Quentin Frantz

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  • Quentin Frantz
    Participant

    Je trouve ces échanges très intéressants et pour dire vrai, cela m’interpelle beaucoup.

    Je m’occupe du programme des vins dans des hotels 5* à Tokyo depuis plusieurs années et goûter un vin avant de le faire goûter est un standard de service.

    Il me semble important de s’assurer de la qualité du vin avant de le proposer au client. Surtout qu’ici, chaque bouteille a voyagé et connu plusieurs stockages (ports, douanes, importateurs, restaurateur…)

    Et sur les milliers de bouteilles ouvertes, j’ai content d’avoir pu faire éviter à mes clients de goûter des vins oxydés ou bouchonnés.

    Dernier exemple en date, un Vega Sicilia 2007 qui ne se goûtait pas aussi bien qu’il aurait dû, j’ai apporté la bouteille au client en expliquant mon point de vue et en proposant d’ouvrir une autre bouteille à la place.
    Meme sur des bouteilles à 4 chiffres, et ca m’est arrivé sur des bougognes blancs, je souhaite pouvoir garder cette transparence avec mes clients en disant: « Monsieur, je pense que votre vins n’est pas à la qualité qu’il devrait être, je vous fais goûter mais je vous propose de préparer une nouvelle bouteille. »
     
    De mémoire, les clients m’ont toujours remercié de cette initiative.
    J’ai du mal à y voir une « démarche ampoulée imposée par le décorum ».

    J’ai participé en tant que professionnel à un évènement Taittinger dans un restaurant il y a quelque temps. Le sommelier n’a pas gouté les champagnes de la soirée et a servi un champagne flingué à toute la table. Madame Taittinger était avec nous à table, quelle gêne pour le restaurant.

    Pour moi c’est catégorique, tu ouvres, tu goûtes. 🙂 Mais peut-être est-ce culturel après tout.

    Quentin Frantz
    Participant

    A mon grand regret, je ne suis plus à Tokyo.

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Domaine Antoine Sanzay, Saumur blanc, Les Salles Martin, 2019

    Bouteille ouverte sur un coup de tête, sans aération au préalable ni prise de notes.

    Le nez est puissant, dominé par des notes d’élevages. Pas facile de déceler un chenin pour l’instant.
    La bouche est d’abord marquée par une acidité vive, tranchante, qui laisse peu de place aux fruits… et à tout le reste d’ailleurs. 

    30 minutes après, le vin s’ouvre et trouve peu à peu son équilibre. Ca vit dans le verre!
    Reste un beau chenin dont je retrouve les marqueurs de fruits légèrement mûrs, de fleurs blanches, et toujours cette acidité, assagit cette fois, donnant de la dimension au vin.
    C’est une belle bouteille, sans complexité mais dont on peut saluer la structure et l’équilibre.

    C’est mon premier 2019 de la région, et pas mon dernier. Tout cela promet de beaux accords.

    Bonne journée à tous.

    Quentin Frantz
    Participant

    [quote= »tomy63 post=1167039″]
    [quote= »yr post=1167000″]
    Mais j’aimerai bien gouter les bons domaines de l’Oregon, qui sont parait il bluffants.

    YR[/quote]
    Pas vraiment non. D’ailleurs ils ne sont pas forcément sortis en tête de cette dégustation, même Cristom qui est un domaine réputé. Il y a depuis 5-10ans largement meilleur et plus dynamique en Californie ou sud de l’Australie.[/quote]
    Comme quoi tous les goûts sont dans la nature. 
    Pour avoir goûté et servi plusieurs centaines de pinots d’Oregon, l’adjectif bluffant ne me choque pas. Certes tout n’est excellent mais des domaines fantastiques existent et ont tout pour être sur le podium des grands pinots. 
    Je pense de tête à Beaux Frères, Kelley Fox, Hope Well, Montinore, Nicolas Jay, Maysara, KWC..
    Après il est tout à fait exact que la Californie, côté Sonoma et Santa Lucia sont en train de faire des pinots noirs particulièrement soignés, profitant de couloirs de vents frais venant de l’océan. Pisoni Estate en est la preuve vivante. 
     

