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- 15 mars 2006 à 13h06
- in reply to: Domaine Marcel Richaud
Je n’étais pas très loin et je m’arrête donc pour la première fois à ce domaine fort réputé, l’un des fers de lance de l’appellation Côtes du Rhône Villages Cairanne (et peut être bientôt Cairanne tout court). Cette fois ci la domaine n’est pas « bio » mais plutôt en culture raisonnée. Le seul reproche que je puis faire en ce samedi matin a été l’absence de M. Richaud qui été parti truffer et que j’aurai aimé saluer. Ce n’est pas très grave, l’accueil de Madame a été réellement formidable.
Cairanne blanc 2004 : Cépages Roussanne, Marsanne, Viognier, Clairette, Grenache blanc, Bourboulenc. Terroirs de Sablières (près de l’Aigues), Beauchère (sablo-argileux) et Carrés (Route Rasteau). Robe jaune pâle, caractère fruité, un peu alcalin, avec un surcroît de fraîcheur souligné par du CO2 légèrement perceptible. Bouche avec du gras, l’élevage en demi-muids n’a apporté aucunes notes boisées. Assez Bien – Bien.
Côtes du Rhône Les Terres d’Aigues 2005 : Terroir d’alluvions en bordure de l’Aigues, vignes de 60 ans. Semi-fermentation carbonique. Robe couleur framboise, en bouche, fruits et bonbon (zan), de la fraîcheur. Simple et fruité, le vin de casse-croûte par excellence. Assez Bien.
Le Cairanne 2004 existe en deux mises différentes que j’ai pu comparer, la première est sans soufre tandis que la seconde a été légèrement sulfitée (1,5mg/L de soufre). 50% Grenache, complété par Syrah, Mourvèdre, Carignan et un peu de Counoise. Vignes de 40-70 ans issues des quartiers Chantal, Combes, Baye et Beauchère.
Cairanne Mise sans soufre 2004 : Très solaire, fruits noirs mûrs, prunelles. Belle intensité, de la longueur mais il me semble quelque peu lourd. Je ne lui pronostic pas une très longue garde. Assez Bien.
Cairanne 2004 : profil aromatique fort différent et beaucoup plus classique, avec un fruit plus pur, très net et de la fraîcheur. Je préfère indiscutablement cette version-ci. Bien.
En général, le domaine produit la cuvée Ebrescade qui est un assemblage de plusieurs cépages sur un même lieu-dit dont des VV de Grenache. Cependant, sur le millésime 2003, les dits grenaches qui avaient trouver un équilibre fort inhabituel ont été mis en bouteille à part.
Cairanne Les Estrambords 2003 : Assemblage de Syrah et Mourvèdre sur le terroir de L’Ebrescade (conglomérats avec intercalation de Marnes), plus un peu de Grenache (Coteaux entre Rasteau et Saint-Roman). Elevage en demi-muids neufs. Un grand vin solaire, puissant, avec une grosse matière, des tanins mûrs qui devraient se fondre rapidement, l’élevage est imperceptible et ce jus présente beaucoup de naturel. Très Bien.
Cairanne L’Ebrescade 2003 : Le jus a trouvé son équilibre avec une petite vingtaine de g/L en SR et 16,5 degrés d’alcool. La demande de dérogation a été acceptée pour qu’il s’appelle Cairanne mais le vin évoque plutôt un VDN qui goûterai plus sec qu’un Rivesaltes. Fruits à noyau, fève de cacao, épices douces, fruits à l’eau de vie. Une expérience unique à placer sur un dessert au moka ou tout simplement avec un carré de chocolat amer. Bien-Très Bien.Avant de repartir avec un simple carton panaché de 2003 et 2004, Madame Richaud me fait faire le tour de la cave où sont alignées barriques et demi-muids et me tend une bouteille d’Ebrescade 2001 en disant qu’il s’agit de son millésime préféré, le plus abouti en terme d’élevage et de qualité de raisin, « je suis sûre qu’il vous plaira… »
Merci Mme Richaud pour votre accueil sympathique, attentif et convivial, et à très bientôt.Laurent Bouffier
- 15 mars 2006 à 13h01
- in reply to: Domaine de l’Oratoire Saint-Martin
Après un coup de fil le matin même pour savoir si les propriétaires sont présents, je prends ma voiture et me rends directement au domaine. Trente minutes plus tard, je suis en tête à tête avec F. Alary. La majeure partie du domaine est située au nord-est de la commune de Cairanne dans la zone appelée communément « La Montagne ». Il s’agit de coteaux escarpés dans les quartiers Les Douyes (exposition est à nord-est) et Saint-Martin (exposition sud à sud-ouest). Le domaine possède une part importante de VV (+ de 40 ans) dont certaines sont centenaires. Et le plus important pour finir cette introduction, l’Oratoire Saint-Martin est en culture biologique, sans pesticide ni engrais chimiques, vendange manuelle, trois tries sont réalisées pour ne garder que le meilleur du raisin, les vins sont mis en bouteille sans collage (difficulté pour trouver suffisamment d’œufs de poule Bio!) ni filtration.
CR: Cairanne blanc Haut-Coustias 2004 : 50% Marsanne, 40% Roussanne et 10% Viognier sur des terres argilo-calcaires. Vendange entière, pressurage pneumatique, fermentation en fûts sans levurage, élevage sur lies pendant un peu plus d’un an, pas trop de bâtonnage. On peut également noter que les cépages sont complantés mais vinifiés séparément. Robe jaune pas très colorée, beau nez de fruits à chaire blanche (poire) et caractère floral marqué (fleurs blanches et fleur de cassis), puissance et équilibre, avec de la longueur. Très Bien.
