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- 18 septembre 2014 à 21h39
- in reply to: Re: Vu ou à voir à la télé
blackmania écrivait:
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> Attention les gars à ne pas tomber dans l’excès
> inverse…ce qui est aussi douteux que le
> reportage de Mme Saporta.
> La succession d’Angelus, très franchement, je m’en
> fiche. Ils sont loin d’être à plaindre, et on ne
> va pleurer pour eux. 😎
>
> Quand à « faire de l’argent », je ne suis pas
> convaincu que Mme Saporta ait gagné au loto avec
> son livre et son film, loin de là.
>
> Il faut rester aussi mesuré dans la critique.
> Enfin je crois…Absoluement, il faut rester mesuré. Ce qui n’exclut pas de s’indigner de comportements aussi ridicules et indignes que celui du millionnaire de Pomerol qui voudrait se faire passer pour une gueule noire parce qu’une pseudo-journaliste a besoin d’un acteur pour coller à son scénar’ foireux.
- 18 septembre 2014 à 21h25
- in reply to: Re: Vu ou à voir à la télé
Maxwell écrivait:
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>
> Je partage pas mal ton avis Griffon.
>
> C’est vrai que le passage avec Mr Techer m’a un
> petit peu agacé que ce soit dans le film ou dans
> le bouquin.
> Pour avoir déjà rencontré ces gens au cours d’une
> verticale dans leur domaine, je dois avant tout
> dire que ces gens sont des passionnés et
> effectivement, ils sont clairement atypiques dans
> l’appellation. Je me souviens avoir été très
> gentiment reçu par madame Laval. Des gens
> authentiques.!Je n’en doute pas un instant. Je ne connais pas ces gens, ni leur vin, donc je me garderai bien de les juger de façon trop définitive. En revanche je ne peux m’empêcher de trouver le procédé de la victimisation inélégant, et même provocateur quand on sait ce que valent leurs quelques hectares. Faire pleurer dans les chaumières quand on a patrimoine qui vous place parmi les 0.1% de français les plus riches, il faut le toupet éhonté de la propagande saportienne pour y parvenir. Ca donne un spectacle un peu indigeste, mais passons. En fait la logique saportienne est simple: il y-a les gentils pauvres, et les méchants riches. Comment fait-on quand il n’y-a que des riches? Eh bien on procède de la même façon: le moins riche est le gentil riche et le plus riche le méchant riche. De la part d’une journaliste racoleuse qui fait dans le sensationnel je peux comprendre ce genre de procédé manichéen et déloyal, c’est même hélas le fond de commerce de ces gens là, en revanche venant d’hyper-privilégiés qui se font leur pub en jouant les prolos je trouve ce comportement indigne et insultant pour ceux qui assistent à ce spectacle pathétique.
Il est mignon le père Techer, mais il pèse dans les 20 millions d’euros, et se ramasse des sommes à 6 chiffres chaque année pour un boulot pas trop violent, alors quand il essaye de m’apitoyer parce qu’en dépit de ces chiffres qui feraient rêver 95% de ses concitoyens il reste un nain à côté de ses voisins (forcément méchants puisque plus riches, ce qui dénote une vision tristement franchouillarde de sa part corroborée d’ailleurs par le fait qu’il paraisse réellement obsédé par le fric, puisque tout tourne autour de son discours) j’ai envie de l’inviter à aller voir ce qu’est la misère avant de venir jouer les pleureuses millionnaires.
Désolé pour ce mouvement d’humeur si il te heurte, mais ma patience a ses limites face à tant d’indécence pleurnicharde.
