Jean-Michel Gauthier

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  • Ca Marche, Merci.
    Bon courage. Les bugs vont être réglés 😉
    Bonnes fêtes de fin d’année à tous.
    Amitiés,
    jm

    Bonjour à tous,
    C’est très agréable de revoir LPV !
    j’ai pu me reloger en demandant un nouveau mot de passe. Mais comment change-t-on ce dernier après avec un mot de passe plus personnel ?
    De plus, la prévisualisation des messages semble ne pas fonctionner.

    oliv écrivait:
    ——————————————————-
    > Agriculture
    > Des chercheurs français viennent de démontrer que
    > les rendements des cultures sont plus élevés quand
    > différentes plantes sont mélangées et qu’elles
    > possèdent un patrimoine génétique diversifié.
    > L’exact contraire de ce que fait l’agriculture
    > depuis 60 ans.
    >
    > https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnemen
    > t/20150616.OBS0886/60-ans-que-l-agriculture-a-tout
    > -faux.html

    J’ai déjà écrit plusieurs fois, lorsqu’on débattait sur les OGM et surtout les pesticides, que le progrès c’était de repenser les pratiques culturales et non pas la course à un OGM ou un pesticide encore plus performant.

    Ce que ces chercheurs ont montré est déja appliqué dans certains domaines d’amérique centrale en remplacement des OGM (maïs, je crois) dont les rendements devenaient catastrophiques, malgré l’usage croissant de pesticides. Ces domaines ont simplement fait de la co-culture, à l’instar de ce qui est présenté dans l’article, et sans pesticides car il n’y avait plus d’attaques massives de ravageurs.

    Une équipe de l’INRA a aussi montré qu’une monoculture mais en alternace de plantes et avec jachère sans utilisation de pesticide produisait plus qu’une monoculture classique (pour notre époque) avec pesticide sur 10 ans (je ne sais plus où en France)…

    Pour la viticulture, certains producteurs se posent une vraie question sur la culture clonale ou même en sélection massale comparée à un complantage bien pensé, en particulier l’effet bénéfique du dernier sur les maladies du bois des vignes…

    Content que PC 2005 t’ait plu Luc :)-D, et merci d’en avoir ouvert une pour te faire une idée !

    En bouche, ce qui m’a frappé dans les premières gorgées, c’est le caractère gourmand et soyeux, presque sudiste, si on n’était pas rattrapé par une trame acide forte qui apporte de la droiture à l’ensemble.

    Voilà qui résume, en quelque sorte, pourquoi j’adore PC dans les derniers millésimes. C’est gourmand et racé en même temps ! 🙂 Et le travail de JM Comme y est pour beaucoup.

    Si le 2005 te plait, je te conseille de te procurer des 2010, qui pour mon palais ont vraiment ‘le’ truc en plus, qui sera aussi décuplé dans 10 ans et plus 😉

    Oh oui Michel, je me souviens; je me suis même rappelé cela à ce moment de la dégustation 😉 Oui PC 08 était ouvert à ce moment; souviens toi, d’autres l’ont dit. Je ne sais pas si c’est toujours le cas mais les Hauts de Pontet 08 que j’ai bu hier l’était bien lui 🙂

    Luc, il ne te reste plus qu’à ouvrir un 2005 et nous dire ce que tu en penses B)

    Ok pardon.
    Non, nous n’avons pas goûté ‘le domaine’ de Cambes. Mr. Mitjavile nous a cependant dit qu’il se vendait très bien en France.

    Le 2005 a été ouvert longtemps a l’avance ? Ça me tente…

    Tous les vins ont été ouverts (non carafés) une demi-heure avant la dégustation qui a duré 1h30 – 2h. Donc tous ces vins avaient environ 1 à 2 heures d’aération.

    Je ne dis pas que le 2005 est à son apogée ! Je préfère ces vins à 15-25 ans d’âge ,quand on sent encore le fruit et que l’évolution amène une complexité aromatique supérieure et ‘fond’ totalement la bouche, comme beaucoup d’entre vous je pense. Je voulais juste dire que le vin n’est pas fermé comme on le rencontre parfois, avec un nez quasi muet, aucun arôme de fruit, un élevage sensible et des tannins un peu durs. J’ai ouvert un L’Arrosée 2005 ce we, par exemple. Le bois était trop sensible, les arômes du fruit en retrait par rapport à la noisette et la vanille de l’élevage, la fin de bouche un peu ‘chaude’ et piquante. Ce vin m’a donné un plaisir tout relatif et je sais que dans 5 ans ce sera beaucoup mieux; il aura moins ces traits.