CR: Cairanne Cuvée Prestige 2004 : Assemblage 60% Grenache et 40% Mourvèdre, éraflage, vinification avec piegeage, élevage long. Belle couleur rubis foncée, définition pure et fruitée, sur la fraise et la violette. Tanins souples et un beau grain avec de la finesse. Rendement de 18 hecto/hectare sur cette cuvée issue de vignes centenaires. Bien-Très Bien.
CR: Cairanne Haut-Coustias 2003 : 60% Mourvèdre plus Syrah et Grenache à parts égales. Ici les vignes ont 65 ans. Pruneau, fruits rouges confiturés mais garde une certaine fraîcheur. Le milieu de bouche offre des notes plus épicées (poivre). Un style très différent de la cuvée précédente, millésime oblige. Bien.
Laurent Bouffier
- 13 mars 2006 à 15h05
- in reply to: CR: Horizontale Hermitages rouges 2001
Sur le stand à Tain, il me semble que Bessards 2001 et 2003 étaient à 65 euros la bouteille (quantité limitée bien évidemment). On peut noter que lorsque la maison est présente sur un salon, les prix sont adoucis d’environ 10% par rapport au prix en direct à la propriété (alors que bon nombre de producteurs font l’inverse et augmentent quelque peu les tarifs).
Par contre, je n’ai pas encore goûté à cette cuvée sur le millésime 2003.
Laurent Bouffier.
- 13 mars 2006 à 14h00
- in reply to: CR: Horizontale Hermitages rouges 2001
Désolé pour le retard mais j’ai été plutôt occupé ces derniers jours.
Je n’ai jamais goûté Bessard 99 mais je pense qu’il faut l’attendre encore quelques années. J’en ai un flacon en cave et je pense l’ouvrir lorsqu’il aura entre dix et douze ans. 99 est un millésime de maturité et de générosité. Il s’est toujours bien dégusté sans phase de « fermeture à double tour ». A mon avis, 2001 ira plus loin dans le temps avec des vins d’un grand classicisme formel.
J’ai eu la chance de déguster trois fois le millésime 90 (premier millésime de cette cuvée) et à mon sens, il n’a jamais été meilleur que lorsqu’il avait dix ans. La dernière dégustation mi 2005 m’a montré un vin ouvert, près à boire, assoupli, très bon. Mais je lui ai préferré la droiture et le fumé de son adolescence.
A l’aveugle, le 2001 m’a vraiment surpris par son côté accessible et intensement floral. Moins fermé que bon nombre de 2001, il se goute très bien actuellement et il s’agit d’une très belle réussite.
Pour le prix de la cuvée Bessard, j’en ai acheté fin février dernier au salon de Tain sur le stand de Delas. Le 1999 était à 62,5 euros TTC.Concernant le Chave 1988, le vin a mis extrèmement longtemps pour se livrer dans le verre et il a vraiment fallu le décrypter. Il était fermé aromatiquement mais possède en son centre un jus et un grain fascinants. C’est un millésime splendide mais austère et de garde. A votre place, et ssi vous posséder une bonne cave fraîche, j’attendrai encore dix ans…
Laurent Bouffier.
- 6 mars 2006 à 14h18
- in reply to: Champagne Jacquesson
Ouverte ce week end, une bouteille CR: Jacquesson Avizé 1995 qui présentait une légère évolution avec des notes de fleurs séchées et d’épices douces. Un extra-brut frais et sec, à la fois plein et élégant, un blanc de blanc peu dosé (4g/L) qui procure un réel plaisir à l’apéritif. Très Bien
Laurent Bouffier
- 6 mars 2006 à 14h14
- in reply to: Champagne Devaux
Laurent,
J’ai vérifé ce week end. Le millésime est indiqué en tout petit sur la bouteille mais pas sur la contre étiquette. Avec mon caviste, à deux et en cherchant bien, nous avons finit par la trouver au dos de la bouteille sur la bande verticale de papier située juste en dessous de la collerette…
Sur notre bouteille, il s’agissait du millésime 2000.Laurent Bouffier
- 28 février 2006 à 17h00
- in reply to: Champagne Devaux
Le Restaurant La truffière à Paris propose le Rosé des Riceys 2000 de Devaux à sa carte :
https://www.latruffiere.com/vin-recherche-base.php?type=1&id_region=18
Laurent Bouffier
- 28 février 2006 à 16h39
- in reply to: Champagne Devaux
Il me semble que cette cuvée est bien millésimée. Cependant, je ne me rappelle plus si le millésime apparaît clairement sur l’étiquettes ou plus discrètement sur la contre-étiquette ou la collerette de la bouteille. Mon caviste à Montélimar vend cette cuvée (si ma mémoire est bonne, ça doit être 2000 en ce moment). Je passe le voir ce week end pour confirmation…
Laurent Bouffier
- 28 février 2006 à 15h20
- in reply to: Champagne Devaux
Laurent,
De quel millésime s’agissait-il?
Je garde un très bon souvenir du 1990 dégusté en 1999. Un des meilleurs rosés qu’il m’ai été donné de déguster.Laurent Bouffier.
