à 14h57
- in reply to: Domaine Jasmin
CR:
Les côtes rôties 2016 / 2017 / 2018 au domaine JasminEn ce tout début de matinée de notre dernier jour en vallée du Rhône, la fatigue commence à se faire un peu sentir. Heureusement, nous savons que la verve, la bonne humeur et l’humour de Patrik Jasmin vont rapidement nous remettre d’aplomb. Ce dernier nous explique d’emblée que, franchement, il est difficile de se plaindre avec quatre beaux millésimes successifs, en qualité et en quantité (15/16/17/18), qui permettent d’investir dans la modernisation des installations. Nous attaquons la dégustation dans la cuverie, avant de la poursuivre dans la salle dédiée, puis à la cave (bien remplie).
IGP Collines Rhodaniennes, Viognier 2017 :
C’est une nouveauté, annoncée l’an dernier. Fûts neufs / cuve. Nez frais, salin, avec un côté berlingot abricot / anis ; le boisé est très très discret. En bouche, l’élevage est également presque imperceptible, c’est fruité, salivant et très légèrement épicé ; finale fraîche sans amertume excessive ; B-Le délicat dosage fûts / cuve sur le viognier…
IGP Collines Rhodaniennes, La Chevalière 2017 :
Syrah et un tout petit peu de viognier ; vignes sur Vérin et Condrieu + les raisins issus des très jeunes de vignes en appellation côte rôtie ; 14 mois d’élevage (fûts de 4/5 ans + 2 fûts neufs de 500 litres). Le 2016 était une petite bombe de fruits, le 2017 est plus structuré, moins fruité, avec un peu d’accroche ; on est pour l’instant davantage sur l’austérité que sur la gourmandise ; ABCôte Rôtie La Giroflarie 2016 :
C’était jusqu’au millésime 2014 la cuvée unique du domaine. Depuis 2015, elle est donc désormais baptisée « La Giroflarie ». C’est un assemblage de 12 parcelles réparties sur toute l’appellation (8 lieux-dits en coteaux : Côte Blonde, le Mollard, Baleyat, le Truchet, les Moutonnes, Côte Baudin, les Bercheries, les Lézardes) ; 95 % Syrah / 5% Viognier en complentation ; 24 mois d’élevage ; 1/4 à 1/3 de bois neuf selon les millésimes.
C’est dans la continuité de ce que nous avions goûté sur fûts l’an passé : un fruit bien présent et « pur » (fruits noirs + framboise) ; un volume moyen, une matière souple et relativement soyeuse, de la fraîcheur : une côte rôtie sur la finesse qui se goûte déjà très bien ; on pourra regretter une finale un peu « courte » ; fond de verre très parfumé ; B+ / TB –Côte Rôtie La Giroflarie 2017 (sur fûts) :
Nez plus profond et plus « noir » que le 2016. En bouche, davantage de volume et de densité, mais avec une acidité bien présente ; il y a pas mal de tanins, mais ils sont fins et n’accrochent pas. Sans doute à attendre plus longtemps que le 2016 ; TBCôte rôtie Oléa 2016 (« grande » cuvée, 2nd millésime ; fûts neufs) :
Au nez, l’élevage est assez sensible et masque un peu le fruit (très noir et un peu confituré) ; il y a également des notes fumées ; l’attaque en bouche est très puissante, la matière est à la fois très dense et très mûre ; là encore, l’élevage est bien présent. Comme l’an passé, je préfère la cuvée « générique » ; B+Et oui les gars, Oléa c’est 100 % bois neuf….
Côte rôtie 2018 (1) :
Patrick Jasmin n’a pas encore fait la sélection des fûts qui composeront la cuvée Oléa ; il joue de la pipette pour nous faire un petit assemblage de différents fûts.
