Griffon

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    C’est à dire que les deux démarches sont foncièrement différentes. Mouton-cadet est un vin de négoce, issu d’achat de vins et de raisins. L’intégralité de l’Esprit de Pavie vient des vignes maisons (Castillon et Saint-Emilion d’après ce que j’ai compris), cultivées avec la rigueur qu’on connaît aux Perse, par leurs propres équipes. Et honnêtement la différence s’en ressent sacrément. L’un est un vin de vigneron, un vin de propriété(s), l’autre est un produit de masse produit selon les canons de l’agro-alimentaire industriel. Mouton-cadet est une sorte de Malesan « premium », là où Esprit de Pavie est une sorte de second vin de l’ensemble des vignobles Perse. Personnellement j’ai aimé, et j’en achèterai à nouveau. Ça fait un vin de consommation « courante » tout à fait décent.

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    Esprit de Pavie 2010 – AOC Bordeaux

    Dégusté hier ce vin dont on m’avait indiqué qu’il s’agit d’un mélange de raisins des vignobles castillonnais de la famille Perse (Ste-Colombe et Clos des Lunelles) ainsi que des plus jeunes vignes de Pavie (dans quelles proportions, mystère…).

    La robe est jolie, d’une belle intensité brillante. Le nez est agréable, fait de fruits rouge et marqué plutôt légèrement par l’élevage. La bouche est sapide, et d’une jolie longueur et avec dune bonne matière. Il y-a un côté griotte/kirsch assez net en bouche. Si j’ai un ou deux petits reproches à faire à ce vin, ce serait un côté légèrement alcooleux, ainsi qu’un petit manque de fraîcheur (on est sur quelque chose de très mûr, heureusement pas sur-extrait ni sur-boisé, mais qui manque un soupçon de tension et de fraîcheur à mon goût). Je trouve néanmoins que c’est un rapport qualité/prix intéressant (bouteille achetée dans les 13 euros), et une belle introduction, à peu de frais, à la maison Perse.

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    J’ai quelques magnums de Bahans 2000, quelle serait la bonne fenêtre de consommation à votre avis? Je pensais commencer à en ouvrir à horizon 2015, peut-être est-ce encore un peu tôt étant donné le format et le millésime?

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    CR: Domaine Dufouleur – Nuits-Saint-Geroges 1er cru blanc « Clos des Perrières » 2009

    J’ai goûté hier une bien sympathique curiosité, un Nuits-Saint-Georges blanc du domaine Dufouleur (dont je n’attendais pas grand chose étant donnée la réputation plutôt modeste du domaine). Au nez c’est le beurre qui ressort d’abord, puis l’acacia et la vanille, avec quelques notes légèrement oxydatives , en bouche c’est assez crémeux, ça a une belle densité, une jolie texture et la finale est assez longue pour me satisfaire en imprégnant délicatement mon palais. L’ensemble est d’une belle matûrité, a une belle matière et est joliment équilibré. J’ai pris beaucoup de plaisir à boire ce vin (d’autant plus que, je le confesse, j’avais quelques a priori négatifs), qui m’a rappelé la définition de certains Meursault (le côté crémeux, gras, ample). C’est un 100% Chardonnay (à la différence des Nuits blancs de chez Gouges, qui sont fait je crois de pinot muté). Une bien belle bouteille en tout cas (tu)

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    La dernière fois que je l’ai dégusté (il y-a environ 3 ans), je l’avais trouvé singulièrement maigrichon pour un Cheval d’un si beau millésime. Pas un mauvais vin dans l’absolu, plutôt un vin sympa d’ailleurs, mais ça manquait de profondeur et de complexité pour un cru de ce rang (a contrario j’avais été emballé par leur 1999 qui était un des plus beaux de la rive droite, alors que le millésime était moyen… c’est tout le paradoxe de Cheval Blanc je trouve, que d’être si irrégulier).