    Quentin Frantz
    Participant

    Le Crozes-Hermitage de Combier devient spéculatif? 🙄

    Quentin Frantz
    Participant

    Mes coups de cœur de l’année:

    – Dom Perignon 1966: J’ai rarement eu une telle longueur sur un champagne… Quelle expérience.
    – Selosse, Initial: J’aime le caractère unique de ce champagne.
    – Les pinots noirs de Kelley Fox, Oregon, sur les millésimes 2017 et 2018. C’est fait par une vigneronne qui a un cœur immense, et j’aime à penser que cela se ressent dans le vin.
    – Sine Qua Non 2016 « Ratsel », Californie. Une superbe cuvée 100% syrah qui marie puissant et élégance.
    – Realm Cellars « The Bard », Californie. Une autre pépite de notre Frenchie Benoit Touquette qui fait des merveilles en Californie. On peut être fier!
    – Rayas 1998: La finesse a un nom.
    – Cornas 2006 de chez Clape: une bouteille que j’aurais aimé ne jamais finir.

    Déceptions avec un grand D:
    DRC Romanee-Conti 1995: J’espère que c’était une fausse.
    Petrus 2010: J’espère que c’était un faux.
    De Vogue, Chambolle-Musigny 1er cru 1995: dois-je me répéter?
    Almaviva 2018: Aucun intérêt en l’état sauf perdre 150 euros. Le Baron a encore frappé.

    Découvertes:
    Les Chablis de chez Dauvissat Pere et Fils, notamment les 1er cru et la cuvée héritage.
    Champagne Adrien Renoir, « Terroir » et les Champagne Pierre Baillette. Super champagnes à prix raisonnable. Il faut faire le plein!
    Liber Pater 2011: Le pire c’est que c’est super bon et que ça vieillira 20 ans sans trembler.
    Zind Humbrecht, Clos Windsbuhl 2005 VT. J’ai humblement appris avec cette bouteille ce qu’il était possible de faire avec du Gewurztraminer.

    Et comme tous les ans, il n’y a de coups de cœur sans copain ni partage.

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Domaine Jean Dauvissat, Chablis 2018
    Un agréable Chablis, équilibré, aromatique et assez vif. Dommage qu’une légère note verte vienne gâcher un peu la finale. Difficile de vraiment prendre du plaisir sur cette cuvée pour l’instant.
    Je pense qu’il faut laisser à ce vin quelques mois de plus pour s’exprimer pleinement.

    CR: Domaine Jean Dauvissat, Chablis Héritage 2018
    Le nez est bien plus complexe que la cuvée précédente. Selon le site du domaine, cette cuvée est issue de vignes ayant plus de 60 ans.
    En bouche, la différence est notable. Plus de rondeur, de matière, mais aussi nettement plus complexe. Belle longueur également.
    Impressionnant pour un Chablis village.

    CR: Domaine Jean Dauvissat, Chablis 1er Cru Fourchaume 2018
    Un nez plus en finesse que la cuvée Héritage. Et en bouche, les deux vins sont très différents également.
    Si Héritage est sur la rondeur et la richesse, ce Fourchaume est une lame de rasoir. C’est vif, droit, complexe, avec une belle acidité citronnée qui appelle un plateau de fruits de mer. Très belle longueur aux notes salines.

    C’est intéressant parce que Héritage et Fourchaume offrent deux belles expressions du chardonnay mais presque aux antipodes, laissant ainsi le choix à l’amateur.

    Je vous encourage à essayer ce domaine.

    Quentin Frantz
    Participant

    [quote= »Eric B » post=1130605][i] »
    Tant qu’Olivier Krug reste à la tête de la maison, il y a des raisons d’espérer.[/quote]

    Je pense que Margareth Henríquez a également beaucoup apporté au rayonnement de la maison.