- 27 février 2006 à 13h03
- in reply to: Domaine Gallety, Coteaux du Vivarais
Pour les grenoblois qui n’ont pas le temps de passer en Ardèche pour acheter les vins de Gallety en direct au domaine, le 2003 Domaine est à 12,5 euros à la laiterie Bayard (soit 0,5 euros de plus qu’à la propriété) 🙂
- 20 février 2006 à 18h48
- in reply to: CR: Horizontale Hermitages rouges 2001
Dimanche 12 Février 2006 : Dégustation des vieux millésimes, étiquettes découvertes
Cette fois ci, les vins sont volontairement servis en connaissant leur identité y compris le millésime. Cependant, vous verrez dans les commentaires qui vont suivre que les étiquettes n’ont pas influencé le jugement et que les vins ont été analysés sans compromis aucun. La dégustation se déroule en commençant par la plus jeune et an remontant progressivement dans le temps au fil des millésimes.Saint Joseph, Faurie, 2001 : La bouteille ouvert depuis hier a pu longuement s’aérer. Le nez est toujours aromatique avec des arômes fruités et floraux et a gagné en finesse même si la bouche ne me plaît toujours pas plus que ça. Assez Bien.
Hermitage, Alain Graillot, 1999 : La robe est profonde, violine avec les bords légèrement plus clairs (rubis) et un peu de dépôt. Le nez est subtil, fin, sur le cassis et le lard fumé. Les tanins sont denses et fins. A l’aveugle, on serait sur une Côte Rôtie avec cette bouche charnue, sensuelle, typée par la ronce, l’orange sanguine. La complexité n’est pas énorme ni la matière non plus mais c’est une belle bouteille de plaisir. La fin du verre est soulignée par le cassis et un trait de vert (végétal, fleur de cassis). Un Hermitage atypique pour sa très grande finesse et marquée par la patte du vinificateur. C’était la première fois que je goûtais l’Hermitage de Graillot qui produit bien peu sur cette AOC mais nous régale déjà avec le reste de sa production. Bien.
Hermitage, Sorrel, Le Gréal, 1996 : Robe plus claire qui trahit l’âge légèrement plus avancée du vin. Quelques traces de dépôt mais une grande brillance. Nez sur la violette et le cassis surtout. Un peu viandé mais pas du gibier, plutôt du lard grillé. Le nez se densifie à l’aération, il est complexe et racé, il évolue comme le vin précédent sur le registre de l’orange sanguine. La bouche est compacte avec des tanins fondus mais une acidité un peu saillante. Un très beau jus avec un caractère sanguin marqué. Le vin est presque à maturité et même si la matière de ce Gréal est moindre que celle du 2001, je suis séduit par sa grande élégance, ces deux vins sont l’antithèse l’un de l’autre. A l’aération, il évolue sur le cacao et l’eau de vie de framboise et la fin du verre goûte un peu plus évoluée (figue). La seule faille de ce beau Gréal (issu comme son nom l’indique d’un assemblage de Greffieux et Méal) est son acidité qui est un rien trop marqué et lui durcit le trait. Une grande réussite dans le contexte du millésime. Très Bien.
Hermitage, Chapoutier, La Sizeranne, 1995 : La robe est équivalente mais sans trace de dépôt, ce qui me surprend car je pensais que Chapoutier, systématiquement ne filtrait pas ses rouges. Le nez de terre et de cave humide est un peu poussiéreux, et il n’y a pas beaucoup de fruit et on cherche un peu le raisin originel. Ce nez m’embête car il est réticent, fermé, mais ne gagne pas à l’aération et tranche complètement par rapport au Sorrel précédent très expressif. La bouche est compacte et puissante, avec une grande vinosité et du glycérol, les tanins marquent un peu, au détriment de la finesse. Cette bouteille est elle dans une mauvaise passe, fallait-il lui donner plus de temps ? Assez Bien seulement et étrangement fermé malgré la belle matière.
Hermitage, Jaboulet, La Chapelle, 1995 : Robe avec beaucoup de profondeur, éclatante de jeunesse. Nez flamboyant de pur cassis. La bouche est massive, d’un bloc, un peu austère en vérité, avec l’acidité qui ressort un peu et un caractère végétal. Les tanins sont énormes, très serrés, abondants relayés par des notes de cacao amer. Un vin racé, à attendre au moins dix ans car il lui faut du temps pour se fondre et trouver le juste équilibre pour dompter la sève originelle. Par contre, même s’il est possible de sonder l’extraordinaire potentiel de cette cuvée, il procure peu de plaisir actuellement, il est comprimé et il faudrait lui apprendre un peu la politesse. L’aération ne change malheureusement pas grand chose et dissocie légèrement l’alcool. Bien aujourd’hui, Très Bien voire plus demain (ou même après demain).
On peut noter que les deux vins nés du millésime 1995 n’étaient pas très causants, avec des nez plutôt fermés et des profils massifs.
Hermitage, Guigal, 1994 : Avec ce flacon là, il y a du monde qui flotte dans le verre ! La robe est évoluée, d’aspect un peu terne. Le nez est aromatique, plutôt causant contrairement aux 1995. Les arômes sont boisés et un peu vert en fait. La bouche attaque franchement puis tombe dans un creux avant d’heureusement relancer en final mais celle ci reste sèche et trahit le millésime difficile. Peu de fruit, un joli grain tout de même, les qualités se disputent les défauts et l’élevage me semble disproportionné par rapport à la matière. Moyen.
