Vindic

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  • Vindic
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    Il y a au moins une petite différence objective entre Bio et Bio-d : moins de cuivre employé en moyenne (en moyenne, car cela va dépendre des labels Bio-D qui n’ont pas tous la même politique à ce sujet).

    Vindic
    Participant

    A noter que le cahier des charges de Demeter (label biodynamique) limite l’emploi du cuivre à hauteur de 3 kg / ha / an maximum ; parallèlement l’AFSAA a conclu qu’un emploi du cuivre inférieur à 4 kg / ha / an présentait un « risque acceptable » pour les êtres vivants sur la zone (https://oav.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/le_cuivre-27-04-2009_cle03c4b4.pdf). Une conclusion qui « reste en discussion » néanmoins. En bio, la limitation est actuellement fixée à 6 kg / ha / an si je ne me trompe pas.

    Vindic
    Participant

    Hervé Bizeul écrivait:
    ——————————————————-
    > Quand au bio, penser qu’il ne s’agit pas d’un
    > « signe de qualité » pour une large part des
    > consommateurs actuels, c’est soit de la mauvaise
    > fois, soit de la naiveté. C’est comme l’AOC. Ce
    > n’est pas un sigle de qualité mais un signe
    > d’origine, mais c’est perçu comme un signe de
    > qualité. Bio ou bio d ne signifie qu’une chose :
    > le vigneron n’emploie pas de produits de synthèse
    > et c’est meilleur pour la terre. Point.

    Je vous rejoins tout à fait. Il y a là une distinction à bien marquer entre les vins « bio » et les « bio-d » : le « bio » est devenu un signe de qualité a priori aux yeux du grand public ; le « biod » est une information connue d’une frange des amateurs de vin (quoiqu’on fasse aussi des carottes en biodynamie, à en croire le récent ouvrage Cristallisations Sensibles – Une autre manière de voir la qualité de Christian Marcel).

    > Aller ou revenir de la bio-d relève pour moi de la
    > sphère privée du vigneron et les domaines pour qui
    > j’ai le plus de respect sont ceux qui sont en bio
    > ou bio-d labellisé et n’en font pas état ou tout
    > au moins pas état de manière ostentatoire comme
    > « justification » de leur différence ou de leur
    > « qualité » supposée

    Là aussi, je vous rejoins ; mais cela dit je n’ai personnellement pas connaissance de domaines qui fassent un étalage outrancier de la biodynamie ; les meilleurs étant même plutôt discrets (jusqu’à ne rien signaler du tout sur leurs étiquettes). Et, encore une fois, pour le « bio » strictement, c’est différent – c’est un argument commercial fort (j’ai d’ailleurs lu qu’Auchan allait incessamment sortir des vins bio sous sa propre marque, si ce n’est déjà fait).

    Vindic
    Participant

    agitateur écrivait:
    ——————————————————-
    > Non, il n’y a pas mieux, comme stratégie.
    > Au pire, l’effet est nul (mais pas négatif). Par
    > exemple si la cible ne connait pas ce terme.

    Ce n’est pas vrai, à mon avis : l’effet est négatif dans la mesure où les coûts de production sont a priori plus élevés.

    On notera par contre que le conso
    > bioD convaincu ( de préférence citadin,
    > branchouille, ignare des choses du vin mais
    > pourtant capable d’ étaler toute sa non-science
    > sur le sujet) a lui des aigreurs à la seule
    > lecture d’une contre étiquette comme « agri
    > raisonnée ». La tolérance a choisi son bord.

    En-dehors du petit milieu des grands amateurs et des pros, personne ne connaît la biodynamie, y compris le « citadin branchouille », c’est un fait (je vis à Paris, je fréquente différents milieux, dont des milieux de journalistes parisiens notamment, et la biodynamie c’est du chinois). Le « bio » en revanche est tendance – si on veut ‘marketer’ juste aujourd’hui c’est plutôt par là qu’il faut aller. Tout ça pour dire que la biodynamie peut prêter la joue à bien des critiques, c’est certain, c’est nécessaire même, mais pas à celle d’être une bonne opération marketing/com, pas à ce jour en tout cas. Je suis convaincu qu’on ne fait pas de Biodynamie pour vendre ; d’ailleurs de grands domaines songent à revenir de la Biodynamie (Alphonse Mellot, notamment).

