Etienne Brosselard

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  • Etienne Brosselard
    Participant

    [quote= »Kiravi » post=1121746]Des comédiens noirs pour jouer le rôle des soldats confédérés dans les westerns…:DD[/quote]

    Il y avait beaucoup de soldats noirs dans l’armée confédérée.

    Et il y avait des états esclavagistes du côté nordiste (quatre, si ma mémoire est bonne).

    La réalité est complexe. Heureusement, la grosse presse nous la simplifie chaque jour avec les très gentils d’un côté et les très méchants de l’autre.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Je ne sais pas dans quelles conditions vous avez bu ces vins, mais manifestement ce n’étaient pas les bonnes.

    Je viens de rouvrir un Clos d’Aguilem 2015, et je retrouve le plaisir que j’avais éprouvé la fois précédente. A nouveau ces arômes de mûre et de cassis, un peu de tapenade peut-être…

    En bouche, toujours cette sensation de plaisir procurée par le soyeux de la texture, la finesse des tanins. Il me semble un petit peu plus long en bouche que dans mon souvenir, ce qui était le seul point un peu négatif de mon point de vue. Toujours ce bel équilibre et cette fraîcheur malgré le degré d’alcool élevé. Une très belle gourmandise, à peine avalé on a envie d’en reprendre.

    Un de ces vins dont on se dit « j’aurais dû en acheter davantage »…

    Etienne Brosselard
    Participant

    L’acidité ne détermine pas la capacité de garde, c’est vrai, mais de là à la considérer que ça peut la limiter… je suis plus réservé.

    1996 est un exemple de millésime particulièrement acide, et pourtant de bonne garde.

    Etienne Brosselard
    Participant

    CR: Clos du Montolivet – Châteauneuf du Pape 2004

    Bouteille non carafée, mais ouverte et épaulée cinq heures avant le service.

    Couleur assez pâle, qui évoque plutôt celle d’un bourgogne que d’un vin du sud. Disque nettement orangé.

    Le nez n’est pas très expressif. Il est dominé par des arômes de réglisse/zan, de ronce, de fruits noirs (myrtille ?).

    La bouche est plus expressive, le côté réglissé est davantage marqué qu’au nez. Un peu de pruneau et de vieux cuir. C’est très soyeux, frais, équilibré, ça descend tout seul.

    C’est bon et ça a bien accompagné une pintade au chou, mais j’aurais aimé un peu plus de matière et de puissance (moi qui préfère pourtant les vins en finesse).

    Pas d’urgence pour boire les bouteilles qu’il me reste, mais je pense que ce vin ne gagnera pas à attendre davantage car il est déjà bien évolué.

    Etienne Brosselard
    Participant

    [quote= »Frisette » post=1000493] il m’est arrivé plusieurs fois à l’aveugle de partir sur un chardonnay bourguignon, sur les blancs secs de la Taille aux Loup.[/quote]

    Idem. Je me suis fait plus d’une fois la réflexion qu’à l’aveugle, je l’aurais situé en Bourgogne.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Mais je commence à me dire que je préfère un clos Mosny ou un Venise qu’un bourgogne blanc deux fois plus cher (et j’ose la comparaison d’un point de vue qualitatif).

    Clos de Mosny, Clos Michet… si on veut trouver l’équivalent qualitatif en Bourgogne, je crois que c’est plutôt par trois, et non par deux, qu’il faut multiplier le budget.

    Et depuis le temps que j’en encave et que j’en bois (avec Remus, Bretonnière, Venise), je ne suis jamais déçu. Tant qu’il y aura des Blot, des Chidaine, des Foreau et consorts, il ne faut pas que les vignerons bourguignons s’attendent à me voir remplir ma cave chez eux.

    Etienne Brosselard
    Participant

    C’est le marché qui fixe les prix, point barre. A mes yeux, le domaine est plus légitime pour empocher la plus-value qui résulte de la forte demande, que le revendeur qui n’a rien produit par lui-même et qui ne fait que spéculer sur ce que d’autres ont construit.

    La demande est devenue mondiale, mais les parcelles n’ont pas augmenté leur surface. Tant mieux pour les vignerons Français, ils font partie des rares gagnants de la mondialisation.

    Le DRC a multiplié ses prix par trois en vingt ans. Parce qu’il est le plus visible, ce domaine est critiqué y compris par des producteurs qui ont fait pareil à leur niveau en passant leurs premiers crus de 20 à 60 €. Sont-ils devenus meilleurs pour autant ? Je n’en suis pas sûr. Mais je ne peux rien affirmer puisqu’il y a longtemps que j’ai dû cesser d’acheter, mes revenus n’ayant pas suivi la même progression.