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    C’est évidemment à relativiser, mais selon moi il est raté pour un Cheval Blanc, et pour un vin issu d’un grand millésime. Non que ce soit un mauvais vin dans l’absolu, mais je l’ai trouvé à chacune de nos quatre rencontres très loin de ce que tout un chacun peut attendre d’un Cheval de bonne année, et très loin de ce que Cheval aurait pu faire cette année là. C’est d’ailleurs pour moi une des caractéristiques les plus intrigantes de Cheval Blanc, qui, un peu comme Mouton de l’autre côté, a une étonnante capacité à produire des vins immenses (Mouton 45 ou Cheval 47 en sont d’illustres exemples) mais également à produire des vins à peine décents (donc terriblement décevants étant donné leur rang) dans de grands millésimes (89 me semble être un bon exemple pour les deux propriétés d’ailleurs, mais il y-en a quelques autres hélas).

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    Intéressant ces commentaires sur le 1995. Dans mes souvenirs c’est un vin à l’élevage trop appuyé, qui a quelque chose d’austère (tanins rugueux et massifs) et qui 15 ans après sa naissance était encore marqué par le bois, laissant supposer (peut-être à tort) que le vin pourrait ne jamais parvenir à digérer l’élevage. Il me semble d’ailleurs que Lurton reconnaît du bout des lèvres que, bien que 1995 soit un superbe millésime bordelais, ça n’est pas une réussite majeure pour Cheval (ce qui une fois passé au traducteur d’euphémisme bordelais prend une autre dimension…). Vraiment pas un grand cheval pour moi, qui rejoint 1989 et 2001 au classement des très grands millésimes ratés.

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    Jolie dégustation. J’ai moi-même été cruellement déçu par Figeac 2001 (l’un des très rares bordeaux 2001 qui m’ait déçu à vrai dire), dégusté il y-a près d’un an, dont le nez était animal tandis que la bouche était végétale et désagréablement astringente…

    Il paraît que Figeac est en pleine renaissance. Espérons que ce soit effectivement le cas, il y-a bien longtemps que je n’ai pas pris de plaisir avec un Figeac (le dernier était un 1983 dégusté il y-a 6 ans, depuis c’est une succession de déceptions qui s’allonge à chaque nouvelle rencontre).

    Griffon
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    Je suis content d’avoir eu le plaisir de dîner dans son auberge de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson au moins une fois. J’en garde un souvenir ému, les hôtes étaient charmants, la cave impressionnante et j’ai bu ses paroles au moins autant que les vins sortis de son immense cave ce soir là. Un œnophile distingué, l’antithèse d’un Chasseuil: un véritable amoureux du vin, illustres ou anonymes, des vignerons, de la nature, qui aimait consommer et partager.

    Griffon
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    François Audouze écrivait:
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    > MB a le défaut d’être parfois péremptoire et de
    > penser qu’il détient la vérité.

    C’est une chance pour toi qu’il ne s’intéresse pas en plus aux [s]vieilles étiquettes[/s] vins anciens, ce serait une forme de concurrence à laquelle tu goûterais moins qu’à un de ces excellents Clos de La Roche 1929 de chez Ponsot… 😀

    Griffon
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    Pagodes de Cos 2003, Saint-Estèphe

    Cette bouteille a été une très belle surprise. Le nez est charmeur, envoûtant, profond. la bouche est bien mûre, compacte, gourmande, et étonne par la fraîcheur et l’équilibre dans un millésime si solaire. La finale est longue, joliment tannique, mais tout en souplesse et savoureuse. C’est une très belle bouteille, qui a mon goût surpasse le grand vin dans un certain nombre de millésimes (notamment les 2002 et 2004, que j’aimerais regoûter avec ce pagode et le Grand Vin sur 2003). Un rapport qualité/prix excellent (85 € au restaurant).

    Griffon
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    aquablue écrivait:
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    > Griffon, tu veux pas dire poivron vert ? ça fait
    > plus jolie métoxy … ?

    J’ai appris récemment que cette molécule était responsable des déviations aromatiques qui donnent des côtés végétaux, amers et le fameux côté « poivron vert ». Aucune espèce de prétention de ma part dans l’emploi de ce terme, simplement le souci d’être précis et de nommer la cause du problème plutôt que d’en décrire les symptômes. Désolé si ça t’a paru pompeux, il n’était pas dans mes intentions de paraître vaniteux en employant un terme technique que la plupart des afficionados doivent connaître.