    Quentin Frantz
    Participant

    Ça nous éloigne du sujet mais effectivement, les pinots noirs de Drouhin sont vraiment délicieux. Mention spéciale pour la cuvée Roserock et Louise.
    Côté importation, à chaque fois que je rencontre un vigneron américain, ils me disent la même chose. Ils exportent dans toute l’Europe… sauf chez les irréductibles gaulois.

    Mais toutes ces pages en temoignent. Les français regardent leur nombril et se plaignent sans regarder ce qui se fait ou ce qui se passe ailleurs.

    • in reply to: Inflation
    Quentin Frantz
    Participant

    Il est vrai que ça commence à être pénible ces remarques sur Patrick Essa…

    Je propose ses Meursault dans 3 des restaurants dont je m’occupe et je n’ai eu que des compliments sur leurs qualités.
    Quand aux prix, ils sont tout à fait correct pour l’appellation. De nombreux domaines sont bien plus chers à appellation equivalente.

    Oui la Bourgogne est chère, trop chère. Mais regardez un peu du côté de Central Otago, Margaret River, Napa Valley, Sonoma Coast, ou de l’Oregon! La qualité des chardonnay y explose, mais les prix grimpent drastiquement d’années en années.

    Et puis vous vous plaignez des prix, alors qu’en France vous jouissez des prix les plus favorables. Savez-vous ce que ça coûte d’être un amoureux du vin dans un pays d’Asie? 😀 😀
    Votre bourgogne, vous y rajoutez des taxes d’importation et d’alcool, le transport, le stockage, la marge de l’importateur et la marge du caviste ou du restaurateur. Je peux vous assurer que je regarde à deux fois LPV avant d’acheter une quille.

    Permettez-moi de vous dire que dans votre grand malheur, vous êtes encore les mieux lotis. :whistle:

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Château Mouton Rothschild 1990

    Dégusté à l’aveugle, sans prise de notes.

    Nez subtil et élégant, principalement sur des arômes tertiaires. Jolies notes de grains de café.
    En bouche, les tanins sont d’une douceur envoûtante. Des arômes de cigare, de cuir et de bois nobles s’épanouissent au fil de la dégustation.

    Indéniablement un très joli flacon dont la finesse ne peut laisser indifférant.
    Malgré cela, pas d’émotion particulière pour moi… mais je comprends qu’il y ait des amateurs.

    Quentin

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Domaine Gérard Boulay, Sancerre, Monts Damnés 2017

    Cela fait plusieurs fois que je goûte cette cuvée… Et bien ça va être difficile d’en garder en cave!
    Que c’est bon! Et pourtant, je ne suis pas bon public en ce qui concerne le sauvignon blanc.

    Mais là, il y a de la fraîcheur, de l’acidité, de belles notes d’agrumes et de fleurs blanches.
    Le vin est gourmand dès l’ouverture, sans exubérance et a clairement de belles années devant lui.

    Bref, un coup de cœur!

    Quentin Frantz
    Participant

    J’espère que les noms des maisons qui ont recours à ce genre de pratiques inadmissibles seront rendus public. Un boycott sans concession s’impose.

    Quentin Frantz
    Participant

    Nevertheless, as more American whiskey fans learn that Japanese whisky isn’t 100 percent Japanese, they’re increasingly unhappy.
    Ces whiskey fans ne doivent pas faire beaucoup de recherches avant leurs achats.

    Un « whisky 100% japonais » comme Yamazaki ou Hakushu, le malte est américain et la tourbe irlandaise. En visitant Hakushu, j’ai demandé ce qui était japonais. On m’a répondu: « L’eau est très pure par ici ». 😀

    Le whisky Bellevoye a pris le parti de faire du whisky 100% français. Le malte est français, la tourbe est de Clermont-Ferrand, les fûts viennent de Saint-Emilion et de Sauternes, l’eau mais aussi les techniques de distillation sont cocorico. La démarche est plutôt intéressante.