    Mais bon… j’ai aussi profité un peu, puisque je suis aussi passé par la case « coup dur », qui m’a contraint à revendre une grosse partie des bouteilles sur lesquelles je salivais depuis des années en attendant qu’elles arrivent à maturité. J’essaye de me consoler de la vente en observant la plus-value que j’ai réalisée…

    Etienne Brosselard
    Participant

    Les bouteilles vendues sur le net sont très souvent accompagnées de photos pour que l’acheteur éventuel puisse juger de l’état général (niveau et étiquette). Au DRC, le n° de chaque bouteille apparaît clairement sur la face de l’étiquette, il est donc facile pour le domaine de relever ce numéro pour chercher dans leurs tablettes à qui la bouteille a été vendue.

    Conséquence : la plupart des revendeurs veillent à masquer ou gratter les numéros avant de revendre. J’ai même eu la surprise récemment de constater ce masquage de numéros sur des bouteilles vendues dans le duty-free d’un aéroport. Là, pourtant, j’aurais cru que les bouteilles provenaient de circuits qui n’avaient pas à se cacher.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Aucune volonté de jouer les pinailleurs de ma part, mais j’ai examiné en détail ce travail remarquable, et il y a quelques uns des châteaux cités pour lesquels je n’ai pas trouvé la note moyenne exacte sur vingt ans. Au départ, j ‘ai cru que c’était sur les photos que je ne parvenais pas à lire sur mon petit écran. Mais maintenant qu’elles sont plus lisibles (merci Florian !), je ne trouve toujours pas (pour la plupart, la note figure dans le texte de la « fiche individuelle » du château).

    Ai-je raté un endroit où ces notes sont mentionnées ?

    Etienne Brosselard
    Participant

    Le décalage entre Poyferré et Barton choque parce qu’on les voit dans deux catégories distinctes. Mais si on regarde les notes, ils sont très proches (respectivement 89,46 et 90,75. Pas de chance pour Poyferré : la séparation se fait à 90 !

    Perso, le fait de voir Barton devancer Poyferré ne me choque pas, dans le cadre d’une statistique SUR 20 ANS. Poyferré fait (au moins) jeu égal avec Barton sur les dix dernières années, mais était en retrait auparavant me semble-t-il.

    Pour l’origine des notes, je suppose qu’elles proviennent des dégustations primeurs, c’est le seul moment où on dispose d’une information (presque) exhaustive.

    Questions pour Florian :

    – Quels sont les seuils exacts des notes pour les différentes catégories (il me semble que ce ne sont pas tout à fait des chiffres ronds) ?

    – Quels ont été tes critères pour fixer ces seuils ? Volonté d’obtenir un étagement régulier ?

    Bravo pour ce travail magnifique et très éclairant. Au final, les châteaux bougent beaucoup d’une catégorie à l’autre (sauf les premiers GCC), mais si on prend la liste globale on constate que la proportion d’entrants et de sortants est assez faible. En 1855, les courtiers avaient bien travaillé (et les margaux étaient particulièrement appréciés à l’époque).

    PS : j’ai relevé une coquille, la « fiche individuelle » du château Giscours le mentionne comme maintenu en 3ème GCC, alors que ta synthèse et la note indiquent bien que tu l’as rétrogradé en 4ème.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Magnifique travail ! Je le mets de côté, car ça va constituer une base de référence à laquelle je me reporterai régulièrement.

    C’est énorme, d’une clarté parfaite, et avec une approche parfaitement froide et logique. Pas étonnant, dans ces conditions, que le résultat soit parfaitement cohérent.

    Et on se prend à rêver d’un travail comparable sur les Graves, St Emilion, Pomerol…

    Etienne Brosselard
    Participant

    Je ne connaissais pas ce domaine, j’ai choisi une bouteille un peu au hasard parmi deux autres proposées par le sommelier d’un restaurant non loin d’Epernay.
    CR: Champagne Henri Giraud « Blanc de Craie »
    Je ne suis plus sûr du nom de la cuvée, c’était « sur la craie » ou quelque chose de ce genre, qui fait référence au terrain dont sont issus les raisins. Blanc de blanc, non millésimé.

