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- 17 novembre 2014 à 13h48
- in reply to: Château Angélus
Château Angélus 1964, en magnum
J’ai eu le plaisir de goûter ce vin superbe, lors d’un dîner donné en l’honneur d’un homme né en 1964. Le vin est d’une belle couleur, un joli rouge rubis, légèrement tuilé, d’une intensité assez faible. Le nez est envoûtant, fait de notes de rose, de graphite, de cèdre, qui évolueront ensuite sur des notes d’orange amère et d’épices plutôt étonnantes mais délicieuses, pour finir une heure après le service sur des arômes de truffe et de boîte à cigare. La bouche est assez compacte, d’une grande fraîcheur (là encore, nouvel étonnement), avec des arômes de fruits noirs, d’épices et des notes moins facilement définissables qui évoquent les sous-bois. Sa densité rend le vin vraiment gourmand, et la sensation glycérinée lui donne un certain poids sur le palais qui est contrebalancé par la finesse et le fraîcheur qui émane de l’ensemble. La finale est très longue, et enrobée de tanins encore vivaces mais d’une extrême finesse. Elle m’a laissé une impression similaire à celles rencontrées sur certains grands pinot noir, une matière qui ne manque pas de puissance mais qui reste toujours dominée par la finesse et la fraîcheur. J’ai adoré ce vin que j’ai trouvé véritablement immense et qui a été une très belle surprise, emportant l’adhésion unanime et enthousiaste de tous les convives. Absolument superbe!
- 14 novembre 2014 à 19h20
- in reply to: Château L’Église-Clinet, Pomerol
CR: Château L’Église-Clinet 2004
J’ai dégusté pour le déjeuner une bouteille de ce domaine que j’affectionne particulièrement, mais que je ne bois que trop rarement, qui était plutôt décevante. Le vin a un nez éthéré qui se développera au fur et à mesure qu’il s’oxygène, au point que ce qui était léger et pas désagréable au départ se transforme en une déviance majeure qui prend le pas sur le reste. Pour le reste d’ailleurs, le vin n’est pas trop mal mais ne réussira pas à nous enthousiasmer: la bouche est un peu molle, et manque d’équilibre. les tanins en revanche sont jolis, bien polis et bien ronds. Dans l’ensemble, et à l’unanimité des trois personnes que nous étions à partager cette bouteille, c’est une déception. Si je devais noter cette bouteille je ne lui donnerais qu’un modeste 84-86 points, ce qui est très faible pour une propriété de premier plan capable de produire dans d’autres circonstances des vins qui sont au sommet de leur appellation. Et la déception est pour moi d’autant plus amère que je prends, ces derniers temps, beaucoup de plaisir avec les bordeaux 2004.
- 14 novembre 2014 à 14h04
- in reply to: Château des Tours
CR: Château des Tours 2010, Côtes du Rhône (rouge)
J’ai eu le plaisir de me régaler de cet excellent vin au prix très modique (35 € dans un restaurant) récemment. La robe rappelle un peu celle de Rayas, dans un registre un peu diaphane plutôt atypique pour un côtes du Rhône, le nez est un régal et libère des notes d’écorce d’orange, de poivre, de clou de girofle et d’épices, mais est légèrement trop alcooleux (rien de rédhibitoire, mais ça ressort trop). La bouche est d’une jolie tension, d’une finesse appréciable et la palette arômatique que l’on avait au nez se retrouve en bouche, avec des notes de kirsch, d’orange amère et une trame épicée de belle intensité d’où ressort également une touche poivrée. La finale est honorable, et les tanins très fins. J’ai beaucoup apprécié ce vin, et le rapport qualité/prix m’a paru d’un niveau difficile à égaler (considérant que si le vin est à 35 € sur table, la bouteille doit valoir dans les 15 € ttc dans le commerce?..), au point que je vais essayer de m’en procurer quelques caisses pour en faire mon ordinaire rhodanien 😮
- 13 novembre 2014 à 18h23
- in reply to: Aide sur accords mets et vins
Comme beaucoup de commentateurs, je ne vois pas un vin rouge sur un saumon. Ca peut « passer » mais ça ne sera jamais un accord aussi réussi qu’avec un joli blanc vif et tranchant, comme un joli riesling ou un chardonnay bien minéral.