    Sur PC 2005, on n’est pas du tout dans cet état; il est jeune oui, mais avec du fruit, une bouche équilibrée, puissante et savoureuse avec des tannins fins (mais bien sur sensibles), une finale longue et agréable. C’est réellement bon à boire, gourmand même. Que son avenir soit encore plus radieux, je le crois aussi. Je le préfererai dans 5-10 ans je pense. D’ailleurs, 2005, 2009, 2010, par exemple, tiendront 50 ans et plus (le 1949 et le 1961 le prouvent)… enfin si le bouchon le permet.

    Concernant le 2010, à mon (mes) sens, ce millésime est bien au dessus du 2005 pour ce domaine.

    Si si, il est allé chercher derrière un Roc de Cambes sur 2005 ou 2009, comme je dis plus haut je ne sais plus, mais une année solaire 🙂
    Et j’avais bu un 2010, magnifique, le we d’avant. J’aime beaucoup ce cru aussi. C’est plus puissant que Tertre Roteboeuf, qui est plus délicat. Enfin, ça dépend des millésimes.

    CR:

    Durant mon séjour dans le Bordelais en mai dernier, j’ai eu l’immense chance et le privilège d’assister à une verticale de Pontet-Canet organisée par mon ami Jean-Michel Comme pour quelques professionnels. Il s’agissait de voir si l’on pouvait ressentir l’évolution du style de Pontet-Canet à travers le temps, mais aussi de tenter de dégager « ce qu’est vraiment le vin de Pontet-Canet », si cela est possible ; c’est-à-dire le style du vin qui dépasse le travail vinificateur et qui vient du terroir. Jean-Michel Comme avait donc préparé une verticale de vins millésimés entre 1949 et 2014, millésimes représentatifs de ce que le terroir du domaine peut donner sur d’excellentes années : 1949, 1955, 1961, 1985, 1989, 1996, 2000, 2005, 2010 auxquels se sont ajoutés 2013 et 2014 encore en élevage. Pour information, en regardant les bouchons, j’ai constaté que les 3 plus vieux millésimes provenaient de bouteilles reconditionnées par le Château en 1986.

    C’est une grande émotion, pour un amateur de Pauillacs et de Pontet-Canet comme moi, d’aborder une telle verticale dans le château, à côté des vignes qui ont donné naissance à ces vins, et avec le géniteur des derniers millésimes. C’est aussi un sacré challenge. Même si je l’ai déjà fait, je suis peu coutumier de goûter une grande série de vins, avec un palais qui n’a pour habitude de supporter une masse tannique de cet ordre, alors même que mes commentaires vont être confrontés aux avis des autres et surtout analysés par mon ami ! Finalement, tout s’est bien passé, j’ai pris soin de cracher le plus souvent possible (c’est difficile parfois !), de peu avaler de gorgées pour garder mes moyens d’analyse et de me rincer abondement la bouche à l’eau entre les vins 🙂

    Les 1949, 1955 et 1961 étaient tous trois sur de superbes et nobles arômes de cigare, de tabac doux, de notes de sous-bois, de cuir, de pruneau et des notes florales ; chacun avec une intensité, une précision, ou une finesse qui lui étaient propres. Si ces nez se ressemblaient d’un point de vue de l’évolution tertiaire, on pouvait très clairement les distinguer en y revenant, sans se tromper de millésime ! Idem pour la bouche. Ces 3 vins sont en fait clairement distinguables. Le 1955 est celui qui semble avoir le nez le plus « mâture » ; c’est celui qui est le plus souple ou rond en bouche. Il est très différent de 1961, dont le nez avec des notes animales et de tabac paraît plus serré, avec un potentiel de développement encore à venir. Sa bouche est intense, mûre, complète, très précise avec des tannins encore perceptibles et laisse une impression de grande tension et de profondeur. Ce vin en a sous la pédale et va continuer à évoluer favorablement ! C’est le plus long ; il s’étire, s’étire avec une finale qui revient sans cesse en variations. Incroyable qu’une bouche de cette nature appartienne à un vin de plus de 50 ans. Ce vin est magnifique par sa race et sa présence constante. A coté, le 49 paraît plus « sage », plus fin, moins concentré, avec une très grande longueur.

