Anthony Corbaz

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  • Anthony Corbaz
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    Le Monfortino 2008 m’aura donné l’occasion d’annoncer la thématique de la soirée: ce sera les Piémontais 2008, région que j’adore et millesime dont je raffole tant les vins sont raffinés et parfumés. Les notes sont succinctes car la soirée était active entre grillades, discussions et intendance logistique.

    Produttori del Barbareso Riserva 2008, un vin qu’ils ont sorti pour les 50 ans du domaine et qui est un assemblage des neuf 1ers Crus de la cantina: très frais et parfumé, une touche fumée, une bouche avec de la prestance et ciselée. Bien, voire plus mais ce vin a eu la difficile tâche de faire la transition entre la stratosphère et le retour sur terre. 

    Massolino Vigna Rionda Riserva 2008 (Serralunga): un vin tout en finesse (comme à son habitude), superbes tannins. Il souffre dans une dégustation comparative mais je l’adore à table. ​​​​​​​

    Giuseppe Mascarello Monprivato 2008: (Castiglione Falletto): un nez intense, fondu, épicé. Une bouche tendue fraîche et longue, mais il semblait lui manquer un peu d’âme et de complexité pour rivaliser avec les meilleurs ce soir-ci. ​​​​​​​

    Aldo Conterno Colonello 2008 (Bussia): intense et moderne, porté par la griotte, le bois, séchant un peu en bouche et aux tanins quelque peu rêches. Pas mon style de Barolo. ​​​​​​​

    Luciano Sandrone Le Vigne 2008 (plusieurs crus): très frais après le Colonello, bel équilibre sur l’amertume, long et profond. Toujours magnifiquement bien réalisé mais manque un peu d’âme pour m’émouvoir. ​​​​​​​

    Bartolo Mascarello 2008 (plusieurs crus): un vin magnifique mélangeant finesse et puissance, aux notes de petit lait, un côté fumé, des notes de réglisse​​​​​, une bouche longue et goûteuse. Un bijou! ​​​​​​​

    Giuseppe Rinaldi Cannubi San Lorenzo 2008: des arômes plus évolués que le Bartolo, une touche balsamique. Une bouche de velours d’une finesse encore inégalée dans cette soirée. Magnifique, un grand choc gustatif. ​​​​​​​

    Giuseppe Rinaldi Brunate Le Coste 2008: le plus grand de tous, un ensemble d’une complexité et d’une rare finesse, mélangeant notes balsamiques, confites, herbes mais avec ce côté soie et féminin. Envoûtant ! 

    Les 2 vins de Rinaldi et le Bartolo sont des sommités du millésime, les autres suivent. 

     

    Anthony Corbaz
    Participant

    Rapide passage au domaine afin de reprendre mes 2018 et 2019 qui auraient déjà du être dans ma cave depuis longtemps, mais cette attente aura immédiatement été récompensée par l’accueil toujours parfait d’Isabelle et une petite revue des 2019 embouteillés.

    Morey-Saint-Denis Les Crais 2019 (blanc): petit côté fumé et minéral, belle prestance

    Bourgogne 2019 provenant de vignes proche d’une village de Vosne: superbe fruité, belle fraîcheur, bouche ciselée et grande amplitude. Un générique au format XL !

    Chambolle 2019, amputé d’un bon 20% de Aux Crois, maintenant vinifié et embouteillé séparément: nez parfumé, arômes de cerise, bouche assez tendre, petite amertume mais se goûte bien. Ce vin va devoir se réinventer une nouvelle ligne directrice.

    Chambolle Aux Croix 2019: on remarque tout de suite l’élévation qualitative tout en restant dans un Villages. Nez profond, parfumé et arômes soutenus. La bouche est dense, ciselée, goûteuse et longue. Superbe Villages !

    Vosne-Romanée Les Violettes 2019: vigne de 1945 qui ne voit pas le fût neuf. Très parfumé, profond, racé, terrien et long. J’adore ce cru chaque année et 2019 ne fera pas exception.

    Vougeot 1er Cru Les Petits Vougeots 2019: très profond, terrien, petite note végétale noble, légère amertume, encore un peu en dedans. Isabelle me disait qu’il s’agit d’une vigne hyper productive et qu’ils n’ont pas encore trouvé le moyen optimum pour limiter les rendements.