    Quant à l’augmentation des prix, les distilleries japonaises s’en régalent. Suntory fait tout un tas d’éditions limitées (et très marketing) de whiskys qu’ils vendent à prix d’or. Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. ::dance::

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Champagne Laherte Frères – Rosé de Meunier Extra Brut

    Bouteille ouverte 30 minutes avant dégustation, en apéritif.

    Nez assez discret mais plaisant, sur des notes de bonbons, de rose et de framboise.
    La bouche est elle aussi assez timide et manque un peu de complexité.
    Je m’attendais à un peu plus de caractère ou de gourmandise.

    La bouteille sera mise de côté et finie le lendemain, sans grande conviction.

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Domaine Labet – Côtes du Jura – Les Varrons 2015

    A l’ouverture, le vin était légèrement réduit mais une petite heure a suffit pour que qu’il s’épanouisse pleinement.

    Le nez est très agréable bien que puissant, sur l’encaustique et des notes de plantes comme la verveine.
    En bouche, le vin présente une matière ample, ronde, ainsi qu’une belle acidité qui dynamise le tout.
    Alors que des arômes de poire, de noix, de gentiane se confondent, une légère amertume en finale apporte longueur et profondeur à cette cuvée.

    Une bien belle bouteille!
    Quentin

    Quentin Frantz
    Participant

    Intéressant comme compte-rendu!

    Je n’ai jamais eu ce ressenti avec la cuvée Roserock, notamment sur le côte asséchant.

    En 75cl comme en magnum, je suis toujours séduit par les arômes de roses et de pot-pourri, un fruit sacrement gourmand sans excès ni lourdeur.
    Je trouve ce vin plutôt charmeur, bien fait et je place facilement le domaine dans les top de l’Oregon avec The Eyrie Vineyards, Beaux Frères, Ken Wright Cellar, Evening Land et Kelley Fox. (Surtout Kelley Fox oo, )

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Domaine du Pégau – Châteauneuf-du-Pape Cuvée Réservé 2001

    Bouteille ouverte 5/6h à l’avance et dégustée à l’aveugle sans prise de notes.

    Et très franchement, même si j’avais eu de quoi noter, je n’aurais certainement pas eu le courage de me détourner du plaisir que m’a apporté cette bouteille.

    Franchement magnifique. Le nez est envoûtant, complexe et pinote à tel point que tous les convives autour de la table ont évoqué la bourgogne. (Et pourtant, ce n’est pas l’entrainement qui manque…!)
    La bouche est soyeuse, délicate, et livre de belles notes de cuir, de fruits rouges, de champignons, de cigares…
    Et la longueur ne fait pas défaut..

    Coup de cœur de la soirée et un vin qui s’inscrit dans les émotions de l’année.

    Quentin Frantz
    Participant

    Jérôme, je m’interroge plus sur la transmission dans un contexte interculturel..

    Quentin Frantz
    Participant

    CR: Domaine Georges Vernay – Condrieu – Coteau de Vernon 2016

    J’ai dégusté ce vin sans prise de notes mais je voulais tout de même partager mon expérience.
    J’ai de très bons souvenirs de bouteilles de ce domaine mais je dois dire que ce Coteau de Vernon 2016 sublime l’appellation.
    Dès l’ouverture, le vin chante dans le verre. Il y a toute la gourmandise du viognier avec ses arômes d’abricot, de mangue et d’ananas, la subtilité avec des notes florales, mais c’est certainement l’équilibre et la finesse de cette cuvée qui impressionnent le plus.
    Superbe acidité, aucune lourdeur… qu’elle élégance!
    C’est le genre de bouteille qu’on a envie de faire goûter à tous les copains qui aiment le vin!

    J’ai servi ce vin sur un morceau de homard grillé, accompagné d’un chutney de mangue épicé. Super souvenir.

    Quentin

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