Et son pinard est peut-être très bien, mais je bois aussi affectif, entre autres critères et après d’autres plus essentiels, et ce que j’ai vu de cette famille de riches pleureuses ne me donne aucune envie de goûter leur production. C’est dommage…
- 18 septembre 2014 à 18h46
- in reply to: Château Latour, Pauillac
Château Latour 1985, Pauillac, en magnum
Ouvert au dernier moment par un ami un peu fou en guise d’apéritif, et carafé avant d’être servi. Le vin a une jolie robe, bien évoluée mais qui ne montre pas de signe d’évolution de stade final. Le nez est charmant, très cabernet sauvignon avec ses petites notes végétales et poivronnées, et dégage une intensité assez sympathique à défaut d’être époustouflante. En bouche c’est d’une intensité très correcte, mais on sent que le vin n’est pas tout à fait mur, notamment en finale, qui, bien que d’une longueur honorable, dégage une petite amertume. C’est une belle bouteille (enfin un beau magnum…), mais pas un grand Latour. Il ne lui manque qu’un peu plus de matière et de maturité pour être très beau, voire peut-être même grand. Bizarrement j’ai eu l’impression qu’un carafage prolongé ne l’aurait pas nécessairement amélioré, parce que le vin s’est vite ouvert et que ses petits défauts ne se seraient pas faits plus discrets à l’oxygénation.
- 18 septembre 2014 à 14h50
- in reply to: Re: Vu ou à voir à la télé
Pour ma part j’ai été surpris en voyant « Vino Business », de constater que la version télévisuelle avait été très nettement édulcorée par rapport au roman-enquête à sensation de départ. J’imagine qu’il faut y voir l’influence du service juridique du producteur ou de France 3 qui ne tient pas à accompagner l’auteur et l’éditeur de Vino Business en qualité de co-prévenus pour complicité de calomnie et de diffamation?..
Bien que vidé de sa substance accusatrice et acrimonieuse cette version documentaire du livre est sans grand intérêt, on reste dans le cliché, le simplisme et le sentimentalisme racoleur. Il est attendrissant le « paysan » de Pomerol qui se présente comme le « dernier des mohicans » alors qu’une très large partie de cette petite appellation est aux mains de familles. Il a 7 hectares de Pomerol, ce qui vaut dans les 15/20 millions d’euros. Pas précisément un homme à plaindre donc, même s’il semble goûter au jeu médiatique qui consiste à surjouer le côté prolo. Il explique qu’il ne veut pas vendre et qu’il est encerclé de voisins avides, mais c’est lui qui parle le plus de fric dans le film de Saporta. C’est comme les déclassés de St-Emilion, quelque chose dans leur raisonnement m’a échappé: ils ne sont pas vendeurs, mais se plaignent de la baisse de la valorisation de leur foncier!?? A la limite si j’étais propriétaire d’un cru classé et que je me refusais à le vendre pour préférer le transmettre à mes enfants, une moindre valorisation du foncier m’arrangerait en terme de fiscalité de la succession. On m’objectera que le classement permet de vendre un vin plus cher, mais est-ce avéré ou cela ne tiendrait-il pas plutôt de l’idée reçue? Bon nombre de crus classés sont vendus en primeur entre 10 et 15 euros (je pense à l’excellent Grand-Corbin-Despagne par exemple, ou au très bon Clos des Jacobins, mais je pense que cette tranche de prix concerne près de 70/80% des GCC). Bon nombre de crus non-classés le sont dans les mêmes eaux, ce qui me laisse penser que le prix tient davantage à la qualité intrinsèque du vin et au dynamisme dont témoignent ses propriétaires pour développer sa notoriété, qu’au classement qui n’est jamais qu’une médaille en chocolat à laquelle sont surtout sensibles les béotiens. Bref, ça parle beaucoup de fric chez ceux qui jurent la main sur le cœur ne pas être animé par ça au contraire de leurs méchants voisins (du calimérotage vinicole pur-jus).
Le seul moment intéressant est le débat qui a suivi, où Saporta se montre telle qu’elle est: elle aboie, éructe, invective, coupe la parole de ses interlocuteurs, élève le ton pour couvrir leur voix, et ne développe aucun argumentaire probant. Elle parvient même à aller mordre les mollets de ce pauvre Dupont, alors qu’il la soutient pourtant malgré quelques réserves d’ordre déontologique sur ses méthodes.