Nez puissant et sombre, très légèrement réduit, sur la gelée de fruits noirs, avec quelques notes de fumée et de goudron. La bouche est superbe : un grosse densité, on retrouve la gelée de fruits noirs ; c’est séveux, avec des tanins gras, et très long ; de belles notes de violette en fond de verre. C’est très prometteur pour un vin qui m’a un peu rappelé l’Hermitage le Gréal goûté la veille chez Marc Sorrel ; ExcellentCôte rôtie 2018 (2) :
Echantillon prélevé sur un fût correspondant à des vignes sur argilo-calcaires. Nez fin, avec des fruits rouges et du sureau. La bouche est droite, plus fraîche mais aussi plus aérienne que sur le précédent ; moins de volume et de profondeur, mais davantage d’acidité et de finesse. Un petit peu d’austérité en finale. C’est très différent du précédent, mais très bon. TBCôte rôtie 2006 :
Nez frais, très légèrement évolué (petite note de sous-bois), avec encore beaucoup de fruits et de belles notes poivrées ; la bouche est vive, avec des notes de fruits rouges un peu acidulés et de la mûre ; la matière n’est pas énorme, mais c’est bien équilibré et assez gourmand ; finale légèrement poivrée, mais aussi avec une petite sensation « saline » ; B+ / TB –Un grand merci à Patrick Jasmin pour sa disponibilité, sa franchise (notamment sur la question des levures endogènes / exogènes), son énergie et son humour.
Paul
- 24 janvier 2019 à 2h58
- in reply to: Domaine Marc Sorrel
Bonsoir Mathieu,
Merci pour ton retour.
Pour Les Rocoules, je crois que c’est vraiment une question de « palais » : le mien n’est pas (encore) très habitué à ce style de blancs (j’ai sans doute trop bu de bourgognes blancs 2004 et 2007) ; mais je ne désespère pas et continue d’essayer (récemment encore au salon des vins du Rhône à Paris, où j’ai vraiment bien apprécié Chante-Alouette 2017 et de l’Orée 2011 de Chapoutier, donc rien n’est perdu).
Pour le Croze, je viens également de lire dans un CR de visite juste au-dessus qu’il avait été bien apprécié. Il y a peut-être eu un effet de contraste : juste avant Marc Sorrel, nous étions au domaine des Hauts Chassis où nous avons goûté de très beaux Crozes, gourmands, assez riches, séducteurs et pour la plupart très accessibles. Sorrel, c’était vraiment un autre style.
En revanche, je constate que le Gréal 2017 fait vraiment l’unanimité !Paul
- 23 janvier 2019 à 23h48
- in reply to: Domaine Marc Sorrel
CR: Le millésime 2017 chez Marc SorrelL’an dernier, c’était notre première visite au domaine, avec un gros coup de coeur pour l’Hermitage rouge le Gréal (2016 et 2017). Cette seconde visite sera-t-elle aussi convaincante ?
Hermitage blanc 2017 (100 % marsanne ; 14 mois de fûts puis cuve) :
Nez sur les fruits jaunes et exotiques, les herbes aromatiques et une note saline : c’est relativement frais et agréable. L’attaque en bouche est assez grasse, mais l’acidité est suffisante pour éviter tout côté « pâteux » ; on retrouve des fruits jaunes, avec en plus des notes de miel et des épices ; c’est assez puissant, mais très digeste, avec une petite amertume en finale ; TB –Hermitage blanc Les Rocoules 2017 (92 % marsanne / 8 % roussanne) :
La robe est couleur or assez marquée ; le nez fait très très mûr, avec pour moi des notes oxydatives, de la pomme cuite, du caramel et des épices. La bouche fait un peu plus fraîche et moins oxydative, mais chauffe un peu ; c’est puissant, assez lourd, très mûr tout en faisant très sec, avec des amers assez marqués en finale. Ce n’est vraiment pas le type de vins blancs dont je raffole tout en étant très curieux de pouvoir le regoûter dans 15 ans car j’ai un peu de mal à imaginer comment un tel vin peut vieillir… ABMes impressions sur ces 2 blancs sont donc exactement à l’inverse de celles de l’année dernière sur le millésime 2016 (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/rhone/4051-domaine-marc-sorrel?start=210#1018227). Soit il y a un effet millésime, soit l’ordre de dégustation sur l’un des millésimes n’était pas celui annoncé par M. Sorrel. Je penche pour la seconde solution : c’est probablement les Rocoules 2016 que nous avons goûté en premier l’an passé.