    Griffon
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    Château Lafite-Rothschild 1993, Pauillac

    Nez marqué par la métoxypyrazine, typique des cabernet sauvignon pas mûrs. La bouche est assez fine, mais manque de matière à mon goût et présente elle aussi des arômes végétaux peu engageants. Manque de matière, finale courte bouche un peu aqueuse et diluée. Ca n’est pas une belle bouteille, elle est même franchement décevante pour un premier même si elle ne présente pas de défaut « majeur ». Mes expériences des « grands » 1993 sont très mitigées: j’ai été enchanté par Petrus, Angélus, Haut-Brion et Mouton, et très déçu par Cheval Blanc, Margaux, et maintenant Lafite. Il fautdrait que je goûte Pavie et Ausone (dont je n’attendrais pas grand chose) et Latour (qui doit être assez joli je pense). En tout cas voilà une bouteille que j’aurais été mieux inspiré de vendre pour la remplacer avantageusement par plusieurs belles bouteilles.

    Griffon
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    Je l’ai goûté il y-a un an environ, et il était délicieux. Je pense que vous pouvez toutefois l’attendre encore 5/6 ans sans difficultés s’il est convenablement conservé, mais selon moi il est déjà à son apogée (même si celle-ci durera encore quelques années).

    Griffon
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    On peut sans peine considérer qu’Hubert de Bouard en fait trop en matière de communication et que sa façon de faire parler de son vin et de sa personne manque parfois de subtilité ou de modestie. Reste que son vin n’en est pas moins superbe et qu’il est remarquable de qualité comme de constance, choses qui seraient impossibles sans un grand terroir. Il faut toujours se méfier des commérages et des mesquineries de voisinage, la jalousie et les mauvais procès sont monnaie courante à Bordeaux…

    Griffon
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    Château Pavie 1998, Saint-Emilion 1er GCC

    J’ai pu déguster hier soir un excellent Pavie 1998, qui m’a laissé une impression à peu près identique à celle du remarquable 2002 que j’avais goûté il y-a plus d’un an: Que l’on est loin des préjugés que peuvent véhiculer les vins hâtivement qualifiés de « modernes »! La robe est belle, d’un joli rubis d’intensité moyenne et d’une grande netteté. Les signes d’évolution sont discrets (ça commence à peine à tuiler sur les bords du disques). Le nez est très beau et me fait d’abord penser à un vin du nord-médoc (j’étais parti sur un grand Pauillac): un nez complexe, équilibré et prometteur. En bouche le vin est admirable, plein de finesse, énorme de fraîcheur et de tension, et d’une jolie complexité aromatique. La finale est longue, et là encore portée par la fraîcheur et la vivacité de tanins d’une très grande finesse qui accompagnent délicieusement cette finale. A nouveau, c’est une révélation. Ce vin superbe est aux antipodes de ce que j’en avais entendu il y-a quelques années (vin moderne, très extrait, élevage trop appuyé, etc.), et ajouté à la surprise que j’avais eu avec leur 2002 (qui m’avait plus impressionné encore parce qu’issu d’un « petit » millésime) je commence à me dire que le style de Pavie est absolument remarquable au vieillissement, que le vin, bâti pour une très longue garde, ne se révèle qu’au bout de longues années, et que cela a pour conséquence d’induire beaucoup de gens en erreur quand ils goûtent Pavie dans sa jeunesse. C’est pour moi un très grand vin, et plus je le découvre plus je trouve que les procès qui lui ont été faits sont parfaitement injustifiés. Je suis convaincu que le temps et l’histoire lui rendront justice. Excellent.

    Griffon
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    Domaine Armand Rousseau, Mazy-Chambertin 2006

    Dégusté récemment ce qui s’est avéré être une très belle bouteille. La robe est très claire, et présente déjà quelques reflets légèrement tuilés. Le nez est superbe, très floral, avec des petites notes de rose. En bouche c’est superbe de finesse, de fraîcheur et de pureté, avec des arômes de griotte et une pointe d’épices. C’est un vin qui n’a pas la complexité ni la puissance des Chambertin et autres Clos-Saint-Jacques, mais qui est furieusement agréable à boire: précis, pure, digeste, équilibré, plein de fraîcheur, et doté d’une belle finale qu’accompagnent des tanins d’une grande finesse. J’ai adoré.