    Le nez du 1985, en plus des notes de tabac, me semble plus sur le poivron ou le goudron. Comparé à ses aînés, il est plus mou, moins tendu, avec des tannins assez raides. C’est le plus faible de la série. Il dénote même ! Pour le nez du 1989, le mot « masculin » m’est venu en tête avec des notes de cassis, de graphite, une évolution sur le tabac. Si les tanins sont perceptibles et un peu durs à mon goût, il est concentré et laisse une impression de vie qui le rend très plaisant. J’ai beaucoup apprécié la « noblesse » du nez du 1996, à la fois sur les fruits noirs bien mûrs, sur le tabac, le sous bois, la terre. L’entrée en bouche est très tendue et la finale très longue, mais je ne trouve pas l’équilibre absolu d’une bouche comme celle du 1961 (ou d’autres millésimes plus récents) car je lui trouve un certain manque de sensation tactile en milieu de bouche. C’est un vin en longueur que je qualifierai de ‘monodimensionnel’, aigu, tranchant. J’ai néanmoins adoré, je crois parce qu’il est au stade intermédiaire où il est encore clairement sur le fruit mais où l’évolution de l’âge se fait bien sentir sur les arômes.

    Avec le 2000, nous entrons sur des vins où le nez est clairement plus fruité. Ici sur la mûre, fruits noirs un peu confits, graphite. Le vin est de demi-corps, équilibré, élégant, avec des tannins fins. La finale est longue et intense. C’est un très beau vin. Avec le 2005, nous atteignons dès le nez une autre dimension : nez floral, violette, mûre, minéral, un soupçon de tabac. C’est la signature olfactive que j’associe à Pontet-Canet depuis que je bois régulièrement les derniers millésimes. Si l’attaque en bouche est veloutée, on ressent une forte tension, une profondeur peu commune. C’est ample et contrôlé à la fois, cela va crescendo en bouche avec des tannins d’une remarquable finesse, et aboutit à une immense finale en queue de paon. Gourmand et racé : grand vin ! Alors que dire du 2010 ? Le nez sur la gourmandise et la noblesse, du fruit, mûre, cassis, des fleurs. C’est explosif. Je suis marqué par sa précision et son ampleur. La bouche, elle, m’émeut dès le départ. C’est vibrant, profond, gourmand, racé, d’une intensité « en longueur comme en largeur ». La finale est sans fin, douce ; Que c’est bon. Quoi que l’on cherche dans un vin, on le trouve dans ce 2010. Mais tout est précis, rien n’est en trop. Nous sommes dans une intensité « multi-dimensionnelle », harmonieuse. J’ai goûté plusieurs fois ce 2010 et chaque fois, j’ai eu une impression un peu étrange et très touchante : c’est un univers à lui tout seul. Si l’on va sur une allégorie musicale et que ‘Clair de Lune’ de Debussy m’a rappellé Tertre Roteboeuf 2014 comme je le disais sur le fil correspondant, ce Pontet-Canet 2010 est pour moi la 2ème symphonie de Sibélius (la version jouée par le philharmonique de Vienne sous la direction de Bernstein !) : la musique absolue, cosmique, émotionnelle, existentielle, qui me remue du tréfonds de mon être pour m’exhaler vers le ciel. 🙂 Bref, ce millésime a vraiment donné un vin exceptionnel au Château. C’est toujours le meilleur vin rouge que j’ai bu jusqu’à ce jour.

    Quant aux 2 vins encore en élevage, le nez du 2013 est moins puissant et plus éthéré et plus floral que les vins précédents. La bouche plus douce est d’une grande délicatesse dans son toucher. La fin de bouche est intense et la finale va crescendo. Très différent des autres millésimes récents, j’aime beaucoup. Il m’a fait penser aux Tertre Roteboeuf goûtés quelques jours plus tôt, et bien sur à des grands vins de Bourgogne, avec cette délicatesse et cette finesse qui ne l’empêchent pas d’être très présent. Les amateurs de vins de Bourgogne seront comblés par ce Pauillac je crois  C’est ce que le terroir a décidé de donné dans ce millésime. La dégustation montre, je crois, que la marque du terroir de Pontet-Canet, c’est d’associer la puissance, l’élégance et la race à la gourmandise. Et dans le 2013, le millésime n’a tout simplement pas la puissance habituelle… On la retrouve totalement avec le 2014 au nez fruité, sur la mûre et les fleurs, une touche minérale. Très Pontet-Canet ! Le vin est tannique, mais les tannins sont très fins ; la bouche est concentrée, profonde avec une tension comme sur le 2005 et le 2010. Je pense que ce sera un excellent millésime pour le Château.