    Chambolle Les Charmes 2019: un parfum de fou, des notes de violette, un côté charmeur, une bouche dense, profonde et sublime, racée. Mon vin favori du millésime chez Clerget.

    Echezeaux Grand Cru en Orveaux 2019: vineux et profond, une touche fumée, plus complexe que les autres avec une structure en couches, sapide et belle longueur. A attendre impérativement mais sera excellent.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Xavier,

    avec le Krug, ce fut le Riedel Vinum Champagne.
    Avec les 2 Bordeaux, ce fut le Riedel Vinum Bordeaux.
    Avec le Crichët Pajé, ce fut le Zalto Bourgogne.
    Avec le Musigny et le Richebourg, ce fut le Riedel Sommelier Grand Cru Bourgogne.
    Avec le Monfortino, ce fut le Zwiesel Conterno Sensory.
    Et avec le Don Px, ce fut le Riedel vin blanc en forme de tulipe (ne me rappelle plus de la série car c’est un verre qui appartenait à ma maman et qui doit dater des années 80).

    Le Sensory est, à mon point de vue, le verre idéal pour les Nebbiolos à point.

    Anthony Corbaz
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    Claude,

    ton CR me donne la chair de poule car il retranscrit exactement la magie qui régna ce jour de juin 2021. Et si j’avais effectivement annoncé que l’ordre de service n’était pas croissant en terme de qualité supposée mais pensé par rapport à une évolution de nos papilles, il est clair que j’espérais que les 4 derniers vins nous épateraient au plus haut point. Et là encore, aucune déception.

    Monfortino 2008 …. mon Dieu ce que j’ai débattu avec moi-même avant l’achat de cette bouteille …. Conterno ou Giacosa, quel millésime, quel format …. j’ai en fin de compte suivi mon intuition de vouloir une fois goûter Monfortino et le prendre sur un de mes millésimes de coeur, 2008.
    La bouche était une alcôve de fruits, intense, avec une note éthérée surprenante, des herbes, de la terre, des notes balsamiques et cette odeur de lard fumé. La bouche est splendide, charnue, aux tannins incroyablement soyeux et d’une longueur. Un Barolo de légende !
     

    Haut-Brion 1989, une évidence de l’avoir dans cette dégustation tellement j’en ai entendu parler et tellement je me suis dit qu’un jour je le goûterai. Claude a parfaitement résumé ce vin. Si nous avons pris environ 30 min pour chaque verre précédent avant que je révèle le nom du vin, celui-ci ne nous a demandé que 5 minutes tellement il était parfait …. et il n’y avait presque rien à dire si ce n’est, en silence, d’apprécier ce moment irréel. Mes notes disent « nez de petit lait, tout est intégré, cassis, herbes … un nez d’une profondeur et d’une complexité encore jamais vues sur un Bordeaux. La bouche est immense, fine, fondue, avec un goût de viande, interminable ». Mais ce qui a vraiment marqué fut cette plénitude, ce cube de 10 x 10 x 10 rempli de 1000m3 de perfection et d’intégration. Immense, que dis-je stratosphérique …
     

    Richebourg 1999 La Romanée Conti … un autre vin qui a émergé des mes réflexions entre une RSV, une Tâche, un vin de Leroy. Et finalement je me suis dit mieux prendre Richebourg dans un grand millésime où on le dit concurrencer les autres vins du domaine. Clin d’oeil également au 1999 de la RSV de Confuron que Claude m’a servie quelques fois et qui fut ma première grande émotion en Bourgogne, et au Richebourg car nous n’avions bu qu’un 2000 de Liger-Belair et il fallait un jour retremper nos lèvres dans un tel cru. Donc Richebourg 99 de la DRC … quel nez, quel bouquet, quelle finesse sur les fruits, les fleurs, le végétal noble, le poivre rose. Un kaléidoscope d’arômes qui dépasse de loin ma capacité de discernement. La bouche est incroyablement mûre mais fraîche, gustative avec l’impression de déguster un plat d’un grand chef. Tout dans ce vin est magique et j’ai posé mon stylo afin de profiter de ce moment unique, un moment auquel j’avais longuement rêvé, celui de trouver le Saint Graal du Pinot Noir …
     

    Don Px Convento 1946 x Partagas Lusitanias 1998 … comment ne PAS redescendre sur terre tout en préparant un retour à la vie épicurienne. Certes, l’accord n’est pas celui que prônerait les puristes mais j’ai adoré cette combinaison entre un vin « blanc » de 75 ans, qui nous survivra tous, avec ses arômes caractéristiques de fruits secs, de balsamique, de touche oxydative, de réduction de jus de viande, cet équilibre de folie et qui continue même à sentir bon 24h plus tard, avec un module vintage qui s’était intégré et harmonisé comme je n’avais jamais ressenti dans un cigare. Quelles magnifiques 2 heures passées au jardin en refaisant le monde … et la journée. Et cela ne laissait présager que du bon pour la soirée à venir ….
     
