pierre-yves quiviger

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  • A paraître le 6 mars : In vino veritas ?, Critique, 934.

    Présentation du numéro :

    En 2025, les vignobles sont en crise. En France comme à l’étranger, ils sont toujours plus nombreux à envisager des mesures d’arrachage pour rééquilibrer un marché menacé par la surproduction de vin. Est-ce là le signe d’un grand réajustement économique où la qualité viendrait enfin primer sur la quantité ? Loin de laisser le dossier aux seuls économistes et autres consultants, Critique a choisi de poser la question des philosophes. 
    « In vino veritas ? » Rabelais ou Kierkegaard ont écrit des traités à son sujet. Mais quelle est donc la vérité dont le vin est porteur ? Dans l’entretien qu’ils nous ont accordé, Pierre-Yves Quiviger et Laurent de Sutter reprennent la question. Le premier mise sur la dégustation et a récemment proposé une « philosophie du vin » que commente ici pour nous Sylvia Giocanti ; le second réfléchit sur l’ivresse et ses vertus, et plaide, sous le titre « On a assez dégusté », pour un « boire » qui outrepasse toute expertise. Alors que faut-il pour aimer le vin : du goût ? de l’imagination ? ou bien une connaissance intellectuelle ? 
    Le vin et l’ivresse apparaissent comme deux moyens de dépasser l’expérience ordinaire et de créer des espaces de convivialité. C’est également ce qui intéresse Claire Crignon qui fait la critique des sévères apôtres du « janvier sec » : cette austère sobriété que partout l’on prône, elle est bien le contraire d’une saine ébriété ! Le vin serait-il alors non le poison, mais le remède ? La vérité est qu’on ne sait plus ce que c’est que le vin, ni comment en parler. Produit par la fermentation des fruits de la vigne, il subit parfois tellement de traitements, reçoit tant d’ « intrants » chimiques qu’on a fini par perdre l’idée même de ce que peut être son véritable saveur. Alors, face aux hectolitres de piquette qui inondent le marché de leur senteur aromatisée à la mûre ou à la fraise, il est temps peut-être de remettre en avant une véritable connaissance du vin et ses artisans : plants, terroirs et paysans.

    Sommaire
    ENTRETIEN
    Laurent De SUTTER et Pierre-Yves QUIVIGER : Philosophie du vin ou philosophie de l’ivresse ?

    Sylvia GIOCANTI : Le vin et l’usage des facultés : la philosophie du vin de Pierre-Yves Quiviger
    Laurent De SUTTER : On a assez dégusté : pour une postcritique du vin
    Claire CRIGNON : Pour une critique de la sobriété 
    *
    Gabrielle SMITH : De la mode et de l’éternité
    Jean-Luc STEINMETZ : Baudelaire à nouveau
    Thierry HOQUET : Entre science et société : avatars du positivisme

    https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Critique_934_In_vino_veritas__-3472-1-1-0-1.html
     

    L’entretien est très intéressant et la démarche originale – en revanche, je trouve étrange de se revendiquer « sans intrant » tout en affirmant : «  J’ai demandé à un laboratoire de me préparer un levain composé de levures non Saccharomyces et d’un mix de bactéries lactiques utilisées dans d’autres filières agroalimentaires. » 

    Je préfère la position de Benoît d’Onofrio, le sobrelier, qui ne cherche pas à imiter le vin.

    CR: Château Carbonnieux blanc – Grand Cru Classé de Graves – 70% Sauvignon, 30 % Sémillon – 2012 – 13,5%

    Belle robe qui commence à virer au doré.
    Nez où commencent à s’installer quelques notes très légèrement oxydatives (noix, noisette) mais l’ensemble reste sur l’abricot, le citron et le buis, évoquant (malgré la proportion de sauvignon) un sauternes (au nez !) d’une quinzaine d’années.
    Bouche où le sauvignon reprend ses droits, comme l’élevage, avec de la vanille, de la feuille de cassis, du pamplemousse – et un peu d’orange amère qui s’installe longuement. Mais tout est parfaitement sec (on ne pense plus au sauternes !).

    A accompagné parfaitement des tagliatelles fraîches à la truite fumée avec une sauce crémée légèrement citronnée.

    Délicieux pour les amateurs de Graves à maturité, automnaux, peut-être plus compliqué à appréhender pour les amateurs de fruit éclatant (ne pas remonter trop au-delà de 2018 pour les Carbonnieux blancs dans ce cas).