- 13 novembre 2014 à 13h38
- in reply to: Château Cheval Blanc
Selon mon lexique franco-audouzien, la notion de « vin confortable » peut évoquer plusieurs choses:
– Un vin d’une qualité modeste dont l’étiquette est célèbre
– Un vin connu d’une qualité modeste dont le propriétaire déjeune/dîne régulièrement avec François
– Un vin inaccessible au commun des mortels que l’on présente comme modeste pour permettre au lecteur de prendre la mesure de la très relative munificence audouzienne
– Un vin mort depuis longtemps que l’on ressuscite par des incantations vaudouziennes selon une méthode (©) basée sur les travaux du remarquable Emile Coué
– Un vin agréable mais sur le déclin, qui a perdu en chemin une bonne partie de ses qualités organoleptiquesPour ma part je l’ai entendu comme la dernière proposition, mais ai pris les précautions d’usage en nuançant cette interprétation. C’est que les voies de François sont parfois impénétrables…
- 13 novembre 2014 à 13h24
- in reply to: Château Haut-Brion, Pessac-Léognan
Château Haut-Brion 1995
Dégusté hier soir un bien joli Haut-Brion 1995 (carafé une heure et demie avant le service), qui était superbe. La robe ne trahit pas les quelques 20 ans du vin, qui paraît bien plus jeune. Le nez est engageant, sur des notes minérales et de fruits rouges bien mûrs avec un côté graphite à l’agitation. La bouche est bien pleine, d’une très belle texture faite d’une matière de grande finesse (qui donne une sensation de puissance et de finesse à la fois), d’une jolie tension, et d’un niveau d’acidité et de fraîcheur très agréable. C’est un vin parfaitement équilibré. La rétro olfaction apporte des arômes de cerise, de cassis, et à nouveau un petit côté fumé qui n’est pas désagréable du tout mais qui écarte momentanément les pointes de fraîcheur. La finale est longue, et enrobée de tanins puissants et fins. Vraiment un très joli vin, tout en équilibre et en élégance bien que doté d’une puissance et d’une complexité certaines, et incontestablement un grand Haut-Brion.
- 12 novembre 2014 à 19h01
- in reply to: Château Cheval Blanc
Les échanges d’emails, entre le négociant et la propriété, que j’ai pu consulter sans avoir à trop insister, mentionnent clairement un reconditionnement. Le négociant était lui aussi persuadé que les vins étaient reconditionnés, et non « rhabillés » (et les photos d’avant « reconditionnement » montrent des capsules et étiquettes en assez bon état pour un vin de cet âge, qui ne nécessitaient clairement pas un changement, à la différence des bouchons et des niveaux), puisque c’est bien un reconditionnement qu’il avait sollicité et que la propriété avait accepté d’effectuer.
- 12 novembre 2014 à 18h28
- in reply to: Château Cheval Blanc
Votre commentaire semble rejoindre mon impression: « Un vin de plaisir, pas sophistiqué mais confortable ». Bref, un vin sympathique mais pas grand qui n’est en tout cas pas à la hauteur de l’idée que je m’en faisais. La capsule était bien neuve, mais le bouchon celui d’origine.
- 12 novembre 2014 à 15h54
- in reply to: Champagne Egly-Ouriet
C’est très relatif évidemment, mais une quarantaine d’euros ne me paraît pas déraisonnable étant donné la grande qualité du vin et si l’on songe qu’après tout le moindre Veuve Clicquot ou Moët de base (euphémisme) se vend dans les mêmes eaux. Et j’entends par « entrée de gamme » le positionnement de cette cuvée dans la gamme Egly-Ouriet. Il est bien évident que je ne le compare pas par là aux entrées de gamme « génériques » de la Champagne.
- 12 novembre 2014 à 15h50
- in reply to: Château Cheval Blanc
jean-luc javaux écrivait:
——————————————————-
> C’est quand même dommage de devoir se rejeter vers
> » une certaine émotion due à son grand âge
> » pour trouver le plaisir qui devrait venir de la
> dégustation.
> Il me semble que Cheval Blanc 1966 devrait être de
> meilleure qualité que « aimable, intéressant,ou
> honorable »…
>
> jljC’est aussi mon point de vue. Disons que c’est l’approche de la consolation…
Cela étant, c’était tout de même une agréable surprise dans la mesure où je m’attendais à ce que le vin soit complètement mort étant donné le niveau et l’état du bouchon.
- 12 novembre 2014 à 15h47
- in reply to: Château Cheval Blanc
J’ai fait confiance au vendeur, un négociant de Saint-Emilion à qui j’achète des vins régulièrement. Je ne pense pas qu’il ait vu les bouteilles après les avoir récupérées puisque la caisse était intacte et n’avait pas été ouverte depuis la sortie des chais de la propriété. Le reconditionnement était attesté par la lecture d’un email de la propriété au négociant, et l’état de la caisse, des capsules et des étiquettes ne laisse aucun doute quant à la réalité de ce « reconditionnement » (qui tient plus du maquillage que du reconditionnement en fait…). En matière de coût, je ne crois pas que la propriété ait facturé l’opération (ce qui serait bien le moins étant donné le résultat).