    Pour compléter cette verticale, j’ai eu l’occasion de goûter les 2009 et le 2010 du château (les deux 100 points Parker), en parallèle pour la première fois, deux jours plus tôt. Il est clair que comparer 2 vins par sa mémoire ou les comparer physiquement est différent. Je n’avais jamais réalisé, jusque là, la différence majeure entre ces 2 millésimes : si le 2009 est très séduisant et même sensuel (sexy !) comparé au 2010, plus intense et plus racé, la différence vient surtout des sensations en bouche : le 2009 est très ample en entrée, plus que le 2010 peut être, mais il ne possède pas le fond du 2010. Il n’a pas le côté « multi-dimensionnel » du 2010. Cela m’est apparu clairement en les goûtant l’un après l’autre. J’adore vraiment ces 2 vins… J’aimerais noter ici que les 2005, 2009 et 2010 ne sont pas du tout fermés comme on pourrait le craindre. Cela me rappelle ce que m’a dit François Mitjavile quelques jours avant cette verticale : un gand vin est toujours bon et ne se referme que très rarement. Pour lui, c’est parce qu’un grand vin est équilibré et plein de fruit qu’il y en a donc toujoursà offrir…, et si la matière n’est pas masquée par les tannins rèches et les arômes du bois d’élevage, le vin est toujours causant et toujours bon. Je ne sais pas si c’est vrai, mais cette semaine là, ces millésimes que je sais fermés sur d’autres Bordeaux, ne l’étaient pas sur Pontet-Canet.

    J’en profite pour donner quelques nouvelles du château. De nouveaux locaux sont en construction : des nouvelles écuries (il ya de plus en plus de chevaux), de nouveaux chais, des locaux pour les vendangeurs. Cela sera dans le style 18ème du Château. Si d’extérieur on ne verra que du classique (c’est voulu), les installations seront dotées de toutes les fonctionnalités les plus modernes… pour que le moins d’interventions -et d’effets- possibles soient appliqués sur les vins qui y seront faits (schéma d’arrivage des vendanges encore mieux réfléchi, tri, réflexions sur le cuvier, absence de vibrations…). Le domaine va aussi se doter d’une installation géothermique pour puiser l’énergie dans le sol et aller vers l’autarcie énergétique. J’ai pu discuter avec l’ingénieur en géothermie en charge du chantier et qui commence à creuser les puits (entre 70 et 120 m de profondeur !). Il m’a dit que c’était le plus gros chantier qu’il n’avait jamais eu à gérer.

    Je vais bien entendu remercier Jean-Michel et Corinne pour leur gentillesse lors de mon séjour bordelais (à Pontet-Canet et à Margueron au Champ des Treilles) :). Mais je ne vais pas m’étendre plus que cela, juste dire en quelques mots ce que je pense ; tant pis pour la pudeur.

    Corinne, Jean-Michel, je vous aime.
    On vous aime !

    CR :