     

    Anthony Corbaz
    Participant

    Nicoco,

    Pendant la dégustation, nous n’avions que pain, huile d’olive, sel marin, grissinis et une pause gougères. Et beaucoup d’eau gazeuse. Nous avons fait une pause pour le déjeuner, à l’eau et avec un bon plat de pâtes.
    Donc, non, ces vins n’ont pas été bus à table, mais cela me semblait plus adapté sachant que nous donnions 45-60 min à chaque vin et le temps de prendre le temps.

     

    Anthony Corbaz
    Participant

    Il y a effectivement eu beaucoup de réflexions, de choix, de doutes, de changements, de chance, de derniers changements et finalement de satisfaction. Satisfaction que des vins portés au firmament par critiques et amateurs aient confirmé leur grandeur.

    Krug Collection 1990 est le millésimé « late release » du domaine, gardé plus de 25 ans dans les caves de la maison avant d’être embouteillé et mis sur le marché. 1990 fut un millésime chahuté, rythmé par un hiver doux, des gelées en avril, un printemps frais et un été chaud.

    J’ai adoré sa magnifique couleur or, son nez hyper pur, ses arômes légèrement oxydatifs sur la pomme, son côté exotique, sa bouche tendue, son aspect minéral et, la raison pour laquelle je suis fan de Krug, la qualité de sa bulle. Sa longueur fut magnifique et je suis un conquis par ce type de champagne combinant un certain bagage avec une fraîcheur toute juvénile.

     

    La Mission Haut-Brion 1978 fut un achat spontané lors d’une vente aux enchères. J’étais plutôt parti sur un Cheval Blanc 1982 que je voulais toujours boire, mais certains CR d’un vin devenu moyen m’en ont dissuadé. Le domaine m’avait averti que ce 1978 était sur une pente descendante et m’encourageait à ne l’ouvrir que juste avant la dégustation. Bien m’en a pris de lui laisser 3h d’aération car il n’a fait que s’améliorer au fil de la matinée.
    Ce qui m’a marqué et m’a conquis fut ce nez terreux, terrien, mariant finesse et intensité, amenant sur une bouche soyeuse, aux tannins hyper fins et patinés et une finale incroyablement longue. Ce côté fumé, tant au nez qu’en rétro-olfaction, et cette note d’eucalyptus lui donnaient un supplément d’âme. Magnifique Bordeaux rive gauche à pleine maturité.

     

    Crichët Pajé 1985 fut mon achat 100% risque de la dégustation. Risqué car aucun critique n’avait commenté ce millésime, certes spectaculaire au Piémont, mais où Crichët n’était encore qu’un vin de table. Risqué car acheté à un particulier. Mais je savais que Claude ne jurait (plus) que par Roagna et que c’était un challenge à prendre. « Crichët Pajé » signifie « le haut de petite colline » en piémontais et remporte assurément le prix de l’étiquette la plus moche. Mais aussi celui du vin le plus fou de notre dégustation. Un Roberto Benigni du vin !

    Quelle énergie dans ce nez ! Il trahit son origine piémontaise par ce côté écorce d’orange, herbes macérées, mais quelle fraîcheur, quelle matière, quel équilibre mariant des tannins encore présents et une sensualité folle, quelle longueur. Un grand vin tout simplement … après 36 ans !

     

    Comte de Vogüe Musigny Vieilles Vignes 2002. Je suis un grand amateur de Chambolle, et j’avais eu une fois l’occasion de tremper mes lèvres dans un ancien millésime. Est-ce que 2002 serait trop jeune, trop peu solaire, trop ci, trop ça ? Je m’en fichais un peu mais je me suis quand même levé aux aurores pour décanter la bouteille et ensuite pris la décision de le retarder dans l’ordre de service afin de lui donner le temps de s’exprimer.