Pour le tire-bouchon, mon fidèle screwpull ne m’a jamais posé de problèmes, y compris avec de vieux bouchons, mais peut-être devrais-je en effet songer à m’équiper d’un bi-lame.
- 12 novembre 2014 à 14h26
- in reply to: Champagne Selosse
CR: Selosse – Les Carelles
Cette bouteille a été dégustée le week-end dernier dans un contexte de dîner familial, et a été précédé d’un excellent brut tradition de chez Egly-Ouriet pour s’ouvrir les papilles. le vin a été carafé 5 minutes avant le service (dégorgée fin 2012 me semble t-il). La robe est superbe, d’un jaune de belle intensité qui est assez typique des vins d’Anselme Selosse. Le nez est légèrement oxydatif, là encore en conformité avec l’esprit maison, et distille quelques notes de noix et de pomme. En bouche c’est d’une très grande finesse, et la bulle que l’on distingue à peine à l’œil nu vient caresser le palais avec délicatesse et vivacité. Il y-a un côté minéral qui contraste de façon paradoxale avec la sensation oxydative. La bouche est belle, équilibré, vivifiante, d’une tension superbe qui lui donne un côté très droit et tranchant. C’est une très belle bouteille, qui ne m’a cependant pas procuré autant de plaisir que les dernières bouteilles de Selosse que j’ai ouvertes ( Bout du Clos, 1999, 2002 et Substance). Un vrai grand vin pour autant, même s’il ne se place pas selon moi au sommet de la production maison.
- 12 novembre 2014 à 14h17
- in reply to: Champagne Egly-Ouriet
CR: Egly Ouriet brut Grand Cru tradition
Enième dégustation le week-end dernier de ce superbe champagne, en tous points conforme à l’idée que je m’en fais et au souvenir que j’en avais: robe d’une couleur soutenue, bulle très fine, superbe acidité, belle matière un peu crémeuse, densité et complexité, plein de finesse et de fraîcheur. Ca reste vraiment mon champagne préféré sur les « entrées de gamme » à prix raisonnable. C’est précis, pur, droit et complexe. Chaque bouteille de ce grand vigneron que je déguste me ravit et fait de moi un inconditionnel de son style particulier et de son caractère admirable.
- 12 novembre 2014 à 14h08
- in reply to: Château Cheval Blanc
CR: Château Cheval Blanc 1966, Saint-Emilion 1er GCC
J’ai ouvert à l’occasion d’un dîner familial cette bouteille, qui avec 2 autres avait été reconditionnée à la propriété. L’achat avait été fait à bon prix, et le fait que les bouteilles aient été reconditionnées me laissait penser que le vin serait superbe puisque niveaux et bouchons seraient impeccables. J’ouvre donc ma petite caisse de 3, et en sors une bouteille emmaillotée dans une feuille de papier de soie estampillée, et là c’est le choc, voici l’état de ma bouteille:
[IMG]https://i61.tinypic.com/152yr04.jpg[/IMG]
Stupeur et consternation: la capsule et l’étiquette sont impeccables, mais le niveau semble être celui d’origine! Le mécontentement le dispute à l’inquiétude, car je note aussi que quelques gouttes de vin sont passées au travers de la capsule, et que donc ma bouteille, pourtant sortie « reconditionnée » des chais de château LVMH, fuit!
Deuxième mauvaise surprise en décapsulant la bouteille pour l’ouvrir:
[IMG]https://i57.tinypic.com/2cgo6m1.jpg[/IMG]
Là c’est l’incrédulité: niveaux non faits, bouchons non changés… On est vraiment dans la cosmétique et le reconditionnement de l’apparence: on change le superflu (capsule/étiquette) en négligeant l’essentiel (vin/bouchon). L’incrédulité laisse place à la colère, je suis furieux et m’attends à ce que le vin soit mort. D’autant que le bouchon s’est naturellement désagrégé et présente un bien triste spectacle tandis que mon petit cœur se serre:
[IMG]https://i62.tinypic.com/aktzf8.jpg[/IMG]
Et pourtant, le vin était encore aimable. Il était incontestablement sur le déclin, mais il lui restait encore suffisamment de fruit et de tanins pour qu’il soit intéressant et même agréable. Au nez c’était un peu animal, la robe était assez trouble, la bouche manquait de fraîcheur mais était encore bien pleine, et la finale, à défaut d’être impressionnante, était honorable. Un vin que nous avons bu avec plaisir et une certaine émotion due à son grand âge, mais qui n’était sans doute que l’ombre de ce qu’il a dû être il y-a 20 ou 30 ans.