Avec Saporta on évolue dans le sensationnalisme racoleur, pas dans l’investigation journalistique telle que définie par sa charte déontologique. Son truc me fait penser à ces « enquêtes » à sensation qui passent le dimanche soir, tard dans la nuit (les ’90 minutes enquêtes’ ou autre « documentaires » d’un genre aussi affligeant).
- 27 août 2014 à 15h15
- in reply to: Château Magdelaine, Saint-Émilion
CR: Château Magdelaine 2001
Dégusté hier pendant le déjeuner. C’est un bien joli vin, tout en finesse et plein d’élégance. La robe est assez claire pour un grand bordeaux d’un grand millésime pas si vieux, le nez élégant et engageant. En bouche il y-a une matière élégante (loin du sentiment d’extraction trop poussée qui m’a frappé lors d’une récente rencontre avec un Valandraud du même millésime qui ne m’a pas du tout séduit), de la fraîcheur, une belle acidité et une pointe végétale, assez légère, qui me laisse penser que le raisin n’a pas été ramassé tout à fait mûr. Ca manque un soupçon de complexité à mon goût, mais c’est équilibré, digeste et assez pur dans le style. J’ai pris un plaisir certain à boire ce vin qui ne me laissera pas un souvenir impérissable cependant. C’est l’idée que je me fais d’un vin honnête plus que d’un grand vin.- 25 août 2014 à 17h29
- in reply to: Château Monbousquet (Gérard Perse) + vins de G.Perse Pavie/Pavie-Decesse
Eric B écrivait:
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> En 1995, Pavie était encore la propriété de la
> famille Valette. Le CR devrait donc être placé
> [url=https://lapassionduvin.com/phorum/read.php?3,1
> 49,page=1]ICI[/url].
>
> Depuis 1998, la finesse n’est effectivement pas le
> qualificatif approprié…Amusant, il se trouve que le dernier Pavie que j’ai dégusté, 2002, était justement d’une grande finesse, quoique possédant une très belle matière. La finesse n’est effectivement pas ce qui vient spontanément à l’esprit pour parler des vins de Perse, mais on s’aperçoit que si c’est particulièrement vrai pour Monbousquet c’est beaucoup moins évident pour Pavie qui vieillit admirablement et gagne en finesse au vieillissement. J’aimerais goûter Pavie 98 et 99 pour en avoir la confirmation, mais son 2002 m’a épaté et je ne suis pas vraiment friand de vins « technos ».
Et pour connaître assez bien les Pavie de l’ère Valette (j’ai goûté les 82, 83, 87, 88, 89, 90, 92, 93, 95 et 96), ça n’est pas de finesse dont je parlerais pour les évoquer, mais plutôt d’un manque de matière (rendements élevés, peu ou pas de sélection…). Les Pavie de l’ère Valette m’ont souvent paru, quoique sympathiques, d’une constitution un peu chétive, hormis dans les millésimes où la nature semblaient compenser spontanément les carences de la viticulture.
- 25 août 2014 à 17h11
- in reply to: Champagne Selosse
CR:
Dégusté il y-a une dizaine de jour, Selosse 1999 se présente comme un vin admirable. Fidèle au style maison, avec de la matière, quelques notes oxydatives, des arômes de noix, de brioche et une texture onctueuse, une bulle d’une très grande finesse et d’une grande persistance, et une jolie finale. C’est un champagne superbe, qui n’égale cependant pas, en complexité et en longueur, le merveilleux 2002, qui est au firmament de ce que j’ai pu déguster de meilleur en Champagne. Ce 1999 reste néanmoins une des très grandes bouteilles parmi les grands champagnes que j’ai goûtés. Pour le moment seul le 2002 et un bout du Clos m’ont paru supérieur chez Selosse, mais ce 1999 est loin de démériter (et il est en tout cas ce que j’ai bu de plus grand sur ce millésime, très nettement supérieur à mon goût au Salon 1999 entre autres, pour rester sur un grand chardonnay de la côte des blancs dans le même millésime)- 25 août 2014 à 17h05
- in reply to: Château Valandraud, Saint-Emilion
Dégusté le week-end dernier, Valandraud est un vin dont je ne suis pas très familier et qui ne m’a jamais vraiment enthousiasmé même si je reconnais que ce sont des vins qui sont, techniquement, d’assez haute volée. Le nez est un peu éthéré, l’alcool ressort trop à mon goût. Il y-a une grosse matière, mais ça manque cruellement de finesse et de fraîcheur, c’est épais et donc un peu trop lourd au palais. Il y-a une amertume en finale et des tanins un peu asséchants qui me laissent penser que l’extraction a été trop poussée. En revanche l’élevage me semble correctement digéré, puisque le bois ne prend jamais le dessus. Un vin très technique auquel je n’ai trouvé aucun charme et que je n’ai donc pas apprécié (pas plus que les autres convives semble t-il).