    Envouté par ce nez frais, parfumé, qui pinote sur un végétal noble, cette minéralité, cette note de poudre de riz, cette menthe poivrée, ce fruit rouge, cette cerise …. Une bouche ciselée, à l’acidité parfaitement maitrisée et qui finit sur de la soie. Tout cela se fondera dans les 15 années à venir et donnera une légende.

     

    To be continued effectivement …

    Anthony Corbaz
    Participant

    Merci Claude !

    Etant occupé à vous recevoir vendredi, je n’ai pas pris de notes, mais mon souvenir est dans l’ensemble aligné avec ton compte-rendu.

    J’ai plus apprécié le Lynch Bages 1971, probablement car un peu ému qu’un vin de 50 ans puisse procurer de telles sensations, même s’il était clairement sur la pente descendante. Et que ce n’est clairement pas le meilleur rive gauche du millésime.

    J’ai adoré le Las Cases 1985. Ayant hésité avec le 1990, je suis content que le 1985 fut si expressif, au sommet, tellement charmeur avec ses arômes tertiaires.

    Et, n’ayant pas ton vécu par rapport à Le Gay 1982, je l’ai personnellement trouvé au top, presque encore jeune, avec du peps et une finale magnifique. En tout cas je ne regrette pas cet achat.

    En ce qui concerne les champagnes, l’Egly-Ouriet Brut Grand Cru Millésime 2011 a rempli à merveille son rôle de remplaçant de luxe, lui qui fut ouvert à l’arrache, trop chaud pour enrayer le faux départ des festivités dû à un Laurent-Perrier Grand Siècle Grande Cuvée N°24 malheureusement bouchonnée 🙁 … 

    … A noter également en apéritif un toujours excellent Clandestin Les Semblables Boréal (un Blanc de Noirs de Benoît Doussot), et un Obrecht brut rosé des plus rafraîchissants.

     

    Un bon début de week-end !

     

    Anthony Corbaz
    Participant

    Pas acceptable du tout cher ami …

    [quote= »claudius » post=1129419][size=2][i] » Il faut être sacrément tordu pour infecter un bouchon / une 1/2 bt et le(s) renvoyer au domaine … Mais il y a de tout dans ce monde !
    Depuis la Suisse envoyer une bt en France …. je ne vous fais pas le topo… coût, problèmes de douane etc … Non il est bien plus simple d’envoyer les bouchons fautifs, c’est d’ailleurs pratique courante à Alba, Piémont.

    Je re-pense à 2 cas persos:

    – 3 bouteilles d’un carton de 12 de Meix Cadot VV 2005 bouchonnées, une 4ème bouteilles oxydée… oui c’était un grand vin, mais est-ce acceptable ?

    – 3 bouteilles bouchonnées sur un carton de 12 Vieux Télégraphe 1998. Un ami vient me trouver et visite ma cave, oh tu as du Vieux Télégraphe1998 ( gros yeux ronds) … Prends la bouteille on goûte … bouchon ….
    Dommage ! Bon je descends en Chercher une 2ème et qu’est-il arrivé ? …
    Je vous laisse deviner ?

    Non je vous le dit, 2ème bouchon ! !!!

    Cet ami, c’est Anthony, posez-lui la question .
    Est-ce acceptable ?
    ..
    PS : je précise que je n’ai rien fait pour Dureuil Janthial, mais que j’ai gardé les 2 derniers bouchons de Vieux Télégraphe 1998 et qu’au lieu d’écrire ce post je ferais mieux de me bouger et écrire au Domaine 😉  »[/i][/size][/quote]

    Anthony Corbaz
    Participant

    CR: Domaine Rossignol Trapet dégustation de 4 cuvées :

    Sur ces 4 bouteilles bues (pour Claudius), à l’aveugle ….

    Le Petite-Chapelle 2011 était à point. Certes il aura son plateau de maturité pendant quelques années mais les domaines visités la semaine passée nous disaient que les 2011 pouvait être bus et celui-ci en est un bon exemple. J’ai adoré son côté longiligne et cohérent de nez en bouche.

    Le Petite-Chapelle 2013 a en encore sous la pédale et est né sous un millésime supérieur. Le trait de famille est indéniable mais on aura un vin plus puissant, plus tonique et plus long dans quelques années.