    CR: Donnafugata – Ben Ryé – Passito di Pantelleria – 2022 – 14,5 – 37,5 cl
    100% Zibibbo

    Robe sublime, orange dorée, presque fluorescente (la même robe que le rosé Canta Manana d’Alain Castex).
    Nez d’une fraîcheur écrasante : muscatée en diable mais promenant avec elle des épices (poivre, menthe, angélique) et des fruits jaunes (pêche, abricot).
    Bouche interminable et texture caressante : équilibre somptueux grâce à une acidité de concours qui fait (presque) oublier le sucre.

    Grandiose (rien d’original dans cette appréciation, comme je le vois dans les pages précédentes !). Un des plus beaux liquoreux rencontrés ces dernières années et qui me réconcilie avec les jeunes liquoreux (2022 !) moi qui les bois toujours autant que possible après au moins 10 ans…

    CR: Domaine Ménard-Gaborit – Inspirations par François Ménard – Contre-courant – Muscadet sèvre et maine – 2020 – 12,5 %

    100% Melon B – Cuvée produite à 3800 bouteilles – Vinifié et élevé sans soufre ajouté.

    Robe jaune très lumineuse, encore très jeune.
    Nez très net, entre iode et fruits exotiques mais sans excès de maturité.
    Belle texture, belle longueur. 
    Muscadet de gastronomie qui en a encore sous le capot mais qui s’apprécie dès aujourd’hui.

    Parfait avec des huîtres plates de Cancale, moins convaincant avec des huîtres creuses de Marennes.

    Oui, je sais…

    Mais parfois, on a beau différer, il faut bien ouvrir ce que des amis peu connaisseurs vous offrent. Ce n’est pas dramatique, après tout ça n’est qu’une bouteille et il suffit de prévoir quelques jolies quilles ensuite pour oublier…

    Bref.

    Couleur dorée, bulles assez grossières et plutôt rares, nez assez discret (citron, en cherchant bien, mais pas citron confit), bouche sans drame avec des nuances oxydatives pas déplaisantes – en revanche, dosage énorme qui gâche les éléments aromatiques intéressants liés au vieillissement. On aimerait bien pouvoir « désucrer » l’affaire. Pas à la hauteur d’un 1996 de même origine (je ne sais plus si c’était un pur chardonnay aussi) qui était le seul NF intéressant que j’avais bu (il y a bien 6 ou 7 ans).

    CR: Domaine Corentin Houillon – Montée Furieuse – 2021

    Une première bouteille ouverte il y a quelques mois m’avait un peu déçu : vin fermé, sans défauts mais moins enthousiasmant que les cuvées Arcane, Force of Nature, Véronnet, Vieux Foug etc. Celle d’hier soir m’a réconcilié avec cette cuvée. 

    Contre-étiquette très précise : Savoie AOC – Chautagne – Jacquère. Sol quartzeux, peu profond. 50% vinifié en demi-muids et 50% en fûts, élevé sur lies jusqu’à la mise en bouteille. Vinifié sans intrants et non filtré, ce vin est sans sulfites ajoutés. 10,3 %.

    A l’ouverture, pas mal de gaz et un nez réduit mais après un petit tour en carafe, ça s’ouvre merveilleusement. 

    Robe trouble (le dégazage n’a pas aidé !) mais lumineuse.

    Nez splendide et rond : pêche, verveine.

    Parfaitement équilibré en bouche, sans amertume, même rondeur ; longueur sur la fraîcheur mais sans acidité (contrairement à Force of Nature). 

    Compagnon idéal d’une boîte chaude. 

    Les 21 de Corentin Houillon sont vraiment parfaits actuellement.

    Normalement, ça va mieux maintenant ! désolé !

    :-))) Désolé pour le pâté indigeste, j’ai essayé de corriger l’affaire, j’espère que c’est plus lisible désormais !!!

    Je vais essayer d’améliorer ça, désolé. C’était très joliment présenté sur mon fichier word mais le copier-coller a tout massacré. J’essaie de réparer cela !!!

    Bonne année 2025 à toutes et tous les LPViens !

    Je fais une exception à ma règle de ne pas parler des déceptions pour mentionner une redoutable premox sur un Bâtard-Montrachet 2007 de Louis Latour, en provenance directe de la cave fraîche du caviste pour rejoindre la mienne tout aussi fraîche pour une petite année – rapport qualité-prix au-delà du désastreux (je parle de la bouteille, pas du risotto délicieux fait avec, en désespoir de cause).Les immenses joies de l’année 2025, sinon :[i] 

    Blancs secs (y compris oranges et jaunes) :[/i]