    Cordialement,

    Vindic
    Participant

    Hervé Bizeul écrivait:
    ——————————————————-
    >
    > Lire ICI (déjà mis en lien sur un autre post)
    > l’excellente approche d’un savant, qui ne croit
    > pas une minute à la bio D mais achète volontiers
    > des vins « issues de », comme beaucoup sur LPV…

    Il se trouve que je connais bien cet article puisque j’en suis l’auteur, ou plutôt celui qui a mis en relation le savant et le biodynamiste dans l’article que vous indiquez 🙂
    Cela dit nous sommes certainement d’accord sur le fond ; après ce sont des questions d’interprétation, de nuances, qui alimentent des débats souvent intéressants.

    Concernant les coûts de la biodynamie, il me semble qu’ils sont supérieurs aux coûts de l’agriculture bio dans la mesure où la biodynamie va impliquer des gestes précis à des moments/jours précis, donc plus d’organisation, plus de personnels, etc.

    Excellente soirée,
    Antonin

    Vindic
    Participant

    Je pense que le vin, le bon, s’élève au niveau de l’art, parfois, dans la mesure où il suggère à celui/celle qui le déguste des images fortes, provoque des émotions réelles, etc. ; il évoque donc une forme de poésie. C’est en cela que je défends la possibilité d’un objet-vin artistique. Le travail du vigneron n’est pas vraiment celui d’un artiste, en revanche, je suis bien d’accord – c’est un travail peut-être plus ingrat d’ailleurs.

    Je persiste néanmoins à penser qu’intellectualiser le vin – sa dégustation, son commentaire, voire sa conception – n’est pas sans intérêt ; c’est un angle d’approche différent.

    Mais intellectualiser ce n’est pas forcément en faire des tonnes ou faire un « cirque » ; c’est plutôt, dans mon idée, faire preuve d’un véritable respect (intellectuel, notamment) à l’égard d’une création, quelle qu’elle soit. Lui donner sens, avec les moyens dont nous disposons : la raison, l’esprit, l’imagination.

    Un exemple : j’ai goûté vos Sorcières 2006 il y a sept-huit mois environ, M. Bizeul, et j’en garde aujourd’hui un souvenir plus intellectuel qu’organoleptique ; une réminiscence de… sensualité sanglante – ça n’a pas vraiment de goût, ce que je dis, mais je le conçois comme ça aujourd’hui, et je l’ai conçu ainsi presque immédiatement d’ailleurs.

    Et la Biodynamie, par sa vision cosmogonique, relève soit de l’imagination (invention, poésie, délire), soit d’une raison (inconnue des scientifiques, inexplorée, avant-gardiste), selon qu’on la croit fondée ou pas. Elle est donc intellectuelle par principe ; ça me plaît assez (on l’aura compris !).

    Pour conclure je dirais que le plaisir du vin est sensuel et intellectuel, et que ces deux flancs doivent à mon avis être considérés également.

    Vindic
    Participant

    Je suis tout à fait d’accord : c’est le vin, soit l’oeuvre ou l’ouvrage accompli, qui par sa puissance d’évocation peut relever de l’art. Pour arriver à cela, au vin, il y a la sueur, le long et dur labeur, le travail… Et pour en revenir à la Biodynamie, c’est une pratique qui, me semble-t-il, préserve et entretient cet aspect-là de la viticulture, en maintenant l’objet vin à un certain niveau… intellectuel (bien entendu, il y a aussi de très beaux vins qui ne sont pas issus de la Biodynamie ou de l’A.B.). C’est un débat infini et intéressant en tout cas.

    Vindic
    Participant

    Zind-Humbrecht est l’un des plus connus, ce n’est pas le meilleux exemple c’est vrai. Mais, au-delà de quelques stars, la Biodynamie n’est pas connue, coûte cher à mettre en oeuvre, et pas mal de domaines la pratiquent pourtant – c’est un effort sincère, convaincu, de leur part ; c’est cela que je voulais exprimer.

    Quant à la question de l’art (et au-delà la culture, c’est mon point) j’en suis totalement convaincu : le vin est un objet culturel (comme l’a dit déjà C. Levi-Strauss) et artistique.

    Cordialement,

    Vindic
    Participant

    Bonjour,

    Il faut certainement rendre hommage à Olivier Humbrecht qui réalise un travail d’une rigueur exemplaire et prend encore la peine de l’expliquer, de le commenter ; jusqu’à courir le risque de se faire objecter mille choses, en particulier par les membres de la communauté scientifique qui n’accepteront jamais – tel quel – le discours Bio-dynamiste sur l’influence des planètes, notamment.