    Le Latricières 2011 était aussi à point que le Petite-Chapelle du même millésime, ce qui démontre sur cette bouteille que Latricières est un vin qui se donne plus rapidement et qu’il n’est pas facile de différencier d’un Grand Cru dans certains millésimes. Très belle bouteille qui s’est bien tenue à l’aération mais il manquait un petit je ne sais quoi de tension.

    La Chapelle 2011 était, quant à lui, de toute beauté, racé, profond, d’une longueur remarquable. Le vin du week-end pour moi et qui me fera attendre mon Chambertin encore quelques années.

    Les 2018 et 2017 goûtés au Domaine Rossignol Trapet :

    Rapide retour sur les 2018 dégustés au domaine la semaine passée. Toute la production était excellente, peut-être même la meilleure dégustation de mes visites. Je ne sais pas si déguster à 9h du mat aide mais j’ai trouvé tous les vins sublimant leur appellation et rang.

    Le Vielles Vignes était croquant avec une belle trame pour son pedigree. J’en prends chaque année et ne suis jamais déçu.
    Le Beaune 1er Cru en Teurons était en réduction et moins disponible, mais je sais qu’il va se bonifier et nous donner un Beaune plus Nuits que Beaune.
    Le Gevrey 1er Cru Combottes était super long et tendu, avec une aromatique encore en dedans. Mais belle bouteille en devenir.
    Le Gevrey 1er Cru Cherbaudes était plus expressif, plus fruité, très fin et long. Un superbe vin déjà à ce stade.
    Le Gevrey 1er Cru Clos Prieur était profond, fruité avec une bouche très large, sphérique, longue mais en ayant encore beaucoup sous la pédale. Cela va donner un vin superbe et je suis tout à fait d’accord avec l’opinion qu’il faut s’y intéresser de près.
    Le Gevrey 1er Cru Petite Chapelle était mon préféré des 1er. Fruité, profond, vineux, croquant et long. Superbe en tous points. J’adore.
    Le Gevrey 1er Corbeaux était le plus exotique de tous avec un fruit sur-maturé, très cannelle-cerise et une bouche plus tendre.
    Le Latricières Grand Cru était charmeur (déjà), ouvert sur un fruit hyper frais. La bouche était magnifique de rondeur, de finesse et de longueur. Celui qui se donnera le plus rapidement.
    Le Chapelle Grand Cru présente plus de fond et de profondeur et fait deviner ce que nous retrouverons sur le 2011 mais encore en mieux.
    Le Chambertin Grand Cru est, chaque année, un mélange de Latricières et de Chapelle avec un « x factor » qui le démarque de tout autre vin. Seigneurial au fruité intense, très frais, croquant, puissant et d’une longueur phénoménale. Impossible à recracher, sauf en dedans. Une main de fer dans un gant de velours. Sublime …

    Nous terminons par quelques 2017 pour comparer:
    Petite Chapelle était très posé, un peu confit avec une touche végétale fraîche. Il n’est pas facile de passer avec un Chambertin 18.
    Latricières présentait des arômes de bonbon anglais, fruité, floral, sapide et très long. Développement rapide à son habitude.
    Chambertin était juste magnifique de longueur et d’intensité, avec un fruit croquant. On l’attendra

    Anthony Corbaz
    Participant

    La 1ère édition du post était inexacte.
    La dégustation a eu lieu chez moi à Lausanne. Les dégustateurs ne savaient pas qu‘il s‘agissait de Bourgogne et encore moins que les vins provenaient tous du Domaine Rossignol Trapet.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Commentaires assez succincts et peut-être un peu cryptiques car pris avec la fonction « speech to text » du smartphone. Ca évite quand même de devoir prendre des notes écrites …

    1er rouge: Gaffelière 1989
    C’est un nez très sur le cèdre et la boîte à cigare. Sous-bois.
    Très belle bouche, aussi tertiaire très fluide mais qui devient un peu dure à l’aération, un peu carrée. Par la suite plus fluide moins dense et moins intense.

    2e rouge: Canon 1989
    Un nez avec des arômes secondaires. Avec l’aération un nez puissant.
    Une bouche sphérique encore assez jeune, qui se développe magnifiquement bien avec une superbe amplitude. Quelle longueur, elle est magnifique ! Et quelle persistance !

    3e rouge: Clerc Milon 1989
    Un nez très évolué avec arôme de petit-lait.
    Une bouche assez fluide pour commencer. Il a aussi pas mal de tannins, notes fumées, superbe prestance. Le meilleur de la série à ce stade. Il ne s’épanouit pas plus avec l’aération. Le Canon lui passe devant.