Hermitage, Belle, 1994 : Robe claire, évoluée, avec des bords clairs. Très beau nez complexe : café torréfié, cacao, orange. La bouche qui suit est fraîche et très fumée, sur le cigare (pas havane, mais fait plutôt pensé à un mélange hollandais pour sa douceur épicée). La matière n’est pas franchement énorme et il finit un peu cours mais quel plaisir, quel vin racé, pas immense mais l’équilibre est souverain avec beaucoup d’expression. Ce 94 a très bien évolué et démontre qu’il faut garder les vins ne Belle pour qu’il délivre toute leur complexité et leur finesse. Très Bien. Pour reprendre une expression sortie par Patrick la semaine dernière, ce vin se trouve dans sa « fenêtre temporelle idéale ».
Hermitage, J.-L. Chave, 1989 : Nez pas très net, bouchonné en fait. L’échantillon est défectueux et c’est une énorme déception. La matière semble intéressante mais n’est pas jugeable en l’état. C’est d’autant plus dommage que je sais comment le vin a été conservé (dans des conditions impeccables comme le prouve l’excellent Chave blanc 91, encore tout jeune vendredi dernier et conservé dans les mêmes conditions). En fait, l’état de la bouteille avec un superbe niveau n’en laissait rien paraître du moins par rapport aux 88 et 72 qui suivent en bien plus piteux état mais avec une santé encore de fer.
Hermitage, J.-L. Chave, 1988 : Robe légèrement évoluée mais la couleur est la même au centre et au bord du disque. Le nez n’est pas très causant mais ne recèle aucune trace de déviance aromatique. Nous voilà rassurés. Au début, on sent surtout la terre puis des notes florales à l’aération mais complexes et difficiles à identifier. La bouche est parfumée, florale, très soyeuse avec un grain très fin et un superbe touché de bouche. Très café, fumé, la matière ne semble pas colossale mais la longueur est très bonne. Un grand vin dans un millésime austère avec une acidité sous jacente mais un équilibre tout de même velouté. La bouche s’ouvre également à l’aération en se densifiant mais sans l’apparition d’arômes plus flatteurs. Un vin qui ne se livre pas, j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose de grand mais d’incompris en l’état. Très Bien quand même et probablement excellent dans une paire d’années. Pas le plus flatteurs des vins de cette série mais probablement le plus grand avec La Chapelle en terme d’évolution sur la durée.
Hermitage, Faurie, 1985 : On ne sait pas s’il s’agit d’un Méal ou d’un assemblage car hélas, le producteur qui n’identifie les étiquettes de ses cuvées que depuis peu ne sait pas non plus ! La robe est brillante, peu évoluée (simplement avec des bords plus clairs que son centre). Il y a peu de dépôt mais ceux sont de gros morceaux agglomérés pas le temps et la lente sédimentation (ou plutôt polymérisation) des tanins. Le premier nez est flatteur avec du fruit (encore), une bouche charnue, sur la lard fumé, fine et élégante. Les tanins sont abondants et sèchent un peu et à l’aveugle le vin goûterait bien dix ans de moins. Une bouteille ouverte donc un peu tôt (20 ans déjà !) mais avec beaucoup de tenue, de la fraîcheur et de façon antinomique un côté chaleureux. Finalement, la bouche est plus complexe que le nez qui finalement n’est pas si causant que ça. L’apanage des millésimes en 5 ? Très Bien.
Hermitage, J.-L. Chave, 1972 : Une robe évoluée qui fait très « Vieux Bourgogne » avec un certain manque de netteté. Le nez est évolué mais complexe, de café, de feuille de tabac, d’herbes, avec de la finesse et une grande élégance. La bouche est parfumée, lardée et minérale. Le vin évolue dans un registre très fumé avec un côté verni et/ou cire. Sans rire, il « pinote » presque ! Il se tient encore debout et même si la bouche est fluide et termine un peu court, un vin comme ça ne doit pas être ouvert à l’aveugle. Nous avons de la chance finalement car ce vin appartient à l’Histoire, il possède encore de la tension et vu qu’il a déjà six ans de plus que moi, il doit être dégusté avec le plus grand respect. Bien pour le vin et Hors Norme pour l’émotion.
Laurent Bouffier
- 20 février 2006 à 18h36
- in reply to: CR: Horizontale Hermitages rouges 2001
Deux ou trois précisions pour compléter mon CR :
Avant tout, un immense MERCI à nos deux organisateurs qui ont été les artisants de ce week end réussi, je cite : David Chapot et Frédéric Heredia qui doivent être mis à l’honneur. A force de ténacité, et tout simplement en expliquant de façon motivée leur démarche, ils ont réussi à catalyser la générosité des producteurs pour que cette journée revienne le moins cher possible. Ceux qui n’ont pu participer qu’à une partie des dégustations ont uniquement payé pour ce qu’ils ont goûté. Et au final, il a donc fallu débourser 43 euros/personne pour 24 Hermitages rouges 2001 !!!!!
Merci à la générosité des producteurs qui ont offerts des flacons : J.-L. Chave (2001 et 1988), Chapoutier (Sizeranne et Pavillon 2001), Ferraton (Miaux et Méal 2001), Tardieu-Laurent (2001), Faurie (1985), Domaine du Colombier (2001).
Merci également à Fabien Louis des Terrasses du Rhône à Tain qui est le troisième artisan de ce week end. Il a judicieusement séparé les 24 en deux séries distinctes et choisi l’ordre de service des vins qui ont tous été carafés. Il nous a aussi régalé avec une visite guidé de la colline de l’Hermitage, pour moi une découverte, ludique, pédagogique, instructive.