Crozes-hermitage 2017 (50 % VE) :
Nez sur les fruits rouges plutôt acidulés, le poivre et une note plus végétale (rafle). La bouche est relativement austère, il y a une belle structure, mais pas mal d’accroche ; l’acidité est assez haute, on sent la vendange entière et la finale est assez serrée. Bref, pas trop de plaisir et de gourmandise en l’état : on dira un Crozes… de grande garde ; ABHermitage 2017 (80 % Mas des Plantiers, sous les Greffieux ; 20 % bas des Bessards ; 100 % VE) :
Nez sur les fruits noirs (mûre, myrtille), le poivre et une petite note « animale ». En bouche, c’est très concentré, dense et tapissant ; davantage de puissance que le 2016, mais aussi un peu plus d’accroche ; le fruit n’est pas cuit du tout, l’alcool reste discret et, malgré la maturité élevée, on ressent une bonne acidité. Un bel équilibre. TB +Hermitage Le Gréal 2017 (Méal + Greffieux ; 100 % VE) :
Nez très sombre, sur les fruits noirs et des notes de cendre, de goudron, de suie. La bouche est superbe : on est sur la gelée de fruits noirs (mûre, notamment) ; c’est puissant, mais moelleux et velouté ; il y a beaucoup de tanins, mais ils sont à la fois gras et fins ; cela tapisse sans accrocher (la VE semble parfaitement intégrée) ; c’est très mûr, mais avec de l’acidité pour relancer le vin ; très longue finale réglissée et légèrement mentholée. Bref, un régal, comme l’an passé (nous avions goûté 2016 et déjà 2017). Excellent +
L’an passé, j’avais noté « grand vin », soit un cran au-dessus : pourquoi ? Sans doute parce qu’il n’y avait pas cette année l’effet « découverte »… ou alors je deviens difficile.Juste après Marc Sorrel, nous étions chez Bernard Faurie (cf les CR dans la rubrique consacrée à ce vigneron) et je dois préciser que la plupart de mes camarades ont préféré les Hermitages rouges du second à ceux du premier (pour ma part, petit avantage à Sorrel). Je me demande cependant si le cadre et l’ambiance de la dégustation ainsi que, disons le « caractère » du vigneron n’auraient pas eu une toute petite influence sur l’appréciation des vins dégustés….
Paul
- 22 janvier 2019 à 21h37
- in reply to: Domaine Pierre Gonon
CR:
Avec un peu de retard, j’ajoute quelques impressions personnelles au copieux CR de l’ami SP.
Vin de pays Les Iles Feray 2017 :
Très beau nez ouvert et parfumé sur les fruits noirs, l’olive noire, des notes fumées et de cendre et une petite pointe de lard fumé. En bouche, c’est à la fois dense et assez souple, avec de la myrtille ; les tanins sont très fins et la finale fraîche, avec un petit retour de l’olive noire. C’est gourmand et très accessible. Le meilleur Iles Feray goûté ces dernières années (et nettement supérieur au même vin goûté l’an dernier au tout début de son élevage) ; ça commence fort… TB – / TBSaint-Joseph 2017 :
Nez sombre sur les fruits noirs (mûre, myrtille), la fumée, la suie ; c’est aussi assez poivré avec une note sanguine. La bouche est très équilibrée, avec des notes plus « rouges » qu’au nez ; c’est assez frais, avec des notes de « cailloux » ; il y a un peu d’accroche, les tanins sont denses, avec une sensation « poudrée ». C’est encore un peu austère, mais beaucoup de finesse et de longueur. TB +Les 3 « parcellaires » qui, assemblés, formeront le St-Joseph 2018, sur fûts :
Les Oliviers :
Nez un peu réduit, sur un mixte fruits noirs / rouges et une belle note florale (violette). En bouche, un vin de volume moyen, souple, sans accroche, avec des tanins très fins et une petite note de cacao. TB –Saint-Jean de Muzols :
Nez sombre sur les fruits noirs, l’olive noire et une petite note de lard fumé. En bouche, c’est plus dense et plus structuré que le précédent, avec l’impression de « boire » de la gelée de mûre ; cela reste frais, et, comme le précédent, on est encore frappé par la qualité et la finesse des tanins. Très bel équilibre. Excellent –Manchot de la Croix :
Nez légèrement réduit, sur la mûre, l’olive noire et des notes de poivre blanc et de cacao. La bouche est puissante, très structurée, avec un peu d’alcool : c’est un peu plus « brut » et « sauvage » que les deux précédents. La maturité semble également un peu plus haute (on est sur les fruits noirs confiturés) et on retrouve encore cette très belle qualité de tanins avec cette sensation « poudrée ». TBQuelques millésimes plus ou moins anciens :
Saint-Joseph 2016 :