    4e rouge: Ducru Beaucaillou 1989
    Nez déviant, un peu acétique, peut-être goût de bouchon
    Malgré tout belle bouche sphérique à point.
    Bouteille à problème.

    5e rouge: Leoville Las Cases 1975
    Un nez de sous-bois avec des arômes de fougère. À l’aération des notes de réglisse.
    Une douche avec des arômes tertiaires un peu sur la pente descendante mais très agréable.

    6e rouge: Lagrange 1990
    Un magnifique nez tertiaire avec des arômes de sous-bois de boîte à cigare et de cèdre. À l’aération le cigare est magnifique un havane !
    La bouche est longue magnifique de persistance. Un vin goûteux, juteux, magnifique.

    7e rouge: Lagrange 1996
    Le nez est un peu en retrait. s’ouvre sur des arômes de poivrons rouges et tertiaires.
    La bouche est encore en dedans le vin n’est pas prêt. Après aération le vin s’ouvre très belle bouche juteuse, goûteuse encore bien en place, mais en retrait du 90.

    Nous avons regoûté tous les vins au cours du repas de midi, et le château Canon 89 fut vraiment le meilleur, vient ensuite le château Lagrange 90. J’ai aussi beaucoup apprécié le Clerc-Milon 90 qui a très bien tenu à l’aération.

    1e Barolo: Falletto 2004, Bruno Giacosa
    Le nez est puissant très fruité sur fruits rouges, la réglisse. Un nez typique de Barolo. arôme de pivoines. À la longue le nez s‘affine, il est d’une élégance suprême.
    Très belle bouche elle est assez fraîche je la trouve assez fine. Un vin magnifique en tous points ! après deux heures, ce vin est magnifique. Un des meilleurs que j’ai pu boire, un Barolo à plénitude. Il m’est difficile de commenter sur ce vin tant il est d’une finesse remarquable, avec de la soie, un toucher de bouche magnifique et tout ce qu’on recherche vraiment un grand vin.

    2e Barolo: Cotta 2004 Sottimano Barbaresco
    Le nez est très puissant beaucoup plus noir que le premier vin.
    La bouche est encore tannique, très dense et puissante.

    3e Barolo: Rabaja 2004 Bruno Rocca
    Le nez est plus complexe mais plus en dedans.
    La bouche est très tannique et très compacte, il a encore besoin de temps.

    4e Barolo: 2009 Roberto Voerzio Cerequio
    Nez très puissant presque alcool très typé Barolo.
    Très belle bouche sphérique longue juteuse.

    5e Barolo: 2009 Roberto Voerzio Brunate
    Nez floral encore très jeune avec une petite touche de lierre.
    Mon dieu quelle matière ! Encore de tanins. Grand.

    Nous avons regoûté les vins le lendemain. Le Giacosa 04 reste magnifique en tous points mais je trouve que les deux autres 2004 se sont bien étoffés pendant la nuit. Les 2009 de Voerzio demandent encore du temps, surtout le Brunate qui a une bouche monstrueuse et qu’il faudra revisiter dans 10 ans.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Mon tiercé de cette dégustation sur 2 jours: Monprivato suivi de Brich Ronchi et du Ravera de Rinaldi.
    Monprivato, avec Mascarello, fait partie de mes Barolos préférés et il ne m’a pas déçu !
    Brich Ronchi était au bon endroit au bon moment (et en bonne compagnie) car il s’est superbement comporté, parfaitement à point. Sûrement moins de race que les 2 autres mais d’un équilibre redoutable.
    Le Rinaldi sera grand, très grand même. Il a montré le bout de son talent mais à revoir dans quelques années.
    Tout était très bon en fait. Je reste par contre sur la dubitative quant au Clos des Lambrays. Même en verre solo, je ne lui trouvais pas cette race qui fait les grands Bourgogne.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Je confirme – ce vin était une surprise tant sa fougue et sa jeunesse sont encore présentes ! Je lui ai trouvé un petit manque de matière et de gnac, pensant même avoir un Merlot sudiste devant moi. Clinet 2008 a accentué cette perception car lui avait cette tension et cette dentelle qui faisait défaut au Cadus. Belle doublette que tout oppose, si ce n’est leur réunion sur la même table conviviale et amicale !