    Je me suis régalé. Très bel équilibre, champagne vineux comme j’aime avec une belle longueur. Une très légère amertume en fin de bouche qui contribue très agréablement à la complexité de l’ensemble, et la sensation de sentir en bouche la craie annoncée par le nom de la cuvée (sans nier que cela puisse avoir une influence sur les arômes perçus).

    Ultra sec, au point que j’ai demandé au sommelier si c’était un « non dosé ». En fait il n’est pas à zéro, mais confirmation d’un dosage extrêmement faible (je ne suis plus sûr de la valeur exacte, je ne prenais pas de note).

    Une belle découverte, de mon point de vue mieux fait pour accompagner un repas que pour l’apéritif.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Discussion la semaine dernière avec un propriétaire de St Estèphe :

    – Le secteur a échappé de justesse aux problèmes de sécheresse grâce à des argiles qui avaient stocké de l’eau
    – Les pluies de septembre ont été parfaites, pour le développement de la vigne et pour les rendements
    – Etat sanitaire parfait
    – Maturité parfaite aussi bien sur les merlots (récoltés plus tard que d’habitude) que sur les cabernets
    – Couleur incroyable, taux de tanins énorme

    Mon interlocuteur avait un sourire jusqu’aux oreilles, pour lui c’était nettement supérieur à 2015 et il me disait qu’il en allait de même globalement pour tout le secteur.

    Il avait du mal à comparer 2016 à 2009 ou 2010, il était tenté de le comparer plutôt à 2005 s’il fallait un rapprochement.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Je ne vais pas me prononcer pour dire si les Graves peuvent prétendre à la même longévité que les Médocs. Mais globalement, je trouve que 1996 est un millésime qui s’est bien goûté même relativement jeune. Bien moins fermé que 1995, par exemple. Je n’avais pas d’hésitation à l’ouvrir par crainte d’infanticide.

    Dans le doute, on peut le goûter deux ou trois heures avant le service, et le passer en carafe si on le juge encore fermé.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Je viens de vérifier, je l’ai acheté en foire aux vins en 2000. Si j’ai précisé dans quelles conditions je l’ai stocké, c’est que j’ai moi aussi été surpris de le voir aussi évolué. Je m’attendais à le trouver bien plus jeune. L’achat en septembre 2000 signifie qu’il a été stocké un certain temps avant mon achat. Quelles étaient les conditions de ce stockage ? Impossible à dire.

    En tous cas, ce n’est qu’une seule bouteille, ça ne signifie pas que tous les HB 96 sont aussi avancés dans leur évolution. Il serait intéressant d’avoir d’autres avis sur le sujet.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Pour les 20 ans de mon fils aîné, avant le Haut-Brion 96 (voir CR par ailleurs), il y a eu ce William Deutz.
    CR: Deutz – William Deutz rosé 1996
    Aux premières gouttes qui coulent dans le verre, je suis surpris par la robe extrêmement pâle. Au point que pendant une seconde j’ai cru que ce n’était pas un rosé ! Mais si, c’en était bien un. C’est sans doute l’âge qui lui a donné cette mine si pâle, et qui a bien assagi ses bulles.

    Moi qui ne suis guère amateur de champagnes rosés, je suis enchanté dès le premier nez de celui-ci ! C’est très vineux, ça embaume et donne aussitôt une envie irrésistible de le boire. Et en bouche, c’est encore mieux qu’au nez ! J’aurais aimé être capable d’identifier ses différents arômes, mais j’avoue en être incapable. C’est ample et léger à la fois, complexe, parfaitement équilibré, et d’une longueur remarquable. On n’a qu’une envie, c’est de reprendre immédiatement une autre gorgée.

    Un régal absolu, je me demande si ce n’est pas le meilleur champagne rosé que j’aie bu depuis un Dom Ruinart 1988 qui m’avait laissé sur le cul* il y a une quinzaine d’années. Une bouteille splendide !

    * En ce jour de gay pride, j’espère que cette expression triviale ne sera pas prise pour une insulte ou agression envers une communauté hautement vénérable que je n’ose même nommer de peur de passer pour le vecteur de la résurgence de la bête immonde et du retour des heures les plus sombres de notre histoire, moi qui ai appris aujourd’hui ce qu’est un « cisgenre », catégorie à laquelle j’appartiens, ce qui est sûrement très mal mais je vais me repentir, c’est promis.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Déjeuner des 20 ans de mon fils aîné, qui a eu le bon goût de ne pas naître sur le pire des millésimes.