Nez très poivré et épicé, avec des herbes aromatiques et un fruit en retrait ; curieusement, cela donne la sensation d’être déjà un peu évolué (petite note de sous-bois, pot-pourri). L’attaque en bouche est assez dense, sur les fruits noirs ; puis le vin « file » tout droit, en restant haut dans la bouche, sur des notes de sirop de fruits rouges et avec une acidité plutôt haute ; finale salivante et gourmande ; fond de verre sur des notes florales et les épices. C’est très accessible et donne déjà beaucoup de plaisir ; TB + / Excellent –Saint-Joseph 2008 :
Très peu de notes sur ce vin (c’était sans doute l’heure de la micro-sieste), mais le souvenir d’un vin qui m’a beaucoup charmé par sa finesse bourguignonne : un vin tout en longueur et en délicatesse, sur un registre très floral.Saint-Joseph 2014 :
Nez fin et un peu évolué, avec un fruit rouge légèrement compoté, des épices, des herbes aromatiques et une petite note de sous-bois. En bouche, la structure semble assez légère, c’est sur la finesse ; les herbes aromatiques sont très présente et l’acidité « haute ». BSaint-Joseph 2003 :
Nez évolué, avec un fruit un peu cuit et très légèrement sucré, des notes de sous-bois, de pot-pourri et des herbes aromatiques. La bouche fait plus jeune et est tout simplement superbe : c’est dense, juteux, complexe ; le fruit est encore bien présent (c’est majoritairement « rouge »), s’y ajoute les herbes, le poivre, les notes florales et un léger trait vert (sans doute la VE). Finale nette et salivante : aucune sécheresse et cela ne chauffe pas du tout ; fond de verre très épicé. Très surpris à la découverte du millésime. ExcellentQuelques blancs :
VDF Chasselas 2018 :
Nez sur un mixte banane / pomme verte ; en bouche, on retrouve la banane, il y a un côté un peu « pâteux » ; le perlant permet de redonner un peu de peps ; moyenSaint-Joseph 2018 :
Nez réduit et assez fermé, avec quelques notes de fruits jaunes. En bouche, le miel est assez présent, c’est assez gras mais avec en même temps de l’amertume. Difficile à apprécier en l’état.Saint-Joseph 2016 :
Nez très légèrement réduit, avec pas mal de citron confit, un peu de poire et du miel. Du gras à l’attaque en bouche, c’est rond, mûr et assez dense ; on retrouve le miel. L’acidité est suffisante pour que la finale ne tombe pas, finale marquée par une légère amertume ; c’est assez conforme à ce que nous avions goûté l’an dernier ; BUn grand merci à Pierre Gonon pour nous avoir consacré autant de temps et nous avoir permis de déguster des millésimes aussi différents. J’ai été frappé par les qualités « tactiles » des trois « parcellaires » du futur Saint-Joseph 2018, avec des tanins d’une très grande finesse. Et les Iles Feray 2017 permettront d’attendre avec gourmandise les St-joseph des millésimes récents.
Paul
- 22 janvier 2019 à 20h10
- in reply to: Domaine Gouffier
CR:
Deux bouteilles ramenées d’un nouveau passage au domaine avec la troupe de LPV75 :
Rully 1er cru Les Champs Cloux, domaine Gouffier 2016 :
Nez qui « pinote » bien, sur une dominante de fruits noirs (sureau, cassis), avec un côté bonbons aux fruits ; c’est assez « fumé », avec une touche plus végétale (rafle, ronce) et encore quelques notes d’élevage (vanille, pain grillée). La bouche est pleine, dense, avec une belle acidité et de la fraîcheur (sans doute accentuée par un léger perlant) ; on retrouve les fruits noirs, les notes fumées et le léger trait vert ; il y a un peu d’accroche et la finale est marquée par une légère amertume. C’est déjà bon mais il me semble plus sage d’attendre encore au moins 2 ans pour ouvrir les prochaines ; B+Bourgogne Les Malpertuis, Domaine Gouffier 2017 :
Après une première bouteille ouverte quelques semaines seulement après la mise et pas encore en place (nez très lacté, amertume sensible en bouche), je retente ma chance. Nez sur le citron bien mûr, un peu de poire, quelques épices et, au réchauffement, une note de pralin assez marquée. L’attaque bouche est ample et ronde, on retrouve beaucoup de fruits (citron un peu confit, poire et des notes plus exotiques) et un peu d’épices ; c’est bien mûr, mais avec une bonne acidité ; finale salivante avec de légers amers. B / B+
Ce vin nous avais bluffé sur le millésime 2014 lors de notre première visite au domaine. Le 2017 ne semble pas loin du niveau de son prédécesseur, peut-être sur un équilibre un peu plus « chaud ». Après Antoine Jobard et Vincent Dancer, c’est vraiment pour nous l’année des Bourgognes génériques !Paul
- 21 janvier 2019 à 23h03
- in reply to: Domaine Bernard Faurie
CR:
Merci SP pour ce CR d’une visite qui restera sans aucun doute comme LA rencontre de notre séjour. SP ayant très bien décrit le cadre très « intimiste » de cette dégustation, je me contente de restituer les quelques notes prises sur les vins dégustés, avec parfois des appréciations un peu différentes de celles de mon camarade.