    Anthony Corbaz
    Participant

    aaah Pichon Comtesse …. la grande classe sur la finesse, des tannins soyeux, un côté seigneurial de bout en bout, ponctué par une finale ciselée et longue à souhait. Heureux sont ceux qui en ont en cave …

    Baron m’a décor. Très poivron, avec un équilibre fragile, voire chancelant, il a fait ressortir une touche d’alcool qui a mis a mal tout son architecture. Pas dans son meilleur jour.

    Lynch Bages m’a semblé le seul de la série qui demande encore un peu de temps. Très fin au nez, belle matière, touche épicée, il est resté serré et quelque peu muet lorsqu’il aurait du s’exprimer. Tout est là pour en faire un bel homme à ses 25 ans.

    Pontet Canet a joué le registre de la force. Notes de raisin cuit, puissant tout en jouant une certaine austérité au niveau des arômes, il a été consistent, même si son grain de tannin ne parvenait pas à me faire oublier celui de la Comtesse …

    Anthony Corbaz
    Participant

    Cos 1996 présentait une robe plus âgée que Montrose, mais l’a surpassé dans tous les domaines. Décadent au départ, il ne trahit pas ses notes épicées et sa puissance. Mûr de goût en août, j’ai beaucoup aimé sa persistance et sa finale goûteuse.

    Montrose avec un côté poivron rouge qui prédominait. Plus jeune, avec une matière plus présente, il peinait toutefois à se faire une place dans ce duet, avec un manque de précision en finale qui m’a quelque peu dérangé.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Je reviens brièvement sur cette dégustation qui fut en tous points superbe car, en amont et en aval des Bordeaux 1996 qui se sont magnifiquement comportés, il ya avait également Krug Grande Cuvée et Yquem 1986. Que demander de plus …

    Las Cases fut, avec Pichon Comtesse, mon préféré de la soirée. De la finesse, un côté noble qui ne déparaillait jamais, une tension de tous les moments et une finale de rêve. Le registre bordelais qui me sied.

    Barton, en comparaison, était plus rustique, plus « à l’ancienne ». Je trouvais que ce vin se cherchait un peu, moins net et précis que son cousin.

    Anthony Corbaz
    Participant

    CR:

    Quelle magnifique bouteille que ce Clos de la Bousse d’Or 1990 qui, si j’en crois les premiers messages de la rubrique, a été vinifié par les anciens propriétaires (Potel).

    Une bouteille à point, sans aspérité ou acidité mortifiante. Le bouquet s’est livré lentement sur la durée. Tertiaire et en finesse. La bouche a joue de la dentelle et de la longueur. Un vrai plaisir.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Gael,

    je me suis suffisamment désintéressé des Bordeaux jeunes ces dernières années pour ne pas pouvoir donner un avis objectif et valable. au vu de la bouteille de vendredi, je dirais que soit il est dans une phase baby boomer et il va s’assagir, s’affiner, se racer et il faudra lui donner beaucoup de temps, soit il a été conçu comme une bombe pour plaire à un certain public et certains déchanteront. Anthony Barton nous a, il me semble, habitué à un certain classicisme, donc il faut espérer que ce soit la 1e option qui prévale.

    Au sujet du classicisme, intéressante paire que d’avoir Barton et Poyferré 2002 côte à côte. Je me rappelai d’un Poyferré plus classique mais en comparaison, ce n’était plus le cas. J’ai appris ce soir-là que c’était le 1er millésime de M. Rolland en tant que conseiller du domaine. Il y a peut-être un rapport de cause à effet.

    Anthony Corbaz
    Participant

    C’est juste, ces 2 bouchons étaient bien imbibés mais le niveau des bouteilles semblait bon.

    Anthony Corbaz
    Participant

    Matthieu,

    Je n’ai pas aimé le 2003 mais je conçois que c’est mon palais qui devient allergique à ce type de vins et qu’objectivement, c’est un vin bien fait. Il y a tellement de race dans d’autres millésimes que je ne suis pas triste de ne pas aimer ces bombes au superlatif affiché.

    Le 2000 peut et pourrait monter d’un cran dans ma bien maigre hiérarchie éphémère d’un soir. Il était beau mais je pense qu’il faut lui donner encore un peu de temps. Le Larrivet Haut-Brion bu 2h plus tard était, à mon avis, bien plus prêt de son plateau de maturité.

    Merci pour le clien d’œil qui m’a bien fait rire 🙂

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