Sinon, je rappelle que les vins ont été dégustés à l’aveugle et je me suis imposé de ne pas modifier ni mes commentaires, ni mon appréciation de chacun des vins après que leurs identités n’aient été dévoilées. C’est la discipline qu’il est obligatoire de s’imposer lorsque l’on partique cette exercice du « blind testing » et finalement on doit admettre qu’il est tout à fait possible de passer à côté d’un échantillon, de mal le sujet et de ne pas sonder tout le potentiel d’un vin. Il est évident que je souhaite avoir l’occasion de regoûter un jour J.-L. Chave (vraiment décevant), Le Pavillon (Belle matière mais austère, pas encore en place), Le Gréal (en espérant sincèrement que les arômes qui m’ont géné sont simplement une très très forte réduction et rien d’autre) ou L’Ex-Voto. Pour cette dernière bouteille, le boisé a failli me faire passer à côté de la bouteille et il m’a fallu beaucoup d’attention pour sonder la matière et apprécier le superbe grain de cette cuvée.
Laurent Bouffier
- 20 février 2006 à 14h57
- in reply to: CR: Horizontale Hermitages rouges 2001
Mon CR est sans appel, j’ai trouvé l’ex voto de Guigal beaucoup trop boisé (et même après 24h d’aération,le boisé m’a semblé encore plus ressortir) même si la matière et surtout le grain du vin étaient fabuleux.
En ce qui concerne les prix, je rappelle pour ceux qui ne savent pas (car les prix départs sont souvent trop peu communiqué afin que les professionnels puissent réaliser leurs marges conséquentes) que la différence de prix entre l’Hermitage Ex Voto et les parcellaires de guigal en Côte Rôtie n’est absolument pas de x4 départ. Les 2001 (Mouline, Landonne et Turque) étaient à moins de 100 euros la bouteille tandis que nous avons acheté l’ex voto en rouge directement chez Guigal pour 77 euros. Evidemment et j’en ai conscience, ces cuvées sont spéculatives et les prix grimpent mais il me semble déraisonnable de mettre plus de 150 euros dans de tels flacons même si l’envie peut être grande.
Laurent Bouffier
- 8 février 2006 à 13h09
- in reply to: 4 février 2006 à Chignin
Jean Luc, les bouteilles de l’horizontale étaient toutes rassemblées sur une table, par séries de 5 ou 6 vins masqués dans du papier aluminium.
Tous les participants ont dégusté les vins sans trop communiquer (en particulier Pascal Quenard et moi même qui sommes restés très concentrés) et une fois la dégustation terminée, nous avons dévoilé l’identité des vins un par un et comparé nos commentaires.
Je le répète, les notes que j’ai posté sont les miennes et elles n’ont été influencées par personne.
D’ailleurs, il y avait forcément des divergences d’appréciations pour les flacons même si les meilleurs ont fait l’unanimité.
Pour Routin, on ne peut que constater que Jacky Quenard n’a effectivement pas donné ses meilleurs lots.
Berthollier, Vullien et Gonnet sont pour moi les véritables surprises de cette dégustation.
Pour Berlioz 2004, j’avoue que je m’attendais à mieux mais hier soir, le caviste de la Laiterie Bayard à Grenoble (qui d’ailleurs vend ce vin moins cher qu’à la propriété) m’a parlé de plusieurs mises différentes et donc de la possibilité de trouver des vins différents sous la même étiquette. Cette pratique est hélas récurrente en Savoie.
Merci d’être venu nous saluer à midi à l’auberge des Morainières.Laurent Bouffier.
- 7 février 2006 à 20h25
- in reply to: 4 février 2006 à Chignin
Effectivement, nous étions un groupe de 13 amateurs passionnés de diverses régions (Savoie, Haute-Savoie et Bourgogne) mais je le répète, les notes postées sur LPV sont personnelles.
Charlesv,
Ton programme est intéressant avec deux beaux restaurants en perspective. En ce qui concerbe les visites, Je suppose qu’en cette période de l’année, Raymond n’aura pas grand chose à vendre car je ne suis pas certain que les 2005 soient déjà en bouteille. idem chez Pascal.
Magnin doit avoir des Grandes Orgues 2003 et du Bergeron classique 2004.
Si tu vas à Arbin visiter Magnin, Trosset n’est pas très loin et le domaine fait référence pour les Mondeuses.Salutations.
Laurent Bouffier.
- 7 février 2006 à 19h36
- in reply to: 4 février 2006 à Chignin
Bergerons 2004 à l’Horizontale
Après un excellent repas aux Morainières, qui reste pour moi un summum de convivialité, l’heure est arrivé pour notre grande dégustation du millésime 2004. Pascal m’explique que de mémoire, un tel rassemblement d’échantillons n’a jamais été organisée et que nous réalisons donc une première. Pendant cette dégustation, Pascal est resté un peu à l’écart, extrêmement concentré car il ne voulait négliger aucun vin même ceux sur lesquels d’autres sont passés bien vite.
Il y avait donc 28 Bergerons plus un vin pirate (Saint Joseph 100% roussanne pour rester sur le même cépage). L’origine des bouteilles était masquée par du papier aluminium et les vins rassemblées par série que chacun a pu découvrir dans un ordre quelconque. Environ 1h30 plus tard, le verdict ou plutôt notre appréciation peut tomber. Même si les meilleurs ont été clairement identifiés par tout le monde de façon quasi unanime, les notes qui suivent ne sont pas collégiales. Elles sont mes notes personnelles et je les assumes totalement. Souvent les descriptions sont succinctes mais dans ce genre de dégustation, on relève surtout les différences entre les échantillons.Série 1 :
1. Jean-Pierre et Jean-François Quenard Les Damoiselles : Matière agréable mais manque un peu de puissance pour rivaliser avec les meilleurs. Bien.