- 18 août 2014 à 22h33
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Luc,
Je suis heureux que tu trouves le mot comminatoire très beau, tu m’en vois ravi. Il ne me paraît pas utilisé à « très mauvais escient », puisqu’il traduit au contraire très bien le caractère de la situation: un propos de modérateur très agressif (bah oui, ta fonction de modérateur n’est pas anodine quand tu choisis un ton aussi outrancier pour railler une analyse très personnelle que j’ai pris soin de partager avec un certain sens de la nuance: « à mon palais », « me semble », « à mon sens », « je peux me tromper » etc.). L’agressivité se fait toujours plus menaçante quand elle émane de quelqu’un qui peut décider de m’empêcher de répondre, voire de m’exclure de ce forum. Donc je le redis, même si ça te chiffonne (j’ai failli écrire chagrine, mais je craignais que ça ne fasse trop « beau mot un peu précieux…) le mot me semble au contraire parfaitement adapté à ta petite diatribe.
J’ai presque l’impression que pour toi la mesure et la nuance sont une invitation à l’invective et aux sarcasmes.
Pour le reste je te renvoie à mon post, qui me paraît assez clair. Si tu ne comprends toujours pas ce que j’ai énoncé plutôt simplement, fais toi une raison et passe à autre chose. Tu trouveras bien quelqu’un dans les parages sur qui déverser ton ironie mordante (causticité aurait fait précieux ou pas, pour que je situe le vocabulaire qu’il me faut employer avec toi pour m’épargner d’autres piques aussi ridicules?)
- 18 août 2014 à 20h39
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Luc Javaux écrivait:
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> Attention, nous avons droit à quelques âmes
> sensibles qu’il faut caresser dans le sens du
> poil.
> Je sais que nos amis d’outre-Atlantique sont les
> champions du politiquement correct, mais tout de
> même… Un petit stage en Belgique où on ne
> craint pas de dire ce qu’on pense me semble
> indispensable.
> Pour en revenir au sujet, je relis le CR, et
> j’avoue ne pas tout comprendre…
> On nous parle de bouquet enivrant, on cite toffee,
> pain grillé, pivoine , violette, rose, cerise,
> mûre, et puis en conclusion on regrette un manque
> de complexité aromatique qui serait de plus
> irrémédiable, vu que le vin ne possède aucune base
> pour qu’elle se développe au vieillissement.
> Personnellement, quand j’ai l’idée saugrenue
> (mince, je n’ai pas encore pu me retenir,
> indécrottable malappris que je suis) d’ouvrir un
> tel vin aussi jeune, et que je trouve
> l’aromatique peu complexe, j’ai plutôt tendance à
> conclure à une phase de relative fermeture
> aromatique, et je vais me flageller pour avoir été
> incapable d’attendre le temps nécessaire à son
> épanouissement, comme tous ceux à qui j’ai pris la
> peine de demander leur avis me le conseillaient.
>
>
> LucEntre caresser dans le sens du poil et parler franchement avec un minimum de tact, il y-a toute une série de nuances…
En cherchant bien je suis sûr qu’il existe un endroit en Belgique où « on ne craint pas de dire ce qu’on pense » et où on ne craint pas non plus de le dire poliment.