    JF Ganevat – Grandes Teppes vieilles vignes – 2016
    Henri Chauvet – A fleur de peau – Chardonnay – 2021
    Domaine de l’Arbre blanc – Les Fesses – 2021 
    Domaine Labet – Chardonnay – Bajocien – 2020
    Domaine Didier Dagueneau – Buisson Renard – 2018
    Fosse Sèche –  Adrien et Guillaume Pire – Vive la vie – Magnum 2015
    Les deux fous – Vinilibre et Patrick Bouju – Folle blanche – Magnum – 2022
    Terres Promises – Arrière-pays – Sémillon – Vin de France – Magnum – 2022
    JM Dreyer – Gauthier – Macération de tous les cépages – Magnum – 2021
    Materne-Haegelin – Alsace Gewurztraminer Grand Cru Zinkoepflé – 2018 
    Domaine Gavoty – Clarendon –2015
    Marqués de Poley – Palo Cortado – Convento Seleccion – 1964 
    Dario Princic – Pinot Grigio – 2010
    Pierre Gonon – Saint-Joseph blanc Les Oliviers – 2017 
    Milan Nestarec – Gin Tonic – Sauvignon de macération – 2018 
    Oiseau rebelle – XRS – 888 bouteilles – 2017 
    Jean-Pierre Robinot – L’ange vin – L’iris – 2020 
    Les vins du cabanon – Alain Castex – Tir à blanc – Magnum – 2022 
    Château Tour de l’évêque – Rolle – 2023
    JF Ganevat – Florine – chardonnay –2018 
    Le Casot des Mailloles – Le blanc – Alain Castex – 2011
    Château Portier – Chastel-Sauzet – Saint-Véran – Prestige – 2018 
    Château Climens – Fenouil & Camomille – Sémillon – Vin Méthode Nature – 2022 
    Corentin Houillon – Véronet – Jacquère/Altesse – 2022 
    Henri Milan – Grand Blanc – 2017
    Bornard – Vin Jaune – 2014
    Lucien Aviet – Le Pep’s de Léonie – 2008
    Domaine Schoech – Rangen de Thann – Harmonie – R– 2023
    Domaine Bannwarth – Bildstoecklé – Riesling – 2016
    Domaine Bannwarth – Qvevri – Riesling – 2014

    Rouges

    Jérôme Bretaudeau – Saltera – 2021
    Les Cavarodes – Trousseau – Les Lumachelles – Côtes du jura – 2022
    Antoine Bouvet – Clos du Moutayer – Francine Poul – Infusion de Pinot Meunier – Les Coutures – Côteaux Champenois – 2021
    Domaine Sainte-Eulalie – Les Stoechades – Syrah/Cinsault – Magnum – 2018 
    Clos Rougeard – 2014 
    Clos Rougeard – 2012
    Ghislain Truc – Ariès – (cinsault, grenache) – 2020 
    No Control – Vincent Marie – Tournoël Riot – (pinot noir) – 2018 
    Olivier Boulin – Dent du chat – 2019
    Fosse-Sèche – Adrien et Guillaume Pire – Réserve du pigeonnier– Cabernet-franc – Magnum – 2014
    Benoit Rosenberger – Rat de cave – Magnum – 2020
    Catherine Dumora – L’égrappille – Egrapi(j) – 2020 
    Fosse-Sèche – Adrien et Guillaume Pire – Eolithe – Cabernet-franc – 2022 
    Domaine des Tours – E. Reynaud – Vin de pays du Vaucluse – Rouge – 2019
    Terres Promises – A ma guise – 2023
    Domaine Sant Armettu – Rosumarinu rouge – Sciaccarellu – Sartène
    Stefano Belloti – Cascina degli ulivi – Mounbé – Piémont rouge – 2014
    Pierre Gonon – Saint-Joseph rouge – 2019
    Justine Vigne – Diamantes – Villard noir/Cinsault/Petit verdot – 2023 
    Terres Promises – Au hasard et souvent – Carignan/Mourvèdre – 2022
    JF Ganevat – Cuvée Julien – Pinot noir – 2020 
    Domaine de la Côte de l’ange – Vieilles vignes – Châteauneuf-du-pape rouge – 2000 
    Château Falfas – Le Chevalier – Côtes de bourg – 2005
     Emmanuel Houillon et Pierre Overnoy – Poulsard – Arbois Pupillin – 2000 
    Charlotte et Aurélien Houillon – Cinsault – 2021
    Adrien Delval – Clos des Beduaux – Domaine de la Futaie – Par Toutaunis ! – 80% Aunis, 20 % Seibel – 2021
    L’Autre Mangot – Saint-Emilion – 2016
    Henri Chauvet – Rouge – Gamay – 2022
    Les cavarodes – Le Moulin neuf (mondeuse) – VDF – 2022
    Lienhardt – Gamayoptère – 2021
    Corentin Houillon – Arcane – Pinot noir – 2021 
    Méo-Camuzet – Les Rouges du bas – Echézeaux – 2014
    Jean Bourdy – Côtes du jura rouge 1973[i] 

    Rosés[/i] 

    Louis Julian – Rosé – Gard – 2021
    Clos Cibonne – Cuvée des vignettes – Côtes de provence CC – 2021
    Domaine de Turenne – Gravoches – Rosé – 2015

    Liquoreux, moelleux, VDN, etc. 