Hermitage blanc 2017 :
Nez qui fait assez mûr, avec un peu de pêche jaune et des notes florales ; cela reste cependant relativement frais. Gros volume à l’attaque en bouche, le vin est très dense, avec un léger gras et cela chauffe un tout petit peu ; il y a ensuite une belle relance, jusqu’à des notes salines en finale ; TB-Vin de France, Cuvée du Papy 2017 :
Nez avenant et ouvert, un mixte fruits rouges / noirs et une note florale. La bouche est dense, structurée et plus « noire » que le nez ; on ressent également un trait vert (sans doute la VE) et une légère accroche. Regoûté depuis notre retour, le vin s’est avéré meilleur à J + 1 : plus rond, plus gourmand (à l’ouverture, c’était un peu « rustique », avec notamment une petite note animale). A 45 € le carton de 6, franchement… B / B+Hermitage Greffieux-Bessard 2017 :
Nez très frais, sur les fruits rouges, avec une note de menthe poivrée. En bouche, c’est relativement dense, séveux, mais toujours sur un registre « frais » ; l’acidité est bien présente et on sent la VE ; cela reste néanmoins assez gourmand. TB – / TBHermitage Bessards-Méal 2017 :
Nez plus dense et noir que le précédent. La bouche est superbe : grosse matière, très tapissante ; mais on surtout frappé par la qualité du « toucher de bouche » : c’est très soyeux, les tanins abondants sont fins et « poudrés ». Là encore, on sent un tout petit peu la rafle, mais cela apporte de la fraîcheur, et j’ai ressenti une légère métallique en finale. Excellent
PS : avec l’ami SP, nous allons devoir organiser une dégustation de fruits rouges et noirs car il semble que nous ayons des perceptions assez différentes du rouge et du noir….Hermitage Bessards 2016 :
Nez très fin, sur le sirop de fruits rouges et des notes de « cailloux ». La bouche est sur la finesse et l’élégance (mais il y a aussi de la densité), les tanins sont encore un peu marqués ; finale fraîche et salivante. TB / TB +Hermitage Bessards / Geffieux / Méal 1989 :
Le 1er nez fait assez évolué, avec des notes de sous-bois et de champignons bien présentes ; à l’aération, cela s’atténue pour laisser passer de belles notes sanguines, du poivre, des épices et une petite note de cacao. La bouche fait en revanche plus jeune : il y a encore du fruit (pas cuit), c’est dense, séveux, sanguin et les tanins sont encore bien présents ; belle finale sur des notes fumées et « lardées ». TB+
Pourquoi pas plus que TB+ ? A l’aveugle, le vin faisait effectivement davantage fin des années 90 (voire début des années 2000) que fin des années 80. Cependant, si le fait pour un Hermitage de 30 ans de paraître si jeune peut être vu comme une « performance », cela ne constitue par pour moi un élément déterminant dans l’appréciation du vin : un vin de 30 ans ne me semble pas en soi meilleur parce qu’il en paraît 10 ou 20 de moins ; et d’ailleurs, la « charge » tannique encore bien présente après 30 ans peut laisser penser que l’approche de ce vin a dû être un peu compliquée pendant un certain nombre d’années…Un grand merci en tout cas à Bernard Faurie pour ce moment rare, sa simplicité et sa générosité.