L’expérience me laisse cependant une certaine amertume, et je suis atterré par la façon dont la propriété procède au « reconditionnement ». Le vendeur en entendra parler, même si je suis également fautif en n’ayant pas vérifié ces bouteilles lorsque je les ai achetées.
C’était néanmoins une expérience agréable, et le rôti de veau aux cèpes et aux girolles qu’accompagnait ce vin s’y accordait à merveille.
- 12 novembre 2014 à 1h17
- in reply to: Château Gaillard, Saint-Emilion
Pour avoir rencontré ce vin à 2/3 reprises je ne suis pas sûr que la comparaison sur laquelle se clôt ce commentaire soit terriblement flatteuse pour Pontet-Canet…:D
- 11 novembre 2014 à 20h55
- in reply to: Et avec des cocos de Paimpol
Décidément… 😀
Côtes-du-Rhône 😮
- 11 novembre 2014 à 16h02
- in reply to: Et avec des cocos de Paimpol
Rouge. J’aurais dû le préciser, en effet 🙂
- 11 novembre 2014 à 15h58
- in reply to: Et avec des cocos de Paimpol
Il se trouve que j’ai justement déjeuné hier d’un plat de langoustines accompagnées de sot-l’y-laisse et de cocos de Paimpol, et le tout s’accordait superbement avec un Chateau des Tours 2010. Un bien bel accord!
- 10 novembre 2014 à 20h56
- in reply to: Domaine Jacques-Frédéric Mugnier, Chambolle-Musigny
CR: JF Mugnier 2001, JF Mugnier
Dégusté hier un très beau Musigny 2001 de chez Mugnier, qui était délicieux sans toutefois être à la mesure mes espérances. La robe est limpide et a la fragile clarté du pinot noir, et présente quelques nuances légèrement tuilées sur les bords du disque, me laissant penser que le vin est à un stade d’évolution qui devrait lui permettre de se présenter sous un jour favorable. Le nez est tout d’abord un peu fermé, monolithique, exhalant quelques notes alcooleuses avant toute autre fragrance (une « attaque » au nez qui me déroute, et que je n’avais jamais rencontrée jusque là avec un grand vin d’un niveau d’évolution suffisant). A mesure que j’agite le vin dans le verre, il commence à s’ouvrir et à se livrer, mais timidement, par paliers espacés. On passe ensuite sur des notes empyreumatiques (traces d’élevage?), de torréfaction, de caramel et de bois. Suivent ensuite, au palier suivant, des notes délicates de roses, d’humus et de sous-bois. je suis frappé par l’évolution entre le nez d’abord marqué par l’élevage, qui laisse penser à un vin encore jeune, et le contraste qui se fait ensuite avec des notes plus évoluées (humus, champignons) qu’appuient les reflets tuilés de la robe.
En bouche c’est d’une grande finesse, avec cependant une matière qui me surprend un peu (ma connaissance des Musigny me faisait attendre une texture plus aérienne). Les tanins sont en revanche monumentaux, on les sent à peine mais ils enveloppent littéralement le palais et s’y figent le temps d’une finale qui paraît interminable. Impressionnant! Le vin est bien équilibré, mais manque à mon goût d’un peu de tension et de fraîcheur. Dans l’absolu c’est une belle, voire très belle, bouteille, mais elle reste en-deçà de ce que j’en espérais et je n’y retrouve pas l’émotion saisissante que j’ai éprouvée à plusieurs reprises en goûtant des vins qui peuvent présenter certaines similarités (d’autres Musigny, dont un somptueux 1985 de chez Jadot, ou un remarquable 1999 de chez Drouhin, ou encore un « modeste » 2000 de chez Vogüé, qui était délicieux mais pas remarquable, et j’ai même un souvenir récent d’un Bonnes-Mares 2001 de chez Vogüé qui éclipsait ce Musigny du même millésime, de même qu’un Chambolle Amoureuses 2002 de chez Mugnier, qui surpassait très nettement ce Musigny 2001). Si je devais le noter sur 100, je lui donnerais probablement 91 ou 92 points.
- 30 octobre 2014 à 19h27
- in reply to: Le Petit Verdot
Le Petit Verdot est une de mes tables parisiennes préférées, découverte par hasard il y-a 7 ans alors que je cherchais un restaurant à proximité de chez un client pour y déjeuner avec un ami. Cuisine exquise et originale, maître des lieux charmant et haut en couleur, carte des vins superbes (j’y ai notamment découvert les excellents champagne blanc de blancs de Jean-Louis Vergnon). Une merveilleuse adresse à l’atmosphère confidentielle.