Pour le reste je pense avoir assez clairement indiqué que le bouquet était superbe mais que la bouche ne me semblait pas à la hauteur. Que tu ne sois pas d’accord quant au côté définitif du manque de complexité est une chose, mais le dire de façon aussi comminatoire et revenir à la charge après que j’aie laissé un message nuançant mon post précédent et en faisant mon mea culpa c’est non seulement regrettable mais en plus un peu grossier, pour te livrer le fond de ma pensée (ça fait assez fin fond de la Belgique cet accès de [s]rudesse[/s] franchise?).
Fin de l’échange pour ce qui me concerne.
- 18 août 2014 à 17h43
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Luc Javaux écrivait:
——————————————————-
> [i]Cela dit, ce qui faisait défaut ce soir là à
> cette bouteille n’a, à mon sens, que peu de chance
> de se développer au vieillissement. Je peux me
> tromper, mais ce petit déficit de complexité
> aromatique demeurera.[/i]
>
> Je me demande bien sur quelle base tu peux
> affirmer pareille chose (j’ai failli écrire
> pareille sottise, mais je me suis retenu…) ?
> Bien entendu que la complexité aromatique se
> développe au vieillissement, c’est même une des
> choses qui différencie le plus les vins trop
> jeunes des vins à maturité.
>
>
> LucC’est gentil d’avoir écrit « chose » à la place de « sottise », j’imagine que c’est à ce genre de petit détail que l’on distingue les gens bien élevés des autres (j’ai failli écrire des malappris, mais je me suis retenu…). J’imaginais, mais à tort visiblement, comme tu me l’indiques sans ménagement, qu’il y-avait peu de chances pour qu’une caractéristique que ne possède pas un vin (en l’occurrence la complexité aromatique) se développe spontanément au vieillissement sans base préalable.
Ca n’est sans doute pas une circonstance atténuante, mais j’ai peut-être aussi été induit en erreur par le fait que sur beaucoup de vins dégustés dans leur prime jeunesse j’ai souvent décelé une trame aromatique d’une grande amplitude, même sans grande complexité à ce stade balbutiant de leur vie, que je n’ai pas retrouvée dans ce Chambertin (ou à tout le moins sans commune mesure avec ce à quoi je m’attendais).
Mea culpa, je me montrerai moins catégorique à l’avenir (même si pour tout dire je pensais l’être dans ce post…)
- 18 août 2014 à 14h16
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Je savais que ce pouvait être trop tôt. J’ai pris le risque et ne le regrette pas, car cette première expérience me servira de base pour mesurer l’évolution de ce vin au fil du temps. Cela dit, ce qui faisait défaut ce soir là à cette bouteille n’a, à mon sens, que peu de chance de se développer au vieillissement. Je peux me tromper, mais ce petit déficit de complexité aromatique demeurera. Ca restera donc, selon mon propre goût et mes critères subjectifs, une très belle bouteille que je vois mal devenir une grande bouteille. Je me souviens cependant que lors d’une visite au domaine on m’avait indiqué que le 2009, bien que fort joli millésime, avait peut-être été célébré un peu vite, et que le millésime 2010, au domaine en tout cas, semblait dominer nettement son prédécesseur.