    Griffon
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    2011, donc ça concerne les 2008 (embouteillés en 2010 et donc livrés sur l’exercice 2010-2011). Sachant que ces vins ont été vendus en primeur à 50 € ça laisse imaginer les CA suivants (autour de 25/30 millions d’euros…). 😀

    Au moins ceux-là ont-ils le bon goût de ne pas essayer de susciter la compassion au prétexte qu’ils tirent des revenus extrêmement modestes en comparaison de ceux de leurs voisins Wertheimer ou Arnault.

    Griffon
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    TIMO écrivait:
    ——————————————————-
    > Griffon je ne sais pas quel film tu as vu?
    >
    > Techer voilà ce qu’il dit :
    > – il se plaint que son village se transforme avec
    > l’arrivée des nouveaux acteurs et déplore la
    > disparition des propriétaires-vignerons.
    > – Il dit que les dégustations primeurs c’est du
    > pipeau et une histoire de gros sous, que les notes
    > Parker c’est une machine à fric.
    > – Il défend les vinif non interventionistes.
    > – Il dit que pour lui le vin c’est pas des chais
    > pharaoniques mais plutôt sa manière de faire.
    >
    > Pardon, où est le scandale? (à la limite son truc
    > sur les levures est too much mais pas plus)
    > Cela te permet de dire des trucs comme il
    > [i]ramasse des sommes à 6 chiffres chaque année
    > pour un boulot pas trop violent[/i] ??
    > Et de dire que tu ne boiras pas de son vin parce
    > que c’est une riche pleureuse???
    >
    > Faudrait boire frais et éventuellement s’accorder
    > un revisionnage parce que là je comprends vraiment
    > pas ce que t’amènes à écrire des trucs comme ça.
    > Ou alors il faut les retranscrire noir sur blanc.
    >
    > Timo

    Ben je pense qu’on a vu le même film. Celui dans lequel une journaliste qui veut faire parler d’elle réalise un portrait caricatural, manichéen et d’une rare malhonnêteté de Bordeaux grâce à la complicité d’un type très riche qui se présente comme un pauvre paysan dur à la tâche à qui ses salauds de riches voisins aimeraient faire la peau. Manque de bol, il est tout sauf pauvre, et il semble qu’en fait de multinationales agressives ses voisins soient surtout des familles de viticulteurs installées là depuis très longtemps elles-aussi, et visiblement animées d’intentions moins hostiles que ne veut bien le décrire ce vigneron un tantinet parano qui a trouvé un bien triste créneau pour exister médiatiquement le temps d’un écoulement de caniveau.

    Et en effet, je dis que le vin a une dimension affective évidente pour moi et qu’il est des bons vins que j’ai cessé de boire parce qu’ils sont faits par des mesquins, des détraqués ou des extrémistes et d’autres que je ne boirai jamais pour les mêmes raisons. Ma vie ne suffira pas à me permettre de goûter tous les bons vins qui mériteraient de l’être, donc j’opère un tri sélectif également en fonction du critère sympathie/antipathie quand j’ai de quoi l’établir. Déraisonnable? Peut-être, mais je fonctionne ainsi et je n’en ai aucune honte.

    Griffon
    Participant

    BoiPaKeDeLo écrivait:
    ——————————————————-
    > PBAES écrivait:
    > ————————————————–
    > —–
    > > Littérature
    > >
    > > Amélie Nothomb nous dit tout sur les grandes
    > > cuvées de sa vie :
    > >
    > >
    > https://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o110201-p
    >
    > >
    > eople-amelie-nothomb-nous-dit-tout-sur-les-grandes
    >
    > > -cuvees-de-sa-vie
    > >
    > >
    > > Philippe
    >
    >
    > Totalement politiquement incorrect (tu)
    >
    > Olivier

    Intéressant. On y apprend qu’elle a adoré un Clos du mesnil 2001. Fourni par Kurni et dégusté avec O12 sans doute?.. 😀

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