    Lors de mon séjour dans le Bordelais en mai dernier et après une visite chez Mr. Durantou de l’Eglise Clinet, j’ai eu l’immense joie de passer quelques heures avec un autre artiste, François Mitjavile, au Tertre Roteboeuf pour une visite que je n’oublierai jamais.
    L’endroit est absolument magnifique : un vignoble en côte (en bout de côte Pavie je pense), superbement exposé, avec une vue imprenable sur la plaine. C’est un des plus beau vignoble que j’ai vu, encore magnifié du point de vue situé sur la pelouse de la maison (le château) ; un lieu qui dégage la sérénité, la poésie mais aussi la grandeur…
    Le personnage est un des plus intéressants et attachants que j’ai pu rencontrer dans le monde du vin. Une immense culture, une gentillesse clairement sensible, des convictions profondes ; c’est un plaisir que de converser des heures avec lui. Nous avons même fini sur des sujets qui ne concernent pas le vin, mais la science, la philosophie, l’existence. Cet humaniste est dangereux tant il est séducteur. En tous cas, il m’a séduit. Passionnant !
    Je ne vous raconterai pas plus notre conversation, si ce n’est le point fondamental, pour ce forum, qui est que Mr. Mitjavile veut des vins qui ressemblent à l’endroit et au millésime dont ils sont issus, et c’est pour cela qu’il ne fait pas de sélection. Il pourrait produire un vin ‘normé’ qui se ressemble année après année mais il se refuse à le faire. Donc que les années soient chaudes, fraîches, pluvieuses, simples ou compliquées à gérer, tout cela lui va tant que son vin reflète ce que les vignes ont vécu. Il a un faible pour les années tardives avec des vins sur le fruit (il aime le fruit) mais avec autre chose, cette limite où le fruit est jeune, mâture mais commence à entrer dans une autre période et amène des arômes et des sensations délicates et « décadentes » comme il les appelle. Pour lui, l’élevage est là pour polir le vin, le civiliser, le complexifier mais pas pour lui donner des tannins ni des arômes de bois ou de chauffe. Il est fidèle depuis des années au même tonnelier. Il aime la fidélité.
    Quant aux vins… J’ai pu goûter le Tertre Rotebeouf 2014 sur fûts. En un mot, j’ai tout simplement ressenti une émotion profonde en buvant ce vin. Il m’a transporté dans une ballade, en fin d’une belle soirée d’été indien, dans un sous bois. Je ne suis jamais très poète dans mes descriptions, plutôt analytique, mais là l’émotion y était. Quelques jours après, j’ai entendu ‘Clair de Lune’ de Debussy au piano et je me suis aussitôt rappelé de la dégustation de ce 2014 !
    Le vin est délicat, sur des arômes floraux et de fruits rouges légers, de sous-bois, d’épices douces. C’est déjà complexe. C’est un nez peu courant et j’adore. La bouche est à l’avenant, dans l’équilibre, la tension et la tendresse alors qu’elle est concentrée, les tannins… quels tannins ? ah si, il y en a 🙂 mais si soyeux, vous amenant à une finale longue, gracieuse, subtile avec une touche minérale très nette. Quel vin ! Je crois qu’il est déjà « tout fait ». Un St Emilion très sensuel, très bourguignon ; aucun doute.
    Comme Mr. Mitjavile voyait que son vin nous enchantait, nous avons dégusté d’autres vins : le côtes de Castillon familial, Domaine de l’Aurage. Je ne me souviens plus du millésime mais jeune ; le vin était excellent, plus ‘classiquement’ bordelais que Tertre Roteboeuf mais avec une bouche succulente et veloutée. Je vais m’intéresser à ces vins ! Nous avons aussi goûté Roc de Cambes (son côtes de Bourg) 2009 ou 2005 (je n’ai pas pris de notes), qui dans ce millésime, donne un vin solaire, vigoureux, puissant mais toujours avec une bouche savoureuse, douce et veloutée grâce à des tannins magnifiques de finesse et de sensualité. Nous sommes repassés au Tertre Roteboeuf sur 2013, en fin d’élevage, soyeux à souhait, intense et délicat, légèrement torréfié, magnifique.
    Si Mr. Mitjavile lit ces lignes, je voudrais le remercier pour son accueil et ses vins magiques, qui sont sans aucun doute, parmi mes préférés. Cette visite ne fait que confirmer cela. Et je voudrais l’assurer de mon profond respect et de la grande joie que j’aurais à revenir au Tertre Roteboeuf ou à Roc de Cambes, histoire de voir un autre magnifique vignoble 🙂

    CR:

    J’ai eu l’occasion de passer quelques heures en mai dernier à l’Eglise Clinet avec Mr. Denis Durantou, même s’il n’accepte que très rarement des visites.
    Après une présentation du domaine et de son vignoble, nous sommes allés goûter un certain nombre de vins : Eglise Clinet 2013 en bouteille, des échantillons de Montlandrie 2013 et 2014 (son côtes de Castillon) et quelques autres vins ‘top secret’ (des vins en « vrac » pour le négoce), dont je ne dirai rien de plus 😉 Je me retrouve de fait invité à une dégustation ‘contrôle-qualité’ de plusieurs vins que Mr. Durantou effectuait avec un des ses collaborateurs (oenoloque), prévue depuis quelques semaines, et qui correspondait à une des disponibilités que je lui avais proposées. Mr. Durantou a simplement accepté en se disant que cela pouvait être intéressant de voir la réaction d’amateurs à une telle dégustation.
    L’église clinet 2013 est très floral et sur les fruits noirs. Le nez est assez explosif. C’est un vin concentré, riche, tannique, mais avec des tannins fins, qui occupe la bouche dès l’entrée et sans creux, de très belle longueur, avec une finale peu marquée par le bois. Très intense en bouche, c’est un vin costaud qui a mon sens demandera quelques années de garde. Je ne m’attendais pas à un 2013 aussi concentré !
    Le côtes de Castillon est aussi un vin concentré (mais moins profond), plus sur les fruits noirs que les fleurs, avec une bouche moins intense que l’Eglise Clinet et des tannins tout aussi présents. Très grande longueur aussi pour ces vins de très belle facture. Une découverte pour moi qui ne les connaissaient pas ; de belles affaires à ce prix pour ceux qui aiment les vins musclés.

    La dégustation ne s’arrêtait pas là puisque la suite allait prendre une tournure surprenante : Direction le chai où Mr. Durantou a fait des essais de barriques sur le 2014 en cours d’élevage, en utilisant, sur quelques barriques, plusieurs tonneliers et plusieurs chauffes. L’objectif était de choisir les tonneaux pour la récolte 2015 ! J’ai donc goûté 5 ou 6 vins (au moins), en fait le même (les merlots, je crois, de l’Eglise Clinet 2014), mais donc avec chacun des élevages différents. Pour la première fois, j’ai pu mesurer en parallèle l’effet de la prise de bois sur le goût, la finale et les tannins. La barrique la plus chauffée m’a laissé un goût de vanille et de brûlé qui m’a déplu, et des tannins qui me semblaient trop envahissants en bouche et même ‘piquants’. Les 2 barriques les plus ‘légères ‘ en chauffe sont celles qui m’ont le plus plu. J’ai pu y ressentir un vin très concentré, très tannique, imposant, sur des arômes floraux et de légères et agréables notes de torréfaction, avec une longue finale. Le vin semble plus musclé encore que le 2013 (mais il n’est pas au même stade de son élevage).
    Pour le bonheur de ceux qui boiront l’Eglise Clinet 2015, Mr. Durantou a lui aussi choisi les barriques qui marquent moins le vin. J’ai pu apprendre qu’il détestait « la vanille » dans ses vins 🙂
    De très beaux vins et une très belle expérience que de voir l’effet à ce stade des barriques. Un vif remerciement à Mr. Durantou pour sa sympathie !

    Nouvelle bouteille de ce vin ouverte quelques mois après la première (voir plus haut). Je vois que le vin fait couler beaucoup d’encre (ou de pixels), et j’ai voulu retester.

    Après une première (légèrement mais indéniablement) bouteille bouchonnée, une deuxième laisse ressortir un nez harmonieux et frais et me redonne des sensations proches de celles d’il y a quelques mois. C’est un vin élégant, de demi-corps, équilibré, épicé en fin de bouche. Je lui trouve toujours un manque de profondeur pour le dire « grand », mais c’est excellent et très agréable à boire.

    Il faudra que je prenne un peu de temps (j’en manque cruellement cette semaine) pour parler de mes quelques jours en Bordelais où là j’ai bu de grands vins pour le coup !

    L’aération fait ressortir le boisé marqué de ce 2005. C’est un bon vin (mais pas grand) et quelques années de cave encore lui feront du bien.
    Je ne note pas vraiment les vins mais si je le faisais, je lui donnerais environ la note que lui donne Matthieu sur cette même page ^^.

    C’est amusant. J’ai ouvert ce soir et je commence donc à goûter depuis une heure le même vin que Hervé (ci dessus) 🙂

    Tout à fait en accord avec son commentaire (si ce n’est que les tannins sont bien là pour moi et pas dans le style velouté).

    Mais je me disais aussi que la bouche était très loin de la subtile alchimie entre la race et la gourmandise que j’adore dans les grands médocs et les grands vins… A voir si l’aération le changera sur ce point. Mais je ne pense pas.

    CR: Un très joli Charmes Chambertin 2002 bu ce we ! Un Bourgogne concentré et mûr qui n’est pas du tout passé du ‘côté obscur’ grâce à son toucher de bouche et son aromatique très bourguignone : cerises rouges, cassis, fleurs, réglisse… Une très longue finale bien tendue. Un excellent vin et beaucoup de plaisir.