2. Domaine Genoux : Le nez de géranium et d’accacia est très floral mais la bouche qui suit évoque un manque de maturité. Bof.
3. Jean Perrier Gastronomie : La verdeur est au rendez-vous, rien à rajouter. Bof.
4. Jean-Pierre et Jean-François Quenard Cuvée Tradition : Un beau vin riche et complet avec du fruit et des épices douces. Beaucoup de Gras et de la puissance. Très Très Bien.
5. Cave de Cruet : Légèrement lactique, typique de ce que l’on attend mais un peu neutre au final et l’impression qu’il manque un petit quelque chose. Assez BienSérie 2 :
1. Jean Vullien : A nouveau beaucoup de richesse avec des fleurs et un bel équilibre, finit avec une légère amertume et de la minéralité (pierre à fusil). Bien.
2. Michel Cartier : Typé et floral mais la bouche est végétale et les SR trainent par si par là. Assez Bien.
3. Charles Gonnet : Plus exubérant avec ses notes de pêche et de menthol, beaucoup de fraîcheur. Très Bien.
4. Adrien Vacher Vieilles Vignes : Beaucoup de pureté aromatique pour un vin plutôt floral mais qui demande de l’aération pour s’exprimer. Assez Bien – Bien.
5. Philippe Ravier : De belles notes de pêche de vigne et un bon équilibre. Classique. Bien.Série 3 :
1. Louis Magnin : Nez exotique et floral (accacia), légèrement boisé, la bouche est nette mais manque un rien de punch. Assez Bien.
2. Claude Quenard (La Gerbelle) : L’acidité trace et le vin manque un peu de maturité. Moyen.
3. Les Fils de René Quenard (Jacky Quenard) Mise pour Routin : Nez et bouche lactique, sans réelle définition. Bof.
4. Raymond Quenard Vieille Vigne : un ensemble riche et puissant avec des fleurs et des épices. Complet. Bien plus.
5. Annick et Pascal Quenard cuvée 4ème feuille : C’est la seule cuvée que je reconnais à l’aveugle tant elle est personnelle. Enorme matière riche et puissante mais contenue. Sublime potentiel. Excellent.Série 4 :
1. Annick et Pascal Quenard cuvée Noé : Style retenu mais pur avec beaucoup de présence, très fleur de vigne, encore jeune, finit épicé. Très Bien.
2. Vin Pirate Saint Joseph de Cuilleron cuvée Saint Pierre 2003 (100% Roussanne) : Pralin, bouche ample, avec du volume, très beau, finit doux/amer. Très – Très Bien même s’il manque un peu de race pour faire une grande bouteille.
3. Yves Girard-Madoux : Acidité un peu trop mordante, levure, très léger manque de maturité. Assez Bien.
4. Denis et Didier Berthollier St Anthelme : de la pureté et de la tension, notes d’abricot et de beurre complétées par les fleurs. Bonne longueur. Bien plus.
5. Denis et Didier Berthollier Vieilles Vignes : Très poire, bon équilibre, même à l’aveugle, la filiation avec le vin précédent se ressent. Bien.Série 5 :
1. André et Michel Quenard : Nez pur sur la poire, bouche tendue mais belle matière avec de la souplesse. Bien plus.
2. Gilles Berlioz : Le nez n’est pas très expressif, comme fermé à clé. La matière est bonne et mûre mais le tout manque un peu de tension. Bien.
3. André et Michel Quenard Les Terrasses : Belle matière, abricot et pêche, très classique, un cas d’école. Très Bien.
4. Compard La Cuvée des Amis : Le pamplemousse et autres agrumes se disputent la bouche, l’acidité trace un peu. Austère mais pas mal. Assez Bien.
5. Les Fils de René Quenard (Jacky Quenard) La Bergeronnelle : Riche, levure et amande, manque un rien de ressort mais agréable. Bien.Série 6 :
1. Maison Philippe Viallet : Fleurie, poire et de la minéralité mais un peu simple au final. Assez Bien.
2. Delphine et Frédéric Garanjoud (Domaine G. et G. Bouvet) : Fleurie mais monolithique, l’acidité est marquée. Bof.
3. Samuel et Fabien Girard-Madoux (Cave Plantin) : Fleurs blanches et anis, très perlant, frais, finale épicée. Assez Bien.
4. Jean Perrier Fleur de Roussanne : du tilleul, un peu amer, manque de netteté. Moyen.En résumé, que peut ont dire de cette horizontale :
2004 est un millésime bien difficile et de nombreux échantillons sont décevants.
Les meilleures cuvées se distinguent des autres uniquement par la maturité des raisins cueillis.
Si les vins qui ont fait leur fermentation malolactique semblent plus complet et gras, il existe des exceptions avec en particulier la réussite de Charles Gonnet pour l’un des vins les moins cher de la dégustation (6 euros environ).
Justement question prix, la majorité des échantillons coûtent entre 6 et 10 euros départ sauf pour Berlioz qui détonne un peu avec ses 16 euros départ la bouteille.
Finalement, les meilleurs à l’aveugle sont :
Jean-Pierre et Jean-François Quenard Cuvée Tradition
Annick et Pascal Quenard cuvée 4ème feuille (mais cette cuvée n’est pas commercialisée)
Annick et Pascal Quenard cuvée Noé
André et Michel Quenard Les Terrasses
Charles GonnetJe veux également faire remarquer le bon niveau des cuvées de Denis et Didier Berthollier, un domaine que je ne connais pas mais où je me rendrai prochainement.