Paul
- 21 janvier 2019 à 10h45
- in reply to: Le millésime 2017 dans la Vallée du Rhône
Je n’ai pas eu tout à fait la même impression sur les quelques blancs dégustés lors du salon des vins de la vallée du Rhône, la semaine dernière à Paris (https://lapassionduvin.kinsta.cloud/forum/rhone/46215-salon-des-vins-de-la-vallee-du-rhone-pavillon-ledoyen#1051389), notamment chez Chapoutier, avec des blancs 2017 dans l’ensemble frais et digestes (St-Péray Hongrie, Croze Les Meysonniers, Hermitage Chante-Alouette ; idem pour les Condrieu de Villard – Petite côte – et Duclaux -Caillets). De même, lors de notre dernière virée dans le Rhône, nous avons goûté quelques jolis blancs, tout à fait adaptés à mon palais fragile (St-Péray du domaine des Hauts Châssis, Lézardes de chez Rostaing). Certains étaient un peu plus « costauds » gras et « chauds », mais sans lourdeur et le plus souvent avec de belles aromatiques (Croze du domaine des Hauts-Chassis, Hermitage « de base » de chez Sorrel, Hermitage de chez Faurie). Seul l’Hermitage Les Rocoules de chez Sorrel était « too much » pour moi (CR à suivre pour Faurie, Sorrel et Hauts Châssis).
Paul
- 20 janvier 2019 à 22h48
- in reply to: Domaine Rostaing, Ampuis
CR:
Comme chaque année, le dernier jour de notre virée en vallée du Rhône est consacrée notamment au domaine Rostaing. Nous sommes accueillis par René et par son fils Pierre qui a repris les rênes du domaine depuis le millésime 2015. Ce matin, il y a pas mal d’animation au nouveau caveau de dégustation (inauguré en 2017). Nous commençons avec René, avant d’être pris en main par Pierre, notamment pour la dégustation des 2017 sur fûts, à la cave, de l’autre côté de la petite route.
Côteaux du Languedoc, Puech Noble 2015 (cuvée 100 % mourvèdre) :
Nez sur les fruits noirs macérés / cuits, avec de la prune et de la figue et beaucoup d’épices. La bouche est sur un registre plus frais, avec un peu de fraise ; c’est assez dense et épicé, avec un peu d’accroche. A attendre 2/3 ans. BVin de France, Puech Noble 2017 (cuvée 100 % carignan) :
Nez très vif, sur le bonbon acidulé à la fraise et un peu d’épices. La bouche est légère, fluide et digeste. Un vin de soif… B –Côteaux du Languedoc, Puech Noble 2016 (cuvée « classique » : syrah, grenache, mourvèdre) :
Nez fin et fruité, bouche bien équilibrée, avec de la fraîcheur et des épices ; moins d’accroche et davantage de rondeur que d’habitude ; un vin déjà très accessible ; BIGP Collines Rhodaniennes Les Lézardes 2017 (100 % viognier) :
Nez très aromatique, sur l’anis, l’abricot et la pêche ; il y a un peu de gras en bouche, mais aussi beaucoup de fraîcheur ; c’est très digeste avec une amertume très peu marquée en finale ; B –Côte rôtie Ampodium 2016 :
Nez discret, assez peu expressif ; la bouche est sur la légèreté et la finesse, dans un registre frais, avec pas mal de fruits rouges et des tanins peu marqués ; c’est digeste et déjà assez accessible (davantage que le 2015 goûté l’année dernière) ; B+Côte rôtie La Viaillère 2016 :
Ce sont les vignes de l’ancien domaine Dervieux-Thaize et l’étiquette reprend d’ailleurs le « design » d’origine. Nez sur les fruits noirs, assez « sombre » ; en bouche, beaucoup de matière, un côté « rustique » et un peu sauvage, avec pas mal d’accroche ; les tanins sont cependant relativement soyeux, même si la finale est encore très serrée. Un vin à cacher tout au fond de la cave… TB –Côte rôtie La Viaillère 2018 :
Pierre Rostaing part à la cave prélever un petit échantillon de 2018… Nez légèrement réduit, avec beaucoup de fruits. C’est là encore sur un registre très noir (mûre, myrtille), mais avec une sensation de maturité supérieure à 2016 ; c’est rond, avec des tanins enrobés, plus « civilisés » que le 2016 (mais c’est difficile de se faire un avis sur un « vin » aussi jeune). TB +Nous traversons ensuite la petite rue jusqu’à la cave pour déguster le millésime 2017 sur fûts.