    Je dois reconnaître que j’aime généralement beaucoup les 2002 en Côtes de Nuits.

    2 ans après la bouteille décrite plus haut, CR: Cet Aalto 2006 m’a plu pour la pureté de son fruit, son intensité et ses tannins maintenant intégrés et veloutés. Comme quoi 2 ou 3 ans peuvent vraiment polir et assagir un vin; la puissance est toujours là mais avec de la gourmandise 🙂

    Tant que je suis à écrire un petit CR sur Climens, j’en profite pour écrire que j’ai ouvert à nouveau une bouteille de PC 2012 car je sortais d’un rhume quand j’ai gouté la bouteille précédente (voir ci-dessus).

    CR: Pontet-Canet 2012 (avec mon nez et mon palais plus en forme) s’est présenté après 2 heures de carafe sous un jour beaucoup plus concentré, profond et intense que ce que j’ai décrit un peu plus haut. Rien à redire de plus sur la structure tannique que ce que j’ai commenté, mais sincèrement, un vin magnifiquement doté, plus que je ne le pensais en sortant de ce rhume.

    Pour réponder à Post-it, je n’ai pas vraiment de philosophie ou de ligne de conduite particulière, mais il se trouve que j’ai une forte tendance (sans que ce soit vraiment conscient) à plutôt commenter les vins qui me plaisent ou me surprennent positivement, plutôt que ceux que je n’aime pas. Et puis, je commente moins qu’avant… Donc, j’ai goûté les Hauts de Pontet Canet 2012 il y a quelques semaines (avec mes capacités gustatives normales, pas de rhume 🙂 ) et je l’avais vraiment préféré à Lynch Moussas 2008 (boisé et aux tannins assez ‘bruts’) bu la même semaine, par exemple. En cave, j’ai pas mal de Pauillacs (-entre autres- car j’aime beaucoup les nord-médocs). je faisais allusion plus haut à certains millésimes de Lynch Bages ou de Pichon Comtesse, par exemple, qui me laissent finalement assez froid et pourraient faire l’objet d’échange (si je m’y mettais) contre des vins qui « m’exciteraient » plus maintenant, comme ces Hauts de Pontet, ou quelques cuvées ‘plus simples’ du Languedoc ou du Rhône qui me donne actuellement pas mal de plaisir.

    Juste pour info suite à cet article, le château est conseillé par Corinne Comme (la femme de Jean-Michel Comme de Pontet-Canet) qui est aussi viticultrice à Sainte-Foy de Bordeaux.

    CR: J’ai bu tout récemment un Climens 2012 qui sortait de ma caisse commandée en primeurs. Une petite merveille d’élégance sur les fruits tropicaux et le caramel, de demi-corps, subtil équilibre ‘sucré-salé’. Un vin magnifique sur ce millésime difficile en liquoreux. Il est parfait pour ceux qui aiment les liquoreux plus subtils que puissants ou intenses. J’ai adoré.

    Je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir une bouteille de certains des vins que je reçois après une commande primeurs et c’est le cas avec ce CR: Pontet-Canet 2012.

    Après 2 heures d’aération, le nez est floral et sur les fruits noirs avec un élevage très peu sensible. En bouche, on retrouve un vin corsé, même s’il est moins concentré que le 2011, avec des tannins d’une finesse remarquable. Une longue finale signe un excellent vin que je qualifierai plus sur l’élégance que sur la puissance, du moins pour un Pauillac. Il pourrait bien être « à point » d’ici 6-8 ans, soit plus rapidement que les millésimes antérieurs. C’est une impression, donc sans garantie 😉 Mais je suis certain qu’il est doté d’une très belle garde. Un vin remarquable, surtout si l’on considère que le millésime est reconnu comme difficile.

    J’ai aussi eu l’occasion de déguster le ‘fameux’ Hauts de Pontet-Canet 2012. C’est un vin très équilibré, d’une approche facile et franche, au bon sens du terme. Il pourra bien se boire assez vite. Un vin de table qui m’a procuré plus de plaisir que certains Pauillacs pourtant classés (je ne donnerai pas de noms), que j’ai malheureusement en cave, et dont j’ai un doute sur le potentiel d’évolution. Peut-être faut-il que je pense à des échanges 😉

    Très intéressant cet article posté en ce jour par Oliv !

    (:P)X(

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