Que dire, sinon que finalement je suis on ne peut plus heureux que les vins de Pascal (que j’avais en haute estime) se soient si bien dégustés à l’aveugle et qu’il fait incontestablement partie des ténors du coteau de Chignin.
Le soir même, j’ai dégusté chez moi deux vins rouges de Pascal tirés sur cuves auxquels je n’avais pas touché auparavant par manque de temps.
Gamay, Pascal Quenard, 2005 : Du fruit et encore du fruit pour ce bonbon de fraîcheur qui s’il n’est pas au niveau des meilleurs beaujolais par manque de corps, se montre d’une belle gourmandise. Un vin de soif.
Mondeuse, Pascal Quenard, 2005 : Belle robe soutenue, la myrtille et le poivre se disputent le nez. Du corps et de la fraîcheur. Même si la Mondeuse de Chignin égale rarement celle d’Arbin, ici, on talonne qualitativement les meilleurs. Bien.
Laurent Bouffier.
- 23 janvier 2006 à 16h46
- in reply to: Les Fils de Charles Trosset, Arbin
Bonjour Raymond,
en ce qui concerne le millésime 2002, il est effectivement très réussi et de garde mêm s’il se déguste parfaitement bien actuellement. J’ai d’ailleurs déjà largement entamé de mon stock de Confidentiel 2002 tout au long de l’automne 2005. Comme tu le précises, le domaine Trosset élabore un vin hyper naturel avec un élevage sans apport de bois.CR: Trosset, Confidentiel,2002 : La robe de ce vin est dense, d’une couleur violine avec un disque légèrement plus rouge sur les bords. La turbidité est faible et aucun dépôt n’est visible trahissant une filtration probablement réalisée avant la mise en bouteille. Le premier nez est typique de la Mondeuse avec ces fragrances organoleptiques de myrtille et violette. La bouche est fondue, harmonieuse, souple avec des tanins très arrondis, sans aucune astringence. L’équilibre de ce vin rouge est typique des vins de montagne avec beaucoup de fraîcheur et une très grande digestibilité. On peut simplement regretter l’absence de notes poivrées qui apparaissent parfois dans les Mondeuses qui ne sont que partiellement, voire pas égrappées. Lorsque le verre est quasiment vide et que l’on s’intéresse à l’évolution de la palette aromatique, on relève des notes plus marquée de cassis puis de sous bois qui laissent entendre que le vin est pratiquement à maturité. Il devrait à mon avis se conserver encore cinq ans sans toutefois se bonifier de manière considérable. Très Bien
Laurent Bouffier- 11 janvier 2006 à 17h38
- in reply to: Maison Michel Chapoutier
Pour les 2001, je pense tout de même que c’est Chave qui a sortit « le meilleur du millésime » et ce qui m’ éblouit, c’est le naturel et la précision de son vin. A la dégustation, on note même quelques touches de botrytis (qui ne se retrouvent pas toujours sur le millésime) mais qui ne sont pas trop marquées et apporte un surplus de complexité. C’est vraiment Grand!
Pour Chante-Alouette 97, la dégustation à l’aveugle réalisée en juin dernier a réellement laissé une grande impression avec un vin qui m’a semblé complètement à maturité. Il a pour donner une comparaison surclassé le 1997 de Jean Louis Grippat.
Personnellement, je ne note pas les vins que je déguste mais préfères leurs donner une appréciation car une partie non négligeable de la note me semble subjective. Et d’ailleurs, pour moi, 15,5/20 et 16/20 c’est du pareil au même. Cela veut dire que le vin est très bon mais pas grand!En ce qui concerne la cuvée de l’Orée, en 2005, j’ai eu la chance de la déguster à plusieurs reprises. 2002 (2), 2001, 1999, 1997, 1996. Je n’ai donc pas encore dégusté 2003 (seulement Chante-Alouette). Il semble que comme certains grands hermitages, le vin est sujet à des périodes de fermeture rendant difficile la régularité de l’appréciation. 1996 et 2002 ne m’ont pas convaincu et le prix demandé pour ces bouteilles n’est pas en rapport avec la qualité. Par contre, même si ça fait plutôt cher, j’ai cassé ma tirelire pour une bouteille de 97 et une de 2001 et je ne le regrette absolument pas…
- 11 janvier 2006 à 13h17
- in reply to: Maison Michel Chapoutier
Christophe, en ce qui concerne le Chantealouette 95, je l’ai trouvé plutôt décevant par rapport à d’autres millésimes. Si tu as le choix, je te conseille le 97 qui est aujourd’hui à parfaite maturité.
En ce qui concerne la comparaison Chevalier de Stérimberg/Chantealouette, le style de Jaboulet est plus consensuel et touche un plus large public. Par contre, le style Chapoutier est tellement plus personnel, plus tranché, ces vins sont réellement son interprétation de la colline de l’hermitage.
Pour la cuvée de l’Orée, les millésimes se suivent mais ne se ressemblent pas… Par exemple 99 était fermé à double tour en juin dernier.