Côte rôtie Ampodium 2017 :
Nez assez floral, avec une dominante de fruits noirs ; par rapport au 2016, la bouche est plus dense, plus séveuse, avec davantage de matière et de maturité.… et aussi un peu plus d’accroche (un 2017 sui semble se rapprocher davantage du 2015). TB –Côte rôtie La Landonne 2017 :
Nez sur les fruits noirs, avec une note de cacao. En bouche, un vin très « droit », tendu, avec pas mal de tanins, mais bien mûrs ; la vendange entière donne une certaine austérité au vin, qui accroche bien dans les joues, mais sans dureté excessive. Finale assez serrée et poivrée. A attendre sereinement car la matière est vraiment très belle. TB +Côte rôtie Côte Blonde 2017 :
Nez plus frais que La Landonne, sur un mixte fruits noirs / fruits rouges, avec un côté bonbons crémeux, de belles notes florales et une petite pointe de vanille. L’attaque en bouche est pleine, large, avec une matière très enrobée. La structure est là, comme sur La Landonne, mais avec davantage de rondeur et de moelleux ; les tanins sont un peu plus fins et plus soyeux. ExcellentCôte rôtie Côte Brune 2017 :
Ce sont les vignes de l’ancien domaine Gentaz-Dervieux et, comme pour la Viaillère, l’étiquette du 2016 a repris le « design » d’origine. Le nez est un véritable bouquet de fleurs : violette, pivoine, rose. C’est très fin et délicat. On retrouve également des fruits noirs, et notamment de la mûre ainsi qu’une toute petite note de framboise sauvage. En bouche, il y a en arrière plan une trame assez noire, avec encore beaucoup de mûre et des notes « minérales » ; et sur le devant on retrouve le côté floral du nez. Un vin de puissance moyenne, avec une matière très douce et soyeuse, sans accroche, et surtout énormément de finesse et de complexité aromatique. Un régal. Grand vinNous retournons enfin au caveau de dégustation pour terminer avec une bouteille « mystère » :
Côte Rôtie La Landonne 2005 :
Nez légèrement évolué (quelques notes de sous-bois), sur le sirop de fruits rouges la fraise légèrement confiturée, les épices et une note sanguine assez marquée. La bouche est assez carrée, les tanins présents et la vendange entière assez sensible ; c’est très épicé et encore un peu serré. Cela commence à être accessible mais il me semble nécessaire de l’attendre encore un peu. TBUn grand merci à René et Pierre Rostaing pour leur accueil, et notamment pour la dégustation sur fûts des côtes rôties 2017. Cela nous a permis de rêver un peu sur les grandes cuvées, car les tarifs des Landonne, Blonde, Brune et Viaillère se rapprochent à très grande vitesse de l’inaccessible….
Paul
- 20 janvier 2019 à 21h06
- in reply to: Domaine Bois de Boursan, Châteauneuf-du-Pape
CR:
CDP Domaine Bois de Boursan, cuvée des Félix 2000 :
Nez très « doux », avec la sensation de plonger la tête dans une grande boîte de pâtes de fruits : beaucoup de fraise, un peu de framboise, de la cerise burlat et de mûre ; à cela s’ajoute une note fumée, de la réglisse et un tout petit peu d’herbes de Provence ; on est frappé par l’absence de notes d’évolution. L’attaque en bouche se fait également sur la douceur, c’est rond, plein, juteux, avec beaucoup de fruits, encore très frais ; l’acidité est assez haute, avec un léger trait « vert » donnant beaucoup de fraîcheur ; les tanins sont encore présents, mais bien enrobés ; la finale n’est pas immense, mais très équilibrée, légèrement réglissée et salivante : aucune note cuite, aucune dureté, aucune sensation chaleureuse. C’est très très bon, très digeste et la bouteille n’a d’ailleurs pas fait un pli. Un vin qui semble en avoir encore sous la pédale et une cuvée qui, avec une quinzaine d’années de vieillissement, donne vraiment des vins superbes (1998, 1999 et 2001 sont également excellents).Paul