Reste donc à ouvrir un chambertin 2010 pour mesurer le bien-fondé de cette assertion 😀
- 18 août 2014 à 13h52
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Armand Rousseau Chambertin 2009
La bouteille a été ouverte vers 18 heures, dégagée jusqu’au niveau bas goulot, et servie telle quelle vers 21h30. La première chose qui m’a frappée était que le vin était infiniment agréable à déguster aussitôt la bouteille débouchée, et qu’il ne présentait que peu de traces d’élevage. La robe est étonnamment pâle (étonnamment car je m’attendais à quelque chose de plus soutenu qui aurait paru plus concentré à l’œil), et a une teinte qui fait penser à la cerise. Les premières notes sont des notes d’élevage, assez discrètes, qui évoquent des « toffee » et du pain grillé. Suivent des notes délicieuses de pivoine et de violette, avec quelques touches de rose. La robe est de faible intensité, mais d’une grande pureté. La bouche est pleine de vigueur, en tension et en vivacité, avec une belle matière d’une densité qui donne « de la mâche » tout en restant sur le registre de la finesse. Le vin a une grande fraîcheur, et une longueur impressionnante. Les tanins sont déjà très fins, et prolongent très agréablement la finale. Cependant je suis un peu surpris par le manque de complexité aromatique. Nous avons affaire à un vin remarquable, admirablement ciselé, qui possède la puissance, l’équilibre, la fraîcheur, qui a un bouquet enivrant, une robe très pure qui scintille de mille feux, mais…dont la bouche ne tient pas les promesses faites à l’œil et au nez. Entendons nous bien, l’ensemble est évidemment de haut vol, mais en-deçà de ce que j’en espérais (peut-être ai-je trop idéalisé le moment de la dégustation?..) en terme de complexité. La palette aromatique (fruits frais, dominée par des notes de cerises et de mûres) m’a paru manquer d’amplitude et de complexité. Une très belle bouteille, qui à ce stade n’est pas grande à mon palais.
Ce vin accompagnait un repas fait d’un risotto à la truffe (aestivum), et un poulet fermier servi avec une purée à la (même) truffe. Il était précédé d’un Selosse 1999 (magnifique, bien qu’en-dessous du fantastique 2002 dégusté il y-a quelques temps), qui se mariait avec nettement plus de bonheur sur le risotto (accord divin pour tout dire), tandis que le Chambertin était parfait sur le poulet qui compensait joliment le manque de complexité aromatique décelé en dégustation.
Si je devais lui donner une note Parkerienne ce serait sans doute un 93-94, une note Betanédesseauvienne ce serait un 17/17.5, et une note LPVienne ce serait un TB-
Pour nous la bouteille de la soirée aura été le Selosse 1999.
- 16 août 2014 à 22h16
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Depuis la cuisine où je suis en train de préparer notre dîner, je ne résiste pas au plaisir de poster pour annoncer qu’à l’ouverture ce grand vin s’annonce merveilleux et ne paraît pas trop jeune. Le nez est typique de celui d’un pinot noir de grande race bien mûr. La bouche est pleine, encore compacte, puissante, pleine de sève, et d’une grande fraîcheur. La longueur est impressionnante. L’ensemble, goûté rapidement à l’ouverture, m’évoque un peu le style de La Tâche dans un grand millésime. Un vin dans lequel se mêlent la virilité et la tendresse. Vivement la « vraie » dégustation, qui s’annonce comme un moment exceptionnel.
- 13 août 2014 à 21h59
- in reply to: Sud de la Toscane
Bonjour Thierry,
Je ne lis votre message que maintenant. Passons sur la légère acrimonie qui vous vaut de mettre mon pseudonyme entre guillemets, ça manque singulièrement d’élégance mais sans doute réservez-vous cela aux personnes qui se sont dûment identifiées, peut-être même avez vous un supplément d’égards pour celles qui en attestent dans la foulée en vous présentant des papiers d’identité authentifiés, qui sait?.. Vous n’aimez visiblement pas l’usage d’un pseudonyme, ce que le site dont vous êtes administrateur permet pourtant, mais souffrez que je puisse en apprécier, quant à moi, sinon l’anonymat en tout cas la discrétion
Je n’ai pas mentionné le prix, tant il me paraît évident que dans un 3 étoiles Michelin, qui plus est sans concurrence à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde et installé dans un endroit hautement touristique comme l’est Florence, les prix sont élevés au-delà de ce qu’il semblera décent ou acceptable pour une large majorité de nos contemporains.
Le prix de la cuisine elle-même est dans les standards de ce genre d’établissement. Le prix des vins en revanche est grotesquement élevé pour la plupart d’entre eux, c’est un fait. Pourtant la carte regorge de choses relativement intéressantes au plan financier si l’on prend le temps de la feuilleter tranquillement. A titre d’exemple lors de mon dernier passage je m’y suis régalé d’un Chambolle « amoureuses » 2005 de chez Vogüé pour un peu moins de 400 euros, ce qui ne m’a pas paru déraisonnable (d’autant que ce vin était, comme chacun peut l’imaginer, délicieux).