Mes deux préférés sont 97 (extrèmement flatteur actuellement) et surtout 2001 qui rappelons le est un immense millésime pour les blancs septentrionaux. Je place cette cuvée De l’Orée sur un pied d’estal avec Chave 2001 d’une pureté exemplaire et Ex-Voto 2001 de Guigal qui restait tout de même un peu plus marqué par son élevage (mais bon Dieu, que le jus tiré des Murets peut être grand…)Laurent Bouffier
- 10 janvier 2006 à 13h19
- in reply to: Maison Michel Chapoutier
Tain, le 11 juin 2005 : Dégustation à l’aveugle
CR: Chapoutier, Chante Alouette, 2001
Premier nez de pomme chaude, fleurs, touches oxydatives. La bouche est très tendue, minérale. Le gras est peu présent mais il y a dans cette cuvée un surcroît de fraîcheur. Plusieurs dégustateurs ont reconnus le style Chantealouette au premier coup de nez… BienCR: Chapoutier, De l’Orée, 1999
Même si je suis moins formel que David avec un vin qui certes ne justifie pas son prix mais que j’ai jugé avec plus de nuances : Belle robe brillante et soutenue, nez de cidre et de pomme, côté végétal, gentiane, beaucoup de volume en bouche, très massif, d’un bloc. Le vin s’améliore grandement à l’aération et gagne en équilibre, la puissance et la structure sont peut être obtenues au détriment de la finesse. BienCR: Chapoutier, Chante Alouette, 1997
Robe plus claire que le vin précédent. Grand nez complexe, houblon, pétrole, pralin, pamplemousse à l’aération, plus fin que puissant, grand équilibre, très belle réussite. Très BienCR: Chapoutier, Chante Alouette, 1995
Robe encore brillante, le nez est très fin, sur la praline. On reconnaît un vin plus soufré, avec beaucoup de fraîcheur mais dont le corps est un peu mince. Pas de défaut majeur mais peu de plaisir en le dégustant. Assez BienLes Granges Gontardes, 18 novembre 2005 : Dégustation chez Chapoutier
CR: Hermitage Chante-Alouette 2001
En une année, c’est déjà la quatrième fois que je déguste cette bouteille et je suis à nouveau séduit par son nez de pralin et de fruits secs grillés. (Je crois qu’à l’aveugle, juste au nez et sans goûté, on pourrait confondre avec un Côte de Beaune). Le volume est bon et la tension remarquable dans un ensemble à la fois gras, plein et minéral. La fin du verre évoque à l’aération des fines notes de fougère. C’est réellement une bouteille en devenir qui procure énormément de plaisir. Très BienCR: Saint Joseph Les Granits 1996
La couleur est plus soutenue et présente des reflets qui tuilent légèrement sur le bord du disque. Le nez est floral et présente une grande fraîcheur. A l’aération, les arômes deviennent plutôt fruités (sur l’ananas puis le pamplemousse). Ce Saint Joseph est à maturité et y restera encore 2 à 3 ans, il possède beaucoup de charmes et des belles notes tertiaires (champignon et terre) complètent l’ensemble. Un style plus immédiat que l’Hermitage avec toutefois moins de tension. Bien – Très BienCR: Ermitage De l’Orée 1996
Belle robe jaune dorée qui paraît un rien plus jeune que celle du Saint Joseph. Le nez tout en fruit est envoûtant (mirabelle, prunelle, pomme et coing). La bouche est très puissante et corsée mais on sent un peu l’alcool à ce stade. Le vin semble dans une phase austère et il se goûte un peu comme le 1999 ouvert en juin dernier. Le style est compact, riche et plein mais manque de finesse. Bien seulementCR: Ermitage De l’Orée 2001
Le premier nez évoque directement le Chante-Alouette dégusté peu avant avec du pralin et de l’abricot et l’on perçoit déjà toute la minéralité que le vin va transcender avec les années de garde. La bouche réussit le tour de force de conjuguer puissance et élégance. Même si la filiation entre les deux 2001 est évidente, la différence de sève et de concentration m’apparaît nettement cette fois-ci et justifie complètement la différence de tarif entre les deux cuvées. ExceptionnelLes Granges Gontardes, 24 Décembre 2005 : Visite aux Estubiers
CR: Hermitage Chante Alouette 2002
Après une attaque très florale sur l’acacia puis le miel, la bouche est légèrement corsée avec une bonne viscosité, une puissance de bon aloi dans le contexte du millésime et une finale épicée. BienCR: Hermitage Chante-alouette 2001
Le nez est plus exubérant, exotique et complexe avec un caractère plus fruité que floral. Très puissant et équilibré avec une grande matière serrée et de la longueur. J’ai eu la chance de goûté cette cuvée quatre fois cette année avec une constance remarquable. Très BienCR: Saint Joseph Les Granits 2002
L’équilibre est très différent du vin précédent avec moins de puissance mais beaucoup d’allure et d’élégance. Il manque certes un rien de concentration mais il reste ample avec une finale acidulée, épicée (cumin) et plus persistante que celle du Chante-alouette 2002. BienCR: Hermitage Chante-alouette 2003
Attaque sur les fruits secs et le pralin. Un équilibre chaleureux, solaire avec beaucoup de gras et la promesse d’un bel avenir. Bien – Très BienCR: Hermitage Chante-alouette 1990
La robe est évidemment plus foncée et présente un premier nez de rancio, de figue et de raisin sec. Encore beaucoup de fraîcheur en bouche et un équilibre très gras, corsé. La finale est évoluée et se complexifie sur des notes de moka. Très Bien
On peut noter que la même bouteille ouverte il y a un an se présentait sous un jour moins faste avec une évolution oxydativeplus marquée.CR: Ermitage De l’Orée 2002
Une échantillon en ½ bouteille 100% marsanne prise sur le fût pendant l’élevage et non sulfité. L’oxydation est déjà marquée et même si je ne jugerai pas les arômes très marqués par la noix, la matière est belle, dense et concentrée avec de la persistance et une touche miellée et sirupeuse. J’y trouve des allures de Vin Jaune…Laurent Bouffier