    No Control – Vincent Marie – Sang du diable – 2017
    Domaine Labet – Paille perdue – 2010
    Domaine Piétri-Géraud – Banyuls Grand Cru – 1951
    Delesvaux – Les Clos – Côteaux du layon – 2018 

    Bulles

    Champagne Jean Laurent – Blanc de noirs – Coquelicot – 2000
    Jean Maupertuis – Pink bulles – 2023
    Champagne Legrand-Latour – Yprésien – 2019
    Corentin Houillon – Comète – Rosé Mousseux (mondeuse) – 2022

    Autres 

    Antidoot – L’obscur 2021 – Bière – 6,5 %
    Cantillon – Lambic Kriek – Bière – 2023 
    Cantillon – Gambrinus – Bière – 2014 
    Antoine Marois et Vincent Roussely – Renard – Cidre de macération (pineau d’aunis) – 2020
    Cantillon – Iris – Bière – 2023
    Cantillon – Sang bleu – Lambic camerises – Bière – 2024 
    Nolwen Merrien et Matthieu Huet – Cidrerie de l’apothicaine – Amzer Zo – Finistère – 2022

    Je ne sais pas si la cuvée Harmonie a cessé d’être produite quelques années mais elle est actuellement produite – et elle est excellente ! Je l’ai goûtée au domaine lundi dernier (millésime 23). Il existe aussi, en plus petite quantité, et seulement certaines années, une cuvée de pur riesling (le 22 est en vente actuellement) qui a, seule, en effet le droit de revendiquer le Grand cru Rangen.

    Et on peut aussi ajouter Venturelli, « le professeur ».

    Il faut essayer ceux de Bergianti. Toute la gamme est remarquable, très peu sucré. J’ai souvenir d’une dégustation verticale dans la RVF il y a quelques années qui montrait par ailleurs la capacité de vieillissement des vins de ce domaine. 

    • in reply to: Le Cidre

    Oui, on peut mélanger pommes et poires pour faire du « cidre ». En revanche, les coings, ça semble moins prévu. Le texte : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000847997/LEGISCTA000006096646/

     

    Oui, je vais dans le même sens : Mille vignes est un livre très précieux, qui couvre bien l’ensemble des questions. Et il est par ailleurs très beau !

    Déjà cités par plusieurs mais bien sûr Gramenon à Monbrison et Richaud à Cairanne. J’ajoute les très beaux vins de Justine Vigne à Richerenches.

    C’est vrai pour les domaines les plus connus (et pour les rosés sur-marketés) mais, quand on rentre dans les terres, sans sortir de la région ni même de la commune d’Hyères (très étendue), on trouve de bons vins à moins de 9 euros (par exemple au Domaine des Trois Chênes, cuvée Rebelle, en rouge, délicieuse, et le rosé Caractère, pour ceux qui aiment les rosés très transparents mais sans nez de bonbon anglais, de vernis à ongle et thiols agressifs). Sainte-Eulalie, on doit être entre 12 et 15 en fonction des cuvées, ce n’est pas exagéré non plus. Le Domaine du Révaou, joli blanc, à moins de 15 euros, là aussi dans le coin (La Londe, mais à 100 mètres de Hyères, aux Borrels, comme les Trois Chênes).

    Et j’oubliais un autre caviste qui a de belles choses, La Vinothèque (à moins de 100 mètres de la Gare d’Hyères).

    Non, non, ce n’est pas un piège à touristes, et même s’il n’a pas retrouvé le niveau d’il y a une dizaine d’années, le vin est très correct (quoique pas donné) mais il est désormais vinifié sur le continent puisque, s’il reste les vignes, le domaine est devenu la (très belle, et qui justifie le séjour à Porquerolles) Fondation Carmignac d’art contemporain (avec une sympathique buvette où l’on peut boire au verre tous les vins de la Courtade). Sur l’île toujours, Chanel a racheté le domaine de l’île et le domaine Perzinsky pour faire un seul domaine (qui s’appelle aussi Domaine de l’île) – c’est un vin lui aussi très honorable. On trouve facilement ces deux domaines aux Ceps d’or et à la Cave de la Capte – mais, qualitativement, on est quand même en-dessous des quelques noms que j’ai indiqués plus haut (et qu’on trouve là aussi facilement chez les cavistes). Dans les beaux domaines, je me rends compte que j’ai oublié le Château Malherbe, dont les cuvées « Grands vins » (en particulier le rouge Madame Ferrari) sont vraiment très belles (mais chères).

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