    Bouteille carafée une heure avant la dégustation.

    Robe déjà bien évoluée sur l’orange, pas d’une énorme densité. Très joli nez sur des arômes de vieux cuir. Il me semble percevoir aussi du cèdre, ce qui me surprend sur un vin âgé (je n’ai souvenir de l’avoir ressenti que sur des vins jeunes). C’est très fondu, je ne saurais détailler davantage les arômes perçus.

    La bouche est en accord avec le nez, même tonalités. Grande finesse de tanins, qui donnent une texture très agréable. C’est complexe et très équilibré. Bonne longueur.

    C’était ma seule bouteille, et elle était à son apogée (depuis 18 ans dans ma cave à 10° et presque 100 % d’humidité). Elle n’aurait certainement rien gagné à attendre davantage.

    Au final, un très bon vin. Vraiment très bon. Une petite réserve toutefois : était-il au niveau qu’on est en droit d’attendre d’un 1er cru sur un tel millésime ? Je n’en suis pas sûr. A mes yeux ça manquait un peu de puissance et de concentration (j’ai pourtant une nette préférence pour les vins en finesse) et la longueur moyenne, sans plus, me déçoit un peu. Pour moi, il était au niveau d’un beau second cru classé mais sans doute pas d’un premier.

    Etienne Brosselard
    Participant

    Jean-Marie Cade écrivait:
    ——————————————————-
    > [size=small]- La tauromachie[/size]
    >
    > C’est nul !

    Il est inévitable que la tauromachie heurte bon nombre de personnes, et que celles-ci aient des jugements aussi tranchés. Les choses sont pourtant bien plus complexes et intéressantes qu’il y paraît parfois à première vue. Chez les passionnés de corrida, il y a un vrai et profond amour du taureau, même si cela paraît paradoxal puisqu’il va être mis à mort.

    Ce qui heurte les bonnes consciences, c’est que la mise à mort est publique. Personnellement, j’ai tendance à penser que les amis des bêtes ont un chantier bien plus important devant eux avec les conditions de vie des animaux de boucherie dans les élevages industriels. Ou avec l’abattage halal, sans étourdissement préalable, dont la proportion augmente chaque jour dans nos abattoirs et qui constitue une véritable régression. Mais ça se voit moins, alors on peut garder bonne conscience en continuant de faire ses achats dans les rayons des supermarchés…

    Etienne Brosselard
    Participant

    Jean-Marie Cade écrivait:
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    > [size=small]- La tauromachie[/size]
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    > C’est nul !

    Il est inévitable que la tauromachie heurte bon nombre de personnes, et que celles-ci aient des jugements aussi tranchés. Les choses sont pourtant bien plus complexes et intéressantes qu’il y paraît parfois à première vue. Chez les passionnés de corrida, il y a un vrai et profond amour du taureau, même si cela paraît paradoxal puisqu’il va être mis à mort.

    Ce qui heurte les bonnes consciences, c’est que la mise à mort est publique. Personnellement, j’ai tendance à penser que les amis des bêtes ont un chantier bien plus important devant eux avec les conditions de vie des animaux de boucherie dans les élevages industriels. Ou avec l’abattage halal, sans étourdissement préalable, dont la proportion augmente chaque jour dans nos abattoirs et qui constitue une véritable régression. Mais ça se voit moins, alors on peut garder bonne conscience en continuant de faire ses achats dans les rayons des supermarchés…

    Etienne Brosselard
    Participant

    Jean-Marie Cade écrivait:
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    > [size=small]- La tauromachie[/size]
    >
    > C’est nul !

    Il est inévitable que la tauromachie heurte bon nombre de personnes, et que celles-ci aient des jugements aussi tranchés. Les choses sont pourtant bien plus complexes et intéressantes qu’il y paraît parfois à première vue. Chez les passionnés de corrida, il y a un vrai et profond amour du taureau, même si cela paraît paradoxal puisqu’il va être mis à mort.

    Ce qui heurte les bonnes consciences, c’est que la mise à mort est publique. Personnellement, j’ai tendance à penser que les amis des bêtes ont un chantier bien plus important devant eux avec les conditions de vie des animaux de boucherie dans les élevages industriels. Ou avec l’abattage halal, sans étourdissement préalable, dont la proportion augmente chaque jour dans nos abattoirs et qui constitue une véritable régression. Mais ça se voit moins, alors on peut garder bonne conscience en continuant de faire ses achats dans les rayons des supermarchés…

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