    A propos de M. Humbrecht encore : il faut savoir qu’il rédige, depuis 16 ou 17 millésimes, les « mémoires » de ses nombreuses cuvées ; soit des pages et des pages de commentaires précis, contextuels, explicites, sur les nombreux vins qu’il conçoit… On peut lire ce travail remarquable en ligne, sur un site consacré aux vins d’Alsace (j’éditerai si je remets la main dessus), c’est assez passionnant.

    Pour ce qui concerne le sujet de ce forum, je pense personnellement trois choses :

    – La première c’est que les vins issus de la Bio-dynamie sont régulièrement intéressants, et parfois exceptionnels ; ce n’est plus à démontrer d’ailleurs.

    – La deuxième c’est que la Bio-dynamie a un avantage objectif sur l’agriculture Bio : elle n’est pas à la mode, elle n’est pas « tendance » aux yeux du grand public qui ne la connaît pas, et en cela elle prête peut-être moins le flanc aux soupçons : faire de la Bio-dynamie coûte forcément très cher, et ça ne rapporte pas plus en termes de « prestige bio » que faire Bio. En somme, ceux qui s’inscrivent dans cette démarche le font donc tous par principe, par conviction. Ce sont des passionnés, des convaincus. (Attention, je précise penser que ceux qui travaillent en Bio sont pour la grande majorité tout aussi respectables ; mais je parle Bio-dynamie ici.)

    – La troisième, c’est que la Biodynamie ne cherche pas forcément à être rationnalisée – car elle relève certainement, pour partie, d’un « art ». De sorte qu’il y a bien une forme de poésie autour d’elle ; une démarche poétique qui emmène avec elle, peut-être, des vérités physiques, scientifiques, masquées… On arrive là à une forme de philologie du vin (!) qui m’incite à penser que rationnaliser le vin – sa création – lui fait perdre quelque chose ; et que la Biodynamie est, entre autres, un refus de rationnalisation excessive de cet art. Une forme de résistance artistique face aux vins technologiques, rationnalisés de A à Z (et qui sont d’ailleurs même bons, parfois).

    Pour finir, il me semble que la plupart des meilleurs viticulteurs, Biodynamistes ou pas, sont quasiment des poètes lorsqu’ils parlent de leurs vins – et que ce n’est pas anodin du tout : enlevez son âme au vin, rationnalisez-le systématiquement, et ce site – comme tous les lieux où s’expriment la passion du vin – disparaîtra sûrement. Le vin est d’abord culture !

    Vindic
    Participant

    Collioure rouge « Crestall » 2005.

    Je l’avais goûté dans leur bel entrepôt à Banyuls, c’était en juillet dernier, et donc pas très longtemps après la mise en bouteilles si je ne me trompe pas ; je n’ai plus le souvenir précis du vin, mais je me souviens avoir été emballé, que le boisé n’était d’ailleurs pas trop imposant, que la chose était déjà joliment savoureuse, le plaisir immédiat : quelque chose comme une pépite de plaisir dans un bel emballage d’équilibre. Une solide réussite a priori, qui demande une seconde dégustation à des fins de précision… Ca tombe bien, j’en avais pris quelques bouteilles !


    Antonin

    Vindic
    Participant

    Merci aux PM 🙂

    J’ai téléphoné au domaine directement – très sympa soit dit en passant – qui m’a donné toutes les infos utiles : le Clos Milan 2006 ne sera effectivement pas en bouteilles avant la fin de l’année (au temps pour moi) et le 2005 sera mis en bouteilles ces jours-ci. Et la cuvée nouvelle « sans souffre » va être difficile à trouver pour le moment (hors le domaine)

    Merci !
    ++
    Antonin

    Vindic
    Participant

    Bonjour,

    C’est mon premier message donc je me présente : Antonin, 34 ans, parisien. Je travaille, entre autres, pour un site spécialisé sur le vin ; mais je suis d’abord amateur, farouchement amateur !

    Je poste dans ce topic car je cherche à me procurer quelques flacons du Clos Milan 2006 : il doit être mis en bouteilles incessamment, à ce que j’ai cru comprendre ; mais je souhaiterais surtout savoir si on pouvait le trouver dans la région parisienne ? voire à Paris même idéalement ? Si quelqu’un a cette info, c’est mon fils Milan né en 2006 qui sera content d’ici une petite vingtaine d’années ! 😉

    Merci d’avance,
    Antonin

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