Pour clore ce message dans la veine de la façon dont je l’ai entamé, je précise à toutes fins utiles que je n’ai bien évidemment aucun lien particulier avec l’endroit (hormis le fait que j’en sois client bien entendu).
J’ai découvert récemment un excellent restaurant de dim-sum situé dans Central (à deux pas de Prince’s building), qui mérite d’être suggéré aux voyageurs du forum qui se rendront à Hong-Kong.
Il s’agit de Duddell’s, situé sur Duddell Street (au-dessus du superbe magasin Shanghai Tang. Leurs dim-sum sont exquis, le cadre est d’une sobre élégance très appréciable, et l’atmosphère de l’endroit dégage une apaisante sérénité. La carte des vins est honorable (quoiqu’un peu chère dans l’ensemble, mais comme pour ma part je ne marie les dim-sum qu’à un bon thé je me suis contenté de la consulter).
Il y-a également, en plus de la salle de restaurant principale, une ravissante terrasse joliment agrémentée de végétation. C’est vraiment un bel endroit, dont, pour ne rien gâter, les prix m’ont parus très raisonnables.
(tu)
- 12 août 2014 à 23h27
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Merci pour vos réponses. Je vais me laisser tenter tout de même et vous donnerai mes impressions. Il est évident que si c’était ma seule bouteille de cet illustre vin je la laisserai sagement vieillir, mais puisque la curiosité prend le dessus et que j’aurai tout loisir d’en mesurer l’évolution sur d’autres flacons dans les années à venir je me lance.
J’ouvre ça samedi soir pour un dîner en amoureux avec la femme. Je posterai probablement le compte-rendu lundi. Haut les cœurs et advienne que pourra…
- 12 août 2014 à 14h43
- in reply to: Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin
Bonjour à tous,
Bien que jeune ce vin vous semblerait-il à un stade de « buvabilité » suffisant pour en ouvrir une bouteille en ce moment? Et si oui quel genre de carafage préconiseriez vous? Court, moyen, long?
Merci par avance à ceux qui se donneront la peine de me renseigner 🙂
- 9 juillet 2014 à 16h00
- in reply to: Sud de la Toscane
Si tu passes par Florence essaie d’aller faire un tour chez Pinchiorri. La cuisine n’est pas remarquable, quoique très bonne mais en-deçà de ce que l’on est en droit d’attendre pour un 3 étoiles Michelin à mon humble avis, en revanche le service est parfait et surtout la carte des vins est impressionnante (la plus belle que je n’aie jamais vue dans un restaurant) et on te propose une visite de la cave qui à elle seule justifie le détour dans cette institution.
- 19 juin 2014 à 14h11
- in reply to: Château Angélus
Luc Javaux écrivait:
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> Oui, vous avez raison. Je ne sais pas pourquoi,
> mais en écrivant 2012, c’est 2013 que j’avais en
> tête.
> On peut par contre remplacer millésime moyen par
> rapport qualité-prix moyen, vu le prix de la
> bouteille ornementée, je ne risque pas de me
> tromper… 😉
>
>
> LucCa on peut sans hésiter, comme il en va avec n’importe quel vin dont le prix à la bouteille dépasse la centaine d’euros (encore que le curseur soit là aussi fonction des moyens plus que de la notion éminemment subjective de raison).
Fût un temps je me refusais à dépenser plus de 50 euros par bouteille (somme que je jugeais déjà à la limite de l’extravagance pour 75 cl de jus de raisins fermenté), alors qu’à présent je n’ai plus vraiment de limite en la matière (hormis le coefficient multiplicateur par rapport au prix de sortie. Romanée Conti à 2000 € j’achète, à 8000 je ris, La Tâche à 500 j’achète, mais à 2000 je laisse passer; et je préfère pourtant La Tâche à Romanée-Conti, c’est dire que c’est une position de principe plus qu’une affaire de montant).